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Acceptation puis refus

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miss

le mercredi 18 janvier 2012 à 13h43

pour te répondre lulutine, j'avoue avoir eu cet argumentaire concernant l'amitié ou la famille..Choisir en amitié ne me semble pas plus logique qu'en amour ou dans le cadre familiale..malheureusement, meme inconsciemment, les enfants, suite à un divorce, se retrouvent souvent devant ce "choix" parental...j'irais meme jusqu'à dire que dans une situation comme la mienne, je retrouve ce choix avec les enfants...l'enfant va vers le père, sentant que celui ci souffre de mes choix de vie et me rejette assez durement parfois...Le papa assistant à ce genre de scène, reste stoique et m'explique que c'est normal parce que l'enfant sent que mes choix ne sont pas normaux...
Si je décide d'expliquer à mon ainé qui est sa maman, mon mari me répond que je n'ai pas à lui mettre mes idées farfelues en tete...

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clairobscure (invité)

le mercredi 18 janvier 2012 à 14h49

Difficile d'avoir une conversation constructive avec quelqu'un qui estime savoir mieux que l'autre ce qui est "normal" ou "bon" et qui se sert de son influence sur d'autres pour faire valoir son bon droit... Bon, admettons: est-ce que tu veux vraiment rentrer dans son jeu et accepter son tour de manipulation? parce que, du moins d'après ce que tu en dis, je trouve que ça y ressemble fortement. Facile à dire, je sais, plus dur de s'en détacher... une chose qui m'a aidée à ne plus tenir compte de ce genre de comportement, c'est d'identifier qu'il s'agit bien d'une tentative de manipulation ; une autre a été de dire à l'autre que je sais très bien où j'en suis et qu'il pourra dire ce qu'il voudra, il ne pourra plus m'influencer de cette façon, par la force, pour essayer de me faire croire que j'ai tord. D'autant plus qu'il a été de ton avis à un certain moment, c'est qu'il a pu comprendre le bon côté des choses. Il est possible qu'il essaye de se défendre comme il peut de son changement d'opinion parce qu'il se sent en porte-à-faux, le tout est de trouver comment le rassurer sur son droit à changer d'avis, mais que tes besoins et tes demandes ont autant de légitimités que les siens.
Comme dit bouquetfleuri, il faut vraiment arriver à sortir du rapport de force en instaurant un rapport de solidarité. D'autant plus en présence des enfants.

Je renvoie aussi à la référence qu'avec donnée Lulutine sur la manipulation:
gulminelli.chez.com/
et aussi: pages.infinit.net/espoir3/le_manipulateur_et_le_ma...

Evidemment, c'est l'impression que ton post me donne et c'est vrai que ce genre de comportement me mets en colère, peut-être que ma réaction est excessive et que je suis à côté de la plaque, c'est ton ressenti personnel qui te dira comment te situer par rapport à ses réticences et sa manière de l'exprimer.

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bouquetfleuri

le mercredi 18 janvier 2012 à 14h56

C'est la bagarre, pas très propre et pas très honnête. On sait bien que les situations idéales n'existent pas, mais tout de même... On peut très bien ne pas accepter des choix de vie qui divergent tout en restant plein de sollicitude devant sa femme qui souffre au point de maigrir dangereusement, ou de responsabilité devant les enfants qui ont aussi le droit de tout savoir, c'est à dire de savoir quels sont les termes et l'enjeu qui opposent leurs parents. Enjeu qu'il perçoit bien comme un danger (ce trop plein d'amour) puisqu'il le qualifie de farfelu... Qui décide, qui a le droit de décider que telle ou telle idée est farfelue, et pourquoi est-elle farfelue ?

