Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Comprendre et accepter

Jalousie
#

(compte clôturé)

le mardi 02 septembre 2014 à 04h04

Bonjour à tous,
Je viens tout juste de m'inscrire au site car j'ai beaucoup de mal à trouver les réponses à mes questions seule.
Je suis en couple depuis deux ans et demi. Nous sommes libertins et nous rencontrons volontiers d'autres personnes et couples ensemble. Le sais que mon homme est poly depuis que je le connais mais je n'arrive pas à l'accepter même si je suis plutôt d'accord sur le principe, nous avons essayé plusieurs fois et quand il n'est pas là je suis littéralement tétanisée et mélancolique.
J'ai un énorme manque de confiance en moi et je sais que le souci vient de là mais je n'arrive pas à trouver la voie et je m'en veux d'étouffer sa vraie nature en attendant.
Disons que plutôt qu'accepter qu'il en aime d'autres comme dans des couples plus standard je n'arrive pas à accepter qu'il éprouve le désir d'en aimer d'autres sans moi, qu'il ait besoin que je ne sois pas là.
Pire : je suis assez asociale et je n'ai pas d'amis avec qui en parler, c'est pourquoi j'ai finalement décidé de venir exposer mon souci.
Et pour finir : comme je psychote et je surveille par angoisse il me cache des choses et me ment et je sais pertinemment que c'est à cause de mon incapacité à lâcher prise.
Pouvez vous me donner des conseils afin arriver à lâcher prise et comprendre ses motivations pour mieux accepter la situation?
D'avance merci.

#
Profil

Tcheloviekskinoapparatom

le mardi 02 septembre 2014 à 12h34

Bonjour et bienvenue sur le forum. Et merci de ton témoignage.
De toute évidence tu es dans une période difficile. Mais tu as commencé à identifier le problème et à faire quelque chose (écrire ici). Il me semble que le fait que tu as identifié un manque de confiance en toi est particulièrement important. Sens-tu que c'est l'amour de ton homme qui te permet de compenser ce manque de confiance ? Il me semble que le mieux est de chercher avant tout à construire une confiance indépendante de ta relation, plutôt que de chercher à "comprendre ses motivations". Dans mon expérience, chercher à comprendre les motivations des autres est au mieux une perte de temps, au pire un mécanisme qui entraîne la méfiance mutuelle et sape la relation. Le fait est qu'il aime aimer d'autres personnes sans que tu sois présente à ce moment-là (même si de toute évidence tu es présente dans sa vie de façon générale), l'important est de le prendre en compte et de l'accepter pas nécessairement de le "comprendre".
Ça te permettra de défocaliser, de te concentrer sur ce qui fait que dans cette situation tu te sens en insécurité, et sur ce qui peut te permettre à toi de vivre des moments épanouissants quand il n'est pas là.
Avez-vous de manière générale une bonne communication entre vous ? Une confiance générale ? Si oui, ce sera bien sûr plus facile, même si ça n'empêche pas les moments difficiles.
As-tu lu des livres sur le polyamour ? Je recommande particulièrement La Salope Ethique, qui traite d'ailleurs pas mal de situations à la frontière entre polyamour et libertinage.

#

(compte clôturé)

le mardi 02 septembre 2014 à 20h17

Merci pour ta réponse.
Disons que ce que je veux dire par comprendre c'est surtout accepter : je n'arrive pas à accepter qu'il cherche expressément à passer des moments sans moi, pour moi c'est incompatible avec l'amour, ça me donne l'impression qu'il ne m'aime pas, d'être rejetée de ces situations, indésirable.
De ce fait bien entendu je culpabilise et trouve que je suis une "connasse égoïste", donc c'est pire.
Et non il y a eu au début de notre relation un ou deux mauvais pas de sa part (relation sans lendemain cachée de peur de me faire du mal, à tort), et il y en a toujours parfois (messages cachés), c'est une personne qui n'est pas très encline à parler, il fait des efforts mais c'est nouveau.

Je n'ai pas lu de livres sur le sujet mais j'y songe.

Le problème c'est que la confiance en moi est et sera toujours un problème épineux, j'ai été élevée comme ça (et d'ailleurs si on croit certaines personnes de ma famille je suis orgueilleuse alors que je me sens complètement incapable) et personne dans ma vie ne m'a jamais épaulée et soutenue efficacement à part lui. Difficile dans ce contexte de savoir s'affirmer seule.

Le fait que je mentionne de ne pas avoir d'amis n'est pas innocent non plus, je ne crois tellement pas en moi que je ne vais vers personne, et le peu de fois où je me suis fait violence on m'a brisé le cœur. C'est extrêmement dévalorisant pour une personne de se dire qu'on n'est pas capable de faire une chose que tout le monde fait : se faire des amis.

Malgré toute cette angoisse je sais qu'il m'aime, mais j'ai peur en analysant ma propre situation et suite à la lecture de plusieurs posts ici que la situation ne mette une éternité à se débloquer, voire ne se résolve jamais.

#

(compte clôturé)

le mardi 02 septembre 2014 à 20h53

Je pense que j'ai eu une éducation un peu trop archaïque et je ne peux m'empêcher de croire que si je ne "suffis" pas à son bonheur c'est que j'ai échoué en tant que compagne.

#
Profil

Chupapink

le mardi 02 septembre 2014 à 22h01

wyverne
Malgré toute cette angoisse je sais qu'il m'aime, mais j'ai peur en analysant ma propre situation et suite à la lecture de plusieurs posts ici que la situation ne mette une éternité à se débloquer, voire ne se résolve jamais.

