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Peur de me lancer la relation libre

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Keybum

le lundi 20 avril 2020 à 16h49

Bonjour à tous,

Je suis une femme (lesbienne) en couple avec une autre femme qui est bi depuis près de 4 ans. Tout se passe bien, il y a eu des hauts et des bas (mais comme dans la majorité des couples), mais dans l'ensemble chaque "bas" n'a fait que renforcer notre relation et nous connaître encore plus.

Je suis une personne très ouverte mais qui n'a pas forcément confiance en moi. Nous avons souvent discuté avec ma copine et je sais que le modèle de relation qu'elle souhaiterait serait la relation libre (la possibilité pour elle, si elle rencontre une personne avec qui elle a une alchimie, d'engager une relation sexuelle). De mon côté, je comprends parfaitement son besoin et intellectuellement je suis ok avec ça.

Le problème c'est que, n'ayant pas forcément confiance en moi et ayant un problème d'estime de moi (peur de l'abandon, peur de ne pas être aussi bien que cet "autre", peur de m'enfermer dans la jalousie etc) j'ai vraiment peur de ne pas pouvoir le gérer émotionnellement. J'ai l'impression d'être dans un en combat intérieur constant et je ne sais pas comment le régler.

Je suis ok pour ouvrir notre relation, tant que certaines règles sont établies et qu'il y a une communication et un respect entre nous. Je suis ok si cela n'implique que du sexe mais je pense que j'aurai du mal si cela est plus. L'une de mes plus grandes peurs serait que ma compagne rencontre une autre personne dans ce cadre et se rende compte que je suis nulle (pas dans le sens sexuel mais dans une globalité, comme si cela lui faisait ouvrir les yeux sur moi et que finalement elle soit blasée) à côté... vous voyez ce que je veux dire ? J'ai peur d'être mise de côté.

On en a parlé et elle est ok pour y aller doucement. Commencer par une relation sexuelle avec une tierce personne par exemple, ou ce genre de chose. Nous n'avons pas encore sauté le pas, mais on en parle. Je suis vraiment à l'écoute de ses besoins etc.

Je pense que j'ai besoin de témoignage de personne qui, comme moi, n'éprouvons pas forcément ce besoin de relation libre mais qui, par amour et ouverture d'esprit, sont ouvertes à cette possibilité. Je voudrais savoir comment vous avez géré vos peurs, votre jalousie etc...

Merci pour votre aide :)

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Keybum

le lundi 20 avril 2020 à 17h17

Je ne sais pas encore si le fait d'ouvrir notre couple me conviendrait. Je ne le sais pas. Je suis prête à essayer. Je sais qu'elle m'aime, qu'elle est amoureuse de moi (on en parle et elle m'assure que oui). Mais simplement le modèle mono ne lui conviendra pas au long terme.

Je suis prête à essayer mais je suis perdue et j'ai peur. Peur de ne pas y arriver, peur d'être jalouse, peur de la perdre, peur de ne pas savoir où est ma place finalement, peur de me lancer et me rendre compte que ça ne me va pas, peur de perdre le contrôle. J'ai envie de sauter le pas parce que si ça marche, je sais que ça peut nous apporter beaucoup de chose et m'apporter beaucoup de choses aussi (je pense que je vais apprendre beaucoup sur moi) mais ... j'ai toujours cette peur, cette petite voix qui me dit "quand elle va aller voir ailleurs, elle se rendre compte que tu n'es pas "assez""...

Bref, si vous avez été dans ma situation et que vous avez des tips.. je suis preneuse.

Prenez soin de vous,

Keybum

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Mark

le lundi 20 avril 2020 à 18h07

Bonjour Keybum,

Tu as déjà fait un super travail de fond sur l'origine de tes peurs, c'est très positif d'avoir pu identifier et verbaliser ce qui te tracasse.
La peur est probablement le lot de la majorité des personnes qui se trouvent confronté.es à un besoin exprimé qui ne correspond pas au cadre dans lequel nous avons appris à vivre une relation.
Alors oui, l'impression de perdre ses repères, de douter est parfaitement compréhensible et acceptable.

La communication est un des fondamentaux, l'écoute et l'accompagnement aussi et vous semblez être en phase sur cette voie.
Le facteur temps est important aussi, tu liras souvent "au rythme du plus lent." C'est important de ne pas griller les étapes, de s'accorder le temps d'apprivoiser ces changements, ensemble.

