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Polyamoureuse non pratiquante ? non assumée ? telle est la question...

Témoignage
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Annabelle

le vendredi 07 juin 2013 à 23h38

Voilà mon soucis à moi c'est que je n'arrive plus à m'imaginer dans une relation mono. Je ne supporte plus cette sorte d'enfermement dans une relation exclusive à deux.
Mais je ne me sens pas capable non plus de gérer ça avec une personne exclusive.
J'ai quitté mon amoureuse. Pas seulement parce qu'elle est exclusive. Mais parce que lorsque je l'ai rencontrée, je ne m'attendais pas du tout à ce que notre relation soit aussi intense, ni de m'attacher à elle comme je l'ai fait. Je souhaitais juste vivre une rencontre pleinement au présent sans faire aucun plan sur la comète surtout. Mais la rencontre a été forte, intense, belle. Nous avons vécu quelque chose de vraiment superbe.
Seulement voilà, ma belle m'aimait à vouloir faire de moi l'unique, cet espèce d'amour à vie exclusif qui se suffirait à lui-même. Elle se projetait beaucoup. Et moi je me suis laissée emporter par tout cela. Les moments que nous partagions étaient si forts.
Pourtant je n'ai pas envie de me sentir engagée envers quelqu'un aujourd'hui. Je suis retombée du petit nuage rose et cette réalité là m'a rattrapée. Non, je ne veux pas d'une relation exclusive.
Elle me disait pourtant qu'elle ne voulait pas me changer. Qu'elle comprenait mon état d'esprit non exclusif. Mais qu'elle ne supporterait pas de me savoir dans les bras de quelqu'un d'autre.
Que faire face à cela ? Comment ne pas fléchir sous le poids de la culpabilité rien qu'à l'idée de faire souffrir une personne qu'on aime.
J'ai fini par la quitter. Parce que j'avais vraiment besoin de retrouver ma liberté. De me sentir libre. Et que cet amour devenait pour moi quelque chose de "casé" qui m'étouffait.
Aujourd'hui je me retrouve célibataire, et n'ayant plus du tout envie d'une relation amoureuse...
Je continue de m'interroger sur mes désirs et ce que je souhaite en faire. Je ne me reconnais pas dans ce terme de polyamoureuse, il ressemble trop pour moi à une espèce de nouveau modèle, une sorte de recette de l'amour qui me conviendrait mieux que l'ancienne... je ne suis pas sortie d'une recette dans laquelle j'ai laissé des plumes pour aller me mettre dans une autre recette.
Pourtant je me reconnais dans beaucoup de témoignages ici, par rapport à la non exclusivité, la non hiérarchisation des relations.Le fait de pouvoir aimer et que ce soit différent et unique à chaque fois, le fait qu'un amour n'annule pas un autre. C'est comme ça que je ressens les choses. en moi. Sans savoir comment vivre cela... en fait je me demande si je me serais sentie plus libre avec une personne poly, que l'idée d'autre amours de son côté comme du mien ne gênerait pas. Je me demande si je l'aurais quittée...
Quand je lis les difficultés que rencontrent certains ici avec leur conjoint mono, franchement je me sens incapable d'affronter ça.

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oO0

le samedi 08 juin 2013 à 01h07

Salut Annabelle,

il n'y a pas besoin de te dire polyamoureuse pour t'exprimer avec ce qui te permet de te reconnaître. Personnellement, le terme "polyamour" et ses dérivés ne passe pas, mais pas du tout. Je n'ai jamais pu l'utiliser à titre personnelle et personne ne me l'a jamais reproché, mais je ne peux que reconnaître que c'est le terme qui génère le plus de discussion où je peux me retrouver.

Pour le reste, je vois le sentiment d'enfermement dont tu parles, mais j'ai toujours su le surmonter même dans des relations exclusives. Par contre :

Annabelle
Elle me disait pourtant qu'elle ne voulait pas me changer. Qu'elle comprenait mon état d'esprit non exclusif. Mais qu'elle ne supporterait pas de me savoir dans les bras de quelqu'un d'autre.

Que faire face à cela ? Comment ne pas fléchir sous le poids de la culpabilité rien qu'à l'idée de faire souffrir une personne qu'on aime.

J'ai fini par la quitter.

Même en adoptant un comportement exclusif, cela n'a jamais suffit à éviter à l'autre de vivre dans la peur que cela arrive et d'en souffrir, ce qui revient à peu de chose près à la même chose que lorsque cela arrive. Les relations exclusives sont tout aussi fragiles, parfois pour les mêmes raisons, parfois, pour de toutes autres raisons qui m'ont jusqu'ici dépassé.

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alps

le samedi 08 juin 2013 à 01h42

Annabelle
Voilà mon soucis à moi c'est que je n'arrive plus à m'imaginer dans une relation mono. Je ne supporte plus cette sorte d'enfermement dans une relation exclusive à deux.

Mais je ne me sens pas capable non plus de gérer ça avec une personne exclusive.

J'ai quitté mon amoureuse. Pas seulement parce qu'elle est exclusive. Mais parce que lorsque je l'ai rencontrée, je ne m'attendais pas du tout à ce que notre relation soit aussi intense, ni de m'attacher à elle comme je l'ai fait. Je souhaitais juste vivre une rencontre pleinement au présent sans faire aucun plan sur la comète surtout. Mais la rencontre a été forte, intense, belle. Nous avons vécu quelque chose de vraiment superbe.

