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April

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(Belgique)

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Discussion : Histoire familiale & représentations

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April

le mardi 05 juillet 2022 à 22h33

Contrairement à toi, je n'ai pour ainsi dire jamais vu mes parents "heureux", j'ai grandi avec l'espoir qu'un jour ma mère ait le courage de quitter mon père violent et instable...j'ai le souvenir d'avoir très jeune - je devais avoir à peine 8 ans- compris que notre famille n'était pas "normale" et que la seule perspective de connaître un peu de sérénité et de bonheur, ce serait de fuir... Il aura fallu attendre 8 années supplémentaires pour que ma mère ose enfin se libérer de l'emprise de son mari...Elle a attendu que ses propres parents soient décédés - à cette époque, c'était encore mal vu de divorcer- et que la violence atteigne un niveau dramatique pour enfin "foutre le camp".
Lorsque mon père est décédé, et que j'ai récupéré les clés de la maison familiale dans laquelle j'avais grandi, le policier qui m'a reçue avec ma mère se souvenait encore - plus de 20 ans après que nous ayons quitté la région- des interventions pour nous permettre de regagner la maison après les crises de colère du paternel.

Du coup, j'aurais tendance à dire, comme @bonheur, que le choix de l'homme qui partage ma vie, s'est fait en totale opposition au modèle parental que j'ai eu...surtout ne pas reproduire ce que j'ai vécu...

Ce qui est fou, c'est que je commence seulement à comprendre maintenant combien je ressemble à mon père sur certains points (hypersensibilité, tendance à la dépression, rapport au travail, perfectionnisme, anxiété, créativité,...)...et avec mes yeux d'adulte, je perçois leur relation différemment (notamment le rôle de ma mère dans ses accès de violence (enfant, j'ai systématiquement pris la défense de la victime, celle qui prenait les coups,...)

"rester ensemble pour les enfants", "rester ensemble pour le confort matériel", je sais que ce ne serait pas possible pour moi...ce n'est pas sans risques pour autant, quand on doit patienter autant d'années pour retrouver un semblant de sécurité et de sérénité, le risque ne serait il pas de tolérer des situations toxiques pendant trop longtemps, sous prétexte qu'il n'y a pas de violence physique dans la relation?

Pourquoi toutes ces réflexions viennent-elles maintenant? pourquoi ce besoin de déconstruire si criant, alors que je prends à peine un peu de recul avec tout ce que la société nous "vend" comme le bonheur universel (la relation exclusive avec le prince charmant (!), la belle maison, la "carrière", la famille de deux enfants, ...)

En quoi la relation toxique et destructrice que j'ai eu sous les yeux pendant mon enfance a t'elle influencé mon rapport à l'amour? Si je me place du côté de cette relation plurielle potentielle - qui ne se concrétise pas, dans mon cas- Je me demande si je n'ai pas un peu trop bien intégré cette notion d'attente interminable, pendant laquelle on idéalise une relation amoureuse (plus rêvée que vécue...)

J'ai envie de te demander @GeorgyPorgy, comment penses tu que tes propres enfants perçoivent ou ont perçu ce que vous avez traversé toi, ta compagne, et cette personne dont tu es tombé amoureux...
Quand je repense à la petite fille que j'étais et au trouble ressenti cet été là, je m'interroge sur ce que ma propre fille perçoit inconsciemment de ce qui se passe entre ses parents depuis plusieurs mois...

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Discussion : Histoire familiale & représentations

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April

le mardi 05 juillet 2022 à 22h32

@GeorgyPorgy,

Le thème que tu abordes m'interpelle beaucoup; j'ai moi-même l'intuition diffuse que je reproduis en quelque sorte un épisode de l'histoire familiale...

Je devais avoir 9 ou 10 ans (à peine plus que ma propre fille !), je m'étais liée d'amitié avec une copine d'école d'un an ma cadette...J'allais quitter ma petite école du village, pour entrer en septembre dans le collège où mon père avait lui-même étudié...Cet été-là, mon père s'est "rapproché" de la mère de ma copine. Lui qui n'avait pour ainsi dire aucun ami, aucune vie sociale (mon père était maniaco-dépressif, et avait des phases violentes où il nous terrorisait et battait ma mère...), passait soudainement des soirées entières à philosopher avec cette mère séparée...Je le revois en train de faire faire ses devoirs à mon frère et lui faire réciter l'alphabet grec, assis autour de la table de la salle à manger, dans cette petite maison sans jardin, qu'occupaient mon amie et sa mère.
Je ne sais pas jusqu'où est allé cette "amitié" avec cette dame plus âgée...Mais je sais que c'était suffisamment dérangeant pour que ma mère avertisse le curé du village qui était venu un soir jusque chez nous pour "faire la leçon" à mon père...

