Polyamour.info



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Quel bazar dans ma tête.

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Intermittent (invité)

le samedi 20 juillet 2019 à 10h45

"Je vais poser une question cash : poly amour rythme t il avec égoïsme, caché sous le terme compersion ? "

Ce qui n'est pas clair, c'est qui donc doit faire preuve de compersion.

La compersion est le fait de se réjouir du bonheur de l'autre.
C'est donc bien au poly-acceptant de faire preuve de "compersion" et non à la personne qui initie le polyamour.
Donc sur ce point Leolu a raison, la compersion est incompatible avec l'égoïsme.

Ne pas confondre "compersion" et "compassion".

Le polyamoureux doit par contre faire preuve de compassion.
"La compassion est le sentiment par lequel un individu est porté à percevoir ou ressentir la souffrance d'autrui, et poussé à y remédier, par amour ou morale".

"Se lance-t-on dans une nouvelle relation exprès pour faire du mal à son conjoint ?
Non, bien sûr ! On le fait pour soi. "

Il est bien sûr qu'on ne veut pas de mal à son conjoint quand on se lance dans le poly-amour.

Mais on peut en dire tout autant de l'adultère ....

Et d'ailleurs l'argument principal d'un(e) adultère, pour ne pas en informer son conjoint(e), c'est pour ne pas lui faire de mal, puisque s'il/elle ne le sait pas, il/elle n'en souffre pas.
Bon, à mon avis, ce n'est pas la seule raison ....

Quel serait donc l'avantage du polyamour dans ce cas ?

Il y a plusieurs aspects :

- éviter la charge morale de cacher cet adultère.
Il est évident que beaucoup de personnes souffrent moralement de cacher cette situation. En le révélant, on se libère de cette charge, mais en la transférant sur le partenaire.

- éviter la charge psychologique au quotidien, qui oblige à user de stratagèmes visant à cacher la liaison, double téléphone, mensonges sur les emplois du temps, la liste est longue ....
C'est difficile à gérer sur le long terme et on a de grandes chances au final de se faire chopper.

- donner du temps disponible pour sa liaison :
il parait difficile en cas d'adultère, sauf pour ceux qui ont des métiers particuliers, de libérer suffisamment de temps pour pouvoir profiter pleinement de la deuxième relation.
Le polyamoureux aura donc plus de facilités pour "négocier" du temps libre avec sa deuxième relation.

- satisfaire son besoin de sécurité :
Dans un couple polyamoureux, on bénéficie d'une certaine liberté et on garde une certaine sécurité avec sa relation primaire.
Quand le couple primaire a des enfants, il apparait beaucoup plus facile de gérer deux relations quand la première gère "le quotidien".

Une séparation, quand elle apparait nécessaire, aurait des conséquences sur la vie des enfants et sur la gestion des biens en commun, s'il y en a.

Dans le cas d'un couple polyamoureux/polyacceptant, le polyamoureux a la liberté et la sécurité, le polyacceptant (en état de dépendance affective), n'a pas cette liberté et se sent en insécurité.

Je réaffirme donc mon opinion que ne peut être qualifié de polyamoureuse, qu'une relation où les deux personnes ont donné leur accord préalable et avec un niveau minimum de compassion du polyamoureux envers son/sa conjoint(e).

Comme dans un couple libre ....

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artichaut

le samedi 20 juillet 2019 à 19h11

Oui, c'est judicieux @Intermittent de dresser la liste de tous les avantages du "polyamoureux" (on devrait plutôt dire celui/celle qui ouvre la relation) par rapport au polyacceptant (on devrait plutôt dire celui/celle qui subit cette ouverture de couple)

par contre :

Intermittent
Je réaffirme donc mon opinion que ne peut être qualifié de polyamoureuse, qu'une relation où les deux personnes ont donné leur accord préalable et avec un niveau minimum de compassion du polyamoureux envers son/sa conjoint(e).

Je ne suis pas sûr de voir en quoi l'accord préalable est indispensable (mieux oui, mais indispensable ?) : ce site regorge d'histoire où ce ne fut pas le cas, c'est pas pour ça que ça ne devient pas du polyamour ensuite.
En revanche pour le niveau minimum de compassion du polyamoureux envers son/sa conjoint(e), j'aurais tendance à dire plutôt : un niveau maximum des deux côtés (sinon juste ça ne fonctionne pas).

