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Quand un autre arrive dans notre vie brutalement

Témoignage
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pepito (invité)

le mercredi 19 mars 2014 à 16h43

Bonjour à tous,

Je suis un homme en couple avec un autre homme depuis 8 ans.
On est vraiment heureux je pense à part quelques frustrations que l'on rencontre chez tous les couples.
Depuis 6 ans, nous nous octroyons "d'aller voir ailleurs" de manière sexuelle. Nous le vivons plutôt bien.
J'ai rencontré récemment un autre homme il y à 1 mois. Et c'est la première fois que je revois un homme. Nous sommes vus une petite dizaine de fois et de manière intime (chez lui, dîner, faire une activité ensemble...)

J'ai parlé de cette relation avec mon compagnon. Je lui ait dit que j'aimerais continuer à le voir. Puis un soir, je vais dormir chez cette nouvelle rencontre.
Et là BAM ! C'est devenu terrible !
Il est vrai que aucun de nous 2 n'avait jamais déloger.
Ce fut un incident déclencheur terrible !

Depuis, il est en insécurité et refuse la potentialité du polyamour avec ce nouvel homme.
De mon côté, j'ignore si je suis polyamoureux mais je commence à pouvoir considérer le fait de continuer ma vie avec mon compagnon et de fréquenter l'autre homme.

J'aimerais qu'on se pose des questions tous les 2, je lui propose d'aller voir un psy pour parler de ce qui est en train de se passer...mais il refuse tout. La communication est difficile.

Il veut que cette personne disparaisse et à partir de là on pourra discuter.
De mon côté, je trouve que faire disparaître cette personne, c'est faire disparaître le symptome et c'est éviter le problème.
C'est vrai que j'aimerais continuer à le voir. J'ai de l'affection pour cet homme.

Je continue à garder mon point de vue jusqu'au moment où je lis dans un article (erreurs courantes en polyamour) sur ce site que:

"Ça devrait aller sans dire, mais n'accueillez personne dans votre relation s'il n'est pas clair que celle-ci le permette ou non. Si vous avez déjà un partenaire et que vous envisagez d'explorer le polyamour, mettez les choses au clair avec, AVANT d'inclure qui que ce soit d'autre. Et quand vous introduisez effectivement quelqu'un, expliquez bien que le cœur de cette personne est en jeu."

et que : Ne prenez aucune décision majeure de façon unilatérale: "Les partenaires devraient s'inclurent mutuellement dans leurs choix de vie. Déclarer qu'on va apporter des changements majeurs dans sa vie peuvent conduire votre partenaire à se sentir exclu"

et que N'allez pas trop vite: "Le polyamour instantané n'existe pas. Le sexe au premier rendez-vous n'est en rien une obligation. Pas plus que de débarquer avec un camion de déménagement au second. De plus, attendez de fréquenter une personne depuis un certain temps avant d'appeler ça une « relation ». Efforcez-vous plutôt de laisser les choses croître naturellement et de construire quelque chose de durable."

et finalement que "Vos partenaires sont des être humains, pas des meubles ; si vous voulez que ces personnes vous traitent avec égard, portent de l'attention à vos sentiments, et fassent preuve de compassion et de respect, vous devez vous-même les traiter correctement, vous soucier de leur ressenti et agir avec compassion et respect. Soyez clair avec vous-même et, avec votre partenaire préexistant, définissez les modalités de fonctionnement de votre relation ; ne laissez pas à une tierce personne le soin de tâtonner pour le trouver"

Du coup, j'hésite à persévérer à dire à mon compagnon qu'il faut faire avec cette nouvelle personne. Je lui dis que je suis prêt à ne plus le voir un certain temps mais qu'elle ne disparaîtra pas. Suis-je égoiste ? Lui manque-je de respect ? Suis je peu attentif à ses besoins et à ses ressentis ?

Dois je répondre à son besoin qui est : "je refuse que cette personne soit là et à partir de là, on pourra en parler"

Voilà où j'en suis...

Si vous avez des suggestions, des questions, des réflexions, cela m'aiderait...
Merci !

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Profil

bouquetfleuri

le mercredi 19 mars 2014 à 17h40

Patience, dialogue, temps... le trio dont beaucoup ici te parleront, et dans un ordre parfois différent.

Dans ta contribution, tu poses des points de vue qui paraissent totalement antagonistes. D'un côté, tu veux que cette troisième personne continue d'exister, et ton ami demande qu'elle disparaisse. Or la réalité impose de voir que cette personne ne peut pas continuer d'exister et en même temps qu'elle ne peut pas disparaître.

Il faut donc bien trouver le moyen de la faire exister d'une certaine façon et de la faire disparaître d'une certaine façon. Et c'est bien le dialogue qui vous amènera et l'un et l'autre, et le troisième à trouver comment.

