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Monogame de tout poly unissez vous

Monogamie
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(compte clôturé)

le jeudi 29 janvier 2015 à 21h18

Non, ce titre n'est pas un appel à la croisade normative, ni le délire d'un état monogame du couchant, c'est uniquement le cri du cœur qui m'est venu lors du dernier café poly organisé à Paris et premier auquel je participais.

Au cours du débat un malaise est petit à petit monté en moi. Pourtant l'ambiance était détendue, plutôt joviale. Je n'adhérais pas forcément à tous les propos tenus mais ils n'avaient rien de choquant même si pourtant parfois assez éloignés de "ma normalité". En réfléchissant à ce malaise deux facteurs me sont apparus. D'une part bien évidemment ma situation actuelle. Parfois difficile à gérer, voire à supporter, les propos venaient parfois alimenter certaines de mes inquiétudes, certaines de mes angoisses. Et d'autre part l'absence des monogames. Je me faisais l'impression d'être le dernier des mohicans. Où étaient donc passés les monogames. N'avaient ils pas eux aussi des difficultés à annoncer à leurs entourages leur mode de vie ? Ne pouvaient ils pas être eux aussi les cibles de jugements peu amène ? Certains me diront "Eh banane, fallait le prendre le micro, c'était pas interdit !!!". Oui en effet ce n'était pas interdit, mais étant nouveau dans le lieu, me sentant ultra-minoritaire et les questions étant formulées pour s'adresser à des polyamoureux plutôt qu'à des monogames (d'ailleurs le terme monoamoureux serait plus agréable), je ne me suis pas senti le courage et la présence d'esprit pour me saisir de la parole.

Avant de continuer un très bref résumé des épisodes précédents qui m'amenèrent à cette soirée. Il y a maintenant un peu plus d'un an je suis tombé (chute assez vertigineuse en fait) amoureux d'une femme. Assez rapidement, à son initiative, il a été établi que la fidélité n'était pas nécessaire. Etant plutôt d'un modèle classique j'acceptais à condition de ne rien savoir. Il y a trois mois la politique de l'omerta ayant atteint ses limites nous décidions de mettre carte sur table. C'est alors que j'appris que la femme que j'aimais aimait deux hommes, moi, et un autre. Arrêt brutale de la chute, retour violent sur le plancher des vaches. Aujourd'hui la situation est parfois difficile mais j'essaye de m'accrocher coûte que coûte et de trouver les moyens de continuer cette histoire qui reste en dépit de ce que j'ai appris terriblement forte et réciproque.

D'où ma venue mardi dernier à cette soirée poly, avec l'espoir de rencontrer des personnes confrontées aux mêmes difficultés. Au cours du débat seuls les polyamoureux (ou presque) s'exprimèrent. Le malaise ci-dessus mentionné prenant de plus en plus de place, je craquais et m'en allais avant la fin des échanges. Retour à la case départ.

J'utilise donc cet espace d'échange pour poser les quelques questions qui me viennent régulièrement et qui me sont venues au cours de cette soirée.

Monogames et polyamoureux sont ils solubles dans une relation amoureuse ? En d'autre terme une relation peut elle résister à long terme sans que l'un ou l'autre ne change ? Ou la seule façon pour un monogame de bien vivre cette situation est de franchir le pas, si bien sûr il en est capable, du polyamour.

Si cette relation est possible sans que l'un ou l'autre ne change, comment fait on pour résister à la jalousie qui régulièrement vous grignote les neurones et a la fâcheuse tendance de blanchir vos nuits ?

Y-a-t 'il un autre monogame dans la salle ? Plus sérieusement je suis très intéressé par tout témoignage sur le sujet et est prêt à retenter l'expérience d'une soirée poly le mois prochain pour en discuter. Et pourquoi pas un de ces jours un débat sur le sujet "un monogame dans le monde du polyamour : est ce possible ?".

Merci d'avance pour votre lecture sans aucun doute attentive et aux réponses que vous pourrez me faire.

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Apsophos

le jeudi 29 janvier 2015 à 21h39

Tu serais pas du genre à regretter que les hommes ne prennent pas la parole dans les réunions féministes, des fois ?

Au risque de dire n'importe quoi, à la question "sont-ils solubles", tu es au mauvais endroit si tu attends comme réponse une sorte de règle universelle. Le sujet a été évoqué de nombreuses fois ici-même.

