Polyamour.info



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Quelle lueur d'espoir, le découverte de ce forum!

Témoignage
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Maya77

le dimanche 17 janvier 2016 à 14h56

Bonjour à tous,

Cela fait une dizaine de jour que j'ai découvert le site polyamour.info et son forum et c'est un soulagement.
Ouf! je ne suis pas une extra-terrestre, ni une folle perverse égoïste juste bonne à faire du mal aux hommes pour assouvir mes désirs.
J'ai lu beaucoup de posts sur le forum, cela m'a déjà bien aidé à avancer, je me suis reconnue dans beaucoup de témoignages et ça fait du bien de voir que l'on n’est pas seuls à traverser des épisodes de vie difficiles au sein du couple. Et ce qui est encore mieux c'est de voir toute cette bienveillance et cet investissement dans les réponses des membres.
Depuis quelques jours je me dis alors que moi aussi je vous présenterais bien mon cas qui me parait complètement délirant au sein de mon entourage mono, mais finalement bien banal ici. Alors je me lance en essayant de faire simple.
J'ai 38 ans, en couple depuis 11 ans et mariée depuis 8 ans. Nous avons 2 fils. Un couple plutôt solide, nous nous aimons beaucoup, nous entendons bien, partageons beaucoup de choses, pas beaucoup d'engueulades (un peu plus en ce moment...), et surtout nous n'avons pas du tout envie de nous séparer. Je ne sais pas bien depuis quand j'ai des idées de polyamours, car je pense que c'est le genre d'idées qui paraissent hors-norme et qu'on refoule au début. Toujours est-il que je me suis laissée aller à une relation extra-conjugale cachée il y a 4 ans. Mon mari l'a découvert au bout de 3 mois. Ça a été très dur, mais il m'a pardonné, nous nous sommes reconstruit, lui surtout. Déjà il y a 4 ans, je n'ai pas pu lui promettre que ça ne se reproduira pas, mais que si à nouveau je me sentais attirée par un homme, je lui en parlerai. Le problème est que quand ce moment est arrivé l'année dernière, j'ai eu peur de lui en parler, je savais qu'il m'en empêcherait. J'ai donc à nouveau démarré une relation cachée, en étant consciente des risques, il m'avait dit que je n'aurais pas de seconde chance... Le mensonge était très difficile à gérer et je me suis vite rendue compte que le seul moyen de ne pas foutre ma vie de couple en l'air était de lui faire accepter la relation. J'ai été aidée par une de ses jolies clientes qui lui tournait autour. Cette situation lui faisait beaucoup de bien, lui redonnait confiance en lui. Cet été nous sommes partis en WE en amoureux. Nous sommes tombés sur l'article des inrock sur le polyamour. (Certains l'ont-ils lu? avec le recul et ce que j'ai lu depuis je pense qu'il n’est pas terrible, mais bon). J'en ai profité pour lui parler de ça, de cette idée, et l'ai un peu incité à avoir une relation avec sa cliente. Mais je n'ai pas réussi à lui parler de la mienne. Cela a fait son petit bonhomme de chemin et en Novembre il a entamé une relation avec elle et m'en a parlé 1 mois après. Je l'ai très bien pris, j'y voyais une occasion de pouvoir lui avouer plus facilement ma relation et qu'il l'accepte, et surtout je découvrais mon homme plus sûr de lui, plus viril, plus excitant. Et cela me confirmait que je n'étais pas jalouse et que la vie de polyamoureux me convenait parfaitement.
Ça s'est corsé quand il a fallu que je me jette à l'eau… Entre temps, mon amant avait quitté mon service en Octobre et ayant peur de prendre trop de risques pour le voir autant et ne supportant plus le mensonge, j’avais décidé de suspendre notre relation, jusqu’à ce que j’ai l’autorisation. Cela était très difficile, nous ne nous voyions plus, mais avions toujours des contacts par message ou téléphone.
Bref, mi-décembre je lui avoue tout. Je n’ai pas voulu lui mentir sur les dates ni lui faire croire que c’était une relation qui pouvais commencer. Mais il n’a pas vraiment accepté. Il ne m’a pas quittée car il a apprécié que je lui dise moi-même cette fois, mais naturellement il a encore pris ça pour une trahison et il le vit très mal.
