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Polyamour et infidélité (encore !)

Bases
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Watson

le mercredi 10 janvier 2018 à 22h48

On voit régulièrement sur le forum une personne ayant trompé son partenaire, souhaitant transitionner vers le polyamour et vivre heureux tous les trois.

Certains compatissent. D'autres s'agacent que le polyamour et la tromperie soit encore associé. Certains conseillent une communication avec plus ou moins de mensonge (faire accepter le polyamour puis présenté le.a maître.sse comme une nouvelle relation, confesser et parler de polyamour après avoir réparer la confiance dans le couple, parler de tout d'un coup, laisser traîner un livre sur le polyamour,...). Des fois ce sont des gens qui se reconnaissent dans le polyamour mais n'avaient jamais envisager l'idée. Ou d'autre fois on remarque que la personne aimerait que son conjoint accepte cette aventure (puisque c'est de l'amour), mais refuse que le conjoint aille ailleurs (ce serait pas pareil...) Bref pleins de cas.

Dans tous les cas (questions éthiques à part qui ont été souvent abordées), il est souvent convenu que commencer le polyamour par de la tromperie, bah ça fonctionne pas bien pour le couple et l'amant. Mais je me demandais, avez vous déjà vécu, croisé, ou entendu parlé, de A et B monogames, B trompe A avec C, et finissent tous les trois dans une relation polyamoureuse qui fonctionne ?

Désolée de ramener sur le tapis ce sujet qui a été souvent abordé. S'il y a un post qui répond à cette question précise, je ne l'ai pas trouvé, désolée !

PS : merci pour ce forum et vos accompagnements :)

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artichaut

le jeudi 11 janvier 2018 à 00h00

Bonjour Watson.

Quitte à lancer un sujet sur un thème évoqué dans d'autres fils, je trouverais ça bien de citer quelques un des fils en question (par ex. ceux dont tu parle dans ta première parenthèse). Ça fait du lien thématique entre les articles, dans la toile de ce site. Moi j'aime bien. (t'as droit à 3 liens par post)

Et pour répondre un peu a ta question quand même. Dans mon histoire perso, tromperie a toujours entrainé rupture (à plus ou moins long terme) avec l'une ou l'autre personne (l'amant.e ou la personne trompée).

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gdf

le jeudi 11 janvier 2018 à 12h58

Pour reprendre tes lettres, si je suis B, j'ai trompé A avec C. Beaucoup plus tard (des années) j'ai parlé à A de polyamour et ai avoué ce qui s'était passé avec C.
Beaucoup plus tard (des années), A et moi avons, en même temps, d'un commun accord, entamé des relations secondaires, devenant polyamoureux en pratique.
Plus tard (un an), j'ai revu C et passé quelques nuits chez elle.
Aujourd'hui, A et moi sommes "dans une relation polyamoureuse qui fonctionne" (pour l'instant !) et je suis toujours en contact avec C, même si nous sommes plutôt du côté ami qu'amoureux.

Je ne généralise pas, c'est mon cas perso, difficile de faire des statistiques...

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artichaut

le jeudi 11 janvier 2018 à 14h03

Le "Beaucoup plus tard (des années)" y a sans doute été pour quelque chose. Ainsi que le fait de révéler la tromperie quand celle-ci n'est plus active (et de ne pas le faire pour la réactiver illico).

Pour redire ce que j'ai dit avant, mais avec les lettres : dans mon vécu, B (que ce soit moi ou pas) à toujours rompu avec A ou C, ou les deux (et que A et B soient mono ou non-exclusifs n'a pas changé la donne quand C était mono).

