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Trop vite en affaire

Témoignage
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maroussia

le mercredi 04 janvier 2012 à 14h09

Mesdames, Messieurs

Je sollicite votre attention sur une affaire qui me tient à coeur depuis quelques mois et pour laquelle vos éclairages seraient fort utiles.
Il y a presque un an, mon compagnon est tombé amoureux. Il m'a, au bout de quelques mois, signifié son trouble, son attirance pour cette autre femme. Moi-même je traversais un moment compliqué de ma vie pour des raisons professionnelles et familiales. Il ne sait pas choisir entre elle et moi, et son amie non plus (entre lui et son mec). Bla bla, quelques péripéties, et puis j'en ai marre de son indécision, c'est trop dur à vivre, je réalise que je peux très bien vivre sans lui, je le quitte. Et il revient. On en est là. Il est revenu, on essaie de reconstruire. Pendant ce temps, j'ai découvert le site, ça me fait du bien, j'envisage même de le «  partager » (le garçon), consciente que ce qu'il vit est une vraie histoire d'amour, et je lui en fait part. Et je me mords les doigts. J'ai été trop vite. Il me dit qu'il ne pense pas que ce soit une solution (le PA), qu'il envisage une relation amicale avec cette femme, mais je n'ai aucune confiance en cela. Comment instaurer une relation polyamoureuse harmonieuse dans un couple où un seul «  profite »? Concrètement, entre le travail et les enfants, et le milieu rural où je vis, il n'y a pas de risque que je fasse de rencontre, alors que lui est toujours sur les routes et il a déjà quelqu'un. La situation peut vite ressembler à un schéma stéréotypé de femme au foyer et homme qui «  s'envoie en l'air », mais où il n'a juste plus la mauvaise conscience. Ma peur est d'autant plus vive que ce schéma stéréotypé correspond en tout point à mon modèle parental....
Hmmm, c'est peut-être un peu confus?...

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(compte clôturé)

le mercredi 04 janvier 2012 à 14h27

Bonjour maroussia et bienvenue :)

Quand tu dis que ce schéma vers lequel vous tendez, ressemble à ton modèle parental, ça veut dire que ta mère savait pour les "infidélités" de ton père ?

Et en quoi est-ce un problème pour toi ?

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clairobscure (invité)

le mercredi 04 janvier 2012 à 15h48

C'est vrai que c'est dur de se retrouver dans une situation qu'on a toujours considérée comme injuste (et machiste pour le comble!) en tant que stéréotype... mais en y regardant de plus près, de la même façon qu'on a appris à ne plus considérer le PA comme vouloir "le beurre et l'argent du beurre", on peut reconsidérer l'idée standard qu'on se faisait de cette situation pour y voir dorénavant un choix, et peut-être même en être fier. De la même façon que certaines femmes à l'heure actuelle font le choix volontaire d'être mères au foyer alors que pour nos mères c'était contre cela qu'elles ont lutté dans leur jeunesse, parce qu'à l'époque ce n'était pas un choix mais une mise en situation de dépendance du mari.

Ce fil m'a "redirigée" vers cette discussion où, il me semble, certains posts aident beaucoup à relativiser:
/discussion/-kQ-/Remise-en-cause-du-PA/page-1/

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maroussia

le mercredi 04 janvier 2012 à 17h46

Merci. Effectivement, ce fil me parle... Je vais m'y plonger plus avant.

Luminita: Oui, c'est cela, mais ce n'étaient pas à proprement parler des infidélités puisqu'il s'agissait d'une relation ouverte et libre.
Ce qui me pose problème: ma mère n'en n'a pas profité du tout dans la même mesure que mon père, et elle est aujourd'hui, après 35 ans de cette situation, bien aigrie...
Bien-sûr, on revient à la question du choix. Disons que je me méfie énormément des choix de liberté, car je constate à quel point ils peuvent être le lieu de rapports très inégalitaires quand les deux n'ont pas la même "solidité".

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bouquetfleuri

le vendredi 06 janvier 2012 à 10h41

bonjour à toutes,
il n'y a aucune raison que le modèle PA échappe à son dévoiement. J'entends par là que ce peut très bien être un subterfuge pour transposer autrement le schéma classique du couple où l'un des deux utilise sa liberté et le deuxième (plus généralement, la deuxième) subit la liberté de l'autre...
Cela dit, si on se penche sur le problème du choix, j'ai la conviction qu'il ne doit pas se faire en fonction d'une hypothétique "liberté", mais d'un enrichissement et donc accepter que ce choix s'éclaire par l'expérience continue d'une autre façon de concevoir sa relation amoureuse.
Il y a autant de façon de s'enrichir du mode Pa qu'il y a de relations amoureuses, le point essentiel me semblant être à la fois l'honnêteté des partenaires et le travail qu'il font pour devenir conscients et maîtres (et donc libres) de cette situation socialement nouvelle. Mais en aucune façon ce mode ne permet d'échapper aux travers de toutes relations amoureuses : c'est bien ce que chacun y apporte qui la constitue et en fait un des outils de son épanouissement personnel.
La parole a cela de magique qu'il suffit parfois de dire les mots pour que la conscience se libère et que l'interrogation douloureuse devienne une borne sur un chemin subitement moins escarpé

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maroussia

le vendredi 06 janvier 2012 à 13h26

Oh, c'est une belle réponse!

bouquet fleuri
" le travail à faire pour devenir conscient et maître de la situation"

Je suis d'accord sur le fait cela constitue la pierre angulaire d'une vraie relation. L'honnêteté n'est décidément pas un gage suffisant.

