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Polygynie… Le polyamour dans un seul sens ?

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Aletheia

le mardi 03 avril 2018 à 22h24

Bonjour à toutes et à tous !

Je suis nouvelle sur ce forum qui est une mine d’informations, c'est un vrai plaisir de lire les histoires et questionnements de chacun(e) :)
J’aimerais vous exposer ma situation et les problèmes que je rencontre pour ouvrir mon couple à d’autres partenaires. Je n’ai pas trouvé beaucoup de situations similaires à la mienne en parcourant les différents sujets, donc je me lance en espérant que vous pourrez m’éclairer à la lumière de vos expériences.

J’ai 25 ans, je suis en couple depuis plus de deux ans ans avec C. (31 ans). C’est ma première relation amoureuse, ce qui n’est pas le cas de C. Il a été déçu à plusieurs reprises par le modèle de couple traditionnel, dans lequel chacun "appartient" à l’autre, se conforme sans s'en rendre compte aux besoins de son partenaire, et finalement, s'oublie dans la relation.
Nous nous aimons profondément, nous avons envie de faire grandir au mieux une relation dans laquelle nous pourrions développer notre individualité, avec le soutien et l'amour de l'autre. Cette citation (de N.D Walsh) représente bien notre idéal relationnel: "Le but de la relation n'est pas d'avoir quelqu'un d'autre qui pourrait te compléter, mais d'avoir quelqu'un d'autre avec qui tu pourrais partager ta complétude".
Autrement dit, la relation principale, c’est celle que nous entretenons avec nous-mêmes, la relation avec l’autre est d’abord le moteur de notre croissance personnelle, on s’entraide beaucoup dans l'exploration et le développement de notre Soi respectif. Le polyamour serait donc tout à fait en adéquation avec cette philosophie.

Il y a quelques mois, une jeune femme avec qui C. avait flirté avant de me connaître est réapparue dans sa vie, elle lui a avoué qu’elle était encore amoureuse de lui. Il n’est pas insensible à son charme et m’a dit qu’il a aussi des sentiments pour elle, sans que cela ne change rien à l’amour qu’il me porte. Je le crois, je l’encourage à développer cette relation. J’ai confiance en lui et en ses sentiments, je sais qu’il prend tout cela avec beaucoup de sérieux et de respect pour moi et cette autre femme. Dans un même temps, je ne suis pas naïve et je suis consciente que cela pourrait potentiellement destabiliser notre couple et réveiller en moi un sentiment de grande insécurité. Nous communiquons beaucoup à ce sujet, il comprend mes inquiétudes et se montre très rassurant.

Là où cela coince pour moi… C’est que de son côté, il n’est pas prêt à accepter le fait que je développe des relations amoureuses avec d’autres hommes, il ne peut garantir la façon dont il réagira émotionnellement à cette situation. Il a peur que cela lui coupe l’envie d’être mon partenaire et que cela brise notre relation telle qu’elle existe aujourd’hui. S’il se passe quelque chose avec un autre homme de mon côté, il préfèrerait alors ne rien savoir. Il ne sait pas si son point de vue sur cette question changera un jour.
C. me dit qu’il y a un désir sous-jacent, peut-être de l’ordre de l’inconscient, de domination, un désir de possession. Dans la vie, c’est quelqu’un de très doux et attentionné, pas du tout macho, il me "laisse" très libre et apprécie mon indépendance.

Pour l’instant, je n’ai aucune envie d’être avec quelqu’un d’autre, mais cette asymétrie me gêne, par principe. Dans le cas où j’aurais un jour l'envie de développer une autre relation amoureuse (ce qui n’est pas improbable), cela serait frustrant et douloureux pour moi de garder cette liaison secrète, voire de me retrouver à choisir entre les deux, alors même que C. serait libre d’avoir une ou plusieurs autre(s) partenaire(s).

Je me sens perdue. Alors que C. est sur le point de développer une relation amoureuse avec cette autre femme, je fais beaucoup d’efforts pour surmonter mes sentiments de jalousie et d’insécurité, dépasser la notion d’exclusivité propre à une relation monogame. Je comprends et je respecte le fait qu’il ne soit pas émotionnellement prêt à faire de même, je ne veux rien lui imposer, mais en même temps, lui m’impose une limite, un cadre implicite ("tu peux, mais je ne veux rien savoir, si je le sais, je ne garantis rien de ma réaction"). Si je ne le vis pas mal pour l’instant, j’ai quand même peur de ressentir de l’amertume et du ressentiment contre lui sur le long terme.

