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Découvertes de soi et pertes

Témoignage
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HollloW

le mercredi 30 avril 2014 à 16h33

Bonjour aux lecteurs courageux qui prendrons un instant pour me lire.

Par avance je m'excuse pour le long texte qui va suivre, poser le cadre de mon histoire et en expliquer les grandes lignes est relativement compliqué, et j'ai le sentiment que tous les détails comptent pour en comprendre les tenants et aboutissants. N'ayant pas trop l’habitude de venir exposer mes problèmes personnels sur internet, et n'ayant que peu de recul sur ma propre situation, il est fort probable que mon récit soit décousu et/ou imbuvable... et je m'en excuse par avance, tout comme je vous remercie pour votre temps et vos éventuels retours. Je ne compte pas vous refaire la chronologie de ma vie dans son ensemble, mais quelques points importants seulement afin de bien comprendre les interactions directes ou indirectes avec ce que je vis aujourd'hui.

L'année de mon BAC, j'ai rencontré ma première amoureuse sérieuse avec qui j'ai vécu pendant trois ans. Notre vie n'a jamais été facile, avec beaucoup de problèmes familiaux ou financiers de parts et d'autres, mais nous menions une petite vie simple et stable. Il y avait beaucoup d'amour et d'attention des deux côtés, mais pas de folie, pas de passion véritable. J'étais heureux, dans une bulle, mais j'ai peu à peu pris la mesure de mon "ennui".

La dernière année de notre vie commune, j'ai rencontré à l'école une autre femme pour qui j'ai eu dès les premiers instants une passion dévorante. A l'époque, j'ai eu beaucoup de mal à gérer cette passion, et je n'ai surtout pas osé en parler à ma conjointe. Ce tiraillement c'est finalement dénoué avec un choix de rupture au profit de cette nouvelle personne dans ma vie.

Ma nouvelle relation a été une passion fais de hauts et de bas, de moments inoubliables et de chagrins profonds. Notre histoire a été une succession de déchirement et de bonheur, mais les blessures ont finalement pris le pas sur notre aventure et les choses en sont restées la deux ans plus tard. Nous avons vécu un an chacun de notre côté, avant de nous retrouver un soir de décembre. Moi je m'étais reconstruit par le biais d'une collocation, de mes amis, de mon début dans la vie active. Elle avait choisi de quitter la France pour tenter sa chance à l'autre bout du monde, d'explorer sa sexualité, de partir à l'aventure. Et ce soir, elle revenait plus belle que jamais me proposer de la rejoindre. De partir à l'aventure avec elle. Une aventure polyamoureuse.

Je ne connaissais rien du polyamour il y a encore quelques semaines, autant dire qu'à l'époque cette notion m'était parfaitement étrangère. Cette situation m'était proposée sans qu'aucun des acteurs n'y ai jamais vraiment réfléchie. Elle était en couple depuis quelques mois avec une autre femme, les choses semblaient stables. Et honnêtes. L'honnêteté tout azimut a toujours fait partie des qualités que j'ai aimées profondément chez elle, tout en étant un tranchant qui m'a souvent blessé par manque de maturité pour savoir l'encaisser. Elle m'invitait donc à tout quitter en France pour tenter une dernière fois de vivre ensemble, mais tout en ayant conscience qu'elle partagerait sa vie entre moi et une autre.

Je ne suis pas d'un naturel jaloux, il m'arrive parfois de l'être, mais c'est le temps d'un instant, une pulsion qui s'en va aussi vite qu'elle vient. Alors les choses ne me semblaient pas impossibles. Je ne comptais pas rentrer dans une vie à trois, simplement trouver un peu d'espace dans sa vie, recevoir un peu de son amour. Je ne me suis pas posé de questions, et j'ai accepté. Je n'ai eu aucunes craintes quant à l'inconnu qui m'attendait, je suis simplement partie sans me retourner.

