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April

le dimanche 05 juin 2022 à 09h20

Cela fait plusieurs semaines que je consulte ce forum et le temps est venu pour moi de partager avec vous ma situation personnelle. Je souffre de ne pas pouvoir partager ce que je ressens, ça commence à se ressentir dans mon quotidien…J’espère pouvoir compter sur la bienveillance partagée ici… ;-)

J’ai 42 ans, je suis en couple depuis bientôt 15 ans, mariée depuis presqu’un an, maman d’une petite fille de 8 ans.
Je me souviens précisément avant même notre rencontre, d’avoir consciemment « décidé » de laisser entrer quelqu’un dans ma vie pour construire quelque chose de stable et de durable.
Inconsciemment, je recherchais la sécurité que je n’avais pas connue enfant, j’ai dû me construire au sein d’une famille défaillante, à cause d’un père maniaco-dépressif, violent avec ma mère. Mes parents se sont séparés lorsque j’étais adolescente, mais j’ai été profondément marquée par tout ce que j’ai vécu.

Il y a 7 ans, le décès de ce "père-fardeau" a été une vraie épreuve à surmonter, pas tant le décès en lui-même – je l’ai vécu comme un soulagement- mais bien les conséquences de ce décès qui, accumulées avec d’autres choses à gérer, m’ont menée en dépression et en arrêt de travail. Au final j’ai traversé tout ça, grâce notamment au soutien de l’homme qui partage ma vie.

Il y a 3 ans, un homme – que je vais appeler V.- dont j’étais tombée amoureuse quelques mois avant d’avoir rencontré mon compagnon, a repris contact avec moi. C’est arrivé à un moment où je voyais enfin le bout de toutes les épreuves que j’avais eu à endurer depuis le décès de mon père, et j’ai ressenti ce ‘non-événement’ comme un « clin d’œil de la vie ». Tout à coup, après des mois de souffrance et de difficultés, une perspective de vivre quelque chose de léger apparaissait à l’horizon.

Cet homme dont j’étais tombée amoureuse plus de 12 ans plus tôt, je l’avais rencontré dans le cadre du travail. Nous avions développé une certaine complicité qui avait fini par me troubler, au point que je l’interroge un jour sur la nature de notre relation – j’avais l’impression qu’il me draguait, alors qu’il était en couple et père de famille. Il avait coupé court à ce que j’avais formulé comme des avances et j’avais quelques mois plus tard changé de travail.
Puis rencontré l’homme avec qui je vis aujourd’hui.

Il y a 3 ans donc, nous nous sommes revus autour d’un verre et nous avons échangé sur ce qu’étaient devenues nos vies respectives.
Il m’apprenait qu’il était fraîchement séparé, à la suite d’une infidélité de sa femme. Et revenant sur les avances et les sentiments que j’avais éprouvés pour lui 12 ans plus tôt, il maintenait « ne jamais m’avoir draguée ». je lui ai proposé de nous revoir par la suite, en évoquant clairement une relation extra-conjugale, Il semblait se laisser convaincre par l’idée, puis s’était rétracté, en me demandant de ne plus le contacter. Ce à quoi je m’étais finalement résignée.

Quelques années ont passé et ma relation avec l’homme de ma vie a continué à se construire.

Alors que je venais de recommencer à travailler après une longue période sans emploi, V. me recontacta à nouveau. Ma première réaction intérieure était la colère – Il m’avait demandé de ne plus le contacter, j’avais mis plusieurs mois à essayer de l’oublier, et il se permettait de me recontacter de manière tout à fait désinvolte, me demandant de mes nouvelles après l’épreuve du confinement.
Nous avons repris nos échanges par sms, nous proposant de nous revoir.

On s’est retrouvé au même endroit que notre premier rendez-vous, avons échangé à nouveau pendant plusieurs heures puis nous nous sommes réfugiés dans sa voiture et avons fini par nous embrasser longuement.

Malgré tout l’amour que j’éprouvais pour mon homme, malgré l’engagement que j’avais pris quelques mois plus tôt, j’éprouvais de réels sentiments pour V., j’en étais amoureuse et je le désirais.
J’avais retrouvé depuis cette prise de contact ce sentiment de me sentir vivante, séduisante, pleine de gratitude envers la vie.
Ca avait eu des conséquences inattendues sur ma relation avec mon mari, je me réveillais, j’avais besoin de canaliser cette énergie, je retrouvais du désir pour lui, nous étions dans une complicité sexuelle que nous n’avions jamais connue auparavant.
J’avais perdu le sommeil – la culpabilité ?- je n’avais plus d’appétit, et je ressentais tout à 200%. J’avais peur que mon mari se doute de ce que je vivais, mais j’essayais de me laisser porter…

De son coté, V. semblait rongé par la culpabilité. Deux jours à peine après m’avoir embrassée, il m’exprimait par messages combien il était blessé par mon « attitude hypocrite », me reprochant de ne pas me consacrer à ma famille.
Je ne savais plus quoi penser, nous nous sommes revus une semaine après, il m’a expliqué qu’il ne voulait pas d’une relation extra-conjugale, que c’était contraire à ses valeurs, qu’il ne voulait pas vivre une relation dans le mensonge, qu’il ne voulait pas se limiter à me voir lorsque moi j’en aurais la possibilité ou l’envie, …j’étais complètement bouleversée, - je me rendais compte qu’il éprouvait pour moi de réels sentiments – et je le sentais sincère. Tout à coup, je devais réprimer mon désir pour lui – j’avais l’impression que je le respecterais plus en ne couchant pas avec lui. Sur le coup, je lui proposai, à contre-cœur, de couper le contact.
S’en suivirent quelques échanges où il me proposa encore de nous revoir, beaucoup de confusion de part et d’autre, des revirements de situation et puis un message où une nouvelle fois il mettait fin à la relation.

