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Transformation relationelle : passer d'une relation amoureuse à une relation d'amitié

Engagement
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artichaut

le vendredi 18 mai 2018 à 16h39

J'ai hésité à poursuivre sur ce fil-ci, tant ce que je vais évoquer en est proche (mais n'hésitez pas à aller le lire avant), et pourtant j'ai décidé de créer un nouveau fil.
Ce n'est peut-être pas à proprement parler un sujet "poly". Et pourtant le cadre poly change forcément la donne.

Je suis en pleine phase de rupture/séparation d'une relation longue et nous voudrions la transformer en une relation d' "amitié". Voilà pour les données de la situation.

C'est tout tout frais, donc je suis encore dans la phase très émotionnelle de la rupture. Pourtant venant ici, je vais tenter de rationaliser.

C'est plutôt des mots de "séparation" qui ont été posé, mais la mémoire du fil précédemment cité, fait que je suis un peu perdu au niveau sémantique et je navigue entre les deux mots de rupture et séparation (peut-être parce que l'un me fait plus de bien que l'autre là-tout-de-suite, mais que l'autre me semble plus adéquat). Tout en ayant pour but d'aller vers le mot transformation.

C'est elle qui a posé la séparation. Donc c'est difficile et triste pour moi (même si je ne nie pas, que ce soit difficile aussi pour la personne qui pose la séparation). De fait elle me semble plus sereine que moi (la décision fut difficile à prendre, mais l'avoir prise semble la rendre sereine) et elle m'a dit par conséquent accepter que ce soit moi qui pose les modalités sur quand/comment/combien se voir pour les temps proche à venir. Je précise à toute fin utile, que sa décision est ferme, réfléchie, assumée et qu'il n'est pas question d'envisager autre chose.

J'ai pour l'instant posé un cadre qui fait qu'on ne va pas se croiser au milieu de plein de monde. En l'occurrence c'est relativement facile, vu qu'on ne fréquente pas trop les même personnes, ni les même lieux (tiens vlà une idée qu'elle était bonne, je note ça dans un coin de ma tête pour initier d'autres relations) et que par choix, on a jamais habité ensemble (on n'habite même pas dans le même quartier).
J'ai aussi posé un cadre où j'ai demandé qu'on ne se voit plus jusqu'à nouvel ordre. Le temps, pour moi, de vivre cette séparation, éprouver le manque, etc dans l'absence de l'autre.
Je reporte à plus tard le fait de se revoir, sans complicité corporelle (c'est une des choses qu'elle à verbalisé : ne plus vouloir partager de tendresse), car je sais que vivre ce manque en sa présence sera le plus difficile pour moi (car le contact physique et la tendresse était un de nos mode relationnel privilégié et que le manque sera plus prégnant en sa présence, à fortiori juste à deux). Pour autant j'ai encore moins envie de la voir autrement qu'à deux (se voir juste à deux était aussi l'un de nos modes relationnels privilégié).

On sais, car c'est ce qu'on s'est dit au début et pendant notre relation, et qu'on se l'est redit là pendant la séparation, qu'on veut (tenter d')aller vers une transformation et non un arrêt de la relation. Les mots qui ont été posés consistants à "redevenir ami.e.s".
C'est aussi beaucoup en ça que je me considère poly : cette capacité-à/volonté-de désormais transformer (de préférence joyeusement) les relations, plutôt que de les arrêter voire d'être dans des trucs trashs et définitifs.

Pour autant pour l'instant (même si je sais bien que c'est que je prône tant en terme relationnel, qu'en mode polyamour), je ne m'en sent pas capable là tout de suite.

Pour vous éviter des conseils inutiles, je précise que je suis déjà dans un truc de :
- accepter/laisser-vivre mes émotions (quelqu'elles soient) pour moi-même, les partageant éventuellement avec des proches, mais en tâchant de ne pas lui imposer à elle
- faire des choses pour moi, penser à moi, prendre soin de moi, être accompagné par mes proches, me consacrer à des choses joyeuses ou qui me nourrissent, me font plaisir, etc
- et je suis de nature à affronter les problèmes en face, plutôt que de les fuir sans cesse

On pourrais même se dire « ça va je le vis bien ». Pour autant non, c'est difficile. Et je redoute les moments où l'on va se revoir.

D'un point de vue relations multiples, je ne sais pas si cette séparation, va m'inciter à en développer rapidement de nouvelles (sachant que j'étais dans cette dynamique là, ces derniers mois), ou plutôt faire comme ça m'est souvent arrivé par le passé : me retrouver moi-même avant tout et me rendre rétif à initier de nouvelles relations pendant une période assez longue.