Seulement voilà, ma belle m'aimait à vouloir faire de moi l'unique, cet espèce d'amour à vie exclusif qui se suffirait à lui-même. Elle se projetait beaucoup. Et moi je me suis laissée emporter par tout cela. Les moments que nous partagions étaient si forts.

Pourtant je n'ai pas envie de me sentir engagée envers quelqu'un aujourd'hui. Je suis retombée du petit nuage rose et cette réalité là m'a rattrapée. Non, je ne veux pas d'une relation exclusive.

Elle me disait pourtant qu'elle ne voulait pas me changer. Qu'elle comprenait mon état d'esprit non exclusif. Mais qu'elle ne supporterait pas de me savoir dans les bras de quelqu'un d'autre.

Que faire face à cela ? Comment ne pas fléchir sous le poids de la culpabilité rien qu'à l'idée de faire souffrir une personne qu'on aime.

J'ai fini par la quitter. Parce que j'avais vraiment besoin de retrouver ma liberté. De me sentir libre. Et que cet amour devenait pour moi quelque chose de "casé" qui m'étouffait.

Aujourd'hui je me retrouve célibataire, et n'ayant plus du tout envie d'une relation amoureuse...

Je continue de m'interroger sur mes désirs et ce que je souhaite en faire. Je ne me reconnais pas dans ce terme de polyamoureuse, il ressemble trop pour moi à une espèce de nouveau modèle, une sorte de recette de l'amour qui me conviendrait mieux que l'ancienne... je ne suis pas sortie d'une recette dans laquelle j'ai laissé des plumes pour aller me mettre dans une autre recette.

Pourtant je me reconnais dans beaucoup de témoignages ici, par rapport à la non exclusivité, la non hiérarchisation des relations.Le fait de pouvoir aimer et que ce soit différent et unique à chaque fois, le fait qu'un amour n'annule pas un autre. C'est comme ça que je ressens les choses. en moi. Sans savoir comment vivre cela... en fait je me demande si je me serais sentie plus libre avec une personne poly, que l'idée d'autre amours de son côté comme du mien ne gênerait pas. Je me demande si je l'aurais quittée...

Quand je lis les difficultés que rencontrent certains ici avec leur conjoint mono, franchement je me sens incapable d'affronter ça.

Il y a quelque de chose de l'amour inconditionnel qui transpire dans ce que tu racontes. Comme si le devenir de chacun t'importait plus que le tien. J'ai le sentiment que tu te sens malheureuse parce que ta façon d'etre semble créer des souffrances. Je pense que ta façon d'être peut au contraire permettre à beaucoup de gens qui t'entourent de vivre mieux. Ceci quelque soit la nature de ta relation avec ces personnes. Je pense que tu as énormemment d'amour à donner, et beaucoup de gens à aider. Je pense que pour que tu puisses aider les autres, il faut que tu sois en phase avec toi meme. En fusion avec toi meme et le monde qui t'entoure. C'est parce que tu seras toi pleinement que tu pourras aider les gens à ne plus souffrir et repartir de l'avant.
L'amour ne sait pas mentir. S'il est en biais l'autre le ressent. Comme une ombrelle cache le soleil. Et ca crée des souffrances.

Pour moi tu es la matriarche qui récupère un oiseau blessé avant de le renvoyer à ses nuages. C'est une chance que de te cotoyer pour peu que le partenaire du moment le comprenne réellement. Avec l'experience, Tu sauras jouer de cela. C'est en toi.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Annabelle

le samedi 08 juin 2013 à 09h40

RIP
Salut Annabelle,

il n'y a pas besoin de te dire polyamoureuse pour t'exprimer avec ce qui te permet de te reconnaître. Personnellement, le terme "polyamour" et ses dérivés ne passe pas, mais pas du tout. Je n'ai jamais pu l'utiliser à titre personnelle et personne ne me l'a jamais reproché, mais je ne peux que reconnaître que c'est le terme qui génère le plus de discussion où je peux me retrouver.

Pour le reste, je vois le sentiment d'enfermement dont tu parles, mais j'ai toujours su le surmonter même dans des relations exclusives. Par contre :

Même en adoptant un comportement exclusif, cela n'a jamais suffit à éviter à l'autre de vivre dans la peur que cela arrive et d'en souffrir, ce qui revient à peu de chose près à la même chose que lorsque cela arrive. Les relations exclusives sont tout aussi fragiles, parfois pour les mêmes raisons, parfois, pour de toutes autres raisons qui m'ont jusqu'ici dépassé.

C'est bien pour cela que la relation exclusive est pour moi beaucoup trop étouffante, car effectivement la peur de l'autre que ça arrive envahit. Au point de presque souhaiter que ça lui arrive à lui ou elle pour se sentir comme libéré. On s'était dit au début : vivons au présent et nous verrons bien comment nous gèrerons lorsque ça se présentera. Mais moi ça a fini par m'atteindre. Je ne me sentais plus libre. Je pense d'ailleurs que ce sentiment d'enfermement va au delà de cette question d'exclusivité. J'ai le sentiment aujourd'hui de ne plus avoir envie du tout qu'une relation amoureuse devienne quelque chose "d'installé" pour moi.