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bonheur

le samedi 20 juillet 2019 à 20h48

@Intermittent : connais-tu ce site ?

amours.pl/

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Intermittent (invité)

le samedi 20 juillet 2019 à 23h23

"Je ne suis pas sûr de voir en quoi l'accord préalable est indispensable (mieux oui, mais indispensable ?) : ce site regorge d'histoire où ce ne fut pas le cas, c'est pas pour ça que ça ne devient pas du polyamour ensuite."

Parce que sinon, le poly-acceptant devient un poly-pas-le-choix ...

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bonheur

le dimanche 21 juillet 2019 à 10h43

intermittent
Parce que sinon, le poly-acceptant devient un poly-pas-le-choix ...

Je suis en accord.

Il faut une période de transition. Les personnes qui viennent ici sont en "j'ai le choix, lequel faire ?". Etre en questionnement, en demande d'information, en recherche… fait partie de la transition. Souvent le deuil de "l'avant" avec la souffrance qui accompagne toute perte…

Et puis, une transition est une étape charnière. Toutes les transitions ne mènent pas au polyamour ou approchant.

Après, la personne qui est à l'initiative de la transition, se sent elle déjà légitimé car elle trouve une reconnaissance indispensable à ne pas restée dans le brouillard et à ne pas se sentir "monstrueuse".

Il me parait normal que lors de la transition il y ai un pêle-mêle d'états instables chez tout le monde, y compris chez le tiers qui est là au-milieu, et pas obligatoirement poly lui aussi.

Le polyamour implique au minimum trois personnes.

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bonheur

le dimanche 21 juillet 2019 à 10h47

Je copie-colle la présentation de amours.pl (lien ci-dessus)

"Les amours pluriels, c’est la liberté de vivre plusieurs relations amoureuses
. de façon simultanée
. avec le consentement de ses partenaires

Cheminer vers cette liberté amène de nombreuses discussions. Il n’y a pas un modèle à suivre, mais des situations à réinventer en permanence en fonction des attentes, des envies, des besoins, des limites de chacun…"

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bonheur

le dimanche 21 juillet 2019 à 10h59

Pour le deuil (j'entend par là perte d'une personne ou d'un idéal), voici un lien (merci Nonconform)

https://psy-resilience.com/questions-psy/reperer-e...

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bonheur

le dimanche 21 juillet 2019 à 11h05

Pour en revenir à ce qui est dit plus haut

/discussion/-cag-/Quel-bazar-dans-ma-tete/page-4/#...

Mon chéri a été reconnaissant de lui avoir parlé, et ceci dès le départ, c'est-à-dire dans le même temps que j'ai dit à la tierce personne que je l'aimais. Pour lui, j'ai fait exactement ce qu'il fallait et c'est sans doute cela qui a fait que l'aboutissement, dans notre cas, fut celui que l'on a connu. Face à une trahison, il aurait fait mes valises, sans l'ombre d'un doute. Il ne faut pas penser que ça n'impacte pas.

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ourscalin

le dimanche 21 juillet 2019 à 11h28

. Quant à la compersion, on ne peut la percevoir que si on s'aime soi-même suffisamment pour ne pas avoir peur de perdre l'autre (ou une partie du temps de l'autre)... puisque l'autre est libre d'aimer qui il/elle veut, moi ou un.e autre, et qu'on en foncièrement convaincu.

Effectivement, vu sous cet angle, ça change beaucoup de choses et forme un nouveau point de vu.
Je vais réfléchir là dessus. Besoin de recul.

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bonheur

le dimanche 21 juillet 2019 à 11h39

intermittent
La compersion est le fait de se réjouir du bonheur de l'autre.

Oui, et j'ajouterai, quelque soit le motif à l'origine de ce bonheur, même si dans le cas présent on parle d'un bonheur particulier, celui créé par l'amour.

