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Témoignage puis polyamour et syndrome d'asperger

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Bubblegum

le lundi 27 novembre 2017 à 15h13

Bonjour, je suis nouvelle sur ce forum permettant d'avoir des connaissances sur le polyamour. Je vais décrire un peu (beaucoup :-P ) ma situation avant de pouvoir poser mes questions, bonne lecture :-) RDV en bas pour mes questions si vous n'avez pas la patience de lire et merci d'avance !

Au début je me posais des questions sur le fait d'aimer plusieurs personnes à la fois. Grâce à ce forum j'ai pu enfin souffler, comprendre qu'il y avait des personnes comme moi, que je n'étais pas un OVNI, et pour ça, je remercie les personnes qui ont mis en place cette espace.

Je suis relativement jeune, j'ai 21 ans. Je suis dans un début de relation polyamoureuse avec deux hommes : le premier est mon copain avec qui je suis depuis bientôt 4 ans et le deuxième son...meilleur ami (aïe aïe ça fait mal de le dire). On dit pourtant qu'on ne touche pas aux meilleurs amis mais notre situation est un peu plus délicate que pour d'autres.

De plus j'ai une relation polyamoureuse si on peut dire avec une autre femme mais cela depuis avant mon copain sauf qu'on n'arrivait pas à mettre des mots dessus : un amour plus fort que l'amitié, où on veut donner de l'amour mais sans s'engager (sans notion sexuelle) ? Maintenant j'ai la réponse. De ce fait, sans m'en rendre compte, j'ai créé une relation polyamoureuse. Mon copain connaissait son existence et inversement même si mon amour pour cette femme est plutôt platonique, même si à chaque fois que j'ai de ses nouvelles, mon sourire monte jusqu'à mes oreilles...

Reprenons pour avec les deux amis. Nous nous sommes tous rencontrés pendant le nouvel an d'un ami en commun. Les deux me plaisaient et c'était réciproque. L'un a tenté sa chance et pas l'autre. Sauf que de base, celui que je "voulais" et bah c'était l'autre ahaha... Mais c'est ainsi.

Nous avons donc gardés des bons liens avec lui, vu que c'était le meilleur ami de mon copain, nous nous sommes un peu perdu de vue avec le temps. Mais j'ai toujours ressentie un petit quelque chose que je ne savais nommé en le voyant sauf peut-être l'attirance.

Puis, pendant les vacances d'été de cette année, j'ai proposé de faire beaucoup de sorties avec notre ami (il a une voiture donc on peut se déplacer plus aisément, il a une chienne donc on peut la sortir, il y a un but) et on s'est rapproché... Sauf que ce n'était pas anodin. Durant toute ma relation avec mon copain, j'ai eu des vacillements : parfois j'avais très envie d'être avec ma femme (on appelait ça ma phase "homo", étant pansexuelle) mais aussi de notre ami. Mon copain prenait ça à la rigolade, moi aussi je n'aurais pas pensé que c'était si fort. Il me taquinait sur le sujet. Notre ami n'en savait rien.

Je pensais que c'était comme parfois où on est un peu possessif avec les amis auxquels on tient fortement et qu'on ne veut pas voir disparaître mais que progressivement on arrive à supporter car la confiance prend tout son sens.

Mais non. Un beau jour j'ai explosé à une phrase de mon copain, commençant à prendre conscience de mes sentiments pour notre ami, me détestant et sachant que mon amour pour lui ne marcherait pas : c'était le meilleur ami de mon copain donc il ne me toucherait pas et ne "me récupérerait" pas si cela venait à casser. Pourtant, ça ne m'empêchait pas d'aimer mon copain même si je me sentais confuse de ce fait, de comprendre que j'aimais deux personnes et de me broyer sous le poids des diktats de la société avec la monogamie. J'ai donc avoué à mon copain une première fois.

J'ai donc explosé, comme attendu notre ami m'a dit que pas lui, j'ai beaucoup pleuré, mon copain m'a consolé et j'ai voulu attendre un mois pour revoir notre ami car je ne voulais pas qu'il disparaisse de ma vie.

Mais c'est comme tout, l'amour ça peut "bouffer" jusqu'aux entrailles...

Il me manquait trop et même si ça pouvait me faire mal, j'ai décidé de le revoir pendant une sortie avec des amis à la fête foraine, dans un lieu neutre. Nous nous n'étions pas revu depuis que je lui avais avoué mon amour par téléphone. Mais je lui avais assuré que ça ne ferait rien de bizarre, que ça serait normal, et ça l'a été.