Pour l’instant, pour tout apaiser nous avons tous les deux arrêté notre relation extra-conjugale. Nous avons décidé d’entamer une thérapie de couple. Nous sommes allés la voir pour la 1ère fois il y a 10 jours. Je pensais y trouver les réponses à « pourquoi ne puis-je pas me contenter de mon mari ? », « qu’est-ce qu’il me manque chez lui que je vais chercher ailleurs ? », « comment faire pour arrêter d’aller voir ailleurs ? ». Mais j’ai été surprise de voir quelle tournure a pris la consultation. Quand j’ai parlé du polyamour, elle avait l’air très renseignée, et a plutôt orienté la consultation sur « comment pourrais-je rassurer mon mari pour que nous puissions vivre de cette façon ? ». La prochaine fois, elle veut me voir seule et m’a demandé de rédiger « mon projet de vie de couple avec mon mari selon mes désirs » et sans tenir compte de ce que lui voudrait. Elle m’aidera ensuite à lui présenter de façon rassurante. Nous avons donc compris avec mon mari que c’est la seule façon de pouvoir continuer notre vie ensemble. Cela le terrorise. Mais il fait beaucoup d’effort, il lit en ce moment le guide des amours plurielles de Françoise (qui j’espère me répondra ;-)). Moi, j’attends d’avoir fini de rédiger mon « devoir » et d’avoir revu la psy pour le lire, je ne veux pas être influencée. Mais j’ai hâte de le lire. Mon mari m’en a fait lire 2 extraits :
« Sur cette situation ô combien banale, se greffent plusieurs conclusions possibles : l’adultère, avec ses cachotteries et ses risques. La rupture avec l’amant(e) ou l’amante pour préserver son couple. La rupture avec son compagnon ou sa compagne pour former avec l’amant(e) un nouveau couple, qui pourra à son tour se rompre, et ainsi de suite. La discussion avec son ou sa partenaire pour savoir s’il n’est pas possible de vivre heureux ensemble puisqu’on s’y sent bien, tout en ouvrant les possibles amoureux. C’est de ce dialogue que naît la première réflexion sur le Lutinage, avec une difficulté majeure : l’équilibre des Lutins se fonde, on l’a vu, sur l’égalité des partenaires. Or, dans cette phase initiale, l’égalité n’est par définition pas respectée, puisque la discussion est ouverte par celui ou celle qui a aimé ailleurs, tandis que l’autre n’avait rien demandé et dans la plupart des cas ne s’y attendait pas ! Autant dire qu’il se crée un rapport de force où celui qui s’estime trompé, entraîné malgré lui sur une voie qu’il n’avait pas envisagée, résiste des quatre fers, pas forcément par hostilité envers l’idée du Lutinage, mais par besoin de reprendre la main sur sa destinée. »
« De son côté, celle qui souhaite essayer une autre façon de vivre ne peut pas revenir en arrière sans avoir l’impression d’être frustrée et de céder contre son gré à la jalousie de son partenaire1. De se renier en quelque sorte. Sérieuse joute en perspective, jusqu’à ce que l’un et l’autre découvrent, puis admettent, puis se réjouissent que deux personnes qui s’aiment aient mieux à faire qu’à essayer de prendre le dessus l’une sur l’autre. Alors commence véritablement le dialogue, la mise en place d’un modus vivendi progressif, truffé de garde-fous pour se préserver, garde-fous qui s’assoupliront au fil du temps, quand les Lutins trouveront leur nouvelle vie si naturelle et épanouissante qu’ils en oublieront l’ancienne, un peu comme, lorsqu’on a vaincu une peur, on la garde longtemps en mémoire, puis on finit par oublier jusqu’au souvenir de ce qu’était cette peur. »
Voilà, tout est dit, nous sommes en plein là-dedans…
Bref nous allons avoir besoin d’aide, lui pour accepter ce nouveau mode de vie dont j’ai besoin et moi pour le lui faire accepter en étant rassurante.
Je compte un peu sur vous… J’aimerais beaucoup assister à un café poly. Il y en a un demain aux Lilas près de chez moi, j’hésite.
Aller, j’arrête là, merci à ceux qui m’ont lue jusqu’au bout et qui nous aideront,
Bonne journée,