Puisque c'est la bagarre, tout va servir d'arguments et tout va donc contribuer à brouiller le vrai sens de votre dialogue qui s'effiloche.
Ce qui m'apparaît tout de suite très important est d'abord que tu prennes soin de toi. Il faut que tu sois apte physiquement à supporter cette bagarre. Tu ne la choisis pas, il te l'impose, mais quelque soit l'issue, il faut que tu en sortes dans de bonnes conditions. Attention à la dépression qui peut pointer son nez, méfie toi de tes fatigues inexplicables ou de tes crises de larmes que tu expliquerais trop facilement par la situation dans laquelle tu te débats. Un médecin au courant de ton problème peut t'aider à te maintenir physiquement. Ça, c'est la première chose.
Bon courage

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maroussia

le mercredi 18 janvier 2012 à 14h58

Quelques question: Est-ce que le revirement de situation a été soudain? L'as-tu senti venir? Depuis combien de temps cela dure-t-il?

Je me retrouve dans les réactions de ton mari, oscillant entre acceptation et refus total de la situation polyamoureuse du mien. Et dans les périodes de refus, je suis un mur, toutes mes interventions ont pour but de me protéger de ce qui est vécu comme une grande injustice.

Et ben, Bouquetfleuri, tu n'y vas pas avec le dos de la cuiller en parlant de perversion et de catharsis dévastatrice... Mais vengeance, oui, là, je me retrouve, je reconnais que quand on y est, c'est dur de sortir de cet état d'esprit un peu pérave... De mon côté c'est vraiment très important de sentir que l'autre fait des efforts dans ces moments-là. Malgré cela, quelquefois, je ne peux plus voir l'amour que l'autre me porte et ne vois que trahison...

Peut-être une piste, que j'envisage d'explorer quand la communication devient très tendue et que les enfants se retrouvent au milieu du panier de linge sale: passer par un intermédiaire bienveillant. Je ne pense pas forcément à un psy, mais plutôt à des amis ou parents. Reste à trouver la bonne personne (et qu'elle soit d'accord.... Sacrée mission)

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maroussia

le mercredi 18 janvier 2012 à 15h18

Ok, vous sortez l'artillerie lourde (manipulation...)

Mais, tout de même, ça n'est pas simple de se trouver dans cette situation! On n'a rien demandé!

Pour moi, et dans ces moments là, être doublement aimé et aimer doublement est un luxe! C'est comme un smicard qui vit avec un millionnaire: comment ne pas désirer être à la place de l'autre! ( ouuuuh, je vais me faire engueuler!! tant pis!!) Des fois je me dis que j'ai pas besoin de plus, que ça va bien comme ça, mais des fois, quand je galère pour joindre les deux bouts et que l'autre fait du jacuzzi à bulle!

Jalouse, oui, manipulatrice, non!

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clairobscure (invité)

le mercredi 18 janvier 2012 à 15h51

Désolée si le terme de "manipulation" te gêne, mais je sais très bien que ce n'est pas forcément consciemment, c'est généralement une tactique de défense qui vient spontanément sans préméditation, quand on n'a plus d'autres moyens. Ce que je veux dire surtout, c'est que jouer sur le sentiment de culpabilité est malhonnête car c'est un moyen utilisé pour ranger l'autre à son avis. Je dis seulement qu'il faut avoir conscience qu'il s'agit de manipulation quand on est face à un comportement de ce genre, pour pouvoir voir au-delà, ne pas se laisser influencer et amener la conversation sur un autre terrain.

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bouquetfleuri

le mercredi 18 janvier 2012 à 16h13

C'est vrai que l'on manie ici des concepts lourds avec peu de mots, c'est un peu la loi du format. En même temps, je crois qu'il ne faut pas en avoir peur et que le regard clair devant les situations, leur analyse froide de l'extérieur peut servir d'appui pour cette opération terriblement complexe. Entre la voie polyamoureuse et la voie monoamoureuse, il ne s'agit pas d'antagonisme, mais de divergence.
La complexité de la communication à établir, avec un certain succès escompté, effacera bien assez tôt la lourdeur des mots tels que "manipulation" ou "catharsis" voire "perversion" ; mais s'engager dans une réflexion à deux, avec le handicap du désaccord, sans voir ces écueils me paraît encore plus dangereux, et pour tous les protagonistes.