Arrivé là-bas, j'ai emménagé avec elle, et j'ai rencontré son amoureuse dans la continuité. Cette dernière avait son propre logement. Nous avons vécu ainsi pendant deux mois, avec ma copine qui faisait les allers retours d'un foyer à l'autre au gré de ses envies. Mais sa conjointe et moi-même n'avions aucun équilibre dans ce mode de vie dans lequel nous étions ballotés au gré des émotions de notre amour commun, et l'un et l'autre avons eu des réactions extrêmes qui ont mis fin à cette situation. Mon amoureuse a finalement opté pour mettre fin à notre histoire et continuer son chemin sans moi. Seul dans un pays dont je ne connaissais rien, émotionnellement touché de cet échec, après avoir tant vanté mon choix auprès de mes proches restés en France, j'ai décidé de ne pas repartir. De me reconstruire sur place et de reprendre ma vie en main. J'ai trouvé un travail, me suis construit un cercle d'amis, me suis trouvé des loisirs. Et ai finalement rencontré ma femme actuelle quelques mois après.

Pas de coup de foudre, pas d’amour immédiat, juste une histoire qui s’est construite de jour en jour sur la base d’une curiosité commune pour l’autre. Elle, dynamique, entreprenante, passionnée, optimiste, face à moi, calme, prudent, introvertie, pessimiste. Nos deux premières années ensembles ont été ponctuées de problèmes liés à ma situation, professionnelle, financière, administrative. Cela nous a rapprochés dans l’adversité. Mais nous nous aimions profondément, nous nous apportions beaucoup, nous avions ce lien incroyable et cette sérénité, en nous, chez l'autre, dans l'avenir. Les règles d'immigrations étant ce qu'elles sont ici, nous avons due sérieusement penser au mariage pour ne pas que je reparte après deux années de vie commune. C'est triste à dire, mais l'impulsion de départ était un besoin administratif plus qu'un aboutissement amoureux (si tant est que le mariage puisse être un aboutissement). Bien que je n’aie jamais perçu le mariage comme une preuve d'amour et que la notion d'engagement "à vie" m’ai toujours embêté, le choix fut pourtant simple à prendre affectivement parlant, et notre mariage reste aujourd'hui encore le plus bel instant de ma vie. Une communion entre mon pays d'origine et mon pays d'adoption grâce à tous nos invités. Un engagement fort pour célébrer notre amour.

Puis la fête passé, la vie a repris son court. Nous avons continué notre bout de chemin sans accrocs, tout allait mieux dans notre vie, les projets se concrétisaient petit à petit, d'autres se profilaient, c'était insouciant et agréable. C'était simple. Sincère. Il n'y avait jamais eu de secrets entre nous, beaucoup de communications, parfois trop dans le sens où j'exprimais tous mes doutes sur tous les aspects de ma vie et que ces doutes ont parfois donné un sentiment d'insécurité à ma femme. Sa manière de vivre notre amour était de tout me donner, et je pense qu'en retour elle attendait que je fasse de même. Et par la force des choses, c'est ainsi que les choses se sont passés durant plus d'un an. Ma vie était centré sur ma femme, ma famille sur place était celle de ma femme, mes amis étaient les amis de femmes, tous nos loisirs se devaient d'être communs. Mais cela fonctionna pendant un temps. Malheureusement, ma femme est passée par une longue période de déprime et de mal être liée à sa situation professionnelle durant la dernière année écoulée, au moment même pour moi tout allait mieux. Dans la logique des choses, je devais être là pour elle comme elle avait été là pour moi. Je l'ai soutenue, conseillé, consolé, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour l'aider. J'ai mis en retrait mes propres besoins d'affection, d'amour, de soutien, à son profit... sans que les choses s'améliorent. Au contraire, elles empiraient, jusqu'au moment où j'en suis venu à baisser les bras. A douter. A étouffer. A ne plus partager mes sentiments, à mentir à ma femme par omission. A me mentir à moi-même.