Mais oui, il y a forcément des cas où ça à fonctionné. Ce serait intéressant de lire (voire même de lister) des fils évoquant de tels cas qui finissent "bien" (à condition que les personnes venues demander de l'aide, soient revenus ultérieurement donner des nouvelles). Si certain.e.s ont la mémoire de ces fils…

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Ludolie (invité)

le dimanche 14 janvier 2018 à 01h09

Bonjour,
Je suis ce forum depuis quelques temps et pour une fois, j'ai l'impression de pouvoir apporter quelque chose :-)

Je vis exactement la situation décrite. Après 7 ans de relation et un petit garcon ensemble, j'ai trompé mon compagnon avec un autre homme. J'ai souhaité quitter mon compagnon, mais finalement au cours de la rupture je suis revenue sur ma décision. Je lui ai avoué à ce moment là ma tromperie.
Il a réagit de manière inattendue, en me pardonnant immédiatement.
Le lendemain, je lui ai simplement et de manière sincère et naïve, demandé "et qu'est-ce que je fais si je n'arrive pas à désaimer cet autre homme?"
Il s'en est suivi une longue discussion où je lui ai dit que je pensais être capable d'aimer 2 hommes à la fois. Je n'en étais pas sure moi-meme mais je voulais essayer, et je voulais qu'il me laisse essayer, et je voulais qu'on essaye (les 3 nuances sont importantes^^). Il a encore une fois été surprenant en acceptant rapidement.
Nous sommes donc rentrés de cette façon dans les relations parallèles, sans conceptualiser le polyamour a priori, mais simplement en essayant de vivre quelque chose qui nous correspondait. En tout cas, qui nous rendrait bien plus heureux que pendant les années précédant cette rupture de quelques heures.
Aujourd'hui, 8 mois plus tard, je suis toujours amoureuse de ces 2 hommes, je poursuis ma relation avec les 2, mon compagnon s'est essayé lui aussi a une autre relation (il tâtonne encore beaucoup de son côté, il a peur de développer des sentiments trop forts). Mes 2 amoureux se connaissent, nous nous voyons d'ailleurs de temps en temps tous les 3.
Voila toute l'expérience naissante que je peux avoir du polyamour, mais en tout cas vous souhaitiez avoir un témoignage d'un polyamour qui fonctionne né d'une tromperie, en voilà un. Il faut dire que tous les 3 nous avons été de très bonne volonté, ouverts, et mon compagnon et moi avons découvert à cette occasion l'ultra communication. C'est uniquement cela qui fait que ça marche pour nous, je pense.
Finalement quand j'y pense, ce qui a révolutionné notre couple, ce n'est pas le polyamour, c'est la communication. Ça a l'air un peu con dit comme ça, mais il y a tellement de couples autour de nous qui ne communiquent jamais vraiment...

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calinou696

le dimanche 14 janvier 2018 à 07h31

merci pour ton retour
encore une fois, oui, la communication, primordiale, indispensable, a tout couple, poly ou non.

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bonheur

le dimanche 14 janvier 2018 à 09h40

Ludolie
Voila toute l'expérience naissante que je peux avoir du polyamour, mais en tout cas vous souhaitiez avoir un témoignage d'un polyamour qui fonctionne né d'une tromperie, en voilà un. Il faut dire que tous les 3 nous avons été de très bonne volonté, ouverts, et mon compagnon et moi avons découvert à cette occasion l'ultra communication. C'est uniquement cela qui fait que ça marche pour nous, je pense.
Finalement quand j'y pense, ce qui a révolutionné notre couple, ce n'est pas le polyamour, c'est la communication. Ça a l'air un peu con dit comme ça, mais il y a tellement de couples autour de nous qui ne communiquent jamais vraiment...

Je suis heureuse pour vous trois... un beau dénouement. Je dirais en effet que c'est plus le chemin commun parcouru qui est important. Un chemin de soi à soi et surtout une dynamique commune.

L'incompréhension de départ qui créé un déclic et je suppose, ce qui amène à vouloir l'honnêteté, l'incapacité à continuer dans le mensonge. Il faut que ça explose (avec détonation ou calmement) intérieurement. Il faut une remise en cause. Le fait que ton compagnon pardonne rapidement et posément. Je ne pense pas que ce serait le cas de toutes les personnes qui se découvrent trompées. Je sais que moi, ça ne serait pas digéré facilement. Non pour l'acte lui-même mais pour la tromperie elle-même. J'aurai cette désagréable impression d'avoir été prise pour ce que je ne suis pas : une conne incompréhensive (les deux séparés).