Il y a d'autres raisons pour lesquelles il est difficile de ne pas être entier dans nos propos : nous n'avons pas assez d'éléments pour bien juger de la conduite à tenir, ces éléments sont souvent des bribes de vie, des idées, des principes parfois, des souvenirs amassés au cours d'une expérience que nous ne pouvons pénétrer, et nous ne sommes pas assez prétentieux pour donner des conseils ou des recettes qui seraient "la panacée" (heureusement, que dieu m'en garde à jamais) ; et puis il y a ce sentiment d'effroi que génère une situation pareille et qui rappelle quelque chose ou qui prévient d'une autre...

Mais nous avons bien conscience que l'empathie ne suffit pas, il ne suffit pas non plus d'être compatissant, alors pour se mettre dans l'action nécessaire et salutaire, il faut évaluer les risques et cela nous conduit à des réductions erronées, à des logiques parfois inaudibles par les personnes en souffrance, à des visions trop décalées pour servir de levier.
Les mots et les conseils des polyamoureux ont cependant en commun de tendre vers une harmonie qui prenne en compte tous les individus en jeu et de tenter de trouver une solution qui génère du bonheur plutôt que de la souffrance. Mais bien souvent, malheureusement, les mots ne suffisent pas...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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maroussia

le mercredi 18 janvier 2012 à 16h44

Eh! Pas de problème! Il y avait un côté provocateur dans ma réaction. J'aime bien être bousculée, sinon je posterai à un forum de "femmes trompées" (voir fil parallèle) genre
www.aufeminin.com/relations/femme-trompee-d4047c10...
Où la question du PA est balayée d'un revers de main...

Par contre, j'ai pas bien compris

bouquetfleuri
il y a ce sentiment d'effroi que génère une situation pareille et qui rappelle quelque chose ou qui prévient d'une autre...

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bouquetfleuri

le mercredi 18 janvier 2012 à 18h21

Je le pensais bien, Maroussia, et il n'y a aucun problème. Mais ton interpellation était légitime, et pas si provocatrice, j'en ai donc profité pour régler un peu plus la portée de mes mots.
Je parle de sentiment d'effroi parce que l'histoire de Miss nous renvoie à du vécu, qui reste cependant et toujours de l'inconnu.
Le polyamour se gagne avec des efforts parfois surhumains, personne n'échappe à la souffrance qu'il faut endurer pour sortir des schémas que la société a polis (pour le confort d'une grande majorité, même si l'on peut considérer que cette majorité est aliénée à ce confort, ignorante peut-être ou incapable de se penser par elle-même). Et cette réussite, cette victoire sur soi-même n'est jamais acquise, parce qu'au cours de ce chemin vers une sérénité rayonnante, on acquiert également l'humilité et l'intelligence nécessaire pour toujours tout remettre en question, pour s'assurer le plus justement possible que chacune et chacun jouisse de ce plaisir d'une relation enrichie au-delà de l'imagination. Il y a donc ce gouffre noir jamais très loin du bonheur que l'on croit toucher du doigt, gouffre rempli des questions existentielles qui reprennent corps au contact d'autres expériences, offertes par d'autres personnes qui n'ont pas la même approche et qui pourtant font le même travail de critique et d'analyse personnelle. Ces questions se posent parfois lors des accidents que la vie nous propose et ébranlent souvent le socle de notre équilibre plus ou moins stable.
Même si j'ai une confiance absolue en la vertu de l'amour, du respect et de l'honnêteté intellectuelle, même si le plaisir de l'exploration sensuelle et spirituelle dépose en moi une énergie vitale, cette question de la vérité qui se pose dans chaque confrontation relationnelle m'effraie.
Je sais ce que j'aime vivre, je sais ce que cela m'apporte, mais je ne sais toujours pas comment l'exprimer comme une parcelle de raison dans l'expérience humaine. Cela reste une inconnue pour moi. Et c'est effrayant !