Je suis directeur d'une petite structure d'une douzaine de salariés. Mon travail me passionne, et j'ai la chance d'avoir une équipe dynamique qui m'accompagne et partage ma passion. Alors j'ai commencé à me plonger dans mon travail, à noyer mes soucis personnels par des heures supplémentaires à tour de bras, des weekends et jours fériés travaillés. Et j'ai commencé à me livrer à l'une de mes salariés avec qui les relations ont peu à peu changés de cadre. De quatre ans mon ainée, en couple depuis deux ans avec un français, elle m'a écouté et soutenue pendant quelques mois. Nous avons appris à nous connaitre, à découvrir nos qualités extra professionnelles. J'ai lentement réalisé que je l'aimais. Non pas que je n'aimais plus ma femme, loin de là. C'était simplement différent, frais, positif, un amour intellectuel plus que physique. Je n'entrevoyais pas d'avenir avec cette fille, je ne me suis jamais projeté, et j'essayais surtout de garder une certaine distance dû à nos rôles respectifs dans ma société. Mais les sentiments se sont construits ainsi, sans que l'on se révèle l'un à l'autre.

La situation avec ma femme a empiré en parallèle. Ayant quitté son emploi et décidé de travailler à son compte, elle passait ses journées à la maison ce qui est relativement difficile au démarrage je le sais. Elle n'avait pas encore trouvé son équilibre, et vivais une vrai dépression. Je n'arrivais plus à trouver les mots ou les actes pour infléchir cette tendance, et l'un comme l'autre allions de plus en plus mal. J'étais de plus en plus malheureux. J'avais le sentiment que nous ne nous apportions plus mutuellement. J'avais besoin d'un changement de dynamique de vie, pour autant je n'arrivais plus à rien... Le moindre de mes doutes devenait une souffrance que je ne partageais plus. J’aimais ma femme, mais je voulais fuir cet environnement asphyxiant. Un soir que nous passion avec sa famille, la discussion a tourné autour de notre couple, nos projets. Ma femme avait depuis des mois la même réponse à ces questions, un écho positif, plein d'idées et de bonnes intentions. Nous parlions d'avoir des enfants notamment. Mais je n'étais pas aussi convaincu qu'elle et je me posais beaucoup de questions. Je ne comprenais pas pourquoi j'aimais tant ma femme, mais pourquoi en même temps je voulais tant la fuir. Pourquoi j'avais envie de ces projets, mais ne m'en sentait pas capable en l'état. Pourquoi j'aimais une autre femme en secret, tout en sachant que ceci ne mènerais à rien.

Un jour, fatigué de n'avoir pas de réponse, et après des mois à tout garder en moi, à ne pas partager le fond de mes émotions, j'ai tout expulsé sans me soucier de mes interlocuteurs. Mais surtout, j'ai tout fait de travers, tant sur le fond que sur la forme. J'ai fait preuve de lâcheté. Au lieu de commencer à discuter avec ma femme de tout cela, j'ai commencé par me livrer à ma salarié. Je lui ai dit que je l'aimais, qu’en lui dévoilant cela je lui donnais les clefs pour foutre en l'air ma vie si elle le souhaitait en me balançant à son copain, à ma femme, à nos collègues...

Honnêtement, je ne sais même pas pourquoi j'ai fait ça. Peut-être pour avoir un retour de sa part, peut-être pour que les choses s'arrêtent la... Quoi qu'il en soit, je n'attendais rien de précis en retour, encore moins une réponse du type "moi aussi"... Cela m'a littéralement scotché, et nous en avons discuté toute la soirée ensemble. J'ai appris qu'elle même était malheureuse dans son couple (pour d'autres raisons que je n'expliquerais pas par considération pour votre temps et son intimité). Le point final de la discussion était de dire que nous étions collègues, que nous étions tous deux en couples, que nos sentiments était floués par nos situations respectives, qu'il n'y avait rien à attendre d'un "nous" sous quelques formule que ce soit. Et j'ai accepté cela. C'était logique. C'était censé. Le soir même, je voulais discuter de tout cela avec ma femme, mais nous étions malheureusement invités par sa famille pour un long diner. J'ai donc attendu le lendemain. Sauf que le lendemain, avant d'avoir eu l'occasion d'en discuter avec ma femme, je suis retourné travailler, j'ai donc passé la journée avec cette fille. Une journée ou nos cœurs ont battus à 100 à l'heure tous deux, de gêne, d'excitation... une journée indescriptible. Nous nous sommes évités autant que cherchés. Comme des adolescents...