Tu verras probablement au fil du temps que les peurs s'estompent, que les changements ne remettent pas en cause vôtre relation en dépit de tes craintes. Mais ça, seul le vécu te l'apprendra.

Je vous souhaite plein de bienveillance, d'écoute et d'harmonie dans l'évolution de vôtre relation.

ps: tu vas entendre parler de "compersion" aussi (ma traduction en version courte: Se nourrir et réjouir du bonheur de l'autre)

C'est un plus très libératoire, mais que je ne trouve pas à "apprendre" ou s'approprier séparément. C'est un état d'être qui vient s'inviter en douceur dans le temps, au fur et à mesure que tes craintes disparaissent

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Keybum

le mardi 21 avril 2020 à 12h00

Bonjour Mark,

Merci beaucoup pour ton retour.
J'ai fait un gros travail sur moi l'année dernière pour apprendre à véritablement me connaître pour justement sauver mon couple de mes peurs et me permettre de mieux les appréhender.

J'ai beaucoup entendu parler de la compersion et c'est effectivement un état que j'aimerait beaucoup atteindre. Malheureusement, j'ai l'impression que ça diffère selon les gens. Certaines personnes seront peut être plus aptes à atteindre ce niveau d'empathie que d'autre ? Est-ce qu'une personne qui, comme moi, est en plein travail pour retrouver mon estime et ma confiance en moi et qui est pour l'instant en proie de ses peurs (jalousie, abondon etc) peut arriver à atteindre cet état ?

Comment les personnes qui me ressemblent ont réussi à gérer ces sentiments ou ressentis qui nous polluent la pensée ? Et... c'est peut être une question bête mais... est-ce que s'ouvrir ne va pas mettre en péril notre couple ? (je sais que cette dernière question est difficile à répondre à moins d'avoir les talents de madame irma haha, mais c'est vrai que je me la pose...)

Merci en tout cas pour ta réponse :)

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Mark

le mardi 21 avril 2020 à 13h04

Keybum
J'ai fait un gros travail sur moi l'année dernière pour apprendre à véritablement me connaître pour justement sauver mon couple de mes peurs et me permettre de mieux les appréhender.

Quel bilan en as tu fait?

Keybum
Certaines personnes seront peut être plus aptes à atteindre ce niveau d'empathie que d'autre ?

Non seulement tu as raison, ça diffère selon les gens et je ne dirais pas plus aptes, mais peut être plus de facilité, fonction de leurs vécus et perception/manière de vivre leurs émotions et la manière dont celles ci influent sur les relations

Keyburn
Est-ce qu'une personne qui, comme moi, est en plein travail pour retrouver mon estime et ma confiance en moi et qui est pour l'instant en proie de ses peurs (jalousie, abondon etc) peut arriver à atteindre cet état ?

Je ne peux pas te faire une réponse personnelle, mais de manière générale l'idéal est tout de même d'arriver à débloquer les freins au préalable. Sinon ça risque fort de devenir un exercice contraint, à l'opposé de ce qui est recherché.

Keybum
Comment les personnes qui me ressemblent ont réussi à gérer ces sentiments ou ressentis qui nous polluent la pensée ?

Je crois que la réponse est dans ta première phrase. Analyse et introspection pour arriver à identifier et nommer ce qui ne vas pas et ensuite d'arriver à en parler ensemble, de trouver des solutions, ensemble.

J'ai réussi a apprivoiser ça par le détachement affectif. Pas exactement une solution que je recommanderai, mais dont j'ai eu besoin à ce moment pour garder la tête hors de l'eau, pour me protéger.

Keybum
Et... c'est peut être une question bête mais... est-ce que s'ouvrir ne va pas mettre en péril notre couple ?

il n'y a pas de questions bêtes.. Si tu as besoin de la poser, c'est qu'elle est légitime pour toi, donc importante. ;-)

"La peur n'évite pas le danger"

Le risque n'est à mon sens pas dans l'ouverture du couple, mais son incapacité à communiquer sereinement sur ses craintes et besoins. Ou le "ensemble" est relégué au second plan au profit du "pour soi."