Est-ce que je devrais "imposer" une symétrie dans une relation polyamoureuse débutante ? Est-ce que je devrais lui demander, par principe, de ne pas développer la relation avec cette autre femme tant qu’il ne sera pas prêt à me laisser aussi libre de ce point de vue-là ? Pensez-vous qu’il y ait des règles implicites d’équité dans une relation polyamoureuse, d’un point de vue moral, éthique..?
Avez-vous déjà connu une situation similaire ?

Nous allons demain soir à une réunion entre personnes polyamoureuses, lui comme moi avons besoin d’en discuter avec des personnes "expérimentées".

Un grand merci pour m’avoir lue, et d’avance merci pour vos partages d’expériences et conseils :)

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Siestacorta

le mardi 03 avril 2018 à 22h38

Aletheia
Pensez-vous qu’il y ait des règles implicites d’équité dans une relation polyamoureuse, d’un point de vue moral, éthique..?

Oui.

Et c'est pas implicite, parce que si c'était de la polygynie, on l'appellerait comme ça.

Dans les définitions que tu trouveras sur le site, sur wikipedia ou ailleurs, on dit souvent que le contenu de la relation est une question d'accord entre les partenaires, mais on te dit jamais que le sexe d'un partenaire à une quelconque importance pour décider qui bénéficie de quoi.

Et si yen a un qui peut s'il veut, et l'autre qui peut pas parce que c'est ce que l'autre lui demande, alors le consentement (qui fait que cette relation est "assumée" par les deux) est faussé.
Après il peut y avoir une asymétrie dans les relations en plus, mais l'installer comme une nécessité pour soi et pour l'autre ?
Pas la peine de l'appeler polyamour, puisque le choix de non-exclusivité n'est pas offert aux deux.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Siestacorta

le mardi 03 avril 2018 à 23h05

Aletheia


J’ai 25 ans, je suis en couple depuis trois ans avec C. (32 ans). C’est ma première relation amoureuse, ce qui n’est pas le cas de C.

Ca veut dire qu'un homme plus âgé et plus expérimenté que toi a défini beaucoup de ce qui te semble "normal" dans une relation amoureuse.
C'est pas grave en soi, mais pour toutes les questions qui se poseront par la suite pour toi, il faudra que tu gardes en tête que tu n'as pas de point de comparaison.

Aletheia


Il a été déçu à plusieurs reprises par le modèle de couple traditionnel, dans lequel chacun "appartient" à l’autre, se conforme sans s'en rendre compte aux besoins de son partenaire, et finalement, s'oublie dans la relation.

C'est pourtant ce qu'il s’apprête à te faire vivre...

Aletheia
il n’est pas prêt à accepter le fait que je développe des relations amoureuses avec d’autres hommes, il ne peut garantir la façon dont il réagira émotionnellement à cette situation. Il a peur que cela lui coupe l’envie d’être mon partenaire et que cela brise notre relation telle qu’elle existe aujourd’hui.

J'ai mis en italique ce qui explicite une demande.
Il est peut-être sensible et pas bête et capable de comprendre qu'il y a un paradoxe, mais il est en train de se laisser offrir par toi ce qu'il ne veut pas t'offrir.
Alors certes, c'est toi qui as proposé, mais vu que ça l'avantage beaucoup, il pourrait se demander s'il peut pas se mettre à la hauteur de son rejet du "couple traditionnel dans lequel chacun appartient à l'autre" autrement qu'en profitant d'une liberté non-partagée.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le mercredi 04 avril 2018 à 10h13

Bonjour aletheia,

En matière de "définition", celle que je préfère est celle-ci (voir le lien, mais comme je ne suis pas douée, il faudra peut-être la chercher dans la page. Ce doit être ma seule intervention, donc facile à retrouver)

/discussion/-bc-/definitions-du-polyamour/page-5/

A mes yeux non plus, ton amoureux n'est pas poly. D'ailleurs, j'ai l'impression que son expérience l'handicape plus qu'elle ne le sert. Je pense qu'il a drôlement besoin de faire un travail sur lui-même.