En fait, la compersion relève peut-être de la capacité de l'amoureux originel à voir l'amour comme beau et s'en réjouir. C'est peut-être la vision du bonheur de l'amour en elle-même qui fait que l'on arrive à percevoir que la beauté de l'amour prime. D'ailleurs mon chéri dit que l'amour me rend belle, épanouie et il sait que si je m'étais obligée à ne pas aimer, je me serais fanée et il ne veut pas vivre avec une personne éteinte. Aussi, avec la compersion et l'acceptation, il me permet de vivre avec lui ET épanouie

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bonheur

le dimanche 21 juillet 2019 à 12h03

Il y a le lexique (pour ourscalin) :

/lexique/

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dede

le dimanche 21 juillet 2019 à 15h05

Leolu
...juste parce qu'en court de route, la personne s'était aperçu qu'elle s'était oubliée. Qu'elle avait arrêté de penser à ELLE. Et que ça suffisait comme ça.
Mais c'est tellement difficile à comprendre quand SOI-MÊME, on préférait le NOUS plutôt que le JE. Parce que MOI n'est plus heureux.

On est tout des égoïstes ;)

Certes, mais si on sort d'une vision individualiste, je pense que ça change pas mal de chose. Ce n'est pas l'égoïsme ou son intérêt propre qui est la cause dernière de comportements, mais l'amour.
Or l'amour, c'est faire sien les intérêts de l'autre. Du coup les raisonnements individualistes ne sont plus valables. Je vois plutôt le polyamour comme ça : c'est une quête collective d'amour. Ce n'est pas tellement important de savoir qui ouvre la relation de ce point de vue.
(Je sais ce n'est pas très clair ;))

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Intermittent (invité)

le dimanche 21 juillet 2019 à 19h20

"Or l'amour, c'est faire sien les intérêts de l'autre. Du coup les raisonnements individualistes ne sont plus valables. Je vois plutôt le polyamour comme ça : c'est une quête collective d'amour. Ce n'est pas tellement important de savoir qui ouvre la relation de ce point de vue.
(Je sais ce n'est pas très clair ;)) "

Je confirme que la fin du paragraphe n'est pas très claire .....

"c'est faire sien les intérêts de l'autre."

Ce n'est pas de l'amour, c'est de la dépendance affective, c'est à dire oublier ses propres besoins pour se faire aimer.

Citation de Jacques Salomé :
"L'amour inconditionnel suppose une acceptation de l'autre sans limite. Or les limites sont nécessaires dans une relation intime. Ces limites sont d'ailleurs posées par le respect pour soi-même. Ainsi il serait malsain de continuer une relation maltraitante sous prétexte d'un amour sans limite pour l'autre.
Cet amour « sans limite » pour un autre n'est que l'expression d'un individu qui n'a aucun respect pour ses propres besoins, qui ne nourrit aucun amour pour lui-même. Et ce manque d'amour pour soi finit par lui faire accepter l'inacceptable, sous couvert du meilleur alibi du monde : l'amour pour un autre.

Car il est plus facile et plus acceptable de se dire qu'on tolère ce que l'on ne devrait pas par amour pour un autre, plutôt que faire face à la réalité, c'est-à-dire que l'on continue la relation par manque d'amour de soi. Ce qui est dommage car en entretenant le leurre d'un amour, qui est réellement absent, on s'empêche d'avoir accès à la guérison, à une vie meilleure.
L'amour « sans limite » est donc une preuve d'un manque d'amour pour soi. Car l'amour pour un autre doit s'arrêter où commence l'irrespect pour soi-même, pour ses besoins fondamentaux."
Fin de citation.

Dans tous les couples s'exercent des rapports de pouvoir.

Tout cela est mis en sommeil, les premiers temps, période de l'idéalisation primitive (la NRE, anglicisme qui m'agace ...) mais ne tarde pas à réapparaitre.

C'est de la capacité de se parler et de négocier que dépend la longévité du couple (qui n'est d'ailleurs pas synonyme de réussite).

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dede

le dimanche 21 juillet 2019 à 23h15

Je ne me suis pas fait comprendre. A mon sens l'amour est irréductible à la recherche de son propre intérêt personnel.

Mais je pense qu'il y a une illusion d'optique dans une discussion de forum où la thématique est toujours la crise d'une relation, c'est-à-dire le désamour. Crise qui provoque une phase de repli sur ses intérêts propres que l'on se met alors à distinguer des intérêts de l'autre.

