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Bi, poly, même combat ?

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Lili-Lutine

le lundi 16 juillet 2012 à 07h36

Voici la copie du mail que j'ai reçu d’un ami avec qui je corresponds à propos de cette discussion, je partage ce qu'il je ressens , je ne saurais mieux vous le dire, pour moi ces mots sont clairs et bien choisis, et avec son accord je vous mets ici ce qu'il m'a écrit, dites moi ce que vous en pensez ? :


« Je crois que je me sens mal à l'aise dans ce type d'échange. J'ai l'impression de faire ce qu'un ami à moi appelait « de la branlette de cortex » !!

Parler de poly/mono-amour bi/pan/mono-sexualité, c'est pour moi aussi inintéressant que la question de savoir si les Arabes valent mieux ou moins bien que les Juifs ! Le pire, c'est qu'il y a effectivement des gens qui discutent de ça !

Je ne ressens pas le besoin de m'affirmer, ni en tant que polyamoureux, ni en tant que pansexuel. Je ne ressens pas le besoin d'être accepté comme tel. Je ne ressens pas le besoin de justifier mes choix, ni de rationaliser ma démarche, ni de démontrer qu'elle est viable et valide. Ce serait pour moi aussi insensé que de démontrer que je suis un être humain, vivant une expérience sur la planète Terre. Et souvent, je n'arrive pas à voir d'autres considérations que ça dans ces discussions.

Et personne ne parle de comment on soigne son égo, son corps de souffrance, comment on déconstruit cette illusion de manque imprimée en nous, qui pollue toutes nos relations, qu'elles soient poly, mono, hétéro ou bi... Comment on se relie à soi-même pour pouvoir dire à l'autre, avec la plus grande et la plus sincère bienveillance : « Je n'ai pas le courage de faire la vaisselle ce soir. » ! Juste ça ! Nous en sommes tous incapables. Nous ne savons pas être vrais, sans avoir peur de ne plus être aimés. Il n'y a que ça à apprendre. Ça s'apprend ! Tant que nous refuserons de lancer ce chantier-là, nous devrons avoir recours à des modèles de relation, des patrons, des guides, des exemples à suivre, des dogmes à respecter, des limites à ne pas franchir, des cadres à habiter. Des cannes, des laisses, des béquilles, des camisoles... Tous les artifices qu'on fournit à quelqu'un qu'on estime impotent et irresponsable.

Il suffit d'être conscient que sortir des sentiers battus, c'est devenir responsable de soi. Devenir vrai. Responsabilité et authenticité sont les deux parents de la liberté.

Alors, quand on fait des joutes verbales pour asseoir le statut de polyamoureux ou de pansexuel, je ressens qu'on défend quelque chose qui pour moi est indéfendable. Pour moi, le polyamour et la pansexualité sont les états bruts du cœur humain. Ils n'ont pas besoin d'être légitimés. En revanche, on peut, si on le souhaite, s'efforcer d'expliquer pourquoi on fait des choix différents de ces deux là. Mais, dans l'absolu, être polyamoureux et pansexuel, c'est simplement être ! Sans béquille ni camisole. Le polyamour et la pansexualité sont les deux seuls modèles qui n'en sont justement pas ! Ce sont des anti-modèles. Ils ne cherchent pas à définir de nouvelles frontières mais à les abolir. Ils insufflent l'idée qu'il n'y a pas obligation à suivre les modèles dominants. Donc ils ne se discutent pas. Ils ne sont pas négociables. Les soumettre au dialogue, c'est admettre qu'ils sont comparables aux autres modèles et c'est les placer sur un plan auquel ils n'appartiennent pas. Les mots polyamour et pansexualité ne servent qu'à deux choses :
1. Nous aider à prendre conscience qu'ils sont notre nature profonde à tous et que tout choix plus restreint n'est jamais qu'un choix personnel — tout à fait légitime, sans doute, mais néanmoins personnel.
2. Nous aider à prendre conscience que la vraie qualité de nos relations ne dépend pas du choix de notre modèle amoureux, ni de notre orientation sexuelle mais de notre connexion à notre bienveillante authenticité — laquelle rend tout possible.
Les discussions sur le polyamour et la pansexualité ont trop souvent pour moi le goût de batailles de clochers qu'ils sont censés dépasser à mes yeux. Quelqu'un qui cherche à les légitimer, comme à légitimer n'importe lequel de ses choix, est simplement quelqu'un qui a encore un travail d'acceptation de soi à faire et qui évite de le faire en essayant de convaincre les autres de l'accepter comme lui ou elle ne s'accepte pas réellement.

