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A quel moment de la relation se déclare-t-on poly ?

Bases
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Siestacorta

le lundi 02 mars 2009 à 14h19

Voilà, originellement la question vient de Urbanprinter, dans le sujet "rancontons-nous'.

Elle se pose finalement à tous, selon nos parcours et nos idées...

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Siestacorta

le lundi 02 mars 2009 à 14h29

J'ai deux réponses contradictoires.

- Soit dès le début, au plus vite. C'est un peu abrupt, mais ça a le mérite d'être clair. Et l'intérêt, c'est que la personne ne nous en veut pas, l'honnêteté est généralement appréciée... Mais c'est vrai que c'est un moment repoussoir, et que ça détermine beaucoup l'éventuelle suite de la relation.

- Soit on attend que la question soit posée. Au fur et à mesure du développement de la relation, on ne cache tout simplement pas qu'on vit telle ou telle autre relation. Tout en étant affirmé sur les sentiments qu'on a avec la nouvelle partenaire... Du coup, c'est elle qui va poser des questions, réagir. Ou pas, ou très polyamoureusement, avec un peu de chance !
Là encore, la démarche est honnête, et amène peu d'animosité. On ne s'est pas caché, on a attendu que l'autre aie besoin de poser des questions. La réaction peut être plus vive, puisque les dialogues avant que soit posé l'idée de polyamour sont plus sujets à interprétation... Mais au final, notre réponse et une attitude "assumée" dissipera les malentendus avant qu'ils ne deviennent problèmes.

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oO0

le mardi 03 mars 2009 à 05h28

Je n'arrête pas de me faire conseiller la deuxième solution, mais je ne peux pas m'empêcher d'opter pour la première solution :)

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amorgen

le mardi 03 mars 2009 à 10h58

Je l'annonce dés les premiers signes que la relation pourrait devenir intime. La deuxième solution me semble être une source inépuisable de malentendus et un risque de froisser ou blesser l'autre.

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LuLutine

le mardi 03 mars 2009 à 13h51

Moi j'aurais tendance à faire comme Sam et amorgen : dès les premiers signes...je ne suis pas capable de cacher un aussi gros éléphant dans mon placard ; parce que pour moi, oui, c'est vraiment quelque chose de trop gros pour être tu.

En plus, ne pas le dire immédiatement, ça veut dire que je prends le risque de m'attacher à la personne, de commencer à l'aimer vraiment ; et si le jour où je lui dis la vérité, elle décide de me quitter, je souffrirai plus que si elle avait refusé toute relation dès le début.

Donc, je préfère le dire le plus tôt possible. Il peut se passer deux ou trois choses avant : un baiser, quelques câlins...mais pas plus. Voire, si c'est moi qui ai abordé la personne, comme j'ai souvent tendance à être assez "cash" (du genre "tu me plais", ou quelque chose d'approchant), si la personne répond à mes avances, il est fort probable que j'enchaine immédiatement pour lui dire que je suis polyamoureuse.

A entamer une relation et ne rien dire sur ma situation, j'aurais trop l'impression de faire pourrir la situation.

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Siestacorta

le mardi 03 mars 2009 à 14h28

Oui, oui... Je comprend et approuve un peu.
Permettez-moi une observation :

Comme souvent, l'honnêteté directe et immédiate peut aussi être une fuite : on balance à l'autre, du coup on est plus l'origine d'un problème, c'est l'autre qui réagit mal...
Et dans ce déroulement (que j'ai pratiqué et pratiquerai sans doute encore, précisons...), on peut aussi se tromper de problème, puisqu'on en verbalise un, alors que peut-être que le partenaire ne s'attache qu'à certains aspects...

Autre question, celle de la cérébralité imposée dans ce mouvement honnête. Moi ça ne me gêne pas tant que ça, c'est un peu mon penchant. Toutefois, ne pas laisser vivre la relation telle qu'elle vient, prendre d'emblée cette position "éthique", c'est un peu la dénaturer. Dans le regard de l'autre, on est plus une personne globale, mais une personne avec une spécificité nommée, un peu comme si on se déclarait croyant très pratiquant, chargé de famille, sans papier, workholic... On sort des sentiments pour rentrer dans le statut, alors que la relation n'existe pas encore vraiment.

C'est à dire que pour moi, le polyamour a un côté déclaration de liberté affective, et qu'en le posant comme une étiquette, une affiche, je trouve qu'on restreint cette liberté, ou qu'on intègre trop vite sa relativité...
Je suis peut-être pas très clair...

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LuLutine

le mardi 03 mars 2009 à 14h48

"on balance à l'autre, du coup on est plus l'origine d'un problème, c'est l'autre qui réagit mal"

Pour ma part, si quelqu'un n'accepte pas que je fréquente d'autres personnes, je ne considèrerai jamais que cette personne est "l'origine du problème" ou "réagit mal".

On réagit tous différemment et la personne en face de moi a *le droit* de réagir en fonction de sa sensibilité, ses convictions et son histoire.

Donc en ce qui me concerne, ce n'est pas un moyen de me décharger d'une quelconque responsabilité. Bien au contraire.

Pour le reste de ce que tu dis, je crois que je comprends ce que tu veux signifier, même si je n'arrive pas à le dire mieux que toi.
Malgré tout je trouve l'honnêteté plus importante, pour l'autre et pour moi, pour taire ma façon de vivre trop longtemps.
A noter que si je rencontrais quelqu'un en étant célibataire, je laisserai peut-être passer un peu plus de temps avant de parler de ma façon de voir. Mais lorsque je sors déjà avec quelqu'un, je trouverais cela trop malhonnête de ne rien dire. Je pense qu'au maximum je laisserais passer deux rencontres avant de le faire.