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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poisson_chocolat

le dimanche 17 janvier 2016 à 21h35

Bonjour,

Dans la situation inverse, mais bien décidé à pouvoir vivre selon cette modalité, je suis allé à un café poly. Ce qui s'est avéré d'un grand soutien. Pour toi ou pour ton partenaire principal, c'est vraiment bien. Parce que trouver des gens dans son cercle puisent comprendre c'est pas évident. Et quand ils comprennent, ils ne sont pas d'un grand secours. Il est aussi difficile (plus peut-être) de parler de polyamour, de trouver des billes pour le vivre que pour mettre en place l'autogestion dans une entreprise.
Sur le management hiérarchique y a plein de trucs, de bouquins, de formation... Sur l'autogestion, pas grand chose. Le polyamour, c'est pareil.
Du coup, les cafés poly, c'est vraiment bien. Le ton de ce forum peut te donner un idée du ton des discussions. Je ne peux que vous encourager, toi, ton mari, les deux à y aller.

Bon courage. J'espère que vous allez passer le cap et pouvoir vivre de belles choses

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Flutine

le dimanche 17 janvier 2016 à 22h41

Oui, moi aussi je ne peux que t'encourager à te rendre dans les cafés poly, e m'y suis rendue pour la première fois il y a quelques semaines, j'en avais fait un CR sur ce forum : /discussion/-bfK-/Gouter-cafe-poly-mensuel-de-Toul...

Et si tu cherches, tu trouveras d'autres CR d'autres cafés, moi, c'est en les lisant que j'ai eu envie de m'y rendre :-)

Bisous,
Flutine

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Maya77

le mardi 19 janvier 2016 à 18h54

Merci à tous les 2 pour vos réponses. Un peu difficile pour s'organiser pour y aller hier soir, mais je vois qu'il y en a souvent, alors on devrait pouvoir y aller prochainement.
J'ai lu ton CR Flutine, ça donne encore plus envie.
Sinon qu'est-ce que vous pensez de la démarche de la psy de me faire écrire ce que je veux pour ma vie de couple ? Et la démarche de voir un psy de couple pour aider à entrer dans ce nouveau mode de vie ?
Toi jrg, tu es dans la situation inverse, c'est à dire que tu accepte la vie poly pour ta compagne qui te le demande ?
Bonne soirée à tous

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poisson_chocolat

le mardi 19 janvier 2016 à 21h28

J'accepte la vie poly de ma compagne, c'est beaucoup dire. Je travaille à l'accepter, à faire ce qu'il faut pour réparer ce qui est trop blesser, et entre trop violemment en vibration à la pensée de la relation de ma femme.
Devant la violence de ma réaction (perdu presque 10kg), ma femme a mis entre parenthèse sa vie poly (non sans culpabilité pour moi -un sentiment de merde, la culpabilité-) le temps que je m'occupe de moi.
Mais, j'ai le désir de vivre selon cette modalité, j'en ai besoin, même si ça me demande beaucoup d'effort de dépliage, d'acceptation de moi-même.
Pour vivre ces relations, toute aide est la bienvenue (psy, littérature sur le sujet, rencontre).
Surtout les rencontres, dans un monde où la norme de la monogamie est si peu interrogée, me semblent importantes. Durant le café poly, comme sur le forum, j'ai l'impression qu'une même exigence est partagée, qui me semble forte et juste : ne pas tricher avec soi-même, ne pas tricher avec les autres. De quoi faire peur et de quoi en même temps donner du courage.

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bonheur

le mercredi 20 janvier 2016 à 13h41

Je recommande les ouvrages de YA Thalmann et en particulier : "vertus du polyamour" - "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple" - "garder intact le plaisir d'être ensemble"

Pour ce qui est de la "construction" personnelle, je recommande "le psy de poche" de Susanna Mc Mahon

Pour jrg et Maya77 : mon mari non plus "n'accepte pas" mais nous vivons heureux ensemble. L'important est de ne surtout pas endosser des responsabilités qui ne nous appartiennent pas et ne pas penser que l'on se connait bien et encore moins que l'on connait bien autrui, y compris une personne avec laquelle l'on vit depuis des années.