Puis-je me permettre une question : combien de temps a duré cette tromperie ?

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Ludolie (invité)

le dimanche 14 janvier 2018 à 09h56

Elle a duré 1 mois.
J'ai été malheureuse dans mon couple bien plus en amont.
Je pense qu'il a pardonné rapidement parce qu'il a pris conscience de son comportement avec moi (un comportement... de con incompréhensif, ce qu'il était devenu avec le temps).

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bonheur

le dimanche 14 janvier 2018 à 11h03

Merci Ludolie pour ces précisions, elles ont, je pense, un impact important dans la compréhension de la situation.

Je suis désolée de cela et heureuse que vous ayez trouvé le chemin vers plus de considération et de transparence. Je suppose que tu étais en difficulté face à cette tromperie. 1 mois c'est vraiment long dans ces cas là, je dirais. Moi ce fut quelques jours et dans une "tromperie" affective (ce qui n'excuse rien). Mon hic était de m'exprimer à mon mari (mon amoureux était à 400km alors, quand j'ai fait les démarches à l'un puis à l'autre). C'est un témoignage de début de polyamour où chacun-e a navigué dans le brouillard.

Pour la seconde fois de ma vie j'étais effondrée. La première fut l'annonce à un amour que j'allais me fiancer. Cette lettre fut un cauchemar à écrire, un réel cauchemar. L'acceptation de mes fiançailles fut à la fois une joie immense et sincère ET un réel crève coeur. L'un n'a pas "compensé" l'autre. Je faisais l'ascenseur émotionnel. Etait-ce parce que j'étais jeune, ou trop "moulée" mais j'ignore pourquoi je n'ai pas réagi à l'époque ? Je n'aurai jamais la réponse à cette question. Un mélange des deux sans doute. Ce n'est pas un témoignage lié au polyamour, mais un témoignage lié à la connerie humaine et au reniement de soi.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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bonheur

le dimanche 14 janvier 2018 à 11h11

Pour répondre à Watson, c'est l'acceptation du comportement adultère qui m'agace et le dénie de la réalité. Pour affronter un comportement, il faut avoir conscience de ce comportement et de ses conséquences. Je lis peu souvent une réelle remise en question de soi et si le fait de dire à quelqu'un qu'il a agit comme un con est de la malveillance alors que c'est du dénie, c'est de l'agacement, alors oui, je m'agace.

Je pense que ce n'est pas en minimisant, en relativisant ou autres que l'on se regarde en face.

On est humain et donc faillible, ok. alors commencé par cela. Reconnaitre que l'on a été un connard (ou une connasse), faire le point là-dessus (et là pas besoin d'internet, c'est un travail personnel) et ensuite parler d'une suite possible.

C'est ma démarche en tout cas. Regarder en face l'acte et s'il faut prendre sa vérité dans la figure (je reste polie), alors la prendre et la digérer individuellement. Passage obligé à une évolution différente.

Etre aussi intransigeant avec soi-même est important. Ne pas toujours tout laisser couler par amour non plus. J'ai été conne parfois et je me suis fustigée. J'ai indiquer aussi la connerie à certains de mes amours, et sans détour. Ce n'est pas en prenant des gants qu'on avance.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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artichaut

le dimanche 14 janvier 2018 à 12h11

Oui, il est très important qu'il y ai surce forum des histoires positives. C'est encourageant. Ça donne des exemples de manières de faire, etc.

Ludolie
Je n'en étais pas sure moi-meme mais je voulais essayer, et je voulais qu'il me laisse essayer, et je voulais qu'on essaye (les 3 nuances sont importantes^^)

ça me plaît beaucoup comme façon de dire les choses

nuances très importantes en effet…

se placer à un niveau de compréhension et d'enjeux, pas seulement auto-centré, ni centré sur l'autre, ni centré sur la seule "relation"

essayer de concilier les points de vue et les manière d'avancer

Ludolie
Il faut dire que tous les 3 nous avons été de très bonne volonté, ouverts, et mon compagnon et moi avons découvert à cette occasion l'ultra communication.