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le vendredi 01 juillet 2022 à 20h32

@lau93 : Je ne sais pas si je peux dire que je me suis trouvée (ce n'est pas le travail de toute une vie?), mais en tous cas, ce qui est sûr, c'est que je (me) cherche...Merci pour ton retour bienveillant et encourageant...;-)

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le dimanche 26 juin 2022 à 17h48

Bonjour @Ayna,

Merci pour tes réflexions qui nourrissent les miennes...

Je ne sais pas trop où j'en suis sur ce chemin là (déconstruction par rapport au "patriarcat") Mais c'est sûr, je m'interroge. D'abord parce qu'en tant que "jeune" mariée, travaillant à mi-temps, j'ai choisi délibérément de me mettre en situation de dépendance vis à vis de mon mari.
Sauf que j'ai l'impression que le chemin que j'ai fait par rapport à ces questions c'est plus de l'ordre de 'je m'autorise à accueillir ce que la vie m'offre comme cadeaux (avoir le luxe de travailler moins pour vivre à un autre rythme, me marier parce que ça protège le conjoint qui a le moins de revenus, en cas de décès, ...)
Ce n'est pas simple pour autant,...je me mets en situation d'insécurité d'un côté, ça m'ouvre des perspectives d'autre part (j'ai + de temps pour réfléchir à ce qui est essentiel pour moi, envisager d'autres projets, je prends soin de moi...)

ça m'interroge aussi quand je repense au discours de mon père décédé et à ce qu'il projetait pour moi (très caricatural et pas hyper bienveillant pour le coup (!) mais dans les grandes lignes: tu es fragile, hypersensible, le mieux pour toi ce n'est pas de te tuer au travail, trouve-toi un homme qui pourra t'entretenir ...) J'ai pourtant conscience que je suis bien plus que ça !

Et surtout je ne devrais pas me sentir obligée de tout foutre en l'air (quitter mon homme, vivre seule,...) pour me prouver que je sors de ces schémas...
Il y a parfois cette peur qui surgit lorsque je réfléchis à toutes ces questions...
Je n'oublie pas que j'ai dû me construire dans un contexte familial violent, insécurisant, toxique. J'ai d'ailleurs beaucoup idéalisé la vie que j'aurais adulte, la maison que j'habiterais, la famille que je construirais...
Est ce que je ne suis pas en train de recréer une situation inconfortable, dans ma vie trop calme par rapport à ce que j'ai vécu, juste pour me sentir vivante ?!

J'ai envie d'être plus douce avec moi-même, me laisser du temps,...bien comprendre les nuances dans tout ça...
ça prend du temps, ça bouge, mais doucement...
D'une certaine façon, ça m'aide aussi à prendre du recul avec les réactions de V. que je ne comprends pas, ses intentions que j'ai un mal fou à décoder, ses allées et venues (est il définitivement parti? ou en est il de son coté?) et les réactions de mon homme (que j'ai un peu caricaturées pour le coup ("fais ce que tu veux, mais il faudra assumer les conséquences"...)

Donc effectivement, me concentrer sur ma relation avec moi-même, me recentrer sur comment je me vois moi, ce que je ressens, sur ce que j'apprends de moi dans tout ce processus,...ça me paraît de bon conseil ! Au moins j'ai prise sur cet aspect là !

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le mardi 21 juin 2022 à 18h18

Merci @Anny pour ton retour…

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Discussion : Paroles en l'air

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April

le mardi 21 juin 2022 à 17h20

Bonsoir @GeorgyPorgy,,

Idem, je trouve que c’est joliment exprimé et écrit…Attendre à s’en rendre fou, c’est tellement cruel et exaltant à la fois…
Tu reviendras nous dire si la mystérieuse s’est manifestée ?
Bonne soirée à toi,

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Discussion : Statistiques (on revoit rarement l'auteur ou l'autrice d'un sujet posté)

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April

le dimanche 19 juin 2022 à 21h36

@Donald,

Ma demande de stats était plutôt une boutade, le sujet de ce post m’a juste fait penser à une demande de mon homme lorsque j’ai commencé à lui parler de polyamour…

Pour le reste, je trouve aussi que les gens ici sont très respectueux et empathiques…et ça fait franchement du bien…(merci@bonheur!)