Pour toi et ton apprivoisement personnel à l'amour et en particulier aux amours plurielles, je t'invite également à lire deux autres livres de Yves Alexandre Thalmann : "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple" ainsi que "garder intact le plaisir d'être ensemble"

Message modifié par son auteur il y a un an.

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artichaut

le jeudi 05 avril 2018 à 04h03

Bienvenue ici Aletheia.

Moi j'aurais envie de dire que ce n'est pas à toi, mais à lui de se/te dire "tant que je n'accepte pas que tu ai d'autres relations, je ne vais pas m'autoriser moi-même à en avoir d'autres".

Le fait de préférer ne rien savoir est généralement synonyme de jalousie (consciente ou inconsciente). Il n'est pas grave de ressentir de la jalousie, c'est humain. Mais par contre ça se travaille.
Et pour la travailler vraiment, il va falloir vivre (le plus en douceur possible) des situations de jalousie, justement.

Je vous invite par exemple, à lire le livre d'hypatia from space : Compersion (en vente sur amazon uniquement).
Et je vous inviterai volontiers à le lire ensemble, avant qu'il n'entame cette nouvelle relation avec cette jeune femme.

Tu ne peux exiger qu'il accepte que tu ai d'autres relations, mais pour moi, tu es en droit d'exiger qu'il travaille à l'accepter.

Se lancer dans le polyamour ce n'est pas prendre les bons côtés pour soi, et laisser les mauvais à l'autre.
Si l'un.e veut faire quelque chose, le minimum syndical et de travailler à le rendre possible à l'autre. Et pour moi, idéalement, c'est lui qui aurait dû être sur ce site (il n'est pas trop tard !) en train de demander comment s'y prendre.
Ce n'est pas à toi de prendre ça en charge. Ça peut être important de le lui faire remarquer.

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Aletheia

le jeudi 05 avril 2018 à 13h40

Bonjour,

Merci pour vos réponses, et les définitions du polyamour auxquelles vous renvoyez, ça m’aide à y voir plus clair. En ce moment, mon état émotionnel varie d’un extrême à l'autre avec tous ces questionnements.

Rebondissement, il m’a annoncé hier qu’il a revu cette femme en début de semaine pour lui dire qu’il préférait mettre un terme à leur relation naissante. Je crois qu’il se retrouve finalement face à ses propres contradictions. Il se sent coupable dès qu’il la voit et n’arrive pas à profiter de leurs moments passés ensemble, quand il sait qu’il aurait du mal à accepter que je fasse pareil avec un autre. Il sent que cette asymétrie n’est pas juste, moralement. Bref, effectivement, ce qu’il veut n’est pas une relation polyamoureuse, il n’est pas prêt pour cela, ça rejoint bien ce que vous dites.
Il pense pourtant que la monogamie peut être toxique sur le long terme. Il se sent dans une impasse. La discussion reste ouverte, et j’espère qu’elle évoluera dans le futur, c’est une philosophie qui m’attire autant qu’elle m’effraie... Je pense que cela nous permettrait de renforcer notre relation et de l’élever à un niveau plus mature.

Il y a aussi la personnalité de cette femme qui serait à nos yeux une entrave à l’ouverture de notre relation. Elle a été élevée dans une famille musulmane, avec des valeurs traditionnelles sur la virginité, le mariage, la monogamie, la construction d’une famille, etc. Elle a 24 ans, n’a jamais été en couple car elle attend "le bon", celui avec qui elle partagerait sa vie. On part déjà mal pour une relation non-exclusive. Ses sentiments pour C. sont très forts depuis des années, je crois qu’elle l’idéalise car il a été présent pour elle à un moment difficile de sa vie. Elle balance entre un esprit d’ouverture face à une relation non-exclusive (elle a des idées progressistes) et son bagage religieux et moral lié à son éducation. Je crois qu’elle souffre malgré tout de le savoir déjà en couple avec moi. C. pense qu’elle pourrait avoir une personnalité contrôlante et avoir un double-discours, accepter la situation de non-exclusivité tout en espérant secrètement briser notre relation et développer une relation monogame avec lui. Au secours !