[ATTENTION j'enlève le module d'auto-censure]
Allez hop, mettez-moi ça au goulag.

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aviatha

le jeudi 29 janvier 2015 à 22h08

Moi aussi j'aimerais bien entendre un peu plus les hommes dans les réunions de féministes =P
Bon alors pour être une autre mono dans la salle, je te rassure, même si tu as des questions à poser, ils mordent pas ^^
En revanche, je vois de quoi tu parles en ce qui concerne le malaise, ça m'est arrivé ici aussi, et ça m'arrive encore régulièrement, déjà parce qu'on est minoritaires, mais ça c'est normal, ensuite parce que parfois les propos tenus sont violents sans le vouloir.
Alors, je suis pas non plus la dernière des mohicans, y en a un certain nombre ici, mais c'est vrai que je l'ouvre rarement parce que moi mon expérience dans le domaine a abouti à la conclusion que le prochain qui me parle de polyamour retrouve dans la minute qui suit ses valises sur le pas de la porte, donc généralement, je la ferme, pour pas décourager ceux qui tentent :-)

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Apsophos

le jeudi 29 janvier 2015 à 23h00

aviatha
déjà parce qu'on est minoritaires

cdn.alltheragefaces.com/img/faces/large/laughing-l...

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(compte clôturé)

le jeudi 29 janvier 2015 à 23h06

Cher camarade tchékiste. Quelle perspicacité, je suis en effet de ceux qui regrettent que les hommes ne s'expriment pas dans les réunions féministes. Car de la même façon qu'il n'est pas nécessaire d'être une femme pour être concerné par le féminisme et pour s'exprimer, échanger, dialoguer sur le sujet, il ne me semble pas nécessaire d'être polyamoureux pour s'exprimer, échanger, dialoguer sur le polyamour. Surtout qu'en tant qu'homme monogame je suis aussi bien impliqué par l'un et l'autre des sujets. A ce rythme il faudrait être juif pour parler d'Israël, noir pour parler du black power, homosexuel pour parler du mariage pour tous, ... Cela me donnerait presque envie de visiter ton goulag, il doit s'y trouver plein de personnes très intéressantes avec qui parler. Et vraiment navré d'avoir abordé un sujet semble-t-il éculé et de nombreuses fois évoqué, mais qui malgré tout fait toujours réagir.

Aviatha, merci pour ta réponse. Ils ne mordent pas, j'en suis convaincu, même si certains semblent nostalgiques des purges à la mode soviet.

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Lagentda

le jeudi 29 janvier 2015 à 23h09

Parallele, je pense que tu trouveras de nombreux sujets et témoignages ici parlant de la difficile gestion de la jalousie (d'ailleurs ça concerne aussi bien des gens qui se disent mono que des gens qui se disent poly,...)
Je comprends qu'on puisse ressentir un malaise quand on est dans un contexte où on se sent un peu décalé par rapport à une ambiance qui semble être celle d'un partage ultra-positif. Mais, tu dis que tu as envie de revenir, c'est la preuve que tu as quand même trouvé dans le café polyamour une source d'intérêt, de questionnement et de stimulation...
Ce serait sympathique aussi que tu parles de l'interêt que tu y as trouvé (et de même, aviatha, l'intérêt que tu trouves à venir souvent à ces cafés polyamour,...)

J'aime l'ouverture.

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(compte clôturé)

le jeudi 29 janvier 2015 à 23h23

là, je sens qu'on m'appelle....

En ce moment, je suis monogame. Pour être précis, monogame sceptique. Je viens de commencer une relation sérieuse (de celles où on vit ensemble, on essaie de faire des enfants, on connait toute la famille de l'autre), je lance mon entreprise, et dans tout ça, je n'ai ni le temps, ni l'envie de commencer des nouvelles relations.

Le risque, dans l'environnement poly, est celui de tomber dans le polyamour-isme, le fait de transformer une pratique (en ce cas, une pratique amoureuse) en une idéologie: le mariage est dépassé, la famille est bourgeoise, il faut démolir le couple traditionnel, déconstruire, déconstruire, déconstruire!

Donc, aujourd'hui je suis monogame, demain je serai peut-être à nouveau polyamoureux, on sera un couple mono-poly, mono-mono, poly-poly, ou bien libertins, platoniques ou tous ce qu'on aura envie d'être.