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Discussion : Statistiques (on revoit rarement l'auteur ou l'autrice d'un sujet posté)

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April

le dimanche 19 juin 2022 à 19h36

!!!!! ;-)

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Discussion : Statistiques (on revoit rarement l'auteur ou l'autrice d'un sujet posté)

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April

le dimanche 19 juin 2022 à 19h09

Bonsoir @Donald, bonsoir @bonheur,

Un autre élément de réponse, c’est peut-être que les sujets abordés ici sont assez ´bousculants’, et demandent un peu de recul et d’intégration avant de pouvoir faire un retour…
En ce qui me concerne, à lire les réponses que j’ai reçues lorsque j’ai fait part de ce que je vivais, j’ai un peu le ´syndrome de l’imposteur’, ou un certain manque de légitimité, par rapport à la qualité d’analyse des intervenants, qui renvoient vraiment des choses très riches…
On n’a pas tous la même facilité à mettre des mots sur ce qu’on ressent…personnellement ça fait plusieurs mois que je consulte ce forum, avant d’oser publier un post…ça me prend beaucoup d’énergie pour arriver à formuler les choses, dans une période assez troublante et mentalement éprouvante…

C’est une bonne idée les stats ! A propos, on a des chiffres sur le pourcentage de couples qui ´survivent’ à l’annonce du polyamour par l’un des partenaires ? ;-)

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le dimanche 19 juin 2022 à 11h22

Bonjour tout le monde,

Les choses ont un peu bougé ces derniers jours, voici un petit retour…

Pour la faire courte, V. a repris contact, un petit message ni vu ni connu, « sans arrière-pensée » , pour me complimenter sur une photo que j’avais publiée sur un réseau social, et je me suis empressée d’accepter sa proposition de nous revoir, pour discuter.
Deux jours plus tard, je l’ai annoncé à mon homme, qui m’a fait part de sa colère envers V. et s’est aussitôt muré une nuit dans le silence, chambre à part. A force d’explications, de discussions, les choses se sont apaisées de part et d’autre.
J’ai l’impression d’avancer, parce que dans ces petites tempêtes, j’arrive de plus en plus à comprendre mes limites, respecter mon rythme, les exprimer tout en étant à l’écoute de ce que traverse mon homme.

Un peu d’introspection, un peu de sérénité retrouvée, malgré le temps passé à y réfléchir…les jours passent, je reviens vers V. pour le prévenir qu’on ne pourra pas se voir tout de suite, contrairement à ce que j’espérais. Il me répète souvent qu’il ne veut pas avoir l’impression de m’attendre, je ne veux pas le faire patienter trop longtemps.
V. me répond qu’il comprend parfaitement, que c’est sans doute mieux ainsi, qu’il aurait de toute façon tenu le même discours que la première fois.
Je partage ma déception avec mon homme, qui me touche tout à coup par l’ouverture dont il fait preuve.
Il comprend mon besoin d’aller discuter avec V., comprend mes interrogations (le prévenir avant ou pas de ce rendez-vous), comprend les risques aussi…
Je reviens donc vers V. pour lui proposer un rendez-vous. Qu’il décline presque aussitôt.

Est- il mal à l’aise par tout ce que je mets en place de manière spontanée pour « finalement pas grand-chose » ? ses intentions sont peut-être plus basiques et du coup, il n’a pas envie de se prendre la tête à discuter ? il a peut-être l’impression que je me rapproche de mon mari et comprend que ça ne lui donnera pas la place qu’il souhaite ?

Là, j’essaie d’accepter qu’on avance pas forcément au même rythme. L’équilibre est difficile à trouver dans tout ça. Je ressens bcp de frustration de ne pas pouvoir exprimer à V. où j’en suis. J’ai l’impression de devoir sans cesse me contenir, de peur de saouler l’autre.
Heureusement avec mon mari, on peut vivre d’autres choses, et oui, ça nous rapproche.
Je ne connais pas V. suffisamment pour savoir lorsque je peux me permettre de lui communiquer ce que je ressens. Il a par le passé déjà réagi plutôt violemment et ça ne me met pas en confiance.

cactus
Sa vision des choses semble donc être celle d'une relation "classique", sauf que les amours plurielles - du moins dans la façon dont je l'envisage - ça veut dire des relations sous une forme différente de la forme classique. Ce n'est pas avoir des relations de type monogame en parallèle, pas du tout. Et ça, ça implique vraiment un changement de vision des choses sur les relations affectives assez important (cf le dernier épisode du podcast "Amours plurielles".) Et changer sa vision des choses, en supposant qu'on le veuille, c'est long.