Qu'entends-tu par l'ultra communication ? Peux tu préciser, détailler ? "ultra communication" me renvoie plutôt à un imaginaire internet/marketing/flux-tendu, et donc finalement à un truc plutôt individualiste-chacun.e-dans-sa-bulle.

La théorie c'est bien (tout le monde le dit, il faut "communiquer") mais dans les faits ça se passe comment ?

Avez-vous utilisé des outils ?

Comment se sont opérées les remises en question ? Es-tu revenu sur des décisions (à part renoncer à la rupture), as-tu ralenti certaines choses ? Comment avez-vous réglés les désaccords (il y en a forcément eu…) ? Quel rôle a eu le metamour dans l'histoire (vis à vis de toi d'abord, mais aussi vis à vis de lui-même, de votre relation à 2, de ton primo-compagnon, de leur relation à 2, de votre relation à 3, etc… pour reprendre tes distinctions en les étendant à l'ensemble des connexions) ? Est-ce de voir clairement ainsi les choses, dans leur (fausse) complexité qui a permis d'avancer ? (je dis "fausse complexité" car accepter la complexité et la détailler ainsi, permet de la rendre au contraire bien plus limpide, et donc moins "complexe", car plus facilement appréhendable)

Ce qu'il me semble entendre dans votre histoire, c'est une suite d'enchaînements de comportement étonnamment positif (et non conventionnels) qui sans doute s'entraînent, s'encouragent l'un l'autre, développe la confiance mutuelle et l'émulation positive.

Et j'en reviens à cette importance qu'il y ai sur ce forum le récit de telles histoires positives (avec ou sans tromperie, du reste).

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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artichaut

le dimanche 14 janvier 2018 à 12h53

Et une petite histoire me concernant (pas très positive malheureusement) :

J'étais en couple exclusif de fait depuis 4 ans, et classiquement, on habitait ensemble. On avait, si je me souviens bien, juste énoncé un truc pseudo-libre du genre "peu m'importe que tu ai des histoires brèves, loin d'ici" et "pas nécessaire de s'en parler dans ce cas", pour le reste la relation était basée sur la sincérité. Dans les faits c'était du mono exclusif (en tous cas pour moi, pas un seul écart en 4 ans).

Un jour elle m'annonce avoir couché avec un autre gars (dans la même ville). J'accepte immédiatement, no problème. Elle veut continuer avec lui. C'est plus dur à entendre, mais ok. Le sexe avec lui est très différent et plus sauvage qu'avec moi. C'est encore plus dur à encaisser (difficile de ne pas entendre un "mieux qu'avec toi"), mais je fais bonne figure. Au passage tout le monde (metamour, potes, psy) lui avait dit de ne rien me dire (?!) alors que notre relation était basée sur la sincérité. Heureusement elle me l'a dit (et rapidement). Je n'ai pas considéré ça comme de la tromperie, et j'ai accepté immédiatement. Ça aurait pu être le début d'une belle histoire poly, comme Ludolie, mais non.

Déja que le metamour lui conseille, lui aussi, de ne rien me dire, ça passe mal. Mais de surcroît il impose le sexe sans capote et là ça passe encore plus mal (pas question de faire confiance par procuration, à fortiori avec un mec qui baise jamais avec capote). Et que tout le monde, avec cette donnée là, lui conseille de ne me rien me dire (bande de connards !) ne passe pas du tout. Mais heureusement elle ne les a pas écouté, et dès que j'ai eu envie de faire l'amour avec elle, elle m'a tout avoué. Du coup j'ai dit "ok" (sous-entendu on reste ensemble, j'ai pas du tout envisagé de séparation) …"mais tant que tu coucheras avec lui, nous on ne partagera plus de sexe (pas envie que ce soit moi qui soit forcé de mettre une capote !), puis si un jour vous arrêtez, tu fais un test vih, et 3 mois après, ok, on peut recommencer." …quelques mois plus tard on a fini par se séparer. Elle a très mal vécu mon refus de partager du sexe désormais (juste on dormais encore ensemble, mais de mémoire il n'y avais même plus de tendresse). Et moi-même, je vivais la situation plus mal, que je voulais bien me l'avouer.