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Ah, et je suis aussi féministe sceptique: je pratique l'égalité au jour le jour (à la maison comme au travail), mais dans une réunion féministe c'est mieux que je ne prenne pas la parole...

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(compte clôturé)

le jeudi 29 janvier 2015 à 23h29

parallele
Et d'autre part l'absence des monogames. Je me faisais l'impression d'être le dernier des mohicans. Où étaient donc passés les monogames.

Bonsoir parallele,

Les cafés poly sont organisés pour échanger sur le thème du polyamour et donc forcément, il y a surtout des polyamoureux dans la salle. Et qui causent de ce qu'ils vivent dans leurs vies de polyamoureux ou polyamoureux en devenir.
Ces cafés sont ouverts aux personnes qui ne sont pas polyamoureuses mais on va plutôt parler de problématiques polyamoureuses puisque c'est ce qui intéresse les gens qui viennent. Et oui en effet, les questions sont formulées pour s'adresser à des polyamoureux plutôt qu'à des monogames.
Pour prendre une image, si je roule à moto et que je vais à une réunion de motards, je m'attendrai à ce qu'on y parle de moto. Pas en priorité, par exemple, de comment les conjoint.e.s des motard.e.s vivent le fait d'être en couple avec quelqu'un qui roule à moto.

Une fois qu'on a dit cela, il n'est pas interdit de proposer comme thème de débat d'un prochain café "comment réagir quand on est monogame et que son.a partenaire veut adopter un mode de vie non-exclusif" ; après il faudra voir s'il y aura beaucoup de personnes à même de contribuer.
Ou comme tu l'as fait, d'ouvrir un fil de discussion ici. Tu peux aussi faire une recherche avec l'outil (en haut à droite de l'écran) car tu n'es pas le premier dans ta situation à écrire sur ce forum.

aviatha
[...] déjà parce qu'on est minoritaires, mais ça c'est normal, ensuite parce que parfois les propos tenus sont violents sans le vouloir.

Là j'ai un peu la même réaction qu'Apsophos : c'est assez savoureux et touchant en même temps de lire ça parce que les minoritaires, dans la vie en général, ce sont, je le rappelle, les polyamoureux qui vivent dans un monde où l'exclusivité sentimentale et sexuelle est la norme.

Quant aux propos parfois violents, là encore je rappelle qu'on est sur un forum de polyamoureux, donc qui parfois vont tenir des propos un peu forts sur la monogamie. Ca ne me semble pas aberrant. Et pour mémoire, ce forum est souvent apprécié pour la retenue, la bienveillance et l'écoute dont ses membres font preuves.
Pour l'avoir entendu dans la bouche de plusieurs personnes en détresse, essayez d'aller sur un forum Doctissimo quand vous êtes non-exclusif, vous m'en direz des nouvelles côté sentiment d'être minoritaire !

parallele
Où étaient donc passés les monogames. N'avaient ils pas eux aussi des difficultés à annoncer à leurs entourages leur mode de vie ?

Est-ce une erreur de formulation ? Parce que des personnes exclusives ayant des difficultés à l'annoncer à leur entourage, généralement exclusif comme 99% de la population, je n'en connais pas. D'ailleurs normalement on ne l'annonce pas, vu que c'est LA norme.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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aviatha

le jeudi 29 janvier 2015 à 23h40

@Lagentda
Je ne suis venue qu'une fois à un café poly, et le contexte était un peu particulier (pour ceux qui se souvienne, Cendre voulait que son mari se sente un peu en confiance sur le sujet, et la présence d'une mono était plus que bienvenue, au final ça s'est organisé autrement mais c'était l'idée).

L'intérêt pour moi au début était d'essayer de gérer le changement que ça entrainait dans ma relation, donc je venais prendre conseils et expériences.