@cactus, je suis totalement d’accord avec tout ce que vous avez développé dans votre retour. Je pense que je dépense une énergie considérable dans cette « relation » avec V, trop basée sur des projections, des intuitions.
J’ai écouté l’épisode d’amours plurielles auquel vous faisiez référence, il y a aussi un passage qui est venu toucher un point sensible. Celui où Lauren fait référence aux traumatismes, aux violences sexuelles dont elle a été victime, elle dit grosso modo qu’en essayant de rencontrer les attentes de ses partenaires, cela finit par la remettre en quelque sorte en position de victime d’abus. (elle l’exprime mieux que moi !)

cactus
De façon générale, un truc que j'ai appris avec l'expérience des relations : éviter de se faire des films et de tirer des plans sur la comète. Quand on est attirée par qq, on aimerait que ça se passe comme-ci ou comme ça, on commence à se faire des plans du type "je le verrai x fois par mois". Mais objectivement, perso ça ne s'est jamais passé comme je l'avais "prévu", ni dans ce que j'avais imaginé, ni dans les réactions des personnes impliquées (même si ce qu'il s'est passé est bien aussi :-) )

Oui je me suis sans doute emballée là ! c’est en quelque sorte un vieux réflexe de « visualisation créative » ;-)

@Anny : j’essaie de me donner du temps ! ce qui est rassurant, c’est que je me sens par moments vraiment alignée avec moi-même, et ça fait un bien fou dans toute cette traversée.

@geraaldine : je perçois bien le risque de faire valoir mon droit à disposer de mon corps comme je l’entends, sans prendre en compte les limites de mon homme. Merci pour ton intervention pertinente.

@NorahSpinozi : ça me met du baume au cœur de lire ton témoignage !

@lau93 et @GeorgyPorgy: merci pour les pistes de réflexion que je laisse encore infuser en moi ;-) je vous lis également dans vos interventions pertinentes dans les autres post, c'est précieux !<3

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le mercredi 08 juin 2022 à 22h00

Lau93
Ce besoin d'espace à soi ( physique ou psychique) est selon moi le signal du besoin de se relier à la liberté d'être qui on est. De ne pas être dépendante ou appartenir à quelqu'un.

Ce sont des questions qui m'interrogent beaucoup (la question de la dépendance, affective, financière, et puis "être qui on est") Je cherche un peu ma place, je travaille à mi-temps (par choix) mais il y a cette injonction à utiliser le temps disponible pour des projets qui pourraient renforcer cette autonomie financière...

Lau93
J'ai l'impression en te lisant que ton compagnon souffre en t'imaginant " faire du sexe" avec un autre. A t il exposé sa capacité a t'imaginer a développer des sentiments amoureux avec un autre ? Le côté " si tu veux coucher tu fais ce que tu veux mais tu en paieras les conséquences » c'est un peu violent ; mais est-ce une manière de dire « c'est trop souffrant pour moi de t'imaginer avec un autre », ou bien de prendre conscience de ce que ça réveille chez lui ? Peur de la comparaison avec l’autre ? Que tu lui préfères l'autre ? que tu l'oublies? OU bien juste "bah c'est comme ça je ne veux pas que tu prennes de plaisir ailleurs qu'avec moi, c’est mal"

Je ne peux pas parler en son nom, mais ce que je perçois est plus de l'ordre de "c'est trop souffrant pour moi de t'imaginer avec un autre", en tous cas, ça ne relève pas du machisme primaire (mon homme prend vraiment sa part de charge mentale dans la gestion du quotidien, de notre famille, alors qu'il a une carrière professionnelle très exigeante)
...mais je pense par contre que c'est moi qui prend la charge émotionnelle du couple...

Il y a certainement une peur que je lui préfère l'autre, la peur de ne plus être que des "colocataires"...

Je pense que ça l'a quelque part rassuré de comprendre que je n'avais pas délibérément recherché quelqu'un sur un site de rencontre, mais qu'il s'agissait d'une personne dont j'étais tombée amoureuse par le passé.