On a décidé hier d’un commun accord de clôturer là cette timide tentative d’ouvrir notre relation. Il y clairement de notre côté un manque de confiance envers cette potentielle nouvelle partenaire, pour qui malgré tout C. a des sentiments, et puis il y a cette impossibilité pour moi de fréquenter librement un autre homme. Ca révèle tout simplement que C. n’est pas prêt à tenter l’aventure du polyamour, ce que je respecte. On verra si la situation évolue...
Je note en tout cas soigneusement vos références pour les livres de Thalmann et d’Hypatia, j’espère bien approfondir le sujet avec lui et réussir à dépasser nos insécurités respectives.

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artichaut

le jeudi 05 avril 2018 à 14h12

Ah ben, oui si aucun de vous deux le sent, et qu'il y a manque de confiance il faut pas le faire avec cette jeune femme. Qu'elle dise attendre "le bon" n'est sécurisant pour aucun.e de vous deux (soit elle tentera de t'évincer, soit elle l'abandonnera dès qu'elle aura trouvé "le bon").

Et puis faut se méfier du "il a été présent pour elle à un moment difficile de sa vie", c'est pas forcément une bonne base pour commencer une relation amoureuse. Ça peut créer un déséquilibre et un rapport de dépendance peu sain.

Bon et sinon c'est plutôt bon signe (pas qu'il se soit senti coupable, mais) qu'il se soit questionné sur cette asymétrie entre vous, et que ça l'ai incité à mettre en pause (ou arrêter).

Visiblement les un.e.s comme les autres, vous avez besoin d'avancer sur toutes ces questions complexes, et vous n'êtes pas sûr de là où vous voulez aller.
Alors même pourquoi pas, parlez en à trois, et avancez ensemble sur le sujet (dans les même directions ou dans des directions différentes !).
A défaut d'une relation poly-amoureuse, il y a peut-être une belle (poly?-)amitié en devenir.

Et puis les "idées progressistes" bon, faut pas se forcer non plus, hein.

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Siestacorta

le jeudi 05 avril 2018 à 15h38

artichaut


Et puis les "idées progressistes" bon, faut pas se forcer non plus, hein.

Un petit peu quand même, tant que ça fait assez de bien ?
Si c'est pas le cas, d'accord, mollo-mollo, mais quand ça réveille quelque chose, faut rester attentif !

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Aletheia

le jeudi 05 avril 2018 à 19h42

artichaut
Qu'elle dise attendre "le bon" n'est sécurisant pour aucun.e de vous deux (soit elle tentera de t'évincer, soit elle l'abandonnera dès qu'elle aura trouvé "le bon").

Tout à fait, ah là là, ce mythe de l’âme soeur est horrible en fait ! Ca ressemble à tout, sauf à de l'amour.

artichaut
Bon et sinon c'est plutôt bon signe (pas qu'il se soit senti coupable, mais) qu'il se soit questionné sur cette asymétrie entre vous, et que ça l'ai incité à mettre en pause (ou arrêter).

Oui, je suis contente qu’il s’en soit rendu compte seul, j’apprécie son honnêteté et sa volonté de garder une certaine transparence par rapport à ses envies.

Je pense que les raisons que C. avait d’ouvrir notre relation n’étaient pas assez profondes et réfléchies, et que cette volonté tenait sans doute davantage du fantasme sexuel que d’un réel intérêt pour le polyamour. D’où cette volonté de garder une asymétrie et cette volonté de dominer la situation (lui qui possèderait plusieurs femmes, tandis que je me soumettrais à son désir), je me rends compte que tout cela suit un schéma très sexuel finalement, bien en-deça d’une compréhension plus "métaphysique" du polyamour.
Je lui en ai parlé et il ne le nie pas, même si je sais que ses sentiments pour cette autre femme sont réels.
Il sait que cette structure serait préjudiciable pour notre relation à long terme, et que ce serait une base malsaine pour développer une autre relation.
Autant essayer d’ouvrir notre couple à un niveau seulement sexuel dans ce cas (et pour l’instant), en toute transparence.
Voilà où nous en sommes dans nos réflexions communes...

artichaut
Alors même pourquoi pas, parlez en à trois, et avancez ensemble sur le sujet (dans les même directions ou dans des directions différentes !).
A défaut d'une relation poly-amoureuse, il y a peut-être une belle (poly?-)amitié en devenir.

