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Egoïsme vs Bonheur comment placer le curseur au plus juste

Témoignage
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camelezebre

le mardi 03 novembre 2015 à 10h14

Bonjour à tous,

Une question m’obsède depuis quelque temps et je ne parviens pas à faire avancer ma réflexion. je compte donc sur vous, qui êtes certainement les personnes les plus à même d’éveiller en moi une orientation plus saine à ce «  souci ».

Je suis depuis peu dans une relation «  polyamoureuse »(enfin je n’en suis pas vraiment certaine) assez compliquée. L’un est d’accord, l’autre l’a accepté un peu forcé (mon mari, parce qu’il n’envisage pas un séparation et se rend compte de mon besoin de vivre cette autre relation). Je n’envisage pas non plus de me séparer de mon mari que j’aime, mais c’est vrai à la seule condition que je puisse vivre cet autre amour.

J’ai passé toutes mes années de vie commune (13 ans) à me consacrer à lui, nos enfants, les autres et évidemment je me suis oubliée, effacée, dans cette urgence du quotidien qui fait souvent qu’on avance la tête dans le guidon sans vraiment regarder autour, pour soi. Je sais ma responsabilité là-dedans.

J’ai rencontré cet homme que je connais depuis pus de 15 ans et avec qui j'avais vécu une histoire intense. Le retour de flemme était inattendu mais instantané, total, puissant. Je n’envisage pas une seule seconde de le quitter. J’ai décidé en toute conscience de continuer cette relation «  autre » en plus de ma vie avec mon mari. Je ne suis pas amoureuse des deux, je suis amoureuse de l’autre. Mon mari est l’homme de ma vie, mon compagnon de route, mon meilleur ami, mon complice, il est la personne avec qui j’ai le plus de plaisir à m'engueuler et on est excellent pour ça… Et c'est ainsi que je l'aime et je l'aime profondément.

Avec l’autre je revis forcément la passion des début, la folie de la surprise de la découverte, le non engagement, la facilité d’une relation où il y a surtout de bon et surtout pas de quotidien que je n’envisage pas avec lui. Nous n’envisageons cependant pas de mettre un terme à ça. J'espère que je ne vais pas vous choquer, mais avec ces deux hommes, j'ai l'impression d'avoir l'Homme parfait. Et l'équilibre que j'y trouve, me surprends et me permet de vivre de manière totalement (quoi que) légère.

Mais les discussions à la maison, les larmes, les détresses et les critiques m’amènent à me demander si je ne suis pas juste un monstre d’égoïsme. J’ai décidé de choisir pour moi et uniquement moi, enfin. Quelque chose c’est profondément modifié en moi. Pour mon plaisir, pour mon bonheur complet sans vraiment tenir compte de mon mari. Alors oui il a établit des règles que j’ai accepté de respecter et je trouve que c’est un pas vers lui parce que toutes ne me conviennent pas. Pas de sexe, un planning de rencontre très limité, interdiction de communiquer avec l’autre lorsque nous sommes ensemble, sauf que je suis femme au foyer et que je suis rarement seule… Alors je sais que vous allez me dire que le polyamour ce n’est pas ça. Mais comme c’est très nouveau, j’essaie de faire au mieux et de comprendre les mécanismes en jeux. Et surtout, à travers la communication, essayer de faire comprendre que je ne suis pas folle, mais que vraiment je les aime tous les deux, alors certe de manière différentes, mais je les aime vraiment.

Enfin j’avoue que ces règles me frustres énormément et me demande une énergie folle pour les respectée et pour les intégrer. J’ai aussi l’impression que j’accepte quelque chose, une fois de plus, que je ne devrais pas, parce que finalement c’est mon corps, ma tête.

J’essaie surtout de faire la balance entre un choix personnel qui me concerne directement et que j’estime juste vis-à-vis de moi mais qui pour autant est mis en balance dans la douleur que je peux provoquer ou que l’autre peut ressentir (jalousie, abandon, dégoût). Mais est-ce que la vie commune, les années de couple prévalent sur nos choix personnels? Est-ce que le simple fait de vivre avec quelqu'un lui permet de décider pour moi. Est-ce que c'est normal de vouloir prendre une certaine liberté en imaginant que je ne fais rien de mal?

