Participation aux discussions
Discussion : Le/la mono polycompatible
Alinea7
le mardi 12 septembre 2023 à 21h51
artichaut
Pour te rejoindre sur ça, je dirais que la Monogamie, c'est une manière contractuelle d'interdire à l'autre d'avoir d'autres relations que soi, ou en tout cas d'avoir un droit de regard et de contrôle sur les relations de l'autre.
De mon point de vue, la monogamie, c'est une manière contractuelle de s'interdire d'avoir d'autres relations que son partenaire. Comme preuve d'amour et d'engagement.
Tous les monos ne sont pas jaloux contrôlants et possessifs par défaut, ils se soucient uniquement de leur part du contrat.
Discussion : La liberté est elle faites pour tous ?
Alinea7
le samedi 09 septembre 2023 à 14h28
Attention pour la suite je vais grossir le trait, on perd des choses intéressantes quand on enlève de la nuance, mais pour aborder des concepts c'est plus facile.
Guiwii
Pour moi, je vois les couples libre comme des gens qui sont tombés sur le bon pigeon, c'est vouloir le beurre, l'argent du beurre et le c*l de la crémière.
Et à mes yeux si vous n'êtes pas capables de retenir de simples pulsions quand vous êtes en couple c'est que vous ne tenez pas réellement à l'autre.
Ça c'est ma vision des choses et je comprends que d'autres ne soit pas d'accord avec ça, et c'est d'ailleurs vos avis qui m'intéresse le plus.
C'est tout à fait normal que tu vois les choses comme ça c'est comme ça qu'on nous apprend à les voir.
On sait tous qu'on n'aime pas qu'une seule personne. On croise tous à un moment une personne avec qui ça clique intellectuellement, on les mêmes valeurs, le même humour, on semble se comprendre facilement, on a des intérêts commun. Ou une personne pour qui le désir est là même si on se verrait pas vivre avec. Ou un mélange.
Donc, avoir plusieurs partenaires amoureux possibles, c'est juste la normalité. Après y a ce qu'on fait avec et l'histoire qu'on se raconte.
Le positionnement standardisé auquel on est éduqués, c'est un positionnement dans lequel la preuve d'amour se situe dans le renoncement aux autres amours. Et dans le fait de rechercher une proximité et une sécurité affective qui peut même aller jusqu'à exclure d'autres sources d'épanouissement. Je t'aime parce que ma présence et ma disponibilité te seront toujours acquises s'il y a un conflit avec quoi que ce soit d'autre (dans l'exclusivité, c'est la définition aussi de la loyauté). Et donc je mesure ton amour au fait que tu démontres la même capacité à me faire passer toujours en premier.
Je crois que dans un positionnement non exclusif, la preuve d'amour se situe au contraire dans le fait qu'un amour qui s'installe ne diminue pas un amour plus ancien. Et la preuve d'amour miroir envers l'autre est de se réjouir de ce qui lui arrive de positif, même si on n'en fait pas partie directement. Je t'aime parce que ta liberté et ton épanouissement sont plus importants que tout. Et donc je m'assure de ne pas te peser et d'être heureux même sans toi.
(...quelque chose du genre parce que je suis pas bilingue poly...en non exclusif, la loyauté c'est quand on revient même si on vit plein de belles choses sans l'autre)
Basculer d'un positionnement à l'autre, de mon point de vue, ça n'est possible que si on dissocie suffisamment sa propre capacité d'être heureux de la volonté, la disponibilité et la responsabilité de notre partenaire à y participer.
De cette façon, la distance, l'indisponibilité temporaires d'un partenaire peuvent coûter mais ont moins de chances de nuire. En particulier quand ce partenaire n'est ni distant ni indisponible pour un autre partenaire.
A partir de là, il faut déterminer si cette liberté d'aimer, en théorie c'est ok mais en pratique ça te coûte. Déterminer si ça te coûte ou si ça te nuit, parce que ça peut aussi être mauvais pour toi. Pour ce que tu *te* racontes sur l'amour et sur toi considérant ce qui se passe. Ces petites histoires, je ne sais pas trop dans quelle mesure on les subit ou on les écrit.