Je me relis et je me demande pourquoi je te raconte tout ça !... :)

Est-ce que je ne devrais pas le poster dans la discussion sur le forum ? Plutôt que de te faire supporter individuellement mon petit coup de gueule !

Non, justement, je ne dis pas ça pour expliquer comment les autres devraient procéder. J'explique pourquoi je ne me sens pas concerné par ces discussions. Mais je n'y vois pas d'inconvénient, au-delà de ça ! Ça ne m'empêche pas d'apprécier tout le monde... le reste du temps !

Suis-je clair ? Que comprends-tu de tout ça ? »

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tentacara

le lundi 16 juillet 2012 à 09h05

Salut LiliLutine,

Quelques remarques ici m'interpellent :

"Je ne ressens pas le besoin de m'affirmer, ni en tant que polyamoureux, ni en tant que pansexuel. Je ne ressens pas le besoin d'être accepté comme tel. Je ne ressens pas le besoin de justifier mes choix, ni de rationaliser ma démarche, ni de démontrer qu'elle est viable et valide"

Ce sont des choses très différentes que de s'affirmer, de chercher à être accepté, de se justifier ou de rationaliser sa démarche.
Je crois que la démarche essentielle de tout un chacun, c'est avant tout de se comprendre soi-même, et ce n'est pas évident pour tout le monde. Pour s'affirmer tel ou tel, encore faut-il savoir qui l'on est et cela demande de pouvoir mettre des mots dessus, des mots clairs avec des définitions précises. La question que l'on se pose n'est pas "ai-je raison d'être tel que je suis,", mais "qui suis-je?" et si ton ami (ou toi-même) a trouvé une réponse définitive à cette question, j'ai envie de dire.. quel dommage! La quête de soi, la fouille des moindres recoins de son propre esprit, la curiosité envers son propre fonctionnement, outre que ce sont des questions passionnantes, sont surtout les mécanismes qui font la différence entre tâtonner dans le noir ou voir des lampes éclairer chacun de nos pas. Cela nous permet d'éviter de se prendre les murs qui sont sur notre chemin (les gens, quoi) en pleine tronche.

"Et personne ne parle de comment on soigne son égo, son corps de souffrance, comment on déconstruit cette illusion de manque imprimée en nous, qui pollue toutes nos relations, qu'elles soient poly, mono, hétéro ou bi... "

Mais si, justement, on ne fait que ça à longueur de forum! Mais pouvoir dire ou se dire qu'on est poly, mono, hétéro ou bi, c'est un début, ce n'est pas nécessairement le besoin de s'affubler d'une étiquette, c'est aussi le besoin de se situer sur une échelle.
Aucun de nous n'existe dans l'absolu. Nous ne pouvons nous décrypter nous-mêmes que dans la relativité, nous n'avons d'existence que dans le lien à l'Autre. Il ne s'agit pas d'une comparaison du type "qui est meilleur que qui", il s'agit de se positionner par rapport à un point de repère, une "norme", qui est évidemment une totale fiction mais qui offre une sorte de grille de lecture.
A quoi ça sert? Kinsey et son étude de la sexualité des américains a bien plus marqué les esprits que toutes les gay pride de l'histoire. Pourquoi? Parce qu'il n'affirmait pas des différences, mais des similitudes. Qu'au lieu de mettre en avant des marqueurs culturels, il a banalisé la diversité des comportements. "Comment on soigne son ego, son corps de souffrance..."? en premier lieu en cessant de passer sa sexualité au crible du bien et du mal, du normal et de l'anormal, et en pouvant dire "je suis ainsi, je fonctionne ainsi, je n'ai pas plus à m'en cacher qu'à le revendiquer, et je n'en ai pas plus honte que je n'en suis fier."

