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Un couple sans sexualité, est-ce viable?

Témoignage
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dancingfeet

le samedi 03 septembre 2016 à 19h31

Bonsoir a tous :)

Je lis depuis quelques temps maintenant les articles & discussions avec beaucoup de bonheur. C'est super de trouver un endroit ou on peut parler librement de l'amour sous toutes ses formes entre autres poly :)

Je suis polyamoureuse je crois depuis toujours. Je me suis mariée en prévenant mon mari qu'après la période fusionnelle, je serais surement tentée d'avoir d'autres relations parallèles, ce qu'il a plus ou moins accepté (il acceptait du moins l'idée et se préparait a l'éventualité).

Apres la naissance de notre premier enfant, nos relations sexuelles ont cessé. Ma frustration étant a son paroxysme, j'ai fini par ouvrir le sujet. Il disait qu'il allait trouver une solution mais concrètement, rien ne bougeait.

Au bout d'un moment, j'ai arrête de me préoccuper de cela et je me suis concentrée sur moi et mon désir. J'ai d'emblée rencontré un homme dont je suis très vite éprise. C'est une connexion physique incroyable. Lui sort d'une rupture douloureuse et partage ma fusion du polyamour. On évolue tous les deux dans des milieux plutôt artistiques et ses amis ainsi que mon mari sont au courant de notre liaison.

On se voit de temps en temps, on ne s'appelle pas trop et on parle jamais de nos sentiments. Cela fait environ six mois qu'on se fréquente on and off. C'est aussi ma première relation poly.

Des le départ avec mon deuxième amour, j'ai pris sur moi et j'ai calculé la relation. Je jouais un peu a la femme fatale (mon coeur lui est bien moitié fatal moitié artichaut). Je dis cela pour expliquer ce qui suit : nous n'avons jamais verbalise nos sentiments....On s'est dit une fois qu'on ne voulait pas être un couple (je ne sais plus ce que c'est moi un couple !) et voila, c'est tout..C'était au tout début de la liaison...et je ne savais pas encore ou je mettais les pieds...Il a mis du temps avant de décider de se lancer dans une liaison avec moi (je ne sais pas exactement pourquoi) et j'ai joue le jeu du désir....Je ne lui ai jamais couru après. J'attendais patiemment qu'il se decide sans rien dire ou montrer....puis on a fini par se jeter l'un sur l'autre.

Le hic, car il y a un hic :) en fait deux : un) c'est que rien ne change au sein de mon couple marital et cela pose en moi la question suivante : un couple survivre a l'absence totale de sexualité (et une intimité qui se limite a des bisous-calins) ? Aussi peut-on être un couple quand il n'y a plus de désir ? Parfois je suis dans les bras de mon mari et je ne peux m'empêcher de penser a un autre (ou des autres ) qui me désirent ailleurs...J'ai maintes fois mis le sujet sur le tapis en le priant de faire quelque chose (consulter un sexologue entre autre) mais rien ne bouge....

Concernant mon amant (s'il faut absolument mettre un label) en fait pour moi c'est un deuxième amour, on ne s'investit pas emotionnellement du moins on ne met pas de mots sur notre relation ou ce qu'on ressent. Je vois bien qu'il est encore très épris de la femme qui l'a quitté. Aussi, il a des problèmes de drogue dures, ce qui rend pas les choses très faciles, évidemment.... Quand on se voit, c'est beau. Il fait l'amour avec passion, nous dormons ensemble l'un contre l'autre, il y a beaucoup de tendresse et d'affection. Nous sommes de plus en plus complices, chaque fois un peu plus...Mais pas un seul mot sur "nous" et moi je m'en contente, car 1- je ne veux pas le brusquer, 2- je me dis que peut-être parfois il faut se contenter de ce qui est. Si les mots devaient venir de lui, ils seraient venus...Peut-être n'y a-t-il rien a dire. ou alors peut-être ai-je peur d'entendre la vérité....Qu'il n'a pas de sentiments amoureux...Qu'il a juste besoin de sexe ou d'affection...Je préférerais être dans déni, et me contenter des ébats torrides pour les interpréter a ma guise a mon retour chez moi...(oui j'ai besoin de rêver)

Bref je suis perdue sur deux fronts. Comment faire pour discuter avec mon deuxième amour de nos sentiments sans lui faire peur (ou alors peut-être faut-il simplement s'abstenir?) et que décider par rapport a mon mariage ou il n'y a pas de sexe ?

Je pense parfois que je dois faire le deuil d'une relation plus intime avec mon mari et accepter le statut quo. D'un autre cote, je ne peux m'empêcher de relancer le sujet avec lui quand on est dans les bras l'un de l'autre...

Idem de l'autre cote, avec mon deuxième amour, je me convaincs que je dois accepter ce qui est a prendre ce qui est...(ce que je fais le plus souvent mais parfois une petite voix en moi me dit: je veux plus !)

Merci pour les introspections :) Bonne soirée a toutes et a tous :)

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tentacara

le lundi 05 septembre 2016 à 01h08

Bonsoir,

Il y a beaucoup de choses dans ce que tu écris, je vais essayer de m'attarder sur quelques points qui me renvoient à ma propre histoire.