Pour toi, quelqu'un t'aime parce qu'il se prive de vivre des choses chouettes pour être avec toi ? Ou parce qu'il a envie de revenir partager des choses avec toi, indépendamment de ce qui le rend heureux dans sa vie par ailleurs ?
Discussion : Le polyamour peut il résoudre mon problème ?
Alinea7
le dimanche 11 juin 2023 à 21h32
J'imagine que si ton ami fait tous ces efforts c'est parce qu'il pense que c'est aussi ce que tu souhaites, pas pour t'enfermer dans une dette.
Si tu penses faire un mauvais choix pour toi il vaudrait mieux en parler, le plus tôt possible pour en parler avec une quantité d'efforts accumulés la moindre possible ; qu'est-ce qui te retient ? Si ce sont les efforts déjà accumulés, ça ne va qu'empirer.
Au mieux il est d'accord, au pire tu es fixée sur le fait que tu dois choisir un projet de vie plutôt qu'un autre. Là tu ne sais pas et donc tu fais le deuil en partie sans vraiment comprendre pourquoi, comme un choix fait par défaut.
Discussion : Mon conjoint me réclame couple libre polyamour libertinage etc...
Alinea7
le jeudi 18 mai 2023 à 11h24
kill-your-idols
Maintenant, allons examiner le cas en détail.
@kill-your-idols, tu dis ça et ensuite tu ne parles que de cas général et pas du tout du cas actuel.
Cette discussion sur une mise en concurrence de la monogamie par rapport au polyamour (formulation très réductrice mais qui a le mérite d'être comprise par tous), il y a déjà une discussion qui a été ouverte sur ce sujet.
Ton avis est que la monogamie ne fonctionne pas, très bien. J'ai de nombreux contre-exemples autour de moi. Tu as trouvé un fonctionnement qui fait du sens pour toi, c'est super, ça n'en fait pas une vérité universelle. Et pour ne pas détourner le sujet de ce fil, ce serait mieux de garder ce débat où il doit être dans la discussion dédiée. En plus ça pourra te resservir...les polys débutants ne sont pas ce qui manque en effet sur ce forum.
Par ailleurs, partir du principe et souhaiter sont deux choses différentes...et ce qu'on souhaite peut varier (ou non, je crois que chacun sait bien s'il a tendance à privilégier son autonomie affective ou sa sécurité affective...). Donc on ne choisit pas de s'exposer ou non à la déception.
Et les personnes exclusives, quoi qu'en dise @kill-your-idols, sont pour l'instant une grande majorité, du fait que notre société y éduque. Donc @Elletriste, tu as plus de chances de trouver quelqu'un d'exclusif si tu trouves un autre partenaire un jour (même si en pratique un partenaire de vie ne se trouve pas non plus sous le sabot d'un cheval). Et je trouve que c'est d'ailleurs bon à rappeler : toute évolution vers la non exclusivité est un bout de chemin et ne conditionne pas l'avenir. Si ça peut aider à mettre la situation en perspective, c'est toujours bon à prendre.
Discussion : Mon conjoint me réclame couple libre polyamour libertinage etc...
Alinea7
le mercredi 17 mai 2023 à 22h55
kill-your-idols
Mieux vaut accepter la réalité, et vivre heureux dans des relation non-monogames.
Tu sembles ignorer qu'on peut aussi être très malheureux en relation non-monogame, en particulier si ce n'est pas choisi mais subi. Et que tout le monde n'est pas fait du même bois. On voit ici des hommes exclusifs poster qu'ils souffrent du souhait de non monogamie de leur partenaire féminine. C'est un drôle de raisonnement genré que de croire que les hommes ne pensent qu'avec leur bite. Vous valez mieux que ça... enfin, j'en connais, toi peut-être pas.
Ce qui serait bien ce serait de rester sur les gens dont il est question ici au lieu de généraliser et asséner que tout le monde fonctionne de la même façon et que la recette du bonheur est la même pour tous.
Je maintiens que c'est à Elletriste de déterminer ce qu'elle veut pour elle. Ça peut inclure un intérêt pour certains aspects de la non exclusivité et pas d'autres. Il se peut qu'il y ait un terrain d'entente avec son conjoint et qu'il soit tout à fait différent de ce que tu pratiques ou préconises, @kill-your-idols.
Et c'est un drôle de prosélytisme d'insinuer que c'est voué à l'échec si ça ne suit pas ton modèle.