Après cette soirée, être contente, j'ai fais mes recherches et je suis tombée sur ce forum. J'ai pu ainsi comprendre que ce n'était pas anodin cette situation même si les témoignages tournent plutôt à partir de la trentaine. J'ai alors pris la décision de restée amoureuse de lui, de le vivre comme ça même s'il me disait non et d'accepter ce qu'il pourrait me donner. Et je l'aurais laissé faire sa vie sans soucis s'il trouvait une autre personne à aimer, je ne voulais pas être un obstacle, juste vivre mes sentiments tant que ça ne lui pesait pas.

Et nous voilà aujourd'hui, on s'est revu avant que je lui dise par sms que je décidais de continuer à l'aimer mais qu'il n'avait pas à s'en faire. Que j'étais une personne polyamoureuse. Mais une fille amoureuse, c'est craquant. J'ai un peu "gratter" même si je ne me doutais de rien et il m'a avoué au final qu'il m'aimait depuis un moment et que je le rendais heureux.

Je n'en ai pas tout de suite parlé à mon copain, on peut dire que j'ai fais de "l'adultère" même si je ne le ressens pas comme ça, étant assez subtile en essayant de lui faire comprendre que notre ami avait des sentiments pour moi... Puis un mercredi je l'ai dis explicitement car notre ami qui au début était très heureux, même si culpabilisant, commençait à se sentir mal de le dire à mon copain, il avait peur de le perdre, ce qui était compréhensible.

Mais je suis quelqu'un de têtue, je lui ai dis de me laisser une semaine pour tout arranger, pour ne pas qu'il parte... Et donc je l'ai dis (en pleurant... c'est hallucinant de voir comment notre corps peut être manipulateur dès que le stress est à son comble, je me demande si mon inconscient n'a pas "forcé" mon corps à pleurer pour moins souffrir..). J'avais besoin moi aussi d'extérioriser ça, je ne trouvais pas ça normal de devoir se cacher alors que l'amour n'est pas un déchet.

Ce fut un choc pour lui, c'est certains, il ne l'acceptait pas. Il commence avec le temps à l'accepter, à s'adapter. Il commence à utiliser le terme "tu as deux amoureux". Notre ami, qui est donc mon second amoureux depuis maintenant 1 mois, est lui très amoureux aussi. J'ai entendu parlé du NRE, alors j'essaye du mieux que je peux de donner autant à mon copain même si c'est forcément plus difficile tant la passion du NRE peut être forte.

Mais voilà. Mon second amoureux a le syndrome d'asperger. J'ai fais beaucoup de recherches sur... je ne sais même pas quel mot choisir (handicap social ? maladie ? malformation ?) tant je ne veux pas blesser les aspies qui seraient sur ce forum... Ce qui fait que la communication n'est pas toujours simple mais ça ne m'empêche pas de l'aimer, même en sachant son syndrome, ça ne m'a pas empêcher, ça m'a juste fait prendre conscience que les difficultés qu'on pouvait avoir, pas toutes bien sûr, avaient un lien avec ça.

Mes questions :

J'aimerais donc bien avoir des témoignages sur des personnes polyamoureuse avec une ou des personnes aspies ou des aspies eux-même pour voir si cela est un modèle qui peut leur convenir.

En effet, en faisant mes recherches, j'ai vu que les aspies sont des personnes très loyales et fidèles et je ne voudrais pas lui faire du mal du fait de ne pouvoir lui donner quelque chose d'exclusif.

J'ai aussi une question pour la communauté toute entière : comment faites-vous pour gérer le temps ? Je me sens un peu débordée, j'ai l'impression de ne plus avoir de temps pour moi, voulant donner à chacun ce qu'il a besoin... Est-ce que cela sera plus facile lorsque nous aurons chacun une endroit où vivre ? Nous vivons chacun chez nos parents...

Et enfin, y a t-il des personnes ayant assumer leur relation poly dans leur famille ou leurs amis ? Je n'ai pas envie de me cacher, j'aimerais pouvoir tenir la main de mon second amoureux sans avoir à mettre une capuche pour me cacher...

Je vous remercie de vos réponses et de m'avoir lu ! Bonne journée ^^ (8E

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Juliejonquille

le lundi 27 novembre 2017 à 18h13

Wow ca fait beaucoup de questions : pour répondre rapidement à tes questions sur les aspies je ne crois pas que l'orientation polyamoureuse soit réservée aux neurotypiques ou modèles standard.

Je suis aussi non neurotypique (Tdah) et très attirée par les personnes différentes (aspie). Entre extraterrestres on se reconnaît.
On est plutôt sur representés en café poly : peut-être que la différence permet de s'affranchir de certains modèles ?

Pour revenir aux aspie : oui généralement ils sont fidèles et ont horreur du mensonge ou des demi vérités mais ils ne sont pas les seuls...
Personne n'aime se retrouver face à ce genre de choses.
Le polyamour peut convenir à certains car il permet parfois une communication franche et d'éviter des mensonges.

