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Comment accepter le polyamour

Bases
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Lily6 (invité)

le dimanche 02 octobre 2022 à 20h58

Bonjour à tous,

Je suis dans une situation assez identique à plusieurs témoignage de ce forum mais j'ai besoin d'aide pour comprendre tout ce qui nous arrive.
Je m'explique. En couple depuis plus de 6 ans, mariés depuis 3 ans, 2 enfants. Il a un peu plus de 3 mois, mon mari m'a avoué en aimé une autre. Une collègue commune que j'apprécie (appréciait ?) beaucoup. Avec un peu de recherche, nous avons découvert le terme de polyamoureux. Pour lui, cela a été une révélation frappante qui expliquait beaucoup de choses de son passé. Pour moi, en bonne mono, j'ai été dévastée. Il ne se passe rien avec elle encore, leur relation est platonique et il a été assez honnête de m'en parler avant de lui en parler a elle. Elle, également en couple de son côté, son aveu a été une révélation pour elle aussi.

Il a été choqué de ma réaction, il était persuadé que je partirai en claquant la porte mais non. Je suis toujours là. On communique énormément, on se découvre comme jamais, mais je n'arrive pas à vraiment comprendre tout cela. je souffre beaucoup, j'essaie de me mettre à sa place, ma raison comprend tout ça mais mon cœur saigne. Il me laisse tout le temps qu'il me faut, il me veut absolument pas me perdre, il m'aime et je l'aime profondément aussi. Mais j'avoue, j'ai peur, si peur...

J'ai l'impression que dès que j'arrive a faire un pas en avant, en les laissant passer du temps à 2 (je ne suis pas encore prête a ce qu'il y ait du physique entre eux), et bien même si sur le moment je le vis bien et que c'est moi qui ai proposer la rencontre, quelques temps après, retour de manivelle.
Ils se voient tous les jours au travail, je la croise aussi, mais c'est pas facile. Dernièrement, alors que j'avais tant avancé (me semblait il), j'avais même été parlé avec elle et ça s'était vraiment très bien passé, j'ai commencé à nourrir des sentiments de haine envers elle. Je pense que c'est clairement de la jalousie mais j'arrive pas à ne pas les ressentir. Pourtant tous deux me respecte énormément, patientent le temps qu'il faut pour ne pas me mettre la pression et respectent mes limites mais je vis avec cette boule a l'estomac constante...
J'ai vraiment l'impression que mon cœur et ma raison sont opposées. Je sais que si je n'accepte pas sa nature, cela sera fini, et c'est bien normal. Jamais je ne pourrais lui demander d'être qqn d'autre pour moi. Mais je n'arrive pas à faire le deuil de ce qu'on avait. Je ne sais pas comment déconditionner notre relation, comment poser des limites, comment avancer et se construire ensemble la dedans...
J'aimerai beaucoup avoir des témoignages/condeild de gens qui étaient/sont dans ma situation de mono qui aimerait être polyacceptant(e) mais qui ne sais pas comment l être...

Merci d'avance à ceux qui répondront 😊

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Topper

le lundi 03 octobre 2022 à 10h14

Bonjour Lily6,

Nous sommes, pour la plupart des gens, conditionnés par un schéma monogame dès l'enfance. Ce mode de vie s'inscrit également dans le parcours que nous dresse la société : travail, maison, mariage, enfants, etc. Beaucoup de nos productions culturelles tournent également autour de l'amour et de la monogamie (âme-soeur, couple, jalousie, tromperie, etc.). Il est alors compliqué de sortir de ce schéma et ne pas le voir comme un échec de sa vie amoureuse.

Pourtant, les statistiques montrent sont que 2 mariages sur 3 se terminent en divorce, 1 homme sur 2 trompe sa conjointe, 1 femme sur 3 trompe son conjoint, et l'écart se réduit avec le temps. Voilà, la réalité du monde monogame qui est bien loin de l'image de la famille idéale présentée comme objectif et nécessité au bonheur absolu.

