Polyamour.info



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Elle...

Témoignage
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Is0bel

le dimanche 08 mars 2009 à 04h59

C'est avec un grand soupir que je commence l'écriture de cette première participation parfaitement égocentrique et inutile à ce site que j'ai attendu tôt avant son ouverture.

Au départ, je pensais pouvoir m'ouvrir et m'épanouir en racontant des bouts de vie, passée et présente, offrir avec cœur mes conseils sur ce mode de vie riche, et fabuleux, qu'est le polyamour.

Hélas, c'est par la même rengaine, que je vais commencer à écrire ici, à 4h24 de matin lors d'une nuit d'insomnie, la même rengaine... Les mêmes billevesées nombrilistes de... Et merde, éteindre mon mégot aura suffi à me faire oublier la suite de la phrase que j'allais taper.

6 ans... 6 merveilleuses années que je suis fillancée avec l'homme de ma vie. Tout le monde s'accorde à dire que dans cette situation, j'ai tout pour être heureuse.

Je suis heureuse.

Heureuse de l'amour que l'on partage ensemble.

Mais je suis malheureuse aussi. Car je suis incomplète.

Je rêve d'Elle, je rêve d'une femme, qui m'aimerait. Qui m'aimerait pour ma personne dans son ensemble.

Une femme passionnée, qui vibrerait pour de belles choses dans la vie.

Plusieurs années que je passe mon temps sur des sites de rencontres... "Kikoo, lol, t'as msn? HAN MAIS T'EST BI, DEGAGE", que je passe mes soirées assise seule à siroter divers liquides aux bars branchouilles du Marais.

Rien.

Ou dès que j'annonce que je suis fiancée et que je souhaiterais vivre un amour au féminin on me fuit comme une lépreuse.

J'en suis là, parfois j'oublie ce besoin... Ou plutôt, je le mets de côté. Mais chassez le naturel, il revient au gallop.

Chaque jour passe ou je m'imagine cet idéal. Cette chance que je pourrais vivre.

Chaque jour je rêve, chaque jour j'espère...

Mais chaque jour je pleure.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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clown.et.lapin

le dimanche 08 mars 2009 à 11h43

Oceane (ou Isabel ?), ton témoignage m'emplit d'empathie. Mais j'aurais voulu que tu (te ?) précises ton problème. Tu es fiancée et tu veux contineur cette relation. Par ailleurs, tu rèves d'une relation avec une femme. Tu cherches et ne trouves pas (j'ai résumé de manière très sèche) Tu te heurtes à
- la difficulté de déclarer cette attirance à ton fiancé, que tu veux continuer à (poly)aimer ?
- la difficulté de trouver une amoureuse qui accepterait ta bisexualité polyamoureuse, et dans ce cas tu te heurtes à la "homomonogamie".
Ou alors, c'est le constat, voire l'acceptation, de ce que tu veux vraiment, qui te rend si malheureuse ? Si c'est çà, tu as une certaine chance. Celle de ne pas avoir attendu l'age de 40, 50 ou 60 ans pour cerner le problème. Si tu mets bien au clair ta position, il te restera une bonne partie de la vie pour trouver d'autres, hommes ou femmes, qui t'accepteront avec toutes tes facettes et avec qui tu pourras épanouir ton moi complet.

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LuLutine

le dimanche 08 mars 2009 à 15h25

Bonjour Océane,

Je vais avoir du mal à te donner des conseils. En ce qui me concerne il faut que je tombe amoureuse de quelqu'un pour ressentir le besoin (et encore, je peux me contenter de peu, si la personne n'est pas amoureuse de moi) de développer une relation.
Sauf à l'adolescence, où j'avais très peu d'ami(e)s et où je m'inventais des amies imaginaires (ou plutôt des mères de substitution, parce que c'étaient plutôt des femmes adultes), je n'ai jamais ressenti le manque de quelqu'un que je ne connaitrais pas, que je n'aurais pas encore rencontré(e).

Ca me fait penser à une chanson de Jean-Jacques Goldman qui s'appelle "Famille". Elle évoque pour moi ce lien avec quelqu'un qu'on ne connait pas, qu'on cherche, dont on sait l'existence, là quelque part, et qui nous comprendrait..."tu es de ma famille [...] celle que j'ai choisie, celle que je ressens, dans cette armée de simples gens".

