Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Dépassement du consentement non-sexuel

Social
#
Profil

bidibidibidi

le vendredi 06 mars 2020 à 11h25

J'ai eu une discussion avec ma compagne hier autour de la question d'avoir un deuxième enfant. Je suis, actuellement, opposé à la chose. Et la discussion s'est envenimée quand elle m'a signalé que je lui "imposais mon non".
Ca m'a fait lire un peu ce qui se disait sur Internet à propos des désaccords sur ce sujet, et je suis tombé sur des discours que je trouve totalement affolants.

Doctissimo : "Certains "non" doivent ainsi être pris très au sérieux."
Mais pas d'autres, hein. Il dit non mais il pense oui, on le sait bien.
Doctissimo : "Vous voulez un bébé, pas lui : contourner l'obstacle !"
Le faire boire marche pas mal.
Maman pour la vie : "Si votre conjoint finit par céder à vos demandes, il y a des chances qu’il fasse cet enfant sans engagement ou désir profond de devenir père. Manon Fabi assure que cette situation peut avoir beaucoup de répercussions sur l’enfant, puisque l’attachement du père à l’enfant risque de ne pas s'établir,"
Ce serait vachement grave, vous imaginez, l'enfant pourrait être mal. Bon, le père, quelqu'un en a quelque chose à faire ?
Maman pour la vie : "De plus, le fait de l’avoir forcé aura probablement une influence négative sur votre relation"
Les gens sont rancuniers quand même. Heureusement, lui, il portera pas plainte !
Maman pour la vie : "Bien entendu, peu importe les raisons qui motivent votre désir ardent de tomber enceinte, vous devez réaliser qu’avoir un enfant est une décision qui se prend à deux"
Ouf, un conseil censé. C'est triste de devoir le "réaliser".

Je suis attéré...

PS après le message de DragonPhoenix : Je ne souhaite bien évidemment pas comparer les situations d'abus sexuels et d'enfants dans le dos. Mon objectif en créant ce sujet est uniquement de parler du consentement et de la façon dont il est abordé dans des articles aisément trouvables sur Internet.

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

#
Profil

dragonphoenix

le vendredi 06 mars 2020 à 15h46

En tant que femme, victime d'abus sexuels (ou plutôt survivante d'abus sexuels), dans l'enfance et à l'âge adulte, et childfree convaincue (qu'on essaie régulièrement de convaincre de faire des gamins quand même, merci la pression sociétale...), je comprends ce que tu veux dire, et en même temps je suis un peu gênée par le parallèle qui peut être fait (un peu hâtivement) entre consentement sexuel et consentement à avoir des enfants (ou autre évolution d'une relation amoureuse, même si on peut, par ex., faire un enfant dans le dos à qqun alors qu'on ne peut pas l'épouser sans qu'il/elle le sache ; mais c'est un autre débat).

Effectivement, la question du consentement à faire des enfants est un vrai problème dans les couples. Problème qui se pose majoritairement dans un sens (la femme veut, l'homme pas), même si je suis un bel exemple de la situation inverse.
Et, effectivement, il est inacceptable de se passer du consentement de l'autre dans de telles situations, quelles que puissent en être les conséquences.
Non, c'est non, et c'est tout.

Mais (car il y a un mais), je voudrais quand même rappeler qu'il y a une différence fondamentale entre les deux situations, qui est la possibilité de refuser.
En effet, dans le cas du non-respect d'un refus de consentement d'un acte sexuel, la personne à qui l'acte sexuel est imposé est généralement en incapacité de réellement refuser l'acte en question, que ce soit pour des raisons physiques (alcool/drogues, violences, supériorité physique, peur,...) ou psychiques (état d'hébétude, contraintes psychologiques, menaces,...).