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miss

le mercredi 18 janvier 2012 à 22h07

Pour te répondre maroussia, non le revirement n'a pas été soudain..Je pense que je n'ai pas su voir au fil du temps cette impossibilité qu'il ressentait..J'ai presque envie de dire que cela dure depuis le début étant donné qu'il est "monogame" dans l'ame mais surtout dans l'esprit et le coeur..Alors oui, il a bien tenté l'acceptation , la compréhension et au bout de nombreuses étapes difficiles, nous avions fini par obtenir un respect de l'autre sur bien des points..;J'ai envie de dire qu'il a fait l'effort de ...sans doute pour ne pas me perdre ou se perdre lui meme, je ne sais pas trop..
Au début, tout était simple avec lui lors de cette rencontre avec mon Autre...Je ne ressentais aucune pression, aucune culpabilité etc...contrairement à la conjointe de mon Autre qui réagissait trés mal et souffrait énormément de devoir réaliser qu'elle n'était pas fusionnelle autant qu'elle l'imaginait avec son conjoint..
Donc de mon coté, une bonne année s'est écoulée sans véritable heurt avec mon conjoint jusqu'au moment du premier véritable échange intime avec mon Autre...
A ce moment, ses réactions et attitudes ont été complétement différentes..
Je comprenais cette phase de rejet physique, sa colère, sa tristesse etc...mais en meme temps il s'accrochait pour avancer et l'échange à commencer à se faire entre mon mari, mon Autre et moi...
Je pense que j'étais tellement concentrée sur les ressentis de la conjointe de mon Autre que je n'ai pas pris le temps d'être entièrement à l'écoute de mon mari....et je me suis contentée de son discours me disant de vivre et de profiter etc...
Finalement le moment ou mon Autre et moi meme avons commencé à mettre en application les envies de projets que nous avions, ça été "terrible"...
Blocage complet d'un conjoint comme de l'autre..la culpabilité a commencé à m'envahir et le rapport de force à s'installer jusqu'à ce qu'il en arrive à me dire que je devais parler de ma vie à personne( ce que j'ai respecté en partie)...il disait ne pas vouloir passer pour le c... qui laisse sa femme etre infidèle...donc oui j'utiliserai les mêmes termes que certains dans ce post " manipulation" mentale...
il sait que je me remets énormément en question et que j'éprouve énormément de difficultés face à la souffrance d'autrui et par conséquent il s'est engouffré dans mes faiblesses...et cela je ne l'ai pas vu venir..j'ai pressenti qu'il y avait quelque chose d'étrange et que nous n'étions plus dans l'échange réciproque..d'ailleurs mes amis me disent qu'il ne me reconnaisse plus, comme si je m'étais faite lobotomiser...
Par exemple, si je propose de mettre les enfants en garde pour passer un moment avec mon Autre, il me dit aujourd'hui que je suis incapable de m'occuper des enfants et que je préfère passer du bon temps que de m'occuper d'eux..ce qui engendre chez moi, une interrogation et je finis par culpabiliser...

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PolyEric

le mercredi 18 janvier 2012 à 22h36

Oui, ben, il ne faut pas se culpabiliser, ou alors il faut se culpabiliser de se culpabiliser, parce que ce n'est pas bien de culpabiliser.

Typiquement pour des enfants, le meilleur exemple à donner est celui d'être heureux et de leur montrer comment être heureux.
Ce n'est pas forcément bien de leur montrer comment il faut tuer sa vie pour soi-disant s'occuper de ses enfants.
Ce n'est pas une bonne façon de s'occuper de ses enfants, que de leur montrer comment tourmenter leur mère en la culpabilisant.
J'en ai d'autres comme ça, si tu veux des arguments, ce n'est pas ce qui manque.

