Polyamour.info



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Les mots pour transmettre

Témoignage
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J-E

le jeudi 12 juin 2014 à 10h25

C'est dur. Très dur. Parler du polyamour et ses variantes.
Résolu à "répandre la bonne parole" sans pour autant imposer mes vues -nos vues, je fais face souvent à l'incompréhension, le dégout, etc etc etc (vous savez de quoi je parle).

Je trouve un peu facile de 'juste' balancer pléthore de liens d'articles très biens sur le sujet aux gens. Or c'est le seul moyen que j'ai pour en parler... bien.
Quels mots utilisez-vous pour décrire le polyamour? A défaut de réussir à convaincre, comment présentez vous votre situation? Comment, sans avoir l'air de prêcher ou convertir, inséminer l'idée qu'il y'a une alternative aussi belle, aussi élégante et humaine et aussi enrichissante qu'est le polyamour, auprès de personnes qui n'en ont jamais entendu parler mais gagnerait à s'y intéresser?

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 11h23

Le mot "naturel" me vient immédiatement à l'esprit. Aussi, "ne peut correspondre à tout le monde" également.

Vouloir convaincre, je ne pense pas que ce soit opportun. Indiquer que ça existe, que c'est une "philosophie de vie" comme une autre, dans laquelle l'individu doit se retrouver et s'épanouir.

D'ailleurs, il y a autant de formes de polyamour qu'il y a de polyamoureux. Certains sont plus polybertins et se reconnaissent généralement beaucoup dans "la salope éthique". D'autres sont comme moi, plus polyaffectives...

Indiquer aussi, que généralement, les polyamoureux, sont des personnes en quête de bonheur, mais pas seulement du leur. Ils se définissent souvent comme altruiste, compréhensif et désireux d'un monde qui ne les juge pas.

A titre perso, cela ne me dérange pas que mon entourage ne soit pas poly. Par contre, j'ai un jugement assez sévère sur les individus constitutifs de la bonne société qui formulent un premier jugement à mon encontre. Là je peux être méchante et plonger le nez de l'autre dans son caca, qui souvent pue beaucoup plus que le mien. En dehors de cela, je dirais qu'il faut être au maximum pacifiste. Indiquer qu'une possibilité existe et laisser autrui faire sa propre opinion, avec son propre ressenti.

Quant au vocabulaire, nous avons chacun le nôtre, je dirais. Utilise le tien !!! C'est un peu con comme réponse, très con même, mais je n'en vois pas d'autre. Aussi, comme tu lis beaucoup, tu trouveras toute la documentation nécessaire dans les livres et ici. :-D

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 12h32

+ vidéo sur fil de discussion Charlie Foxtrot et aussi dossier mars 2014 revue Silence.

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 12h40

+ j'ai remis en avant la discussion sur le "champ lexical du polyamour" qui peut aussi aider

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Kaya

le jeudi 12 juin 2014 à 13h09

gcd68
Quant au vocabulaire, nous avons chacun le nôtre, je dirais. Utilise le tien !! ! C'est un peu con comme réponse, très con même, mais je n'en vois pas d'autre.

Absolument d'accord avec ça.
Il me semble que ce n'est qu'en en parlant avec son ressenti, son expérience, que les personnes face à soi pourront éventuellement être réceptives. Réciter par coeur une définition (surtout qu'il n'y en a pas qu'une, comme le dis aussi gcd68) c'est donné à tout le monde !
Pour ma part, j'en parle très peu. Parfois ça me manque, de ne pas trouver d'interlocuteur apte à comprendre, parfois j'ai peur d'être jugée, et souvent, je m'en moque totalement.
Le principal étant de se sentir bien dans ses pompes, et si ce n'est pas le cas à certains moments, d'essayer de savoir pourquoi!

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Junon

le jeudi 12 juin 2014 à 13h34

Simplement. Quelque chose comme: "voilà, dans ma vie j'aime A mais aussi B et C. Oui tout ce petit monde est au courant et oui, ça se passe bien."

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Siestacorta

le jeudi 12 juin 2014 à 13h44

J-E
Comment, sans avoir l'air de prêcher ou convertir, inséminer l'idée qu'il y'a une alternative aussi belle, aussi élégante et humaine et aussi enrichissante qu'est le polyamour, auprès de personnes qui n'en ont jamais entendu parler mais gagnerait à s'y intéresser ?

Alors je vais te dire "fais ce que je dis, pas ce que je fais", c'est à dire : bouquine.
C'est pas seulement une question de mots, mais aussi de raisonnement et de grille de lecture. Tu tombes sur les situations et les analyses qui te parlent, que tu sens, et tu pourras mieux les pointer quand le sujet tombe.