A l'inverse, je ne pense pas que dans ton cas (ou celui de la plupart des hommes qui se plaignent qu'on leur a fait un bébé dans le dos), tu sois dans l'impossibilité de refuser, ne serait-ce que parce que tu as la possibilité d'utiliser de ton côté un moyen de contraception pour t'assurer que ça n'arrive pas (ne serait-ce que le préservatif, tout simplement), à supposer que ta compagne n'utilise pas de contraception de son côté, ou que tu aies un doute sur ce sujet.
J'ai trop vu et entendu d'hommes qui refusaient d'utiliser des préservatifs (dans le cadre d'une relation d'une nuit ou d'une relation au long terme), et qui après se plaignent de se retrouver avec un gamin non désiré.
Dans certains cas, la mère avait créé cette situation, je ne le nie pas.
Mais si c'était le cas, messieurs, ça serait bien de vous rappeler que la contraception, ce n'est pas que notre job. Que vous aussi vous avez des moyens de contraception à votre disposition. Moins que nous, certes, et moins facilement pour la plupart d'entre eux, mais les capotes, c'est le plus vieux contraceptif au monde en fait (hors méthodes dites naturelles ou retrait, dont l'efficacité est plus que douteuse...).
Avant l'avènement de la pilule et des contraceptifs hormonaux, c'était l'homme qui était en charge de la contraception dans le couple, et ça marchait pas si mal quand il voulait s'en donner la peine.
Je me souviens d'ailleurs avoir entendu ma grand-mère raconter que le médecin de famille avait vertement engueuler mon grand-père quand elle est tombée enceinte pour la deuxième fois, parce qu'elle avait une santé fragile et qu'il avait formellement déconseillé une autre grossesse. En l'occurrence, mon grand-père a volontairement passé outre parce qu'il voulait un fils, et ils n'ont plus eu d'autres enfants après.

Tout ça pour dire que je ne dis pas ça contre toi, ni pour te culpabiliser ou quoi que ce soit du même genre, mais en fait on a aujourd'hui des moyens techniques efficaces pour éviter une grossesse, et que c'est à chacun de les utiliser si il.elle ne souhaite vraiment pas courir ce risque.
Donc, à part si le mec me dit qu’il a utilisé une capote, qu'elle a craqué, et que la nana a refusé d'utiliser la pilule du lendemain (et encore, c'est son droit de ne pas l'utiliser, mais pas d'imposer le gamin au géniteur par contre), eh bien j'estime qu'il n'a pas fait sa part du boulot pour éviter la situation et donc qu'il en est responsable.

D'ailleurs, à titre personnel, je n'ai actuellement aucun partenaire sexuel, mais je suis pourtant sous contraception, et c'est totalement inenvisageable que j'arrête.
Parce que je peux tout à fait être violée.
Parce que je peux tout à fait rencontrer qqun, et vivre le scénario de la capote qui craque.
Parce que, aujourd'hui, je n'ai pas de partenaire sexuel, mais que je ne sais pas ce qui va se passer demain.
Et j'ai également toujours des capotes dans mon sac, et là encore, c'est non-négociable.

Nous, les femmes, nous vivons au quotidien le poids de la responsabilité de la contraception, et sommes considérées comme responsables si un accident arrive.
Mais ça serait bien que vous, messieurs, vous vous rappeliez que l'immaculée conception, ça n'existe pas.

#
Profil

bidibidibidi

le vendredi 06 mars 2020 à 16h19

Alors, je suis totalement d'accord avec toi. Effectivement, en écrivant mon message, je ne voulais pas faire de parallèle entre viol et enfant dans le dos, deux situations qui sont par trop incomparables.
De même, je ne voulais pas parler des hommes qui n'assument pas leurs actes quand ils mettent quelqu'un enceinte.
Ni de la répartition de la charge de la contraception.
Je vais mettre un disclamer sur mon premier post.

Je voulais vraiment juste me pencher sur le consentement et sur la façon dont il est perçu dans notre société.
De même, il y a un point sur lequel je ne suis pas d'accord avec toi, c'est quand tu dis :
"il y a une différence fondamentale entre les deux situations, qui est la possibilité de refuser."
Ces articles se moquent ouvertement de cette possibilité.

Cette article (pour être plus spécifique) : https://www.mamanpourlavie.com/desir-enfant/precon... s'appelle "Pousser son conjoint à avoir un enfant". Avec notamment cette citation : "De plus, le fait de l’avoir forcé aura probablement une influence négative sur votre relation". Cet article ne parle pas du tout de "donner la possibilité de refuser" mais clairement de dépasser le consentement.
On trouve d'ailleurs tout le discours classique de dépassement du consentement, avec par exemple (dans cet article : https://www.doctissimo.fr/html/grossesse/avant/env... ) le "Certains "non" doivent ainsi être pris très au sérieux." sous-entendant qu'un non n'est pas toujours un vrai non.
Autre citation édifiante par l'absence de condamnation du comportement de Louise : "Et s'il ne veut vraiment pas d'enfant ?
Louise a décidé de le faire sans son accord, et la relation avec son compagnon s'est dégradée dès les premiers mois de sa maternité. "Je pensais que la naissance du bébé changerait son attitude, je me suis trompée"."