Donner de l'importance à la souffrance, être guidé(e) par la souffrance, c'est forcément aller vers la souffrance. Ce qui est important dans la vie, c'est le plaisir. Donner de l'importance au plaisir, être guidé(e) par le plaisir, c'est forcément aller vers le plaisir. Il ne s'agit pas d'épargner au gens de la souffrance mais au contraire de leur donner du plaisir.

Tu t'es fait déviée de la route du bonheur, tu t'es faite avoir comme une bleue. Il est temps de montrer et d'imposer ce que tu sais de la vie. Il faut imposer le bien, sinon, le mal gagne la partie (à ne pas confondre avec "le mâle gagne la partie", il ne s'agit pas de gagner "contre le mal", mais de faire "triompher le bien").

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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demeter

le mercredi 18 janvier 2012 à 23h52

Je me permets juste une parenthèse, parce que le sujet semble récurrent : parler de manipulation dans les relations humaines me semble presque un pléonasme tant les mécanisme de culpabilités sont omniprésents (et nécessaires parfois à la survie) dans nos actes et leurs interprétations. Je ne sais pas bien dans ce contexte ce que veut dire le mot "malhonnête", si tant est que l'honnêteté puisse exister quelque part. Si les mots touchent, c'est qu'ils s'appuient sur des valeurs existantes donc réelles pour la personne qui les reçoit, Il ne s'agit pas forcément de les écarter, mais de voir en quoi les actes sont ou non opposés à ces valeurs. Ce qui me semble dur à supporter c'est l'avalanche et la répétition d'interprétation se référant à une prétendue "norme" ou à ce que l'on "doit" faire ou non. Ces raccourcis témoignent à mon sens plus du désarroi de celui qui s'en sert d'argument que d'une intention. Chacun se raccroche à ce qu'il peut, de là à coller sur quelqu'un l'étiquette de manipulateur, cela m'effraie toujours... Si cela aide à prendre le large et à introduire une distance temporairement pourquoi pas, mais sans oublier que les étiquettes ne sont faites que pour être changées par la suite si l'on veut chercher à comprendre. Quant à l'empathie, elle apporte également son lot de malheur, quand il s'agit de ressentir ce que ressent notre "agresseur" (au sens très large du terme, il n'y a pas d'agression ici littéralement, mais chacun semble ressentir l'autre ainsi), si cela permet de le comprendre, cela peut également entrainer des confusions sur le rôle de chacun dans l'histoire.

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PolyEric

le jeudi 19 janvier 2012 à 07h22

demeter
de là à coller sur quelqu'un l'étiquette de manipulateur, cela m'effraie toujours...

Surtout que la manipulation est en général réciproque, c'est une sorte de combat entre deux manipulateurs, dont l'un prend le dessus à certains moment, puis c'est au tour de l'autre, ou des deux en même temps, une sorte d'équilibre dans la souffrance.

Accuser l'autre de manipulateur peu s'avérer être une technique efficace dans ce combat de manipulateurs bien entraînés (efficace à condition de rester conscient qu'on est soi-même également manipulateur, ou manipulatrice).

Cette prise de conscience possible lorsque l'on prend ses distances, permet de se sortir de la manipulation, et d'éviter des pertes de temps notoires.

demeter
Quant à l'empathie, elle apporte également son lot de malheur, quand il s'agit de ressentir ce que ressent notre "agresseur" (au sens très large du terme, il n'y a pas d'agression ici littéralement, mais chacun semble ressentir l'autre ainsi), si cela permet de le comprendre, cela peut également entrainer des confusions sur le rôle de chacun dans l'histoire.