Être aspie, tdah, gaucher, droitier, on s'en fout dans une relation : on est face à un individu qui a des aspirations, blessures, et on ne peut jamais deviner ses réactions et son évolution suivant son étiquette. Tous les aspies ne sont pas semblables. Les gens standards non plus.
Il faudra lui demander à lui si ce modèle lui convient.

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

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Jeremie

le mardi 28 novembre 2017 à 17h52

Salut Bubblegum,

Alors je t'avoue que j'ai pas lu tout le message mais j'ai bien compris que ton 2nd petit ami était asperger et que tu te posait des questions sur sa réaction...du coup je me permets de te répondre : je suis actuellement célibataire mais me suis découvert polyamoureux après m'être beaucoup documenté sur le sujet et j'ai réalisé que ce qui freinait mon envie de me caser, c'est que je ne concevais pas justement de n'aimer qu'une seule personne toute ma vie. Les moeurs sur la vie de couple et la sexualité évoluent et je trouve que c'est une bonne chose.

Le problème est que tous les aspergers sont différents entre eux, y'a pas d'asperger type. Je connais pas ton ami, donc il peut ne pas penser la même chose sur le polyamour. Il y a beaucoup de clichés sur les aspis à cause des médias mais en fait, on n'est pas très différents des autres pour la plupart ;)

Dans mon cas, ma vie n'est pas très différente des personnes de mon age : j'ai 24 ans, mon propre appart', je prépare un BTS, je fais de la boxe, j'ai des amis qui me font confiance, je prépare mon permis etc. :)

J'ai horreur de l'hypocrisie mais c'est surtout parce que je l'ai vécu à plusieurs reprises. Autrement, j'ai admis depuis longtemps que l'on a tous une part d'hypocrisie ;)

J'espère t'avoir aidé quant à tes inquiétudes. On a (les aspis) parfois du mal à trouver les mots justes pour décrire quelque chose oralement mais on en pense pas moins ;)

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Bubblegum

le mardi 28 novembre 2017 à 23h47

Bonjour/bonsoir Juliejonquille et Jeremie et merci de vos réponses :-)

Je tiens à préciser, car je l'ai sans doute mal exprimé ou non exprimé, que mon second amoureux est "en phase" avec la situation, il est au courant et l'a accepté/assimilé. Il est touché par asperger mais à un degré moindre. Si bien qu'il croyait que cela était visible alors que non. J'en ai parlé avec lui plusieurs fois, en tout cas pour le moment ça lui convient, il vit au jour le jour et on voit comment ça se goupille, comment on gère.

Pour répondre dans un premier temps à Juliejonquille, je suis au courant de la diversité vu le nombre de témoignages d'aspies eux-même que j'ai pu lire. Depuis que je le sais, j'en ai lu des choses car j'essaye de tout faire pour que ça soit adapté au mieux, qu'il se sente bien. Il a l'air bien dans notre relation actuelle, j'ai plus peur pour l'avenir en fait. C'est encore récent. D'où mes demandes de témoignages, voir si certaines personnes ont connu des difficultés pour mieux les anticiper, j'aimerais vraiment qu'il soit heureux le plus possible et le plus longtemps possible... Je ne suis pas très aidé car il ne s'est jamais renseigné sur son asperger, du coup moi qui aime et a besoin de comprendre, je suis lâchée comme une bouteille à la mer... Lire des témoignages c'est bien mais pouvoir en discuter c'est mieux ^^

Pour moi le polyamour peut convenir à "tout le monde" tant qu'il se renseigne suffisamment et que cela correspond à son type de pensée, handicap, maladie ou que sais-je, comme tu as si bien dis, ce sont des individus. Certains réagissent ou peuvent réagir différemment d'où mon questionnement dans un but mélioratif ;-) .

Pour répondre à Jeremie, oui mon texte est un peu long je suis désolée xD mais merci à toi d'essayer de me répondre ! Concernant les différents aspies, je rejoins ce que j'ai dis à Juliejonquille, je connais la diversité qu'il peut y avoir. Comme j'ai pu lire, il n'y a pas un type d'autisme par exemple, mais une multitude de personnes atteintes à des degrés différents (je le cite sans doute mal alors je m'excuse au cas où). Je pense que mon second amoureux n'est pas poly. Ni même mon premier d'ailleurs. Je dirais plutôt que je suis une polyamoureuse avec deux relations s'approchant de la monogamie. Je m'explique : ils sont plus du genre à ne vouloir aimer qu'une personne mais concèdent que je puisse en aimer plusieurs. Je ne les bloque pas, j'invite même mon second amoureux à trouver une autre personne s'il le désire, de ne pas s'inhiber, d'être juste heureux. J'ai un peu plus de mal avec mon premier mais je laisserais faire si cela venait à arriver, c'est le temps que le travail sur moi-même se fasse, passer d'un couple monogame à polyamoureux c'est tout un programme !