J’ai tenu plusieurs jours et j’ai commencé à aborder avec mon mari la question de l’attirance sexuelle pour d’autres partenaires. Deux jours plus tard, je suis revenue à la maison avec le livre « bienheureuse infidélité » et je lui ai avoué ce qui m’animait depuis plusieurs semaines…
Il est tombé des nues, complètement dévasté par cette nouvelle, il ne comprenait pas que j’ai pu le tromper quelques mois à peine après notre mariage.
Nous n’avons pas coupé le contact, mais je ne pouvais plus l’approcher, le toucher.
Paradoxalement, j’avais confiance en notre capacité de résilience. Nous nous sommes réaffirmés tous les deux que nous ne voulions pas mettre fin à notre relation, et cette évidence, prise de conscience, nous a apaisés, malgré la violence de ce qui se passait alors.
Un peu plus tard, mon mari m’a expliqué avoir vécu une relation avec une femme mariée quelques mois avant notre rencontre, mes aveux ont réactivé cette expérience qu’il a vécue très négativement et paradoxalement je prenais un peu conscience de ce que devait ressentir V., qui devait supporter le fait que je continue à avoir des relations sexuelles avec mon mari tout en étant attiré par moi.

Depuis, j’essaie tant bien que mal de gérer la fin de relation avec V., mais ça m’obsède lorsque je repense au peu que nous avons partagé. J’ai l’impression de devoir me couper d’un élan de vie, il y a ce sentiment d’inachevé, la frustration de n’avoir pas vécu ce qui devait être léger et « sans prise de tête », au nom du respect et de l’amour que je porte à celui qui fait ce qu’il peut pour me comprendre.
Je continue à lire sur le sujet du polyamour- bien que je ne me sente pas vraiment polyamoureuse en tant que tel- , je passe des heures sur ce forum en espérant trouver « la clé », celle qui me permettrait de créer ce déclic positif chez V. et chez mon mari, en essayant aussi de comprendre ce que je recherche dans tout ça.
Je me sens épuisée et découragée lorsque je prends conscience que je suis la seule à vouloir vivre ces relations simultanément. Il y a quelque chose qui se rejoue de mon enfance dans ce que je vis (j’ai passé plusieurs années à convaincre ma mère de quitter mon père violent, sacrifiant l’insouciance qui aurait dû être la mienne à l’adolescence)

Après deux ou trois mois de silence, V. a repris contact. Il sait que j’ai mis au courant mon
homme de ce que nous avons vécu, il souhaitait me revoir pour discuter face à face. Bien sûr, je meurs d’envie de le revoir- sauf que je suis divisée entre le besoin de clarifier ce que je ressens, écouter ce qu’il ressent lui, et l’envie « que les choses dérapent ». Ayant choisi la transparence, j’essaie de respecter les limites qui sont celles de mon mari. En fait, je n’y arrive qu’à moitié, au final je ne suis arrivée à lui avouer que V. avait repris contact que lorsque ce dernier a repris ses distances…

Mon mari me dit que si je couche avec quelqu’un d’autre, il ne le supportera pas et pour lui ce sera la fin de notre relation. Au mieux, il me dit qu’il ne m’interdit rien et me met face à mes responsabilités. « je ne t’interdis pas de le faire, mais je ne peux pas te promettre que j’arriverai à gérer, et tu devras assumer les conséquences… ». J’essaie de le comprendre et de ne pas prendre cette limite comme un enfermement, quelque chose d’aliénant.
Je ne suis pas prête à prendre le risque de le mettre devant le fait accompli, parce que je ne pense pas que ce sera plus facile à gérer que la situation actuelle, et lorsque je sais que de son côté, les réactions de V. me laissent entendre que ce qu’il veut c’est une relation exclusive…

Je ne vois pas comment faire évoluer ma relation avec V. dans cet espace limité.
Cela fait un peu plus d’un mois que nous avons coupé les ponts. Pour la première fois depuis longtemps, je me dis qu’il faudrait peut-être que je « laisse tomber ». me recentrer sur moi. Admettre que cette histoire n’ira pas plus loin. Peut-être que je suis en train de me faire vraiment du mal dans tout ça. Que mon caractère et mon vécu font que je suis trop fragile pour pouvoir gérer sereinement deux relations en parallèle, avec deux personnes qui ne se sentent pas respectées dans une relation non exclusive. Pour V. ce ne serait que des miettes de relation, il me dit qu’il mérite mieux. Pour mon mari, revenir sans cesse sur ce sujet finit par l’agacer. Il me dit qu’il ne changera jamais d’avis et ne me donnera jamais son consentement pour que j’entretienne des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre.

Je ne sais pas, je ne sais plus comment je voudrais que les choses évoluent.
Je souffre que le contact avec V. soit rompu.
Je pense que je n’assume pas complètement le fait d’avoir envisagé des relations sexuelles avec lui et puis lui dire que ce n’est plus possible , en invoquant le risque de rupture avec mon mari.
A côté de ça, je me dis que tout ça n’arrive pas « par hasard ». J’ai besoin d’affirmer mon autonomie, j’ai envie de temps seule, d’un espace à moi, de vacances seule, d’indépendance. Je me questionne beaucoup sur tout ça. Je sais qu’il y a beaucoup à déconstruire.
Quand j’essaie d’envisager les choses de manière plus concrète, idéalement, j’aimerais que V. accepte que notre relation commence « en pointillés » (se voir une fois par mois par exemple) ce qu’accepterait mon mari également, sans que j’aie à lui rendre des comptes sur passage à l’acte ou pas. Je n’arrive pas à voir plus loin.
Il m’arrive de penser que V. cherche à trouver un sens à sa rupture, tourner la page sur ce qu’il a vécu et repartir sur de bonnes bases (avec quelqu’un d’autre). Qu’inconsciemment, il se sert de moi pour « punir » son ex, qui a toujours cru que nous avions eu un rapport sexuel lorsque je l’avais interrogé la première fois sur la teneur de notre relation. Ou est-ce moi qu’il cherche à punir ? « d’être en partie responsable de leur rupture ? » comme il me l’a avoué très récemment…

Désolée d’avoir été si longue. Ca m'aiderait de pouvoir échanger sur la façon dont vous percevez tout ce que j’exprime ici…
Avez-vous vécu une situation similaire ? vos relations monos ont-elles fini par évoluer vers l’acceptation et une relation équilibrée, sereine et épanouissante ? et dans le cas d’évolution positive, combien de temps a pris le processus ?
Qu’est-ce qui vous a aidé à mieux gérer toutes ces émotions ?
Merci à tou(te)s

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bonheur

le dimanche 05 juin 2022 à 10h15

Bonjour @April,

Que te répondre ? Personne ne vivra une situation similaire, mais avec des optiques proches, d'une certaine manière, oui.