Le soir, je dis à ma femme qu'il faut qu'on discute. Mais je n’arrive pas à trouver les mots, la discussion s'envenime, et finalement je n'explique rien, je la mets devant un fait accomplie. C'est fini. Je lui mens. Je ne lui parle pas de cette fille. Je ne lui dis pas que j'aime deux personnes différentes. Je dis que c'est fini. Qu'il faut que l'on se sépare pour notre bien à tous deux. Que je n'ai pas l'énergie de me battre et d'affronter nos problèmes. Que j'ai besoin d'air. C'est la fin. Nous en rediscutons plusieurs fois dans les jours qui suivent, et à mesure qu'elle se calme, je lui révèle tout, au compte-goutte. Cette autre fille, mes sentiments à son égard. Et ma femme en souffre, ne comprends pas, n'accepte pas, crois que je ne l'aime plus. Je ne me comprends pas moi-même, mais je l'aime assurément. Et je vis chacune de ces soirées avec une boulle d'angoisse, je n'ai pas de réponses à mes propres doutes, encore moins à ceux de ma femme. C'est très dur.

Entre temps, je vis la chose différemment avec cette fille, que je croise quotidiennement au travail, avec qui les choses se précisent aussi. Nous nous aimons d'un amour impossible à vivre, et cet interdit ne fait que renforcer notre désir. Il ne se passe rien de physique entre nous, nous discutons simplement beaucoup de nos situations respectives. Je suis triste de voir qu'elle ne fait pas preuve d'autant d'honnêteté que moi au sein de son propre couple, mais je ne la force à rien, ne souhaites pas la guider, n'ai pas le recul nécessaire pour cela.

En parallèle, je découvre le mot polyamour. Je découvre ce site et d'autres. Je m'imprègne des expériences de tous ces inconnus qui parlent de principes qui sont une forme de révélation pour moi... L'honnêteté notamment. La communication. Je me sens moins "déviant" comme le dit ma femme. Je n'ai toujours pas de réponses pour ma propre situation, mais je me sens un peu moins seul. Et j'en parle à ma femme. Cette fois ci, je ne la mets pas devant un fait accomplie. Je ne lui demande aucune adhésion à ce concept que je découvre moi-même (alors que je l'avais déjà vécu indirectement des années auparavant). Je veux simplement en discuter. Faire avancer les choses. Mais les choses justement n'avancent plus, quelque chose semble brisé, et c'est bel et bien la fin de notre histoire qui se profile. Nous décidons alors de nous séparer. Par soucis de logistique, elle retourne vivre chez sa maman pendant que je garde notre maison le temps de résilier le bail (avec un préavis de trois mois) et de trouver un autre logement. Je lui demande simplement de mettre quelques règles en place pour ne pas cesser de vivre pendant ces trois mois, de ne pas débarquer à l'improviste, de me prévenir avant, tout en comprenant bien que c'est chez nous, pas chez moi.

Cette séparation est confuse... nous nous aimons, nous nous séparons, nous faisons l'amour, nous nous détestons... C'est un mauvais scénario qui se joue avec la sensation d'être pantins de nos propres émotions et de nos propres vies, des échanges qui d'une heure à l'autre, d'un jour à l'autre, prennent des tournures opposées. Et aucun de nous qui n'est capable de faire preuve de froideur et d'autorité pour dire "c'est comme ça et pas autrement, nous sommes ensembles ou nous ne le sommes plus, nous nous battons ensemble ou nous abandonnons"... Un vrai bordel ! Mais dans un coin de ma tête, je me dis que c'est fini. Que nous sommes séparés. Que d'aimer une autre personne n'est plus tromper ma femme. Que mon honnêteté m’absoudra de la suite des évènements quels qu’ils soient.