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

#
Profil

dragonphoenix

le vendredi 06 mars 2020 à 17h19

Malheureusement, je suis d’accord pour dire que le problème du consentement est un gros problème dans notre société, dans de nombreux domaines d'ailleurs, et j'espère que le fait qu'il soit mis en lumière dans le cadre des abus sexuels permettra à terme une prise de conscience plus générale et un élargissement à d'autres thématiques, dont la tienne.

De manière générale, je ne comprends pas que l'on puisse ne pas tenir compte de l'avis de l'autre, d'autant plus quand l'autre est la personne avec qui on partage sa vie, donc (je suis sans doute idéaliste), la personne pour laquelle on devrait montrer le plus de respect.
Or, c'est clairement une attitude totalement irrespectueuse de passer outre son consentement, d'autant plus sur ce genre de problématique qui engage totalement la vie de l'autre (et, bien évidemment, la vie de l'être à naitre qui n'a déjà pas demandé à être là).

Donc, je comprends largement ton mal-être sur ce point, d'autant plus que j'ai moi-même vécu cette pression.
Et j'espère sincèrement que vous arriverez à communiquer sereinement et efficacement pour qu'elle puisse comprendre qu'on ne peut pas exiger de quelqu'un de devenir parent contre son gré.

#
Profil

artichaut

le samedi 07 mars 2020 à 01h35

Je pense @bidibidibidi que le titre de ton sujet est maladroit et malapproprié. Et la réaction de @dragonphoenix me semble +que logique.

Si tu veux parler de ce qui se dit sur certains sites (hum, on a pas finit, si faut critiquer la validité de tout ce qui existe sur le web, mais soite si c'est ton souhait…) pourquoi ne pas le dire ainsi ?

Le terme consentement est polysémique certes, mais sans précision particulière et mis en lien avec le genre comme tu le fais, il tend directement à connoter "consentement sexuel". Du coup ton titre «  Dépassement du consentement, un problème de société indépendant du genre » ressemble je trouve à… un slogan masculiniste.

#
Profil

bidibidibidi

le mardi 10 mars 2020 à 11h29

Je ne peux pas changer le titre... :-/
Je vais demander à un admin.

C'est quand même dingue que consentement soit directement associé à consentement sexuel. Comme si le consentement dans les autres domaines de la vie était secondaire.

Je me demande aussi si les problèmes de consentement ne viennent pas directement de notre enfance, période où notre consentement était constamment ignoré au profit de ce que les adultes voulaient. Une habitude que l'on garderait après et qu'on continuerait de perpétrer...

#
Profil

Diomedea

le mardi 10 mars 2020 à 12h50

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

#
Profil

Polyamour.info

le mardi 10 mars 2020 à 13h09

Titre changé à la demande de @bidibidibidi

Ancien titre : « Dépassement du consentement, un problème de société indépendant du genre »
Nouveau titre : « Dépassement du consentement non-sexuel »

#
Profil

artichaut

le mardi 10 mars 2020 à 13h20

bidibidibidi
C'est quand même dingue que consentement soit directement associé à consentement sexuel. Comme si le consentement dans les autres domaines de la vie était secondaire.

J'aurais tendance à dire : c'est pas que les autres sont secondaires, c'est que celui-ci est primordial.

bidibidibidi
Je me demande aussi si les problèmes de consentement ne viennent pas directement de notre enfance, période où notre consentement était constamment ignoré au profit de ce que les adultes voulaient. Une habitude que l'on garderait après et qu'on continuerait de perpétrer...

Ça c'est certain. Et ce serait un sujet intéressant à traiter.

Nous vlà avec 4 sujets en un :
- Ma compagne veut un enfant / Pas moi / (Qui à raison ?) Que faire ?
- Les commentaires sur des sites comme Doctissimo sont affolants
- Consentement non-sexuel VS Consentement sexuel
- Consentement & Enfance

T'as une préférence ?
Ça te va de traiter les 4 dans ce même fil ? Moi ça me semble beaucoup pour un seul fil. Mais c'est toi qui dit.
Et on peut très facilement ouvrir d'autres fils.