La grande frustration pour moi c'est que ça reste très difficile d'aborder ces questions là avec lui...je suis consciente de la violence de ce que je lui ai annoncé, j'essaie de faire mon possible pour respecter son rythme...Mais oui, le constat c'est qu'il n'y a pas de réelle volonté de sa part de se pencher sur ces questions...:-(

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le mercredi 08 juin 2022 à 21h12

Bonsoir à toutes et tous

pardon de réagir de manière un peu "décousue", et peut-être décalée dans le temps, et en plusieurs fois !...Je me rends compte à vous lire que je suis encore bien confuse dans ce que je ressens, d'ailleurs je prends un temps fou à formuler la moindre phrase ici, parce qu'au final, si plein de choses que vous soulevez font écho en moi et me nourrissent, les émotions sont encore trop fortes, et dures à vivre…

@GeorgyPorgy,
En effet j'ai eu la même impression (que nous traversions quelque chose de similaire ) notamment à la lecture de ton post " gérer l'absence"... merci pour ton regard bienveillant et la pertinence de ton analyse.

GeorgyPorgy
« Dans ce que tu exprimes, on perçoit une recherche de plus grande liberté, autonomie dans ta vie (ça se sont vraiment les besoins). Ta relation avec V n'est qu'une des stratégies possibles pour y répondre (et peut-être qu'aujourd'hui, c'est la seule que tu perçois, mais ça peut évoluer...).

En effet, cette relation avec V. s’inscrit dans un contexte plus large de recherche de liberté comme d’autres l’ont souligné, d’affirmation de soi par rapport à mon mari, et je commence seulement à cerner un peu plus clairement les besoins auxquels je cherche à répondre…

GeorgyPorgy
« Distinguer la découverte d'une part de soi-même & de la personne avec qui cela s'est produit : ce n'est pas parce que V en a été le révélateur que tu dois à tout prix faire advenir la concrétisation de cette relation pour répondre à tes besoins... D'autant si tu sens qu'en face, la personne a des attentes contradictoires aux tiennes, confuses ou pas forcément "bienveillantes".

je me sens prise dans une sorte de loyauté inconsciente par rapport à V., aux avances que j’ai formulées il y a plus de 15 ans ;

GeorgyPorgy
L'expression que tu as employée m'a frappé ("trouver « la clé », celle qui me permettrait de créer ce déclic positif chez V. et chez mon mari"). Il faut probablement être prudent.e avec ce genre d'attentes, car une telle clé n'existe pas (enfin je pense :-) ). On peut discuter, échanger des opinions mais faire évoluer le point de vue de notre/nos partenaires ne nous appartient pas. Ca ne relève pas de ton pouvoir personnel. Si on ne garde pas cela en tête, on prend aussi le risque d'adopter soi-même des comportement potentiellement toxiques envers les autres, se donner l'impression de forcer les choses, insister & contribuer ainsi à aliéner l'autonomie de l'autre en cherchant à faire advenir la notre.

Tu as raison, je comprends le risque...
Je pense que ce sont mes résistances qui parlent…j’ai l’intuition qu’il faudrait accepter que cette relation n’est plus, mais je refuse sans doute de voir la réalité en face, ou je suis seulement en train d’amorcer le deuil, alors j’essaie désespérément de me raccrocher à une solution « miracle »…
Tu évoquais les besoins et les stratégies qu’on met en place pour y répondre…une des choses les plus difficiles pour moi actuellement, c’est de ne pas reprendre contact avec V.
la stratégie mise en place, c’est notamment de pouvoir exprimer ce que je ressens ici ;-)

GerogyPorgy
« Je me suis confronté à des conclusions similaires de la part de ma relation, qui ressentait qu'elle passerait "toujours en deuxième" car je suis en couple, avec des enfants. »

– pareil : « être le deuxième, c’est l’histoire de ma vie, ça ! » V. a aussi évoqué le fait d'attendre " comme un con", par rapport à d'autres rencontres. ça me conforte malheureusement dans le fait que nos conceptions et attentes sont incompatibles (mêmes si légitimes de part et d’autres). C'est dur de l'accepter. vraiment.

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le dimanche 05 juin 2022 à 23h20

Bonsoir @lau93, @cactus, @Anny, @geraaldine, @bonheur ;-) je suis touchée par la richesse de vos retours...Merci d'avoir pris le temps de me lire et de m'apporter votre éclairage...
Chacun de vos messages appelle une réponse réfléchie, je vais m'y atteler dès que je peux...Ce soir je me sens apaisée et je vais me laisser porter par ça !!! A très vite

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le dimanche 05 juin 2022 à 12h36

Exactement, c est épuisant ! Je sais que je ne dois pas me complaire dans l’idéalisation de cette relation. Je vais réfléchir à tout ce que tu as évoqué, laisser un peu infuser en moi. Quand tu parles de ne pas se sacrifier pour l’autre, l’effet explosif des attentes qui s’accumulent…Merci beaucoup Bonheur !