Au travail, les choses prennent une autre tournure. Je prends une semaine de congé pour m'éloigner un peu de la tumulte émotionnelle que je vis avec cette fille qui me dit qu'elle m'aime, qu'elle souhaiterais partager un bout de vie avec moi, mais qu'elle a peur, peur de tout quitter pour une histoire incertaine. Ses mots et son actes ne vont pas de pairs, elle me dit qu'il faut arrêter la, et m'envoi des messages toute la journée, me demande de la voir en dehors du travail... Je prends beaucoup sur moi même que les choses viennent d'elles et pas de mes propres désirs. Quand un jour elle me demande si elle peut ne pas venir travailler pour venir me voir, j'adopte la posture du responsable qui lui demande de ne rien en faire. Et quand le jour même elle me fait part de tous ses sentiments par messages, elle me renvoi un rôle d'humain un peu perdu et seul qui a envie de réconfort, envie de la voir... J’ai perdu plus de 8 kilos en deux semaines, ne dors plus depuis près de trois jours, suis clairement mal dans ma tête et dans ma peau. Le lendemain je vais la chercher à l'aube chez elle. Officiellement, pour l'emmener au travail. Officieusement, je lui donne le choix entre aller travailler ensemble, ou passer la journée ensemble, ailleurs. Le fait est, je vis sur une petite île. Un grand village au milieu de l'océan. De fait, la perspective d'aller quelque part ensemble constitue pour elle un risque d'être vue par une connaissance, d'être confronté à la réalité qu'elle n'affronte pas encore. Ainsi, elle me demande d'aller chez moi. J'aurais dû dire non, j'aurais du réfléchir, avoir plus de respect pour ma femme. Mais je ne l'ai pas fait. Et nous avons passé la journée chez moi. Une journée de câlins et de tendresse. Une journée de calme.

Est arrivé ce qui devait nécessairement arrivé. Ma femme débarquant en furie à la maison. Elle savait déjà tout de ce que je ressentais, de cette fille. Mais là, c'était devant elle, sous ses yeux, sous son toit, dans son lit. Ma femme dans tous ses états, cette fille cachée dans la salle de bain, les voisins ameutés dans notre rue... le pire instant de ma vie. Certainement le pire de nos vies à tous les trois. Quand enfin ma femme part, nous nous enfuyons en voiture, encore troublés de ce trop plein d'émotions... Nous sommes passés de l'amour à la haine, du bonheur à la honte... en quelques minutes. Elle me dit que c'est fini, qu'elle ne veut plus rien avoir à faire avec moi. Qu'elle démissionne séance tenante du travail, qu'elle ne se représentera pas. Qu'elle va dire la vérité à son copain. Elle ne veut pas que ma femme se charge de tout cela à sa place, elle souhaite avoir la main sur la suite des évènements.