D'ailleurs, tu as déjà commencé à faire ce travail : "j'hésite à persévérer à dire à mon compagnon qu'il faut faire avec cette nouvelle personne".

Peut-être que si tu permettais à ton compagnon de remarquer que tu as fait cette première démarche (en lui faisant lire ta contribution par exemple) se rendrait-il compte qu'il y a une autre voie possible que celle de l'affrontement. Parce que de toute façon, l'affrontement ne débouchera jamais sur autre chose que de la souffrance, pour lui, pour toi et pour cette troisième personne.

Bon courage

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Profil

ipsos

le mercredi 19 mars 2014 à 20h18

Le polyamour c'est des aller retour dans nos limites. Au début beaucoup de régles, de retenus, de cadre puis vient le temps ou les choses s'adoucissent et les limites tombent. Mais il faut vraiment du temps, de la patience pour avancer, des mois et une vie. Par contre un psy je pense que c'est vraiment pas approprié. Ou alors un polyamoureux.

Je vous souhaite d'avancer sans rien casser mais en construisant. Bonne route

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Profil

Green-Man-Outside

le jeudi 20 mars 2014 à 00h29

ipsos
Par contre un psy je pense que c'est vraiment pas approprié. Ou alors un polyamoureux.

Ce n'est pas la première fois que je lis ce genre de remarque sur le forum, donc fort de mon cursus en psycho clinique (je n'exerce pas en tant que psy, ceci n'est pas une publicité, tout le monde respire) je vais faire mon petit caca nerveux :
Oui, des psys il y a en des cons, des conservateurs, des mal-formés, des incompétents... et des cools. Les psys sont des gens comme les autres, comme les médecins par exemple. Ce n'est pas parce que c'est dur de trouver un médecin qui soit ouvert au dialogue et non dans une posture d'autorité crasse qu'on va arrêter de se soigner, non ?

Non, le problème c'est pas tant de trouver un psy "polycompatible" que la situation : quand l'un des deux (dans un couple) propose à l'autre d'aller chez un thérapeute, c'est un peu biaisé. Pas évident que l'autre accepte, surtout s'il y a une posture "regardez docteur, tout est de sa faute à LUI" ;-)

pepito
De mon côté, j'ignore si je suis polyamoureux

Cela tombe bien, on s'en fout : avec le verbe "être" on se colle facilement des étiquettes figées. L'important c'est que tu as rencontré quelqu'un et souhaite vivre les deux histoires. ;-)


Suis-je égoiste ?

Oui, comme tout le monde, y compris Mère Térésa. Question suivante.


Lui manque-je de respect ?

C'est peut-être son impression, mais est-ce ton intention ?
Toi seul à la réponse.


Suis je peu attentif à ses besoins et à ses ressentis ?

C'est la suite de l'histoire qui le dira.

Pour invoquer une fois de plus la parole de Rosenberg (créateur de la CNV) : "if anybody has to give in, everybody is going to pay for it one day".

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Profil

LuLutine

le jeudi 20 mars 2014 à 00h34

pepito
Je lui dis que je suis prêt à ne plus le voir un certain temps mais qu'elle ne disparaîtra pas.

Ca me semble un entre-deux plutôt satisfaisant. Donnez-vous par exemple, un mois pour en discuter au calme tous les deux ?

Tu dis à ton compagnon que tu comprends son ressenti, et que tu vas arrêter de voir l'autre pendant un mois (ça peut être deux mois, ou une autre durée hein, ça c'est à toi de voir ce que tu peux supporter et qui serait nécessaire à ton compagnon de vie, mais en tout cas j'aurais tendance à dire qu'un mois serait le minimum).

Et vous prenez ce temps-là pour discuter au calme.

Sachant que le deal, ce ne serait pas : "Je ne le vois plus pendant un mois, et après j'irai le revoir de toute façon."

Car aucun de vous ne peut prévoir comment la situation va évoluer.

Donc je dirais que le deal ce serait : "Je ne le vois plus pendant un mois, ça c'est sûr, et à la fin de cette période, après les discussions, chacun de nous avisera sur les suites à donner à cette histoire."

A part ça, qu'en pense le troisième homme ?

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pepito (invité)

le lundi 07 avril 2014 à 01h24

Merci pour vos réponses et conseils. Cela fait du bien.

Je n'ai pas répondu depuis mon 1er message car il s'est passé pas mal de choses depuis.

J'ai finalement fait le choix d'arrêter la relation avec le mec que j'ai rencontré récemment.

La raison principale, c'est que mon couple et mon amoureux ne sont pas prêts pour cette aventure et pour ce changement. Cela s'est fait trop brutalement et je ne peux pas faire vivre ca à mon homme.Je suis convaincu que ce serait du forcing. Ce que je sais c'est que je veux rester avec mon homme et s'il n'est pas prêt, je ne me voix pas lui imposer ca. Même si au début je pensais qu'avec le temps, cela pourrait changer et qu'il pourrait le concevoir, je ne le pense finalement pas. Ce n'est pas le moment. Peut etre plus tard, peut etre jamais...Nous verrons.