"Pour moi, le polyamour et la pansexualité sont les états bruts du cœur humain. Ils n'ont pas besoin d'être légitimés."

Eh bien pour moi, il n'y a pas de hierarchie, d'état de nature ou quoi que ce soit de ce genre. Il y a une diversité de comportements et de sensibilités dans laquelle s'inscrivent le polyamour et la pansexualité. Ils n'ont pas besoin d'être légitimés, cela ne nous dispense pas de les définir, que ce soit dans une théorie générale ou dans une pratique individuelle. Je ne pense pas qu'il existe des modèles "par défaut", je ne pense pas qu'il existe de modèles tout court. Je ne crois pas que le polyamour ou la pansexualité soient une espèce de panacée, le paroxysme de la sagesse relationnelle, le nirvana intellectuel "qui ne se discute pas, qui n'est pas négociable et qui ne se place pas sur le même plan que les autres". Je crois en revanche que ce sont des comportements relationnels et sexuels qui demandent une certaine indépendance d'esprit mais uniquement en ce qu'ils diffèrent de la norme (en tant que modèle imposé cette fois) du lieu et du temps.

Donc, en définitive, je n'ai pas l'impression que cette discussion ait pour but de justifier ou de légitimer quoi que ce soit. Compte tenu de la dimension sociale et politique de n'importe quelle orientation relationnelle ou sexuelle, tenter d'identifier les points de rapprochement équivaut surtout à compter ses alliés potentiels et à fonder les alliances sur des intérêts communs.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Lili-Lutine

le lundi 16 juillet 2012 à 09h59

Merci pour ton partage Tantacara, je retrouve en tes mots beaucoup de ceux de mon ami, avec un éclairage diffèrent par moment, mais avec cette même approche où le sens de ce que nous sommes nous laisse tous et toujours en questionnement. C’est ce que j’aime ici trouver, des discussions parmi des discussions, qui me font sentir « grandir » au milieu de vous tous. Tant que je n’aurais pas de réponse définitive je sentirais ma vie et son énergie vitale me pousser vers l’autre et ses mystères. Je ne souhaite pas cette réponse définitive qui mettrait un terme à l’essence même de mon existence, je suis bien trop curieuse de l’humanité, je suis bien trop avide de ces énigmes. Tu vois comme la dit Coquelicot tu nourris les discussions, comme d’autres aussi ici, et de vous lire nourrie mon esprit.
Continuer donc joyeux Lutins à me « nourrir » et de toutes les façons qui vous plaisent, je suis loin de l’indigestion! <3

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(compte clôturé)