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le dimanche 05 juin 2022 à 11h04

Je te remercie Bonheur, pour tes mots qui résonnent juste en moi. J’ai beaucoup parcouru ce forum et suis toujours sensible à ton regard sur ce qui est confié ici…
Je crois que j’ai fait le choix de ne pas faire de choix, pour le moment en tout cas…le polyamour est séduisant aussi parce qu’il laisse la possibilité de ne pas choisir entre deux amours justement.
Je m’interroge souvent sur la pertinence de tout dire ou pas… Devoir sans cesse rassurer sur l’amour ou le désir qu’on porte alors qu’on doit se débattre soi même avec ses démons et ses questionnements, ça bouscule! (J’ai subi un abus sexuel vers 6 ans et ça m’est revenu en pleine figure lorsqu’il a été question de planifier concrètement le passage a l’acte…)Bien sûr V. Ne sait rien de tout ça… il me trouve déjà si compliquée !!!
Je ne suis pas prête à lui dire adieu; je pense qu’il peut revenir dans 2 ans, dans 10 ans, mes sentiments pour lui n’auront pas bougé…
Je suis très fidèle en ce sens!

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Discussion : Je suis la seule à y croire

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April

le dimanche 05 juin 2022 à 09h20

Cela fait plusieurs semaines que je consulte ce forum et le temps est venu pour moi de partager avec vous ma situation personnelle. Je souffre de ne pas pouvoir partager ce que je ressens, ça commence à se ressentir dans mon quotidien…J’espère pouvoir compter sur la bienveillance partagée ici… ;-)

J’ai 42 ans, je suis en couple depuis bientôt 15 ans, mariée depuis presqu’un an, maman d’une petite fille de 8 ans.
Je me souviens précisément avant même notre rencontre, d’avoir consciemment « décidé » de laisser entrer quelqu’un dans ma vie pour construire quelque chose de stable et de durable.
Inconsciemment, je recherchais la sécurité que je n’avais pas connue enfant, j’ai dû me construire au sein d’une famille défaillante, à cause d’un père maniaco-dépressif, violent avec ma mère. Mes parents se sont séparés lorsque j’étais adolescente, mais j’ai été profondément marquée par tout ce que j’ai vécu.

Il y a 7 ans, le décès de ce "père-fardeau" a été une vraie épreuve à surmonter, pas tant le décès en lui-même – je l’ai vécu comme un soulagement- mais bien les conséquences de ce décès qui, accumulées avec d’autres choses à gérer, m’ont menée en dépression et en arrêt de travail. Au final j’ai traversé tout ça, grâce notamment au soutien de l’homme qui partage ma vie.

Il y a 3 ans, un homme – que je vais appeler V.- dont j’étais tombée amoureuse quelques mois avant d’avoir rencontré mon compagnon, a repris contact avec moi. C’est arrivé à un moment où je voyais enfin le bout de toutes les épreuves que j’avais eu à endurer depuis le décès de mon père, et j’ai ressenti ce ‘non-événement’ comme un « clin d’œil de la vie ». Tout à coup, après des mois de souffrance et de difficultés, une perspective de vivre quelque chose de léger apparaissait à l’horizon.

Cet homme dont j’étais tombée amoureuse plus de 12 ans plus tôt, je l’avais rencontré dans le cadre du travail. Nous avions développé une certaine complicité qui avait fini par me troubler, au point que je l’interroge un jour sur la nature de notre relation – j’avais l’impression qu’il me draguait, alors qu’il était en couple et père de famille. Il avait coupé court à ce que j’avais formulé comme des avances et j’avais quelques mois plus tard changé de travail.
Puis rencontré l’homme avec qui je vis aujourd’hui.

Il y a 3 ans donc, nous nous sommes revus autour d’un verre et nous avons échangé sur ce qu’étaient devenues nos vies respectives.
Il m’apprenait qu’il était fraîchement séparé, à la suite d’une infidélité de sa femme. Et revenant sur les avances et les sentiments que j’avais éprouvés pour lui 12 ans plus tôt, il maintenait « ne jamais m’avoir draguée ». je lui ai proposé de nous revoir par la suite, en évoquant clairement une relation extra-conjugale, Il semblait se laisser convaincre par l’idée, puis s’était rétracté, en me demandant de ne plus le contacter. Ce à quoi je m’étais finalement résignée.

Quelques années ont passé et ma relation avec l’homme de ma vie a continué à se construire.