J’aimerais la rencontrer, elle a l’air intéressante, je suis sûre que l’on pourrait être amies. De son côté, elle refuse pour le moment, apparemment je l’impressionne et elle est dans des sentiments d’insécurité et de jalousie vis-à-vis de moi, donc pas un climat des plus bienveillants pour une rencontre… :-/

Siestacorta
artichaut

Et puis les "idées progressistes" bon, faut pas se forcer non plus, hein.

Un petit peu quand même, tant que ça fait assez de bien ?
Si c'est pas le cas, d'accord, mollo-mollo, mais quand ça réveille quelque chose, faut rester attentif !

Je crois qu'il essaye vraiment d'avoir ces "idées progressistes", mais il y a un fossé entre penser que c'est super, et le ressentir. Pour C., ça réveille surtout des inquiétudes de l'ordre de l'intime.
En théorie, il trouve l'ouverture mutuelle à d'autres partenaires saine et positive, que ça ne changera pas ses sentiments ou son respect pour moi, mais que ça diminuera en revanche certainement le désir qu'il éprouve pour moi.
Savoir qu'il ne serait pas mon partenaire sexuel exclusif serait un gros "turn off" dans sa sexualité. Il ne sait pas comment approcher ça de façon rationnelle, car le désir est tout sauf rationnel et moralisable, n'est-ce pas ?

Est-ce qu'on peut choisir et changer la structure même de ce qui nous excite (dans ce cas-là, désir de possession/soumission, très banal dans les relations sexuelles hétéros) ? Est-ce que cette dialectique sexuelle peut être rationnellement, consciemment déconstruite, alors même que nos pulsions et désirs sexuels appartiennent au domaine de l'inconscient ?
Ce sont les questions que l'on se pose.
Pour lui, le "politiquement correct" n'a rien à faire dans la sphère de l'intime et du désir, et je comprends son point de vue et ses inquiétudes.

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Siestacorta

le jeudi 05 avril 2018 à 20h23

Aletheia
Je crois qu'il essaye vraiment d'avoir ces "idées progressistes", mais il y a un fossé entre penser que c'est super, et le ressentir. Pour C., ça réveille surtout des inquiétudes de l'ordre de l'intime.

Pourtant, s'il "a été déçu à plusieurs reprises par le modèle de couple traditionnel", c'est pas que de l'analyse, c'est du vécu.
Je comprend les inquiétudes, mais faut donner aussi de la place à ce qu'on recherche, à ce qu'on est capable de mettre en place.
Tous les gens qui ne savent pas nager ont peur d'aller là où ils n'ont pas pied, même s'ils pensent bien que nager ce serait super.
Bon, ils apprennent. Pas en deux heures, mais ils apprennent.
Dans l'eau, pas seulement dans leur tête.
Pourtant, nager, ça n'est pas particulièrement une aspiration "structurelle"...

Aletheia

Est-ce qu'on peut choisir et changer la structure même de ce qui nous excite (dans ce cas-là, désir de possession/soumission, très banal dans les relations sexuelles hétéros) ? Est-ce que cette dialectique sexuelle peut être rationnellement, consciemment déconstruite, alors même que nos pulsions et désirs sexuels appartiennent au domaine de l'inconscient ?

Justement, ça ne se réduit pas au sexuel. Si c'est la façon dont on voit le sexe qui influence la façon dont on est attaché (moins désirer quelqu'un parce qu'il a fauté...), ça met quand même le sexe au dessus du cœur.
Anatomiquement comme psychiquement, ça n'a rien d'évident.

Bien sûr, les enjeux du sexe et du désir sont intimes, profonds, complexes, inconscients... Mais inconscient, ça ne veut pas dire "voué à rester le même quoi qu'on pense et fasse". C'est pas occulte, c'est pas magique et hors de portée, ç'a lieu dans la vie et quand les choses se font, on peut y réfléchir ; donc on va vivre et penser, et ce faisant, on changera un tout petit peu ou beaucoup.
Comment savoir d'avance si ça peut marcher ?
On peut pas ! Mais je pense pas que ce soit une raison suffisante pour ne rien faire, si on ressent quelque chose de cet ordre là. "De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins", ça peut avoir un sens pour la richesse relationnelle.