Par contre, Maya77, vouloir que ton mari entretienne d'autres relations, soulage peut être ta conscience. Par contre, tout le monde n'a pas naturellement cette nécessité, cette capacité à être poly, alors si finalement il ne le vit pas bien, inutile d'insister. Tes amours extérieurs ne doivent pas dépendre de ceux de l'autre.

Egalement, les relations extérieures sont humaines. Peut être éviter de trop "jouer" avec. Après je sais que trouver son équilibre n'est pas aisé.

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oO0

le mercredi 20 janvier 2016 à 13h52

A propos du sentiment de culpabilité que vous évoquez, je me permettrai ici de faire la distinction de différents sentiments qui peuvent se confondre avec la culpabilité. (C'est loin d'être exhaustif ou ...)

- Le sentiment d'empathie : Lorsqu'une personne (proche) a mal ou est mal, c'est difficile de ne pas avoir mal pour elle et avec elle. Cela ne veut pas dire être capable d'éprouver exactement ce qu'elle éprouve. Si c'était possible de se mettre pleinement à sa place, y aurait-il encore de la place pour elle ? Cela signifie qu'il n'y a pas d'indifférence à sa situation ou encore, une disposition à tenter de se mettre à sa place pour mieux comprendre et ressentir sa situation. (Par ailleurs, l'empathie ne se limite pas à être sensible aux états douloureux. La compersion (souvent utilisée comme contraire de la jalousie) est, par exemple, la faculté de se réjouir des joies de l'autre. C'est une forme d'empathie.)

Après, l'empathie se confond souvent avec la culpabilité parce que le fait qu'une personne puisse avoir mal ou être mal implique souvent la fausse croyance qu'il faut forcément un coupable, bref, qu'une autre personne a fait du mal. "Life does hurt !" Vivre, ça fait toujours mal un jour ou l'autre. Il suffit de vivre pour se retrouver à souffrir un jour. Aucune personne ne choisit ce qu'elle éprouve et encore moins ce qu'une autre peut éprouver. Ce qui n'est pas du ressort du choix, ne peut-être du ressort de la culpabilité. Une personne ne peut être coupable d'éprouver ce qu'elle éprouve, que ce soit de l'attirance pour d'autres personnes que sa/son partenaire ; la souffrance pour l'attirance que son/sa partenaire a pour d'autres ; la souffrance de voir son partenaire ainsi souffrir ; etc. C'est une culpabilité psychologique qui repose sur de fausses croyances : que c'est possible de choisir ce que nous éprouvons ; que c'est possible d'éviter toute souffrance dans la vie ; qu'il faut toujours un coupable à toute souffrance ; etc.

- Le sentiment de responsabilité : Le fait de sentir mal quand l'autre est mal (l'empathie), peut donner le sentiment d'être responsable. "Être responsable de" et "être coupable de" se confondent souvent dans notre mentalité. "C'est de ma/ta faute !" et "C'est ma/ta responsabilité !" s'équivalent trop souvent. La responsabilité et la culpabilité sont deux choses différentes. La responsabilité consiste à répondre de ses choix, de ses actes (coupables ou non). Ou encore, à répondre aux situations auxquelles il appartient à soi-même de répondre et pas une autre personne. C'est là que nous devenons responsable de ce que nous éprouvons parce qu'il nous appartient de répondre aux questions que nos états affectifs. Nous sommes aussi responsables de l'interprétation que nous leur donnons que ce soit en termes d'actions ou de représentations.

C'est pas des questions faciles car si quelqu'un détenait le sens de l'existence, ce serait possible de se dire qu'il y a une bonne réponses à chacune des questions existentielles que ce que nous éprouvons peut faire surgir. Cependant, nous n'avons pas d'autres choix que de nous éprouver, d'éprouver ces questions avec les doutes qui vont avec sans garantie d'une bonne réponse. Il faut bien en faire quelque chose de ce que nous éprouvons, même ne rien faire, c'est encore faire quelque chose. Quoi que nous fassions, c'est toujours un risque, ne fut-ce que le risque de passer à côté de ce que nous éprouvons. Cette absence de garantie accroît le sentiment de responsabilité au point qu'il puisse se confondre avec la culpabilité. Il n'y a cependant pas de réponse qui a un moment donné va nous libérer de toute responsabilité à l'égard de ce que nous éprouvons, de ce que les autres éprouvent. Le fait de ne pas pouvoir se dégager de cette responsabilité n'est pas un échec.