Comment trouver le juste milieu? Si je me fais du bien, je suis heureuse, mais en même temps je fais du mal, le bonheur n’est donc pas complet. Si je vais dans le sens de mon mari, il est heureux mais je ne suis pas totalement satisfaite, du coup ce n’est toujours pas l’idéal. Comment faire pour trouver ce juste milieu, pour parvenir a accepter une réalité qui n’est pas la norme et qui d’abord choque? Comment ne pas être taxée de sans coeur, d’égoïste, voir de malade pathologique ou juste symptomatique de la transformation «  normale » d’un couple avec enfants?

Je me réjouis de vous lire et j’espère que le mot égoïste ne va pas apparaître trop souvent…

Une belle journée

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Nurja

le mardi 03 novembre 2015 à 11h58

Les règles que tu as acceptées me semblent tout sauf égoïstes !
Je sais que c'est compliqué de changer les règles d'une relation en cours de route en même temps, au nom de quoi devrait-on absolument conserver des règles si on a changé.

Je pense qu'en tant que femme, tu as appris à te sacrifier pour l'autre, que celui-ci soit ton époux ou tes enfants. Je pense qu'il est utile de penser aussi à toi, à ne pas t'oublier dans l'équation.
Je veux croire qu'il est possible que tu aies de la place dans ta vie tout en conservant de la place pour ton mari, tes enfants et l'amoureux dont tu parles.

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Tcheloviekskinoapparatom

le mardi 03 novembre 2015 à 12h38

Perso je suis assez radical en la matière : je pense qu'il faut être absolument égoïste en amour, parce que quand on aime, on veut le bonheur de l'autre, et donc être égoïste et vouloir le bonheur de l'autre c'est pareil, ouais c'est beau l'amour.

Sauf qu'il n'y a pas que de l'amour dans les relations, et c'est en général là le souci. Mais de ta part, dans ce que tu racontes, je ne vois que de l'amour. De la part de ton mari, je vois des tas d'autres choses, pas forcément honteuses, mais qui donnent a priori plus prise à un "égoïsme" pas forcément compatible avec la volonté de faire ton bonheur. Et de fait.

Donc, dans une certaine mesure, c'est incompatible, dans une certaine mesure, c'est une tension, et d'ailleurs tu le dis : ces efforts (considérables) qu'il t'impose te fatiguent. Tu es donc le contraire d'égoïste, tu fais des sacrifices pour que votre relation perdure, pour qu'il se sente un peu moins mal. Mais une relation ne prospère que si les deux y sont heureux, une relation où les deux souffrent, ça n'est bon pour personne. Donc à un moment donné, si vous en restez là ça peut lâcher. La seule solution pour que ça ne lâche pas c'est que ton mari cesse de se sentir insécurisé par cette autre relation, trouve son bonheur dans la nouvelle configuration, te demande moins d'efforts. Ce n'est pas du tout évident, et de son point de vue aussi ce sont des efforts considérables.

Par ailleurs tout à fait d'accord avec Nurja : il y a une dimension genrée dans ce genre de question, et la notion que les femmes doivent faire des efforts pour ménager les sentiments des hommes (que souvent ils ne savent pas contrôler, parfois pas très bien exprimer non plus du fait de l'éducation que reçoivent les garçons) est très prévalente.

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camelezebre

le mardi 03 novembre 2015 à 13h06

Tcheloviekskinoapparatom
La seule solution pour que ça ne lâche pas c'est que ton mari cesse de se sentir insécurisé par cette autre relation, trouve son bonheur dans la nouvelle configuration, te demande moins d'efforts. Ce n'est pas du tout évident, et de son point de vue aussi ce sont des efforts considérables.

Ok mais comment le "sécuriser"?