Si tu ne l'as pas encore lu, je vous suggère le livre sur la compersion d'Hypatia. Tu devrais y trouver des pistes de réflexion intéressantes. Je l'ai lu comme une boite à outils qui aborde différents aspects de l'ouverture d'un couple liés à la compersion et pousse à la réflexion,notamment sur les besoins et attentes, pas comme un guide de la compersion en 10 chapitres.

Si tu pense être dans la dépendance affective, Sylvie Tenenbaum - Vaincre la dependance affective est intéressant également.

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Siestacorta

le mardi 21 avril 2020 à 17h26

Keybum
Est-ce qu'une personne qui, comme moi, est en plein travail pour retrouver mon estime et ma confiance en moi et qui est pour l'instant en proie de ses peurs (jalousie, abandon etc) peut arriver à atteindre cet état ?

La bonne nouvelle : je dirais que oui. Si t'es un peu altruiste, t'as ressenti une bonne partie de cette gamme d'émotion de solidarité, de générosité et d'empathie pour les joies d'un autre, que tu les connaisses ou pas, à d'autres moments. C'est rien de mystérieux, la compersion, c'est juste qu'on la nomme pas et qu'elle est pas valorisée dans notre éducation sentimentale. Mais t'as assez probablement ça dans ton moteur.

La moins bonne nouvelle, c'est que ça remplace pas les autres émotions que tu peux ressentir. Donc en clair, ressentir successivement compersion et jalousie, c'est pas du tout impossible. Quand tu as appris à prêter attention à la première, à voir à quelle partie de toi et de ta vie ça parle, ça s'ajoute au reste. C'est un point de repère dans tes émotions, qui aide à regarder ta relation d'un autre point de vue, mais c'est pas la potion magique qui transforme toute vie poly en bonheur continuel.

Si vous avez beaucoup de dialogue avec ton amoureuse, si elle est accompagnante,si de ton côté le travail sur toi est pas quelque chose qui te répugne, les difficultés de l'ouverture d'une relation sont des occasions d'apprendre. Je te dis pas que ça fera pas mal, mais que ça peut aussi être constructif, et qu'on apprend beaucoup de soi, et qu'on peut puiser de la force et de l'équilibre dans cet apprentissage - plus (et possiblement pour mieux) que si on l'avait fui.

Par contre, tes peurs ne sont pas à ignorer parce qu'il y a une possibilité de lendemains qui chantent.
Ce sont au contraire tes peurs, que tu dois traduire en mots, en besoins, en limites, en apprentissage, qui vont t'apprendre des trucs... Donc faut pas du tout les taire ou vouloir qu'elle se taisent.
Et il se peut que tu aies des besoins et des vulnérabilités qui ne te permettent pas de voir un équilibre sans exclusivité. Ou pas avec cette amoureuse-là.
Mais disons que si tu ne doutes pas que tu es et resteras aimée (ce qui tient oui, à tes vulnérabilités, mais aussi à ta capacité à voir l'amour de l'autre quand elle te le donne et bien sûr à son travail à elle pour construire la confiance), la relation peut avoir cet aspect non-exclusif.

Est-ce que ça expose, fragilise l'histoire ? Oui. Enfin... Disons : un peu comme ça expose plus de conduire une bagnole sur des routes que tu connais pas que sur des routes que tu connais. Le risque est de toute façon déjà-là... Il augmente, mais il n'est pas la seule chose à considérer dans ce que tu veux faire.

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Intermittent

le mardi 21 avril 2020 à 22h00

Est-ce que ça expose, fragilise l'histoire ? Oui. Enfin... Disons : un peu comme ça expose plus de conduire une bagnole sur des routes que tu connais pas que sur des routes que tu connais. Le risque est de toute façon déjà-là... Il augmente, mais il n'est pas la seule chose à considérer dans ce que tu veux faire.

J'aime bien l'analogie ... Et sur les routes de campagne, le paysage est plus varié ...

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Keybum

le mercredi 22 avril 2020 à 10h02

@Mark, le bilan tiré l'année dernière est le suivant : comment pouvais-je faire confiance si je ne m'aimais pas ? Donc j'ai fait un travail avec une psychologue pour comprendre tout ça, pour me ré-apprivoiser. Cela faisait des années que je faisais passer les autres avant moi et j'en étais presque arrivée à une détresse émotionnelle où j'avais mon estime de moi qui était ras les paquerettes. Mais durant ces 6 mois d'introspection, je me suis repris en mains, j'ai cherché à mieux me comprendre (mes émotions et moi) pour mieux les appréhender.