Ce point avait été remarqué par l'auteur du texte "L'individualisme et le polyamour" :


De plus, l'essentiel des événements communautaires polyamoureux parisien est destiné aux personnes rencontrant des problèmes dans leur vie polyamoureuse. Celles et ceux qui se dévouent à parler de ce qu'ils ont appris de leur expérience et leurs lectures sont souvent passé·e·s par les mêmes problèmes. Les personnes les plus prolifiques sur les blogs et les forums sont encore une fois les personnes ayant fait le plus de recherche, ayant eu le plus de mal à vivre le polyamour.

Or, il y a fort à parier que les théories individualistes, encourageant à ne pas s'occuper des autres pour mieux s'occuper de soi, aient un succès particulier auprès des personnes vivant avec difficulté leurs relations intimes et de personnes se servant du polyamour pour mieux justifier socialement leur libertinage. Alors que l'apprentissage de la compassion envers soi-même permet de résister à des périodes de crises comme l'entrée dans le polyamour peut en entraîner, l'altruisme relationnel peut permettre un bonheur plus durable mais demande à être construit sur des bases saines, dans la sérénité et la confiance envers autrui.

/-gg-/L-individualisme-et-le-polyamour-La-mauvaise...

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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dede

le dimanche 21 juillet 2019 à 23h19


Individualisme ou altruisme relationnel: Dépendance affective et paradoxe de l'exigence vis-à-vis de l'autre

Dans le cadre individualiste, dépendre de l’autre est vu comme une faiblesse ou un dysfonctionnement. Toute dépendance à l’autre nuit à la vertu suprême de la liberté individuelle. Il faut donc éviter pour que les relations ne dégénèrent en une situation ou l’attachement est tel qu’une absence momentanée ou définitive serait mal vécue. Il y a une distanciation nécessaire, où chaque personne utilise l’autre pour son propre bonheur, mais ne sera pas en droit d’exiger plus qu'une neutralité bienveillante. Il n'est par exemple pas admis, dans le cadre individualiste, de pousser l’autre à passer plus de temps avec nous. Répéter l’expression de nos émotions ou de nos besoins pourrait passer pour une pression visant à diminuer la liberté de choix de l’autre. L’individualisme nous pousse à identifier, analyser et exprimer nos besoins pour les accueillir, mais à « lâcher prise » sur l'obtention de leur satisfaction par autrui.

Si nous sortons de ce modèle de pensée individualiste, nous sommes forcément dépendant·e·s de l’autre, à des intensités différentes. Plus une relation est intime, plus cette dépendance est forte et plus il sera probable que des émotions soient provoquées par les interactions entre les deux personnes. Ces émotions peuvent être agréables ou désagréables. L’altruisme vise à diminuer les souffrances de l’autre et augmenter son bonheur. Il nous encourage donc à nous sentir concerné·e·s par les émotions de l’autre, d’autant plus si nous sommes co-responsables de leur apparition.

Il y a donc un paradoxe: l'individualisme relationnel mène davantage à renoncer à la satisfaction de ses propres besoins que l'altruisme relationnel. Communiquer à l’autre ses aspirations, ses craintes, ses plaisirs ou ses douleurs est non seulement acceptable mais positif. Cette communication permet de faire connaître à l’autre les meilleurs moyens de rendre son altruisme efficace. Nos bonheurs étant interdépendants, cette communication relationnelle est bénéfique pour les deux personnes.

Dans ce cadre, l'altruisme s'oppose à la négation de nos propres besoins. Si le bonheur de la personne qui nous aime et nous fréquente dépend entre autres de notre propre bonheur, il est préférable (pour elle et moi) de ne pas se satisfaire d'une simple neutralité bienveillante si elle n'optimise pas notre bonheur mutuel. Il faut alors savoir exiger ce qui nous semble nécessaire au bonheur commun et signaler ce qui nous semble favorable au bonheur commun.

/-gg-/L-individualisme-et-le-polyamour-La-mauvaise...

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bonheur

le lundi 22 juillet 2019 à 08h13

dede
Mais je pense qu'il y a une illusion d'optique dans une discussion de forum où la thématique est toujours la crise d'une relation, c'est-à-dire le désamour.

La crise relationnelle qui reflète un désamour ? Déjà, le mot crise indique que "l'heure est grave" et que "ça s'envenime". Je crois qu'il est préférable de communiquer avant d'en arriver là. Ne pas laisser s'installer la crise. Après, je n'y vois pas de liens avec le désamour. Ce n'est pas parce que la relation va mal que le lien n'est plus authentique et que l'amour n'existe plus.