En tout cas, une chose que j'ai remarquée, c'est que l'amour (ou l'amitié d'ailleurs) m'est souvent tombé dessus sans que je le cherche, sans que je l'attende.
Et si tu te disais que tu vas arrêter de chercher activement, mais seulement sortir, t'amuser, et voir ce qui vient sans rien attendre de précis ?
Peut-être que tes attentes très fortes et très précises sont justement la cause de tes échecs ?

Je n'ai jamais cherché à tomber amoureuse, mais c'est arrivé (que cela soit réciproque ou pas), plusieurs fois.
A côté de moi, j'ai vu des amis qui cherchaient à tout prix "l'âme soeur" (ben oui au singulier, car beaucoup de monogames) et qui restaient désespérément seuls, ou bien enchaînaient des histoires trop courtes à leur goût.

Alors je me pose vraiment la question : est-ce que chercher trop activement ne nous éloigne pas parfois de notre objectif ?
Une raison "sensée" (autre que la loi de Murphy, qui a pourtant le mérite de parfois trop bien fonctionner !) peut être que les gens face à toi sentent l'importance de tes attentes et que ça les effraie....j'ai souvent éloigné des gens de moi sans le vouloir, en leur en demandant trop...ça les faisait fuir...

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clown.et.lapin

le dimanche 08 mars 2009 à 15h58

Lulutine, tu n'as jamais éprouvé "l'envie d'avoir envie", "l'envie d'être amoureux(se)" ?
Personnellement si, et je crois que je cherche alors une inspiration, un "catalyseur de libido pas seulement sexuel, mais au sens de pulsion de vie". Chez moi, c'est toujours hétérosexuel (pas forcément sexuel, mais uniquement tourné vers les femmes). Pourquoi, alors Isobel, parles-tu d'Elle et non d'IL ou ELLE?
Celà dit, cette position d'"envie d'avoir envie" est pour moi le signe d'une ouverture à tout signe d'amour provenant de l'autre, et c'est cet état d'esprit (et de corps) qui mène à la rencontre amoureuse.
Océane, je te souhaite des Ils ET des Elles qui tous t'apporteront quelquechose et qui sauront prendre ce que tu cherches à donner.

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LuLutine

le dimanche 08 mars 2009 à 17h40

"Lulutine, tu n'as jamais éprouvé "l'envie d'avoir envie", "l'envie d'être amoureux(se)" ?"

Et bien, certainement pas au point de chercher activement quelqu'un et d'en ressentir un manque...
Certainement pas au point de m'en sentir malheureuse...c'est en cela que je ne rejoins pas l'expérience d'Océane.

Mais chacun vit les choses différemment...

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clown.et.lapin

le dimanche 08 mars 2009 à 17h45

C'est vrai que ce manque d'une inconnue a quequechose d'incroyable...ou alors l'Elle, inconnue d'Océane , est l'image d'une Elle qu'Océane a connue, aimée, et avec qui il y a eu rupture, peut-être à cause du "fiancé" , ou de la peur de reconnaître qu'elle aimait 2 personnes, et de sexes différents ?

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Noemi

le dimanche 08 mars 2009 à 18h06

Une amie lesbienne m'a raconté que les femmes bi (ou pire, "bi-curieuses") sont mal vues dans le milieu lesbien. Elles s'imaginent qu'une femme bi veut juste une liasion superficiel ou elle les quittera un jour pour un homme.

Alors une femme bi de surcroit fiancée, on peut facilement deviner les pensées d'une femme lesbienne... ("elle cherche juste un jouet sexuel", "pourquoi me contenter d'une place au second rang?", "elle et son fiancé cherchent un plan à trois pour pimenter leur vie sexuelle",...)

Dans les milieux polyamoureux et/ou bi (tu connais bisexualite.info?) tu auras peut-être plus de chance que dans les bars du Marais ?

Sinon, je trouve le conseil de Lulutine de ne pas trop chercher activement très utile.

Bon courage en tout cas!!

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Is0bel

le lundi 09 mars 2009 à 02h22

Je me résigne de plus en plus à l'idée de ne jamais pouvoir connaitre un jour vraiment ce bonheur...