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Mes questions/questionnements :
- Elle m'a demandé si j'avais envie qu'on fasse un rituel de rupture. Je n'ai jamais fait ça et n'ai pas d'idée. Vous avez déjà fait ça vous ? Pas juste un rituel pour vous-même, mais avec la personne concernée (voire avec d'autres personnes aussi ?).
- Je veux bien que vous m'explicitiez la différence pour vous entre rupture et séparation (rupture=… séparation=… j'aime beaucoup les définitions). Choisir les bons mots m'aide à peaufiner ce que je ressent et à en parler avec d'autres.
- Est-ce que ça vous paraît acceptable de poser un truc de ne plus se voir pendant plusieurs mois. C'est long, c'est pas long ? (j'ai déjà des éléments de réponse pour certain.e.s d'entre vous, avec le fil précédent déjà mentionné). Sachant qu'on n'habitais pas ensemble et qu'on était pas du genre à se voir toutes les semaines ni à s'appeler tous les jours.
- Avez-vous des outils à proposer ?
- C'est quoi pour vous les étapes significatives/signifiantes/importantes pour passer d'une relation amoureuse/sexuelle à une relation d'amitié ? Comment mettre en place chronologiquement/temporellement ces étapes ?

Non je ne suis pas à la recherche du "parfait Manuel pratique de la séparation amoureuse". Je sais bien que chaque cas est différent, que chaque situation est unique, etc. (Mais tout de même lire une "Salope éthique" spécial "transformation relationnelle" me ferait du bien là tout de suite.)

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bonheur

le vendredi 18 mai 2018 à 23h04

Je ne suis personne pour répondre des questionnements de ce type. Pour moi, l'amour est gravé à l'encre indélébile en moi. Quelque soit le mot, séparation ou rupture, c'est désormais définitif. Je ne peux me comporter comme si un amoureux était un ami. C'est juste pas possible. L'inverse oui, on se comporte en ami et on se rapproche, pour devenir amoureux (enfin, on le ressentait avant, mais c'était pas encore exprimé). Passer ce stade, aucun retour en arrière possible pour moi.

Le dernier amour que j'ai quitté (j'ai initié de couper les contacts) c'est soldé par une pointe d'humour (ce petit oui-oui qui m'accompagne ici, seul nous deux en connaissons le sens et son humour). Cette photo était accompagné d'une phrase de remerciements "merci d'avoir traversé ma vie". En retour, j'ai envoyé une autre image humoristique (une représentation de Maya l'abeille prenant un bain de pied dans une coupe de champagne ; là encore, personne d'autre ne peut comprendre le symbole et l'humour). J'avais joint une citation piochée dans un livre : "faire rire l'instant pour te rejoindre là où tu es". Je l'invitais ainsi à ne pas oublier tous nos rires et fous rires, à garder le beau de nous.

Je suis très conservatrice, j'ai des photos, et autres souvenirs près de mon coin à moi, sous l'escalier. Je garde ceux que j'aime près de moi, toujours...

Ca n'aide pas, mais je pense que la façon dont on se sépare compte. J'ai commis des erreurs par le passé mais cette séparation ou rupture ou comme on veut l'appeler a été plus saine et sereine que les autres. C'est important, je trouve.

Prends soin de toi !

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Bequelune

le mardi 22 mai 2018 à 10h48

Bon j'ai vécu une situation un peu similaire il y a pas si longtemps… Après 5 ans de relation amoureuse, une rupture/séparation (j'ignorais qu'il y avait une différence) assez inattendue, vécue avec beaucoup de violence de mon coté et sans doute plus de sérénité du sien puisque c'était surtout son choix ; avec ensuite une envie de rester "ami-es" ou de garder en tout cas un contact, quel qu'en soit le nom et l'étiquette qu'on lui donne, car on s'estimait tous les deux.
Sauf qu'entre l'envie et la mise en pratique, ce n'est pas simple… !

En vérité, il m'a fallu un an et demi pour arriver à avoir à nouveau de vrais échanges avec cette fille sans que cela me fasse du mal !

Dans les premiers mois, elle me téléphonait et envoyait des mails pour prendre des nouvelles. Ça me faisait plaisir et en même temps c'était douloureux. Du coup j'étais froid, distant… La situation était impossible : l'envie de la revoir mais pas les moyens émotionnels pour assumer convenablement une éventuelle rencontre. Du coup j'ai demandé à ce qu'on espace vraiment nos échanges (de 2-3 mois).
Et petit à petit je me suis senti plus serein pour reprendre de vrais contacts avec elle. Aujourd'hui, on ne s'est pas encore revu en bonne et due forme (même si on a essayé, mais on n'est plus du tout dans la même région), mais il est possible et agréable de s'appeler, discuter, faire des blagues… Bref échanger en toute sérénité.