Aujourd'hui, je fais la distinction entre mes émotions, qui aboutissent à force de répétition à cet amour dont je ne me départi jamais ET la relation elle-même.

Les coups de foudre, je connais. J'ai vécu le premier à 16 ans. Et justement, cet homme est revenu dans ma vie, épisodiquement. Il attendait "son tour" pour m'avoir enfin à lui seul. Cette attente nous a fait beaucoup souffrir, lui je pense, et moi également. Cette impression d'inachevé, je l'ai connu. En 2012, je lui ai adressé ce mot "adieu" qui a, pour moi, achevé la relation.

Je précise, je vais avoir 54 ans en novembre prochain.

C'est une question de choix, pour ton avenir, de donner corps à une sexualité plurielle ou non. Aimer n'entraine pas obligatoirement une sexualité. Sauf que tu sembles le désirer...

Je suppose que les personnes polyaffectives sont peu nombreuses. C'est pas courant d'aimer avec la tendresse, sans sexualité. Savoir que c'est possible, si ça convient.

Pour le reste, je crois que tu étouffes vite, que tu as besoin d'air et d'espace. Rien à voir avec l'amour, bien que tout s'imbrique.

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April

le dimanche 05 juin 2022 à 11h04

Je te remercie Bonheur, pour tes mots qui résonnent juste en moi. J’ai beaucoup parcouru ce forum et suis toujours sensible à ton regard sur ce qui est confié ici…
Je crois que j’ai fait le choix de ne pas faire de choix, pour le moment en tout cas…le polyamour est séduisant aussi parce qu’il laisse la possibilité de ne pas choisir entre deux amours justement.
Je m’interroge souvent sur la pertinence de tout dire ou pas… Devoir sans cesse rassurer sur l’amour ou le désir qu’on porte alors qu’on doit se débattre soi même avec ses démons et ses questionnements, ça bouscule! (J’ai subi un abus sexuel vers 6 ans et ça m’est revenu en pleine figure lorsqu’il a été question de planifier concrètement le passage a l’acte…)Bien sûr V. Ne sait rien de tout ça… il me trouve déjà si compliquée !!!
Je ne suis pas prête à lui dire adieu; je pense qu’il peut revenir dans 2 ans, dans 10 ans, mes sentiments pour lui n’auront pas bougé…
Je suis très fidèle en ce sens!

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bonheur

le dimanche 05 juin 2022 à 11h32

D'où l'intérêt de séparer le ressenti du concret relationnel. Pour moi aussi, le ressenti est intense puissant et demeurera éternellement. J'ai dit "adieu" au vivre-ensemble. Mais oui, après tellement de pérégrinations.

Ma conclusion de mon expérience, est que de toute façon "c'est compliqué, l'amour". Alors une multiplication d'amours !

Le léger de l'amour, c'est la résonnance intérieure, l'évidence de son ressenti. Sauf qu'il est difficile d'offrir que de la légèreté aux relations.

Question fidélité, voici un lien intéressant
/discussion/-beG-/-Lexique-Definition-de-la-fideli...

C'est très curieux que le terme "fidélité" s'emploie souvent pour indiquer "sur la durée", sauf en amour où c'est plus interprété comme "exclusif".
Perso, je suis polyfidèle et non, ce n'est pas un non sens. Je les aime à vie (sauf un, où la haine a rattraper l'amour, au point de la supplanter).

Je me sens justement extrêmement fidèle intérieurement. Envers tous. On ne peut en revanche pas se transformer pour répondre à des attentes. Il faut, je crois, nuancer l'adaptabilité et la compréhension d'autrui avec se sacrifier pour l'autre.

Si un jour, tu te sens prête à dire "adieu", sache que ce sera extrêmement douloureux et salvateur à la fois. Salvateur parce que c'est libérateur. Douloureux car cela implique de faire le deuil de tout avenir commun. Et tout ça n'empêche pas de ressentir encore et encore.

Je crois que personnellement, je m'en sors en arrivant à décortiquer et extraire les composants pour justement ne plus amalgamer. Aucune situation n'est toute blanche ou toute noire. Tout est variable et mouvance.

En plus, l'absence, la privation, redonne en intensité et en besoin. Plus on est "privé" plus on ressent de l'intensité lorsque l'on "peut" à nouveau. C'est un piège, je trouve. Pourquoi ? Ben parce qu'en relation amoureuse, ça ne résous rien. En fait les séparations dans la durée peuvent figer l'avenir. On a tellement fantasmer (donc vécu des réalités alternatives imaginaires merveilleuses) que le jour où justement on s'offre une nouvelle opportunité, le tout feu tout flamme prend le dessus, puis on tombe de haut. Rien n'a vraiment changé et ce qui a fait exploser, resurgit.

C'est un cercle vicieux et seul une évolution dans la compréhension que les fantasmes doivent demeurer des fantasmes, et que la réalité sera de toute façon autre. Il veut que tu deviennes. Ton mari veut que tu sois. Et toi, dans tout ça, tu ne peux pas te définir autrement que par leurs attentes. C'est malsain, je trouve. C'est complètement inconscient de leur part, mais c'est toi qui trinque. D'autre part, ton passé t'impacte, c'est logique.

Tu n'es pas parfaite, eux non plus. Personne n'est parfait. Je pense qu'il faut vraiment une communication saine et sereine pour y arriver. Et là, c'est pas gagné. Une transition mono-mono en mono-poly (et là je ne parle pas sexualité du tout) demande de relever un sacré défi. Il faut avoir la santé, mentale surtout. Ca revient à expliquer, exprimer, encore et encore et encore... et même parfois après des années. C'est des remise en question, de la réflexion, de la découverte, accepter ses erreurs, accepter celle d'autrui, faire face au reste du monde, (sortir) étendre sa zone de confort et celle de ceux-celles des personnes qui nous suivent.

Alors vit intérieurement tes émotions avec légèreté et aspire à ce que tes relations soient le moins compliquées possible (si tu y arrives). Faire l'ascenseur émotionnel c'est fatigant. Indispensable, d'après moi.

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April

le dimanche 05 juin 2022 à 12h36

Exactement, c est épuisant ! Je sais que je ne dois pas me complaire dans l’idéalisation de cette relation. Je vais réfléchir à tout ce que tu as évoqué, laisser un peu infuser en moi. Quand tu parles de ne pas se sacrifier pour l’autre, l’effet explosif des attentes qui s’accumulent…Merci beaucoup Bonheur !