Après que ça ait foiré dans les grandes largeurs (de l'avis général peut-être plus à cause de la personne impliquée que du poly en lui-même), je me suis rendue compte que le double tranchant d'être venue ici était que, si d'un côté on m'offrait une vision des choses autre, et des conseils que je n'aurais sans doute pas pu obtenir ailleurs, ils venaient de personnes (forcément) très positives vis à vis du poly et pour lesquels c'est la monogamie (donc mon attitude) qui était problématique (je grossis terriblement le trait ici, ceux qui ont suivi ça à l'époque savent à quel point c'était bien plus complexe que ça), et j'ai manqué d'une position me rappelant que le polyamour pouvait aussi être une violence pour les mono viscéralement mono, une violence qu'il ne fallait pas tolérer, de la même manière que les poly ne doivent pas tolérer qu'on leur impose l'exclusivité.

Au final, je suis resté sur le forum, d'abord parce qu'il est plein de gens chouettes, et ensuite pour parler, rarement certes, mais bien j'espère et être un peu pour ceux que je vois prendre le même chemin que moi, la voix qui m'a manqué à l'époque.

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Lagentda

le vendredi 30 janvier 2015 à 00h05

Merci de cette réponse, aviatha, et c'est bien sûr important de se sentir tous bienvenus. Je trouve que tu apportes ta pierre au débat.

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Apsophos

le vendredi 30 janvier 2015 à 00h21

parallele
A ce rythme il faudrait

Ah non surtout pas. Mais il ne faut pas non plus s'étonner, quand on fait partie de la catégorie dominante, qu'on ne te donne pas la parole lors d'un rassemblement de déviants et qu'on n'ait pas forcément envie d'y évoquer tes problèmes de personne normale.
Sur ce forum, par contre, des positions similaires à la tienne sont exposées régulièrement, chacune a ses spécificités et si tu n'avais pas mentionné ce manque d'attention lors de la rencontre où tu t'es rendu, j'aurais gardé mon "au goulag" pour moi et mes potes libertrolls. (un goulag, certes, mais autogéré)

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Siestacorta

le vendredi 30 janvier 2015 à 10h29

parallele
Je me faisais l'impression d'être le dernier des mohicans. Où étaient donc passés les monogames.

Ils peuplent 99 % du pays. Ils nous parlent de leurs vies et de leurs choix et difficultés devant la machine à café, on les entend assez souvent à la radio, on les voit à la télé, dans les chansons, on les voit dans les fictions, on a leurs jugements dans plein de commentaires sur internet. Tu peux pas les rater.
C'est faisable de les rencontrer et de trouver par mi eux quelqu'un qui te laisse pas de malaise...
J'en fais un peu des tonnes, mais Apsophos est assez juste aussi :

Apsophos
il ne faut pas non plus s'étonner, quand on fait partie de la catégorie dominante, qu'on ne te donne pas la parole lors d'un rassemblement de déviants et qu'on n'ait pas forcément envie d'y évoquer tes problèmes de personne normale.

Bon, sarcasme épidermique mis à part, bien sûr, il y a un tropisme ici et dans les cafés, mais il s'explique par la réalité de la société plus que par la pensée de ceux qui tentent d'ajouter quelque chose qui leur convient mieux et qui n'y est pas représenté.
.
Certes, un évènement ou deux sur "mono-poly" pourraient être organisés, avec invitation aux déçus et aux poly-incompatibles à venir s'exprimer.
Le problème, c'est que la foire d'empoigne est une bonne probabilité dans ce cas, puisque le malaise que tu ressens peut être assez puissant te faire quitter la salle alors que "nous" (brrrr...) ne préchons pas la conversion et même émettons régulièrement des remarques sur le mode "tu peux aussi décider que c'est pas pour toi, on sait bien par expérience qu'on peut pas tous être heureux sur le même fonctionnement amoureux", tu imagines à quel point les réactions peuvent être outrées.

Tu peux faire une Internationale des monos polytraumatisés, mais sachant qu'on est nous-même pas très nombreux, qu'on deale je pense, dans nos relations avec beaucoup d'énergie et d'attention, tu risques vites de te retrouver à parler avec ou au nom d'un nombre à peine aussi grand de gens qui procuriseraient sur le poly parce qu'ils n'ont pas réussi à dealer avec leur partenaire poly à eux (et les histoire sont si différentes que seules quelques généralités qu'on prononce aussi nous-même pourraient être vraiment affirmées).
Après, si ça peut faire du bien d'en causer et de confier vos ressentis, ben ce fil ne disparaitra sans doute pas, hein ! Et il y aurait moyen que vos fassiez votre groupe de discussion et de nous tenir au courant de temps en temps, on trouverait bien quelqu'un pour vous rendre la courtoisie.