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LuLutine

le lundi 09 mars 2009 à 15h38

C'est peut-être lorsque tu n'y croiras plus que ça te tombera dessus ;-) !

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Perlimpinpin (invité)

le lundi 09 mars 2009 à 16h23

Je rejoins l'avis de Lulutine.
Mais si vous ne voulez pas attendre que ça vous
tombe dessus naturellement, vous pouvez
toujours louer une poupée donc c'est le métier
ou aller sur le site de rencontre approprié et indiqué
par Noemi.
C'est facile a notre époque de vivre ses fantasmes.
Bon appétit...Sorelle

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Noemi

le lundi 09 mars 2009 à 16h45

(Perlimpinpin:)"louer une poupée donc c'est le metier" --> ??
Ah bon, poupée gonflable ou prostituée, je la vois mal réaliser le fantasme d'Isobel: "je rêve d'une femme, qui m'aimerait. Qui m'aimerait pour ma personne dans son ensemble.
Une femme passionnée, qui vibrerait pour de belles choses dans la vie. "

Mais peut-être j'ai juste mal comprise ta phrase, Perlimpinpin/Sorelle?

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Is0bel

le lundi 09 mars 2009 à 16h51

Je te rejoins bien, Noemi...

Je ne comprends pas le sens de cet intervention et prends plutôt mal ce ton moqueur.

Je ne veux pas vivre un fantasme, je veux m'épanouir, et ça je crois que notre ami ne l'a pas compris.

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LuLutine

le lundi 09 mars 2009 à 17h17

Je pense que l'on s'épanouit avant tout par soi-même, et pas en fonction des gens que l'on rencontre et que l'on fréquente.
Notre bonheur ne devrait pas dépendre des autres...je pense qu'il ne tient qu'à nous d'être heureux, et que cela ne dépend pas de ce qu'on a ou de ce qu'on n'a pas.

Tant de gens attendent quelque chose ou quelqu'un et se disent "quand ça arrivera, je serai heureux"...c'est maintenant qu'il faut être heureux et épanoui !
Même si l'on n'a pas absolument tout ce dont on pense avoir besoin...

Ensuite, ce qu'on attend viendra, ou pas...mais en tout cas, on aura été heureux en attendant ! Ca serait tellement dommage de ne pas vivre parce qu'on attend quelque chose qui ne dépend pas de nous...

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clown.et.lapin

le lundi 09 mars 2009 à 21h07

Lulutine, pour une fois je ne suis as d'accord avec toi. On s'épanouit aussi par les autres. Sans les autres, pas d'amour, sans amour, pas grand chose. Dire qu'il faut arriver à "gérer" le manque d'autre, oui. Mais on ne s'épanouit pas seul...

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LuLutine

le lundi 09 mars 2009 à 21h24

Oui bon, on n'est pas sur une île déserte non plus, on est d'accord...et j'ai des amis et des amours qui me rendent heureuse, et si j'étais seule au monde, je serais sans doute beaucoup moins heureuse !

Mais ce que je voulais dire, c'est que se focaliser sur UN objet en particulier (une chose ou une personne, qu'elle soit réelle ou "imaginaire", comme la "elle" d'Océane), vouloir quelque chose de très précis au risque de devenir limite monomaniaque (bon j'exagère un peu surtout que je suis moi-même un chouia monomaniaque de quelqu'un en ce moment ;-)), est-ce que ça ne nous empêche pas justement de nous épanouir en profitant des autres bonheurs que la vie peut nous donner (et qu'on ne voit pas, tout ça parce qu'on est focalisé sur l'attente d'une chose en particulier...) ?

A chaque fois que j'ai attendu quelque chose de très précis des autres ou de la vie, j'ai été déçue.
J'en ai tiré les leçons et j'essaie si possible de ne pas avoir d'attentes trop fortes ou trop précises...