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Annabelle

le samedi 08 juin 2013 à 09h57

Qui plus est quand je lis ou j'entends dans un café poly les gens qui vivent plusieurs relations en établissant tout un tas de règles, ou de modalités de relations, pour accorder du temps à l'un, à l'autre, etc, cela m'effraye tout autant. cette sorte d'organisation à mettre en place, ça me paraît tellement compliqué, et prise de tête. Déjà c'est lourd avec un ou une amoureuse mais alors avec plusieurs.... pfffiououououo.
J'en viens du coup à me demander si je n'aspire pas au fond à vivre vraiment seule. Célib à vie.
Alors que je suis quelqu'un qui aime les gens, qui aime la vie, les rencontres.
Y a t'il des gens ici qui vivent le "polyamour" d'une façon plus "célibataire" si j'ose dire ?
Si oui je suis preneuse de témoignages.

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oO0

le samedi 08 juin 2013 à 21h57

Annabelle
J'en viens du coup à me demander si je n'aspire pas au fond à vivre vraiment seule. Célib à vie.

Oui, célibataire dans le mauvais sens. Bien que, vers 23 ans, nous avions rompu suite à une infidélité de ma part, puis elle avait une aventure et nous avions recommencé à se voir sans définir de relation, juste se voir lorsque l'envie de se voir pouvait se présenter. (Je n'ai pas réalisé à l'époque ce que nous étions en train de vivre, j'avais encore une certaine culpabilité de mon infidélité qui alimentait chez moi une peur de déranger.) Nous nous considérions comme deux célibataires qui continuaient à se voir, comme des amis continuent à se voir parce qu'ils ont envie de se voir sans définir de relation. Cela a duré quelques mois jusqu'à ce qu'elle rencontre quelqu'un qui souhaite une relation, j'avais toujours dit que je me retirerais si elle le souhaitait. Je me suis retiré sans discuter, sans discuter avec elle si c'est ce qu'elle souhaitait elle.

Not DTR : Not Define The Relationship (Les anglophones parle de DTR.)

Je ne sais pas si c'est possible de rester célibataire au sens où tu l'entends vu la forte attente de définition des relations à caractère sexuelle. Si réellement ce mode de vie nous plaisait, elle et moi, ce que nous n'avons pas discuté, il aurait alors fallut prendre le parti de continuer à rester célibataire quelle que soient les personnes rencontrées, avoir moins peur de se voir ou que sais-je, autant . Reste que, la non-exclusivité nécessite quelque part une règle d'exclusion genre : "Tu exclus, tu t'exclus."

Pour ma part, j'ai accepté l'idée que je resterai probablement célibataire dans le mauvais sens du termes. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai pas besoin de définir une relation pour la vivre.

alps
J'ai le sentiment que tu te sens malheureuse parce que ta façon d'etre semble créer des souffrances. Je pense que ta façon d'être peut au contraire permettre à beaucoup de gens qui t'entourent de vivre mieux. Ceci quelque soit la nature de ta relation avec ces personnes.

Concernant, ce sens je pourrais reprendre quelques mots de Alps à manmanière. Tu exprimes éprouver la peur de tromper, mais aussi l'impossibilité pour toi de vivre une relation envahie par la peur de l'autre d'être trompé. Quelque part, tu refuses autant de laisser l'autre souffrir de cette peur que de jouer le jeu de cette peur. Du moins, c'est ce que je comprends, à partir de ma propre expérience que je traduis avant tout par le souhait de se libérer de l'emprise de cette peur. S'il n'y avait pas la peur d'être trompé, ce genre de forum n'existerait pas et, quelque part, cela me semble être son utilité. En tous cas, c'est l'effet que j'ai pour de nombreux proches, un effet tout relatif.

Se libérer d'une telle emprise ne signifie pas nécessairement adopter la non-exclusivité, mais au moins relativiser la peur d'être trompé, la peur peut rester, mais elle envahit moins, elle a moins d'emprise.

Enfin, bref, tu cernes bien l'effet de la peur d'être trompé, la peur de tromper qu'elle engendre et donc la peur de souffrir et faire souffrir qui, finalement, étouffe toute possibilité de jouir de la relation. Récemment, je me suis rendu compte qu'une fois dépassé les comportements de défenses de cette peur de souffrir, c'est la peur de s'attacher qui prend la place. C'est une réponse qui accompagne de plus en plus les refus que je rencontre parmi les personnes qui peuvent me plaire. Cela me déconcerte complètement : la peur d'être trompé, cela n'a rien avoir avec la peur de s'attacher. Le plus souvent, cette peur est attribuée à l'attente de non-exclusivité, pas à l'attente d'exclusivité, non pas que j'aie peur de m'attacher, mais que c'est l'attribution usuelle.
_______________

Sinon, d'autres personnes qui peuvent s'approcher des témoignages que tu cherches, probablement Iam qui n'apprécie guère l'hypernormativité ou encore, LittleJohn, qui en a [censored] de justifier ses choix et préfère répondre : "I am !?! Deal with it !" Ce n'est pas la première fois que la question se pose et il y a plusieurs manière de se la poser, parfois plus posément, voire trop posément.