Les monogames, comme les non-monogames, ont plusieurs partenaires. La différence est qu'un monogame a des relations qui se succèdent au lieu d'être simultanées. Une nouvelle relation, cause fatalement la fin de la précédente. Comme dans la pensée monogame il est inconcevable d'avoir plusieurs amours, et comme la potentielle nouvelle relation est plus stimulante, il est généralement considéré que l'amour s'est éteint dans le couple historique et s'est enflammé pour la nouvelle personne. Ce n'est pas forcément vrai, mais ça permet de rester conforme au schéma monogame et conforte dans le fait de vivre quelque chose de "normal". Certaines personnes vont quant à elle, vivre cette nouvelle relation cachée pour sauvegarder leur couple et le confort et/ou la sérénité qu'il leur donne.

Face à ça, est-ce que le succès de sa vie amoureuse ne pourrait pas être de sortir de ce schéma et aller vers une alternative qui serait la non-exclusivité ?

Pour cela, il faut déconstruire le modèle monogame, c'est à dire en constater les limites, les défauts, et les conséquences potentiellement toxiques pour son partenaire ou soi-même. Ce travail est nécessaire pour pouvoir remettre en question ce mode relationnel comme étant le seul valable. Il est loin d'être le seul, n'est pas parfait, est problématique. En étant conscient de ça, on peut s'en détacher pour explorer autre chose.

Il faut faire le deuil de sa relation dans un cadre monogame, casser l'image faussement idyllique et sécurisante qu'elle pouvait avoir. Egalement, faire le deuil de l'image de la famille idéale affichée autour de soi.

il faut travailler sur soi, car la non-monogamie révèle des failles en nous ou certains comportements dont il est nécessaire de ce défaire : possessivité, jalousie, peur de l'abandon, dépendance affective, etc.

Il faut trouver un mode relationnel qui nous convient, dans lequel on pense se sentir bien, et tâtonner pour trouver un équilibre épanouissant pour soi. Il est possible qu'à l'issue de cette exploration, tu t'aperçoives que ce qui te convient est finalement la monogamie, et si tu fais ce choix là, ce sera tout aussi valable qu'un autre.

Le temps que prend ce parcours est très variable d'une personne à l'autre.

Dis-toi que ce n'est pas la fin de ton couple, mais que ça en est une évolution pour qu'il ne se termine pas prématurément. Justement, faites ce travail à deux. Ce n'est pas à toi d'avoir la charge totale de cette évolution. Ton conjoint va aussi devoir travailler là-dessus et modifier radicalement ses comportements.

Répondre aux attentes de deux personnes, ce n'est pas la même chose que répondre aux attentes de deux fois une personne. En d'autres termes, avoir deux relations dans un contexte non-monogame, ce n'est pas équivalent à deux relations monogames.

Communiquez ensemble là-dessus, exprimez vos attentes, vos peurs, n'oubliez pas de passer du bon temps ensemble. Renforcez votre couple et éliminez le maximum de problèmes qu'il pourrait y avoir entre vous pour partir sur une base solide. La non-monogamie exacerbe les problèmes non-réglés et les non-dits.

Tu es dans la position la plus difficile car tu es la personne qui n'a aucun intérêt à vivre ce changement. Dans ce changement radical, il est opportun de te questionner sur toi et te demander ce que tu veux toi en tant que personne (sans penser à ton couple). Sonde en toi tes envies, et si elles peuvent profiter de ce nouvel équilibre que vous souhaitez trouver. Cela te donnera un intérêt à vivre cette évolution, autre que pour l'intérêt de ton conjoint.

Cette boule a l'estomac constante est normale. Tu es stressée par la situation car c'est un chamboulement dans ta vie qui occasionne beaucoup de peurs et d'incertitudes. Le fait que tu alternes entre moments sereins/positifs et moments angoissés/négatifs est plutôt de bonne augure. Tu as tendance à te concentrer sur le négatif car c'est perturbant et désagréable pour toi, pourtant pour beaucoup de personnes, le début n'est que négatif. Le fait que tu puisses déjà être compréhensive, cordiale avec cette autre femme, voire proactive, je le vois comme un bon signe pour la suite. Concentre-toi plutôt là-dessus.