J'ai peut-être mal compris.

Aussi, la communication sert à justement ne pas tomber en désamour, c'est à dire ne pas en vouloir à l'autre, de ce qui nous arrive. Et puis, en polyamour on discute justement de ce qui fera que l'on ne pourra plus aimer. Je parle de lien affectif (pas de libido, ça je ne connais pas, je serai mal placée).

La communication doit servir justement à ne pas tomber dans l'enfermement ou dans des extrêmes.

Je me suis plutôt individualiste, mais évidemment que le bonheur interagit sur notre entourage (ce qui est différent d'interdépendant). Le bonheur mutuel, le bonheur commun, est un curseur qui est mouvant.

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dede

le mardi 23 juillet 2019 à 12h05

Merci bonheur pour ta réponse.

Je vais te dire pourquoi je parle de désamour dans la transition mono vers poly, où l'un ouvre la relation sans que l'autre soit prêt.

Peut-être (j'espère) est-ce une façon de voir normée selon le couple exclusif, qui est la situation initiale, et plus fondamentalement ce que l'on a incorporé de longue date.

Mais il me semble que la personne qui ouvre la relation le fait dans un contexte où la relation exclusive de départ est en crise d'une manière ou d'une autre, provoquant un éloignement affectif, un désinvestissement affectif de la personne mono qui va ouvrir la relation. Elle va être contrainte de le faire, parce que d'abord elle est en lutte contre elle-même face à une autre relation qui est en train de se tisser en parallèle, à l'issue de quoi cette lutte échoue.

Je me trouve personnellement dans cette situation. Quand je la décris, j'ai l'impression que la logique d'interprétation collective, partagée, suit une logique mono de bout en bout. Parce que c'est là notre point de départ, puisque personne ne cherchait véritablement à sortir d'une relation exclusive (même en connaissant la notion de polyamour). Il me semble que l'ouverture de la relation s'est imposée, à partir du moment où un choix ferme avait été formé dès le départ, celui de la sincérité.

Pour moi c'est difficile à vivre car il faut faire le deuil, seul, d'une relation où j'ai joué le jeu, sincèrement, d'une relation de couple exclusive, avec au bout du compte un sentiment d'échec, d'absence de clairvoyance sur ce qui se déroulait. J'ai le sentiment que je ne peux pas accueillir ce métamour, l'ouverture du couple, avec joie, parce que ce deuil est en encore cours. Je ne peux pas simplement me dire, par principe, que c'est beau ce qui nous arrive ; je trouve que ça l'est d'un certain point de vue, car il y a un espoir que notre relation se transforme sans mourir, mais cela reste un point de vue détaché de mes émotions, donc faux. Dans ce contexte où le deuil est en quelque sorte empéché ou compliqué par le surgissement d'une autre relation, j'interprète, oui, du désamour, sans que ce soit basé sur quelque chose de vraiment tangible. Ca ressemble un peu à une hallucination, un réflexe mono pour rendre intelligible ce qui m'arrive émotionnellement (stress et peur de la suite, jalousie, sentiment d'abandon).

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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ourscalin

le mardi 23 juillet 2019 à 12h57

Tu es totalement dans le vrai. Pour avancer, l'on doit prioritairement faire le deuil de ce couple mono qui n'est plus. On doit se projeter dans un couple poly où des tierces personnes interfèrent. Dans cette nouvelle relation, on voit si l'on aime plus ou moins l'amoureux primaire. Mais le chemin est long et caillouteux

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Mark

le mardi 23 juillet 2019 à 13h10

@dede

J'aime beaucoup les mots et le regard que tu poses sur cette évolution.
Il y a pour moi bien un avant/après et une reconstruction du couple sur de nouvelles bases.

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bonheur

le mardi 23 juillet 2019 à 14h28

Même si je vais paraitre impérieuse au yeux de certains, j'indiquarai à l'affirmative, puisque je parle de mon expérience. Avec mon mari, devenu mon chéri de vie, nous avons au départ beaucoup déballé. La situation curieusement nous a amené principalement à cela : faire le point.