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clown.et.lapin

le lundi 09 mars 2009 à 21h35

En fait le problème c'est amour-manque ou amour-épanouissement.
Si la présence de l'aimé(e) ne fait que combler le manque de lui(d'elle), alors on passe, je dirais, d'un état "déficit" à un état "neutre". Si, au contraire, sa présence apporte un plus, on passe d'un état "neutre" à un état "bénéfice". Le manque vient de soi, il est à soigner comme un mal. L'amour vient d'un accord entre l'autre et soi, il est à favoriser comme un bien. C'est plus facile à dire qu'à faire.
L'amitié, par exemple, ne provoque jamais le manque...
L'amour, si, et le manque provoque la passion, la souffrance. Son contraire, au fond. C'est ce qui rend l'amour si difficile, déjà mono, alors poly ! (puisque la possessivité, la jalousie deviennent des ennemies, alliées au manque)

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LuLutine

le lundi 09 mars 2009 à 22h02

Ce qui m'étonne en fait dans le témoignage d'Océane c'est qu'elle semble manquer (sauf si j'ai mal compris) d'une personne qu'elle ne connaît pas (encore) et qu'elle a imaginée, voire idéalisée, de façon assez précise ou du moins assez forte. Cela ne me semble pas forcément une bonne chose (mais c'est mon opinion, toute relative).

Je comprends qu'on soit à la recherche du genre de choses qu'elle cherche, mais pas que ça nous empêche de nous épanouir par ailleurs...

Pour faire une réponse un peu constructive pour une fois : est-ce qu'il n'y a pas d'autres sources d'épanouissement pour toi, Océane, qui soient plus accessibles que cette femme que tu recherches (et dont tu ne sais pas dans combien de temps tu la rencontreras, ni même si tu la rencontreras) ?
Evidemment ça ne t'empêche pas de continuer ta quête en parallèle, mais au moins ça la rendra moins pesante. A te lire, j'ai l'impression (mais je peux me tromper) que ton épanouissement dépend uniquement de cette rencontre incertaine...ce qui semble un peu triste, non ?

Sinon pour déconner, j'ai aussi la version parano-théorie-du-complot : tu as sans doute été séparée de ta soeur jumelle à la naissance (enlevée par des extraterrestres pourquoi pas ou alors par une organisation gouvernementale secrète pour en faire un cobaye) alors forcément, depuis elle te manque et tu la recherches ;-)...je délire hein bien sûr c'est pour rigoler. :-D même si, pourquoi pas, ce genre de choses peut arriver (pas les extraterrestres mais le fait de sentir une absence inconsciemment, alors qu'elle correspond à une réalité dont on n'a pas été informé).

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Perlimpinpin (invité)

le mardi 10 mars 2009 à 09h19

Isorel et Noemi également ,vous avez compris ma phrase mais
je n'ai vraiment pas répondu sur un ton moqueur car ce n'est
pas mon truc du tout. Il est vrai que je suis trop directe, je le vois,
je vois aussi que je vous ai choqué mais telle n'était pas mon intention.
Quand une situation est bloquée, à mon avis,il faut lâcher et
s'en donner les moyens. Je ne vous ai pas écris Isorel que vous
deviez payer une bi ou une lesbienne mais que vous pouvez le faire.
C'était une possibilité, comme celle d'attendre que ça vous tombe
naturellement dessus.
Possibilité de rencontrer quelqu'un du milieu homosexuelle, milieu
que vous rêvez de connaître.
Possibilité d'avoir un contact physique, ne serais ce que tout simplement
pour savoir ce que c'est.

Avoir une idée arrêtée,dans ce cas bien précis, ça s'appelle
avoir un fantasme.
Prenons donc le dictionnaire:
Scénario imaginaire figurant la réalisation d’un désir conscient ou
inconscient, le fantasme est une mise en scène comprenant le
plus souvent deux personnes (ou plus) et une action qui les relie.
Les fantasmes coexistent chez chacun de nous et leur libre
représentation est un signe de santé psychique.

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lorelei (invité)

le samedi 14 mars 2009 à 02h02

je te comprend tellement bien,c'est un desir que j'ai eu moi aussi avant de devenir lesbienne,cette beauté dans la complétude amoureuse,car aucun homme ne peut apporter ce qu'apporte une femme et vice versa,j'envie ceux qui connaissent ou connaitront ce bonheur et je te souhaite de le vivre,je comprend ta detresse.
bisous
lorelei

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... (invité)

le samedi 14 mars 2009 à 13h08

Je suis très touchée par votre message.
Merci...Sorelle

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