Pour terminer, ce que je me suis répété longtemps pour passer cette période difficile est : "soit le meilleur chéri possible, si tu donnes la liberté à ta partenaire de vivre d'autres histoires, tout en ayant la possibilité de rester avec toi, elle n'a pas de raison de te quitter. Si elle te quitte, c'est qu'elle ne t'aime plus, et la monogamie n'a jamais protégé du désamour."

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Jack Haddy (invité)

le lundi 03 octobre 2022 à 10h43

Au ressenti, après lectures diverses et discussions variées, la perte complète de la relation primaire est un risque plus faible en poly qu'en mono. Ce que tu perdras, par contre, ce sera une partie du temps, des dispos, de l'attention. Tu seras envieuse des moments qu'Il passera avec Elle. Les symboliques (dates, endroits, etc.) seront désagréables à déconstruire aussi.

Bon courage!

J.

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Hawkeye

le lundi 03 octobre 2022 à 10h48

Bonjour Lily,
J'ai connu cette période de doute intense où le cerveau comprends le besoin exprimé par son conjoint et veut essayer mais le coeur, les tripes, le rejette. La transition fait peur, peur de perdre tout ce qu'on a construit pendant des années, de perdre la personne que l'on aime le plus. C'est un chemin qui peut être long et douloureux pour passer d'une envie d'accepter à bien vivre le fait que son conjoint aime aussi quelqu'un d'autre. Ce chemin est personnel et ce qui fonctionne pour l'un ne marche pas forcément sur l'autre.
Quelques pistes qui m'ont aidé, en vrac :
- lire, écouter des témoignages de personnes en couple libre avec des parcours similaires. Comme ce n'est pas l'image classique d'un couple, savoir que d'autres sont passés par là et ont réussi peu aider.
- parler, communiquer avec ton conjoint sur votre relation, vos projets, les autres relations.
- Definir les limites que l'on aimerait qu'il respecte avec ses autres relations. Ces limites sont à revoir avec le temps mais aident à ne pas passer des règles strictes souvent non exprimées de la monogamie à une complète anarchie.
- travailler sur soi, ses angoisses par rapport à l'ouverture du couple en allant voir un psychologue
- avoir quelqu'un de neutre prêt à t'écouter, sans juger
- prendre du temps pour soi, faire des activités qui nous font du bien. Avec les enfants, le travail on arrive vite à être submergé ne plus fonctionner que par obligation.
- prendre du temps en couple sans les enfants : on vit au quotidien ensemble mais s'offrir des breaks ensemble, une soirée, un week-end
- envisager que toi aussi tu profites de cette ouverture du couple pour vivre de ton côté d'autres relations, comme un équilibre entre les 2. Je trouve beaucoup plus facile de vivre les moments où ma femme rejoint son amant depuis que j'ai moi aussi d'autres relations.

Bon courage à toi en tout cas. J'ai mis plus d'un an à me relever et me sentir plus serein.

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bonheur

le lundi 03 octobre 2022 à 14h16

Comment accepter le polyamour ?
Question piège, d'après moi. Je pourrai retourner la question : comment accepter le monoamour ?

Et la question de base, d'après moi : qu'est-ce que l'amour ? Je suis convaincue que l'origine des tourments de la plupart des "acceptants" vient de là. Il n'y a pas une définition, mais chaque amour, chaque instant amoureux est indéfinissable et unique.

L'amour est une émotion, d'après moi. Et le cumul d'émotions, cette succession d'instants qui aboutit à cette évidence qu'il se produit en soi, systématiquement, à chaque fois... Je ne définis pas, les mots n'existent pas de toute façon. Une lecture m'a fait comprendre que émotion + émotion + émotion... = sentiment. sentiment + communication valorisée et authentique = lien.

