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Catherine Millet sur Rue89

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ladymarlene

le mercredi 29 juin 2011 à 16h38

De toute façon, dans le milieu libertin fréquenté par catherine millet, les sentiments sont quand même la grande trouille, donc je ne vois pas en quoi c'est étonnant......

Je dirais qu'intellectuellement, beaucoup de gens sont prêts à admettre le polyamour. Dans les tripes, non. Il suffit que je vois les réactions que j'ai eu à ma situation.....

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ladymarlene

le mercredi 29 juin 2011 à 16h38

J'aurais du dire les réactions entendues à droite, à gauche par les autres, y compris des proches et y compris des gens évolués !

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demeter

le mercredi 29 juin 2011 à 16h52

tentacara
C'est là que je vois une grosse contradiction. Sa réaction épidermique c'est "ce n'est pas possible, l'humanité n'est pas prête", et dès qu'on lui demande d'y réfléchir 2 minutes, son raisonnement l'amène logiquement vers la pluralité amoureuse. Ça montre vraiment à quel point le PA se heurte à un barrage culturel profondément enfoui mais qui ne tient pas face à un raisonnement un peu rationnel.

Pourquoi y voir une contradiction ? Nous ne sommes pas très logiques, et la dualité entre ce que l'on ressent ("ce n'est pas possible, l'humanité n'est pas prête" ou plutôt : "je n'y suis pas prête", question de mots mal utilisés), notre culture, notre éducation, nos envies et ce que l'on pense est à mon sens même ce qui caractérise la pensée : un choix n'est possible qu'en fonction des critères qui permettent à la pensée d'aboutir, et ces critères sont par définition antérieurs au raisonnement, même si ce raisonnement peut servir à redéfinir d'autres critères pour le choix suivant. Ce qui différencie le "polyamour" (je trouve vraiment ce terme beurkkkk....) de la pensée majoritaire actuelle c'est le souci d'honnêteté, c'est à dire une valeur, une façon comme une autre de se mettre en paix avec soi même. On peut rêver aussi de ne pas rentrer dans une case et de ne pas se couper de la réalité des autres.... Le vrai débat est plutôt pour moi : "comment assumer mes actes et mes choix", et non pas seulement comment vivre plusieurs amours, débat politique et histoire de vie... La majorité des gens (enfin, beaucoup je l'espère) se débrouillent avec leur façon d'aimer plusieurs personnes et le mensonge, l'infidélité sont des réponses comme les autres à ce besoin, non ?

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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oO0

le mercredi 29 juin 2011 à 16h56

Siesta, je suis tout à fait d'accord avec toi et je m'assume même en tant que poly-like. (J'aime le langage et le terme "polyamour" ne me revient pas du tout, au contraire des sujets de discussions qu'il rassemble généralement.) Cependant, sincèrement et objectivement, il ne s'agit que d'une tendance, non pas marginale, mais minoritaire.

Pour ma part, j'ai accepté depuis longtemps que l'état actuel des mentalités que nous partageons se prêtaient difficilement au choix de ce mode relationnel et que, si je ne voulais pas nier la réalité du consentement des personnes qui m'entoure, je me devais de reconnaître que cette réalité a généralement tendance à l'exclusivité. En faire une simple question d'évolution des mentalités me semble occulter le fait qu'elles reposent sur la réalité affective du consentement propre à une majorité et qu'en tant que réalité affective cela mérite d'être respecté peu importe les désaccords qu'il peut y avoir en termes de mentalité. Le consentement n'est pas quelque chose sujet à un débat de mentalité et tenter d'obtenir le consentement de qui que ce soit par un débat d'idée relève de la manipulation intellectuelle.

Je vais te donner un exemple personnel que j'ai vécu. Je n'ai trompé qu'une seule fois. Lassé de m'entendre dire que la réalité affective que j'exprimais ne valait pas plus que des idées, j'ai fini par accorder à la sienne la même valeur et je lui ai imposé une relation à laquelle elle n'avait pas consenti, ce qui lui a valu plusieurs mois douloureux à vivre. Comme quoi derrière toute mentalité, qu'elle puisse ou non paraître impersonnelle du fait d'être partagée par une majorité, il n'en reste pas moins une réalité affective personnelle. Peu importe que la réalité affective du consentement d'une personne relève d'une majorité ou d'une minorité, elle mérite le respect tant qu'elle ne se portent pas atteinte. Pour sa part, elle avait consenti à ce que nous nous séparions si j'aspirais vivre une autre relation que celle que nous partagions, bref, elle respectait dans la mesure de ses possibilités la mienne et je n'en ai pas tenu compte. En termes de consentement, le coupable c'était moi et je l'ai assumé comme tel, c'était un minimum.

