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Vision d'un jeune poly-curieux

Témoignage
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Profil

Cyril

le samedi 07 mars 2015 à 22h53

Tout d'abord avant de me lancer un peu plus dans ma réflexion, je me présente : je m'appelle Cyril, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis plusieurs mois à la notion du polyamour. Je me définirai donc en tant que poly-curieux du fait que je suis célibataire car je n'ai jamais vécu d'expérience de couple polyamoureux.

Depuis mon adolescence, j'ai rarement été quelqu'un de jaloux sans pour autant de ne jamais l'être. Nous avons tous, au fond, un soupçon de jalousie qui vient se pointer, de temps à autres, sans pour autant nous envahir. A partir de là, une question me vient naturellement : suis-je fait pour être exclusif dans ma vie personnelle ? Peu à peu, en travaillant sur moi-même, je me suis rendu compte que la réponse était non. M'imaginer à appartenir à quelqu'un, d'être la propriété de mon partenaire est quelque chose qui me fait énormément peur. C'est valable également dans l'autre sens, je ne pourrai jamais promettre à ma partenaire que je lui serai exclusif toute ma vie. Notez que je parle bien d'exclusivité et non de fidélité, chose que beaucoup de personnes confondent.

Je déteste promettre. Pour moi, la promesse est un moyen qui est à la portée de tout le monde, à tort et à travers dans certains cas. C'est pourquoi je persiste souvent à dire que la promesse d'être exclusif de manière affective et sexuelle à son partenaire mène à des drames dans le couple. Toutefois, cette promesse est rarement émise de haute voix dès le début de la relation car elle semble naturelle pour bon nombre (à tort ?).

Je préfère ainsi qu'on se fie à mes actes. Certains de mes amis m'ont confié qu'avec cette manière de penser, je vais volontairement mettre à l'écart 80 % de la gente féminine. Ce que je ne conteste pas. Mais que faire ? Rester fidèle à sa philosophie de vie ou se plier en quelque sorte à une pensée ultra-dominante de la société d'aujourd'hui ? La réponse peut sembler facile mais prendre conscience qu'on se marginalise en restant nous-même, du moins sur ce point, est quelque chose qui n'est pas aussi simple. Cela demande énormément de confiance en soi, d'estime de soi, et là-aussi ça se travaille.

D'autres vont me dire que c'est une peur de l'engagement. Mais qu'est-ce que l'engagement ? Là-aussi, ce terme est reliée à une forme de promesse. Un peu comme dans un banque quand on contracte un crédit. On s'engage à rembourser, autrement dit on fait une promesse au banquier. En amour, je parlerai plutôt d'investissement : être toujours présent pour la personne, être à son écoute, l'encourager dans ses projets, l'aider moralement dans des moments plus délicats, fructifier la complicité, respecter son individualité ou le cas échéant l'amener à être elle-même.

Accepter que nous ne sommes pas uniques, admettre que nous ne pouvons pas tout apporter à l'autre comme l'autre ne peux pas tout nous apporter dans le couple sont des prises de consciences qui sont, à mon sens, nécessaires pour pouvoir être le plus épanouie possible dans notre vie.

Mon savoir et ma curiosité ne demandent qu'à être enrichie sur le polyamour, à travers des articles mais aussi surtout basés sur des échanges constructifs et ouverts sans jugements. J'avais envie vraiment de me livrer à cœur ici, et cela me fait beaucoup de bien.

Cyril

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(compte clôturé)

le dimanche 08 mars 2015 à 10h01

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Profil

Nurja

le dimanche 08 mars 2015 à 13h22


je ne pourrai jamais promettre à ma partenaire que je lui serai exclusif toute ma vie. Notez que je parle bien d'exclusivité et non de fidélité, chose que beaucoup de personnes confondent.

(+) Ces deux notions sont malheureusement souvent confondues.


Certains de mes amis m'ont confié qu'avec cette manière de penser, je vais volontairement mettre à l'écart 80 % de la gente féminine.

Tes amis ont raison (et sont sans doute assez optimistes, je pense qu'il y a plus de 80% de refus que tu recevras). Pareil pour une femme polyamoureuse qui se ferme également beaucoup de portes. Surtout si elle est polyamoureuse et souhaite des relations (si elle est libertine, elle n'aura sans doute aucun souci à avoir des relations sexuelles. Si elle souhaite plus, c'est nettement plus compliqué).


Mais que faire ? Rester fidèle à sa philosophie de vie ou se plier en quelque sorte à une pensée ultra-dominante de la société d'aujourd'hui ? La réponse peut sembler facile mais prendre conscience qu'on se marginalise en restant nous-même, du moins sur ce point, est quelque chose qui n'est pas aussi simple.

La réponse est tout sauf facile à mettre en oeuvre. En même temps, c'est la seule possible pour pouvoir vivre en se sentant bien avec soi-même.


D'autres vont me dire que c'est une peur de l'engagement.

Je pense que c'est parce qu'ils confondent exclusivité et fidélité.
Je refuse d'être exclusive, d'appartenir à un homme (ou à une femme), de laisser mon corps à la disposition de quelqu'un d'autre que moi. Par contre, je suis fidèle dans mes relations, je tiens mes engagements


Cela demande énormément de confiance en soi, d'estime de soi, et là-aussi ça se travaille.

Oh oui.

Cyril, ça me fait du bien de voir que d'autres partagent certaines de mes réflexions.

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Joyce (invité)

le dimanche 08 mars 2015 à 16h22

Très belle description. Je m'y retrouve bien. Merci à toi.