En polyamour, le lien survient, en complément d'un lien existant, ou naissant également. Un amour différent. Un amour unique, comme chaque amour. Deux "nous" à entretenir, simultanément (on aime à chaque instant), voire trois ou plus. Pour la personne poly, il faut alors construire un "vous". Celui-ci sera compartimenté mais dans un équilibre de conciliation en toute honnêteté, sincérité... de tous les "nous".

Etre amoureux/ses d'une personne poly n'engage pas à devenir soi-même poly. Certes, c'est possible et si ça arrive, alors il n'y a plus de sujet. Enfin, ce serait un autre sujet. Sache que des couples historiques, avec maison et enfants, perdurent dans une configuration monoacceptant / polyamoureuse. L'équilibre consiste alors à s'épanouir à sa guise, à la fois séparément, à la fois collectivement. Mettre à profit d'une façon valorisée et dans la qualité les instants magiques au sein du couple de vie commune, autant que c'est possible. Prendre soin de tous les "nous" et parfois des moments "tous ensemble" c'est possible aussi.

Mon chéri de vie a mis deux ans pour commencer à se sentir à l'aise avec ma découverte de moi (tomber amoureuse) et je dirais encore au moins deux ans avant nous assumions ma situation. Il faut dire que je ne connaissais pas ce mot polyamour (seulement au bout de 4 ans), donc je vivais coincée dans ma différence.

J'espère avoir été compréhensible. Ce qui vaut pour mon vécu, n'est pas possible à reproduire, car tout dépend des individus et de la situation initiale. Même avec des similarités, c'est impossible de "faire pareil".

Courage, demain est un autre jour.

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Ayna

le lundi 03 octobre 2022 à 16h06

Bonheur
Mon chéri de vie a mis deux ans pour commencer à se sentir à l'aise avec ma découverte de moi (tomber amoureuse) et je dirais encore au moins deux ans avant nous assumions ma situation. Il faut dire que je ne connaissais pas ce mot polyamour (seulement au bout de 4 ans), donc je vivais coincée dans ma différence.

Ça me rassure…

@lily6 S’il est capable de ne pas répondre à «  l’urgence » et que toi tu prends le temps à la fois de respecter tes tripes (le corps sait mieux que la tête ce qui gérable par le psychisme dans l’instant présent) et de sortir de ta zone de confort pour aller vers l’exploration / l’évolution, vous avez toutes les chances de faire des choix avec discernement et bienveillance pour le maintien serein de votre lien. C’est mon avis.
A chacun de ne pas se crisper sur un «  résultat » attendu ou redouté…

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bonheur

le lundi 03 octobre 2022 à 16h41

Llily6
... il a été assez honnête de m'en parler avant de lui en parler a elle.

Personnellement, ce fait est à retenir.

De mon côté j'aspire à ce que mes amours, s'ils aiment à nouveau, me parle de leur découverte amoureuse. Je trouve (ce n'est que moi) que c'est une marque à minima de confiance. Déjà, parce que je suis considérée comme étant capable d'entendre cela. Et je me dis que ça fait du bien, qu'une personne qui m'aime, me confie ce qui se passe intérieurement. Et puis, ça m'aide à concevoir la véracité du vivant, du beau et de l'authentique de ce qui se trame. Après tout, que ce soit pour moi, cet amour, ou non => c'est beau l'amour !

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bonheur

le lundi 03 octobre 2022 à 16h49

@Ayna. En 2007, c'était davantage tabou qu'aujourd'hui. Le mot polyamour était encore un petit bébé connu d'un petit nombre. Je ne regrette finalement pas de ne pas avoir pu m'identifier tout de suite. Je crois que mon chéri de vie et moi aurions sans doute été plus fainéant dans nos démarches de découvertes, dans nos échanges.