Aletheia
Est-ce qu'on peut choisir et changer la structure même de ce qui nous excite ?

Qu'arrive-t-il quand on choisit toujours la même excitation ?

(et je ne parle toujours pas que de sexe...)

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le vendredi 06 avril 2018 à 09h04

Egalement un auteur qui parle magnifiquement d'amour (pas spécialement de polyamour). Isabelle Filliozat "l'intelligence du coeur"

Tu peux trouver quatre extraits importants via le moteur de recherche du site en tapant :
- Ode à la JOIE
- Amour et Responsabilités
- Amour et Respect
- Amour et Gratitude

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bidibidibidi

le vendredi 06 avril 2018 à 09h24

Aletheia
Savoir qu'il ne serait pas mon partenaire sexuel exclusif serait un gros "turn off" dans sa sexualité. Il ne sait pas comment approcher ça de façon rationnelle, car le désir est tout sauf rationnel et moralisable, n'est-ce pas ?

Est-ce qu'on peut choisir et changer la structure même de ce qui nous excite (dans ce cas-là, désir de possession/soumission, très banal dans les relations sexuelles hétéros) ? Est-ce que cette dialectique sexuelle peut être rationnellement, consciemment déconstruite, alors même que nos pulsions et désirs sexuels appartiennent au domaine de l'inconscient ?

Ce sont les questions que l'on se pose.

Pour lui, le "politiquement correct" n'a rien à faire dans la sphère de l'intime et du désir, et je comprends son point de vue et ses inquiétudes.

Je suis assez d'accord avec ce que tu exprimes. Autant je pense qu'on peut dompter la jalousie avec suffisamment de discussion, de réflexion et d'habitude, autant sur la sphère sexuelle, je suis beaucoup plus prudent et n'oserai affirmer cela.
Après, il existe des moteurs sexuels extrêmement violents et pas politiquement corrects du tout. C'est à dire que l'effet peut-être exactement inverse. Pour l'avoir vécu, tu peux avoir une explosion du désir dans un besoin de se rassurer quant au désir qu'on provoque chez l'autre. Ca peut être extrêmement intense. Et je pense que c'est dur d'être sûr de ce qu'on va ressentir sans l'avoir expérimenté avant.

Après, vous pouvez aussi faire une montée en puissance progressive. Qu'est ce qu'il ressentirai si tu embrassais un autre homme. Si tu dormais avec (sans rien de plus). Si tu passais un moment de tendresse avec. Etc... Ca peut permettre de découvrir si vraiment c'est si terrible pour lui. Mais bon, faut trouver aussi un homme assez gentil pour accepter de subir vos petits tests :-D

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artichaut

le vendredi 06 avril 2018 à 09h53

Aletheia
Pour lui, le "politiquement correct" n'a rien à faire dans la sphère de l'intime et du désir, et je comprends son point de vue et ses inquiétudes.

Là je ne suis pas sûr de comprendre. C'est quoi le "politiquement correct" ? Est-ce que c'est le "désir de possession/soumission, très banal dans les relations sexuelles hétéros" ? Ou au contraire vouloir déconstruire des choses ?
Dans les deux cas c'est à vous de décider ce que vous voulez pour vous. Peut-importe le "politiquement correct".

Aletheia
Est-ce qu'on peut choisir et changer la structure même de ce qui nous excite (dans ce cas-là, désir de possession/soumission, très banal dans les relations sexuelles hétéros) ? Est-ce que cette dialectique sexuelle peut être rationnellement, consciemment déconstruite, alors même que nos pulsions et désirs sexuels appartiennent au domaine de l'inconscient ?

Il ne s'agit pas de déconstruire pour déconstruire.
Il s'agirait plutôt de comprendre des mécanismes, et puis surtout dans un premier temps, si l'envie est là, de construire autre chose à côté.
Après quand on débute en construction, oui au début ça va peut-être s'écrouler plusieurs fois avant de tenir, ou bien ça paraitra dérisoire face à la tour immense qui est à côté.
Et puis faut apprendre à construire, trouver les outils, les matériaux. Ça ne se fera pas tout seul.
…Mais peut-être que petit à petit cet autre chose prendra de plus en plus de place et que la grande tour deviendra inutile ou désertée (et peut-être pas).
Se réfugier de temps en temps dans la tour ça peut aussi faire du bien au début. Ou au contraire construire un bateau et partir loin de la tour.
C'est à vous de voir.