Les seuls bouquins polyfriendly que j'aie vraiment lu, c'était La déliaison amoureuse de Serge Chaumier et Pour une érotique solaire de Onfray. Je recommande le premier, qui est très lisible. Ca déconstruit plus le couple fusionnel pour ouvrir sur le couple fissionnel, donc c'est pas du poly, c'est l'étape avant, là où tu te poses une peu les questions... Ca raconte comment le couple exclusif est une construction historique relativement récente, qu'il y a dans l'histoire et la pratique tellement d'autres façons de vivre et de faire que la "pensée amoureuse unique" est très relativisée.

Sinon, quand je met les mains dessus, je lirai sans doute avec beaucoup de plaisir Aimer plusieurs hommes et La salope éthique.

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bouquetfleuri

le jeudi 12 juin 2014 à 14h14

Les mots qui transmettent la qualité de l'expérience polyamoureuse sont les mots qui transmettent la vertu de ta personne, ton éthique.

Personnellement, je ne cherche jamais à raconter le polyamour, tout juste à le poser comme une philosophie de vie si on parle de philosophie, comme un schéma de relations amoureuses si on parle de relation amoureuse.

En revanche, j'essaie d'exprimer le plus justement où j'en suis de mon cheminement, de ma libération et de la remise en cause du formatage social dans ma construction, du rapport de pouvoir etc. en terme d'individuation.

Ainsi, naturellement, se dessine l'image du polyamoureux que je suis sans avoir besoin d'utiliser une étiquette. Le seul effort que je produis est d'essayer d'être exactement qui je suis dans toutes les situations que je vis.
Je crois beaucoup à la puissance de l'exemple (pas du modèle)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 15h50

Perso, je me reconnais plus dans "vertus du polyamour" de YA Thalmann. Toutefois, je me suis intéressée aux autres ouvrages (celui de Chaumier, faut que je me l'offre, je ne l'ai pas encore dans ma bibliothèque), notamment pour comprendre les autres poly et leurs visions particulières du polyamour et tout simplement de l'amour.
Ainsi, j'ai pu comprendre une personne qui me tenait à coeur, mais que je n'arrivais pas à définir intellectuellement. Comprendre autrui, est également important que se comprendre soi, surtout si l'on a un "gros, petit faible" pour cette personne. Aussi, nous avons pu enfin avoir le même vocabulaire et comprendre l'autre pour créer un lien sur une base certaine et valorisée, avec un langage propre à chacun mais compréhensible par les deux. C'est la condition nécessaire à l'évolution positive d'un lien.
Je plussoie Bouquetfleuri, nous sommes des exemples, éventuellement, mais aucun modèle.

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Anarchamory

le jeudi 12 juin 2014 à 17h42

J-E
Quels mots utilisez-vous pour décrire le polyamour ? A défaut de réussir à convaincre, comment présentez vous votre situation ? Comment, sans avoir l'air de prêcher ou convertir, inséminer l'idée qu'il y'a une alternative aussi belle, aussi élégante et humaine et aussi enrichissante qu'est le polyamour, auprès de personnes qui n'en ont jamais entendu parler mais gagnerait à s'y intéresser ?

Pour ma part, j'ai tendance à partir de l'amitié pour aborder le polyamour, et non de l'amour.

J'essaye d'expliquer qu'en gros, ce qu'on appelle le "polyamour" n'est qu'une extension du domaine de l'amitié à des sujets réputés non-amicaux (à mon avis sans vraie raison), comme la sensualité, la sexualité et les sentiments amoureux.

A ceux qui m'accusent de mélanger les torchons et les serviettes, je me demande de m'expliquer en quoi les rapports sensuels / sexuels seraient fondamentalement si différents d'autres activités interpersonnelles considérées comme amicalo-compatibles : aller au restau, discuter, jouer au Scrabble, etc.

Quand, parfois, on m'avance des motifs de les considérer à part, j'avance des contre-exemples qui minent les dits motifs. Par exemple, certaines personnes me disent que le sexe est à part car il permet la procréation. A cela, je réponds par exemple quelque chose du genre : donc le sexe entre personnes stériles, le sexe "contraceptivé" ou le sexe homosexuel peut lui être considéré comme amicalo-compatible puisqu'il ne permet pas la procréation ?

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 17h47

J-E
"[...] A défaut de réussir à convaincre, comment présentez vous votre situation ? Comment, sans avoir l'air de prêcher ou convertir, inséminer l'idée qu'il y'a une alternative aussi belle, aussi élégante et humaine et aussi enrichissante qu'est le polyamour, auprès de personnes qui n'en ont jamais entendu parler mais gagnerait à s'y intéresser ?"