Pour lui notre sexualité nous appartient et c'est vrai que si je prends du recul je me dis que c'est une manière de décider ce que j'ai le droit de faire ou non avec mon corps. Ce qui n'est pas juste mais compréhensible.
Même si je m'investis et donne tout ce que je peux, je sais que si j'envisage cette possibilité je le détruis. Il le dit il en crêverait. ..
Par exemple je n'ai même pas le droit de passer une nuit avec l'autre. Comme si le sexe était l'adage de la nuit! Ce que je lui ai dis et qu'il entend très bien mais pour lui c'est innenvisageable.
Alors que j'en rêve (de passer une nuit) même sans sexe. Juste toute une nuit à discuter, boire des verres, manger. Mais là ça m'empêche même d'envisager boire un verre ou poursuivre la soirée tard puisque je suis forcée de rentrer. La fatigue, la nuit et il sait du coup que je suis bloquée.

Bref je pense que je serai obligée de faire une fois un choix (égoïste? ) puisque si je ne tiens pas le coup je finirai par partir...

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camelezebre

le mardi 03 novembre 2015 à 13h13

Nurja
Je pense qu'en tant que femme, tu as appris à te sacrifier pour l'autre, que celui-ci soit ton époux ou tes enfants.

Certes et je l'ai fais avec une certaine conscience mais je crois que ça m'a vidée totalement. Peut être aussi la raison de mon coup coeur pour un autre et mon incapacité à retrouver cet état "fou amoureux" avec mon mari.

Et aussi ce sentiment que j'ai grave dans la pierre mon appartenance à cette famille, à cet homme. Je culpabilisé énormément de vivre ce que je vis. Et mon mari sait aussi très bien me poser le poids de la catastrophe que ça serait pour nis enfants si je devais partir ou pour lui...

Je lui ai proposé qu on vive séparément pour que les choses soient plus facile pour lui (la politique de l'autruche) mais encore pire.

Oui je rêve d'assumer le courage qu'il me manque clairement d'oser décider pour moi vraiment.

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gdf

le mardi 03 novembre 2015 à 15h06

camelezebre
Et mon mari sait aussi très bien me poser le poids de la catastrophe que ça serait pour nos enfants

Je coince un peu sur cette phrase. D'autant plus que j'ai entendu ce même argument très recemment, dans un contexte inversé (mais plus classique) : le gars trompe sa femme, et dit à sa maîtresse qu'il veut quitter sa femme mais ne peut pas parce que ce serait trop difficile pour les enfants.
On est des adultes, on doit protéger les enfants mais on ne doit pas les utiliser comme moyen de pression.
De façon générale, je pense que la situation idéale pour des enfants c'est de vivre avec deux parents (*) qui s'aiment et sont heureux. Mais c'est malheureusement pas toujours possible, pour plein de raisons.
Une des raisons peut être que l'un des parents n'est pas heureux dans le carcan. Dire au parent qui n'est pas heureux "accepte la situation pour le bien de nos enfants", ce n'est, à mon humble avis, ni une preuve d'amour, ni une bonne idée pour les enfants qui verront bien d'une façon ou une autre que quelque chose ne va pas. Il ne faut pas créer volontairement des difficultés pour les enfants, mais il ne faut pas non plus travestir la réalité en prétendant les protéger.

Gdf

(*) J'ai hésité à mettre "adulte" mais c'est vraiment trop générique. Lire ici "parent" au sens large de quelqu'un qui habite avec l'enfant, l'aime, et participe à son éducation.
Et j'ai écrit "deux", peut être aurait il fallu ecrire "deux ou plus", mais autant j'ai déjà vu beaucoup d'étude sur couple vs parent solo, autant je n'ai jamais rien lu concernant les enfants élevés par trois adultes ou plus, alors je reste à deux pour l'instant

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Nurja

le mardi 03 novembre 2015 à 15h55

camelezebre
Même si je m'investis et donne tout ce que je peux, je sais que si j'envisage cette possibilité je le détruis. Il le dit il en crêverait.

Ce n'est pas parce qu'il le dit que c'est vrai. Tu n'as pas le pouvoir de le détruire. Je trouve infâme de sa part de faire reposer sur tes épaules quelque chose qui lui appartient.