C'est bête mais ça passe par exemple par une analyse quand une émotion arrive au lieu de me la prendre dans la figure de plein fouet. j'essaye de comprendre, d'analyser si c'est fondé ou non, à l'accepter plutôt que la combattre, à faire preuve de résilience. Et puis je fais plus attention à moi, je fais des choses pour moi, je me comprends ma valeur (même si je continue à travailler dessus haha, on ne devient pas madame super estime en quelques mois ;) ). Je vois les succès, je vois le chemin parcouru. La preuve, alors que y a quelques années jamais j'aurai ne serait envisagé cette voie, aujourd'hui je l'observe et je me sens prête mentalement (même si elle me fait peur car c'est l'inconnu). J'ai plein de question, évidemment, mais je pense que c'est normal.

À vous tous qui m'avez répondu, merci.
J'ai quelques dernières questions à vous poser : qu'est-ce que, personnellement, cette ouverture vous a apporté ? Aujourd'hui, dans mes lectures et diverses documentations sur le sujet je lis que la jalousie est normale dans ce contexte et qu'elle en va pas s'envoler dans un claquement de doigt, comment vous la gérez (quand vous al ressentez) ? Et est-ce que le début de la transition a été compliqué ?

Merci énormément pour votre aide et votre soutien dans vos messages. Vraiment. Ça me fait du bien de voir que des personnes sont là pour répondre aux questions et que je ne suis pas seule.

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Mark

le mercredi 22 avril 2020 à 11h27

Bonjour @Keybum,

Je crois qu'a travers tes entretiens avec ta psy, tu as appris et utilises les outils les plus importants: Analyse et introspection.
Si je devais citer ce que mon ouverture au polyamour m'a apporté, ce sont assurément ces deux points.

Apprendre à identifier besoins et attentes, blocages et peurs. Apprendre à être à l'écoute de soi, à l'exprimer et se respecter.
C'est l'ensemble de ces cheminements qui ont contribué à me sentir mieux avec moi même, de ne plus voir les autres comme un besoin essentiel à mon bien être, mais comme un complément indépendant, libre, à l'opposé de la dépendance. Le temps qu'il faut? Il est propre à chacun, fonction de son vécu.

Libéré aussi des injonctions et pressions liés à mes propres besoins et attentes. Comprendre que ce n'est pas à l'autre d'y subvenir, mais à moi même. A partir de là j'ai commencé à ressentir toute la liberté qu'apporte cette vision des relations. Que l'autre ne te dois rien, mais ce qui est partagé avec toi dans une relation est motivé par l'envie de partage, et plus par nécessité ou besoin.

@Siestacorta fait l'analogie des routes de campagne, je fais celle de l'apprentissage du vélo.
L'envie de faire soi même, d'avoir cette capacité à atteindre l'autonomie, qui ne l'a pas ressenti en regardant les autres y arriver?

D'abord, il y a les petites roulettes d'appui, celles qui permettent de maintenir l'équilibre et le cap. J'y vois le cadre de la relation, sécurisant. Viennent les premiers tours de roue, avec une rassurante troisième main sur le guidon et dans ton dos, et le réconfort après s'être écorché les genoux. J'y vois l'importance de la confiance et l'accompagnement bienveillant de l'autre, un vrai travail d'équipe.

Enfin, y arriver, avec de plus en plus d'assurance, jubiler d'y être arrivé.e de savoir faire tout seul maintenant, reconnaissant.e pour l'accompagnement et libre de prendre la route avec assurance. J'y vois l'importance du lien et de la liberté qu'elle apporte.Ne plus ressentir de jalousie ou de peurs parce que je sais que maintenant, je n'ai plus besoin de personne pour enfourcher mon vélo et partir à l'exploration de toutes ces routes.

Le faire accompagné.e, c'est super aussi de pouvoir le partager, mais n'est plus une nécessité. C'est devenu un partage.

J'espère que cela ça répond un peu à ta question sur la difficulté des débuts, la manière de les aborder, et du bien être qui résulte de cette autonomie et indépendance?

Bonne route, parce que tu es / vous êtes déjà sacrément sur la bonne voie ;-)

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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