Discussion : Mon conjoint me réclame couple libre polyamour libertinage etc...
Alinea7
le lundi 15 mai 2023 à 17h25
Elletriste
En fait à aucun moment je n’ai demandé s’il était normal. Ça m’est bien égal de dire que c’est lui qui est normal et moi qui est anormale. Je me demande juste s’il y a une chance que notre couple survive à ça sans que je souffre, et si la sagesse ne serait pas tout simplement de se séparer pour que chacun de nous vive comme il le souhaite.
Je pense que c'est une discussion posée à avoir avec lui si pour toi ce n'est pas négociable : est-ce qu'il est ok pour continuer comme avant, ou pas. Et si une évolution aussi minime soit elle est possible sans que tu souffres, lui détailler jusqu'où il peut aller pour toi dans ces domaines et évaluer avec lui si ça lui va ou s'il sera frustré.
Ensuite eh bien, si vous décidez de continuer, cet accord vous engage. Et si un jour les circonstances changent vous serez toujours à temps de réévaluer.
Et sinon... peut-être vaut-il mieux le savoir et s'ajuster.
Discussion : Suicide
Alinea7
le mardi 09 mai 2023 à 23h36
Tant mieux si ça ira ce soir.
Je connais pas marcel mais cerveaux non disponible oui. Et toi tu connais j'dis ça j'dis rien ?
Comme dit l'autre, on vit une époque formidable...
Pas besoin d'être désolé personne n'était obligé. Après si tu te sens un tout petit peu reconnaissant, ça voudrait dire qu'il t'arrive encore des trucs qui te font un tout petit peu du bien.
Discussion : Suicide
Alinea7
le mardi 09 mai 2023 à 21h58
https://www.youtube.com/watch?v=a8IGqdFyypY
Et encore une fois, je te renvoie au 3114.
Peut-être pas pour aller mieux si t'es pas prêt. Peut-être juste pour ne pas être seul et temporiser.
Mais je ne peux pas rester ici très longtemps et toi seul peux faire ce pas.
Discussion : Suicide
Alinea7
le mardi 09 mai 2023 à 21h46
A titre personnel, j'ai décidé que je me devais de rester en vie dans ces moments là, pour les autres moments.
Mais ça te parlera sûrement pas parce que dans ces moments là on dirait que rien d'autre n'existe.
Déjà entendu parler du chien noir ?
Discussion : Suicide
Alinea7
le mardi 09 mai 2023 à 21h42
x
merci pour ta réponse. Si je les appelle, je vais raconter ma vie et ça va les traumatiser. "Ah oui c'est pas évident, vous avez rencontré le diable blablabla"
Chiche. Ces gens là courent après le traumatisme il ne faudrait pas les décevoir. Et la météo est aussi dans leurs cordes si tu as besoin de légèreté.
Ne rien dire aussi.
Discussion : Suicide
Alinea7
le mardi 09 mai 2023 à 21h23
Je viens juste de voir ton message, je peux te répondre plus en détail un peu plus tard (le temps d'écrire) mais dans un premier temps appelle le 3114 il y a des personnes formées qui te répondent quand tu veux.
Discussion : Où placer le curseur entre penser à soi et penser aux autres ? Est-ce que toute forme de violence est (in)évitable ?
Alinea7
le mardi 09 mai 2023 à 15h33
GeorgyPorgy
Plutot que de revendiquer ce que JE voulais coute que coute, j'ai plutot eu tendance à reconnaitre et affirmer l'autonomie totale de ma compagne. Sur tous les plans.
Je trouve cette démarche admirable et en même temps je ne sais pas comment l'appliquer sans avoir l'impression de me soumettre d'avance à tout rapport de force qui pourrait s'installer, pour que la relation reste bien lisse. Parce que j'ai l'impression que ce qui en découle c'est que tu prends sur toi que les impacts sur toi de sa liberté ne rejaillissent pas sur elle.
Et puis je pose la question dans le cadre du polyamour mais aussi au delà et je crois que c'est vrai d'une manière générale : il y a des conséquences pour les individus de tout le polycule dans chaque décision individuelle. Accepter que chacun prenne les décisions qui s'imposent pour lui en fonction des décisions des autres, ça peut aller tout droit au rapport de force aussi et en tout cas pas forcément au mieux global (ni même individuel).