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JulienPoly

le mardi 03 novembre 2015 à 18h49

Les règles que ton mari demande reflètent peut-être plus ses désirs pour la relation entre lui et toi qu'un désir de te limiter dans ta relation avec cet amoureux. Je ne connais pas les tenants et aboutissants de ces relations mais je peux émètres des hypothèses. À toi de voir et d'en discuter pour voir si cela s'applique ou pas à votre situation.

Il te demande:
- Pas de contact avec ton amoureux en ma présence.
Peut-être veut-il exprimer: je veux discuter avec toi qu'on partage nos pensées profondes, nos joies, nos rêves. Qu'on ai du temps pour le faire sans être interrompu par les enfants, le train train, le travail, les tracas du quotidien, du temps pour connecter nos âmes. Et une fois que ce désir est satisfait entre vous deux ils se sentira confiant.

- Pas de sexe avec l'amoureux.
Peut-être qu'en fait ce qu'il veut surtout c'est du sexe passionné avec toi et que si ce lien reste fort et intense avec lui alors que tu as aussi des rapports sexuels avec l'autre, ça ne le déramgera pas. Peut-être qu'il te demande surtout de vivre suffisament la passion charnelle avec lui et qu'alors il pourra ressentir la compersion de savoir que tu vis aussi cette passion charnelle avec l'autre. Mais que si ça lui manque avec toi alors il est bloqué dans ce manque et va ressentir troo d'envie et de jalousie. Tu peux peut-être lui demander si il aimerait plis de passion, plus de sexe entre vous. En intensité, ou en fréquence... Et voir si toi aussi tu en as envie. C'est délicat car l'amour est infini et ne se divise paa entre amoureux, mais le temps et l'énergie, y compris la libido ne sont pas infinis, donc si tu met toute ton énergie dans la nouvelle passion, ton mari risque de se sentir délaissé. Bref peut-être que ton mari dit "pas de sexe avec ton amoureux" mais peut-être veut-il vraiment dire "je t'aime je voudrais faire l'amour avec toi, je voudrais que tu prenne le temps et l'énergie de m'épuiser dans des étreintes passionées, que nos corps se parlent, avant d'aller faire l'amour avec ton amoureux."

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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LuLutine

le mardi 03 novembre 2015 à 22h22

camelezebre
Je culpabilisé énormément de vivre ce que je vis. Et mon mari sait aussi très bien me poser le poids de la catastrophe que ça serait pour nis enfants si je devais partir ou pour lui...

La culpabilisation, moi aussi je tique...
Je repense à l'histoire de JulieJonquille qui me semble avoir des points communs avec la tienne à ce niveau-là.

gdf
Dire au parent qui n'est pas heureux "accepte la situation pour le bien de nos enfants", ce n'est, à mon humble avis, ni une preuve d'amour, ni une bonne idée pour les enfants qui verront bien d'une façon ou une autre que quelque chose ne va pas.

Une personne dont les parents sont "restés ensemble pour les enfants" m'a dit un jour : "J'aurais préféré qu'ils divorcent"...

Ca fait réfléchir.

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camelezebre

le jeudi 05 novembre 2015 à 09h11

JulienPoly:
Mon mari et moi avons une sexualité très épanouie, presque plus d'ailleurs depuis que j'ai cette autre relation, ce qui me surprends d'ailleurs. Peut-être que la frustration engendrée par l'impossibilité de contact physique avec l'autre, réveil encore plus ma libido, je ne sais pas. Mais de ce côté il est très clair. Hors de question d'imaginer un autre homme me toucher, c'est à lui. Nous en avons longuement discuté parce qu'il maintenait que c'était à nous. Alors oui, dans l'histoire de notre couple mais pour autant ma sexualité devrait m'appartenir, ce qui n'est absolument pas envisageable pour lui. Ca serait signer la fin de notre histoire et c'est juste la preuve de mon égoïsme poussé à son paroxysme puisque ça le détruirait, et que ça serait une vrai preuve de non respect...