P.-S.: Si je ne réponds plus, ce n'est pas que je n'ai pas envie de répondre, mais que je reprends des travers qui ont lourdé/gonflé plus d'une fois, bref, que je deviens incapable de gérer la longueur de mes posts.

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Annabelle

le samedi 08 juin 2013 à 22h10

Tout ce que je sais c'est que je n'ai pas besoin de définir une relation pour la vivre.
Dis-tu.
Je crois que je ressens ça moi aussi.
Mais quand l'autre se met à la définir... et que moi je ne me retrouve pas dans sa définition, apparemment ça me flippe.

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alps

le samedi 08 juin 2013 à 23h03

Tu vas finir par trouver tes marques. Une fois fait, les choses iront de soi. :)

Je sais que tu me regardes du coin de l'œil. Je crois que l'amour a diverses facettes parce qu'il a une fonction sociale et qu'il y a diverses fonctions sociales a l'amour. Tu n'as pas besoin de définir en soi l'ensemble de tes relations amoureuses. Pour autant je crois qu'il est important que l'amour en tant qu identité personnelle soit clair au coeur pour se vivre sans illusion et sans peine.

Une fois qu'en émotion il sera clair. Les réalités autour de toi prendront un sens moins trouble. Moins sujet à ambiguité sauf cas particulier.
Je pense que tu as visé juste sur certains points. La question concerne plus ton amour que celui des autres. Apprivoiser son amour, c'est selon moi. Apprivoiser le monde. Paraitre au monde tel qu'on est.

Par exemple ma femme. Pour elle. Il y a elle et le monde. Elle cherche à contenter tout le monde le plus souvent possible. Elle donne souvent plus d'elle meme qu'elle ne le devrait. Je n'appartiens pas à ce schéma. Je n'ai pas véritablement de place la dedans. Je suis plus un foyer émotionnel qu'autre chose pour elle. Un repère singulier, ce qui est stable quand elle se meut.

Il n'a pas forcément été facile pour moi de comprendre cette place. Je n'y entrevoyais que les excès. Cet excès à vouloir contenter tout le monde en toutes occasions. Je me suis senti en concurrence avec le monde. Avant de comprendre que je n'appartenais pas à son monde. J'y suis transcendant. Je suis un lieu pour elle. Et ce lieu elle ne le partage pas. Elle a besoin de le retrouver "récurrement" pour continuer à tenter de contenter tout le monde.

Je ne suis pas en train de dire que tu es comme ma femme. Ce n'est pas le cas.

Je n'aime pas converser de la sorte. Je ne m'appuie sur rien de tangible. Ca tient plus du roman fantaisiste que de la science. Mais je fais cet effort pour vous. Vous avez des choses à m'apporter. Et moi quelques trucs à vous montrer.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Anarchamory

le dimanche 09 juin 2013 à 10h44

Annabelle,

Que dire, sinon que je comprends tout à fait ton désarroi. J'ai vécu une relation mono pendant 9 ans, qui plus est loin d'être aussi idyllique que la tienne... et maintenant je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas, je ne referai pas les mêmes erreurs. Je sais désormais que je ne construirai jamais rien de sérieux (vie commune, enfants, etc.) avec une personne exclusive, c'est rédhibitoire. Pas besoin qu'elle soit elle-même poly au sens de potentiellement attirée amoureusement par plusieurs personnes, même si c'est sûr que ça aiderait à la compréhension de ce que je vis. Mais par contre, il est impératif qu'elle soit non-exclusive, c'est-à-dire qu'elle me laisse, moi, avoir d'autres amoureuses potentielles. Je dis bien "potentielles" car je crois que l'ouverture possible, c'est ça qui est le plus important. Une fois que j'aurai trouvé quelqu'un qui me convient pour une vie de couple (comprendre une relation centrale : vie commune, enfants, etc.), il n'est pas dit que je vais forcément chercher activement d'autres amoureuses... mais le simple fait de savoir que ça ne sera pas interdit, que si j'ai des sentiments pour quelqu'un, que je pourrai les exprimer, et que je serai compris, et même le simple fait de savoir que je pourrai dormir chez une amie sans que ça pose de problème, ça suffira déjà en bonne partie à faire mon bonheur.

Annabelle
Elle me disait pourtant qu'elle ne voulait pas me changer. Qu'elle comprenait mon état d'esprit non exclusif. Mais qu'elle ne supporterait pas de me savoir dans les bras de quelqu'un d'autre.

Oui, pas mal de mono comprenne "en théorie", "chez les autres", mais n'admettent pas dans leur couple...

Annabelle
Aujourd'hui je me retrouve célibataire, et n'ayant plus du tout envie d'une relation amoureuse...