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lau93

le dimanche 05 juin 2022 à 13h39

April
A côté de ça, je me dis que tout ça n’arrive pas « par hasard ». J’ai besoin d’affirmer mon autonomie, j’ai envie de temps seule, d’un espace à moi, de vacances seule, d’indépendance. Je me questionne beaucoup sur tout ça.

Je trouve très intéressante ta réflexion à ce sujet. Ça me renvoie beaucoup à mes lectures qui relie la place de la liberté des femmes et la polyamorie: ce modèle ne peut exister que dans une société qui permet la liberté sexuelle et affective des femmes. Or notre éducation a tout fait pour que l'on se sente coupable de revendiquer cette liberté et cette autonomie. Plus encore pour les femmes mais aussi pour les hommes.
On doit montrer qu'on arrive à vivre le modèle conte de fée des princes et princesses qui s’aiment pour la vie et se comblent mutuellement parfaitement leurs besoins et aspirations. C'est pour moi un gros mensonge social qui maintient toute les règles patriarcales, +/- aidées par les diktats religieux et qui permet que les gènes et les biens soit transmis dans un ordre précis et traçable.
Ce besoin d'espace à soi ( physique ou psychique) est selon moi le signal du besoin de se relier à la liberté d'être qui on est. De ne pas être dépendante ou appartenir à quelqu'un.
Je sais que j'ai encore du chemin à parcourir pour être parfaitement tranquille avec les liens que nous mon amoureux "ailleurs" et portant je suis intimement persuadée qu'ils font partie de sa liberté d'humain de vivre sa vie de façon vivante et non pas enfermé dans la norme sociale qui lui indique que je suis sa compagne et qu'il n'a donc pas le droit de tourner son cœur et son corps vers d'autres partenaires.
J'ai l'impression en te lisant que ton compagnon souffre en t'imaginant " faire du sexe" avec un autre. A t il exposé sa capacité a t'imaginer a développer des sentiments amoureux avec un autre ? Le côté " si tu veux coucher tu fais ce que tu veux mais tu en paieras les conséquences » c'est un peu violent ; mais est-ce une manière de dire « c'est trop souffrant pour moi de t'imaginer avec un autre », ou bien de prendre conscience de ce que ça réveille chez lui ? Peur de la comparaison avec l’autre ? Que tu lui préfères l'autre ? que tu l'oublies? OU bien juste "bah c'est comme ça je ne veux pas que tu prennes de plaisir ailleurs qu'avec moi, c’est mal" ? Est-il heureux pour toi quand tu prends du plaisir à manger un plat délicieux concocté par un chef cuistot ? quand tu t’éclates sur une musique que tu aimes ? quand tu partages un fou rire avec une copine ou un ami ?
C'est de ça que je me me rends compte quand je pense aux autres joies de mon compagnon, il y a tellement de moment ou son plaisir et sa joie ne dépendent pas de moi, et c’est tellement mieux car que serait une relation ou l’autre ne pourrait plus jamais avoir de joie en cas de séparation ou de mort etc : Je crois que nos représentations de la sexualité polluent toutes nos réflexions comme si ce niveau de relation et de communication avait un caractère sacré et indépassable dans le couple. Alors qu’il existe le libertinage, la prostitution, les plans cul d’un soir sans parler des relations adultères si banales. Je ne sais pas si ton compagnon pourrait avoir envie de réfléchir à cela ?
Plein de courage pour la suite

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cactus

le dimanche 05 juin 2022 à 14h13

Bonjour April,

Quelques réactions à chaud sur divers points de ton message :

1. Dans ce que tu exposes, je n'ai pas l'impression que ta relation à V., qq soit sa teneur, soit bien partie : indépendamment du contexte "relations plurielles" c'est loin d'être fluide et clair, y'a pas mal de reg flags semble-t-il, tu l'exprimes toi-même.

April
Cela fait un peu plus d’un mois que nous avons coupé les ponts. Pour la première fois depuis longtemps, je me dis qu’il faudrait peut-être que je « laisse tomber ». me recentrer sur moi. Admettre que cette histoire n’ira pas plus loin.

(p.s.: j'ai vécu ce genre de relation ambiguë, j'ai fini par couper les ponts : ça demande trop d'énergie, ça te bouffe au détriment d'autres chouettes relations, faut pas hésiter à élaguer les branches de l'arbre relationnel quand c'est nécessaire à ton bien être. Ce n'est pas parce qu'on est amoureuse que ça fonctionne et il faut se méfier de cet état amoureux qui a tendance à nous aveugler justement).

Autre élément, de la part de V.

April" Pour V. ce ne serait que des miettes de relation, il me dit qu’il mérite mieux."
les réactions de V. me laissent entendre que ce qu’il veut c’est une relation exclusive

Sa vision des choses semble donc être celle d'une relation "classique", sauf que les amours plurielles - du moins dans la façon dont je l'envisage - ça veut dire des relations sous une forme différente de la forme classique. Ce n'est pas avoir des relations de type monogame en parallèle, pas du tout. Et ça, ça implique vraiment un changement de vision des choses sur les relations affectives assez important (cf le dernier épisode du podcast "Amours plurielles".) Et changer sa vision des choses, en supposant qu'on le veuille, c'est long.

2.

AprilQuand j’essaie d’envisager les choses de manière plus concrète, idéalement, j’aimerais que V. accepte que notre relation commence « en pointillés » (se voir une fois par mois par exemple) ce qu’accepterait mon mari également, sans que j’aie à lui rendre des comptes sur passage à l’acte ou pas.

De façon générale, un truc que j'ai appris avec l'expérience des relations : éviter de se faire des films et de tirer des plans sur la comète. Quand on est attirée par qq, on aimerait que ça se passe comme ci ou comme ça, on commence à se faire des plans du type "je le verrai x fois par mois". Mais objectivement, perso ça ne s'est jamais passé comme je l'avais "prévu", ni dans ce que j'avais imaginé, ni dans les réactions des personnes impliquées (même si ce qu'il s'est passé est bien aussi :-) )

3.

AprilJ’ai l’impression de devoir me couper d’un élan de vie, il y a ce sentiment d’inachevé, la frustration de n’avoir pas vécu ce qui devait être léger et « sans prise de tête »
....
A côté de ça, je me dis que tout ça n’arrive pas « par hasard ». J’ai besoin d’affirmer mon autonomie, j’ai envie de temps seule, d’un espace à moi, de vacances seule, d’indépendance. Je me questionne beaucoup sur tout ça. Je sais qu’il y a beaucoup à déconstruire.