#

ZudEdWejTo (invité)

le mardi 10 mars 2020 à 22h30

Elle n'a qu'à faire un enfant avec quelqu'un d'autre qui en a envie, et puis voilà.

#
Profil

bidibidibidi

le mercredi 11 mars 2020 à 08h30

artichaut
Nous vlà avec 4 sujets en un :
- Ma compagne veut un enfant / Pas moi / (Qui à raison ?) Que faire ?
- Les commentaires sur des sites comme Doctissimo sont affolants
- Consentement non-sexuel VS Consentement sexuel
- Consentement & Enfance

T'as une préférence ?
Ça te va de traiter les 4 dans ce même fil ? Moi ça me semble beaucoup pour un seul fil. Mais c'est toi qui dit.
Et on peut très facilement ouvrir d'autres fils.

Je n'ai pas de préférence. Je préférerai juste éviter de parler du consentement sexuel. Non que ce ne soit pas un sujet intéressant, mais c'est un sujet qui a été longuement traité, bien traité, contrairement au consentement dans d'autres domaines qui pour moi est plutôt invisible.

A propos des enfants, notre échange me fait étonnamment réagir vis-à-vis de mon fils (5 mois).
Clairement, l'émission de consentement à son âge est quasi impossible (si on considère en plus que je dois le comprendre). Il est capable, en pleurant, d'émettre une sorte de non consentement, même si les pleurs sont plus un signe de gêne que d'absence de consentement. Et sa compréhension du monde font qu'il n'est pas capable d'émettre un consentement éclairé dans beaucoup de cas.
Par exemple, les vaccins le piquent et il pleure. Il n'est donc, de fait, pas consentant à se faire vacciner, pourtant, moi, je suis très certain que je souhaite qu'il le soit.
En tant que parent, j'ai tendance donc à prendre des décisions pour lui, dans les deux acceptions de cette phrase, c'est-à-dire à sa place et pour son bien. Ce qui est piégeur : Dépasser le consentement pour le "bien" de quelqu'un, est-ce bien ou mal ? Ca reste un dépassement de consentement, et puis, comme on dit, l'enfer est pavé de bonnes intentions...
En fait, j'ai beau comprendre la notion de consentement et me dire que j'aimerai ne pas nuire à celui de mon fils, force est de constater que c'est certainement illusoire. Je m'attends bien à ce qu'il me fasse une comédie au supermarché pour avoir des bonbons ou que je doive le forcer à aller se coucher tôt (ce qui est d'ailleurs déjà le cas, c'est moi qui choisit l'heure de son coucher).

Enfin, ce sujet me fait me poser plein de questions !

ZudEdWejTo
Elle n'a qu'à faire un enfant avec quelqu'un d'autre qui en a envie, et puis voilà.

Je ne sais si c'est une blague ou une pique. Dans tous les cas, je ne la trouve pas drôle du tout.

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

#
Profil

artichaut

le mercredi 11 mars 2020 à 11h48

Et bien commençons pas le sujet que tu lance (et merci d'ailleurs de le lancer, on parle trop peu de ces choses là) :

bidibidibidi
A propos des enfants, notre échange me fait étonnamment réagir vis-à-vis de mon fils (5 mois).
Clairement, l'émission de consentement à son âge est quasi impossible (si on considère en plus que je dois le comprendre). Il est capable, en pleurant, d'émettre une sorte de non consentement, même si les pleurs sont plus un signe de gêne que d'absence de consentement. Et sa compréhension du monde font qu'il n'est pas capable d'émettre un consentement éclairé dans beaucoup de cas.
Par exemple, les vaccins le piquent et il pleure. Il n'est donc, de fait, pas consentant à se faire vacciner, pourtant, moi, je suis très certain que je souhaite qu'il le soit.
En tant que parent, j'ai tendance donc à prendre des décisions pour lui, dans les deux acceptions de cette phrase, c'est-à-dire à sa place et pour son bien. Ce qui est piégeur : Dépasser le consentement pour le "bien" de quelqu'un, est-ce bien ou mal ? Ca reste un dépassement de consentement, et puis, comme on dit, l'enfer est pavé de bonnes intentions...
En fait, j'ai beau comprendre la notion de consentement et me dire que j'aimerai ne pas nuire à celui de mon fils, force est de constater que c'est certainement illusoire. Je m'attends bien à ce qu'il me fasse une comédie au supermarché pour avoir des bonbons ou que je doive le forcer à aller se coucher tôt (ce qui est d'ailleurs déjà le cas, c'est moi qui choisit l'heure de son coucher).