Je prends un exemple : si quelqu'un n'est pas suffisamment disponible et que pour ne pas souffrir l'autre s'éloigne, si ça se trouve ce n'est pas ce que préfère la personne qui est indisponible, peut-être qu'elle préférerait se rendre disponible. Mais peut-être que ce qui se passe est ce qui doit se passer et que mettre davantage de communication revient juste à essayer d'avoir du contrôle sur ce qui advient.
artichaut
Moi je suis fatigué de tout penser en terme de rapports de force, de conflits, de choses à gagner ou à imposer.
Je suis fatiguée aussi, et je crois que je suis fatiguée surtout de chercher comment faire autrement. J'ai l'impression que les conflits de tranchées se cachent de partout.
J'en viens à me demander si, moi comme un peu tout le monde, on n'est pas devenus intransigeants. Si on vit pas dans un tel luxe qu'on veut un droit de regard sur tout dans le moindre détail. Peut-être que c'est une piste de solution : prendre du recul et regarder le but global plus que les détails de réalisation. Parce que s'entendre sur le but global c'est déjà un beau résultat.
Je dis ça et je n'y crois pas vraiment. j'ai l'impression qu'il y a quelque chose de l'ordre du féminisme qui sait pas trop quoi construire d'autre que ce qu'il a appris de patriarcat : c'est qu'à force d'être invisible et de m'ignorer, maintenant j'ai envie de m'affirmer. C'est facile pour un groupe de fonctionner sur la base d'une minorité qui s'oublie pour les autres. Comment on fonctionne quand y a pas la moitié du groupe qui trouve sa joie de vivre dans le fait de rendre l'autre moitié heureuse ? Comment on fait si tout en s'émancipant de cette façon de vivre abnégationiste, on n'a pas envie de piler sur les autres dans un rapport de force ?
artichaut
Ce que je veux dire c'est au contraire, que je n'ai plus envie de vivre des configurations, des situations, où le rapport de force est constamment obligé de s'instaurer (lorsqu'on laisse les dynamiques systémiques dicter le jeu).
Et donc bien souvent désormais, je préfère moins vivre de choses, que vivre des choses allant vers ces terrains-là.
Et donc quand tu vois que ça s'instaure, tu prends de la distance ?
Comment fais-tu pour ne pas être frustré de ne pas être pris en compte ? Pour accepter que les parties restantes trouvent un fonctionnement bon an mal an, sans t'inclure ?
J'imagine que tu es particulièrement à l'aise avec la solitude.
Je crois que c'est la dualité que j'ai du mal à conjuguer : j'ai vécu beaucoup de solitude et d'abnégation à la fois, et maintenant je voudrais arrêter de quitter l'espace collectif et le regarder trouver un équilibre et fonctionner sans moi. Je voudrais apprendre à faire en sorte d'être prise en compte dans l'équilibre.
Et d'un autre côté, peut-être que la solitude c'est pas si mal finalement, si ça permet au moins de ne pas se faire imposer ce qu'on ne veut pas. Ça reste ne pas faire ensemble puisque ça revient aussi à ne pas réaliser à plusieurs ce qu'on aurait pu apprécier voir se réaliser.
En tout cas tout ça fait que je découvre les dynamiques de groupes tardivement et je ne sais pas trop comment faire pour m'y retrouver. Peut-être que c'est pas trop mon truc et que j'avais fait le bon choix avec la solitude. (+)
Ce qu'il y a c'est qu'on n'est jamais un atome isolé et les décisions de groupes finissent toujours par nous affecter d'une manière ou d'une autre, ne serait-ce qu'en tant que citoyen. Donc il y a un degré d'implication et de détachement à trouver. Je me cherche encore là dessus : qu'est-ce que je peux laisser tomber, qu'est-ce qui me tient à cœur.
Mais c'est peut-être une autre piste et que c'est ce dont tu parles : mélanger implication et détachement pour s'éloigner des enjeux de pouvoir ?
artichaut
Pour moi il y a un 3ème cas. Celui d'inventer ensemble quelque chose qui n'existe pas encore, et qui ne soit aucun de ces deux cas-là.
Pour ça, il faut se décentrer de cette envie de départ et de cette binarité de la solution.