En fait, d'après moi, il y a deux agresseurs, qui s'agressent mutuellement, en pensant que l'autre est le seul agresseur. Lorsque l'on a pigé cela, l'empathie envers notre agresseur s'avère alors facile, puisqu'il suffit de se projeter (de se reconnaître dans notre agresseur, pour le comprendre). Ce qui effectivement apporte un petit lot de douleurs, qu'on a vite envie de ne pas voir.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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miss

le jeudi 19 janvier 2012 à 10h01

La chute fut vertigineuse pour moi parce que je mes suis bien rendue compte que mes actes et mots étaient devenus par moment de l'agression ( une sorte de bourrage de crane)..Face à l'incompréhension ou plutot lorsque j'ai saisi qu'en fait ce que je pensais qu'il avait compris n'était que leurre, ma réponse a été l'agression...Un lot d'émotions qui envahit et incontrolable que l'on déverse sur celui qui est en face par facilité sans doute...j'ai beaucoup pleuré, me suis renfermée, suis allée réouvrir la porte du psy, beaucoup lu etc...je commence à sortir de cet état mais en ouvrant les yeux ce que je vois me fait frémir...j'observe une personne dépourvu d'empathie, une personne accusatrice, une personne qui n'a aucune l'envie et le besoin d'introspection...Oui il se rend bien compte qu'il me fait mal puisque je n'hésite plus à le dire et le montrer mais pour lui, il n'y peut rien, c'est ainsi...
Si par exemple, je lui demande de m'accompagner à une rencontre poly dans le but d'échanger et peut etre pour lui d'entendre et dire certaines choses, il me répond que lui n'a pas besoin de dire, qu'il n'a aucun problème..bref le déni total...
Si j'expose un souci avec un de nos enfants et l'emmène chez le psy et que ce dernier lui demande de venir à une séance, il répond qu'il n'est pas fou et qu'il s'en tape d'y aller..Je n'arrive meme pas à lui faire saisir que ce n'est pas pour lui mais bien pour l'enfant...Pour lui je peux me débrouiller sans lui, il ne se sent pas concerné...
concernant l'honneteté, j'avoue avoir pris une claque lorsque j'ai découvert que dans bien des situations, il y avait du mensonge de sa part...soit anodin, soit important....lorsque j'en ai fait part indirectement à sa mère, elle a été trés surprise et ne comprenait pas que je ne m'en sois pas aperçu avant....
A ce jour, je lui ai proposé de l'aide à multiples reprises comme d'aller lui aussi consulter un psy mais partant du principe que les psys sont tous des cons, ça me parait bien compliqué..sachant aussi que je reprends par correspondance une fac de psy, j'en ai été fortement blessé..
Alors oui, j'ai bien conscience de l'avoir agressé de nombreuses fois et inversement mais logiquement lorsqu'on prend conscience de cet état de fait, on fait en sorte d'en sortir et ne pas reproduire les memes erreurs...lui ne pense pas ainsi..il dit être dans son bon droit en tant que mari, père des enfants etc..et que si cela me dérange, j'aurai du lui dire dés notre rencontre qui j'étais...

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miss

le jeudi 19 janvier 2012 à 10h08

Durant ces trois dernières années, j'ai eu le bonheur de rencontrer cet Autre mais il m'a fallu affronter les foudres de sa conjointe, il m'a fallu affronter également une grossesse avec un accouchement prématuré et tout ce que cela implique..j'ai aussi repris contact avec une soeur que je 'n'avais pas vu depuis 10 ans..Mon mari étant tellement heureux d'avoir une belle soeur, s'est immiscé dans cette toute nouvelle relation et je n'ai pas supporté..Je me suis à nouveau écartée d'elle...Ensuite on m'a annoncé pour la centième fois que mon père (avec qui je n'ai plus de contact depuis des années) aller encore mourir...Mon mari sait en partie ce que j'ai subi avec cet homme...Ensuite ce fut ma demi soeur (encore mineure) qui a rencontré des difficultés et m'a sollicitée ( tentative de suicide, placement en foyer etc..)et la liste pourrait encore continuer et aujourd'hui mon mari doit faire face à son entreprise qui péréclite et par conséquent nous rencontrons énormément de diffcultés financières et peut etre au final la saisie de la maison..voilà pour vous situer un peu le contexte

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maroussia

le jeudi 19 janvier 2012 à 10h41

Miss, je suis désolée de ce contexte difficile sur beaucoup de plans pour toi. Du coup, il me semble que te faire du bien est encore plus important, primordial, pour toi et pour tes enfants aussi.