Bien des années après, j'ai réussi à m'avouer à moi-même que ma fierté avait été blessée et mon comportement finalement plus lâche que courageux : j'ai tout fait (mise a distance, refus de tendresse, pas d'empathie) pour que ce soit elle qui me quitte. Ça me permettait de rester fier et garder "le beau rôle" sur toute la ligne.

Je me suis aussi rendu compte, plus tard, que j'étais frustré sexuellement. Que j'avais à l'époque envie de vivre d'autres relations, mais que je m'en empêchais (par souci de fidélité) et que ça me faisait du mal.

Et je n'avais pas a l'époque cette capacité à communiquer, à parler facilement de la relation. J'étais même plutôt très bloqué sur le sujet et prétextais que "ça ne m'intéresse pas". En vrai, parler de mes sentiments (ou écouter ceux de l'autre) ça me faisait flipper. Et par ailleurs c'était aussi une construction ultra genrée, mais je ne le savais pas à l'époque. Depuis qu'une amoureuse féministe, des années après, m'a débloquée sur le sujet (non sans mal !), je ne peux plus m'en passer.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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bonheur

le dimanche 14 janvier 2018 à 19h43

Question MST, il n'y a pas à tortiller. La protection est essentielle et se protéger si l'autre n'est pas en accord avec cela. Par contre, l'encouragement du mensonge que tu décris, artichaut, ça me sidère. Il y a vraiment du boulot à faire !

Un jour un collègue de boulot m'a lancé : "tu te rend compte, tu aimes quelqu'un d'autre que ton mari ET EN PLUS tu le dis" Sans commentaire (ou alors cent commentaires)

Dans une séparation, il n'y a pas un coupable mais une interaction qui prend fin. Ce n'est pas de la faute à l'un ou l'autre, mais une réciprocité qui est devenue invivable.

L'important étant l'évolution mais surtout la volonté d'avancer pour soi, en lien avec autrui.

Entre endormi et se réveiller, surtout ne pas se rendormir. Devenir enfin vivant !

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Ludolie

le dimanche 14 janvier 2018 à 23h44

artichaut

Qu'entends-tu par l'ultra communication ? Peux tu préciser, détailler ? "ultra communication" me renvoie plutôt à un imaginaire internet/marketing/flux-tendu, et donc finalement à un truc plutôt individualiste-chacun.e-dans-sa-bulle.

La théorie c'est bien (tout le monde le dit, il faut "communiquer") mais dans les faits ça se passe comment ?

Avez-vous utilisé des outils ?

Comment se sont opérées les remises en question ? Es-tu revenu sur des décisions (à part renoncer à la rupture), as-tu ralenti certaines choses ? Comment avez-vous réglés les désaccords (il y en a forcément eu…) ? Quel rôle a eu le metamour dans l'histoire (vis à vis de toi d'abord, mais aussi vis à vis de lui-même, de votre relation à 2, de ton primo-compagnon, de leur relation à 2, de votre relation à 3, etc… pour reprendre tes distinctions en les étendant à l'ensemble des connexions) ? Est-ce de voir clairement ainsi les choses, dans leur (fausse) complexité qui a permis d'avancer ? (je dis "fausse complexité" car accepter la complexité et la détailler ainsi, permet de la rendre au contraire bien plus limpide, et donc moins "complexe", car plus facilement appréhendable)

J'entends qu'on est passés de "t'as repassé mes chemises chérie?" à "je sens que nous avons besoin d'autres bases pour reforger une relation amoureuse satisfaisante pour nous 2, si on en parlait?".
De regarder la télé chaque soir sans se parler. à passer des heures à discuter dehors sous les étoiles.
De ne pas se confier ses peurs, ses doutes, ses craintes, ses satisfactions, à tout partager, ce qui est facile comme ce qui pourrait faire mal.
Et du coup, de faire semblant. à être soi.
On partait tellement de 0 que pour moi, c'est de l'ultra communication. Une introspection des plus totales.