Alors que je venais de recommencer à travailler après une longue période sans emploi, V. me recontacta à nouveau. Ma première réaction intérieure était la colère – Il m’avait demandé de ne plus le contacter, j’avais mis plusieurs mois à essayer de l’oublier, et il se permettait de me recontacter de manière tout à fait désinvolte, me demandant de mes nouvelles après l’épreuve du confinement.
Nous avons repris nos échanges par sms, nous proposant de nous revoir.

On s’est retrouvé au même endroit que notre premier rendez-vous, avons échangé à nouveau pendant plusieurs heures puis nous nous sommes réfugiés dans sa voiture et avons fini par nous embrasser longuement.

Malgré tout l’amour que j’éprouvais pour mon homme, malgré l’engagement que j’avais pris quelques mois plus tôt, j’éprouvais de réels sentiments pour V., j’en étais amoureuse et je le désirais.
J’avais retrouvé depuis cette prise de contact ce sentiment de me sentir vivante, séduisante, pleine de gratitude envers la vie.
Ca avait eu des conséquences inattendues sur ma relation avec mon mari, je me réveillais, j’avais besoin de canaliser cette énergie, je retrouvais du désir pour lui, nous étions dans une complicité sexuelle que nous n’avions jamais connue auparavant.
J’avais perdu le sommeil – la culpabilité ?- je n’avais plus d’appétit, et je ressentais tout à 200%. J’avais peur que mon mari se doute de ce que je vivais, mais j’essayais de me laisser porter…

De son coté, V. semblait rongé par la culpabilité. Deux jours à peine après m’avoir embrassée, il m’exprimait par messages combien il était blessé par mon « attitude hypocrite », me reprochant de ne pas me consacrer à ma famille.
Je ne savais plus quoi penser, nous nous sommes revus une semaine après, il m’a expliqué qu’il ne voulait pas d’une relation extra-conjugale, que c’était contraire à ses valeurs, qu’il ne voulait pas vivre une relation dans le mensonge, qu’il ne voulait pas se limiter à me voir lorsque moi j’en aurais la possibilité ou l’envie, …j’étais complètement bouleversée, - je me rendais compte qu’il éprouvait pour moi de réels sentiments – et je le sentais sincère. Tout à coup, je devais réprimer mon désir pour lui – j’avais l’impression que je le respecterais plus en ne couchant pas avec lui. Sur le coup, je lui proposai, à contre-cœur, de couper le contact.
S’en suivirent quelques échanges où il me proposa encore de nous revoir, beaucoup de confusion de part et d’autre, des revirements de situation et puis un message où une nouvelle fois il mettait fin à la relation.

J’ai tenu plusieurs jours et j’ai commencé à aborder avec mon mari la question de l’attirance sexuelle pour d’autres partenaires. Deux jours plus tard, je suis revenue à la maison avec le livre « bienheureuse infidélité » et je lui ai avoué ce qui m’animait depuis plusieurs semaines…
Il est tombé des nues, complètement dévasté par cette nouvelle, il ne comprenait pas que j’ai pu le tromper quelques mois à peine après notre mariage.
Nous n’avons pas coupé le contact, mais je ne pouvais plus l’approcher, le toucher.
Paradoxalement, j’avais confiance en notre capacité de résilience. Nous nous sommes réaffirmés tous les deux que nous ne voulions pas mettre fin à notre relation, et cette évidence, prise de conscience, nous a apaisés, malgré la violence de ce qui se passait alors.
Un peu plus tard, mon mari m’a expliqué avoir vécu une relation avec une femme mariée quelques mois avant notre rencontre, mes aveux ont réactivé cette expérience qu’il a vécue très négativement et paradoxalement je prenais un peu conscience de ce que devait ressentir V., qui devait supporter le fait que je continue à avoir des relations sexuelles avec mon mari tout en étant attiré par moi.

Depuis, j’essaie tant bien que mal de gérer la fin de relation avec V., mais ça m’obsède lorsque je repense au peu que nous avons partagé. J’ai l’impression de devoir me couper d’un élan de vie, il y a ce sentiment d’inachevé, la frustration de n’avoir pas vécu ce qui devait être léger et « sans prise de tête », au nom du respect et de l’amour que je porte à celui qui fait ce qu’il peut pour me comprendre.
Je continue à lire sur le sujet du polyamour- bien que je ne me sente pas vraiment polyamoureuse en tant que tel- , je passe des heures sur ce forum en espérant trouver « la clé », celle qui me permettrait de créer ce déclic positif chez V. et chez mon mari, en essayant aussi de comprendre ce que je recherche dans tout ça.
Je me sens épuisée et découragée lorsque je prends conscience que je suis la seule à vouloir vivre ces relations simultanément. Il y a quelque chose qui se rejoue de mon enfance dans ce que je vis (j’ai passé plusieurs années à convaincre ma mère de quitter mon père violent, sacrifiant l’insouciance qui aurait dû être la mienne à l’adolescence)