Au final, la question n'est pas tant de pouvoir entretenir une relation avec V. ou de continuer celle avec ton mari, la question est de savoir ce qui te convient à toi, ce que tu veux vivre ou pas, et comment tu veux le vivre. Et peut-être que ce chemin ne passera ni par V., ni par ton mari.

4.

April
Mon mari me dit que si je couche avec quelqu’un d’autre, il ne le supportera pas et pour lui ce sera la fin de notre relation. Au mieux, il me dit qu’il ne m’interdit rien et me met face à mes responsabilités. « je ne t’interdis pas de le faire, mais je ne peux pas te promettre que j’arriverai à gérer, et tu devras assumer les conséquences… ». J’essaie de le comprendre et de ne pas prendre cette limite comme un enfermement, quelque chose d’aliénant.
....
Il me dit qu’il ne changera jamais d’avis et ne me donnera jamais son consentement pour que j’entretienne des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre.

Mais ça l'est, aliénant. Parce qu'en vrai, c'est ta vie privée, pas la sienne.
C'est ton corps, et personne d'autre que toi ne devrait pouvoir décider ce que tu peux en faire ou pas.

April
Avez-vous vécu une situation similaire ? vos relations monos ont-elles fini par évoluer vers l’acceptation et une relation équilibrée, sereine et épanouissante ? et dans le cas d’évolution positive, combien de temps a pris le processus ?
Qu’est-ce qui vous a aidé à mieux gérer toutes ces émotions ?

Chaque vécu est différent, et il n'existe pas de baguette magique.
Ce qui m'a aidé à gérer tout ça, c'est de reprendre confiance en moi, de comprendre ce dont j'ai besoin, de cultiver l'amour que j'ai pour moi, et surtout, de me respecter moi autant que je respecte les autres.

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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Anny

le dimanche 05 juin 2022 à 14h30

Pour Lau et Bonheur : vous êtes formidables, j’aime vraiment beaucoup vos regards et votre capacité à alimenter la réflexion.

Le maître mot c’est le Temps. April : il faut t’offrir du temps !
Du temps pour toi, du temps pour réfléchir, du temps pour ne pas réfléchir et laisser poser, du temps pour eux aussi seul et individuellement après les avoir nourris de tes réflexions/besoins/envies.

Je sais bien que le temps c’est long dans le feu de l’action, dans l’attente aussi… Mais c’est très souvent notre meilleur alié, non ?

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Anny

le dimanche 05 juin 2022 à 14h36

@cactus : je ne voulais pas dire que tu n’es pas formidable ! Nos message se sont croisés… 😉

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Geraaldine (invité)

le dimanche 05 juin 2022 à 15h01

C'est ton corps, et personne d'autre que toi ne devrait pouvoir décider ce que tu peux en faire ou pas.

Si ce n'est que l'autre peut décider de ce pas accepter les actes faits

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cactus

le dimanche 05 juin 2022 à 17h17

Geraaldine
Si ce n'est que l'autre peut décider de ce pas accepter les actes faits

L'autre peut ne pas accepter bien sûr, parce que c'est trop douloureux, trop éloigné de ses propres valeurs, parce que les mécanismes sociétaux sont trop bien ancrés pour que ça soit envisageable de faire une évolution de vision des choses sur ce point.

Il n'empêche que la liberté de chacun de relationner comme il ou elle l'entend et en a besoin, n'est, pour moi, pas négociable. C'est une valeur fondamentale, mise d'autant plus à mal pour les femmes dans nos sociétés patriarcales comme le souligne @Lau plus haut.

Et si cette valeur n'est pas alignée entre les 2 partenaires, que les visions sont vraiment trop éloignées, conserver la relation me parait compliqué.

On peut discuter pour comprendre pourquoi la liberté de l'autre est douloureuse, qu'est-ce qui coince, qu'est-ce qui fait mal ou peur là-dedans, dans ce contexte précis, pour trouver des clés pour rassurer, aider, apporter plus de sérénité - je précise que je ne suis pas exempte d'insécurités non plus là-dessus - mais comme @Lau, j'essaie de comprendre pourquoi ça fait mal chez moi quand on appuie là plutôt que de rogner les ailes de mes relations pour les retenir. Et si c'est trop dur, trop souffrant, ben faut dire stop pour se préserver, tout simplement.

@Anny, pas de soucis ;)

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bonheur

le dimanche 05 juin 2022 à 18h26

Je crois que vouloir "changer" quelqu'un n'est pas possible. Je m'y suis casser les dents, de penser que le temps peut... (quoi ?). Seule une évolution, une transformation, avec la préoccupation de se déconstruire et de faire ce travail, de soi à soi (avec ou sans professionnel pour accompagner), de soi à une personne possiblement compatible (et là, les amours comptent).

Parce qu'il ne suffit pas de faire cette évolution, je trouve. Il faut aussi la rendre audible à son entourage. Sinon, il se peut que l'on nage à contre-courant.

C'est en cela que le polyamour impacte au-delà du lien lui-même.

Il m'est arrivée d'avoir un coup de foudre pour quelqu'un de malsain. Il faut alors prendre ses jambes à son cou.

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April

le dimanche 05 juin 2022 à 23h20

Bonsoir @lau93, @cactus, @Anny, @geraaldine, @bonheur ;-) je suis touchée par la richesse de vos retours...Merci d'avoir pris le temps de me lire et de m'apporter votre éclairage...
Chacun de vos messages appelle une réponse réfléchie, je vais m'y atteler dès que je peux...Ce soir je me sens apaisée et je vais me laisser porter par ça !!! A très vite

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GeorgyPorgy

le mardi 07 juin 2022 à 10h02

Bonjour @April,

Je traverse le même genre de choses que toi, alors je me permets ce petit mot bienveillant en plus de toutes les pistes super qui t'ont été proposées plus tôt :)

Comme @cactus, je vois beaucoup de red flags dans ce que tu décris de ta relation avec V qui invitent probablement à la prudence. On sent bien que V est très confus par la situation, mais certaines expressions sont assez ambivalentes et pas forcément bienveillantes envers toi ("être en partie responsable de leur rupture").