le lundi 16 juillet 2012 à 14h21

Bonjour Lililutine et Tentacara,

J'ai pas le temps de vous lire dans le détail mais...
Lililutine, tu as incontestablement un ami qui a compris beaucoup, tellement plus que la plupart d'entre nous... tout du moins que moi. Tentacara, ta manière de digérer les choses, de les assimiler c'est de les intellectualiser. Tu as au moins le mérite de trouver tes réponses à tes questions et en plus tu les exposes pour qu'elles servent aux autres, même si nous les interprèterons. Pourquoi se justifier, s'expliquer... pourquoi ne pas vivre tout simplement selon ses convictions, ses choix, sa personnalité,... Je ne sais pas. On fait un peu de la torture intellectuelle... Perso, je ne peux pas faire comme si j'étais seule. C'est contradictoire car je défends ardemment ma liberté individuelle mais j'ai du mal à concevoir qu'elle aille à l'encontre des libertés des personnes qui m'entourent... Peut être que je désire que les personnes que j'aime me comprennent et m'acceptent telle que je suis. Etant donné que ma conception de ma vie change suivant mon évolution et les rencontres que je fais, alors je suis en perpétuelle explications vis-à-vis de mes proches. Ce besoin d'échanges et de dialogues m'oblige à m'ouvrir aux autres et les autres à s'ouvrir à moi. L'autre est en effet un mystère et je suis parfois un mystère pour moi-même. Je sais que je suis poly, j'ai des tendances bis (pans) donc homo... et des penchants bizarres, comme chaque humain.
J'ai récemment lu un livre écrit par un prêtre (Christophe GRZYWOCZ) qui enseigne la théologie de la spiritualité en Pologne. Son ouvrage s'appelle "dépasser nos émotions désagréables" et il indique dans son chapitre sur "l'amour insatisfait" (il parle ici du sentiment amoureux et non d'amour divin) que -Je dirais pour plaisanter que si j'avais gardé toutes les femmes dont je suis tombé amoureux, il manquerait de place pour s'asseoir dans ma chambre.- Il défend le droit aux religieux (ses) d'éprouver des sentiments amoureux. Quelque part, c'est une forme de polyamour. Je trouve ce prêtre très courageux, il est critiqué au sein de sa communauté religieuse (il l'affirme en tout cas) mais, s'il a écrit ce livre et en particulier ce passage, ce n'est pas pour lui. Il est convaincu de ce qu'il affirme, c'est pour les autres, croyants ou non croyants comme moi.
Encore un ouvrage que je recommande même si je ne suis pas d'accord avec l'auteur sur les deux derniers chapitres.
Bisous
G.

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zina

le jeudi 19 juillet 2012 à 15h05

En lisant et en repensant à d'autres discussions que j'ai eues, je retrouve certaines de mes positions dans cette discussion, mais aussi des positions opposées.

Mon parcours de mono vers poly a eu lieu avant celui de hétéro à bi. Mon état "de base" quand j'ai commencé à avoir des élans amoureux et sexuels (donc à l'adolescence) était très très influencé par la norme. J'avais très peur de mal faire, et donc je n'envisageais même pas de pouvoir être autre chose que mono fidèle et hétéro. Je ne m'étais juste jamais posé la question, et en plus c'était mal.

Puis un jour on m'a parlé de polyamour, et par la discussion, je me suis retrouvée à la fois libre d'être polyamoureuse mais surtout "au courant". Et en fait, je n'ai pas trouvé en moi (hors de la norme sociale) de barrières pour aimer au pluriel.

Un peu plus tard, des personnes de mon genre m'ont abordée pour des relations homo. Une fois le blocage "normatif" remis en question, il ne restait au fond de moi qu'un blocage interne très faible. On me l'a fait remettre en question, puis un peu plus tard, je me suis retrouvée dans une relation homo. Ah tiens, finalement là non plus je voyais pas de limite interne.

Et du coup maintenant, j'ai juste une incompréhension quand on me dit "moi je n'aime que les femmes" ou "moi je n'aime que les hommes". Non pas que je ne comprenne pas que ce soit possible, pour quelqu'un d'autre - je sais bien que d'autres que moi le _ressentent_ ainsi. Mais c'est juste que pour moi ce sont des ressentis qui me sont étrangers. Je les accepte bien sûr, qui serais-je pour nier un ressenti? Et du coup quand on m'explique cela "moi je suis homo" ou "moi je suis hétéro", ben je demande, par curiosité : "Ah oui? mais qu'est ce que ´ca veut dire?" Tout comme j'ai été interrogée de la même manière en miroir : "Ah oui, mais ´ca veut dire que pour toi c'est pareil ce que tu ressens vis à vis d'un homme ou d'une femme? vis à vis de ton amoureux/se A ou B?" "Ben non, je ne ressens pas exactement la même chose, mais pour moi ´ca n'est pas différent selon le sexe/genre ou le nombre".