- Le sentiment de culpabilité : Parfois, ce serait bien de se pencher sur les lois et de se demander si les raisons pour lesquelles nous éprouvons un sentiment de culpabilité correspond à des actes répréhensibles par la loi, soit condamnable en termes de culpabilité. Tout d'abord les lois ne condamnent que les actes, jamais les affects. La haine n'est pas condamnable, mais l'incitation à la haine en tant qu'acte, oui. Déjà là, il semble évident qu'il n'y a pas lieu de culpabiliser d'éprouver ce qu'il est possible d'éprouver. Pourquoi culpabilisons nous alors de ce que nous éprouvons ? Parce que ce que nous devinons un lien de causalité entre ce que nous éprouvons et ce que l'autre peut éprouver, mais c'est confondre, ici, des effets de causalité avec la culpabilité. La culpabilité repose quant à elle sur l'intention de nuire ou la conscience que ses actions peuvent nuire. Je vais prendre une expérience personnelle. Dans ma première relation je m'étais engagé à respecter une fidélité exclusive. Je l'ai fait pendant plus de deux ans, puis j'ai trahis cette promesse, je n'ai pas respecté cet engagement. Là, oui, je m'estime coupable, non pas juridiquement, mais moralement coupable : je savais que cela pouvait lui nuire. Là, oui, ici, "être la cause de" ou "être responsable de" s'apparente à la culpabilité, mais ce n'est que parce que les actes en cause dont j'étais responsable étaient moralement coupables.

Sinon cette culpabilité est à relativiser, elle se limite aux actes en cause. Elle peut aussi se muer en un apprentissage nécessaire de la faillibilité et de la vulnérabilité de la condition humaine : "L'erreur est humaine." Le droit à l'erreur est moins le droit de faire des erreurs que de ne pas être réduit à ses erreurs. Une erreur ne s'efface jamais complètement, elle reste, mais elle est peut être plus que l'erreur qu'elle est, tout dépend de ce que les parties en font : s'enfermer dans le rôle de la victime et du coupable ? Est-ce de l'amour ? Ou plus simplement, se respecter soi et l'autre ? Ou encore, plus simplement juste ? Qu'il s'agisse de sa propre culpabilité ou de celle de l'autre, cela me semble se ramener en définitif à sa propre responsabilité.

Si la culpabilité est à relativiser, c'est que la responsabilité a probablement plus d'importance. En définitif, qu'est-ce qui importe le plus, trouver un coupable ou trouver des réponses à un mal être pour un mieux être ?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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bonheur

le mercredi 20 janvier 2016 à 14h10

coucou o0O, nos messages se sont croisés je pense,

YA Thalmann a écrit également des ouvrages sur ces notions de responsabilités, culpabilités, etc. Je recommande aussi à ce sujet L'intelligence su coeur de Isabelle Filliozat...

Il y a énormément de livres intéressants sur le développement personnel

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oO0

le mercredi 20 janvier 2016 à 14h28

Après, la culpabilité est un puissant levier pour la manipulation - conscient ou inconscient - et c'est là qu'elle peut devenir perverse. Généralement, prendre ses responsabilité là où il y a lieu de les prendre (des actes) permet de couper court à la manipulation à condition toutefois que l'autre reconnaisse cette prise de responsabilité et les limites de cette culpabilité.

La promesse de n'éprouver de l'attirance que pour une personne, dans le sens où l'attirance n'est ni un choix, ni un acte me semble hors de ces limites. De même, le fait de susciter de l'attirance chez d'autres personnes. (Le choix de certains comportements peut le favoriser, certes, mais le besoin de se sentir attirant(e) qui motive ce choix n'en est pas un, mais un état affectif. Après, c'est une autre question, notamment celle d'une impossible maîtrise totale autant de ses affects que de ses comportements. Cette question relève d'ailleurs davantage de la psychologie qu'une réelle culpabilité.) Cependant, croire que l'attirance peut se choisir ou qu'elle peut être exclusive autant dans le fait de l'éprouver que de la susciter, c'est une illusion qui n'a rien avoir avec la culpabilité. Ce n'est même pas une illusion coupable, on est tout au plus responsable des illusions dans lesquelles on s'enferme, responsable d'y rester enfermé ou d'en sortir.