Les deux jours suivants, je ne dors plus, bois plus que de raison, n'ai pas de nouvelles de cette fille, sais simplement que son copain et ses amis me cherche pour me casser la figure. J'ai quelques nouvelles de ma femme et de ses amis qui me disent combien j'ai fait n'importes quoi. Je me sens misérable, monstrueux, inutile, con comme jamais... En pleine nuit, saoul, perdu et seul, je lance un appel à l'aide à ma femme pour lui dire que je vais mettre fin à mes jours. Dans le fond et avec du recul, je réalise que je n'aurais pas eu ne serais que la force pour passer à l'acte. Mais Je passe plusieurs heures avec elle au téléphone, à la maison. Il n'en sort rien. C'est bel et bien finit. Le lendemain, je passe la journée à aller voir quelques amis, à discuter et éponger mon chagrin. Je réalise combien j'ai pu faire d'erreurs en si peu de temps. J'ai un appel du copain de cette fille. Passé les 5 premières minutes d'insultes en continue, il me demande de lui expliquer ce qu'il s'est passé, ce que je ressens. Il me demande si elle, à mon instar, éprouve quelque chose pour moi. Dans un premier temps je lui réponds que lui dire ceci ne m'appartient pas, mais lui insiste, pleur, me dis que je lui dois bien ça... et je finis par lui dire à demi-mots que oui, je crois que nos sentiments sont quelque part mutuels, qu'elle m'aime... je ne sais pas comment, mais je crois que oui. Je reçois dans l'heure un message de cette fille me demandant d'aller me faire voir. Je ne comprends pas tout de suite, mais j'apprends ensuite qu'elle a fait le choix de d'essayer d'arranger les choses avec son homme, qu'elle lui avait dévoilé la vérité qui l'arrangeait, qu'elle lui avait menti sur beaucoup de choses nous concernant, la concernant... Et je me sens trahi, vidé, abandonné encore plus...

Un jour après, ma femme vient à la maison récupérer ses dernières affaires. Je suis au fond du gouffre, et elle le voit bien. Nous passons la soirée à discuter ensemble. Bien que résignés l'un et l'autres à nous dire que c'était trop tard, nous passons une soirée agréable, tendre, et triste au moment de se dire au revoir avant d'aller dormir. Le jour suivant, nous nous revoyons à la maison, et nous faisons l'amour, la aussi en nous disant combien nous sommes bêtes, faibles, et combien nous allons souffrir de tout cela... Nous le savons, et nous passons un bel instant ensemble. Puis nous quittons. Puis nous souffrons chacun dans notre coin.

Aujourd'hui, ma femme m'envoi plusieurs messages pour me dire combien elle est détruite, combien elle me déteste, combien elle m'aime. Qu'elle a besoin de m'oublier, qu'elle n'y arrive pas, qu'elle ne m'aimera plus jamais comme avant... En parallèle, j'apprends que cette fille sorts de clinique après y avoir été admis en urgence pour tentative de suicide par ingestion de médicaments... qu'elle retourne vivre auprès de son homme... Bref, une journée que je ne sais même plus comment aborder tant les choses deviennent compliqués…

J'en tire déjà quelques leçons de tout cela, à savoir que j'ai été très égoïste (sur le fond comme sur la forme), que je n'ai pas su gérer mes émotions et communiquer comme il aurait fallu, que j'ai péché dans mes choix, mes priorités, mes mots, mes actes.
Que la vérité si importante soit elle doit faire l'objet d'un vrai travail de mise en forme (émotionnelle vis à vis de soi et son interlocuteur) sous peine d'être pire que le mensonge.
D'autres leçons encore viendront avec le temps et le recul...

Si je témoigne ici, c'est parce que le concept de polyamour m'a en un sens réconcilié avec mes propres émotions, et est quelque part en phase avec mes principes. Je ne sais si je pourrais le vivre un jour, si j'en serais capable ou si je trouverais les personnes pour.
J'aurais aimé avoir fait ce cheminement intérieur bien avant tous ces évènements, et en conséquence avoir gérer mes émotions avec plus de clarté pour moi autant que pour les autres.
Mais pour l'instant, d'avoir agis comme un enfant irresponsable, je viens en quelques jours de perdre beaucoup de choses qui comptent pour moi, et je me dois de faire quelque chose qui pèse beaucoup pour moi : ne rien faire. Arrêter de faire souffrir les personnes que j'aime, ne pas aggraver encore leurs situations, respecter leurs choix et leurs souffrances, et me reconstruire seul.