La baisse / chute de libido de monsieur pendant la grossesse ou après l'accouchement : Chacun-e, lors d'une grossesse et de la venue d'un enfant dans une famille est renvoyé-e à sa propre histoire, sa propre enfance, à la violence de son rapport à son propre corps et à celui de l'autre. En bref, cette période peut être un tel bouleversement que la libido s'éteint purement et simplement. Cela peut arriver aux hommes comme aux femmes. Je l'ai vécu lors de ma première grossesse avec le père de mes enfants.
Dès que j'ai été enceinte, ce n'est pas qu'il ne me désirait plus, mais son corps était comme bloqué. Rationnellement, je savais que cela pouvait arriver et j'évitais de lui mettre la pression (ce qui n'aurait évidemment fait qu'aggraver les choses).
Emotionnellement parlant, c'était plus compliqué. J'avais un autre compagnon à l'époque avec qui je vivais une sexualité passionnée, passionnante, extrêmement enrichissante. D'un côté cela me permettait de gérer la frustration de l'absence de sexualité avec mon compagnon "historique", d'un autre côté, cela ne faisait que souligner davantage combien cette absence de sexualité me pesait. L'ennui, c'est que après mon accouchement, alors que de son côté, il reprenait du poil de la bête, c'était mon désir pour lui qui n'était plus au rdv (alors que dans mon autre relation, nous étions toujours au beau fixe). Sa chute de libido durant la grossesse, quoiqu'elle ait eu des causes tout à fait banales et relativement simples à analyser, avait aussi causé une sorte de blessure narcissique chez moi que je n'arrivais pas à dépasser. J'ai monté une sorte de système de défense qui m'empêchait de désirer un homme qui ne me désirait plus.
Nous sommes poly tous les deux, notre relation est d'une qualité exceptionnelle et nous sommes très amoureux. Constatant que la situation durait, nous avons décidé de cesser de nous en préoccuper. Notre sexualité dans les 2 années suivantes fut assez timide mais nous sentions que le désir pouvait revenir et que cela n'entamait pas notre amour. Ma relation avec mon autre compagnon est restée sexuellement très intense pendant cette période mais a petit à petit commencé à décliner. J'ai fini par me séparer de mon second compagnon après plus de 5 années de relation. Ma sexualité avec le père de mes enfants qui avait déjà commencé à s'améliorer ne s'en est que mieux portée et aujourd'hui notre désir a atteint la qualité de l'époque de notre rencontre (c'est à dire Wouahou!! )

Tout ça pour dire que le désir ou ses manifestations physiques sont un indicateur fort trompeur de la qualité d'une relation amoureuse. L'arrivée d'un enfant dans un couple, l'existence d'un autre amant, mais aussi tout un tas de facteurs (maladie physique, dépression, stress professionnel, deuil, etc.) sont autant d'occasions de voir sa propre libido ou celle de son/sa partenaire s'effondrer. Décider de ne pas en faire un drame, ce n'est pas en faire le deuil, c'est dire que la relation est assez belle pour valoir d'être vécue même avec une sexualité chancelante, et c'est donner au désir le temps de retrouver l'équilibre nécessaire pour se renouveler.

La sexualité est un axe très important dans ma vie et par exemple, je ne me conçois pas dans un couple platonique, mais le couple que je forme avec le père de mes enfants est fondé sur des liens autrement plus pérennes et stables que les aleas de nos libidos respectives. Nous avons eu un deuxième enfant récemment et la grossesse a été comme une longue lune de miel. Et nous sommes bien heureux d'avoir eu la conscience que notre désir n'était qu'anesthésié par les circonstances et la patience de lui laisser le temps de se réveiller.

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(compte clôturé)

le lundi 05 septembre 2016 à 11h09

tentacara
Tout ça pour dire que le désir ou ses manifestations physiques sont un indicateur fort trompeur de la qualité d'une relation amoureuse.

Je plussoie totalement cette phrase et je dirais même plus: si le désir sexuel est à l'origine de la toute première attirance vers l'autre, c'est un peu comme l'eau nécessaire pour fabriquer le ciment qui tient les parpaings d'une maison. Si le ciment ne sèche pas, la maison ne tiendra pas.
De la même façon, une relation qui ne serait que "mouillée de désir" ne tiendrait pas. Le sexe est important, mais pas davantage, parfois moins que la connivence, les projets réalisés ensemble, les rires communs, la capacité à vivre le quotidien sans le trouver "routinier", l'aventure de la vie en somme.
La passion sexuelle est certes exaltante, mais également épuisante et surtout elle rétrécit le monde aux dimension d'un lit (même si on baise ailleurs qu'au lit). Les rares fois où je m'y suis abandonnée, j'ai trouvé ça fabuleux, mais j'ai également ressenti un immense soulagement quand elles se sont estompées, l'une pour disparaître, l'autre pour devenir une amitié tendre et sensuelle.

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dancingfeet

le mardi 06 septembre 2016 à 13h40

Merci Beaucoup pour votre temps et vos analyses ❤️
Je realise bien que le desir peut setioler sans que Le couple seffondre. Je crois que je commence Aussi a guerir un peu de la blessure narcissique causee par Le rejet. Je dis ca mais en mm temps pour la premiere fois je doute de la force de mon amour pour mon Mari, l' envie de plus en plus d'être sans lui. On Verra. Jespere que comme Le desir, lamour revient...

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(compte clôturé)

le mardi 06 septembre 2016 à 19h08

Oui, l'amour ça va, ça vient, il faut voir sur le long terme à mon avis et ne pas donner trop d'importances aux sentiments passagers. Même ceux qui s'installent pour de longues vacances.

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