Après deux ou trois mois de silence, V. a repris contact. Il sait que j’ai mis au courant mon
homme de ce que nous avons vécu, il souhaitait me revoir pour discuter face à face. Bien sûr, je meurs d’envie de le revoir- sauf que je suis divisée entre le besoin de clarifier ce que je ressens, écouter ce qu’il ressent lui, et l’envie « que les choses dérapent ». Ayant choisi la transparence, j’essaie de respecter les limites qui sont celles de mon mari. En fait, je n’y arrive qu’à moitié, au final je ne suis arrivée à lui avouer que V. avait repris contact que lorsque ce dernier a repris ses distances…

Mon mari me dit que si je couche avec quelqu’un d’autre, il ne le supportera pas et pour lui ce sera la fin de notre relation. Au mieux, il me dit qu’il ne m’interdit rien et me met face à mes responsabilités. « je ne t’interdis pas de le faire, mais je ne peux pas te promettre que j’arriverai à gérer, et tu devras assumer les conséquences… ». J’essaie de le comprendre et de ne pas prendre cette limite comme un enfermement, quelque chose d’aliénant.
Je ne suis pas prête à prendre le risque de le mettre devant le fait accompli, parce que je ne pense pas que ce sera plus facile à gérer que la situation actuelle, et lorsque je sais que de son côté, les réactions de V. me laissent entendre que ce qu’il veut c’est une relation exclusive…

Je ne vois pas comment faire évoluer ma relation avec V. dans cet espace limité.
Cela fait un peu plus d’un mois que nous avons coupé les ponts. Pour la première fois depuis longtemps, je me dis qu’il faudrait peut-être que je « laisse tomber ». me recentrer sur moi. Admettre que cette histoire n’ira pas plus loin. Peut-être que je suis en train de me faire vraiment du mal dans tout ça. Que mon caractère et mon vécu font que je suis trop fragile pour pouvoir gérer sereinement deux relations en parallèle, avec deux personnes qui ne se sentent pas respectées dans une relation non exclusive. Pour V. ce ne serait que des miettes de relation, il me dit qu’il mérite mieux. Pour mon mari, revenir sans cesse sur ce sujet finit par l’agacer. Il me dit qu’il ne changera jamais d’avis et ne me donnera jamais son consentement pour que j’entretienne des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre.

Je ne sais pas, je ne sais plus comment je voudrais que les choses évoluent.
Je souffre que le contact avec V. soit rompu.
Je pense que je n’assume pas complètement le fait d’avoir envisagé des relations sexuelles avec lui et puis lui dire que ce n’est plus possible , en invoquant le risque de rupture avec mon mari.
A côté de ça, je me dis que tout ça n’arrive pas « par hasard ». J’ai besoin d’affirmer mon autonomie, j’ai envie de temps seule, d’un espace à moi, de vacances seule, d’indépendance. Je me questionne beaucoup sur tout ça. Je sais qu’il y a beaucoup à déconstruire.
Quand j’essaie d’envisager les choses de manière plus concrète, idéalement, j’aimerais que V. accepte que notre relation commence « en pointillés » (se voir une fois par mois par exemple) ce qu’accepterait mon mari également, sans que j’aie à lui rendre des comptes sur passage à l’acte ou pas. Je n’arrive pas à voir plus loin.
Il m’arrive de penser que V. cherche à trouver un sens à sa rupture, tourner la page sur ce qu’il a vécu et repartir sur de bonnes bases (avec quelqu’un d’autre). Qu’inconsciemment, il se sert de moi pour « punir » son ex, qui a toujours cru que nous avions eu un rapport sexuel lorsque je l’avais interrogé la première fois sur la teneur de notre relation. Ou est-ce moi qu’il cherche à punir ? « d’être en partie responsable de leur rupture ? » comme il me l’a avoué très récemment…

Désolée d’avoir été si longue. Ca m'aiderait de pouvoir échanger sur la façon dont vous percevez tout ce que j’exprime ici…
Avez-vous vécu une situation similaire ? vos relations monos ont-elles fini par évoluer vers l’acceptation et une relation équilibrée, sereine et épanouissante ? et dans le cas d’évolution positive, combien de temps a pris le processus ?
Qu’est-ce qui vous a aidé à mieux gérer toutes ces émotions ?
Merci à tou(te)s

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