Je vais faire ma grincheuse, mais le fait que tu demandes comment "inséminer" l'idée etc. "auprès de personnes qui gagneraient à s'y intéresser", je trouve que ça fait prosélytisme. Et ça me gêne que l'on considère que des personnes gagneraient à s'intéresser au PA, en gros on décide à leur place.

De ce fait, les fois où j'ai eu à présenter ma situation, c'était pour clarifier les choses, pour que mon interlocuteur sache quelle est exactement ma vie et non pas pour me présenter en exemple d'un mode de vie qu'il / elle gagnerait à connaître.
Et dans ces cas-là, j'ai essayé de présenter les choses de façon synthétique et simple, sans trop donner de détails, le concept étant suffisamment générateur de questions en lui-même.

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 17h56

Ah oui, j'y repense, le texte de Julien Clerc de la chanson "Le coeur trop grand pour moi". En plus, je crois qu'il date de 1976, on ne peut donc l'assimiler à une effet de mode quelconque. En plus, c'est un chanteur dit populaire, dont les textes peuvent être reconnus par chacun-e et toutes générations confondues.

LE COEUR TROP GRAND POUR MOI (Julien Clerc)

Je ne sais pas son prénom
Mais je sais qu’elle m’a dit non
Elle était sous le lilas
De sa villa
Ce soir comment te le dire
Bien sûr tu vas me maudire
Mais je l’aime et je t’aime quand même

J’ai le coeur trop grand pour moi
Elle s’appelle Jeanne, je crois
Oui, c’est ça...

Dans toutes vos différences
Il n’est qu’une ressemblance
C’est cet amour flou
Que j’ai pour vous
Oh je t’aime
Oh je l’aime
Vous êtes ma tourmente
De mon âme violente
Je vous aime
Je vous aime

Je ne suis pas homme à femmes
Dans ma vie la solitude
Si souvent, souvent
A pris ses habitudes

Je serais plutôt de ceux
Qui parlent en baissant les yeux
Et qui disent encore madame aux dames

J’ai le coeur trop grand pour moi
Il bat trop fort pour moi
Oui, c’est ça
Et les larmes me désarment
Mais son rire me fait souffrir
Et je pars ce soir pour le hasard

Oh je t’aime
Oh je l’aime
Vous êtes ma tourmente
De mon âme violente
Je vous aime
Je vous aime

C’est cet amour flou
Que j’ai pour vous

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Anarchamory

le jeudi 12 juin 2014 à 18h17

Shamal
Je vais faire ma grincheuse, mais le fait que tu demandes comment "inséminer" l'idée etc. "auprès de personnes qui gagneraient à s'y intéresser", je trouve que ça fait prosélytisme. Et ça me gêne que l'on considère que des personnes gagneraient à s'intéresser au PA, en gros on décide à leur place.

Je peux me tromper, mais je n'ai pas eu l'impression que J-E soit dans une attitude de prosélytisme et à vouloir décider à la place des gens, puisqu'il parle bien d'une une alternative aussi belle, aussi élégante et humaine et aussi enrichissante. Si je dis que Sarah est aussi belle que Chloé, ça veut bien dire que Sarah n'est pas plus belle que Chloé, mais pas moins belle non plus. N'était-ce pas ainsi qu'il fallait comprendre son "aussi" ?

Par ailleurs, s'intéresser au PA ne veut pas dire nécessairement y adhérer. Par exemple, je m'intéresse à l'homosexualité ou au transgenderisme sans être ni homosexuel ni transgenre. S'intéresser au PA, il me semble que ça veut surtout dire connaître le concept, comprendre sa logique interne et sa rationalité propre, examiner les réponses aux objections, et se poser sérieusement la question de savoir si c'est fait pour soi-même. Je connais des gens qui s'intéressent au PA, qui comprennent parfaitement la chose d'un point de vue intellectuel, estiment que c'est une option moralement valable, mais néanmoins ne se sentent pas PA eux-mêmes, mais qui, grâce à la connaissance du PA, ont pu se poser la question sérieusement, et sont donc passés de l'adhésion par défaut au modèle monogame à une adhésion réfléchie au modèle monogame.