Est-ce que parce que les attirances sont multiples que les relations doivent pour autant être multiples ? Ce serait se déresponsabiliser de ses choix de relation que de le croire, confondre ce que nous éprouvons et ce que nous en faisons.

P.-S.: Effectivement, Bonheur, nos messages se sont croisés, je ne sais pas si j'aurais d'ailleurs posté ma tartine si j'avais lu le tien.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Maya77

le mercredi 20 janvier 2016 à 21h34

Merci beaucoup pour vos réponses et pour vos suggestions d'ouvrages. Je vais essayer de les trouver.
Les notions abordées par oO0 sont très intéressantes (faudrait que je les relise au calme...)

bonheur
mon mari non plus "n'accepte pas" mais nous vivons heureux ensemble.

Comment peut-on vivre ensemble heureux quand l'un des deux n'accepte pas? Est-ce viable dans le temps?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Maya77

le mercredi 20 janvier 2016 à 21h38

Désolée, je ne maîtrise pas bien l'outil "citation", ma question reste dans la citation...

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bonheur

le mercredi 20 janvier 2016 à 22h49

Nous vivons ainsi depuis mai 2007... donc oui, c'est viable dans le temps.

Ce qui fait mon bonheur, ce qui fait le bonheur des personnes que l'on aime n'est pas identique. Toutefois, on peut partager malgré tout. Ainsi, bien que chaque relation est inévitablement besoin d'une intimité et d'une complicité propre, mon mari a connu tous mes autres amours, y compris ceux qui ne l'ont jamais su eux-mêmes.

Réunir par exemple tout le monde pour mon anniversaire. Passer quelques jours de vacances ensemble, ou simplement un week-end.

Pour nous, l'important est qu'il n'y ai pas de trahison. Aussi, rapidement mon mari a admis que en effet, aimer n'est pas un choix, c'est un état intérieur contre lequel on peut éventuellement faire le choix de fermer les yeux... sauf que moi, j'étais dans la dynamique d'ouvrir mes yeux et de redécouvrir. Je découvrais à la fois moi, mais aussi que rien ne devais me refaire fermer les yeux. Enfin, j'étais vivante... et enfin mon mari me découvrait plus belle. Et il n'a voulu ni que je me rendorme dans le conformisme (disons plutôt que je meurs) ni que je m'enlaidisse pour faire "comme tout le monde".

J'ai eu cette dynamique, enfin nous avons eu cette dynamique, de nous réveiller. Lui préfère, bien qu'ayant évolué également, n'aimer que moi (il trouve que l'amour est compliqué, alors au pluriel !!!) et moi je poursuis la route atypique qui fait de moi qui je suis.

Après, je confirme, au singulier, au pluriel, l'amour est compliqué.

Pour ce qui me concerne, au cas où tu n'aurais pas eu la curiosité de lire mon profil, je suis polyaffective, et non polysexuelle. Je n'aspire pas à avoir des relations sexuées avec mes relations secondaires. On peut aimer, être câlin et tendre, sans solliciter libido et entre-jambes.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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bonheur

le mercredi 20 janvier 2016 à 22h58

Ah oui, aussi, pour la particularité de mon histoire. Mon mari et moi nous connaissons depuis pour ainsi dire toujours. C'est important je pense car il m'a en fait toujours connu amoureuse, puisque je me suis toujours connu amoureuse. Et voilà, en fait, j'avais une réputation de merde. En général, même si je ne voyais le mal à "superposer" deux amours, l'un me larguait, et parfois les deux, parce que j'étais une salope. Ensuite, avec mon mari, ce fut vie commune, bus, boulot, dodo, enfants, projet d'investissement... pas de place à ouvrir les yeux, plutôt des conditions à s'endormir dans la normalité.

Je veux dire qu'un évènement grave a fait office de déclencheur, de révélateur (j'ai crains pour la vie d'un ami, et j'ai enfin réalisé qu'il était intérieurement tellement autre chose qu'un "ami"). C'est tellement facile de fermer les yeux et de travestir sous l'appellation "amitié" ce qui n'en n'est pas... qu'est-ce que j'ai pu être conne ! Comment ne pas reconnaître ce qui est pourtant parfaitement identifiable !