Ce que tu appelles consentement (non-sexuel) n'est-il pas plutôt quelque chose de l'ordre du libre arbitre ? Décider soi-même de sa vie, pour soi-même, et ne laisser personne d'autre (pas même les gens qu'on aime ou qui nous aiment) décider à notre place.
Ceci me semble très très important à tout âge de la vie.

Et c'est sûr que la parentalité (mais aussi d'autres choses, comme travailler avec des enfants, s'occuper d'enfants dit "handicapés" et +largement toute situation de pouvoir) vient questionner à fond ces questions là.
Pour rester sur la parentalité et la toute petite enfance, ton enfant n'a déjà pas choisis de naître. Donc déjà dès le départ, il y a un truc où on ne lui demande pas son avis. Ensuite en effet, à 5 mois, il n'es pas encore apte a tout décider de sa vie, et même tu as un rôle pour lui apprendre à (bien) vivre dans ce monde.
Encore j'ai tendance à penser qu'à 5 mois, c'est assez "facile" car justement il n'est pas autonome. Mais t'as raison, c'est peut-être déjà là que tout se joue. Car du côté des parents clairement des (mauvais) plis se prennent, et l'on prend habitude de décider à la place de notre enfant, "pour son bien" (l'un des pire argument qui existe, pourtant). Et pour le coup, oui, son consentement va être bafoué des centaines de milliers de fois par vous parents, par les ami·e·s et la famille qui vous entourent, et par les organes de la société ensuite (école, travail, patrie). Accessoirement il sera dans l'ordre des choses que son consentement sexuel ne soit pas respecté non plus (puisque ce n'est qu'un parmi d'autres).
Oui, c'est assez terrible. On fabrique des moutons et on les envoie de nous-même à l'abattoir social.

Un des seul remède que je vois, c'est justement, comme tu le fais, de te poser la question très tôt, de réfléchir à ça, de lire sur ça, de tenter de te rappeller de la vie que tu as vécue en la matière, et de à tout moment te poser intimement la question « est-ce que ce que je fais est bien ? ».
Et encore ce ne sera pas suffisant. Il va falloir être à l'écoute sincère de ce qu'exprimera ton fils et te remettre sans cesse en question, croyant détenir la vérité (de ce qui est bien pour lui), et te plantant en réalité très très souvent.
Un autre remède c'est l'empathie. Que les mères ont +de facilité, me semble t-il, à développer. Et qui peut revenir au même, ou être complémentaire, de l'introspection permanente.

Tout ça étant rendu encore +complexe, par le fait que respecter le consentement de l'autre ne veut pas dire tout lui accorder. L'enfant-roi n'est pas la solution.
Comment trouver un juste milieu entre tes limites, celle de ta compagne, et les siennes ? Vaste chantier !

Perso je pense qu'un enfant est très tôt autonome, et capable de prendre des décisions. Beaucoup +tôt que ce que nous dis la société. En fait dès qu'il parle et peut s'exprimer, la question du consentement va être en jeu (enfin elle l'est déjà même avant ça, comme tu le remarque justement). Il va apprendre à dire "Non" et ce sera un apprentissage primordial dans sa vie. (comme on dit : il faut apprendre à dire non, pour savoir dire oui).
Mais il va aussi expérimenter ce Non, avant de savoir s'en servir (donc au début, ce ne sera pas forcément, le reflet de son consentement clair et limpide, mais juste de l'expérimentation). Et surtout il va subir le votre de Non. Et ça c'est assez terrible. Combien sommes-nous à être des handicapés de la vie, juste parce qu'on a peur de recevoir un Non ?

Bref, je ne suis pas sûr qu'il y ai de solutions. Perso je galère toujours avec ça. Moi ce qui m'aide c'est essayer d'accepter les choix des autres, mais aussi d'essayer de comprendre (en essayant de faire que ce soit pour moi-même, et non pour juger l'autre, et valider/invalider ses choix).