Donc, oui, je pense que les gens gagneraient à s'intéresser au PA, non pas pour qu'on décide à leur place, mais au contraire pour qu'ils puissent décider véritablement par eux-mêmes, la plupart des "monos" l'étant en fait parce que d'autres ont décidé à leur place qu'il n'y avait pas d'alternative valable.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 19h02

Moi, j'avais compris que J-E était dans une volonté de s'expliquer de la plus belle façon à un monde qui ne connait pas le PA et qui n'est sans doute pas prêt à entendre, et surtout à comprendre, ce qu'il a à dire, à expliquer. D'ailleurs dans le titre, il parle de transmettre et il a mis les guillemets à "répandre la bonne parole".

J-E s'est présenté ici, enfin sur un autre fil de discussion. Il est jeune, découvre et sans doute se découvre. Donc, il veut pouvoir s'expliquer et veut le faire d'une belle façon. Il a par contre, enfin je le comprend ainsi, un souci de méthodologie. En d'autre terme, je dirais il a peur de se planter et d'être rejeté. J'ai une mère et un fils qui ont du mal à m'accepter telle que je suis, alors je peux comprendre qu'il veuille "convaincre". Peut être pas dans un soucis de "conversion" mais sans doute dans un soucis d'assumer une identification, qui est sans doute encore floue pour lui.

Enfin, moi, j'ai perçu cela ainsi. Je peux me tromper !

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 19h16

Après, "répandre la bonne parole" ne veut pas dire imposer. Un jour un inconnu à lancer ce mot "polyamour", il se trouve que j'étais dans l'assemblée (conférence sur un autre thème) et que ça a fait écho en moi, car j'étais dans la situation de la chanson de Julien Clerc, et j'étais hyper mal dans mes baskets. Grâce à cela, à la connaissance de ce mot, j'ai pu m'identifier, tomber le masque de l'extraterrestre, de la nana bizarroïde qui agit n'importe comment et dit n'importe quoi. Elle avait bon dos la crise de la quarantaine (fallait bien trouver une justification à ce "je l'aime et je t'aime quand même").

Cet inconnu, je lui dois encore plus qu'à ma mère car il m'a permis une renaissance et la plus belle qui soit. D'une manière anonyme, donc involontaire par rapport à moi, Il l'a fait volontairement (avec la volonté de faire parler du polyamour) mais dans un but volontaire de "prêcher" pour que ceux qui, ignorant comme moi, puisse se définir et se reconnaitre. J'ai eu l'opportunité de retrouver cet inconnu, lui ai adressé ma reconnaissance, et aujourd'hui il a une place de choix dans mon coeur car c'est un homme merveilleux, d'une richesse exceptionnelle, un Trésor. Nous contribuons aujourd'hui à notre épanouissement respectif et entretenons ce lien, fondé sur ma reconnaissance, et sur l'amour qui nous unit après nous être découvert mutuellement. D'ailleurs, ma reconnaissance a sans doute "masqué" l'amour.

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Profil

J-E

le jeudi 12 juin 2014 à 20h19

Shamal
Je vais faire ma grincheuse, mais le fait que tu demandes comment "inséminer" l'idée etc. "auprès de personnes qui gagneraient à s'y intéresser", je trouve que ça fait prosélytisme. Et ça me gêne que l'on considère que des personnes gagneraient à s'intéresser au PA, en gros on décide à leur place.

Alors oui, mais non, je me suis assez mal exprimé (faute d'autres mots qui ne venaient pas à ce moment). Je ne suis pas du tout prosélytiste, pas dans ce domaine. "auto-prosélytiste" peut-être, c'est à dire que parmi tous les modèles que j'ai investigué/imaginé/testé effectivement, je place cette notion néanmoins mouvante de polyamour au dessus des autres. Pour moi, moi et moi seul (ego...).

Gcd cerne assez bien ce que je voulais dire.

gcd68
pas dans un soucis de "conversion" mais sans doute dans un soucis d'assumer une identification, qui est sans doute encore floue pour lui.

..... sauf concernant "l'identification floue", a vrai dire. Je pense être fixé, juste... ma différence fondamentale reste l'inexperience (du fait que j'assume si "tôt" cette philosophie -on peut ne pas me croire sur "assumer", libre à vous- et simplement, mon âge (19 et demi).
(addendum: je pense être fixé sur la nature des relations et liens que je souhaite vivre et partager. Ça ne remet pas en cause la notion d'évolution éternelle etc)

Peut-être, me vient-il à l'idée, que c'est aussi dû à l’hermétisme assez flagrant aux relations désintéressées homme/femme chez les jeunes avec qui j'en parle. Hermétisme au sens de "fermé à l’éventualité que peut-être que non, J-E n'est pas en train de me faire des avances mais juste de m'expliquer ce qu'il vit". Je ne sais pas, et cette ambiguité est relativement présente à beaucoup d'autres âges-strates de la vie, me semble.