Cesser d'aller sciemment dans le mur quand tout les indicateurs disent qu'on y va.
Ça demande de chacun d'être drôlement détaché de ce qu'il souhaite, et accessoirement, ça frustre tout le monde, non ?
Même si en théorie je suis d'accord, j'ai l'impression que le surcroît d'imagination et de charge mentale fait que c'est difficilement le chemin choisi.
louluna
Ca me parait évident que personne n'aime qu'on lui mente, que personne n'aime être trahi, il y a des choses qui me semblent communes à chacun...
Mais bien sûr je comprends que chacun ait ses questions, même si je les comprends pas toutes, par exemple la postante parle "d'imposer à l'autre ce qu'il ne veut pas" et demande si c'est violent, pour moi il est évident que oui, et je vois mal comment on peut accepter quelque chose qu'on ne veut pas alors que c'est imposé, du coup pour moi c'est très simple, je ne le fais pas, et si je le fais bah je suis tout à fait prête à en payer le prix, ce qui équivaut , dans mon expérience car j'ai connu cette situation il y a bien longtemps, à une rupture, qui m'a fait mal mais que j'ai acceptée sans broncher puisque j'avais chié dans la colle, bref, pour moi c'est, relativement, simple (et ouah, je me rends compte de la chance que j'ai)
Je suis assez envieuse de ta situation. Ce qui est amusant c'est qu'il y a 20 ans je n'avais pas non plus de problèmes avec les conflits.
Je ne sais pas pourquoi maintenant ça me coûte. Peut-être que c'est parce que je suis trop dans une démarche de prendre tout le monde en compte jusque dans les détails.
Ma perception maintenant c'est que, autant il y a des choses communes (personne n'aime être trahi, personne n'aime qu'on lui mente), autant les seuils et déclencheurs peuvent être très personnels. Et par dessus le marché, tout le monde peut merder à un moment ou à un autre, et même, sur la durée tout le monde finit par merder à un moment ou à un autre, et si c'est pas selon ses propres critères ça peut être du point de vue d'une autre partie impliquée, ce qui ne simplifie rien. Et que la rupture n'est pas toujours l'issue souhaitée ni souhaitable au global.
En tout cas c'est chouette si ça t'a permis de réaliser qu'il y a quelque chose de chouette dans ton mode de vie ! (+) :-D
Discussion : Escalator relationnel en poly/mono
Alinea7
le mardi 09 mai 2023 à 14h16
Je vois comme une contradiction entre le fait de souhaiter que certaines personnes déconstruisent l'ascenseur relationnel, tout en se trouvant en plein dedans. C'est peut-être pas ton cas, je n'ai pas d'autre info que le fait que tu habites avec ta première partenaire. Mais, de toute façon, du fait que vous habitez ensemble, ça peut être vu comme ça et donc rendre un discours de déconstruction de l'ascenseur relationnel plus difficile à entendre.
Les relations hiérarchisées, ça permet aussi ça : d'être dans un ascenseur avec quelqu'un, et de pas vouloir y être avec d'autres.
Je trouve que la question de la souffrance masquée ou minimisée est intéressante. Ça m'intéresse de voir les pistes d'autres personnes là dessus. Pour moi, un indicateur serait les marques d'insatisfactions, jalousies, amertumes et demandes. Fréquence x intensité sont d'après moi corrélées à l'insatisfaction qui à terme deviendra de la souffrance si impossible d'y remédier.
Probablement qu'avant ça, confronter l'imaginaire de ce qui se passerait "idéalement si tout se passe bien" ?
LeGrandStyle
- Avez-vous des critères permettant de passer les étapes de l'escalator relationnel? Je ne m'étais jamais fait la réflexion jusqu'ici, et je ne me souviens pas avoir lu une discussion à ce propos. Par exemple, le fait que K. ne souhaite pas rencontrer M. est rédhibitoire, et j'aurais aimé pouvoir l'articuler plus tôt car cela m'aurait permis d'être plus claire sur les futures potentiels de cette relation.
Pas sûre de comprendre la question : tu veux dire que tu mets au point un ascenseur relationnel personnalisé qui inclut la vérification d'être ok pour rencontrer les autres partenaires ?