Personnellement, je sais qu'il y a différentes manières de ressentir ces "limites" tout comme il y a différentes manières de ressentir son propre genre - je me suis rendue compte que se sentir femme ou homme ou un peu des deux ou... c'était aussi divers comme ressentis.

Dans mon idée oui, poly et mono ont participé du "même combat" dans ce sens qu'ils ont remis en question des normes que j'avais intégrées vraiment au plus profond de moi. C'est dans cette perspective là que les mots poly/mono, bi/hétéro/homo sont pertinents pour moi, parce que si je ne les emploie pas, ce que beaucoup de monde, moi y compris, pense en premier, c'est mono-hétéro, et ce n'est surtout, me concernant, qu'un reflet de la norme, ce n'est plus un reflet de ce que je suis.

Bien sûr, pour bien d'autres, mono-hétéro est un reflet autant de la norme que de ce qu'ils sont. Le débat n'est donc pas pour moi sur les termes (ou leur contenu), mais sur l'accord ou le désaccord avec la norme en général - et du coup aussi l'évolution de la-dite norme.

Peut être que pour certains, le bi et le poly sont liés d'une manière différente, dans le genre "je suis mono exclusif, mais j'ai des envies très différenciées des deux genres, et une seule personne ne peut combler ces envies différenciées" C'est une approche qui ne reflète pas mon approche du polyamour, mais je sais qu'il existe des trouples ou groupes polyamoureux exclusifs, ce serait hypocrite ou abusif de dire qu'aimer plusieurs est une pratique avec les mêmes perspectives (notamment d'ouverture aux nouvelles relations potentielles) pour tous.

Ce débat là est pour moi éloigné de mon cheminement qui est en fait simplement un détachement de la norme, et la constatation que _pour moi_ il ne restait plus suffisamment de barrières internes pour continuer à me dire mono et/ou hétéro strictement.

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(compte clôturé)

le jeudi 19 juillet 2012 à 17h11

Bonjour Zina,
Et oui ! Tu as "dépassé" un stade que sans doute bcp t'envieront. Tu est toi et ça c'est génial.

Je comprends quand tu parles d'un éventuel manque d'ouverture aux nouvelles relations potentielles. Je pense que les polyamoureux (certains en tout cas) recherchent à établir un équilibre entre toutes leurs relations d'où la nécessité d'être franc, sincère et que chacun respecte l'autre (ça c'est MA vision des choses). J'ai entrepris depuis peu une nouvelle relation et celle-ci a malheureusement "coïncidé" avec l'arrêt brutal d'une autre. Aujourd'hui, mon nouvel ami, mon mari et moi devons retrouver un nouvel équilibre. Je m'explique : mon mari se sent de nouveau "menacé" ou tout du moins cherche à comprendre ce nouveau lien et cette nouvelle personne. Mon nouvel ami et moi devons nous découvrir, nous trouver... et toute cette alchimie doit se faire dans les meilleures conditions, pour chacun. Un nouvel équilibre est à établir. Dans toute nouvelle relation un nouvel équilibre est à trouver quelque soit le genre, le nombre... Je pense qu'il y a des constantes qui se retrouvent car l'amour est universel et se moque des clivages de la société. Je me moque de savoir si les personnes qui m'aiment ont un pénis ou un vagin entre les jambes, je me moque de savoir si la couleur de leur peau est blanche, métisse, noir ou jaune, je me moque de savoir si elles sont petites ou grandes, etc... ce sont des personnes merveilleuses, riches (pas en argent mais intérieurement) qui m'apportent énormément de bonheur. Actuellement je conjugue ce bonheur au pluriel et au diable le regard de la société puisque je suis doublement heureuse. Je ne fractionne pas, j'additionne.
Je te rejoins sur un point Zina, je suis... moi... simplement moi et voilà :-D
Bisous
G.