Tu m'apparais très courageuse!

Moi aussi je suis avec quelqu'un qui pratique peu l'introspection. Il n'y arrive pas, et, bien souvent, n'en voit pas l'intérêt. C'est... compliqué.
Etant dans la situation de ton mari, et ne pouvant plus la supporter, j'ai pour ma part choisi de le quitter, ce qui a permis d'envisager les choses autrement. Ca me parait assez logique, finalement: si c'est lui qui ne supporte pas la situation, et que tu ne peux pas faire autrement, cela permet de mettre de l'espace, d'être moins collé au problème, même si c'est pas évident à gérer avec les enfants, je reconnais. On est à nouveau ensemble et on cherche comment trouver un équilibre...

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bouquetfleuri

le jeudi 19 janvier 2012 à 11h04

Merci pour ta belle confiance, Miss, de nous permettre de voir ton fardeau, sachant que nous ne pourrons pas en porter une seule once pour te soulager.
La situation est préoccupante ; pour avoir approché de nombreuses fois des couples dont le mari tenait le même discours que le tien (curieusement, je n'ai jamais trouvé de femmes qui se défiaient des psychanalystes, psychiatres ou psychologues) je sais qu'il est difficile de s'inscrire dans un dialogue d'aide ou simplement de leur dessiller les yeux.
J'obtenais parfois quelques résultats quand je parlais de la souffrance que représente cette obligation d'être fort, cette prescription d'être un "homme", détenteur des vertus de la force et de la puissance, et quand je mettais en relief que ce qui est perçu comme un échec (professionnel, relationnel ou sentimental) peut avoir des causes qui ne tiennent pas à la maîtrise des événements. Là, parfois, ça craquait et assez rapidement dans cette brèche pouvait-on apercevoir la lumière d'un changement à venir...

Au début de ton forum, j'appréhendais ce que tu nous disais sous le seul angle d'un changement d'attitude, en ayant implicitement compris (erreur de ma part) que vous étiez tous les deux au même niveau de partage, c'est à dire étant capables de vous en remettre à autrui, à vous d'abord ensuite à un psy ou autre, pour vous aider à voir plus clair. Mais vous n'en êtes pas là.
Il me semble qu'il y a des priorités à lister. Je ne crois pas possible de se diriger vers une harmonisation de vues sur l'expérience amoureuse tant qu'il y a autant de souffrance entre vous, portée par chacun de vous et individuellement. Je ne parle pas de celle que vous partagez.
Je crois que la première chose à faire est de vous aider à surmonter ce qui vous empêche d'affronter ensemble le quotidien, au risque de mettre entre parenthèses vos aspirations amoureuses divergentes. Le polyamour a besoin de sérénité autant qu'il en crée pour être enrichissant. C'est un cercle vertueux, mais pour l'amorcer, il vaut mieux neutraliser les difficultés parasites.
Peut-être n'en es-tu déjà plus à ce stade et envisages-tu une autre solution, plus radicale...

Mais attention, je ne suis pas un psychologue, je ne fais part dans mes avis que de mon expérience.