Discussion : Réflexions sur les profils "invité"
Alinea7
le vendredi 05 mai 2023 à 18h54
De passage
Echanger en MP sur une situation sur un forum où est l'intérêt?
Parce que c'est agréable de partager un vécu commun, de créer du lien avec des personnes qui partagent un certain vécu, certaines valeurs, faire un bout de chemin et d'évolution.
Échanger en MP n'est pas obligatoire, si ça ne te parle pas ou que tu ne souhaites pas échanger avec la personne qui te contacte, tu n'y es pas obligé(e).
Après, franchement je comprends l'intérêt de l'anonymat, même si en pratique c'est aussi anonyme d'avoir un compte : ce n'est pas très compliqué de se créer une adresse mail sans fournir de données personnelles...donc je ne sais pas pourquoi, j'aime bien l'idée de pouvoir participer sans créer de compte.
Discussion : Réflexions sur les profils "invité"
Alinea7
le vendredi 05 mai 2023 à 18h45
Bon j'aime bien œuvrer à l'équilibre des forces en présence et du coup depuis que j'ai posté j'ai essayé de me placer du point de vue d'un polyamoureux qui lit ces réactions tranchées : je trouve qu'il n'y en a pas beaucoup dans ce fil et que c'est un peu dommage.
En plus d'être aisément stigmatisés de par leur choix de vie dans la vie courante, il faut voir d'autres l'être sur la base de témoignages très parcellaires et biaisés de leur partenaire souffrant. C'est toujours plus facile d'évaluer la souffrance de la personne qui témoigne que de l'autre.
Et je crois que quand on démarre le polyamour, c'est vraiment difficile de ne pas merder un minimum. Déjà dans une relation exclusive c'est pas évident, alors...et je crois que si on a souffert dans un de ces moments pas bien gérés, c'est facile de rester fixé sur la colère et la sensation d'abus. Je sais pas comment chacun guérit de ça.
Je crois que je comprends le besoin de venir revivre ces émotions ici pour vider l'abcès, et pour peut-être protéger d'autres personnes de vivre la même chose, les pousser à se respecter et réagir plus tôt qu'eux même ne l'ont fait. Je ne sais pas si ces buts sont atteints.
Je sais que sur des fils plus anciens j'avais trouvé certains fils pas mal empreints de prosélytisme dans des situations qui ont montré par leur évolution qu'il n'y avait pas vraiment de volonté de polyamour mais qui s'avéraient devenir des situations peu respectueuses. Mais je crois que c'est beaucoup plus équilibré maintenant et pas mal d'aspirant poly se sont fait refroidir car leur formulation ne montrait pas assez de respect des personnes impliquées. Je n'ai pas trop envie d'aller chercher les exemples parce que ça démarrerait des argumentations sans fin.
En tout cas il me semble que les invités ont moins besoin récemment de remettre l'église au centre du village. La notion de consentement 2.0 fait son chemin.
Discussion : Où placer le curseur entre penser à soi et penser aux autres ? Est-ce que toute forme de violence est (in)évitable ?
Alinea7
le vendredi 05 mai 2023 à 15h07
Siestacorta
"toute relation passe-t-elle par du rapport de force, et est-ce qu'il peut y avoir du juste" ?
Y a de ça oui. Même si je fuis pluss le conflit d'intérêt que le rapport de force, vu que la fuite est la plupart du temps une option de secours.
Et au delà de ça même, toute relation implique-t-elle des conflits d'intérêts (je pense que poser la question c'est y répondre) ? Comment les résoudre en alimentant la relation plutôt qu'en la dégradant...si c'est possible, même.
Par extension j'ai l'impression qu'on peut même ramener la question à la vie en général : est-ce qu'il est possible d'exister sans bousculer l'ordre en place, sans lui nuire dans certains aspects, même si on en nourrit d'autres ? Est-ce qu'il est inhérent au droit à l'existence d'avoir le droit de définir son espace et l'occuper, quitte à empiéter sur les éléments/personnes qui occupaient et/ou occuperaient cet espace ? Mais leur droit sur cet espace est aussi légitime alors on fait comment ?
Siestacorta
C'est une problématique que j'ai commencé à arpenter quand (en thérapie), j'ai compris que je ne faisais pas une différence de nature entre "désaccord", "expression du constat d'inadéquation des besoins", "opposition" "conflit" et "agression mutuelle" (et "compétition", par dessus le marché, mais là au moins j'assume plus mon rejet).