Du coup j'ai pas vraiment d'outils à te donner, sinon deux rapides conseil :
- prend le temps qu'il te faut. Si vous avez envie tous les deux de cette transformation dans votre relation, ça se fera, mais voilà ça peut prendre vraiment longtemps.
- Réfléchis bien au moyen de communication qui sont les plus faciles (les moins déstabilisants) pour toi afin d'y aller petit à petit dans cette transformation. Pour ma part, les premiers mois j'ai privilégié mail et sms car je n'arrivais pas à gérer les appels malgré mon envie (ne parlons même pas des face à face).

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le mardi 22 mai 2018 à 16h59

Au finale ça rejoint un autre fil de discussion actuel : l'amour suffit-il à faire perdurer une relation ?

/discussion/-bIn-/Je-me-suis-ouvert-au-poly/

dire que sous prétexte que l'on s'aime encore, la relation ne peut que être longue... L'amitié serait-elle un pansement ?

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MagentadeMars

le mardi 22 mai 2018 à 18h31

Pour les remarques sur la sérénité de ta partenaire : oui, je pense que normalement celui ou celle qui demande la rupture souffre avant, l'autre après.

Quant à la conversion, il me semble une question d'équilibrage des envies : qu'il est question de faire l'amour ou de ne plus passer de temps ensemble, la rupture officialise que personne A en veut moins que personne B. Il y a la version compliquée ou on veut toujours le sexe mais pas le partage des repas ou le ciné ou l'inverse...

En fait, c'est ce qu'il veut dire maintenir l'amitié, non ? On a toujours envie de partager des choses, mais moins qu'avant. Etant humain, il est difficile d'éviter que A peste toujours B pour plus... et donc que B cherche une période de zéro contact pour se sentir en sécurité. En revanche, ce passage de tous à rien tend à susciter la panique chez A, qui réagit en sorte d'encore plus faire fuir B.

Il faut donc un certain encadrement. Celui que vous aviez choisi est un parmi des milliers, espérons qu'il vous convient : l'important est de maintenir autant de contact que possible en respectant ce qui n'est plus souhaité... ce qui peut évoluer avec le temps.

Du courage.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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artichaut

le mardi 22 mai 2018 à 21h47

bonheur
Au finale ça rejoint un autre fil de discussion actuel : l'amour suffit-il à faire perdurer une relation ?
/discussion/-bIn-/Je-me-suis-ouvert-au-poly/
dire que sous prétexte que l'on s'aime encore, la relation ne peut que être longue... L'amitié serait-elle un pansement ?

…hum pas certain de voir le rapport…
Et la notion de pansement me semble foireuse.
S'il s'agit de transformer une relation c'est pour qu'elle devienne pleine et entière.
Tout arrêter serait l'amputation. Le pansement serait trouver une autre relation temporaire. Là il s'agit plutôt de soigner (et l'amitié n'empêche, ni n'exclue l'amour).

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artichaut

le mardi 22 mai 2018 à 21h58

@Bequelune merci pour tes mots. Ils m'ont fait du bien.

Me rappeler que ça peut prendre un an et demi (oui quand on est pris dedans, même si on le sait, on tend à l'oublier) me permet de relativiser et d'évacuer l'urgence. Tu as raison, retrouver la sérénité, ça prendra le temps que ça prendra …et ça m'apaise de penser ça.

Et oui tu as raison de mentionner les moyens de communications. C'est très important en effet. Et oui pareil pour moi : mail et sms uniquement. Le reste j'y arrive pas.

Merci pour ça, donc. Ça me conforte dans le chemin entamé.

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artichaut

le mardi 22 mai 2018 à 22h17

MagentadeMars
celui ou celle qui demande la rupture souffre avant, l'autre après.

Oui.
Quoique au vu de l'éloignement provoqué, je me demande si l'autre n'est pas aussi susceptible de souffrir dans un second temps : elle pose de nous voir moins (fin de relation amoureuse), il s'avère que ça provoque chez moi que, pour un temps, j'ai besoin de ne plus du tout nous voir. Je ne sais combien de temps j'en aurais besoin (et je veux faire très attention à ne pas chercher à "me venger" par ce biais) mais si ça dure un peu "trop", sans doute va elle en souffrir à son tour.


En revanche, ce passage de tous à rien tend à susciter la panique chez A, qui réagit en sorte d'encore plus faire fuir B.

Très judicieuse remarque !
Je vais tâcher de veiller à ça (= endiguer/rassurer la panique, tout en maintenant si possible le zéro contact s'il m'est nécessaire)


maintenir autant de contact que possible en respectant ce qui n'est plus souhaité...

J'aime beaucoup cette façon de voir les choses. C'est très éclairant.
Oui il va falloir que je prenne garde à ça et que je continue de donner ce que je peux donner, tout en écoutant mes besoins et mes limites.