Le fait est que nous n'avions pas de difficultés de couple, justement. Nous avons vraiment chercher à comprendre ce qui n'allait pas, réflexe d'un couple classique qui n'a jamais réfléchi à rien et s'est laissé porter par le mouvement de la vie, cette "prédestination". Et non, nous n'avons rien trouvé. Nous nous sommes toujours aimés. Sans doute une certaine routine, mais pas un ennui. Pas de conflits, tout juste des "prises de bec". Par contre, oui, une mauvaise communication et des claquages de portes de ma part, du fait que je n'arrivai pas à me sentir autrement que monstrueuse, anormale… Sur l'instant, on a invoqué la crise de la quarantaine, alors que ça n'avait rien à voir. Sinon, cela voudrait dire que j'ai franchi celle-ci et entamé dans la continuité celle de la cinquantaine. Absurde.

J'ai été l'élément en transition poly, et en aucun cas c'était parce que notre couple allait mal. D'ailleurs, personnellement je ne vois pas comment l'intervention d'un tiers, la complication supplémentaire, peut venir au secours d'un couple qui doit se ressouder.

En fait, le point positif de tout ça, c'est que nous avons dû œuvrer ensemble pour déconstruire, nous réinventer et cela nous a rapprocher grâce à l'authenticité. Pouvoir tout se dire et pouvoir tout entendre. Ce que tout couple, toutes personnes qui s'aiment devraient faire. Ce devrait même être un socle solide. Il faut croire que nous avions, et c'est très mauvais, je pense, "épargner" l'autre. Ou simplement, et c'est pire à mes yeux, on se met des œillères, on se ment à soi-même, comme je l'ai fait pendant 20 ans. Pourquoi ? Parce qu'une fois casé, ça ne se fait pas, alors on enfouit pour être bien comme il faut. Je sais c'est très construit et c'est hyper con. On agit ainsi d'une façon sournoise car on ne s'interroge même pas. On devient presque "par défaut".

Après, il y a le caractère individuel. Si j'avais été mal dans mon couple initial, j'aurai pas entrepris la démarche de transparence, allant à l'inverse de ce passé. Je me serai barrée et basta. Je ne suis pas quelqu'un qui résonne en matière de "conséquences" ou très peu. C'est aussi pour cela que j'ai eu la "stupidité" de sortir -sans en avoir conscience- du bien comme il faut. Mes œillères sont brutalement tombées, et bim !

@dede : le sentiment d'échec. C'est justement sur ce point, qu'il faut être deux. Pour le deuil, nous ne sommes, d'après mes lectures, pas tous égaux. Mais oui, il faut faire un deuil. Et idem quand une relation prend fin, y compris si on ne vivait pas ensemble. Dans le deuil, il y a la notion d'injustice : je n'avais pas demandé de perdre la personne à laquelle je tenais (et on peut faire le deuil d'une personne encore en vie). On ne choisi pas toujours, dans la vie. Et là, ça nous tombe dessus. Et c'est pareil quand on comprend qu'une situation ne sera jamais heureuse à l'avenir.

Aussi, en tant que poly, je n'ai jamais eu à faire autant de deuil et ça fatigue. La dernière fois, fut éprouvante, sans doute pour cela que je n'indique à ce jour plus mon amour, même si j'aime. Je n'ai pas l'énergie.

Ce qui me frappe dans ton discours, c'est que tu penses que tu dois te déconnecter de tes émotions pour vivre. Alors oui, je confirme que du coup, tout ça n'est pas vrai. Quand je te lis, je me dis que même si ça m'a fait mal, vraiment, le fait que le tiers m'est tourné le dos alors que nous étions auparavant inséparable, aura été un acte facilitateur. Et pourtant, mon chéri l'avait contacté, invité (à séjourner chez nous). Je ne le savais même pas, il voulait me faire la surprise pour mon anniversaire. Et comme ce tiers cherchait du boulot, mon chéri avait indiqué qu'il pouvait loger dans un premier temps à la maison, le temps de se poser (période d'essai, trouver un logement…).

Donc, j'ignore si c'est moi qui suis impérieuse ou impérative, mais une transition peut se faire. Aucune ne se ressemble. Je ne m'exprime qu'avec mon vécu, mes lectures, et ne peut tenir un discours différents. En tout les cas, dede, reste connecté à tes émotions et vis du vrai.

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