Et puis, je ne sais si c'est à propos là, mais les désirs et fantasmes sont une chose. Et ce qu'on décide de mettre en application dans sa vie est autre chose. Un désir/fantasme peut se vivre seul. En revanche une relation (qu'elle soit amoureuse, sexuelle, longue durée ou plan cul d'un soir) ça se construit à plus que UN.
Les désirs individuels ne saurait être une excuse pour éluder cette donnée.

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bidibidibidi

le vendredi 06 avril 2018 à 10h09

artichaut
Là je ne suis pas sûr de comprendre. C'est quoi le "politiquement correct" ? Est-ce que c'est le "désir de possession/soumission, très banal dans les relations sexuelles hétéros" ? Ou au contraire vouloir déconstruire des choses ?

Ce qu'entends Aletheia, c'est que dans la sphère sexuelle, les constructions mentales n'ont pas de prises. Si tu trippes sur les chèvres, tu pourras faire tout ce que tu veux, tu tripperas toujours sur les chèvres et les femmes ne t'intéresseront pas. Le désir se moque de la morale, de tes constructions mentales et de ta réflexion.

C'est là tout le coeur de sa réflexion : Est ce qu'on peut vraiment avoir une prise sur son désir et le façonner comme on le souhaite ?
Et je pense que la réponse est non. Le désir peut changer au gré des événements de la vie, mais je ne pense pas que ce soit quelque chose qu'on puisse volontairement altérer dans une direction qui nous arrange. Si on aime les chèvres, c'est pas en essayant de modifier ça qu'on arrivera à quelque chose. A la rigueur, une psychothérapie pourrait changer ça, mais rien ne dit qu'on ne finira pas par aimer les vaches à la place plutôt que les femmes.

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artichaut

le vendredi 06 avril 2018 à 10h23

bidibidibidi
Ce qu'entends Aletheia

hum, je préférerais ce ce soit Aletheia qui réponde pour dire ce qu'elle pense.

bidibidibidi
Si tu trippes sur les chèvres, tu pourras faire tout ce que tu veux, tu tripperas toujours sur les chèvres.

…mais ce n'est pas pour ça que tu es légitime à imposer quoique ce soit à la chèvre.
L'incontrôlabilité des désirs, est trop souvent prétexte à imposer des choses aux autres.
Ton désir t'appartient.

Donc si tu as un désir de possession, ok. Mais ça ne te donne pas le droit de posséder l'autre, ni d'être possessif, ni d'enfermer l'autre au nom de cette possessivité.

(et la jalousie n'est pas un désir)

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bidibidibidi

le vendredi 06 avril 2018 à 11h13

artichaut
…mais ce n'est pas pour ça que tu es légitime à imposer quoique ce soit à la chèvre.

Nullement. Mais si tu n'arrives pas à façonner ton désir, tu ne feras jamais rien avec une femme.
Donc si le mec d'Aletheia ne peut plus faire l'amour à celle ci parce qu'elle a d'autres hommes, c'est un problème grave dans leur couple : Le polyamour ne serait pas compatible avec leur sexualité.
D'où la question sur la possibilité de le faire changer volontairement.

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Siestacorta

le vendredi 06 avril 2018 à 11h22

bidibidibidi
dans la sphère sexuelle, les constructions mentales n'ont pas de prises. Si tu trippes sur les chèvres, tu pourras faire tout ce que tu veux, tu tripperas toujours sur les chèvres et les femmes ne t'intéresseront pas. Le désir se moque de la morale, de tes constructions mentales et de ta réflexion.

Je maintiens mon argument : le désir se construit certes avant qu'on ne le pense, il continue toutefois à se construire à mesure qu'on vit et qu'on pense.