... ce qui peut évoluer avec le temps.

Merci de le rappeler (là encore les évidences connues, disparaissent parfois sous le poids des émotions).

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bonheur

le mercredi 23 mai 2018 à 11h05

artichaut
(et l'amitié n'empêche, ni n'exclue l'amour)

Amour et amitié, pour moi, ne sont pas flous. C'est d'ailleurs le principal point de désaccord que j'ai relevé avec YA Thalmann. Une frontière ? Qu'elle frontière ? Et en plus elle serait flou !

Je crois, que dans mon cas, mais là évidemment, ce n'est que moi, le flou relève d'une indécision. Ce truc qui se passe en nous et qui nous freine ou nous empêche d'assumer pleinement les émotions, le ressenti. L'intellect, parasite déformant ou aliénant.

Intellectuellement, garder une part de l'amour au travers d'une amitié, revient pour moi à panser la blessure de la séparation (ou rupture). Je ne dis pas que c'est mal, loin de là et si ça fait du bien, si on avale bien la pilule, alors oui.

Pour moi, ce serait faire le grand écart... et je n'ai pas cette souplesse. Ce qui relève chez moi de l'admis, ne peut être modifié.

L'amitié qui n'exclue pas l'amour : pourquoi l'appeler amitié ?

Je dirais que ton cas, artichaut, il y a le je (toi et ton amour), il y a le tu (elle et son amitié) et il y a un nous flou. Savoir si ce flou convient à je et à tu ? Si ça convient, pourquoi faudrait-il un délai ? Si on a besoin d'un délai, c'est que quelque part, ça ne convient pas. Là c'est ma logique qui parle, pas mon émotionnel, car lui, il ne virevolte pas.

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Caoline

le mercredi 23 mai 2018 à 14h56

Rupture pour moi ça sonne très négatif, séparation je l'emploierai plutôt quand il y avait cohabitation et qu'il n'y a plus. Dans le cas présent je parlerai plutôt d'arrêt de la relation amoureuse tout simplement ou idéalement de transformation de la relation d'amoureuse à amicale.

MagentadeMars
Pour les remarques sur la sérénité de ta partenaire : oui, je pense que normalement celui ou celle qui demande la rupture souffre avant, l'autre après.


Eh bien, j'aimerai bien, moi j'ai beaucoup souffert les fois où j'ai pris la décision d'arrêter la relation amoureuse, surtout après de voir le mal que ça provoquait.

bonheur
Je dirais que ton cas, artichaut, il y a le je (toi et ton amour), il y a le tu (elle et son amitié)

Je ne comprends pas du tout les choses comme ça, je ne trouve pas ce qui te fait penser ça.
Ce n'est pas parce qu'elle souhaite ne pas continuer la relation amoureuse qu'elle ne l'aime plus et artichaut avait exprimé avant qu'il souhaiter voir évoluer la relation en cas d'arrêt de la partie amoureuse.
Bon, il est un peu logique qu'on voit les choses différemment cela dit puisque pour moi amour et amitié peuvent être compatibles. Je ressens vraiment de l'amour pour certain.e.s ami.e.s. Pour certains nous avons été en relation amoureuse avant, pour d'autres non.

Alors... mon vécu de ces transitions... pas forcément facile car c'est toujours un peu différent et surtout je pense que c'est différent pour chacun donc c'est un témoignage, pas une marche à suivre. Pour moi le silence (aucune communication d'aucune forme), même court, c'est hyper-violent, que je sois d'un coté ou de l’autre et pourtant j'ai remarqué qu'il faut souvent en passer par là mais j'ai besoin que ce soit court, de l'ordre de quelques jours, et il me semble que je le vivrais bien mieux si la nécessité de celui-ci est discutée avant. Puis recommencer par des contacts écrits pas instantanés, donner ou prendre des nouvelles des 2 cotés. Ca permet d'écrire dans les moments où ça va plutôt bien, même si ça ne veut pas dire passer sous silence les moments difficiles, en pareille situation comme en toutes, je suis partisane d'une sincérité totale. C'est sûr que ça peut être très utile de pouvoir partager ces difficultés avec quelqu'un de neutre mais je trouve que c'est aussi le rôle de la personne concernée, qu'elle ai décidé ou non de soutenir l'autre. Le mieux me semble être quand chacun est capable d'exprimer ses besoins et limites pour adapter la fréquence, le mode de communication... ça n'a pas toujours été réussi pour moi d'où les silences non préalablement discuté. Il m'a fallut attendre d'avoir retrouvé vraiment de la sérénité par rapport à mon vécu de la relation amoureuse et de sa fin pour pouvoir revoir la personne, ce qui a pris entre quelques semaines et quelques mois. Et parfois, on a "recraqué" mais nous jouions un jeu dangereux à tenter de repartager des relations intimes avec la volonté de ne plus être amoureux... cela dit, une fois sur les 2 ça a fonctionné, on s'est revu 2 fois à un an d'écart... La première fois c'était bien, la deuxième c'était nul, on a plus d'échanges amicaux depuis... Celui avec qui on a recraqué, moi en tout cas, ça n'a été qu'une rencontre puis on est vraiment redevenus amis. Il y a eu des étapes et ajustements quoi. C’est plus simple de rester juste amis en fait, vraiment. C'est ce que je vis avec la grande majorité de mes ex-amoureux, ce qui ne veut pas dire que je n'ai plus d'amour pour eux, mais je ne suis plus amoureuse.
J'ai l'impression que ce n'est pas très clair tout ça, j'espère que ça t'aidera un peu quand même.
Plein de courage à toi et à elle.