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Caelur

le vendredi 20 juillet 2012 à 11h39

tentacara

"Pour moi, le polyamour et la pansexualité sont les états bruts du cœur humain. Ils n'ont pas besoin d'être légitimés."

Eh bien pour moi, il n'y a pas de hierarchie, d'état de nature ou quoi que ce soit de ce genre.

Je ne sais s'il n'y a pas d'état de nature derrière cette histoire de polyamour (et de pan, d'ailleurs, les deux peuvent être assimilés pour cette partie). Il ne s'agit bien sûr pas de faire une hiérarchie entre les choix de vie des individus. Chacun mène sa vie comme il l'entend, en fonction de tout un tas de paramètre dont il est seul juge, mais je crois que ce n'est pas exactement ça qu'entendait "les états brutes du coeur humain".

Les états brutes, ce sont les états non modifiés par des couches et des couches de déterminisme sociaux, de normes.

Ces états sont brutes, car même le plus pure mono-fidèle-noces d'argent a été attiré par d'autres personnes. Il ne s'agit pas de dire que c'est bien, mieux ou supérieur. Mais brute, sans doute.

Après, là où il me semble que l'ami de Lililutine loupe quelque chose, c'est qu'il faut effectivement discuter de poly. Ce n'est parce qu'un état est brute, qu'il est inné, et qu'il soit aisé de l'atteindre. Discuter permet de justement de prendre conscience des couches de normes sociales que l'on a pu avaler à longueur de journée.

Pour rebondir sur d'autres interventions, ma réflexion sur ma bisexualité potentielle s'est largement ouverte ma découverte poly, et il semblerait bien que les deux soit liés, puisque inscrit dans le même mouvement de refus de l'imposition de la norme.

On pourrait d'ailleurs le vérifier assez facilement en comparant le taux de bi/pan chez les poly vs chez les mono. A mon avis, le résultat doit être assez édifiant.

Finalement, pour revenir sur l'intervention initiale de Lulutine, (coucou chez vous d'ailleurs) ce que tu dis es dans le fond vrai. Reste que, personnellement, je n'ai pas tellement de courage de chercher à rencontrer des mono. Souvent, d'ailleurs, des relations potentiels achoppent sur ce point. Et, en effet, par simplicité, j'ai tendance à chercher plutôt des personnes qui soit poly, parce que les relations sont tellement plus simples à gérer par la suite (pas forcément simple, mais plus simple en tout cas).

Alors, on ne maîtrise pas toujours tout, et il arrive parfois que ça accroche bien avec une personne mono. Mais reste que dans la mesure du possible, je m'étiquette (oui, oui, le gros mot) bien publiquement comme poly, ce qui m'évite des complications par la suite.

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(compte clôturé)

le vendredi 20 juillet 2012 à 15h00

Perso, je laisse mon coeur me guider vers les personnes qui m'attirent naturellement. L'important étant de jouer carte sur table "je suis hors norme, je suis polyamoureuse et mariée, voilà comment actuellement je conçois l'amour et les limites d'une relation avec qq'un d'autre que mon mari". L'homme "ordinaire" que je fréquente actuellement ne se sauve pas en courant. Il se pose quelques questions, certes, et nous en débattons mais semble vouloir trouver la "place" qui lui revient concrètement dans ma vie. Il sait qu'il tient déjà une place immense dans mon coeur sans déposséder l'homme qui partage déjà ma vie de l'amour sans faille que nous éprouvons l'un pour l'autre. En fait, je ne recherche pas une relation extraconjugale, je réponds juste présente lorsque l'amour m'invite à le suivre et je l'accueil en retour. Si cette personne n'est pas sensibilisée au polyamour, je lui explique MA VISION et la manière dont je conçois de vivre cet amour. Ce dialogue permet de connaître l'autre, c'est plutôt positif. Finalement, moi aussi, je m'étiquette et ça ne me dérange pas. Cela s'appelle faire preuve de sincérité et d'honnêteté. C'est sûr qu'avec un(e) autre poly, on parlerait dès le départ le même langage puisque l'autre aurait déjà fait tomber des barrières et aurait déjà fait un travail d'intériorisation. Plus facile... ou pas...