De par mon héritage, j'ai plutôt, jusque là, envisagé le pa comme aliénant, car, en gros, lieu de reproduction d'un schéma sous couvert de liberté (même si pas que). Le fait de me retrouver nez à nez avec une situation qui peut induire le pa me permet de faire le point sur mes peurs à ce niveau. Et je constate une grande différence dans ma façon de vivre la situation selon que je suis ou pas en confiance: flouée, victime, rancunière contre lui et tous les hommes, je deviens ouverte, stable et amoureuse quand ça va. J'ai encore du mal à discerner clairement que j'ai des cartes en main... Le démon de la reproduction familiale me hante, même si, comme tout bon démon, il n'est probablement pas exactement là où je l'attends...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Popol (invité)

le vendredi 06 janvier 2012 à 19h08

Salut!

Est-il obligatoire que tu trouves aussi un deuxième amour? Si oui, pourquoi?

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maroussia

le vendredi 06 janvier 2012 à 20h46

Pas obligatoire, non, et de toute façon, ça ne se commande pas, ce genre de chose, mais je pense que ça m'aiderait à vivre la situation.
Pour plein de raisons, en vrac, des bonnes et des moins bonnes: me prouver que je peux plaire, montrer à l'autre que c'est pas facile, me prouver que je ne reproduis pas le modèle parental, trouver le temps moins long, me faire plaisir... Bien-sûr, apprivoiser la solitude est la vraie solution...

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Popol (invité)

le vendredi 06 janvier 2012 à 20h59

La solitude à apprivoiser, soit, ça fait pas de mal en effet. Mais d'après ce que tu dis, tu es dans l'isolement de la mère au foyer, plutôt.

Te faire plaisir vient en queue de liste je remarque. Beaucoup du reste concerne des choses que je perçois comme de l'ordre de la revanche, ou de relations avec contentieux.

Et si te faire plaisir ne passait pas par un nouvel amour, cela passerait par quoi ;-) ?

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maroussia

le vendredi 06 janvier 2012 à 21h12

Oui, enfin n'exagérons rien avec l'isolement de la mère au foyer. Etant de nature très sociable et fonctionnant volontiers en "meute", ça passerait par l'adoption par une nouvelle meute, dans la région où je suis fraîchement arrivée. Mais bon, ça ne se fait pas en 15 jours...
Et puis par d'autres choses que je m'emploie à mettre en place comme la pratique assidue d'une activité créative.

Sinon, effectivement, il y a quelques mauvaises raisons que je suis obligée de mentionner par honnêteté...

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Popol (invité)

le vendredi 06 janvier 2012 à 21h15

Mauvaises raisons... tu te juges, là, non?

Envie de réfléchir à ces raisons, quand même?

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maroussia

le vendredi 06 janvier 2012 à 21h34

Quand je dis mauvaises c'est qu'il y a quelque chose de l'ordre du règlement de compte. Si je me juge? Ben je ne sais pas bien ce que tu entends par là, mais oui, je me juge sûrement. Tiens, il faut que je pense à me flageller pour m'être jugée :-)
Envie de réfléchir à ces "mauvaises raisons", oui, mais surtout envie de cultiver les moments où je ne suis pas dans cet état d'esprit revanchard.

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Popol (invité)

le vendredi 06 janvier 2012 à 21h39

Bonne stratégie ^^

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bouquetfleuri

le samedi 07 janvier 2012 à 17h33

... se trouver un deuxième amour...

Ce n'est jamais obligatoire, mais c'est tellement bon. C'est tellement oxygénant de prendre à nouveau la mesure de son coeur, de son corps et de son esprit.
C'est cette richesse perpétuellement redécouverte, richesse de ma partenaire, richesse de nos efforts, qui me maintient dans le statut de polyamoureux, même si les circonstances font qu'en ce moment par exemple, je suis un peu seul.

Mais comme disait l'autre, le polyamour m'a aussi appris à aimer ma solitude

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clairobscure (invité)

le lundi 09 janvier 2012 à 15h06

Bah, comme discuté ailleurs, la jalousie est un sentiment normal, faut pas s'empêcher de la ressentir ni la reconnaître surtout, faut juste trouver ce qui aide à ne plus la ressentir, et en y réfléchissant, je sais (pour parler de moi) que la vengeance n'aide pas du tout, au contraire. C'est sûr que pouvoir bénéficier du même avantage qu'on laisse à l'autre, ça aide, mais parfois c'est aussi un avantage sous une autre forme.

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