Alors que quand même, si les relations durent plus de 5mn, le sacrifice et la fuite doivent pas être les seules options fonctionnelles, et le conflit pas forcément une destruction.
Je tenterai d'y revenir plus tard, mais même avant de rentrer dans des bénéfices partagés en dépit desquels je passe trop d'énergie et de temps et de mauvaise adaptation à éviter ces "conflits", ça vaut le coup de dire que cette grille de lecture du rapport de forces, toute pertinente qu'elle soit dans un certain nombre de cas, est aussi vécu intensément pour nos raisons névrotiques, donc trompeuses et incomplètes.
Bon j'y reviendrai quand j'aurai une seconde de plus, mais tu vois un peu la perspective.
En effet je ne suis pas une personne très nuancée.
Et oui, tous ces questionnements sont en lien total avec ma construction psychique raisonnablement névrotique :-D .
Mais si j'arrêtais de me poser des questions comme je vois d'autres le faire, je ferais comme j'en ai envie sans me soucier de le mériter plus, moins ou autant que d'autres, ou de la violence que ça peut avoir pour d'autres. L'espace occupé de façon revendiquée et assumée est laissé plus facilement, il faut bien de toute façon. C'est du moins ce qu'il me semble voir chez les personnes à qui ces questions ne posent pas de problème.
Je sais pas pourquoi moi je trouve pas ça acceptable. Probablement le manque de nuance donc j'attends la suite :-) (+)
Discussion : Où placer le curseur entre penser à soi et penser aux autres ? Est-ce que toute forme de violence est (in)évitable ?
Alinea7
le vendredi 05 mai 2023 à 11h16
Est-ce que quelque chose qui nous coûte est forcément une violence ? Ou est-ce le fait de l'imposer ? Ou est-ce le fait de ne pas être reconnaissant ? Ou de compenser d'une autre façon ? Y aurait-il une façon de compenser quelque chose qui coûte ?
...bon...j'arrête là hein.
Discussion : Où placer le curseur entre penser à soi et penser aux autres ? Est-ce que toute forme de violence est (in)évitable ?
Alinea7
le vendredi 05 mai 2023 à 11h15
Je parle en utilisant le je pour simplifier mais je ne pense pas forcément qu'à moi, je pense aussi à la réciproque.
Discussion : Où placer le curseur entre penser à soi et penser aux autres ? Est-ce que toute forme de violence est (in)évitable ?
Alinea7
le vendredi 05 mai 2023 à 11h14
J'ai une réflexion sous-marine depuis quelques temps et j'aimerais avoir des participation pour aider à mûrir tout ça parce que je trouve que ça traîne en longueur.
C'est en lien avec tous les posts d'aspirants poly ou aspirant à rester mono avec un aspirant poly, en lien aussi en fait avec tous les conflits qu'on peut expérimenter dans nos relations amoureuses ou non. En bout de ligne ce post a aboutit à la question que je me pose : où placer le curseur entre penser à soi et penser aux autres ?
Lorsque je veux quelque chose pour moi, lorsque ça correspond à un besoin que j'ai, jusqu'où est-ce que j'ai le droit d'aller pour l'obtenir de personnes aimées (ou non, mais encore plus pour les personnes aimées).
Est-ce que c'est violent d'imposer quelque chose à quelqu'un dont il ne souhaite pas que ça lui arrive ? Est-ce que c'est imposer dans sa vie quelque chose, est-ce qu'on a le droit de faire ça ? Est-ce qu'il y a des domaines dans lesquels oui et d'autres non, ou est-ce que c'est juste une question de dosage, mais alors quel dosage est acceptable et quel dosage ne l'est pas ?
Je remarque que j'ai tendance à vouloir à tout prix éviter d'imposer à autrui et préférer prendre de la distance. Mais prendre de la distance c'est sortir de la relation. Sortir de la relation lorsqu'il y a une frustration, est-ce que ce n'est pas à terme condamner toute relation ?
Est-ce que j'ai le droit d'accepter de quelqu'un qu'il fasse un effort qui lui coûte, pour moi ?