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LuLutine

le jeudi 26 juillet 2012 à 18h50

Ami de LiliLutine
Nous en sommes tous incapables. Nous ne savons pas être vrais, sans avoir peur de ne plus être aimés.

Avec ces "nous" et ce "tous", il généralise un petit peu ton ami là non ?
Il connaît la Terre entière ?
Bon on va dire que c'était un raccourci pour le style.... ^^

zina
Et du coup maintenant, j'ai juste une incompréhension quand on me dit "moi je n'aime que les femmes" ou "moi je n'aime que les hommes".

Moi, je dis toujours que je suis hétéro "jusqu'à maintenant" ^^
Je n'ai jamais été amoureuse d'une femme, je n'exclus pas que ça arrive un jour, mais je n'exclus pas non plus que ça n'arrive jamais. ;)

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(compte clôturé)

le vendredi 27 juillet 2012 à 10h10

Il ne faut jamais dire jamais.
Bizarrement je suis une femme qui a toujours eu plus de complicité avec les personnes du sexe opposé qu'avec les autres femmes. Pourquoi ? Est-ce parce que j'ai grandi au milieu de garçons, que j'étais "garçon-manqué" ? Qu'importe finalement !

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Profil

LuLutine

le vendredi 27 juillet 2012 à 14h58

"Je n'ai jamais" est quelque chose de factuel (fondé sur l'observation du passé), je peux donc me permettre de le dire.

"Je n'exclus pas que ça n'arrive jamais" exprime une possibilité (ça peut arriver, ou bien ça peut ne jamais arriver).

J'ai bien choisi mes mots et à aucun moment je n'ai affirmé "ça n'arrivera jamais".

Quand on dit qu'il ne faut jamais dire jamais, on sous-entend souvent "au futur".
Je peux bien affirmer que quelque chose ne m'est jamais arrivé (au passé) ; mais pas qu'il ne m'arrivera jamais.

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Chlo

le samedi 28 juillet 2012 à 09h50

Pour témoigner de mon expérience, étant bi et polyamoureuse, je dirais que la grande différence entre les deux est le fait d'assumer et de le vivre dans le plus de transparence possible. En effet, beaucoup de bi ne s'assument pas et vivent leur double sexualité de manière clandestine, ou dans le libertinage. Les hommes (surtout) mariés pour la plupart, qui vont dans des saunas gays ou libertins, sans le dire à leur femme, sont légions. Pour avoir discuté avec un certain nombre, l'idée d'avouer leur bisexualité ne leur vient pas à l'esprit. Ils assouvissent point.
Un polyamoureux par essence s'assume, a déjà opéré une certaine réflexion pour vivre ses relations dans la clarté.On ne peut pas confondre une orientation sexuelle et un choix de vie, même si les deux peuvent se rejoindre.

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Profil

ScottBuckley

le lundi 07 juillet 2014 à 22h16

Bonsoir,

Y a-t-il un fil de discussion plus destiné qu'un autre (sur ce forum) sur lequel on pourrait poursuivre cette discussion libre sur la bisexualité ?

Car en commençant à lire ' le miroir bisexuel ' ( très universitaire mais bien intéressant malgré tout ),
.... Mais surtout en discutant (dans la vraie vie) avec de nombreuses personnes qui sont bis & polys, je vois en effet bien des sujets d'ouvertures & de discussions pour nous autres.

Qu'en pensez-vous ?