J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps lors de la rupture avec ce nouveau garçon. J'ai envie de le revoir évidemment. J'ai envie qu'il reste dans ma vie;..peut etre comme ami, si cela est possible...On verra.

Ce qui m'est arrivé me fait réfléchir sur beaucoup de choses; je ne sais pas si je suis un polyamoureux mais ce que je sais c'est que j'ai eu envie de le tester...L'avenir me dira si je veux réitérer cette expérience.

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(compte clôturé)

le lundi 07 avril 2014 à 13h29

pepito (invité)
L'avenir me dira si je veux réitérer cette expérience

Je dirais aussi, l'avenir me dira si la vie me mettra de nouveau en situation d'aimer plusieurs personnes simultanément. Pour moi un test ou une expérience, c'est chercher quelque chose consciemment. Or, en général, on se retrouve à aimer sans le vouloir, sans le chercher...

Pour ce qui est de rester ami simplement alors que l'on aime cette personne différemment, je sais que dans mon cas, ça me parait guère possible. Cela reviendrait à brider mon amour et la seule autre personne que moi que j'autoriserai à le faire, c'est la personne en question.

Mes propos n'engagent ici que moi, sachant qu'à mes yeux le sexe n'est absolument pas la différence entre amour et amitié, ce serait plutôt une question de ressenti intérieur. Aussi, aujourd'hui, je ne mets plus de barrière nette entre amour et amitié, ça aide à bien vivre les deux, et surtout l'entre-deux.

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pepito (invité)

le mercredi 09 avril 2014 à 08h05

Merci pour ta réponse gcd68.

Que veux tu dire par ne plus faire de différence entre amour et amitié ? Tu veux dire que tu ne dis pas: avec lui, c'est de l'amour, avec lui, c'est de l'amitié ? Tu ne nommes plus la relation ? C'est à dire, qu'avec une personne, tu peux l'embrasser, le prendre dans tes bras et il n'y pas de sexe par ex (ce que je qualifierais par ??? heu...je sais pas; peut etre de l'amitié avec beaucoup d'affection, avec des gestes tendres et de désir)
Qu'entends tu par l'entre deux ?

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(compte clôturé)

le mercredi 09 avril 2014 à 10h30

Je ne veux pas répéter ce qui a figuré récemment sur le fil de discussion "champ lexical..." Le mieux serait que tu ailles lire ce fil de discussion directement.

La "norme" veut que l'on touche peut les personnes que l'on aime d'amitié. Donc bisous sur la joue, pas trop appuyé et éventuellement le prendre dans ses bras si l'autre va vraiment mal. Ca c'est admis. Moi j'ai un ami avec qui je me promène en le tenant par la main, voir on se tient par la taille et aussi je me blottis dans ses bras, je l'embrasse (avec lui pas sur les lèvres, ça ne nous vient pas naturellement). Si un étranger nous regarde, il songera à des amoureux, donc d'une certaine manière nous sommes plus que des amis (c'est aussi un excellent complice, confident...).

Aussi, j'ai d'autres relations affectives que beaucoup qualifieraient d'amicale puisque sans sexe abouti (toujours d'après la norme) mais pour qui j'ai ce chamboulement intérieur plus propice à qualifier l'amour qu'à qualifier de l'amitié. Tous les signes de l'amour sont là, c'est ce que j'appelle ne pas faire la différence entre amour et amitié. Créer une "zone libre", ce que personnellement je nomme mon "univers affectif". Chaque personne qui y entre créé son paysage, qu'il modèle et fait évoluer à son image, et moi je me promène au gré de mes envies, au gré des envies réciproques en fait, pour découvrir sans cesse les perceptibles modifications apportées, car l'individu est en perpétuelle évolution. Et puis, lorsque je réuni plusieurs de ces personnes, c'est sympa, les paysages s'entrecroisent, se fondent gentiment, avant de reprendre plus tard leurs nuances et leurs particularités.

L'humain a besoin de définition, de se comprendre, de se reconnaitre. L'humain a aussi besoin de s'inventer son monde. La polyaffectivité permet tous les possibles, y compris concrètement.

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(compte clôturé)

le mercredi 09 avril 2014 à 10h33

Ce que je voulais dire plus spécifiquement dans ton cas pepito, c'est que si le chamboulement intérieur perdure, l'amitié au sens commun du terme me parait guère possible, car même si en apparence vous respectez la norme lié à un rapprochement amical, intérieurement, toi tu sauras la nature de ce que tu ressens et de toute façon, pour toi, ce ne sera pas de l'amitié simple.

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