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artichaut

le jeudi 24 mai 2018 à 03h24

Merci Caoline. Je me doutais que tu répondrais à ce fil …et j'étais curieux d'avoir ton avis justement vu que je savais par l'autre fil que tu n'apprécie guère le "silence radio" en matière de séparation.

Caoline
Ce n'est pas parce qu'elle souhaite ne pas continuer la relation amoureuse qu'elle ne l'aime plus

Oui les choses ne sont pas binaires (même si on y colle des mots binaires ou simplistes pour tâcher d'y voir plus clair et poser quelques "barrières de sécurité").
Ça me rappelle cette autre discussion qui dévoile des conceptions différentes de l'amour.

Caoline
en pareille situation comme en toutes, je suis partisane d'une sincérité totale. C'est sûr que ça peut être très utile de pouvoir partager ces difficultés avec quelqu'un de neutre mais je trouve que c'est aussi le rôle de la personne concernée, qu'elle ai décidé ou non de soutenir l'autre.

Normalement je suis aussi partisan de la sincérité. Mais là ça me semble difficile… pas certain d'être d'accord : elle n'est pas la mieux placée pour me soutenir en ce moment.
…cela-dit, quand je parlais d'un tiers c'était pour décharger certaines émotions, pas pour éluder des analyses de la situation, ni pour remplacer A par B.

Caoline
Il y a eu des étapes et ajustements quoi.

J'aime beaucoup ce mot d'ajustement. Oui c'est exactement cela. Une relation c'est toujours des ajustements, alors en cas de "rupture" oui ces ajustements peuvent être un peu plus complexes et douloureux que d'habitude. Et même en cas de "silence radio" plus ou moins long, le but affiché est que ce soit un ajustement (une transformation) et non un arrêt.

Tiens ce soir, à notre café poly-pop#3 quelqu'un à dit, en parlant de la partie sur la jalousie de La Salope éthique : « la jalousie perturbe la communication, alors qu'il en faudrait justement ».
Dans ma tête, j'ai tout de suite fait la comparaison avec les ruptures : une rupture en mode "silence radio" perturbe la communication, alors qu'il en faudrait justement (pour se caler sur comment opérer les ajustements nécessaires).

Bon, je vais tâcher de concilier tout ça.

Caoline
Plein de courage à toi et à elle.

Merci de penser aussi à elle. Ça me fait plaisir.

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Caoline

le jeudi 24 mai 2018 à 12h02

Caoline
en pareille situation comme en toutes, je suis partisane d'une sincérité totale. C'est sûr que ça peut être très utile de pouvoir partager ces difficultés avec quelqu'un de neutre mais je trouve que c'est aussi le rôle de la personne concernée, qu'elle ai décidé ou non de soutenir l'autre.


artichaut
Normalement je suis aussi partisan de la sincérité. Mais là ça me semble difficile… pas certain d'être d'accord : elle n'est pas la mieux placée pour me soutenir en ce moment.
…cela-dit, quand je parlais d'un tiers c'était pour décharger certaines émotions, pas pour éluder des analyses de la situation, ni pour remplacer A par B.


Oui, pour les émotions c'est clairement mieux un écoutant neutre. Par contre, souvent on me dit "je n'allais pas te faire plus de mal en te disant ce que je vivais" sauf que moi en cas de silence, j'imagine le pire donc ça serait vraiment plus cool que je ache la réalité même si elle est difficile. L'analyse de la situation, ça peut parfois attendre plus tard mais parfois, il faut que ça sorte... pour pouvoir tourner la page et continuer l'histoire.

artichaut
Tiens ce soir, à notre café poly-pop#3 quelqu'un à dit, en parlant de la partie sur la jalousie de La Salope éthique : «  la jalousie perturbe la communication, alors qu'il en faudrait justement ».
Dans ma tête, j'ai tout de suite fait la comparaison avec les ruptures : une rupture en mode "silence radio" perturbe la communication, alors qu'il en faudrait justement (pour se caler sur comment opérer les ajustements nécessaires).