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clairobscure (invité)

le jeudi 19 janvier 2012 à 11h39

Demeter, c'est un sujet récurrent sur ce forum "l'empathie", comme une grande vertu, et il me semble aussi que c'est une clé essentielle, mais comme tu dis, aussi un facteur perturbant, car à ressentir ce que ressentent les autres, on ne sait plus ce qu'on ressent soi-même car c'est toujours teinté de l'influence qu'on sait avoir sur les autres, etc... Donc un atout, mais à écouter avec discernement!
Je distingue aussi clairement la "manipulation", ou plutôt les méthodes visant à manipuler, d'un "manipulateur": ce dernier est conscient de jouer sur les faiblesses de l'autre pour obtenir ce qu'il veut malgré la volonté de l'autre. Mais on est tous amenés parfois à utiliser des méthodes de manipulation, ne serait-ce par ex. que pour se débarrasser d'un représentant commercial envahissant, etc... ça ne signifie pas qu'on va tenter de tricher avec les gens avec qui il y a une implication personnelle, et surtout effective.

Miss, face à toutes ces difficultés, on est nécessairement courageux, et vous l'êtes tous les deux, sinon... sinon quoi? on perd conscience? pas si facile, donc on se protège comme on peut et on avance, quand on est perdu on se raccroche à ce qu'on trouve, souvent la personne la plus proche et on finit par exiger ce soutien en oubliant parfois que l'autre n'en est pas plus capable que nous... il ne s'agit pas d'accusations, seulement de reconnaître, malgré les repères perturbés, les comportements "truqués" si on peut dire, où on cache des choses, on ne mise plus sur la sincérité pour obtenir ce dont on a besoin, mais malgré la volonté de l'autre. Pour moi c'est un aspect important pour avancer vers un "mieux": distinguer, au moins pour soi, quand on est sincère ou quand on dissimule pour tromper et obtenir quelquechose malgré l'autre. L'autre est un partenaire qu'il faut ménager, sinon il n'est plus un soutien, et on risque aussi de le noyer avec soi-même.
Je vous souhaite du courage et de la lucidité à tous les deux :)

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demeter

le jeudi 19 janvier 2012 à 12h45

miss
Alors oui, j'ai bien conscience de l'avoir agressé de nombreuses fois et inversement mais logiquement lorsqu'on prend conscience de cet état de fait, on fait en sorte d'en sortir et ne pas reproduire les memes erreurs...

Quand je parle de l'empathie qui porte son lot de malheur, c'est bien de ça dont il s'agit. L'empathie n'est pas le signe d'une "belle" personne, d'une humanité admirable, elle ni souhaitable ni condamnable, elle est un mécanisme qui parfois n'atteint pas son but. Ce que lui me dit me cause un traumatisme à répétition et je cherche à comprendre, à ressentir ce qui lui ressent. En faisant ainsi, je prends malheureusement en charge la souffrance que mes actes génèrent chez lui et je tourne en rond entre "mon" ressenti et "celui de l'autre", comme une plaie qu'on gratte parce qu'elle nous démange et qu'on entretient ainsi. Le réflexe naturel semble bien de chercher à comprendre (même en fournissant une explication fausse ou sommaire, peu importe du moment que cette explication rassure et permet de garder une cohérence ) plutôt que de chercher à s'en sortir, surtout quand l'issue de secours n'est pas visible. Même quand les actes sont passés, le ressenti dure encore, et il s'agit toujours de comprendre, car on n'oublie rien, même et surtout en cherchant à le faire, mais on peut faire en sorte de ne plus avoir mal.

Tu ne l'agresses véritablement d'aucune manière et lui non plus d'après ce que tu dis. Peut-être manquez vous simplement de temps pour chacun faire surface sans que l'autre ne lui enfonce la tête dans l'eau par l'expression d'un ressenti qui remet trop de choses en cause, surtout dans un contexte qui n'est pas très serein.

Peut-être arrêtez de parler un temps suffisamment long de ces ressentis là ? Essayer de se sortir ensemble de ce qui emmerde par ailleurs, comme le dit bouquetfleuri, serait une bonne idée me semble-t-il, si cela est possible.

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demeter

le jeudi 19 janvier 2012 à 12h51

clairobscure, j'ai posté ma réponse avant de voir la tienne :-)
On dit visiblement les mêmes choses.

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