Pour moi il est de toute façon "normal" avec juste des difficultés à exprimer ou comprendre certaines émotions, il veut bien faire, et ça en fait un côté encore plus attachant d'ailleurs... Je n'ai pas d’apriori sur le type de vie que peut avoir une personne aspie, chacun le vit différent ^^

Mais du coup je suis contente d'avoir un témoignage d'un aspi, qui plus est poly ! Je n'ai juste pas compris :

Jeremie
J'ai horreur de l'hypocrisie mais c'est surtout parce que je l'ai vécu à plusieurs reprises. Autrement, j'ai admis depuis longtemps que l'on a tous une part d'hypocrisie ;)

Je n'ai pas compris l'histoire de l'hypocrisie alors je veux bien que tu m'en dises plus ^^

En tout cas merci à tous les deux déjà :-) je vous souhaite une bonne journée et/ou soirée ! (8E

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Jeremie

le mercredi 29 novembre 2017 à 13h39

Tu as pris l'initiative et le temps de te renseigner sur le syndrome et je trouve ta démarche très noble, peu de gens font cet effort.

Excuse-moi pour le passage sur l'hypocrisie, j'ai répondu alors que je rentrais de formation et que j'étais assez fatigué :D

Je faisait référence au passage sur le rapport qu'ont les aspis à l'honnêteté, car c'est vrai qu'on y est particulièrement attachés. Dans mon cas, c'est surtout par rapport au vécu car j'ai rencontré beaucoup de gens qui, en fait, crachaient dans mon dos. J'en ai conclus que je vivais dans un monde froid et darwinien où les gens en qui on pouvait vraiment faire confiance se comptaient sur les doigts d'une main ;)

Cela dit, aujourd'hui, j'ai mon propre appartement, des amis qui me considèrent comme une personne et pas comme un asperger, un loisir (je fais de la boxe anglaise) et j'arrive quand même à apprendre les maths, la physique etc. donc je relativise sur le syndrome parce que je m'en sors très bien en fin de compte

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Bubblegum

le jeudi 30 novembre 2017 à 23h10

Bonsoir Jeremie ! Merci de ton explication, je ne comprenais pas, je suis quelqu'un qui n'aime pas blesser alors j'avais peur d'avoir mal dis certaines choses...

Je ne considère pas mon second amoureux comme un aspi et uniquement ça, je m'en souviens seulement quand nos difficultés de communication se forment, sinon je le vois comme n'importe qui : un individu que j'aime particulièrement <3 . Mon regard n'a pas changé, ça m'a juste permis de comprendre certains comportements que je ne pouvais pas "analyser" auparavant.

J'ai fais la démarche dès que possible car je pense que c'est en laissant tout couler que les vases débordent, or ce n'est pas ce que je veux. Je préfère beaucoup me renseigner, y passer des heures, plutôt que de blesser inutilement ou de ne pas comprendre. J'ai suffisamment été blessée pour le savoir.

Concernant l'hypocrisie, je suis sincèrement désolée pour toi, la nature humaine n'est malheureusement pas uniquement belle, en plus dans certaines situations on est malheureusement obligé de l'utiliser et c'est bien dommage de ne pas pouvoir être franc par tout temps... Les gens de confiance comme tu dis se comptent sur les doigts d'une seule main alors on ne peut que se serrer les coudes :-)

J'aurais une question te concernant par la même occasion, quand as-tu été diagnostiqué ? et comment ?

Nous avons su avec mon premier amoureux tardivement que mon second amoureux est aspi (alors qu'ils sont amis depuis le collège au moins...) mais du coup il se pose lui-même des questions sur lui-même et cette possibilité de l'être lui aussi. Mes deux amoureux sont relativement semblables (mais différents tout de même :-D , je ne sais pas comment le dire avec les bons mots cependant...) donc il se questionne..

Merci de ta réponse en tout cas, ça me fait plaisir ! (8E

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Jeremie

le vendredi 01 décembre 2017 à 16h12

Pour un diagnostic, le mieux est d'aller le faire auprès d'un C.R.A (Centres de Ressources sur l'Autisme). J'en profite pour préciser que le syndrome d'Asperger n'est considéré comme une pathologie à part (de l'autisme) que depuis deux ou trois ans. Pour ma part, j'ai été diagnostiqué à 6-7 ans.

Hésite pas si t'as besoin d'autres renseignements :)

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