Pour moi, être poly ou mono, hétéro ou gay, nulipare ou parent, c'est pas un sujet qui peut se débattre entre antagonistes sur le mode "pensez aux mauvais côtés avant de faire ce choix". C'en est déjà pas exactement un. Et quoi qu'il arrive, c'est réfléchi, pensé, la contradiction est déjà passée par là. Si tu la lis pas ou l'entend pas, c'est que tu passes à autre moment de nos histoires.

Enfin, le troll a visé juste. Même si c'est bien que des hommes puissent s'exprimer dans une réunion féministe, il est assez fréquent qu'ils demandent ça dans l'absolu, comme vertueux "par nature", pas en fonction de ce qui est dit ni du contexte du féminisme dans la société qui ne l'est pas.

Et évidemment, ici, nous regrettons bien sûr qu'il n'y ait pas de vrais goulags pour les impertinents comme toi. On a vraiment réellement sans rire envie de te reconditionner le cerveau ou t'exterminer, selon ce qui arriverait en premier. On regrette vraiment cette époque bénie du communisme de caserne, ouiouioui, c'est ça t'as compris l'esprit.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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MagentadeMars

le vendredi 30 janvier 2015 à 11h12

Excellent le discours de Siesta, mais je fais plus court : si tu vas dans un gay bar, tu te plains de ne pas y trouver beaucoup d'hétérosexuels ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Juliejonquille

le vendredi 30 janvier 2015 à 11h32

Siestacorta
Tu peux faire une Internationale des monos polytraumatisés,

J'aimerais bien un endroit pour que mon mari mono qui ne parle pas puisse vider son sac, parler de sa souffrance et avoir du soutien, des compagnons de galère (pas Doctissimo !!!).
Je suppose que la jalousie et la souffrance du Mono, sont pénibles à comprendre et à écouter pour des Poly qui ont souvent déjà fait ce travail ou y sont moins sujets.

C'est sûr que dans une situation de mono-poly , cela doit être difficile d'écouter des poly épanouis ou triomphants. Sinon, il y a le café poly confidentiel pour évoquer une situation personnelle ?

MagentadeMars
si tu vas dans un gay bar, tu te plains de ne pas y trouver beaucoup d'hétérosexuels ?

C'est un peu plus complexe. Les Monos sont parfois en relation avec des Poly, il y a les Polyacceptant.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le vendredi 30 janvier 2015 à 11h38

Ceci dit, bien que sur ce forum les questions que tu poses à la fin reviennent souvent, on t'a pas ou peu répondu à toi...

Objectivement avec le reste du contenu du post, tu l'as un peu cherché, mais désolé de passer à côté, sincèrement.

parallele
une relation peut elle résister à long terme sans que l'un ou l'autre ne change ? Ou la seule façon pour un monogame de bien vivre cette situation est de franchir le pas, si bien sûr il en est capable, du polyamour.

Si cette relation est possible sans que l'un ou l'autre ne change, comment fait on pour résister à la jalousie qui régulièrement vous grignote les neurones et a la fâcheuse tendance de blanchir vos nuits ?

Non, c'est pas obligatoire de devenir poly pour rester avec un poly. Il y a des polycompatibles qui vivent une grosse indépendance, qui ne se sentent pas quittés à chaque minute de l'absence d'un poly (qui peut matériellement ressembler, si on écarte les anticipations anxieuses, à son absence quand il bosse ou quand il fait des trucs pour lui), qui vivent leur propre vie, bien remplie, sans se demander si il leur manque virtuellement quelque chose quand l'autre a d'autres ancrages.

Mais tu fais montre, dans ton écriture, d'un caracatère passionné, et je pense que dans ton cas, éprouver ta propre liberté pour apprécier celle de l'autre serait effectivement le mieux. Constater que non, ta seule envie est pas de quitter l'autre pour comprendre comment ça se peut que celle-ci désire conserver votre relation.

Comment résister à la jalousie... hm. Résister à la ressentir, je crois pas que ce soit possible, à court terme, dans le feu de l'action. Tu peux avoir pas mal de réflexions, ou de méditations, qui peuvent à long terme te donner la prise de recul "non, je ne veux pas que cette personne aussi triste et colérique ce soit moi".