Si vous avez eu le courage de lire jusqu'ici, déjà merci.
Si vous pensez que mon raisonnement (plus que mes actes passés sur lesquels je ne peux malheureusement revenir) est irresponsable, imbécile ou immature, n'hésitez pas à m'en faire part.
Si vous avez un peu d'espoir à partager, je suis preneur.

Quoi qu'il en soit, merci.

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jayraymy (invité)

le mercredi 30 avril 2014 à 17h30

Ca ne doit pas être facile pour toi :(
La première chose à faire c'est de démêler tes propres sentiments et envies. Vous vous aimez encore avec ta femme... ce n'est pas forcément trop tard, même si ce n'est plus comme avant le bonheur peut encore être possible. En as tu envie? Si oui fait ce que tu peux pour arranger les choses, en restant toujours honnête. Si non alors soit clair.
Quand à ta collègue, de son attitude elle ne semble pas assumer ni concevoir le polyamour. La seule chose à faire, probablement, c'est de t'excuser auprès d'elle et de son mari et de les laisser se reconstruire ou se détruire... tu en resteras avec ta tristesse mais aussi le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait à la fin.

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HollloW

le mercredi 30 avril 2014 à 19h21

Bonsoir jayraymy,

Les choses ne sont pas plus dures pour moi qu'elles ne le sont pour ma femme. Je dirais même qu'étant à l'origine de tout "ça", quand bien même je vis cela comme une expérience horrible, en endossant le rôle de responsable, je subis nécessairement moins qu'elle.

Je réalise combien je l'aime et combien ma faiblesse, mon impatience ainsi que mon égoisme nous ont été nuisibles. Je réalise surtout que de n'avoir su diluer mes émotions sur une période plus longues au lieu de tout lui jeter à la figure comme ça est une souffrance terrible que je lui impose. Cela couplé à mes actes alors même que les choses ne sont pas claires pour nous, ça parait franchement insurmontable...

Je réalise que j'ai toujours été capable d'aimer plusieurs personnes, d'éprouver un amour différent qui n'enlevait rien aux autres, en ne confondant pas désir et amour, séxualité et émotions. Mais n'ayant jamais su comment gérer cela, j'ai toujours pris le parti de l'extrème dans un cheminement classique de monogame qui fait un choix radical.

A mon niveau je n'éprouve pas de honte sur la compléxité de mes sentiments, quand bien même je me cherches, mais il n'en est pas de même pour sa famille et ses amis qui, conventionnellement, me jugent coupables à bien des égards. Il y a des choses que je regrette profondément, comme de n'avoir su régler nos problèmes dans un premier temps, lui exposer la duplicité de mes sentiments dans un second temps, et aviser conjointement de notre avenir ou de notre non avenir.

Au vu de la situation et du mal que je lui ai fait, les choses sont devenus compliqués, douloureuses, et je n'ai aucune idée de ce que l'avenir nous réserves. Pour elle, je crois, sa plus grande crainte est de revivre une situation similaire un jour si tant est qu'il y ai encore des choses à vivre ensemble. J'ai perdu sa confiance alors même que je choisissait l'honneteté (bien mal placée certes). Le mal est fait, il est la, bien présent, et l'amertume qui en découle change son regard, ses projets, l'image qu'elle à d'elle même...

Je souhaiterais lui faire comprendre qu'elle n'y ai pour rien. Que ce n'est pas parce que je suis capable d'aimer une autre personne qu'elle que je ne souhaites pas me projeter avec elle. Que les difficultés que nous affrontions ensemble, je les ais jetés par lacheté dans le tourbillons d'un autre problème plus profond et moins immédiat, mais que cela n'enlève rien à ce que je souhaiterais vivre avec elle. Que le plus dur pour moi en ce moment n'est pas mon chagrin, mais le sien...