C'est compréhensible de se sentir un peu réticente après avoir vécu ce que tu as vécu, mais je pense que l'envie reviendra, et ça serait dommage, à mon avis, qu'elle ne revienne pas. L'amour peut être une très belle chose lorsqu'il est vécu avec les personnes qui conviennent. Tu rencontreras certainement des personnes qui t'acceptent amoureusement comme tu es. Ça existe, ce site en est la preuve. Internet est quand même une très bonne chose pour les poly je pense, car ça permet de rencontrer facilement des gens qui partagent nos affinités, valeurs, etc. Sans cet outil, je pense que ça serait plus compliqué : "Ah au fait, chéri(e), je suis non-exclusive... hé mais pourquoi tu pars en courant ?" :P

Annabelle
Je continue de m'interroger sur mes désirs et ce que je souhaite en faire. Je ne me reconnais pas dans ce terme de polyamoureuse, il ressemble trop pour moi à une espèce de nouveau modèle, une sorte de recette de l'amour qui me conviendrait mieux que l'ancienne... je ne suis pas sortie d'une recette dans laquelle j'ai laissé des plumes pour aller me mettre dans une autre recette.

Je t'avouerai que je n'aime pas trop le mot lui-même car après tout on peut être polyamoureux sans être dans une relation avec plusieurs personnes simultanées, et même sans être amoureux. Mais j'aime la réalité qu'il recouvre, et je ne crois pas qu'il s'agit vraiment d'un modèle alternatif, plutôt d'une attitude d'acceptation de différents modèles, en partant du principe que nous sommes chacun, à titre individuel, responsables de notre propre bonheur. Ce que je veux dire par là c'est que, par exemple, il me paraît tout à fait possible de vivre la monogamie avec un partenaire poly : en effet, le partenaire poly n'oblige pas le mono a avoir plusieurs amoureux. Un mono, en revanche, qui exige de son partenaire d'être mono, c'est une personne qui croit qu'elle sera malheureuse si quelqu'un d'autre — son partenaire — ne se conforme pas à certaines exigences qui ne concernent pas le mono en question à titre individuel.

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Anarchamory

le dimanche 09 juin 2013 à 11h23

Annabelle
Qui plus est quand je lis ou j'entends dans un café poly les gens qui vivent plusieurs relations en établissant tout un tas de règles, ou de modalités de relations, pour accorder du temps à l'un, à l'autre, etc, cela m'effraye tout autant. cette sorte d'organisation à mettre en place, ça me paraît tellement compliqué, et prise de tête. Déjà c'est lourd avec un ou une amoureuse mais alors avec plusieurs.... pfffiououououo.

Je t'avouerai que ces histoires de règles ou de modalités de relation m'ont toujours un peu étonnées... Je pense que c'est surtout utile pour les gens encore fortement imprégnés par la monogamie, ou alors qui veulent mener de front plusieurs relations centrales. Nous sommes tous, monos ou polys, confrontés à des absences de notre conjoint : travail, amis proches, famille, associations, etc. Appelons T le temps passé à ce genre d'activités. T fluctue parfois. Admettons que T, en moyenne, puisse durer entre les valeurs Dmin et Dmax. Eh bien je dirais que pour moi, à partir du moment où les relations amoureuses qu'auraient ma conjointe + tout le reste de ses activités sans moi ne serait pas supérieur à Dmax, il n'y aurait pas lieu de se poser davantage de questions. Il me semble — à la louche — qu'en ce qui me concerne, Dmax pourrait aller jusqu'à être égal à une centaine d'heures par semaine et Dmin jusqu'à une soixantaine d'heure par semaine (j'ai besoin moi aussi de mes moments de solitude ou avec d'autres). Bien sûr, c'est en moyenne et approximatif ;) Du reste, je n'entends pas tenir un compte du temps passé... Je pense que ça peut se négocier avec l'intéressée par réajustement sur la base du ressenti, et que ça peut fluctuer selon les périodes... (je précise sinon Cendre va encore dire que je l'a fait flipper et Siesta que je suis cérébral ;) )

NB : Quand je parle de ma conjointe, je ne parle pas de ma future ex, mais bien de ma conjointe "idéale".

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Clown_Triste

le dimanche 09 juin 2013 à 11h42

Ça, MetaZet, c'est la théorie intellectuelle. Quand il est possible de voir les choses sans affect, de parler de T, Dmin et Dmax. La réalité est plus complexe : la perception que l'on a du temps passé ensemble ou au contraire à distance avec l'autre change grandement en fonction des raisons derrière cette présence/cette absence et à la façon dont on emploie ce temps.
Tu es ici dans l'enthousiasme d'une future relation polyamoureuse fantasmée et je suis ravi pour toi de te voir y trouver de la motivation, du courage, un projet. Mais gare à ne pas trop idéaliser quand même ;- )

C.T.

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Anarchamory

le dimanche 09 juin 2013 à 12h29

Clown_Triste
Ça, MetaZet, c'est la théorie intellectuelle. Quand il est possible de voir les choses sans affect, de parler de T, Dmin et Dmax.

C'est pourquoi j'ai précisé :

MétaZét
Bien sûr, c'est en moyenne et approximatif ;) Du reste, je n'entends pas tenir un compte du temps passé... Je pense que ça peut se négocier avec l'intéressée par réajustement sur la base du ressenti, et que ça peut fluctuer selon les périodes...

Clown Triste
La réalité est plus complexe : la perception que l'on a du temps passé ensemble ou au contraire à distance avec l'autre change grandement en fonction des raisons derrière cette présence/cette absence et à la façon dont on emploie ce temps.