La polyaffectivité s'est ancré en moi comme une évidence. (j'ai connu le terme polyamour en février 2011).

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(compte clôturé)

le jeudi 21 janvier 2016 à 17h50

bonheur
C'est tellement facile de fermer les yeux et de travestir sous l'appellation "amitié" ce qui n'en n'est pas..

Quelle différence fais-tu entre l'amitié tendre et tes amours? Puisque tu soulignes très souvent l'absence de sexualité avec tes relations, la différence n'est pas dans le sexe. Comme pour ma part mes amitiés masculines et féminines sont le plus souvent inconditionnelles et tendres, tactiles, devrais-je les appeler "amours", ou vois-tu d'autres différences?

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bonheur

le jeudi 21 janvier 2016 à 21h09

Question intéressante. Réponse difficile car je dirais que c'est essentiellement intérieur. Disons que je reconnais l'amour, c'est pas pareil, pas du tout.

J'ai une relation amicale, qui est devenue amoureuse, suite à un déclic. C'est aussi une belle relation mais c'est la seule amitié qui se soit approfondie à ce point.

Non, en effet, le sexe n'est pas un point de référence pour moi. D'ailleurs, il m'est arrivé de ressentir du désir sexuel pour des personnes que je connaissais à peine et que je n'ai pas eu envie de connaitre. Et, en effet, en amour, je ne ressens pas ce désir.

C'est ce qui fait de ma relation de couple une exception car également en harmonie sur la sexualité et l'épanouissement sexuel, la découverte, tout les deux... encore et toujours.

Ma réponse n'est peut être pas à la hauteur de la question, certainement.

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bonheur

le vendredi 22 janvier 2016 à 11h03

Pour APH, il me semblait avoir lu ceci :

définition des amours plurielles : « relations amoureuses menées simultanément, qu’elles soient sexuelles, intellectuelles ou affectives, ou mêlant deux ou trois de ces éléments ». Les lutin(e)s désignent « les hommes et les femmes qui vivent ce type d’amours plurielles ». Page 20 Extrait du livre « guide des amours plurielles » (pour une écologie amoureuse) paru chez Pocket évolution N°13806 en 2009 [ISBN 978-2-266-18621-6] 9 782266 186216

Donc, deux de ces éléments sont nécessaires afin d'être reconnue comme amoureuse, perso l'affectif et l'intellect me vont bien... sachant que j'échange et correspond beaucoup avec les personnes que j'aime.

Et puis, si la notion d'amour était liée uniquement à la présence de sexualité, alors cela signifierait que les personnes asexuelles ne savent pas aimer ??? Cela signifierait que les libertins très sexuels seraient de très grands amoureux ??? Que dire aussi des personnes qui pratiquent le "sexfriend" (orthographe ??? l'anglais ne me passionne pas) ??? Ce terme ne devrait même pas exister, puisque sexe = amour et non amitié.

Je crois que ma mémoire ne me fait pas défaut en indiquant que YA Thalmann aborde justement ce sujet -amour/amitié- dans son ouvrage "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple"

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bonheur

le vendredi 22 janvier 2016 à 11h13

J'ai repensé ce matin aux amitiés que j'ai eu et aux amours également.

La différence sans doute la plus flagrante, c'est une fois le contact coupé définitivement, je ne pense plus à mes amies qu'en terme de tranches de vie. Mes amours eux sont quasi omni-présent en moi. Ils se gravent à l'encre indélébile et occupent une place à part, importante. C'est le cas également pour, en particulier, un homme que j'ai connu dans le cadre de mon travail. Ex-collègue, je n'ai jamais pu le considérer comme les autres... il fut quasi tout de suite à part... j'avais même commencer à parler de lui à mon mari, etc... Un jour, alors que j'avais un emploi instable à l'époque (interim, CDD, etc) je reviens sur ce lieu de travail et là j'apprends qu'il a démissionner peu avant. Et bien, à ce jour je ne l'ai jamais revu, sauf qu'il ne se passe pas une semaine sans que je ne pense à lui, sans raison précise. Il est là, en moi. Au boulot, il avait un surnom, alors c'est con, mais j'ignore son identité. Il a coupé les ponts complètement avec ses anciens collègues, évaporé dans la nature, sauf dans mon coeur. Je n'ai jamais pu lui dire ce que je ressentais... mais ce que je ressens est toujours tellement présent en moi.