Et pour la règle du pas de contact, je peux la comprendre un peu mieux. Lorsque je suis là, je suis là avec lui et personne d'autre. A même titre que si je suis avec l'autre, j'y suis vraiment, impliquée, disponible.
Je me demande si je ne vais pas développer une personnalité multiple à force...

Sinon je lui ai demandé si il ne trouvait pas juste possible qu'on soit très heureux ainsi (moi plus forcément) puisque nous pouvons l'être. Pour lui les choses sont clairs, il passera son temps a espérer que je quitte cette homme, point barre. Il va vivre avec ça, parce que je ne lui laisse pas le choix, mais rien d'autre...

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gdf

le jeudi 05 novembre 2015 à 10h41

camelezebre
ce qui n'est absolument pas envisageable pour lui. Ca serait signer la fin de notre histoire et c'est juste la preuve de mon égoïsme poussé à son paroxysme puisque ça le détruirait, et que ça serait une vrai preuve de non respect...

Je ne suis pas complètement sûr du lien entre ces deux phrases, qui se suivent, mais ce que je comprends c'est qu'il te dit que ce n'est pas envisageable et que tu es égoïste. Ça me fait penser à cette blague, "Un égoïste, c'est quelqu'un qui ne pense pas à moi". Il semble que tu t'inquiètes pour lui et que tu es à son écoute, ce qui n'est sûrement pas un comportement égoïste, mais est ce que lui s'inquiète pour toi et est à ton écoute ?

Ou alors il te dit que ce n'est pas envisageable et tu te dis à toi-même que tu es égoïste ? J'ai l'impression que tu définis l'égoïsme comme " je pense aussi à moi". Le larousse dit "Attachement excessif porté à soi-même et à ses intérêts, au mépris des intérêts des autres."
Ce que tu décris ne me semble ni excessif, ni méprisant.

Gdf

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camelezebre

le jeudi 05 novembre 2015 à 11h32

gdf tu as entièrement raison. Le fait que je fasse un choix pour moi, revient à de l'égoïsme dans le sens où je ne tiens compte que de mon bonheur et de mes envies, faisant fi de la douleur de l'autre.

Je suis effectivement très ambivalente ou trop habituée à ne pas tenir compte de mes propres besoins. Mais quand en face le retour est aussi "aiguisé ", je peine clairement à ne prendre en compte que mes choix sans m'imaginer être un monstre d'égoïsme.

C'est mon travail le pkus important visiblement...

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(compte clôturé)

le jeudi 05 novembre 2015 à 13h14

camelezebre
Mon mari est l’homme de ma vie, mon compagnon de route, mon meilleur ami, mon complice, il est la personne avec qui j’ai le plus de plaisir à m'engueuler et on est excellent pour ça… Et c'est ainsi que je l'aime et je l'aime profondément.

Avec l’autre je revis forcément la passion des début, la folie de la surprise de la découverte, le non engagement, la facilité d’une relation où il y a surtout de bon et surtout pas de quotidien que je n’envisage pas avec lui.

Tu décris parfaitement la réalité: chaque amoureux a une part unique dans ta vie. Un compagnon de vie a autant de valeur qu'une passion charnelle, et ta passion charnelle pourrait tout aussi bien se lamenter de ne pas partager ton quotidien (c'est le cas des "maîtresses" qui rêvent d'épouser leur amant marié, tandis que l'épouse râle de n'avoir "que" le quotidien et pas la passion.) Il est évident que le désir et le sexe ne sont pas les mêmes avec quelqu'un avec qui on vit chaque jour et avec un amoureux où il n'y a aucun enjeu sur le long terme, juste le plaisir au jour le jour. Bref, ce ne sont pas des liens comparables et quand on a compris cela, on ne peut plus être jaloux, parce qu'on ne se met plus en rivalité, on est heureux de ce qu'on partage d'unique avec la personne qu'on aime. Le tout, c'est d'arriver à le faire comprendre...