Du moment que mon/mes amoureuse/s ne serai(en)t pas absentes parce qu'elles me trouveraient chiant, désagréable, inintéressant, pénible, etc. mais parce qu'elles auraient envie de faire des choses qui ne m'intéressent pas, de voir leurs autres amoureux, leurs "close friends", d'avoir un moment de solitude pour se retrouver avec elle-même, etc.
Du moment que pendant leur absence, elles ne se livreraient pas à des choses que je réprouve : torturer des animaux, des enfants, des adultes, braquer des banques, etc.
Alors je ne vois pas en quoi je devrais me sentir mal de leur absence.

Clown_Triste Tu es ici dans l'enthousiasme d'une future relation polyamoureuse fantasmée et je suis ravi pour toi de te voir y trouver de la motivation, du courage, un projet. Mais gare à ne pas trop idéaliser quand même ;- )

Non, je ne crois pas idéaliser. Je me doute bien qu'il y aura peut-être des difficultés, mais si ce sont des difficultés qu'on affronte ensemble, et non des difficultés qu'on affronte l'un contre l'autre, ça devrait être gérable et ça peut même renforcer l'amour.

Enfin bref, toutes choses égales par ailleurs, ça ne pourra pas être pire que l'exclusivité : je préfère souffrir parce que je ne verrais pas assez quelqu'un que j'aime plutôt que de souffrir parce que quelqu'un que j'aime voudrait m'imposer une ligne de conduite, surtout si cette ligne de conduite est l'exclusivité.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Clown_Triste

le dimanche 09 juin 2013 à 12h39

MetaZet
Du moment que mon/mes amoureuse/s ne serai(en)t pas absentes parce qu'elles me trouveraient chiant, désagréable, inintéressant, pénible, etc. mais parce qu'elles auraient envie de faire des choses qui ne m'intéressent pas, de voir leurs autres amoureux, leurs "close friends", d'avoir un moment de solitude pour se retrouver avec elle-même, etc.
Du moment que pendant leur absence, elles ne se livreraient pas à des choses que je réprouve : torturer des animaux, des enfants, des adultes, braquer des banques, etc.
Alors je ne vois pas en quoi je devrais me sentir mal de leur absence.

Ah mais je ne dis pas que tu "devrais" te sentir mal, je dis simplement que c'est possible, parfois, même pour quelqu'un d'absolument convaincu de ce que tu avances. Que nos sentiments ne tiennent pas de la raison, que parfois ils sont même "tout à fait irrationnels".
Lorsque j'aborde cette question, c'est souvent la notion de "choix fait à mon détriment" qui revient. Lorsque quelqu'un que tu aimes s'absente pour aller travailler, cette absence n'est généralement pas vécue comme une expression d'un jugement à ton égard. C'est une obligation ou une activité importante pour l'autre mais qui n'est pas en "compétition" implicite avec toi.
Si par contre quelqu'un que tu aimes s'absente pour passer du bon temps avec une autre personne, alors beaucoup de gens y voient implicitement un choix fait "à leur détriment". L'impression qu'il y avait compétition entre eux et une autre personne et que c'est l'autre qui a été choisi(e).
Cela peut être assez violent pour l'égo. Même si, consciemment, on se dit que c'est subjectif, irrationnel et que ça "ne devrait pas être différent" d'une autre absence pour un autre motif.

Ce qui explique, à mon avis, que pas mal de polyamoureux revendiqués expliquent souffrir de jalousie. Et que beaucoup aient besoin d'envisager des règles et des arrangements explicites pour essayer de bien le vivre.

Peut-être auras-tu l'occasion d'ailleurs de témoigner de nouveau sur le sujet après que tu auras vécu ces situations grandeur nature, pour voir si théorie et pratique s'accordent facilement chez toi (ce que je te souhaite, au passage).

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Clown_Triste

le dimanche 09 juin 2013 à 12h43

MetaZet
Enfin bref, toutes choses égales par ailleurs, ça ne pourra pas être pire que l'exclusivité : je préfère souffrir parce que je ne verrais pas assez quelqu'un que j'aime plutôt que de souffrir parce que quelqu'un que j'aime voudrait m'imposer une ligne de conduite, surtout si cette ligne de conduite est l'exclusivité.

Amen, brother. :)

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Anarchamory

le dimanche 09 juin 2013 à 14h15

Clown_Triste
Ah mais je ne dis pas que tu "devrais" te sentir mal, je dis simplement que c'est possible, parfois, même pour quelqu'un d'absolument convaincu de ce que tu avances. Que nos sentiments ne tiennent pas de la raison, que parfois ils sont même "tout à fait irrationnels".
Lorsque j'aborde cette question, c'est souvent la notion de "choix fait à mon détriment" qui revient. Lorsque quelqu'un que tu aimes s'absente pour aller travailler, cette absence n'est généralement pas vécue comme une expression d'un jugement à ton égard. C'est une obligation ou une activité importante pour l'autre mais qui n'est pas en "compétition" implicite avec toi.
Si par contre quelqu'un que tu aimes s'absente pour passer du bon temps avec une autre personne, alors beaucoup de gens y voient implicitement un choix fait "à leur détriment". L'impression qu'il y avait compétition entre eux et une autre personne et que c'est l'autre qui a été choisi(e).