Aussi, un truc qui m'a beaucoup aidé dans mon cheminement est d'arriver à faire le distingo entre tes besoins & les stratégies possibles pour y répondre. C'est un truc sur lequel j'ai beaucoup travaillé avec l'aide de ma psy, et ça ne coule pas forcément de source, c'est pas intuitif & on a semble-t-il souvent tendance à confondre les deux. Dans ce que tu exprimes, on perçoit une recherche de plus grande liberté, autonomie dans ta vie (ça se sont vraiment les besoins). Ta relation avec V n'est qu'une des stratégies possibles pour y répondre (et peut-être qu'aujourd'hui, c'est la seule que tu perçois, mais ça peut évoluer...). Distinguer la découverte d'une part de soi-même & de la personne avec qui cela s'est produit : ce n'est pas parce que V en a été le révélateur que tu dois à tout prix faire advenir la concrétisation de cette relation pour répondre à tes besoins... D'autant si tu sens qu'en face, la personne a des attentes contradictoires aux tiennes, confuses ou pas forcément "bienveillantes".

Ce qui amène par ricochet à constater une certaine assymétrie des perceptions. Tous les individus impliqués n'ont pas forcément "réalisé" le même chemin que toi & il peut être dur de se rendre à cette évidence (car cela implique une forme de renoncement). Malheureusement, on n'a pas la "main" sur cette partie des choses qui ne dépend que de leur démarche personnelle.

L'expression que tu as employée m'a frappé ("trouver « la clé », celle qui me permettrait de créer ce déclic positif chez V. et chez mon mari"). Il faut probablement être prudent.e avec ce genre d'attentes, car une telle clé n'existe pas (enfin je pense :-) ). On peut discuter, échanger des opinions mais faire évoluer le point de vue de notre/nos partenaires ne nous appartient pas. Ca ne relève pas de ton pouvoir personnel. Si on ne garde pas cela en tête, on prend aussi le risque d'adopter soi-même des comportement potentiellement toxiques envers les autres, se donner l'impression de forcer les choses, insister & contribuer ainsi à aliéner l'autonomie de l'autre en cherchant à faire advenir la notre.

L'expression employée par V est assez parlante : "n'avoir que des miettes". Je me suis confronté à des conclusions similaires de la part de ma relation, qui ressentait qu'elle passerait "toujours en deuxième" car je suis en couple, avec des enfants. Je ne remets pas en cause la crainte qui s'exprime dans ce genre de réflexion, c'est valide & légitime comme ressenti, mais cela démontre que la relation reste perçue et placée de fait dans un système hierarchique - chose que les personnes pratiquant le polyA essaient justement de déconstruire, en mettant en valeur l'importance de chaque relation, en évitant du mieux possible des jeux de pouvoir, de compétition. Accorder à chaque relation sa valeur propre, basée sur ses dimensions uniques... Sans chercher à remplacer l'une par l'autre.

En cela, je rejoins le point de @cactus : il est parfois bien difficile (impossible?) de faire entendre aux autres, que ce que l'on recherche, ce n'est pas d'avoir deux relations monogames en parallèle (avec toutes les implications qui s'y rattachent, escalator relationel etc.) - car tout le monde sera d'accord pour comprendre que c'est de toute façon impossible. Mais bien d'inventer quelque chose "à façon", en s'attachant à respecter les désirs, limites & aspirations de chacun.e.

Bon courage à toi

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bonheur

le mardi 07 juin 2022 à 10h18

Tout ceci est bien dit @GeorgyPorgy et fait écho en moi (+) .

Savoir admettre parfois que ça n'arrivera pas, ce à quoi on rêve. Une personne évolue et réinvente si elle se place elle-même en possibilité de le faire. Je me rappelle avoir passé des heures à expliquer... ce qui était de toute façon inaudible pour autrui. Compréhension intellectuelle mais incapacité de le vivre concrètement. Ne pas insister dans ces cas-là, sinon on risque d'abimer l'autre. Une forme de manipulation, juste pour répondre à notre attente.

Aujourd'hui, je laisse venir à moi. J'exprime, j'explique, je réponds avec sincérité et authenticité, et je laisse décider au maximum du bienfondé de son amour ou non pour moi. Je ne désire plus du tout influencer. Ce que malheureusement j'avais fait, c'est tentant. Vouloir rendre autrui malléable, c'est mauvais. Accompagner autrui dans ses découvertes et communiquer, ça oui. Révéler, ne signifie pas qu'il y aura ce déclencheur. Chez certaines personnes, on ne libère pas, on fait encore plus de mal.

@April. V et toi, vous vous faites du mal, je crois. J'espère me tromper.

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April

le mercredi 08 juin 2022 à 21h12

Bonsoir à toutes et tous

pardon de réagir de manière un peu "décousue", et peut-être décalée dans le temps, et en plusieurs fois !...Je me rends compte à vous lire que je suis encore bien confuse dans ce que je ressens, d'ailleurs je prends un temps fou à formuler la moindre phrase ici, parce qu'au final, si plein de choses que vous soulevez font écho en moi et me nourrissent, les émotions sont encore trop fortes, et dures à vivre…

@GeorgyPorgy,
En effet j'ai eu la même impression (que nous traversions quelque chose de similaire ) notamment à la lecture de ton post " gérer l'absence"... merci pour ton regard bienveillant et la pertinence de ton analyse.

GeorgyPorgy
« Dans ce que tu exprimes, on perçoit une recherche de plus grande liberté, autonomie dans ta vie (ça se sont vraiment les besoins). Ta relation avec V n'est qu'une des stratégies possibles pour y répondre (et peut-être qu'aujourd'hui, c'est la seule que tu perçois, mais ça peut évoluer...).