Pour les exigences de ton mari: le "pas de sexe" est gênant tant il exprime l'idée de contrôler ton corps et tes désirs alors que ceux-ci n'appartiennent qu'à toi. Par contre le "pas de nuit avec l'autre" peut exprimer la peur de la solitude et de l'angoisse qu'il aurait, seul dans son lit, à t'imaginer avec ton amoureux (c'est idiot de se faire des cinémas qui font mal, mais la jalousie ne se maîtrise pas du jour au lendemain). Il y aurait une solution, pas parfaite: le sexe de jour, pas de nuit :), soit négocié en toute clarté. Soit, si ton mari ne veut pas en entendre parler, lui dire que ton corps t'appartient mais que tu ne lui en parlera plus (je sais, ça va en faire hurler ici, mais j'ai connu plusieurs couples où l'autorisation générique: "OK, tu as un(e) amoureux (se) fais ce que tu veux, mais ne m'en parle pas, ça me fait trop mal" fonctionne, et après tout, c'est un droit absolu de ne pas avoir envie de parler de ce qui fait du mal. La communication n'est bonne que si elle est positive.

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camelezebre

le jeudi 05 novembre 2015 à 16h34

APH
Pour lui le faite de disposer de son corps ça voudrait dire qu'en gros on peut s'envoyer en l'air avec n'importe qui, n'importe quand et que notre couple n'a plus raison d'être.

Et effectivement des fois je me dis que ce genre de contraintes ou frustrations ne fait que motiver la transgression et ouvre la porte aux mensonges. Mais je ne le souhaite pas.

C'est un peu comme si aucun changement n'était envisageable et si il y a changement ce n'est pas nécessaire de changer les règles de base de notre mariage.

Ce qui est paradoxale c'est qu'il accepte que j'ai cette relation parce que j'en ai besoin. Il vit avec le fait que j'en aime un autre ais le corps reste une limite infranchissable...

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gdf

le jeudi 05 novembre 2015 à 17h04

camelezebre
Pour lui le faite de disposer de son corps ça voudrait dire qu'en gros on peut s'envoyer en l'air avec n'importe qui, n'importe quand et que notre couple n'a plus raison d'être.

C'est argument qui revient souvent. Un polyamoureux est comme un célibataire. Il y a des gens qui s'envoient en l'air avec n'importe qui n'importe quand, mais ce n'est pas le cas de tout le monde ! Avoir le droit de le faire n'oblige pas à passer a l'acte.

Gdf

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camelezebre

le jeudi 05 novembre 2015 à 17h50

gdf
C'est exactement ça. Dans ma tête c'est juste le principe de l'interdiction qui me gêne. J'ai le sentiment d'être corvéable à souhait en fonction de ses besoins. Je n'ai pas nécessairement envie de passer à l'acte et encore moins le besoin d'aller à gauche à droite... C'est plus sur le principe et surtout de reconnaître ma personne et ma capacité à décider pour moi. Mais bon je pense que ça doit être un débat sans fin selon les personnes et les sensibilités.

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Siestacorta

le jeudi 05 novembre 2015 à 20h18

camelezebre

Pour lui le faite de disposer de son corps ça voudrait dire qu'en gros on peut s'envoyer en l'air avec n'importe qui, n'importe quand et que notre couple n'a plus raison d'être.

Une métaphore imparfaite, pour parler de la différence entre une fidélité "autoritaire" et une fidélité-loyauté : on dit qu'un chien est fidèle à son maître, non pas parce qu'il est enchaîné près de sa niche, mais parce que quoi qu'il advienne, l'animal suit sa famille et revient à la maison de lui-même. C'est cette assurance de retour, la fidélité.

Donc même en ayant plusieurs dizaines d'amants par an, si tu continues à te soucier de ton compagnon (mari / partenaire / amoureux, whatever), à entretenir la relation avec lui, à donner de toi parce que tu aimes ça, alors cette relation a une raison d'être. Au moins une...