J'avoue qu'un tel changement peut paraître étrange, à moi aussi d'ailleurs, quand on connaît mon compagnon. Il a m'a avoué après coup qu'il avait toujours eu envie de séduire d'autres femmes (je ne parle pas de polyamour là, mais d'un point de départ qui pourrait y mener, c'est à dire petit à petit comprendre qu'il n'y a pas nécessité à quitter sa compagne si on développe des sentiments pour d'autres personnes - sauf à ce qu'il n'y en ai plus entre le couple)

Quelques éclairages, donc, sur nos situations.
Mon compagnon L. au moment de la rupture, était déjà dans une phase de compréhension de lui-meme avec l'aide d'un médecin. Je pense que c'est une des raisons qui ont fait son acceptation et sa remise en question. La mienne est venue un peu apres (j'ai par exemple essayé et réussi à dépasser cette envie de """vengeance""" que j'avais envie de lui faire subir, c'est à dire que pendant quelques semaines, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que, quand même, il n'était pas encore assez à mes pieds en compensation de ces années difficiles précédant notre rupture).

En fait quand je prends un peu de recul, on a eu plein plein d'obstacles à passer pour arriver là où nous en sommes aujourd'hui : mise en place de règles, 1ère nuit en dehors de la maison, non respect des dites règles, abolition de certaines règles, 2 ou 3 mensonges debiles par peur de faire souffrir, pardon mais ressentiment quand même, véritable pardon ensuite, etc etc
Chemin semé d'embûches en quelque sorte.

Quand à nos liens entre toutes les parties prenantes, j'y ai été très doucement (j'emploie "je" car c'est un gros travail d'explication que j'ai eu à faire). Il a fallu avouer à mon compagnon qui était cet autre homme (pour ne rien simplifier, G est ... un ami commun), apprendre à se comporter ensemble dans cette nouvelle configuration. À vrai dire, il est très difficile d'expliquer comment on a réussi à faire que tout ça fonctionne. On a fait étape par étape. Il y a des choses auxquelles je n'ai pas participé (quand L a appris qui était mon autre amoureux, il a été surpris mais pas surpris, un peu déçu puis compréhensif - G est un homme foncièrement bien - puis ils ont décidé de se voir tous les 2 pour discuter de tout ça), d'autres que j'ai initié (nos moments intimes tous les 3).
En fait, j'ai tout le temps mis en parallèle un peu de théorie polyamoureuse et notre réalité. Mon leitmotiv c'est "pourquoi pas? Pourquoi ça ne pourrait pas marcher?"

Et puis j'explique et je reexplique que la seule raison qui pourrait faire que notre couple s'éteint, c'est si on arrête d'y faire attention, pas à cause de l'arrivée d'autres personnes dans nos vies. Nos cœurs grandissent au fur et à mesure.

Et petit à petit, on arrive à y croire vraiment. C'est bien de l'émulation positive

Aujourd'hui, nous n'avons pas la même vision de ce que pourrait être le polyamour dans nos vies, mais cette différence ne nous sépare pas, car on sait qu'elle est fluctuante.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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artichaut

le lundi 15 janvier 2018 à 01h56

@bonheur

Moi aussi ça m'a sidéré, et ça me sidère encore, qu'un psy (psychiatre/psychanaliste en l'occurence) s'autorise à inciter sa patiente au mensonge… (à limite lui était p-être pas au courant pour les histoires de capote, mais même).

Je ne la, ni me considère comme coupable, mais je me dis qu'aujourd'hui je saurais mieux gérer une telle situation, et que ça ne ménerai pas fatalement à une rupture.

@Ludolie

Bravo pour l'inscription et donc bienvenue !

Merci beaucoup pour ces précisions (ça fait un peu moins "histoire incroyable" mais ça la rend d'autant plus humaine justement). Et ça n'en fait pas moins, ce que Watson demandait, une histoire de tromperie qui finit bien.

Étonnant que malgré "ces années difficiles précédant notre rupture" tu sois revenue alors. Sans doute qu'il y avait autre chose, et/ou que tu as sentie que des choses étaient en train de bouger de son côté.