Mais à court terme, tu ressens ce que tu ressens. Beh oui, la jalousie, même pour un poly, c'est pas un pêché. Enfin.. si, techniquement, dans la Bible, l'Envie en est un, mais... bref spaldébat.
On peut être poly et ressentir la jalousie. Si, si !
La différence, le plus souvent, c'est pas la matière première des sentiments, c'est la façon dont on décide de la traiter une fois qu'on a regardé.
Ressentir la jalousie, c'est pas nécessairement lui donner raison en nous. Comme la colère. Ca nous donne une alerte sur quelque chose qui ne nous convient pas, ça signifie pas qu'exprimer le sentiment brut à l'autre, et lui faire prendre en charge nos sentiments, apportera le changement qui convient.

Donc, résister à la jalousie, c'est à la fois l'admettre et exprimer ça en dialogue, plutôt que soit rester seul avec soit la balancer à la tête du partenaire.
Pour que ce dialogue donne quelque chose (et j'arrête là l'optimisme : ça peut aussi bien être un choix poly qu'un choix qui ne le soit pas), il y a de bons repères à prendre dans la Communication Non-Violente. Tu as l'occasion de dire ce que tu ressens à l'autre, d'avoir des réponses "écoutantes" de sa part, et de pouvoir, dans un contexte bienveillant, chercher des issues.
Et si ça n'arrête pas les ressentis de jalousie, avoir une perspective constructive avec ton partenaire permet de ne pas avoir que des passions tristes en tête.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le vendredi 30 janvier 2015 à 11h54

Juliejonquille


C'est sûr que dans une situation de mono-poly , cela doit être difficile d'écouter des poly épanouis ou triomphants.

Oui, il y en a, et ça peut aussi être un problème entre poly, d'ailleurs, puisqu'il peut y avoir un concours plus ou moins conscient de performances d'openitude et de sexytude, et si t'es pas in t'es out.

Mais... Une grande partie des témoignages poly, lu ou entendus c'est pas "j'y arrive et c'est tout simple et évident comme l'eau fraîche", c'est plus "je travaille là-dessus".

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 30 janvier 2015 à 11h58

parallele
Monogames et polyamoureux sont ils solubles dans une relation amoureuse ? En d'autre terme une relation peut elle résister à long terme sans que l'un ou l'autre ne change ? Ou la seule façon pour un monogame de bien vivre cette situation est de franchir le pas, si bien sûr il en est capable, du polyamour.

Si cette relation est possible sans que l'un ou l'autre ne change, comment fait on pour résister à la jalousie qui régulièrement vous grignote les neurones et a la fâcheuse tendance de blanchir vos nuits ?

Les seuls couples mono-polys que je connais qui fonctionnent bien sur le long terme sont ceux où chacun a admis sa différence. Le mono sait que son (ou sa) partenaire est poly, il l'a admis et pose ses limites du genre "préviens poi si tu as une relation, mais ne m'en dis pas plus" ou même "dis moi juste quez tu sors ce soir et quand tu rentres, mais je ne veux pas en savoir plus". Le poly sait que son ou sa partenaire est mono, ne le ou la forcxe pas à devenir poly, n'essaie même pas, mais ravale ses grands principes de "transparence-on se dit tout- sinon c'est pas du poly c'est de l'adultère" et respecte les limites posées par le (la) mono.
Comment gérer la jalousie? En admettant qu'elle existe, que c'est un sentiment qu'on peut apprivoiser en cherchant pourquoi et comment on la ressent. Et puis, si c'est décidément trop difficile et douloureux, on tire la conclusion: "Chéri(e), je n'y arrive pas, il vaut mieux qu'on se sépare". Ben oui, il y a parfois des incompatibilités trop douloureuses pour s'y éterniser. Cela étant, je recommande toujours d'attendre au moins un an ou deux pour se séparer, car il est fréquent qu'une chose qui paraît insupportable à un instant T se révèle vivable à l'instant T+1.
Quant au sentiment de minorité des monos dans un café poly... Evidemment! En général, les réunions de n'importe quel courant de pensée regroupent des gens qui partagent ce mode de pensée. Dans un meeting de l'UMP, il y a une majorité de partisans de l'UMP, dans un meeting du PS, une majorité de PS (et pourtant, ils ne sont pas si éloignés idéologiquement :-) ) Il n'y a qu'aux matches de foot qu'on trouve des partisans de chaque équipe... et généralement ils se foutent sur la gueule à la sortie! Les polys n'étant pas, mais pas du tout belliqueux, tu ne cours aucunement ce risque, c'est fabuleux.
En revanche, pour moi qui ai un peu essuyé les plâtres du polyamour, je peux te dire que j'ai reçu des lettres haineuses de femmes persuadées que je sautais leur compagnon (alors que pas du tout!) des lettres furieuses que j'aie l'air heureuse malgré ma vie dissolue, des menaces, des souhaits que mes enfants meurent de honte d'avoir une mère dépravée, des animateurs TV ou radio me traitant de "croqueuses d'hommes" ou glosant sur mes centaines d'amants supposés, des propositions de coucheries ou de partouzes au motif que j'étais forcément une "saute-au-paf". Plutôt agressif, non? Parfois traumatisant, surtout à une époque où j'étais totalement minoritaire, sans site poly, sans rien pour trouver du soutien. Même certains amoureux, à l'époque, étaient dans l'incompréhension et parfois la critique.
Comment on surmonte cela? En assumant ce qu'on est parce qu'on a assez réfléchi sur son choix pour être sûre que ce n'est pas un caprice, pas une mode mais une part importante quoique pas la seule de con identité.
Alors les plaintes sur la supposée solitude des monos, laisse-moi rire...

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Siestacorta

le vendredi 30 janvier 2015 à 12h11

aimerplusieurshommes

Quant au sentiment de minorité des monos dans un café poly... Evidemment  ! En général, les réunions de n'importe quel courant de pensée regroupent des gens qui partagent ce mode de pensée. (...) Il n'y a qu'aux matches de foot qu'on trouve des partisans de chaque équipe... et généralement ils se foutent sur la gueule à la sortie  !

<3

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Apsophos

le vendredi 30 janvier 2015 à 14h27

aimerplusieurshommes
Comment on surmonte cela  ? En assumant ce qu'on est parce qu'on a assez réfléchi sur son choix pour être sûre que ce n'est pas un caprice, pas une mode mais une part importante quoique pas la seule de con identité.

La partie réflexion, c'est plutôt un conseil que je donnerais aux "mono", vis-à-vis de chacune de leurs relations.

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aviatha

le vendredi 30 janvier 2015 à 15h25

aimerplusieurshommes
Et puis, si c'est décidément trop difficile et douloureux, on tire la conclusion : "Chéri(e), je n'y arrive pas, il vaut mieux qu'on se sépare". Ben oui, il y a parfois des incompatibilités trop douloureuses pour s'y éterniser. Cela étant, je recommande toujours d'attendre au moins un an ou deux pour se séparer, car il est fréquent qu'une chose qui paraît insupportable à un instant T se révèle vivable à l'instant T+1.

En général, je suis plutôt d'accord avec Françoise, mais sur ce point là pas du tout, du tout, du tout.
Ce que je disais plus haut, ç'en ait un excellent exemple, parmi les conseils qui m'ont fait (le plus involontairement du monde bien entendu) beaucoup de mal. De lire beaucoup de convaincus très positifs dire que ça irait mieux avec le temps, que je devais travailler sur moi et que je m'habituerais. Je pense qu'il est tout aussi fréquent qu'une chose qui parait insupportable à l'instant T se révèle insupportable avec des conséquences dévastatrices à l'instant T+1, certes, après ce sont des avis et chacun est libre de les prendre ou pas et d'en faire ce qu'il veut, mais c'est une réalité aussi que beaucoup de personnes qui postent ici pour des conseils dans une situation conflictuelle sont dans un grand état de détresse et très facilement influençables (par quelque opinion que ce soit d'ailleurs).
Quand à la supposée solitude des monos, si. Quand ils cherchent à vivre avec un poly, si. Moi à l'époque j'avais le choix entre entendre que c'était le dernier connard de la terre et que je ferais mieux de me tirer, ou entendre que c'était moi le problème, moi qui était une entrave à sa liberté et qui n'avais qu'à travailler sur moi pour que ça disparaisse, moi qui était en tort dans l'histoire. Donc si, je pense que les monos vraiment monos mais essayent de vivre sans le juger avec un conjoint poly se sentent terriblement seuls, au sein des deux camps.

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