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oO0

le jeudi 05 mars 2009 à 00h13

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Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 05 mars 2009 à 00h29

Ca me rappelle un commentaire vachard d'une institutrice dans le carnet journalier d'un mouflet: "A de la peine, s'en donne, et en fait."
J'adore les tournures à la Bazin qui se mordent la queue!

Mais bref, de plus en plus souvent, je me dis que pour pouvoir être honnête il faut pouvoir d'abord encaisser de passer pour méchant(e) (salaud / salope; "whoooo, I was devoted to you / you broke my heart".

Tsââââââââ, comme dirait l'Agrippine de Bretécher.

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oO0

le jeudi 05 mars 2009 à 00h56

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Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Siestacorta

le jeudi 05 mars 2009 à 01h00

@Sam : ouf, je commençais à croire que l'évidence était aveuglante !

@ Clem : heu... C'est moi qui fait de la peine, là ? Aieuh !

Sinon, non seulement il faut être prêt à passer pour le méchant, mais être prêt à ce que la relation n'éxiste plus. Moralement, c'est ce qu'il faut, mais est-ce que c'est toujours ce qui apporte le plus à chacun ?

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oO0

le jeudi 05 mars 2009 à 01h30

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Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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oO0

le jeudi 05 mars 2009 à 01h33

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Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 05 mars 2009 à 12h44

Heuh, si on s'exerce un peu dans la vie de tous les jours, passer pour le méchant commmence à faire partie du paysage. Et puis... si la relation n'existe plus, c'est que ça devait arriver.
Siesta, tu ne me fais pas de peine, tu parlais de peine, seulement.

Avoir de la peine, au figuré, c'est trouver difficile.
Se donner la peine, c'est au moins avoir essayé.
En faire, ma foi, souvent ce n'est pas délibéré, et ça nous en fait d'en faire... retour à la case départ... C'est ça qui m'interpelle : faire de la peine ? mais on n'est pas responsable de la peine que d'autres se font...

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oO0

le jeudi 05 mars 2009 à 15h29

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Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 05 mars 2009 à 16h20

Il y a quelque chose qui fait clic à ce moment-là.c'est comme si on disait à l'autre qu'il n'est pas assez important pour nous, au point de balayer toutes les autres de notre horizon. Un souhait de fusion qui fait partie du paysage.
C'est un code implicite, comme d'autres mots qui deviennent pour ainsi dire contractuels. Bref, c'est ça qui est décourageant: devoir reconstruire chaque relation hors du modèle courant, ça prend déjà beaucoup de temps et d'énergie. Mais avant ça, casser en douceur le moule, c'est, en plus, antinomique, autant dans les faits que dans le vocabulaire.

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clown.et.lapin

le jeudi 05 mars 2009 à 21h32

Pour un timide poly-sentimental qui a déjà beaucoup de mal à dire "tu me plais", ou "je suis amoureux", dire en plus "je suis un lutin, un polyamoureux" me parait ajouter encore une difficulté à la difficulté de dire son sentiment, de peur d'effaroucher, de se faire moquer de soi, de couper le peu de relation naissante... Qu'en pensez-vous ?

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Siestacorta

le vendredi 06 mars 2009 à 00h44

Oui. C'est les deux faces de la même pièce, passer pour le méchant, et en plus être obligé de lâcher l'affaire...

Toutefois, clown, pour moi, c'est justement en exprimant mes sentiments (en essayant de pas trop subir le poids des codes) que j'arrive à assumer "l'excentricité" de ma façon d'aimer...
Parce qu'intérieurement, je sens vraiment que c'est injuste qu'on me dise que je n'aime pas quand je n'aime pas comme on l'attend. En disant mes sentiments, je met à distance le faux paradoxe.

C'est vrai qu'avec des gens peu habitué au polyamour, on risque de créer des attentes "classiques".

Tiens, j'en profite pour copier coller un de mes passages favoris, moi aussi je peux tartinospammer :

"Qui connaît les portes que l'on ouvre ?
Qui sait les espoirs qu'on réveille ?
Par incident dans le sommeil
À l'endroit où quelqu'un se trouve.
D'où vient cette mauvaise manie à,
N'être que l'ombre de soi-même
À l'heure où quelqu'un se réveille
Et supplie qu'un autre soit là."

Dominique A. - La valse boite

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oO0

le samedi 07 mars 2009 à 20h09

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Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le dimanche 08 mars 2009 à 11h20

Ben, Sam, quand quelqu'un nous balance qu'on ne sait pas aimer, avec un vocabulaire choisi et émaillé de mots comme "trahison", "incapable de s'engager", "profiteur", et j'en passe et des carrément blettes... il faut avoir de la réserve d' "R" pour encaisser un florilège plutôt bas du "Q", comme dirait Benoîte Groult.

Tout jugement de valeur fait mal. Et c'en est bel et bien un !

Je crois finalement que le moment propice pour se déclarer lutin(e), c'est celui où l'on est sûr de pouvoir offrir de la disponibilité ensuite, du point de vue du temps et de l'écoute, pour absorber le choc de la réponse éventuellement pleine de chagrin et de rancoeur, la quittancer, et poursuivre en douceur le dialogue.

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