Ludolie
j'explique et je reexplique que la seule raison qui pourrait faire que notre couple s'éteint, c'est si on arrête d'y faire attention, pas à cause de l'arrivée d'autres personnes dans nos vies.

Tout à fait !

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Ludolie

le lundi 15 janvier 2018 à 08h11

artichaut

Étonnant que malgré "ces années difficiles précédant notre rupture" tu sois revenue alors. Sans doute qu'il y avait autre chose, et/ou que tu as sentie que des choses étaient en train de bouger de son côté.

Tout à fait !

Je suppose que mon amour nˋetait pas totalement mort, il restait une toute petite flamme vacillante.
je suis revenue sur ma décision parce qu'il a eu une reaction inattendue, en me disant qu'il avait été tellement con qu'il comprenait que jˋai cherché quelque chose ailleurs. Nous avons un petit garcon ensemble, et meme s'il ne s'en est servi à aucun moment comme raison de rester, je me suis dit que nous lui devions d'essayer.
Et puis comme je lˋai dit, il a fait tres tres rapidement ensuite une remise en question des plus totales, et mes sentiments pour lui sont revenus tres tres fort.

Pardon, j'ai oublié une chose importante : je n'avais pas décidé de quitter L. pour G. d'une part parce que j'avais déjà quitté quelqu'un pour quelqu'un d'autre dans ma vie, et que ce n'est pas une bonne idée à mon sens. Et puis aussi parce que G n'est pas libre.

Et enfin, pour montrer à quel point tout le monde y a mis du sien, lorsque je suis revenue sur ma décision de rupture avec L. j'ai promis d'arrêter ma relation avec G (1ère réaction de L, que j'ai trouvé tout à fait légitime). J'ai donc prévenu G, qui a accepté les choses avec plus ou moins de défaitisme. Puis quand le lendemain je lui ai dit que finalement je pouvais continuer à le voir, il a accepté la nouvelle situation.
Je dirais que mes 2 amoureux ayant vraiment beaucoup d'amour pour moi, ils se sont adaptés à ce que je leur ai demandé. Puis ensuite c'est moi qui ai rassuré tout le monde (moi y compris ^^) sur la possibilité que tout cela fonctionne.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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bonheur

le lundi 15 janvier 2018 à 09h26

Tu dis que G. n'est pas disponible. Qu'entends tu par là ?

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Merlyn

le lundi 15 janvier 2018 à 09h41

Parlons de mon expérience passée.

Debut 2010, j'entame une relation avec E, que j'ai connu sur un site de rencontre pour personnes rondes. De son coté, la relation n'était pas exclusive, du coup, je me suis permis de mon coté de continuer à chercher mon "âme soeur" puisque j'étais alors plus ou moins monogame. J'ai fais la connaissance de V lors d'une soirées entre membres de ce site et nous avons échangé par SMS pendant quelque temps. En effet dans les deux cas, mes relations avec V et E étaient à distance, l'une étant dans le nord de la France et l'autre dans le sud.

Quand E a voulu que notre relation devienne exclusive, j'étais déjà sentimentalement (mais pas charnellement) impliqué avec V, et quand V est venu me voir au début de l'été, le week-end a été très...passionnel. D'ailleurs, je dois dire à ce jour, sans que j'ai la moindre explication, que nos ébats sont ceux encore à ce jour qui m'ont procuré le plus de plaisir physique et émotionnel...

Du coup, moi qui voulait être fidèle, je me suis retrouvé de nouveau coupable d'infidélité, d'ailleurs ma meilleure amie à l'époque m'a dit "coucher avec elle une fois dans le week-end, ça aurait pu etre une erreur, mais 10..."

Et l'idée la plus con que j'ai eu c'est d'essayer de les présenter sans dire à E que j'avais déjà couché avec V plusieurs fois et plus qu'avec elle, parce que E m'avais dit plusieurs fois qu'elle était bisexuelle.

Le pire c'est que l'idée a fonctionné, pendant plusieurs mois...