En effet, cette relation avec V. s’inscrit dans un contexte plus large de recherche de liberté comme d’autres l’ont souligné, d’affirmation de soi par rapport à mon mari, et je commence seulement à cerner un peu plus clairement les besoins auxquels je cherche à répondre…

GeorgyPorgy
« Distinguer la découverte d'une part de soi-même & de la personne avec qui cela s'est produit : ce n'est pas parce que V en a été le révélateur que tu dois à tout prix faire advenir la concrétisation de cette relation pour répondre à tes besoins... D'autant si tu sens qu'en face, la personne a des attentes contradictoires aux tiennes, confuses ou pas forcément "bienveillantes".

je me sens prise dans une sorte de loyauté inconsciente par rapport à V., aux avances que j’ai formulées il y a plus de 15 ans ;

GeorgyPorgy
L'expression que tu as employée m'a frappé ("trouver « la clé », celle qui me permettrait de créer ce déclic positif chez V. et chez mon mari"). Il faut probablement être prudent.e avec ce genre d'attentes, car une telle clé n'existe pas (enfin je pense :-) ). On peut discuter, échanger des opinions mais faire évoluer le point de vue de notre/nos partenaires ne nous appartient pas. Ca ne relève pas de ton pouvoir personnel. Si on ne garde pas cela en tête, on prend aussi le risque d'adopter soi-même des comportement potentiellement toxiques envers les autres, se donner l'impression de forcer les choses, insister & contribuer ainsi à aliéner l'autonomie de l'autre en cherchant à faire advenir la notre.

Tu as raison, je comprends le risque...
Je pense que ce sont mes résistances qui parlent…j’ai l’intuition qu’il faudrait accepter que cette relation n’est plus, mais je refuse sans doute de voir la réalité en face, ou je suis seulement en train d’amorcer le deuil, alors j’essaie désespérément de me raccrocher à une solution « miracle »…
Tu évoquais les besoins et les stratégies qu’on met en place pour y répondre…une des choses les plus difficiles pour moi actuellement, c’est de ne pas reprendre contact avec V.
la stratégie mise en place, c’est notamment de pouvoir exprimer ce que je ressens ici ;-)

GerogyPorgy
« Je me suis confronté à des conclusions similaires de la part de ma relation, qui ressentait qu'elle passerait "toujours en deuxième" car je suis en couple, avec des enfants. »

– pareil : « être le deuxième, c’est l’histoire de ma vie, ça ! » V. a aussi évoqué le fait d'attendre " comme un con", par rapport à d'autres rencontres. ça me conforte malheureusement dans le fait que nos conceptions et attentes sont incompatibles (mêmes si légitimes de part et d’autres). C'est dur de l'accepter. vraiment.

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April

le mercredi 08 juin 2022 à 22h00

Lau93
Ce besoin d'espace à soi ( physique ou psychique) est selon moi le signal du besoin de se relier à la liberté d'être qui on est. De ne pas être dépendante ou appartenir à quelqu'un.

Ce sont des questions qui m'interrogent beaucoup (la question de la dépendance, affective, financière, et puis "être qui on est") Je cherche un peu ma place, je travaille à mi-temps (par choix) mais il y a cette injonction à utiliser le temps disponible pour des projets qui pourraient renforcer cette autonomie financière...

Lau93
J'ai l'impression en te lisant que ton compagnon souffre en t'imaginant " faire du sexe" avec un autre. A t il exposé sa capacité a t'imaginer a développer des sentiments amoureux avec un autre ? Le côté " si tu veux coucher tu fais ce que tu veux mais tu en paieras les conséquences » c'est un peu violent ; mais est-ce une manière de dire « c'est trop souffrant pour moi de t'imaginer avec un autre », ou bien de prendre conscience de ce que ça réveille chez lui ? Peur de la comparaison avec l’autre ? Que tu lui préfères l'autre ? que tu l'oublies? OU bien juste "bah c'est comme ça je ne veux pas que tu prennes de plaisir ailleurs qu'avec moi, c’est mal"

Je ne peux pas parler en son nom, mais ce que je perçois est plus de l'ordre de "c'est trop souffrant pour moi de t'imaginer avec un autre", en tous cas, ça ne relève pas du machisme primaire (mon homme prend vraiment sa part de charge mentale dans la gestion du quotidien, de notre famille, alors qu'il a une carrière professionnelle très exigeante)
...mais je pense par contre que c'est moi qui prend la charge émotionnelle du couple...

Il y a certainement une peur que je lui préfère l'autre, la peur de ne plus être que des "colocataires"...

Je pense que ça l'a quelque part rassuré de comprendre que je n'avais pas délibérément recherché quelqu'un sur un site de rencontre, mais qu'il s'agissait d'une personne dont j'étais tombée amoureuse par le passé.

La grande frustration pour moi c'est que ça reste très difficile d'aborder ces questions là avec lui...je suis consciente de la violence de ce que je lui ai annoncé, j'essaie de faire mon possible pour respecter son rythme...Mais oui, le constat c'est qu'il n'y a pas de réelle volonté de sa part de se pencher sur ces questions...:-(

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lau93

le mercredi 08 juin 2022 à 22h50

April
La grande frustration pour moi c'est que ça reste très difficile d'aborder ces questions là avec lui...je suis consciente de la violence de ce que je lui ai annoncé, j'essaie de faire mon possible pour respecter son rythme...Mais oui, le constat c'est qu'il n'y a pas de réelle volonté de sa part de se pencher sur ces questions...:-(

Je pense étant passé par sa place que cette volonté est difficile à mobiliser s'il n'y a pas d'enjeu. L'enjeu pour moi c'était de savoir si je désirai poursuivre la relation et continuer de l'aimer avec cette " petite particularité" ou bien le quitter en pestant contre "ces hommes à qui on ne peut décidément pas faire confiance dans la vie" et en brandissant mon statut de victime pour lui laisser le rôle du bourreau. Ce qui m'a aidé a faire de choix de tnter de comprendre et d'apprendre cette nouvelle façon d'aimer c'est déjà que je ne voulais pas arrêter de l'aimer et de plus que ma métamour de l'époque est une fille formidable et que je ne trouvais pas de bonne raisons pour la détester et nourrir mon ressentiment.
Que sait ton compagnon de celui que tu aimes aussi? Qu'a t il envie de prioriser? votre relation elle même avec toutes les représentations autour ou les personnes (lui et toi )qui la composez avec leurs besoins et leurs aspirations? Serait il envisageable de redéfinir ce qui est important? Mon amoureux me ramène souvent vers ce constat de ce qui est important quand je vrille parce que la jalousie parle plus fort et ça m'aide : je te propose ces pistes mais bien sur je ne suis pas ton mari :-D
Plein de courage

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GeorgyPorgy

le jeudi 09 juin 2022 à 15h29

Bonjour @April

Pas de souci pour la manière / fréquence dont tu réponds, c'est naturel (j'essaie moi-même parfois de ne pas trop "trainer" ici pour mobiliser mon attention sur d'autres choses de mon existence...)