Il s'agit donc pas de s'imposer ce qu'on ne désire pas, mais de pas y voir un monde où ce qu'on veut et ce qu'on fait reste sans effet.
Quand on fait l'amour à quelqu'un, est-ce qu'on ne fait QUE ce qui correspond à notre désir, ou est-ce que les désirs de l'autre ne nous emmènent pas ailleurs ? Dans un ailleurs qui enrichira encore notre érotisme ?

bidibidibidi


Après, vous pouvez aussi faire une montée en puissance progressive. Qu'est ce qu'il ressentirai si tu embrassais un autre homme. Si tu dormais avec (sans rien de plus). Si tu passais un moment de tendresse avec. Etc... Ca peut permettre de découvrir si vraiment c'est si terrible pour lui. Mais bon, faut trouver aussi un homme assez gentil pour accepter de subir vos petits tests :-D

Oh, ça doit se trouver, des gens pas pressés...
Bon, le truc, c'est que même si on rencontre quelqu'un qu'est pas dans le fuego caliente dé l'initiative de la sédouctione, et qui plaise, limiter le corps c'est aussi pousser la romance. Va bien falloir faire quelque chose, alors pourquoi pas "s'exciter"... la cervelle. Et bon, l'histoire pourrait être alors encore plus difficile à juguler... Donc au delà d'un tiers arrangeant, il faut de toute façon que les gens et leurs désirs soient assez mûrs.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le dimanche 08 avril 2018 à 10h03

L'amour peut s'exprimer autrement que par le sexe. Le compagnon de Aletheia peut parfaitement être polyaffectif, s'il ne conçoit pas plusieurs sexualité simultanément. Ce n'est pas moi qui en ferait la critique.

En matière de sexualité, il y a ce que l'on peut et ce que l'on ne peut pas.

Par contre, oui, imposé à Aletheia... me parait problématique. Non pas qu'elle vivrait mal de son côté une vie de polyaffectivité, mais est-ce une volonté personnelle ?

Je n'apprécie pas ce dicton : ne fait pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse. Je le trouve très con. Ce qu'aime une personne et ce qu'aime une autre personne est différent.

Je crois que pour Aletheia et son compagnon, le choix de deux conduites séparées OU le choix d'une conduite commune choisie ensemble, s'impose.

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Siestacorta

le dimanche 08 avril 2018 à 10h53

bonheur

Je n'apprécie pas ce dicton : ne fait pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse. Je le trouve très con. Ce qu'aime une personne et ce qu'aime une autre personne est différent.

Hm... On a plus facilement en commun ce qu'on aime pas que ce qu'on aime, non ? (ou " ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse ", qui est je crois plus près du dicton).
Etre blessé, négligé, engueulé, oublié, dénigré... C'est plutôt ce genre d'actes sur lesquels on peut s'identifier à l'autre, en ne le commentant pas sur lui.

Donc oui, il faut faire avec ce qu'on aime, et ça peut être bien différent de ce que l'autre aime. Mais ce qu'on aime pas, donc les contraintes qu'on pose à l'autre, qu'on peut se poser mutuellement, ça vient avec, mais c'est un échange très différent.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le dimanche 08 avril 2018 à 11h29

Je comprend Siestacorta, mais on parle de valeurs. Les miennes ne sont pas celles des autres (et inversement).

Cette notion ne tient pas compte de l'avis d'autrui. C'est ça qui me dérange !

Par exemple : ne frappe pas ! Sur l'instant tout le monde s'accorde à dire que oui, il ne faut pas frapper. Sauf que si moi, j'aime les claques sur le cul (par exemple). Après tout, si c'est moi qui la veut, la fessée, l'autre doit m'en privé parce que ça ne se fait pas ? L'autre ne voudrait peut être pas recevoir "la fessée" sauf qu'il me fait plaisir en me la donnant. Oups !

D'ailleurs, je suis assez susceptible. Le fait est que l'on me blesse parfois non intentionnellement. Alors, qu'est-ce qu'on fait dans ces cas là ? Je culpabilise l'autre ou juste je lui explique explique pourquoi je me suis sentie mal ? (comme par exemple sur un autre fil où les modos ont modifié le titre sans m'en avertir : pour moi un manque de politesse, pour eux juste une légère modification). Le fait est que souvent on réagi d'une façon peu mesurée lorsque l'on se sent atteint : donc on fait culpabilisé.

Il faut considérer les intentions et non les actes !

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