Je partage totalement ce point de vue. En fait la communication est toujours importante.

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doubt

le dimanche 27 mai 2018 à 12h12

Artichaut,
Tout d'abord je te souhaite ce qu'il faut de courage pour traverser une situation qui est toujours un peu douloureuse.
Je me trouve sans doute dans la situation un peu opposée où c'est mon ex-amoureuse qui a rompu les communications (pas sur du tout qu'elle envisage des relations amicales futures dans le futur, ce qui est assez contre intuitif pour moi, mais c'est ainsi).
Bref la coupure n'a pas été annoncée et je m'en suis rendu compte par hasard quand je me suis rendu elle ne recevais plus mes messages, qui n'étaient pas d'ordre personnels mais liés à une activité que nous menions en commun.
Sans m'étendre sur les détails de mon cas personnel, il me semble que dans le cas d'une rupture de communication c'est bien de la formuler et l'expliquer à priori. En tout cas personnellement c'est ainsi qu'en face je peux mieux la vivre et la gérer.
Si tu souhaites, dans le futur, conserver des liens avec la personne peut-être pouvez-vous planifier un point d'étape (dans 6 mois par exemple) pour faire le point de là où vous en êtes et parler à nouveau de vos besoins de contacts et de silence.
Bref je dirais de la communication et à la fois du silence, si le silence t'est nécessaire.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le dimanche 27 mai 2018 à 13h26

Oui, il savoir dire "je coupe les ponts, merci de respecter mon choix"... il faut aussi savoir exprimer "laisse moi, s'il te plait".

Laisser l'autre dans l'attente, c'est cruel. Et puis, exprimer à autrui, permet de savoir où l'on se situe soi-même.

Moi ce sont les tergiversations et les inconstances qui me rongent. Cette façon que certaines personnes ont de ne pas se situer et de "jouer" avec les émotions de l'autre, des autres... ça c'est grrr !

Parfois, une coupure claire et nette, c'est mieux (tout dépend de la personne, je parle pour moi, évidemment)

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Papilio.Montrouzieri

le mardi 29 mai 2018 à 00h32

Bien d'accord avec doubt, sur l'idée de se donner une date ultérieure.
Pour dans un premier temps se retrouver soi et ainsi permettre d'établir une communication plus saine avec l'autre ( ou les autres) consécutive à cette étape de recentrage.

Je vis pour ma part, une difficulté à accepter la rupture. Ou tout du moins, ce moment où la nécessité de ne plus avoir de contact sous quelque forme que ce soit est indispensable.
Je sais rationnellement que prendre de la distance va nous permettre de réfléchir sur l'avenir de la relation, de ressentir le manque ou pas...
Mais si intellectuellement le chemin parait simple, émotionnellement cela me ravive un sentiment d'abandon.

Or, cet amour en mutation, qu'en faire?
Arriver à l'oublier??. ( ça serait trop simple..) et puis en as t-on envie réellement, concrètement?
Le transcender en amitié, oui, certainement, mais pour quel raison? Garder le lien? Espérer une reprise?
S’interroger sur ses intentions réelles et non celles pour lesquelles nous essayons, parfois, de nous convaincre.

L'idée alternative de refaire le point dans X jours,semaines ou mois. Nous permettais, sans doute, de rompre un quotidien, des habitudes plaisantes tout en en gardant le lien.
Avec pour objectif de reprendre une relation différente avec une distance salvatrice dans les affects.

Bon, comme d'hab, je ne suis pas fortiche à l'écrit.. alors n'hésitez pas à interagir, si je ne suis pas très claire.

Artichaut, courage à vous deux, pour cette démarche difficile.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Anarchamory

le mercredi 30 mai 2018 à 00h22

Bonsoir @artichaut,

Tout d'abord bon courage à toi dans ces moments difficiles. J'ai vécu ma plus difficile rupture il y a un peu plus d'un an et n'ai réussi à me détacher amoureusement qu'en décembre-janvier dernier (j'aurai mis presque un an pour faire mon deuil). Mon expérience n'est bien entendu pas universalisable mais voilà ce qui m'a aidé à avancer :

• La rupture, brutale, s'était accompagnée de plusieurs reproches que j'avais trouvé peu bienveillants et surtout injustes. Je ne sais pas si c'est également ton cas. En tout cas j'ai eu besoin de faire le point avec elle là-dessus, de m'assurer que c'était pacifié entre elle et moi, qu'elle comprenait que je n'avais rien fait de mal, pour commencer à aller mieux.