Si j'avais réduit mon discours à "je suis polyaffective", nous aurions manqué d'énormément d'échanges, de communication, de valorisation, etc. Je crois, et je le dis pour le compagnon de Lily6, que oui il faut apprendre à s'identifier et le mot polyamour le permet, mais non ce n'est pas suffisant de se cantonner à cela.

Bon après, dans la situation du compagnon de Lily6, il faut tenir compte de sa nouvelle amoureuse et du fait qu'elle ne soit pas célibataire. Est-ce une chance, faire ce travail ensemble, tous ensemble (en plus des trois "nous") ?

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Jeromef35

le lundi 03 octobre 2022 à 18h40

Bonjour,
A la lecture de ton message, je me reconnais dans ta situation, il y a un an j'étais dans ton cas. La "petite différence ", c'est que c'est arrivé après 28 ans de vie commune.
Je rejoins Topper dans ce qu'il te dit. J'ai connu ces moments où le cerveau et le cœur ne sont pas en harmonie et ça fait très mal.
Lectures, podcast, méditation, psychothérapie etc... m'ont aidé à progresser et surtout à accepter.
Depuis quelques mois, ça va beaucoup mieux, il a fallut laisser le temps au temps, ne pas être impatient.

Si comme pour.moi, l'amour entre vous est toujours présent, vous y arriverez., mais Il n'y a pas que toi qui doit travailler sur toi.
Les 2 autres personnes concernées doivent aussi faire leur part.
S'ils sont bienveillants et attentifs, ils se rendront compte qu'il faut aller au rythme du plus lent et il y a de grandes chances que ce soit toi...
Si tu le désires, tu peux m'écrire en message privé, je me ferai un plaisir de partager mon expérience et surtout je serai une "oreille" attentive.

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Ayna

le mardi 04 octobre 2022 à 10h19

Jeromef35
Depuis quelques mois, ça va beaucoup mieux, il a fallut laisser le temps au temps, ne pas être impatient.

Si comme pour.moi, l'amour entre vous est toujours présent, vous y arriverez., mais Il n'y a pas que toi qui doit travailler sur toi.
Les 2 autres personnes concernées doivent aussi faire leur part.
S'ils sont bienveillants et attentifs, ils se rendront compte qu'il faut aller au rythme du plus lent et il y a de grandes chances que ce soit toi...

Merci.
J’ai relu tout ton parcours et je t’invite à le faire @Lily6 si pas encore lu. Ce genre de témoignage sur une année est précieux pour ceux qui ont envie mais qui sont dans la phase difficile, si tant est qu’il y en a une facile ;-))