En tout cas, du courage à toi pour avancer là dedans, tout ça n'est simple pour personne.

Vraiment, se donner du temps est peut-être la meilleure chose à faire : laisser les choses décanter, se "forcer" à se concentrer sur d'autres éléments, etc. Le temps a ce pouvoir de transformer subtilement nos perceptions (et ce sera surement vrai pour toi, mais aussi pour ton homme, ou V y compris...). Donne toi le temps et le droit de t'apaiser de tous ces questionnements qui peuvent vite mobiliser trop de ton énergie mentale (je parle en connaissance de cause :) )

A la relecture de ton post initial, je me rends compte que évoques peu ton homme & ses réactions, si ce n'est pour nous dire que son avis est très tranché/définitif sur la question. Ce qui est valide dans l'absolu, mais peut-être serait-il pertinent de parvenir à interroger le pourquoi de cela - sans passer directement par la discussion de l'ouverture du couple.

Probablement, ceci réveille des peurs, traumas ou autres de son côté...

Mais arriver à travailler sur votre relation propre (en évitant de discuter frontalement de l'ouverture sentimentale et/ou sexuelle) peut vous permettre de vous donner à tous les 2 le sentiment d'avancer ensemble, de manière plus apaisée et sécurisante pour lui. Toujours avec le temps, je pense que cela peut amener à plus d'empathie mutuelle et, idéalement, à mieux comprendre ce que "l'autre" recherche dans son individualité propre ("l'autre" étant toi et lui, composante de la relation).

J'ai moi-même le sentiment d'avoir plus "progressé" dans la compréhension mutuelle dans mon couple en empruntant cette voie "détournée" qu'en abordant frontalement des questions insécurisantes - comme le fait d'entretenir une relation sentimentale avec une autre. Je me sens un peu mieux compris qu'il y a quelques temps pour ainsi dire.

Et puis, celle/celui qui amène ça dans le couple a facilement "le mauvais rôle", porteur.se de mauvaises nouvelles, de risques pour l'équilibre établi etc. Savoir démontrer à l'autre qu'on ne va PAS confirmer cette image par ses actes (en adoptant la dissimulation etc.) aura probablement des vertus sur sa capacité à, in fine, entendre la valeur de l'éthique "poly" qu'on se donne. Ca implique du renoncement (c'est le plus dur!) mais ça permet de se sentir aligné, et à l'autre de se sentir entendu dans ses limites.

Oui ce que tu vis avec V s'apparente à du deuil, et ça ne sera peut être pas linéaire - il faut accepter les retours en arrière, apprendre à en détecter les déclencheurs etc. mais ça se fait... avec du temps... :)

Au delà, si jamais tu reprends effectivement contact avec V, peut être un truc souhaitable serait de poser le besoin d'avoir une vraie discussion sur vos intentions respectives, que vous arriviez CHACUN à formuler en authenticité ce que vous attendez vraiment d'une relation potentielle ensemble (désolé mais je trouve que ça n'est pas très clair cet aspect dans tes posts, ca semble beaucoup basé sur des impressions, voire des projections?). Ca pourrait permettre de déterminer si vous avez moyen de vous rencontrer sur quelques attentes ou pas du tout... Et donc t'aider à avancer.

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NorahSpinozi

le jeudi 09 juin 2022 à 21h08

Hello April
Bon courage à toi et cette situation qui semble troublante.
J'ai vécu une histoire qui ressemble pas mal à la tienne.
Un chéri de vie, un homme de qui je tombe amoureuse..
Mon amant m'a sorti le même genre de phrase, qu'il ne souhaitait pas une telle relation que de passer en second, qu'il souffrait de mon absence..
Mon chéri m'a sorti le même " fais tout ce que tu veux, je ne sais juste pas si je pourrai le supporter"
La suite de l'histoire est que nous avons coupé les ponts avec mon amant, il est parti et je ne l'ai plus contacté, ne voulant pas lui imposer une relation qui ne lui convenait pas.
J'ai beaucoup stressé de ne pas pouvoir lui offrir une relation comme il le souhaitait dans son idéal.
Et au final il est revenu hahaha. Maintenant il veut bien de notre petit bout de relation, plus ou moins mais ça va.
Mon chéri aussi est ok, plus ou moins mais ça va aussi !
Et là c'est une vraie galère à organiser !
Et je culpabilisais pas mal aussi au début, mon amant veut me voir tout le temps mais nous sommes encore dans une période où on cherche un équilibre dans tout ça avec mon chéri... Et je ne me sens pas de le voir trop souvent, je sens que mon chéri a encore besoin d'être beaucoup beaucoup ménagé, que moi même j'ai besoin de trouver une place et des repères dans ce mode de vie...
Donc au final nous nous voyons peu, environ une fois toutes les 3 semaines.
Il me manque, mais je ne peux pas faire plus, en tout cas sereinement.
Ce que je voudrais dire en racontant ma vie, c'est illustrer que c'est important de ne pas se laisser inonder par les attentes des autres. Si ton chéri et toi avez besoin de temps pour ce genre de transition, et que c'est ce que tu souhaites, alors prends ce temps ! Certes l'amour entraîne à vouloir faire plaisir à ceux qu'on aime, et passer en second semble douloureux, mais tu ne pourras pas faire le bonheur si tu es toi même malheureuse.
Ce n'est pas exactement ce qu'il veut, cependant V est libre, et entretenir une relation en pointillé avec toi ne l'empeche en rien à mener la même vie qu'il menait avant. Il peut continuer de faire la fête, voir d'autres femmes si cela lui chante etc... Il est revenu après toutes ces années, alors quelques semaines de plus ou de moins...
Évidemment en ne lui offrant pas une relation qui répond à ses attentes, il peut potentiellement partir. Et c'est le jeu. Ce n'est pas une raison pour te mettre la pression. Si tu ne peux pas, tu ne peux pas. C'est bien de prendre en compte les besoins de tout le monde mais tu as le droit d'avoir toi aussi tes attentes.
Par rapport à ton homme, rien ne peut te garantir qu'il changera d'avis en effet... Tout le monde est différent..
Peut être que justement, sentir que tu lui laisse le temps nécessaire, et que tu n'est pas dans la précipitation pourrait le mettre plus en confiance.

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