Et connaissez-vous des blogs et/ou sites + forums plus ou moins dédiés à ce thème ?
Si oui, merci d'avance !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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pierre

le lundi 07 juillet 2014 à 22h57

Pourquoi ce fil ne serait pas adapté ? il me paraît plutôt bien...

Il y a peut-être aussi un fil sur le polyamour sur un site bi :)

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Profil

MagentadeMars

le lundi 07 juillet 2014 à 23h45

GreenPixie
( très universitaire mais bien intéressant malgré tout )

Hi hi, il arrive que des gens pensent, même dans les facs :-D

Alors, pourquoi ne pas citer un morceaux intéressant de ce bouquin pour relancer la "branlette de cortex" auquel l'ami de Lili-Lutine a fait référence... parce que finalement, une petite branlette ça ne fait pas de mal :)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Profil

bohwaz

le lundi 07 juillet 2014 à 23h54

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sielane

le mardi 08 juillet 2014 à 01h49

J'avais l'impression de tout lire sur ce forum et pourtant j'ai raté ce fil. Certainement un acte manqué car je le trouve passionnant et vos interventions très éclairantes. Je me retrouve dans beaucoup de ce que vous dites, sauf peut être le fait que cela ne vaille pas la peine d'en discuter. Pour cette dernière remarque c'est lié a u post de l'ami de Lili-Lutine que j'ai compris de cette façon. Pour moi tout est parti d'une remise en cause de l'exclusivité. Cette remise en cause qui m'a semblée évidente a ouvert un tas de questionnement, de dialogue de réflexion. Sans toutes ces discussion avec d'autres et moi même je ne suis pas certain que je vivrais cela avec autant de bonheur, que des relations homosexuel auraient été possible et peut être que cela vous choquer mais que j'aurai pu regarder une femme de plus de 40 kg et encore moins imaginer une quelconque relation avec elle. J'ai donc commencé a tirer un fil a 40 ans et de ce fil est venu un tas d'autre. Tout cela n'a été possible que par des échanges et des remises en causes. J'ai peut être cessé d'être en partie le fruit de mon éducation familiale et societale. Ce fil de discussion sera certainement générateur d'autre changement. Alors continuez a vous masturber l'esprit et a partager le fruit de votre orgasme ici. Merci a tous de vos interventions. Cela ne fait peut être pas avancer le débat mais ça me fait du bien de l'écrire.

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Profil

LuLutine

le mardi 08 juillet 2014 à 02h57

sielane
je ne suis pas certain que [...] j'aurai pu regarder une femme de plus de 40 kg

Tu es conscient qu'à 40 kgs elle est soit vraiment petite soit complètement anorexique ??? :P

LuLutine le jeudi 26 juillet 2012 à 18h50
Moi, je dis toujours que je suis hétéro "jusqu'à maintenant" ^^
Je n'ai jamais été amoureuse d'une femme, je n'exclus pas que ça arrive un jour, mais je n'exclus pas non plus que ça n'arrive jamais. ;)

Héhéhé.
Je suis vraiment trop douée, moi :P
(Vous me direz, en n'excluant aucune possibilité, je ne prenais pas des masses de risques ;) !)

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sielane

le mardi 08 juillet 2014 à 04h16

LuLutine
Tu es conscient qu'à 40 kgs elle est soit vraiment petite soit complètement anorexique ?? ? :P

(Vous me direz, en n'excluant aucune possibilité, je ne prenais pas des masses de risques ;) !)

Voilà tu as tout a fait compris le problème,

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Siestacorta

le mardi 08 juillet 2014 à 11h05

sielane
Sans toutes ces discussion avec d'autres et moi même je ne suis pas certain que (...) j'aurai pu regarder une femme de plus de 40 kg tre pas avancer le débat mais ça me fait du bien de l'écrire.

Le prend pas mal, mais ayant souvent une tendance plutôt inverse, j'avoue être réactif au sujet.
Ce que tu dis là, c'est qu'au départ tu fais une fixette sur le genre nymphette de manga ?

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