Bon, par contre, tu parles de flamme, toi, de sentiments. Donc le côté charnel est pas le seul à entrer en compte... et je suppose que les préjugés moraux, les craintes d'abandon, les remises en question narcissiques et les questions de représentation sociale ("on aurait l'air de quoi si on est plus un couple modèle, que vont dire les parents et puis les copains et les voisins...") doivent se mélanger allégrement. Mais ce n'est pas parce que ça se confond maintenant qu'il n'y a pas une difficulté plus importante que les autres pour lui (ça change selon les gens) ; celle-ci peut être identifiée, comprise, peut-être déconstruite... Ca peut ne pas suffire, mais ce travail sur "qu'est-ce qui bloque le plus, vraiment, et pourquoi", c'est un élément essentiel du dialogue.

(Oups, EDIT d'un gros paragraphe, une partie de ce que je répondais faisait écho à un tout autre fil de discussion)

Sinon, un rappel, du point de vue non-exclusif, il y a un égoïsme assez maousse aussi dans l'exclusivité : on demande à l'autre de ne jamais être heureux sans nous. Oui, je veux que tu sois heureux, mais comme je te dis de l'être, à ma façon.
Je veux bien que les gens fassent ça avec altruisme, quand ils se promettent mutuellement ce genre de choses, mais en soi, c'est pas altruiste, c'est surtout un échange contraint...

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Nurja

le vendredi 06 novembre 2015 à 09h15

camelezebre
gdf tu as entièrement raison. Le fait que je fasse un choix pour moi, revient à de l'égoïsme dans le sens où je ne tiens compte que de mon bonheur et de mes envies, faisant fi de la douleur de l'autre.

Et tu ne trouves pas ton mari égoïste ? Parce qu'il ne tient compte que de son bonheur et de ses envies en faisant fi de ta douleur et de celle de ton autre amoureux.

Sous des airs chevaleresques (je te laisse le voir), il vous empêche d'avoir la relation que vous souhaiteriez (avec aussi de la sexualité) et ce plus sûrement qu'en disant non à tout (puisque vous vous dites, "il fait un effort, alors nous aussi"). Sauf qu'au final, le plus souvent, même dans des couples exclusifs, les deux personnes impliquées ont le droit d'avoir des relations avec d'autres personnes... tant qu'il n'y a pas de sexe.

Désolée, je ne suis plus optimiste pour toi, pour vous.

camelezebre
C'est un peu comme si aucun changement n'était envisageable et si il y a changement ce n'est pas nécessaire de changer les règles de base de notre mariage.

Parce que lui n'en éprouve pas le besoin, il n'y a pas de besoin ?

camelezebre Ce qui est paradoxale c'est qu'il accepte que j'ai cette relation parce que j'en ai besoin. Il vit avec le fait que j'en aime un autre ais le corps reste une limite infranchissable...

Franchement, tu trouves qu'une personne, dans l'absolu, a le droit d'interdire à une autre personne d'aimer ?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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camelezebre

le vendredi 06 novembre 2015 à 11h55

Merci à tous pour vos remarques et réflexion très juste et qui mettent en lumière bien des peurs et des angoisses personnelles de chacun. Nous discutons bcp de tout ça avec mon mari et il ne peut que le reconnaître en partie.

Je dis en partie parce que pour le moment il lui est encore difficile d'avoir un échange dénué d'émotion.
Hier il a fait l'effort et il était même près à envisager d'essayer d'avoir une relation avec une autre femme pour voir "ce que ça lui fait" et comment je vais réagir...

Il admet aussi que ses besoins sont plus liés à la peur de briser son schéma et à sa peur que je parte avec l'autre. Il a aussi (enfin) compris que je ne faisais aucun comparatif et que l'amour que j'ai pour chacun est totalement différent et ne m'empêche pas de l'aimer toujours autant. Il était stressé à l'idée que je puisse être amoureuse et pas de lui. Sauf que lui et moi on a dépassé ce stade depuis longtemps. On vit des moments amoureux hyper intenses mais qui effectivement ne sont plus une constante comme au début. Juste des supers moments légers, fugaces et uniquement pour le plaisir.

Ça avance donc. Idem pour la notion du corps et le choix qui devrait être le mien. Il a finalement accepté qu'il ne pouvait pas me l'imposer que c'était son envie propre...

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