Entouka l'aider le+tôt possible à prendre des décisions, l'encourager à ça, le valoriser dans ses choix, l'aider à prendre conscience des implications et des conséquences de ses choix, et en assumer les conséquences.
En tant que parent, j'ai beaucoup œuvré à ça. Même trop peut-être parfois. Responsabilisant l'enfant à un âge, où il pourrait juste avoir envie de se laisser porter.
Qu'on te demande ton avis tout le temps pour tout, doit être fatiguant à la longue. Mais c'est "la solution" que j'ai trouvé pour moi-même. Je ne dis pas que c'est la bonne.

#
Profil

bidibidibidi

le jeudi 12 mars 2020 à 20h34

Malheureusement, on dérive complètement du sujet. Bon, en même temps, la notion de consentement n'est pas vraiment un sujet poly, donc on peut se donner ce droit.
Je sais pas si tu voudrais parler de ton expérience en tant que parent ? Ici, ou par mail. Ca m'intéresserait, ton retour d'expérience avec un regard assez peu commun sur la chose.

En fait, plus j'y réfléchis, et plus je me dis qu'en tant que poly, on a décidé d'ouvrir la boîte de Pandore, en n'acceptant pas qu'on nous dicte notre comportement amoureux, en refusant une grille de lecture pourtant claire et dont on a l'habitude, pour oser tracer notre propre chemin.
La parentalité est un autre de ces domaines massivement exploré aussi bien dans la culture populaire que par des spécialistes. Mais toujours au sein de cette grille de lecture propre à notre culture. Je me rappelle cette étude sur les enfants élevés par des couples non conventionnels (homosexuels entre autre) et pour déterminer si les enfants étaient "bien élevés", il y avait, parmi les critères de lecture, la réussite scolaire. En gros, "bien élevé" signifie, au moins partiellement, bien intégré... Quand la définition du bonheur est écrite avec un regard imprégné par la culture dans laquelle on vit, alors l'éducation idéale est surtout celle qui permet la meilleure insertion dans cette culture. Ce qui permet d'élever, comme tu le dis, de jolis petits moutons...

#
Profil

artichaut

le vendredi 13 mars 2020 à 05h25

bidibidibidi
Malheureusement, on dérive complètement du sujet.

C'était prévisible. C'est pourquoi j'ai posé la question sur les différents sujets, et ce dont tu souhaitais prioritairement parler.

bidibidibidi
En fait, plus j'y réfléchis, et plus je me dis qu'en tant que poly, on a décidé d'ouvrir la boîte de Pandore, en n'acceptant pas qu'on nous dicte notre comportement amoureux, en refusant une grille de lecture pourtant claire et dont on a l'habitude, pour oser tracer notre propre chemin.

toutafait

bidibidibidi
Je sais pas si tu voudrais parler de ton expérience en tant que parent ? Ici, ou par mail. Ca m'intéresserait, ton retour d'expérience

Si y'a des questions, ça peut. Même si je préférerais de vive voix.

#
Profil

Caoline

le samedi 14 mars 2020 à 11h44

Le consentement ou plutôt la capacité qu'on laisse aux enfants de décider de leur propre vie est un sujet que j'ai beaucoup creusé et expérimenté mais bien trop long et complexe pour en faire un court écrit. On se fait une rencontre sur le thème ?

#
Profil

artichaut

le dimanche 26 avril 2020 à 08h02

Je trouve dommage que cette discussion n'ai pas été poursuivie.

J'avais essayé de clarifier des thèmes qui me semblaient se dessiner dans la proposition de départ.

artichaut
Nous vlà avec 4 sujets en un :
- Ma compagne veut un enfant / Pas moi / (Qui à raison ?) Que faire ?
- Les commentaires sur des sites comme Doctissimo sont affolants
- Consentement non-sexuel VS Consentement sexuel
- Consentement & Enfance

Je ne sais si cet essai de clarification était pertinent…

Toujours est-il qu'on a très succinctement abordé le sujet "Consentement & Enfance" et je regrette qu'on ai pas+ exploré celui-ci :
- Ma compagne veut un enfant / Pas moi / (Qui à raison ?) Que faire ?

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion