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Discussion : Mon épouse sans libido me propose d'ouvrir notre couple
Allyah148
le mardi 10 mars 2026 à 11h07
Bonjour @biepicurieux57,
Alors je me retrouve dans certaines choses que tu décris mais du côté de ta femme. J'ai divers problèmes de santé depuis des années dont une fibro diagnostiquée il y a 2 ans. Mon fils de 13 ans a des TSA et un TDAH. Avec mon mari nous sommes mariés depuis 18 ans. Je ne suis pas ouverte ou polyamoureuse mais la question a été évoqué dans mon couple pour certaines raisons similaires à ce que tu expliques. Si tu veux m'envoyer un message privé n'hésites pas.
Discussion : Je suis mono exclusif mais elle doit reprendre sa liberté
Allyah148
le mercredi 04 mars 2026 à 10h04
Bonjour Maalis95,
Je me permets d'intervenir car je te sens dans une situation délicate et je ressens ton besoin de bien faire.
Cependant, tu te concentres exclusivement sur la survie de ta femme au détriment de la tienne et ça ne me semble pas être une solution viable. Son bonheur n'est pas plus important que le tien, vous êtes un couple et vos décisions de vie vous impactent tous deux, il faut trouver un équilibre à 2. Si demain tu t'effondres car tu as essayé de tout gérer seul elle en pâtira également. Elle finira bien par se rendre compte de la détresse que tu as pu ressentir, elle se sentira coupable et ça entraînera d'autres problèmes.
Avoir tes propres envies et besoins ce n'est pas tirer la couverture à soi, c'est juste exister dans la relation. Tu ne peux pas et ne dois pas vivre à travers elle. Ton corps t'envoie des signaux clairs avec l'insomnie et la perte de poids, c'est un signe de détresse mentale qu'il ne faut jamais ignorer.
Tu es très négatif envers toi même et je pense pas que ce soit juste, ce n'est pas parce-que tu es monogame que tu es égoïste. Au contraire, ici tu priorises très clairement ta femme, c'est tout sauf égoïste. Tu veux travailler sur toi et l'accompagner, c'est déjà un grand pas que tu fais mais vous devez le faire ensemble pour mettre toutes les chances de votre côté. Tout ça doit se faire dans un cadre défini, être libre ne veut pas dire ne plus prendre en compte son partenaire.
Il faut aussi que tu gardes en tête que peut-être tout cela peut ne pas fonctionner pour toi malgré tous les efforts du monde, certaines personnes ne sont pas faites pour la non-monogamie et tu es libre de ne pas l'accepter si ce n'est pas bon pour toi. Ta femme n'est pas la seule qui compte, tu comptes aussi et tu as également des enfants qui ont besoin d'un père bien dans son corps et dans sa tête.
La plupart des hommes ont tendance à tout garder pour eux et pensent protéger leurs conjoints, les enfants en cachant leur mal-être, mais c'est une grosse erreur car tôt ou tard les masques tombent... la chute n'est que plus brutale. Je l'ai constaté à plusieurs reprises dans mon entourage proche c'est pourquoi j'encourage largement les hommes à dialoguer même si c'est très difficile. Si en tête à tête tu n'es pas très à l'aise tu peux aussi écrire une lettre, ou faire intervenir une tierce personne : mon mari m'a accompagné chez ma thérapeute par exemple.
Je ne sais pas si mon avis pourra t'aider ou non, dans tous les cas j'espère sincèrement que tout se passera bien pour vous 2.
Message modifié par son auteur il y a 8 jours.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Allyah148
le samedi 28 février 2026 à 15h37
Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu décris @Aki. Pas toujours simple d'être un homme qui veut respecter les femmes.
Chez moi par exemple c'est mon père ou mon beau-père (qui sont des misogynes aguerris) qui balancent des réflexions pourries à mon mari car il fait la vaisselle, la cuisine et d'autres corvées ménagères.
Des "connaissances" masculines qui vont dire que mon mari est faible car il M'AUTORISE à partir sans lui en week-end ou parce-que je fais du topless...
Forcément rentrer dans le moule c'est carrément plus simple que de te battre en permanence pour éduquer d'autres gars.
Et puis il y a le côté émotionnel où là effectivement même le garçon qui est en phase avec le féminisme, malgré les embûches, va prendre du retard car il ne pourra pratiquement jamais exprimer ses émotions : ni l'école, ni à la maison, ni avec ses amis alors il prendra juste l'habitude de se taire. Habitude très ancrée, compliquée à changer... Et c'est très dur plus tard pour le conjoint qui se retrouve face à un mur alors qu'il détecte tout un tas d'émotions derrière sans vraiment pouvoir identifier lesquelles.
Discussion : Corps médical
Allyah148
le samedi 28 février 2026 à 15h04
Coucou @May !
Je voulais te rapporter mon expérience avec le corps médical en tant que personne monogame.
Il y a quelques années j'ai développé des soucis de santé dont personne n'a trouvé la cause après de nombreux mois d'examens. Il a été plus ou moins conclu que la cause était d'origine psychologique.
À partir de là toute ma vie a été examiné et contrairement à ce que certains pourraient penser (quelqu'un en a parlé plus haut il me semble) mon mariage monogame, tout ce qu'il y a de plus classique, a aussi été remis en question par les soignants. J'étais convaincue que mon mariage n'était pas la source de mes problèmes mais j'ai tout de même répondu à toutes les questions et refait plusieurs fois l'historique. C'était assez fastidieux de répéter en boucle que mon mari n'était pas violent ni psychologiquement ni physiquement et que non je n'avais pas découvert une infidélité de sa part qui m'aurait causé un choc émotionnel...
Malgré cette expérience désagréable, je pense qu'il vaut mieux être transparent avec les soignants et ne pas avoir peur d'aborder le sujet. Si on te sent à l'aise et sûre de tes choix il sera plus compliqué de remettre cette relation en question. Et si vraiment il y a un malaise avec la relation (j'ai beaucoup réfléchi sur mon mariage ce n'était pas une totale perte de temps finalement) ça vaut le coup d'explorer. Ce n'est peut être pas la cause de tes problèmes mais ça peut être un élément aggravant et c'est toujours bien d'en avoir conscience afin de prendre ses décisions.
Les soignants ne sont que des humains et c'est vrai que lorsqu'ils sont convaincus de quelque chose c'est très difficile de les faire changer d'avis. On m'a fait explorer la piste psychologique pendant longtemps car plusieurs médecins étaient sûrs que c'était ça alors qu'il s'est avéré que ma pathologie était bien physique. N'hésites pas à changer de praticien si tu penses que certains sont trop biaisés. Je sais que c'est compliqué vu la pénurie de médecins mais parfois malgré les difficultés ça vaut le coup.
Bon courage à toi, j'espère que les médecins trouveront une solution à tes problèmes.
Message modifié par son auteur il y a 12 jours.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Allyah148
le mercredi 25 février 2026 à 14h42
Je constate la même tendance dans mon entourage. Ce n'est pas très encourageant pour les relations hétéros mais il n'y a rien d'étonnant malheureusement.
Après plus de 20 ans avec le même homme pour ma part, les progrès de son côté sont là mais le retard au départ était tel que je n'ai pas eu le choix que de porter beaucoup plus de choses si je voulais faire perdurer la relation. Il faut vouloir, pouvoir porter ça et c'est pas un cadeau.
Maintenant, les choses sont plus faciles pour moi car il s'est ouvert mais aussi parce que j'arrive à lire son language non verbal et à anticiper certains de ses ressentis mais ça nécessite tellement de temps et d'énergie pour en arriver là ! Même avec toute la bonne volonté du monde je ne pense pas être en mesure de m'impliquer de la sorte avec quelqu'un d'autre. Une fois pas deux.
Alors si demain notre relation se termine je serai très certainement dans la catégorie des femmes qui restent seules amoureusement et qui cultivent d'autres types de relations... Et ça ne me semble pas du tout être la fin du monde contrairement à ce que certains hommes (ou gros mascus de base dirons nous plutôt) ont pu me dire ^^
Aki
J'ai l'impression que pour avoir des relations (hétéro), il est nécessaire d'être conscient-e des problèmes spécifiques de l'autre, de ses limites, des défauts de son éducation, de ses expériences (en fonction de son genre), et d'accepter que ça ne peut pas être parfait, qu'on sera fatalement déçu-e si nos exigences dépassent les capacités de la personne à s'améliorer.
C'est la conclusion à laquelle je suis arrivée également. J'ai pris le parti d' accepter ce côté négatif de notre relation tout en faisant en sorte d'équilibrer la relation du mieux possible autrement. On s'est pas trop mal débrouillés jusqu'à maintenant mais on est loin du dessin animé Disney.
Discussion : Interaction VS Relation
Allyah148
le lundi 23 février 2026 à 14h46
Ah oui désolée @artichaut si j'ai dit des choses qui ont aussi pu te gêner. Et si je n'ai pas bien saisi ce que tu voulais exprimer, sache en tout cas que je ne porte pas de jugement de valeur sur ta façon de vivre tes liens, je pense pas que ma façon soit meilleure ou qu'il ne faut pas essayer de bousculer les choses.
Discussion : Interaction VS Relation
Allyah148
le samedi 21 février 2026 à 14h04
artichaut
à la fois je respecte votre envie/besoin de relation, telles que vous le nommez @Alabama et @Allyah148
à la fois cette phrase recitée par @Allyah148 (et ça ne m'avait pas fait ça à la 1ère lecture) m'a fait un effet dévalorisation.
Le type de lien que tu as n'est pas ce vers quoi je tend naturellement alors pour moi il peut y avoir parfois un goût de "pas assez"... logiquement mon esprit va alors valoriser un type de lien par rapport à un autre. Mais ça découle juste de mes propres besoins, ce n'est pas une vérité absolue.
Toi tu es une personne complètement différente il est normal que d'autres types de liens te conviennent mieux. C'est ça le plus important finalement, que tu répondes à tes besoins et que tu trouves ton équilibre dans tes interactions, surtout si en face tu as des personnes alignées avec toi sur le sujet.
artichaut
j'ai trop idéalisé le "ami·es pour la vie" ou "tu peux compter sur moi" (dans les deux sens du reste)
Moi j'en suis là aujourd'hui mais dans 10 ans ce ne sera peut être plus le cas, rien n'est figé et mes besoins relationnels peuvent évoluer vers une autre voie.
Alabama
Je serais intéressée de savoir comment tu imagines, à un niveau plus collectif, un fonctionnement basé sur les interactions qui ne serait pas du chacun pour soi ?
Très bonne question !
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Allyah148
le samedi 21 février 2026 à 12h15
Oui effectivement je suis "coincée" uniquement sur le côté relation amoureuse si demain je devais me retrouver célibataire, mais comme ce n' est pas le cas pour le moment je n'ai pas trop de quoi me plaindre...
Pour le reste de mes relations c'est clair que mes amies remplissent largement mon coeur, j'espère qu'on finira en coloc' une fois à la retraite, j'ai cette idée un peu loufoque qui traîne dans ma tête !
Et puis la vie réserve parfois des surprises, je me suis fait une nouvelle connaissance sur ce forum avec qui je rigole bien. Alors que je suis arrivée ici un peu au hasard n'étant pas poly ^^
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Allyah148
le samedi 21 février 2026 à 01h42
Alabama
mais au final ça avance trop lentement et toujours à mon initiative et je ne trouve pas ça soutenable sur le long terme
Je confirme que ça peut être lourd donc si on ne peut pas/veut pas supporter cette charge on a le droit de lâcher l'affaire, j'ai pas de mal à comprendre pourquoi on dit stop au bout d'un moment.
Alabama
J'ai déjà une ado à qui je dois tirer les vers du nez, et ça me bouffe pas mal d'énergie
Oh là là tu prêches une convaincue ! Mon fils de 13 ans a des troubles du spectre autistique, il est fermé avec tout le monde et pour le moment je n'ai pas trouvé comment le faire s'ouvrir un minimum... je m'arrache les cheveux à essayer de le faire parler et quand j'y arrive je ne comprends pas forcément le message qu'il veut me faire passer. Ca pompe une énergie de dingue.
Alabama
Si ce n'est possible qu'avec des femmes, ma foi je vais en prendre mon parti
T'as bien raison il ne faut pas se compliquer la vie si on peut faire plus simple, moi je suis hétéro alors je suis coincée je crois :-)
artichaut
l'équité si elle est possible, est donc à chercher ailleurs, à mon sens. soit pas avec les mec cis hét', soit sur d'autres plans que les plans qui surjouent les scripts hétéros, soit accepter l'inégalité en connaissance de cause, et si c'est possible compenser autrement.
C'est exactement ça, j'ai accepté en connaissance de cause que le travail relationnel serait une des faiblesses de notre relation et j'ai compensé avec autre chose pour trouver un équilibre. De toute façon ce n'est pas une mauvaise volonté de la part de mon partenaire, c'est une combinaison de plusieurs facteurs et on ne peut pas revenir en arrière alors soit on accepte soit on part. Le fait de voir qu'il essayait de s'améliorer et que les progrès, même lents, sont là, ça m'a aidé aussi à accepter ce déséquilibre mais c'est vraiment pas facile. Beaucoup de discussions, de disputes, d'ajustements, de découragement... plutôt logique que des relations n'y survivent pas et qu'on ne veuille plus de ça dans sa vie.
Discussion : Interaction VS Relation
Allyah148
le samedi 21 février 2026 à 00h53
artichaut
je ne sais pas de quoi tu parles, mais je pourrais me considérer comme quelqu'un qui a — non pas 'un boulet au pied' (je n'oserait pas en tant que blanc cette référence à l'esclavage) — mais des complexités particulières, et je fréquente beaucoup de personnes qui ont des complexités (un enfant à charge, des troubles psy, des handicaps, des pbs de santé, de la précarité, etc).
Oui quand je dis boulet au pied (ma référence pour cette image n'est pas l'esclavage mais les criminels condamnés aux travaux forcés, désolée si je ne me suis pas exprimée comme il faut) c'est effectivement avoir ce que tu nommes des complexités particulières.
Je veux bien croire que tu fréquentes des personnes dans des situations compliquées car tu sembles très ouvert, de mon côté malheureusement je ne rencontre pas beaucoup de personnes comme toi et il y a trop d'obstacles quand je suis sincère sur ma situation... j'ai l'impression que les gens me voient comme un gros problème ambulant et préfèrent s'enfuir avant d'être contaminés !!!
Donc maintenant je reste très superficielle dans mes interactions (que je définis effectivement comme une façon de relationner moins intense, moins engageante) alors que je déteste ça à la base... mais c'est sûrement mieux au final, je dépense moins d'énergie et je ne suis pas déçue quand ça s'arrête.
Mais c'est dur pour moi de faire ça, je suis souvent décrite comme "trop entière", c'est tout ou rien (c'est pas du tout une bonne chose) alors être dans les nuances c'est vraiment un gros effort me concernant.
Alabama
Cependant, je suis heureuse d'avoir dans ma vie des relations avec engagement, qui ne se résument pas à une série d'interactions. Oui les relations finissent toujours à un moment, mais ça n'en reste pas moins des relations dans lesquelles je mets beaucoup de moi-même et l'autre aussi, au-delà des interactions. Et ça pour moi, c'est important et c'est même nécessaire à mon équilibre affectif je dirais. C'est juste que ce n'est pas possible avec tout le monde et que j'ai beaucoup voulu des relations avec tout le monde, indépendamment de ce qui était réellement possible avec ces personnes. Cela m'a apporté beaucoup de souffrance
Totalement en phase avec ça, c'est exactement comme ça que je vis et j'ai vécu mes relations / interactions avec les autres. J'ai amorcé un changement maintenant mais il a fallu que je prenne pas mal de revers avant de comprendre... mieux vaut tard que jamais comme on dit !
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Allyah148
le vendredi 20 février 2026 à 19h48
Coucou @Alabama,
Alabama
Aujourd'hui comme il y a 3 ans, je me demande si c'est vraiment possible de co-construire une relation hétéro égalitaire ou du moins équitable.
Alors de mon point de vue, après 20 passés avec un mec cis het je pense qu'une relation amoureuse égalitaire c'est impossible, équitable ça se peut se travailler mais pas avec tous les hommes... avec certains on part de bien trop loin pour en tirer quelque chose.
Mon mari par exemple n'a jamais été contrôlant sur mon corps, n'a jamais voulu limiter mon autonomie, a toujours participé aux corvées du foyer sans avoir à demander quoi que ce soit, il m'a toujours encouragé et il a fait des concessions pour s'adapter à mes projets... une bonne base pour une relation saine avec du donnant donnant. Par contre sur le côté travail émotionnel j'ai compris rapidement qu'on partait de très loin et j'ai dû m'y coller plus que ma part. En rencontrant sa famille j'ai compris que c'est l'environnement dans lequel il avait grandit qui l'avait façonné de cette façon. C'est pas qu'il ne veut pas c'est qu'il ne sait pas. Même lui tirer les vers du nez au début c'était mission impossible.
C'est fatiguant de toujours devoir initier les choses donc il a fallu décider si j'étais ok de m'en charger. J'ai considéré que cet aspect négatif de la relation de dépassait pas les aspects positifs de ce qu'on vivait alors j'ai fait le boulot. Après 20 ans je ne regrette pas cette décision car même s'il n'est toujours pas un champion de la communication sur ces émotions, il a fait des efforts pour évoluer et ça se voit. Il écoute vraiment et s'ouvre bien plus facilement lorsque je lance des sujets. Il m'a même accompagner chez ma thérapeute, il a parlé toute la séance, chose qui aurait été totalement inenvisageable il y a quelques années encore.
Mais c'est travail long qui peut être épuisant et je pense que je ne le referai plus si on venait à se séparer. Je ne pense pas que je rechercherai une autre relation aussi profonde avec un homme, je passerai très certainement en mode "interaction".
Et avec certains je ne serai même pas en mode "interaction" mais plutôt en totale fuite à toutes jambes... j'ai des exemples dans ma famille c'est à pleurer...
Discussion : Interaction VS Relation
Allyah148
le vendredi 20 février 2026 à 12h27
Coucou @artichaut !
Merci pour ce point de vue qui me donne à réfléchir.
artichaut
j'en suis revenu, car je trouve qu'il porte en lui tellement de monogamie cachée (le terme relation n'est-il rien d'autre qu'un sous-mariage, un sous-couple, un euphémisme qui ne dit pas son nom, mais qui chercherait toujours la même chose ?)
Alors c'est plutôt marrant mais pour moi qui suis monogame je ne vois pas forcément de monogamie derrière ce terme, je le vois juste comme un lien sérieux, un attachement entre des personnes... je me considère dans plusieurs relations et sauf si l'interlocuteur précise bien dans la conversation qu'il parle d'un amoureux exclusif je ne penserai pas immédiatement qu'il me parle d'une relation de couple monogame, mais bon je suis souvent en décalage avec les autres alors je ne suis peut être pas représentative de la société :-D
Quand je vois ce que j'ai vécu avec une de mes amies, on a traversé de lourdes épreuves ensemble qui ont nécessité du temps, de l'énergie, des sacrifices et il y a un tel attachement affectif depuis des années, comment ne pas décrire ça comme une relation ?!
Je comprends la différence que tu fais entre interaction et relation et je suis d'accord car effectivement une relation, peu importe la forme, pour moi ça demande beaucoup d'investissement de toutes les ressources. Malheureusement, je n'ai pas assez de ressources pour toutes mes relations, ça me chagrine beaucoup... j'essaie malgré tout d'interagir avec d'autres personnes mais ça reste difficile pour moi à cause de difficultés personnelles que des gens étrangers à mes relations ne sont pas enclin à accepter. Dans les interactions on cherche le côté facile, sans prise de tête et quand quelqu'un se pointe avec un boulet à son pied ça n'intéresse pas vraiment.
Discussion : Relation hiérarchique, dépression et nouvelles relations
Allyah148
le vendredi 20 février 2026 à 11h40
Bonjour Pam,
Tout d'abord je tiens à préciser que je ne suis pas poly alors je ne sais pas si mon avis pourra t'aider un peu mais j'ai senti ta détresse et ça m'a touché. Etant moi-même dans une situation de dépression et de maladies chroniques depuis un moment maintenant, je sais à quel point tout ça peut être vraiment difficile à vivre au quotidien.
Concernant ton problème je dirais que c'est quand ça va mal qu'on se rend compte vraiment de l'importance qu'on a pour quelqu'un (ami, famille ou amoureux peu importe la relation). "Aimer" quand tout va bien et qu'on ne vit que les bons moments c'est facile. Aimer quand la détresse de l'autre empiète sur ta vie, ça l'est beaucoup moins.
Il faut être lucide, être en relation avec quelqu'un de malade implique malheureusement des sacrifices. J'ai planté un certain nombre de fois des amis à cause de mes problèmes, il y a des choses qu'on ne fera plus jamais avec mon mari... si les gens en face de toi ne veulent pas prendre conscience que le malade ne fait pas ce qu'il veut mais ce qu'il peut, que ce n'est pas un caprice, qu'une maladie mentale ne se gère pas en 2 minutes et que la personne a besoin de soutien, il n'y a malheureusement rien que tu puisses faire.
Oui ce n'est pas juste, ni pour le proche qui parfois doit faire des sacrifices, ni pour le malade mais la vie n'est pas et ne sera jamais juste. C'est une question de choix et de priorité : la question pour Malou c'est "la santé mentale de Pam avec qui je suis depuis 2 ans compte-t-elle plus que mon envie de cette potentielle autre relation ?"
Aujourd'hui je suis plus ou moins stable et j'arrive à gérer un certain nombre de choses, ce n'était pas le cas il y a 2 ans et j'avais vraiment besoin du soutien de mon mari, il a été là et a fait des sacrifices pour m'aider à m'en sortir. Je lui en serai toujours reconnaissante même si on devait se séparer. Ca demande du temps et de l'énergie de la part du proche aidant : en entamant une nouvelle relation Malou va plus difficilement pouvoir être là pour toi car les ressources ne sont pas infinies, et si la relation en elle-même est un déclencheur pour toi tu risques les crises d'angoisse, les images mentales perturbantes et tout le package du dépressif donc sois prudente et ne prends pas le risque d'aggraver ton état.
Il a le droit de ne pas vouloir de ce rôle et il a le droit de se prioriser mais dans ce cas ça sent la fin de la relation car tu ne pourras pas aller mieux dans un contexte anxiogène pour toi. Si lui se priorise tu dois faire la même chose et surtout ne rien accepter au delà de tes limites, ta santé mentale vaut beaucoup plus que tout le reste.
Bon courage à toi, j'espère que les choses vont s'arranger pour toi.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : [Podcast] Pourquoi la tendresse devrait-elle rester enfermée dans le cadre de nos relations romantiques ?
Allyah148
le jeudi 29 janvier 2026 à 18h36
Merci pour la référence, dès que j'ai un peu de temps je vais écouter ça !
Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle
Allyah148
le jeudi 29 janvier 2026 à 18h30
Alabama
Ensuite tu parles du fait que chacun·e doit avoir ses autres relations et ses centres d'intérêts, et ça rentre tout à fait selon moi dans la discussion sur la compersion : je suppose que tu te réjouis quand ton mari vit des choses agréables sans toi.
Et comme tu le dis ensuite, la jalousie contrôlante, l'exigence d'être le/la seul·e l'unique en tout pour l'autre, me paraît toxique, et donc j'ai du mal à penser que des gens se disent que c'est sain et désirable.
Maintenant oui je suis contente pour lui quand il vit des choses sympas sans moi mais au départ ce n'était pas vraiment le cas, j'avais toujours l'impression que je devais être inclus dans tout et lorsque je ne l'étais pas j'étais très jalouse... Et sur le moment je n'ai pas pensé à sain ou pas, c'était juste "comme ça", je l'aime donc je suis jalouse, c'est normal.
Et je pense que beaucoup de personnes le vivent de cette façon, il n'y a pas de réflexion sur la chose car c'est admis comme "normal". Alors on vit simplement dans cette normalité sans se rendre compte qu'elle détruit.
artichaut
mais +globalement ce n'est pas seulement ça que je nomme système monogame, mais :
...
Oui je suis d'accord il y a généralement énormément d'attentes de la part de l'entourage ou de la société lorsqu'on est en couple, des fois on ne s'en rend même pas compte avant d'y être confronté. Et dès qu'on sort du cadre les gens ne comprennent pas comment ça peut fonctionner !
J'ai failli ne pas obtenir un emploi car j'étais mariée, l'employeur estimait que le job n'était pas compatible avec ma vie maritale... je suis tombée de ma chaise en voyant des inconnus se permettre de me dire comment mon couple devait vivre. On m'avait déjà fait le coup de "on ne veut pas de quelqu'un qui va tomber enceinte prochainement" mais le "vous n'arriverez pas à vivre comme ça en étant mariée" c'était nouveau :-/
artichaut
en tout cas à mon sens, la clef de voûte ce n'est pas la (non)exclusivité en soi, ou le nombre de relations, mais bien plutôt la compersion et la (non)séparation amour/amitié.
Comment vois-tu ou imagines-tu la non séparation amour/amitié ?
Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle
Allyah148
le mercredi 28 janvier 2026 à 17h49
artichaut
Cool un·e "monogame". Bienvenu·e ici !
Merci ^^
artichaut
je mets des guillemets à "monogame", car vu ce que tu racontes, tu m'a l'air en relation amoureusement exclusive certes, mais pas complétement dans le système monogame (1, 2). d'où ta présence ici, sans doute.
Alors aujourd'hui les choses ont évolué pour moi mais au début j'étais carrément dans le système monogame avec la jalousie ++++ et la compersion 0 puisque c'est le sujet de la discussion.
Clairement il a fallu à un moment se remettre en question car c'était toxique et si je voulais faire durer cette relation les choses devaient changer, mon mari lui n'a pas vraiment eu besoin d'adaptation c'est naturel chez lui.
C'est vraiment très compliqué de se remettre en question, de travailler sur soi et de gérer ses émotions qui sont vraiment très fortes parfois mais le résultat est quand même plus sain pour le couple au quotidien.
Je ne pense pas pouvoir être en relation poly un jour, c'est ma limite, pour tout un tas de raisons mais il y a des choses très intéressantes dans la dynamique des couples polyamoureux et certains des fils de discussions sur l'amour me parlent vraiment sur le site alors je lis tout ça et je prends tout ce qui peut m'aider à faire encore grandir mon couple.
J'en profite pour remercier tous ceux qui participe à l'enrichissement des discussions.
Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle
Allyah148
le lundi 26 janvier 2026 à 20h37
" J'ai une question un peu bête peut-être du coup, pour être sûre que je comprends bien de quoi on parle. Est-ce que, selon vous, dans la norme ambiante, il est normal et valorisé de vouloir être l'unique pour quelqu'un, que ce soit en amour/amitié ? Si c'est le cas je suis passée à côté, ou alors je ne côtoie pas des personnes qui pensent cela. Ou pire encore, je pense que je ne crois pas les gens que j'entends dire des choses comme ça. Par exemple dans les films romantiques, les chansons etc... Quand j'entends ça, je l'entends comme une figure de style, un folklore mais dont on saurait toustes que ça n'est pas comme ça la vraie vie, vous voyez ? "
Alors mon point de vue c'est que oui c'est clairement valorisé d'être l'unique... est-ce que c'est normal ? Je ne sais pas mais c'est comme ça en tout cas.
Je suis monogame et c'est vrai que moi j'aime être l'unique amour-amoureux de mon mari. Certains poussent ça même très loin avec le conjoint qui doit être aussi meilleur ami, confident, bref la totale. Perso ça ne me convient pas, j'aime qu'on se réserve une exclusivité amoureuse dans notre vie mais je ne veux pas être la seule personne qui compte dans sa vie. Il doit avoir ses propres relations et propres centres d'intérêt dans lesquels je n'interviens pas nécessairement. Et j'ai la même chose de mon côté.
Je sais que beaucoup de personnes voient cette exclusivité pour de la possession mais ce n'est pas comme ça qu'on le ressent avec mon mari, on est pas des meubles, personne n'appartient à personne. Rien n'est jamais acquis. Je suis avec lui parce- qu'on se choisit jour après jour, l'exclusivité / fidélité n'est pas une contrainte pour moi car personne m'a obligé à lui offrir ça, c'était ma volonté de lui réserver cette place particulière dans ma vie. D'ailleurs quand on s'est mariés peu de gens nous ont soutenu, c'était plutôt "t'es folle", "ça sert à rien", "vous risquez de divorcer dans quelques années" mais c'était ce que je le voulais.
Et non mon mari n'est pas "tout" comme je l'ai déjà aussi entendu, franchement je pense que c'est irréaliste... il faut être lucide personne ne peut répondre vraiment à 100% aux besoins d'une autre personne et la combler sur tous les points. C'est pourquoi il faut d'autres personnes dans sa vie et il faut aussi se satisfaire soi-même.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour
Allyah148
le lundi 26 janvier 2026 à 19h36
Fil très intéressant alors je suis.
Très en phase avec l'intervention de Lili-Lutine, ça me parle complètement.
J'ai grandi dans un climat d ''amour" conditionnel et hiérarchique... Franchement je ne sais pas si on peut tout de même qualifier ça d'amour, avec du recul ça me semble plutôt être une forme de contrôle et de manipulation enrobée dans un joli paquet pour faire passer la pilule...