@Lily6 Je te rejoins dans l’impression de faire un pas en avant deux pas en arrière. A mon sens et d’après mon expérience, l’enrichissement ressenti par tous d’une telle expérience ne viendra jamais du forcing. Du statu quo non plus. Un équilibre est à trouver et il vient de la bonne volonté des trois personnes et de la force de l’amour.
J’ai vécu deux expériences de polyacceptance.
La première était plutôt sereine au début car je découvrais le bonheur du vrai dialogue, une sensation d’amour agrandie par le dépassement de mes peurs et conditionnements. Puis progressivement la machine s’est emballée et curieusement c’est une relation amimoureuse sans sexe qui m’a fait basculer dans la non acceptance avec impossibilité de retour en arrière. J’en déduis que ce n’est pas forcément l’intensité de l’autre relation ou la présence de sexualité / intimité qui est le plus important (pour moi en tout cas), mais le sentiment d’être écoutée, prise en compte, rassurée, aimée. Elle a mis bcp de freins pour «  me respecter », mais lui a refusé mes demandes de pauses quand mon émotionnel était trop en panique. Cela a généré de plus en plus de réactions épidermiques de ma part et au lieu d’avancer vers plus de sérénité cela a été de mal en pis jusqu’à rupture (avec les deux femmes!).
Je suis actuellement à nouveau dans une relation ou après un début exclusif, une «  rupture » ou j’ai vécu moi d’autres relations ponctuelles, a débuté une nouvelle expérience de polyacceptance de ma part. Et bien même avec l’écoute, le respect de mon rythme à moi, la communication et la réassurance constante, il y a certaines de leurs rencontres que je vis bien, et d’autres (projetées mais du coup non vécues car je suis pas sereine) qui provoquent une grosse montée de cortisol dans mon corps. C’est dès l’annonce de la rencontre que je sens dans mon corps si ça va bien se passer pour moi ou pas. Donc maintenant je le dis haut et fort. «  Mon corps n’est pas ok. Ça va trop vite. Je suis pas prête. ». Avant j’étais constamment dans l’empathie pour la troisième personne, qui elle aussi «  a le droit » etc. Mais je me suis aperçue que si je n’écoute pas mes limites (qui ne sont pas intellectuelles, je suis complètement d’accord avec l’idée), je mets finalement en danger et ma relation et la leur. Donc c’est pas la solution. Tant pis, je me dis qu’on a la vie devant nous et que la lenteur est de mise. J’observe et identifie les raisons pour lesquelles parfois c’est ok, parfois non. Et en fait c’est très intéressant. Un peu des réflexes archaïques de survie. Il y a vraiment matière à creuser, et je suis plus douce avec moi-même en défocalisant de la situation pour analyser un peu le pourquoi.
Bon je ne sais pas si ça t’aide. Je te souhaite de belles expériences, dans la douceur, l’écoute et l’expression.
Ah oui, et aujourd’hui ce qui m’aide beaucoup (mais cette découverte est parfois rude pour moi), c’est d’avoir identifié mon fonctionnement MBTI et son fonctionnement à lui… qui est le parfait opposé du mien !…… Dans une situation poly, je trouve que tout est amplifié, condensé, et le fait de comprendre et d’admettre que son cerveau et le mien n’ont pas du tout les priorités aux mêmes endroits, ça m’aide énormément à relativiser ses choix et réactions en terme de communication (une catastrophe pour moi parfois, mais maintenant je comprends pourquoi). Cela me permet de moins être «  outrée » et donc de ne pas fuir la conversation, on désamorce plus facilement.

Cet article m’a bien aidée, plus que les «  tests » en ligne.
le-mbti.e-monsite.com/articles/fondamentaux/que-si...

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Jack Haddy (invité)

le mardi 04 octobre 2022 à 10h59

Pour en revenir au titre de la discussion, il pourrait également être intéressant de se demander "pourquoi accepter le polyamour"?

J.

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Ayna

le mardi 04 octobre 2022 à 11h24

Jack Haddy
Il pourrait également être intéressant de se demander «  pourquoi accepter le polyamour"?

Tout à fait 😇. Pour moi cette question a été antérieure au «  comment » et sous-tend toute ma démarche.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Profil

GeorgyPorgy

le mardi 04 octobre 2022 à 12h11

Je suis super interessé pour un échange autour de ta proposition @jack Haddy.

Peut-être ouvrir un nouveau fil pour ne pas "parasiter" le post initial de Lily6?

Et je rejoins @Ayna sur l'antériorité du "pourquoi?" par rapport au "comment?"

-> S'interroger sur les raisons profondes de pourquoi on voudrait / ne voudrait pas accepter le PA est beaucoup plus "fondateur", plus structurant et plus sain que d'essayer de passer direct au pratique, aux modalités de mises en oeuvre qui apporteront à coup sur des besoins d'ajustements (a minima) ou des difficultés / crises (au pire)

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Profil

bonheur

le mardi 04 octobre 2022 à 15h34

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Lily6 (invité)

le mardi 18 octobre 2022 à 20h52

Merci à tous pour vos témoignages et réponses.
Cela m'a vraiment fait du bien de vous lire; je me suis sentie moins seule et quelque peu réconfortée.

Je conçoie vraiment cette notion de polyamour et au fond je trouve cela beau; mais c'est vrai que c'est quelque chose de difficile à accepter quand on a toujours évoluer dans ce modèle monogame dicté par la société.