Ce n'est qu'un exemple... il vaut ce qu'il vaut. Je crois que la différence est là, dans l'empreinte émotionnelle avant toute chose. Personnellement, sans sexe ni intellect, je peux aimer (j'avoue toutefois que l'intellect vient se greffer assez rapidement)

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gdf

le vendredi 22 janvier 2016 à 12h30

Pour ma part, je crois qu'il n'y a pas de frontière claire entre amour et amitié. Il y a des gens qui sont franchement des ami(e)s, sans aucun doute, d'autres qui sont franchement des amoureux(ses) sans aucun doute, et d'autres encore pour lesquels on ne sait pas, mais est-ce important ? Il y a aussi des phases, avec une dominante d'un côté ou de l'autre. Des amoureux qui deviennent des amis ou le contraire.
Des amis qu'on garde pour toujours même si on ne les voit plus pendant des annees, d'autres avec qui on perd le contact. Des amoureux d'un soir, d'autres avec qui on fait sa vie.

Ceci dit, il y a des gens pour qui la séparation est plus claire, et c'est le sexe qui fait la différence. Mon amoureuse dit qu'on aurait pu être amis si on était pas amants. Comme ni elle ni ma femme ne veulent que notre situation soit connue, on reste discrets. Si on ne couchait pas ensemble, on pourrait être amis publiquement, mais comme on couche, quand on se voit en public, on fait comme si on n'était pas plus proche que ça, pour pas que les gens se fassent des idées. C'est un peu tordu, non ?

Gdf

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bonheur

le vendredi 22 janvier 2016 à 12h48

@gdf

Ce qui est tordu ??? A mes yeux, pas toi en tout cas !!!

Ce qui est tordu c'est ce genre de questions, dont les auteurs connaissent la réponse, mais qui ne peuvent s'empêcher de vouloir me faire dire ce que je ne dirais pas. En tout cas je le perçois ainsi.

Comment l'on considère les autres, c'est affaire individuelle et personnelle. Et oui, pour moi, la frontière est claire. Pour d'autres, elle semble plus flou. L'important étant que chacun-e s'y retrouve et accepte.

Je trouve dommage que je doive encore m'expliquer, surtout auprès de membres qui savent déjà, depuis longtemps, puisque m'ayant déjà lu à de nombreuses reprises à ce sujet. Ce n'est pas grave, mes explications peuvent servir à de nouveaux membres, ou à des lecteurs de passage, à se comprendre, ou à comprendre des personnes proches. Ce n'est donc pas complètement inutile, au moins de ce point de vue. Je ne chercherais pas la "petite bête"...

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(compte clôturé)

le vendredi 22 janvier 2016 à 13h16

gdf
Pour ma part, je crois qu'il n'y a pas de frontière claire entre amour et amitié. Il y a des gens qui sont franchement des ami(e)s, sans aucun doute, d'autres qui sont franchement des amoureux(ses) sans aucun doute, et d'autres encore pour lesquels on ne sait pas, mais est-ce important ? Il y a aussi des phases, avec une dominante d'un côté ou de l'autre. Des amoureux qui deviennent des amis ou le contraire.
Des amis qu'on garde pour toujours même si on ne les voit plus pendant des annees, d'autres avec qui on perd le contact. Des amoureux d'un soir, d'autres avec qui on fait sa vie.

Je me reconnais parfaitement dans cette citation. La différence dont tu parles, bonheur, le fait de penser en "tranches de vie" pour les ami(e)s et en éternité ou presque en matière d'amour, je ne la ressens pas. Pour moi, une histoire n'est jamais finie, qu'elle soit d'amour ou d'amitié, elle évolue, change, s'arrête et repart... Jusqu'à la fin de la vie on ne sait pas ce qu'elle deviendra exactement. Différence de sensibilité, sans doute.
PS. je t'ai posé cette question pour avoir une idée de ton ressenti, pas du tout pour te forcer à t'expliquer ou essayer de te faire dire quoi que ce soit, je n'ai pas cet esprit "tordu...". :-)

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