Est-ce que j'ai le droit d'imposer à quelqu'un quelque chose qui lui coûte, pour moi ?
Et comme on est rarement dans un cas ou l'autre,...comment ça se passe entre les deux, c'est quoi la limite ?
Est-ce que si la personne refuse, et que je ne lui impose pas alors que je pourrais, ça mine de toute façon la relation ? Et l'inverse ? Et entre les deux ?
Qu'est-ce qui est violent et qu'est-ce qui est ok si ça me permet à moi d'être bien ? Comment on fait pour savoir en fait, pour mesurer ?
J'ai l'impression que je pars dans tous les sens.
Si j'ai envie de quelque chose pour moi parce que ça m'apporte quelque chose. Et que ça impose quelque chose à quelqu'un qui compte pour moi.
Je vois deux cas simples : le cas où je le réalise, et celui où je ne le réalise pas.
Est-ce que ça draine forcément la relation, parce que ça coûte forcément à quelqu'un ? Est-ce qu'il y a un moyen pour que ça l'alimente au contraire ? Ce serait l'idéal évidemment.
Poussé à l'extrême, j'ai l'impression que ça revient à faire sa place dans ce monde qui tournerait très bien sans moi. Si je fais ce qu'il faut pour remplir mes besoin dans ce monde, je perturbe l'ordre établi et ce qui s'y passerait sans moi. Je vais perturber l'ordre établi en positif sur certains aspects et ça va coûter sur d'autres aspects. Est-ce qu'on peut éviter totalement que notre présence et notre bien-être "coûte" parfois à ceux qu'on aime ? Comment en sortir par le haut avec plutôt plus d'amour que moins ?
Comment faites-vous ?
Est-ce qu'exister au monde c'est forcément faire violence au monde ? Y a-t-il une façon douce d'exister et être soi ? Je voudrais que ce soit le cas mais je rencontre de la difficulté, j'ai l'impression qu'être doux revient à s'effacer. Des pistes pour s'affirmer sans être violent ??
Je voudrais arrêter la fuite, ce n'est pas satisfaisant de renoncer. J'abhorre l'imposition d'une volonté sur une autre.
Désolée si je suis brouillon, j'espère que ça parlera à certains !
Discussion : Réflexions sur les profils "invité"
Alinea7
le mercredi 03 mai 2023 à 14h51
Une situation, a fortiori relationnelle est perçue par chacun selon un certain prisme. Je crois que pour les personnes qui participent sur ce forum, il peut être intéressant de voir comment des polys répondent à des personnes tierces qui voient leur situation sous un prisme normatif.
Il y a une chose importante à prendre en compte, c'est que ces invités utilisent leur expérience pour porter un jugement sur la situation dont le fil parle. Ils auraient certainement la même réaction concernant tout ce qui touche au polyamour, de par leur expérience, mais ce n'est pas le sujet. Ils ont comme les polyamoureux une interprétation biaisée de la situation de par leur vécu. Et le sujet reste la situation discutée sur le fil, pas le polyamour en général ni les choix de vie des polyamoureux qui s'expriment.
Et de plus, ils peuvent parfois avoir raison !!! Quelle que soit l'éthique amoureuse des polys aguerris qui participent sur ce forum, elle ne rejaillit pas sur toutes les personnes qui souhaitent pratiquer la non exclusivité amoureuse et dont les agissements sont décrits sur les différents fils ouverts.
Je crois que toute personne qui sort de l'exclusivité romantico-amoureuse a cette petite voix de troll dans sa tête. Voir comment d'autres répondent à cette petite voix et la font taire, je trouve ça enrichissant et complémentaire de voir par quel prisme ces personnes abordent la notion de relation amoureuse. Évidemment, il faut que le jugement normatif soit un peu étayé, le pur message de troll n'a aucun intérêt.
Après je comprends que l'aspect répétitif de la chose soit usant. Peut-être que des articles qui permettent de répondre aux critiques majeures aideraient à répondre plus rapidement et alimenter la réflexion des personnes en transition, du type : est-ce un ou une #@% qui ne se soucie pas du bien-être de ses partenaires, ou exerce-t-elle ou il son droit à l'autonomie ? Car en substance, c'est toujours un peu la question qui se pose : où placer le curseur entre penser à soi et penser aux autres ?