• Vu qu'à l'issue de cette mise au point elle n'était pas revenue vers moi alors que du temps était passé (la colère était manifestement redescendue) et qu'elle ne me reprochait plus rien suite à nos explications, j'ai eu besoin de comprendre pourquoi le désir n'était pas revenu. Je n'ai jamais eu de réponse claire là-dessus et j'ai l'impression qu'elle-même ignorait la réponse. Elle me disait que la crise qu'on avait traversé était à ses yeux un élément déclencheur voire un symptôme du désamour, par lequel elle en avait pris conscience, mais que ça n'en était pas la cause. Mais pour ce qui est de la cause, je demeure dans l'ignorance. Je sens toutefois que ça m'aurait aidé à aller plus vite pour faire mon deuil si j'avais pu comprendre ce qui posait problème. Pas forcément pour changer les choses car s'il s'agit de m'aliéner c'est une impasse. Mais éventuellement pour me convaincre moi-même que c'était le meilleur choix. J'aime bien comprendre ce qui m'arrive. J'ai besoin de rationaliser pour me rassurer sur le fait que le monde de l'attraction n'est pas juste un gigantesque chaos de versatilité où on peut changer de statut du jour au lendemain juste comme ça, rendant périlleux toute projection et toute construction pour l'avenir, y compris proche. Donc je ne sais pas si toi tu as pu bénéficier d'explications. Si non ça ne coûte rien de poser la question (sans insister en l'absence de réponse bien entendu). Si sa décision est ferme, réfléchie, assumée et qu'il n'est pas question d'envisager autre chose, on peut supposer qu'elle a perçu une incompatibilité à la fois majeure et sans espoir de résolution entre vous deux. Ça pourrait t'aider (le cas échéant) à comprendre que c'était objectivement le meilleur choix pour vous deux puisque s'aliéner pour plaire aux autres (quand c'est possible) est rarement une bonne idée.

• J'ai eu besoin aussi de prises de distance. J'en ai eu plusieurs. Une profonde de quelques semaines (avec blocage sur Facebook) et quelques plus légères (avec simple limitation des échanges) de quelques semaines à quelques mois. Ça m'a bien aidé à faire le vide car trop de stimuli en continu de la part de cette personne avec qui j'avais partagé des trucs forts ça me raccrochait à ces souvenirs avec une douloureuse nostalgie.

• Il y avait volonté de transformation en amitié (surtout de son côté) mais ça a été compliqué car nous n'avons pas du tout la même conception de l'amitié. Pour moi, devenir ami avec elle, je le voyais comme une sorte de rétropédalage, donc davantage un appauvrissement qu'une transformation. Il faut dire que je ne fais pas de distinction de nature entre amitié et amour, pour moi c'est juste une question de degré. La tendresse physique est une des voies privilégiées par laquelle j'exprime mon amour-amitié (je vais à présent coller les deux mots puisque pour moi c'est juste une question de degré) et par laquelle je me sens aimé. Au fur et à mesure que mon amour-amitié grandit, au fur et à mesure j'exprime un désir de proximité physique. Il m'est donc difficile de concevoir que la fin de la tendresse physique puisse ne pas être la conséquence de la fin de l'amour-amitié. Sauf si qqch rebute sur un plan physique. Ainsi, lorsque je me prends une "veste" avec une personne qui me considère comme un ami, j'ai tendance à supposer que cette personne me perçoit comme moche, qu'il s'agit donc d'un rejet de mon corps. Intellectuellement je sais que ça n'est pas forcément le cas. Mais dans mes émotions spontanées c'est ce que je ressens.

• Enfin, une dernière chose qui m'a beaucoup aidé, c'est de renouer des relations avec une forte intensité par la suite. Je pense toutefois qu'il a fallu que j'aille déjà mieux pour que ces relations soient bénéfiques. Si j'avais été encore en pleine phase de deuil, je crains que ça se serait senti et que ça aurait été préjudiciable à ces relations et donc à moi par ricochet. J'y aurais forcément cherché un palliatif au manque que je ressentais et ça n'aurait pas été très sain. Je pense que le mieux c'est d'aimer les personnes pour elles-mêmes et non dans leur propension à combler des manques affectifs...

Message modifié par son auteur il y a un an.