Cela révèle beaucoup de peurs en moi et m'aiguille sur mes "faiblesses" à travailler personnellement (jalousie, possessivité, et certainement un peu de dépendance affective je m'en rends compte aujourd'hui...).

Aujourd'hui, je suis plutôt dans un bon mood, j'ai l'impression d'avancer un peu la dedans. Je me sens plus en confiance avec mon mari et plus en confiance dans leur relation. Je ressens par contre dans mes tripes que je ne suis pas encore prête à les laisser franchir le pas de la relation physique (même basique). Mais j'espère pouvoir passer le cap d'ici quelques temps! Je pense que vos témoignages m'ont permis de me rendre compte aussi de cela; que la naissance de ce nouvel amour n'était pas forcément la fin du nôtre.

Aujourd'hui, deux sentiments prédominent. La fierté, car même si mon avancement se compte en pas de fourmi (j'arrive à ne pas être mal lors de leurs rencontres seuls hebdomadaires), il se compte en avancement tout de même. J'espère pouvoir continuer à avancer ainsi encore de plus en plus. Cela fait maintenant 10 jours que je suis plus positive par rapport à cela, et que les phases plus "basses" se font plus rares (bien que toujours existantes... mais en général une bonne discussion suffit à ranimer mon espoir de positif).

L'autre sentiment reste la tristesse. Je me sens souvent triste de ne pas lui suffire, de remarquer qu'il a besoin de ses moments avec elle; je me sens parfois en compétition avec elle, alors que finalement, il n'y a pas vraiment compétition et que de manière purement réfléchie, je comprends son besoin de passer du temps avec elle; je ne pourrais pas me passer de passer du temps avec lui. C'est juste que c'est douloureux; un peu un sentiment d'insuffisance. Mais j'y travaille et cela fait du bien aussi de constater que je fais quand même quelques pas en avant!

Le conjoint de mademoiselle semble avancer plus vite que moi, nous n'avons pas discuter de cela depuis que nous sommes les deux au courant, mais le fait d'être un peu la lanterne rouge des 4 a un côté stressant. Je sais que lui, le conjoint de la nouvelle amoureuse de mon mari, aimerait que cela avance plus vite, ne pas rester dans ce statu quo, peut-être pour vérifier lui-même ce que cela lui ferait je ne sais pas; mais mon mari et son amoureuse respecte ma lenteur et attendront le temps qu'il me faut; ce dont je leur suis vraiment reconnaissante. J'ai juste peur du moment où peut-être je n'aurai pas avancer assez vite pour son chéri et qu'il poussera pour que cela avance plus; j'espère que cela ne mettra pas à mal leur couple à eux, ni leur couple à mon mari et elle...

J'ai décidé d'écouter vos conseils; d'écouter mes tripes pour voir si je peux faire des pas supplémentaires et élargir les limites; je ne veux pas me brusquer et risquer de mettre à mal ma relation. tout en tentant bien sûr de ne pas rester dans ma zone de confort sans ne rien changer bien sûr. C'est juste que cela me prend plus de temps j'imagine...

@Jeromef35, j'accepte volontiers ta proposition d'échange en privé; d'échanger avec quelqu'un qui vit ou a vécu la même chose que moi pourrait être vraiment enrichissant.

@Hawkeye, tes pistes me semblent vraiment possible, j'ai vraiment envie d'essayer la dedans; à voir lesquelles pourront nous aider à avancer sereinement la dedans.

Encore merci à tous, vous m'avez beaucoup aidé, également sur le fait que si suite à mon introspection je me rendais compte que c'est une relation monogame qu'il me fallait, cela serait ok. je pense que j'avais besoin de le lire pour avoir envie d'essayer de vraiment vivre cela, d'accepter le polyamour de mon mari.
J'espère pouvoir continuer d'échanger sur le sujet, je ne manquerai pas de relire tout cela dans mes moments moins bons, pour me booster! :-)

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