Personnellement, ce qui me gêne, c'est que de rappeler de quoi est faite la réalité affective du consentement d'une majorité passe pour l'oppression d'une minorité. C'est un discours victimiste dangereux auquel je ne souscris pas. Certes, je n'ignore pas que, au nom de cette majorité, il y a des propos offensant, mais je n'en vois aucun dans ceux de Catherine Millet pas plus, qu'ailleurs, chez Luc Ferry. (Une absence d'ouverture d'esprit qui tend à celle de la reconnaissance de l'altérité chez ce dernier, oui, mais pas à l'offense. Que ce manque de reconnaissance puisse faire souffrir, oui, mais il n'y a pas pour autant intention d'offenser.) Ce qui me gêne, c'est le risque de prêter l'intention d'offenser là où il n'y en a pas parce que prêter de telles intentions est offensant et ne permet aucun dialogue.

Pour ma part, accepter que la réalité affective du consentement d'une majorité de personne a tendance à l'exclusivité m'a libéré du sentiment d'en être oppressé. Dans la mesure de la joie qu'ils éprouvent à vivre leur relation, je me réjouis pour ces personnes et c'est une forme de compersion que nombres d'entre elles adoptent entre elles. Et, sincèrement, même exclusives, leurs relations rendent la réalité déjà plus vivables de part les caresses qu'elles apportent dans un monde où le sang coule toujours de trop et je leur en suis reconnaissant.

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demeter

le mercredi 29 juin 2011 à 17h02

RIP, d'accord avec toi...

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ladymarlene

le mercredi 29 juin 2011 à 17h10

Moi aussi. Il ne faut pas oublier que la jalousie est une vraie souffrance. Avant de tomber amoureuse d'un autre homme, je ne croyais pas du tout au polyamour. Mais je ne suis pas sure que la monogamie totale soit réaliste. De plus, le mariage traditionnel se porte assez mal...donc, le poly, pourquoi pas à partir du moment où il n'y a pas de prosélytisme ?

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oO0

le mercredi 29 juin 2011 à 17h43

Sinon, Siesta, lorsque des personnes arrivent à concrétiser harmonieusement la possibilité de vivre conjointement plusieurs relations, je m'en réjouis tout autant si pas plus et, au passage, je les remercie... même si je ne les nommerai pas ! (Cela en ferait beaucoup et j'en oublierais beaucoup, ce qui appuie ton propos avec lequel je suis d'accord.) Je les remercie parce qu'elle sont porteuse d'un espoir de pouvoir surmonter, par exemple, une question telle que la jalousie bien plus que ce que nous sommes habitués à l'imaginer. (Cela ne m'a jamais paru inconcevable que du contraire, s'il n'y avait pas eu la réalité pour me conduire à accepter la réalité de la jalousie, c'est cette dernière qui m'aurait paru inconcevable.) Tiens, je les remercie même parce que cela m'a aidé à me défaire d'un sentiment d'être fou :P

Ladymarlène, comme d'autres ailleurs, toi y compris, avez raison de souligner que la jalousie est une souffrance, ce qui montre bien la réalité affective cachée derrière celle de nos mentalités. Et là dessus, ni les uns, ni les autres ne souhaitent souffrir et faire souffrir du moins pour une immense majorité. Donc, plus fondamentalement, quelles que soit la réalité affective du consentement des uns et des autres, mono ou poly, etc., nous partageons les mêmes fondamentaux.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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tentacara

le mercredi 29 juin 2011 à 17h48

Heu, le propos de Luc Ferry était bien au delà du simple manque d'ouverture d'esprit, hein.. Prendre à la télé le "pari" que notre relation sera terminée dans moins de 2 ans, c'est d'une outrecuidance certaine, quand même.

Il ne s'agit pas de nier la réalité affective de la majorité mais de faire entendre la possibilité qu'existe une autre réalité affective, même minoritaire. Il n'a jamais été question de prôner le polyamour comme une nouvelle norme, mais comme un mode de fonctionnement relationnel valide, y'a quand-même une légère nuance, non?

Alors, que personnellement ils ne se sentent pas capables de le vivre, qu'ils ne l'observent pas autour d'eux, c'est une chose, mais prétendre de but en blanc que "ce n'est pas possible", c'est juste idiot. C'est comme un hétéro qui aurait affirmé qu'il est impossible d'être homo sous prétexte qu'il ne se le représente pas pour lui-même.

Autant Catherine Millet n'est interrogée que sur ses expériences, même si la question du PA lui est posée à titre purement intellectuel et qu'elle a l'air de manquer d'imagination, ça ne me choque pas plus que ça.

Autant un Luc Ferry qui prétend réfléchir aux questions philosophiques que pose l'amour et répond comme il le fait me fait juste d'effet d'un sombre crétin doublé d'un imposteur.

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Boucledoux

le jeudi 30 juin 2011 à 21h44

Tentacara, LittleJohn (+) (+) (+)

ça me frustre, je n'ai même rien à ajouter....:-(

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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