Je ne suis pas "beaucoup de gens" ;) Vraiment, c'est sûr que je n'ai jamais été confronté à la situation, mais de ce que je me connais, par ailleurs, je ne pense franchement pas que ça me poserait problème. Après tout, il m'est arrivé d'être amoureux de femmes qui ne s'intéressaient pas à moi, ou d'être amoureux de femmes avec qui je ne pouvais envisager d'aller plus loin à cause de l'exclusivité que j'avais concédé à contre-cœur à mon (ma future ex-)épouse. Ces femmes, parfois, étaient ou on finit par avoir un compagnon. Ce n'était pas plus ingérable que ça, et pourtant je n'avais même pas pu avoir ce bonheur d'une relation amoureuse concrète avec elles.

En général, je ne réagis pas comme la majorité des mecs, je suis rarement influencé par la "mode" ou la "culture commune". Par exemple, il m'est complétement égal qu'une femme fasse le choix de ne pas s'épiler/maquiller et de s'afficher ainsi. J'ai même une légère préférence pour le naturel et une certaine simplicité. J'apprécie aussi le courage de celles qui bravent ainsi une certaine "norme".

Bon, tu me diras, peut-être y-a-t-il des raisons biologiques, que tout n'est pas culturel, mais j'ai un doute quand même. Déjà, dès que j'ai été en âge de questionner les normes sociétales, je m'étais posé la question de l'exclusivité amoureuse. Je me demandais quelle pouvait bien être la raison pour laquelle les gens n'aimaient toujours qu'une seule personne à la fois et étaient tristes et en colère si leur compagnon/compagne aimait une autre personne sans pour autant les délaisser eux, amoureusement parlant. Ensuite, j'ai un peu du mal à imaginer qu'une simple phrase ("tiens, hier j'ai vu mon 2ème amoureux") pourrait causer une souffrance qui reposerait sur des causes biologiques. Une phrase, c'est du langage, donc quelque chose de social, culturel, conventionnel, symbolique. Le symbolique peut-il, tel quel, interagir avec le biologique ? J'entends par là le biologique génétique, inné. Ça me fait un peu la même impression que si on me disait qu'une image holographique d'un morceau de granite pouvait faire bouger l'aiguille d'une balance...

Clown_Triste
Cela peut être assez violent pour l'égo. Même si, consciemment, on se dit que c'est subjectif, irrationnel et que ça "ne devrait pas être différent" d'une autre absence pour un autre motif.

Ce qui explique, à mon avis, que pas mal de polyamoureux revendiqués expliquent souffrir de jalousie. Et que beaucoup aient besoin d'envisager des règles et des arrangements explicites pour essayer de bien le vivre.

Peut-être auras-tu l'occasion d'ailleurs de témoigner de nouveau sur le sujet après que tu auras vécu ces situations grandeur nature, pour voir si théorie et pratique s'accordent facilement chez toi (ce que je te souhaite, au passage).

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 20 minutes.

Oui, pas de problème, je vous tiendrai au courant ;)

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Annabelle

le dimanche 09 juin 2013 à 18h51

des tas de choses intéressantes dans ce que vous dites l'un et l'autre Clown triste et Metazet.

D'abord merci à toi Metazet pour le soutien.

Je me reconnais pas mal dans ce que tu dis, pas besoin moi non plus d'être avec quelqu'un de poly, mais avec quelqu'un qui puisse accepter que la vie reste une ouverture pour moi.
Voilà ce à quoi j'aspire. L'ouverture. La liberté, d'aimer ou pas d'ailleurs, en fonction de ce que la vie va m'offrir comme rencontres. avec mon amoureuse je ne ressentais pas cette liberté de pouvoir me sentir disponible et ouverte pour la vie. Visiblement quelque chose m'enfermait puisque depuis que je l'ai quittée je sors beaucoup plus, je me sens plus libre. J'ai envie de rencontrer des tas de gens et pas du tout pour tomber amoureuse. Même si bien sûr je reste totalement prête à accueillir tout ce qui peut se présenter car je sais qu'on ne choisit pas de qui ni quand on va tomber amoureuse.

Ensuite oui en effet les histoires de jalousie sont plus faciles à gérer en théorie qu'en pratique.
Mais mon point de vue personnel à moi là dessus est que lorsque je ressens de la jalousie ou un sentiment d'abandon ou de rivalité parce que quelqu'un que j'aime choisit de passer du temps avec une autre personne aimée, et bien c'est de mon sentiment qu'il s'agit. De mes émotions, de mon ressenti. Et donc je considère que c'est à moi de le gérer. D'en faire quelque chose. De réfléchir dessus. Pourquoi pas d'en parler avec la personne si cela peut être un facteur de réassurance des sentiments ou autre, mais sans pour autant le lui faire porter.
Disons que c'est comme ça que j'imagine les choses dans une relation de non exclusivité. Pour moi c'est valable en amitié aussi. Certains amis proches ne me donnent pas de nouvelles durant de longues périodes. Et moi pareil. Parce que nous sommes investis dans nos vies, ailleurs. Pour autant même si parfois ils me manquent ou je me peux me sentir seule, jamais je ne leur en voudrai de ne pas être présents. Ils sont présents en moi parce que je les aime. Et moi comme eux savons que nous ne nous devons rien. Et que notre amitié est totalement gratuite sans "redevabilités affectives".
Quelqu'un que j'aime peut aussi ne plus avoir envie de moi au sens envie de partager des choses avec moi quelles qu'elles soient. Pour moi ça lui appartient. La vie nous conduit sur des chemins que nous ne connaissons pas par avance.
Bon c'est un peu ma conception des relations en général.
Je me demande si cela est faisable en amour, enfin si certains parviennent à le vivre ainsi en amour.
Je crois qu'en effet il faut pouvoir rencontrer des personnes prêtes à cela, qui ressentent elles aussi les choses sur ce mode là.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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alps