Quand à cette fille du travail... Je lui avait parlé de tout ça, du polyamour, de mes sentiments, ma vie et mes projets. Je n'avais jamais eu la sensation d'être jugé, d'être incompris. Elle ne m'a jamais stoppé dans mes élucubrations sur le sujet, mais je réalise aussi qu'elle n'a jamais fait preuve d'échos à tout cela. En un sens, depuis le début elle à choisi le mensonge, ce qui en dit long sur l'issu d'un peut être... Cela étant, c'est son choix de vie et je le respecte. Je me sens trahi certes, mais qui suis je pour la juger ? Je ne peux effectivement que m'excuser et les laisser construire leur histoire, si bancale soit elle à mes yeux.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 30 avril 2014 à 21h56

Bonsoir HollloW

Je t'ai lu attentivement et je ne pense pas avoir été courageuse :-) !
jayraymy a raison quand il te dit de démêler tes sentiments et de trouver ce dont tu as vraiment envie. Le chemin va être long je pense mais il mérite d'être parcouru... j'ai parcouru ce chemin il n'y a pas si longtemps. Cela a été difficile, douloureux, très déstabilisant mais je peux te dire qu'une fois l'issue trouvée, c'est que du bonheur !
Alors ne perds pas courage, crois en toi.

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Profil

LuLutine

le lundi 05 mai 2014 à 23h38

Bonjour Holllow,

A te lire j'ai l'impression que tu choisis d'assumer toute la responsabilité de l'histoire...

Alors qu'à mon sens, ta collègue est tout aussi responsable que toi de ce qui s'est passé entre vous !

De plus, elle est responsable de ses mensonges, alors que toi tu n'as pas menti !

Tu as fait de ton mieux pour choisir une démarche éthique, honnête et la plus respectueuse possible, et nous savons tous ici combien c'est difficile, surtout dans les conditions que tu décris...

Alors j'ai envie de te dire de ne pas trop te jeter la pierre. Oui, tu as fait des erreurs, comme tout le monde. Et les autres aussi !
Tu n'es pas parfait mais tu as appris de tes erreurs. Je ne suis pas certaine qu'on puisse en dire autant de ta collègue...mais je ne la connais pas.

Bon courage et n'hésite pas à revenir si besoin.

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HollloW

le mardi 06 mai 2014 à 08h11

Bonjour Lulutine,

Effectivement, par nature je prends toujours beaucoup sur moi, et dans cette histoire la, j'ai eu souvent l'impression d'être au centre de tout, à l'origine de tout. Le simple fait de comprendre que tout éthique que ma démarche soit, j'aurais du agir différement, me laisse à penser que je suis responsable de ce que nous vivons tous les trois. Cela sans compter la "culpabilité" de me sentir "déviant" dans ma démarche amoureuse (dixit mon environnement...)

Cela étant, j'ai pris un peu de recul depuis, et je sais bien que mes actes sont aussi le fruit de mes interractions avec ma femme autant qu'avec cette fille.

J'ai essayé tant bien que mal de chercher une morale à cette histoire, mais c'est encore trop tôt. Les fruits de ce que nous avons tous semé de par nos réactions et de nos actes à venir seront compréhensible un jour, plus tard, avec une distance émotionnelle sur tout ça.

Aujourd'hui, je restes persuadé que ma démarche était saine dans le fond (la forme reste à revoir...). Et je constate surtout à la lumière de ce que j'apprends, de ce que je vis depuis, que pris dans le flot des émotions, mes jugements ont été altérés. Ma femme est une personne exceptionnelle. Pas parfaites certes, pas nécessairement faites pour moi non plus (et réciproquement, l'avenir nous diras), mais incroyable, et j'éprouves beaucoup de chagrin de lui avoir fait vivre tout ça par le biais d'une autre personne pour qui les révélations de ces derniers jours ont eu un impact significatif sur l'estime que j'avais d'elle...

Enfin... A ce stade des choses, je continue simplement de ne pas me voiler la face, à assumer mes actes et mes émotions, et le restes devrait logiquement suivre pour le meilleur et pour le pire.

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LuLutine

le mardi 06 mai 2014 à 17h49

Oui, je pense aussi que ta démarche était saine.

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