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Polpolp (invité)

le dimanche 08 mars 2015 à 18h51

Sauf que le sens commun de la fidélité englobe l'exclusivité, par exemple, si un poly dis simplement a un mono "je te serrai fidèle" alors le mono comprendra qu'il y a aussi l'exclusivité sexuelle. Ainsi il est nécessaire de l'expliquer avant, pour ne tromper personne.

Sinon c'est plutôt 98% voir 99% de la gente féminine que cela écartera vu le faible nombre de polyamoureux en France.

En tout cas bon courage a toi, choisis pour toi pas pour les autres ^^

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Profil

bonheur

le dimanche 08 mars 2015 à 19h21

Je dirai plutôt, vis ce qui te convient, suivant tes émotions et ressentis et délaisse le reste. Le polyamour ne peut se vivre par choix mais parce que cela nous correspond et que l'on s'épanouit. L'important est ton bonheur. Si tu es heureux, ton entourage le sentira et c'est important de communiquer cela.

C'est bien de s'interroger sur son avenir, mais agir en fonction d'un idéal qui semble intellectuellement bien ???

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Profil

Cyril

le dimanche 08 mars 2015 à 22h06

Merci pour vos réponses qui sont très intéressantes à lire.

Pour revenir à cette infime population féminine favorable ou séduite par le poly, j'aimerai surtout savoir si elles choisissent la vie mono par conviction ou si elle le subissent ? Subir dans le sens où elles ne se sentent pas d'assumer une "telle" relation, restant très marginale dans notre monde par exemple. Les femmes font particulièrement attention à leur image qu'elles renvoient, beaucoup plus que les hommes. Il est inconcevable déjà pour certain(e)s que les femmes couchent le premier soir, allez imaginer pour ceux-là que la femme ait plusieurs partenaires (affectives et/ou sexuelles) consenties ...

C'est pour cela que je suis convaincu qu'il y a plus de femmes poly qu'on ne le pense. Pour cela, pas de secret ; il faut libérer la parole. La communication et l'écoute sont les bases, dès les premier rendez-vous. Mais aussi, comme l'a justement dit Cabosse, gardons notre honnêteté intellectuelle. Ce n'est pas simple à appliquer, il faut le concéder. Affirmer à une personne qui nous plaît vraiment lors des premiers rencarts qu'on est défavorable à toute forme d'exclusivité dans le couple (sans dire explicitement qu'on est polyamoureux - la communication est tout un art) demande une grande confiance en soi, et d'affirmation de soi par la même occasion. Sauf si on a la chance de savoir d'avance que cette personne est plus ou moins sur la même longueur d'onde que nous !

Séduire est une chose, rester soi-même en est une autre.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Profil

Siestacorta

le lundi 09 mars 2015 à 10h04

"Infime population mono féminine favorable"...
Certes (et bon, infime c'est le nombre qui assume, le nombre qui peut le faire a sans doute plus à voir avec une portion des monos en série à rythme rapide et une portion des adultères) mais je crois que le poly n'est pas une caractéristique aussi indifférente de la personnalité que "brune" ou "aimant les balades en forêt".
Donc même si c'est un critère discriminant fort (je parle de poly et polycompatibilité confondus), c'est surtout qu'il est significatif : à partir du moment où toi tu assumes ton besoin de non-exclusivité, le choix de personnes qui peuvent t'aimer ainsi est le meilleur, donc qu'il y ait plus d'autres possibiltés de faire des choix qui ne te font pas de bien est pas pertinent...

Mais là encore, je parle de choisir des gens, pas pour cause d'étiquette poly, mais parce que leur façon d'aimer peut leur faire dire "je l'aime, poly ou pas". Ce qui fait pas si peu de monde.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Profil

Siestacorta

le lundi 09 mars 2015 à 10h20

Cyril

Séduire est une chose, rester soi-même en est une autre.

Parfois, non, et quand on séduit avec un soi-même qu'on assume, on séduit aussi super bien. C'est pas seulement sur la non-exclusivité
...(qui peut aussi être un argument positif, il y a des tas de circonstances et de gens pour qui l'expérience en soi vaut la peine, faut juste accepter le risque que ça prenne pas, et être ferme sur le fait que non, on se "soignera" pas de la non-exclusivité juste parce qu'on aime, puisque, justement, aimer nous fait pas cet effet là)...
qu'être soi-même et hors des attentes normées peut être séduisant : avoir un physique non-californien, avoir des goûts culturels marqués (tatoués même des fois), avoir des passions perso pas partagées par tous... quand on assume, qu'on s'aime bien avec ça, ben on est plus séduisant. Et idem avec le poly.
De fait, la vie affective de pas mal de potes poly est riche, faire des rencontres, que ce soit avec l'aide pratique d'OK Cupid ou juste dans la monde normal, c'est certes plus difficile, mais toujours très possible, et justement, la confiance en soi y est un facteur plus déclencheur que la question du poly. Le fait de (se) le présenter comme un problème augmente beaucoup la probabilité que ça en devienne un. Il faut le présenter, mais comme on parle du reste (j'ai un enfant / j'ai déjà des amoureux / j'ai un boulot prenant / je suis décroissant / je fais 5h de sport par semaine... etc).

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Profil

Cyril

le samedi 14 mars 2015 à 17h30

à partir du moment où toi tu assumes ton besoin de non-exclusivité, le choix de personnes qui peuvent t'aimer ainsi est le meilleur, donc qu'il y ait plus d'autres possibiltés de faire des choix qui ne te font pas de bien est pas pertinent...

Oui. Ce n'est pas souvent facile d'assumer pleinement cette vision de non exclusivité, surtout face à des personnes qu'on connaît à peine, mais j'avance sur ce point. L'épanouissement personnel passe justement par la cohérence de nos pensées aux actes ; un travail en soi qui peut être difficile par moment mais passionnant.

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