Dieu
Je peux me tromper, mais je n'ai pas eu l'impression que J-E soit dans une attitude de prosélytisme et à vouloir décider à la place des gens, puisqu'il parle bien d'une une alternative aussi belle, aussi élégante et humaine et aussi enrichissante. Si je dis que Sarah est aussi belle que Chloé, ça veut bien dire que Sarah n'est pas plus belle que Chloé, mais pas moins belle non plus. N'était-ce pas ainsi qu'il fallait comprendre son "aussi" ?

Par ailleurs, s'intéresser au PA ne veut pas dire nécessairement y adhérer. Par exemple, je m'intéresse à l'homosexualité ou au transgenderisme sans être ni homosexuel ni transgenre. S'intéresser au PA, il me semble que ça veut surtout dire connaître le concept, comprendre sa logique interne et sa rationalité propre, examiner les réponses aux objections, et se poser sérieusement la question de savoir si c'est fait pour soi-même. Je connais des gens qui s'intéressent au PA, qui comprennent parfaitement la chose d'un point de vue intellectuel, estiment que c'est une option moralement valable, mais néanmoins ne se sentent pas PA eux-mêmes, mais qui, grâce à la connaissance du PA, ont pu se poser la question sérieusement, et sont donc passés de l'adhésion par défaut au modèle monogame à une adhésion réfléchie au modèle monogame.

Dieu (sacré pseudo. Ou l'inverse ^^), j'aime beaucoup la logique et la rationalité avec laquelle tu présentes les choses,pour avoir mené de mon coté ce même genre de raisonnement avec cette même acuité (du moins, désir d'acuité).

"grâce à la connaissance du PA, ont pu se poser la question sérieusement, et sont donc passés de l'adhésion par défaut au modèle monogame à une adhésion réfléchie au modèle monogame. "

J'ai passé 2h cet aprèm au café, à débattre avec un monogame invétéré pour aboutir à ce même point, qui confirmait la "légitimité" sommes toutes, de certaines monogamies (pourvu qu'elles soient argumentées, consciente et consenties, VRAIMENT des deux côtés. Et qu'on dise pas merde au changement si il se pointe...

Merci pour vos réponses, tous. C'est beau, une communauté.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 12 juin 2014 à 21h04

bon ok, J-E, pas floue !!! :-D

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LuLutine

le vendredi 13 juin 2014 à 03h33

Je ne suis pas exclusive. Je ne mets pas forcément d'étiquettes sur mes relations. Je suis anarchiste relationnelle...

Bien sûr, ce sont mes mots, ceux qui me correspondent actuellement. Comme l'ont dit d'autres intervenants, à toi de trouver les tiens.

Je te rassure, on finit par trouver la manière qui nous convient pour s'y prendre. J'avais posté un sujet connexe il y a quelques années :

/discussion/-ci-/Quels-mots-pour-se-declarer-poly/

J'ai beaucoup évolué depuis, je ne me prends plus la tête, lorsque j'en ai besoin, je trouve les mots.

Je noterais deux choses :

1) lorsque je "ne le sens pas", je n'expose pas outre mesure ma vie privée ; par exemple récemment avec un groupe de personnes plus ou moins proches, avec qui je m'entends très bien et partage des activités (strictement amicales donc, parce que sinon ils seraient au courant) ; quand quelqu'un a fait remarquer en rigolant (à moitié ?) "Hé, untel danse avec une fille, heureusement pour lui que sa copine n'est pas là pour voir ça !" ; il y a eu suffisamment de plaisanteries sur l'interprétation que la copine de untel pourrait faire de la situation, que je me suis presque posée la question de sortir une remarque sur l'existence du polyamour (pas forcément avec ce mot-là) ; et puis je n'ai pas senti de "terrain favorable", alors je me suis tue (au passage, untel ainsi qu'une autre personne du groupe - qui sont exclusifs - connaissent ma façon de vivre, mais pas les autres, ceux qui faisaient les plaisanteries) ;

2) il peut arriver que quelqu'un ne comprenne pas tout de suite, "occulte" l'information : il n'est peut-être pas prêt à l'entendre, alors je n'insiste pas (enfin, la première fois que ça m'est arrivé, d'ailleurs avec l'une des deux personnes citées plus haut, une personne très sage - que je remercie :) - m'a conseillé de ne pas insister, conseil que j'ai suivi...et en saisissant l'occasion suivante de faire comprendre ma situation, quelques mois plus tard, j'ai pu en parler ; nous sommes assez proches aujourd'hui et je suis contente que cette personne me connaisse telle que je suis).

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