le dimanche 09 juin 2013 à 19h06

Continues a m'ignorer. J'aiderai quelqu'un d'autre.

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Clown_Triste

le dimanche 09 juin 2013 à 19h16

Annabelle : d'après ce que tu dis ici, je partage ta conception des choses. Et je constate que si cela fonctionne bien dans l'amitié, un mode de relation qui n'est pas considéré comme normalement exclusif et qui se plie plus volontiers à des projets plus épisodiques ou étendus dans le temps que le couple, c'est plus délicat en amour.
Parce que celui-ci est souvent plus intense et charrie dans son sillage tout l'imaginaire aujourd'hui associé (notamment le couple, la vie commune, la construction d'une cellule familiale, l'entraide prioritaire, etc.)

Je crois qu'il existe des personnes prêtes à cela mais elles sont en minorité (je sais, c'est un scoop incroyable que je te livre là !). Et pas forcément à l'abri du côté intense et irrationnel de l'amour qui peut parfois rendre les choses plus compliquées à gérer que dans l'amitié.

C.T.

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Anarchamory

le dimanche 09 juin 2013 à 19h56

Annabelle
Mais mon point de vue personnel à moi là dessus est que lorsque je ressens de la jalousie ou un sentiment d'abandon ou de rivalité parce que quelqu'un que j'aime choisit de passer du temps avec une autre personne aimée, et bien c'est de mon sentiment qu'il s'agit. De mes émotions, de mon ressenti. Et donc je considère que c'est à moi de le gérer. D'en faire quelque chose. De réfléchir dessus. Pourquoi pas d'en parler avec la personne si cela peut être un facteur de réassurance des sentiments ou autre, mais sans pour autant le lui faire porter.

Ça rejoint ce que je disais avec mon histoire de responsabilité individuelle de notre bonheur.

Annabelle
Disons que c'est comme ça que j'imagine les choses dans une relation de non exclusivité. Pour moi c'est valable en amitié aussi. Certains amis proches ne me donnent pas de nouvelles durant de longues périodes. Et moi pareil. Parce que nous sommes investis dans nos vies, ailleurs. Pour autant même si parfois ils me manquent ou je me peux me sentir seule, jamais je ne leur en voudrai de ne pas être présents. Ils sont présents en moi parce que je les aime. Et moi comme eux savons que nous ne nous devons rien. Et que notre amitié est totalement gratuite sans "redevabilités affectives".
Quelqu'un que j'aime peut aussi ne plus avoir envie de moi au sens envie de partager des choses avec moi quelles qu'elles soient. Pour moi ça lui appartient. La vie nous conduit sur des chemins que nous ne connaissons pas par avance.
Bon c'est un peu ma conception des relations en général.
Je me demande si cela est faisable en amour, enfin si certains parviennent à le vivre ainsi en amour.
Je crois qu'en effet il faut pouvoir rencontrer des personnes prêtes à cela, qui ressentent elles aussi les choses sur ce mode là.

Eh bien personnellement, c'est un peu comme ça que je vois les choses. Mes amours/amitiés me réjouissent de ce qu'elles me donnent, mais ne me peinent pas de ce qu'elles donnent aux autres. Je ne serais triste que si je voyais que je ne comptais pas autant que les autres, mais pour que je sente que je compte autant, ce n'est pas très difficile : une petite attention de temps en temps, un geste tendre, des mots d'amour, etc. Je privilégie la qualité à la quantité. J'ai déjà remarqué à quel point un petit coup de fil de 5 min de la part d'une personne que j'aime pouvait suffire à égayer ma journée entière.

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Annabelle

le dimanche 09 juin 2013 à 20h35

Idem pour moi metazet, un petit sms d'un proche me disant "une petite pensée pour toi" peut-être un vrai rayon de soleil qui illumine ma journée justement j'en ai reçu un ce matin d'un ami avec qui je n'ai pas causé depuis longtemps. (il a bien choisi son jour parce que côté soleil là :-( ...)

C'est marrant Alps, ta réaction vient illustrer justement mes propos précédents.
Pourquoi te sens-tu blessé par le fait que je n'ai pas répondu à ton messages ?
Quel est ce sentiment qui t'appartient (et que je te renvoie ) ?

Peut-être que je n'ai pas vraiment lu ton intervention parcequ'elle est remontée loin derrière celles d'autres. Pas forcément évident de toujours tout suivre.
Moi aussi parfois j'écris des choses auxquelles personne ne répond. Je ne m'en offusque pas pour autant.

merci à toi pour ta sollicitude en tout cas.

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