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artichaut

le mercredi 30 mai 2018 à 11h28

@ doubt bonheur et Diam98

oui il faut verbaliser les choses
quelque soient nos choix (rupture, silence, pas-silence…) il faut les exprimer (l'autre ne peut en aucun cas les deviner) et avec un peu de constance et de tact

et oui cette idée de date ultérieure/point d'étape me parle, tant pour la distance salvatrice dans les affects que pour la garantie de garder le lien (et là encore mieux vaut dire quelque chose, même si c'est "se voir dans 6 mois", plutôt que ne rien dire et laisser en suspends)

je vais faire ça je pense, même si ça m'oblige à reprendre contact justement (pour exprimer les choses) et qu'avec toute reprise de contact y'a le risque de raviver des blessures et/ou d'en créer de nouvelles (par un ton neutre, froid et distant, par ex), du coup la tentation est grande de ne rien faire

mais oui, exprimer (et re-exprimer de temps en temps) et conserver le (une forme de) lien est en l'occurence nécessaire

merci pour vos réflexions

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@ Anarchamory

merci pour ton message

j'y répondrais plus tard

d'une part car il m'amène des questions que j'ai besoin d'explorer avant de les livrer (ou pas) ici

d'autre part, car ça me donne envie de dire certaines choses, dont je n'ai pas encore parlé avec elle, …et je ne veux pas être dans cette chronologie là

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artichaut

le mercredi 30 mai 2018 à 11h47

J'ai eu envie de vous partager ça.
Voilà ce que je cherche à éviter, dans cette relation, comme dans d'autres.

«  Une ligne de faille s’était insinué entre nous. Elle allait s’élargissant, oh, imperceptiblement ! Elle allait engloutir dans le plus grand silence une part non négligeable du sentiment qui nous liait. À quel moment peut-on dire qu’un sentiment cesse d’exister ? Au cours de quelle cérémonie infâme l’amitié est-elle dégradée au rang de sympathie, la sympathie à celui d’indifférence ? Il n’existe aucun instrument pour mesurer l’essentiel. (…) Nous correspondions cependant régulièrement. Je lisais ses lettres comme on prend un remède, à date fixe. J’en avais besoin. Puis cela se passe toujours de la même façon. Chacun de nous a connu cela ne serait-ce qu’une fois, n’est-ce pas ? D’abord, les lettres, insensiblement, s'espacent. Vous attribuez les retards à des ennuis passagers, à un regain de tension sur le front, je ne sais pas. Ensuite, d’exception, cet espacement devient la règle. Le contenu des lettres change. Vous constatez qu’elles raccourcissent, que l’écriture se précipite vers le point final ; ah Elena, les lettres ! Elles portent en elles une méthode et illustration de l’agonie, lorsque l’on commence à lire entre les lignes qui restent. Chacun de nous a connu cela. Leur contenu évolue peu à peu ; elles se déchargent de la force qu’elles ont pu avoir et qui faisaient leur charme. (.) Le virus qui tue l’amitié à petit feu, sans raison apparente, par dilution lente, et je ne parle pas de l’amour, que ce virus peut réduire en une journée seulement, non, seulement de l’amitié. (…) Un jour, dona Elena, vous voulez réagir, mais à ce moment précis, la maladie est trop avancée pour sauver quoi que ce soit. Ce qui était une amitié est condamné. (…) Mais cela, vous ne le savez pas encore, Maria-Elena, ou vous feignez de l’ignorer ; et vous voulez réagir. Vous lancez un appel. Mais l’autre est emporté par un courant contraire, et de toute façon, les rapides couvrent votre voix. Et l’entendrait-il, il n’a plus aucune envie de revenir vers vous. C’est cela, l’objectif de ce virus : propager de l’indifférence. »

in Le Général Solitude - Éric Faye - Éd. Le Serpent à plumes 1995, pp 30-32.

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bonheur

le mercredi 30 mai 2018 à 12h10

Texte beau et intéressant.

extrait
Vous lancez un appel. Mais l’autre est emporté par un courant contraire, et de toute façon, les rapides couvrent votre voix.

Oui, et c'est usant de lancer des appels, inutilement.

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doubt

le mercredi 30 mai 2018 à 12h44

C'est un joli texte qui exprime cependant une certaine douleur et dépendance quant aux liens. Personnellement dans le domaine amical je ne ressens pas cette douleur de l'éloignement. Et si le désir de voir quelqu'un me prend je me prends par la main, mon bâton de pèlerin et vais à sa rencontre.
Dans le domaine amoureux je fonctionnement malgré tout différemment (NRE, éléments passionnels et projectifs, etc), et les choses sont un peu moins légères.

Pour revenir au sujet, je pense que personne ne peut prédire ce que peut devenir votre relation. Elle suivra sa pente naturelle. Et tes désirs et points de vus évolueront en fonction.
Ce qui peut être fait par contre c'est respecter ton désir actuel et faire en sorte que le champ des possibles reste ouvert, ne pas hypothéquer l'avenir par trop de brutalité dans les mouvements. Pour ce faire, il me semble qu'il faut ménager les gens, toi et elle.
Toi en prenant la distance qui peut t'être nécessaire si c'est le cas, elle en lui donnant les éléments dont tu es capable pour qu'elle puisse vivre les choses au mieux.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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