A ce moment-là, aucun de nous 3 ne connaissait le concept "polyamour" ou "polyamorie", c'est début 2011 au moment où je décidais de faire ma vie à Lille pour me rapprocher de E (un peu beaucoup sous son influence tout de même) qu'une de mes amies proche m'a parlé de ce concept en me disant qu'elle espérait que ni E ni moi-même ne nous servirions de V comme d'une Licorne, bon, elle a pas utilisé ce terme en fait, mais j'ai appris entre temps ce que ça voulait dire. Mon amie proche appréciait plus V que E en réalité mais ne m'a rien dit car elle ne voulait pas m'influencer.

Nos débuts lillois ont été géniaux, V est venu pendant le déménagement et est resté avec moi pendant deux semaines...j'étais aux anges. E venait moins mais semblait contente. Puis après le départ de V, E a fini petit à petit par essayer de me faire comprendre qu'elle-même allait rompre avec V, ce qu'elle a fait.......par sms après la saint-valentin...oui, pas classe du tout...V me l'a dit et elle semblait choqué, surtout qu'elle nous avait envoyé à tous les deux des cadeaux pour la saint-valentin 2011 (et pas nous :( ).

J'aurais du me douter à ce moment-là qu'il y avait anguille sous roche mais bon, après tout, j'avais pas été honnête moi-même avec E donc...j'ai laissé faire...

Notre trio a continué à se déteriorer jusqu'en juillet. Puis V a laché l'affaire et moi j'ai rompu avec E en octobre...tout en lui disant la vérité sur mes débuts avec V.

J'ai tenté de reconquérir V car j'étais fou amoureux d'elle et au début ça a marché...mais un autre homme est arrivé et je me retrouvais à mon tour le numéro 2 d'un trio...comprenant dans la douleur ce qu'elle avait subi. Elle a fini devant une pression que je lui ai infligé (lui demandant de choisir en décembre lorsque je suis venu la voir pour la dernière fois) par choisir l'autrer et j'ai mis beaucoup de temps à m'en remettre. Ca combiné au décès de mon père début 2012 et j'ai passé une bonne partie de 2013 en hôpital psychiatrique puis en hôpital de jour...

V et moi nous sommes reparlée via un forum ou nous étions tous les deux inscrits fin 2014 et nous nous sommes mutuellement pardonnées nos erreurs, Depuis, elle est marié à cette homme et j'ai fini par couper les ponts avec elle très récemment quand j'ai appris qu'elle était enceinte de lui. Apparemment, la douleur ne s'était pas complètement refermé comme je m'en étais persuadé.

Tout ça pour dire que ma toute première expérience (et unique d'ailleurs) à ce jour de polyamour ne s'est pas bien terminé parce que chaque partie n'a pas été éthique avec les deux autres :
- j'ai trompé E d'abord dans le cadre d'une relation mono puis je lui ai menti sur V
- E n'a proposé cette relation à 3 que pour raffermir sa position sur moi
- V au départ ne voulait qu'une chose, que je lui fasse un enfant "accidentellement" puis est tombée amoureuse en cours de route de moi et a tout accepté quitte à renier sa fierté, pour etre avec moi. (je ne l'ai appris qu'après).

Donc pour moi tromper puis vouloir créer une relation poly après pour "effacer" cette tromperie, ce n'est pas la solution.

Après, peut etre que pour d'autres, ça a fonctionné...

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Profil

Ludolie

le lundi 15 janvier 2018 à 10h13

bonheur
Tu dis que G. n'est pas disponible. Qu'entends tu par là ?

Il est marié, donc adultère avec moi.

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Profil

bonheur

le lundi 15 janvier 2018 à 10h15

Comme tu le sais Merlyn, je ne peux comprendre les histoires de tromperies. Toutefois, je trouve que tu culpabilises. Le fait est, que pour toi, peut être, il n'y aurait pas fallu chercher à "effacer" mais plus au contraire à "affronter".

Tu n'as pas besoin des deux autres protagonistes pour faire ce travail. Prendre une porte dans la gueule, ça n'est pas agréable, mais c'est parfois nécessaire.

Dans le cas de Ludolie, la réalité a été regardée en face. C'est peut être ce qui a pu permettre ensuite de pérenniser dans de bonnes conditions ?

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