Ta phrase fait gravement écho à ce que je viens juste de vivre. Alors je peux te répondre que le temps n'y est pour rien car en l'espace de quelques semaines, j'ai accepté le fait que mon mari aime une autre femme et que je ne voulais pas le quitter pour ça, parce qu'il y a toujours de l'amour entre nous.

Tu dis que tu sais qu'il t'aime, si tu en ai autant sûre, c'est une forme de confiance en toi et c'est de cette confiance en l'amour qu'il a pour toi que tu dois tirer la force dont tu as besoin. C'est pas très clair mais je vais développer.

Dans un couple mono, on est tout l'un pour l'autre (je dis ça parce que j'en sors), donc on n'imagine pas que l'autre puisse vivre sans nous, c'est même tout simplement inimaginable. Mais quand on découvre que l'autre veut pouvoir aimer ailleurs, on se sent inutile. On se demande pourquoi "on ne suffit pas". Mais si ton homme sait te montrer qu'il t'aime (ce à quoi tu sembles faire écho), et qu'il ne souhaite pas pour autant t'abandonner en aimant une autre femme, pourquoi ne pas assimiler cela à du "partage d'amour". Si lui de son côté, se sent capable d'aimer une autre personne tout en continuant à t'aimer aussi fort (voir peut-être plus, en plus), pourquoi ne pas envisager que ce partage d'amour soit un lien supplémentaire à votre relation. Et en plus, quel plaisir de le retrouver après une séparation, un peu comme un retour de voyage de travail de deux jours ! La confiance en soit, elle est dure à mettre en place quand on sait que l'autre veut aimer ailleurs, mais elle est aussi une grande force quand on sait que l'autre en question nous aime quand même. Et ça peut même agrandir les sentiments qui étaient déjà présents.

#
Profil

Juliejonquille

le mardi 02 septembre 2014 à 22h08

Tu n'es pas la seule à avoir reçu une éducation archaïque. (je parie que je gagne sur ce plan-là !)
On peut changer, évoluer surtout si on en est conscient. C'est peut-être d'ailleurs la bonne nouvelle dans tout ça, tu as une raison de trouver la racine de tes problèmes. (qui ont l'air de te pourrir la vie) Ce n'est pas une fatalité qui te condamne à vie.

wyverne
si je ne "suffis" pas à son bonheur c'est que j'ai échoué en tant que compagne.

Non, c'est juste la fin du rêve Walt Disney.
Si la princesse est belle et vertueuse, elle aura son prince pour la vie et ils auront plein d'enfants etc...

Le problème ce n'est pas toi qui n'es pas assez bien pour le prince, c'est ce mythe, cette légende urbaine du vrai grand amour qu'on nous a mis dans la tête enfant et ado (séries, romans, religion etc...).
Tu n'as rien échoué, ton homme t'aime, c'est auprès de toi qu'il a envie de revenir librement. Il aime sortir, il passe un bon moment (ça pourrait des soirées foot) mais il est content de te retrouver. Demande-lui de te rassurer, dis-lui ta souffrance.
C'est presque impossible de suffire au bonheur de quelqu'un sur toute une vie (ou alors quelques jours, quelques mois en début de relation). On a aussi besoin d'autres personnes dans sa vie, même des amis, la famille...

Si tu continues à croire à ce rêve, tu ne vas que te dévaloriser, je sais ce que c'est je l'ai vécu des années... Je me remettais en question, je croyais que le problème venait de moi alors que non... c'est la société entière qui marche sur la tête !

Lis des livres, cela fait énormément de bien, on se sent moins seule, ou essaie d'aller à un café-poly pour parler avec des gens qui vivent les mêmes difficultés que toi. Même les polys souffrent de jalousie, tu n'as pas à te sentir nulle de ressentir cette émotion. On aborde cette question dans tous les livres sur le polyamour.
J'ai bien aimé : "Guide des relations plurielles" de Françoise Simpère, La Salope Ethique aussi est bien, Vertus du Polyamour de Thalman.

Surtout, prends soin de toi, essaie d'être bienveillante avec toi-même. :)
Accorde-toi du temps, de l'amour. Que pourrais-tu faire de sympa les jours ou les soirs où ton chéri n'est pas là?

(Je ne suis pas encore poly mais j'y travaille)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#

(compte clôturé)

le mardi 02 septembre 2014 à 23h49

Merci pour vos idées.
Je vais me pencher sur ces lectures.
Pour répondre à ta question je déteste être seule donc quand il n'est pas là j'occupe mon cerveau à jouer ou bien je fais le ménage ou alors je m'ennuie... quel programme...

#

(compte clôturé)

le mercredi 03 septembre 2014 à 00h02

J'ai même tenté de passer la soirée accompagnée de mon côté mais ça reste un mauvais moment.

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 03 septembre 2014 à 00h46

wyverne

Pour répondre à ta question je déteste être seule donc quand il n'est pas là j'occupe mon cerveau à jouer ou bien je fais le ménage ou alors je m'ennuie... quel programme...

Bon, que tu puisses faire avec un polyamoureux ou non, tu verras.
Par contre, ce côté "j'existe pas vraiment quand je suis toute seule", c'est un problème sur lequel tu aurais tout avantage à avancer.
Etre dépendante de ton amoureux ne fait pas qu'il va t'être fidèle ou qu'il va rester plus longtemps avec toi.

Je ne connais pas ton compagnon. Mais moi, si une partenaire souffre quand je suis pas là, qu'elle n'a que de la culpabilité à m'envoyer et qu'elle me donne pas l'occasion de la trouver heureuse juste de sa propre vie indépendamment de ce que je vis moi, je vais rapidement me sentir surchargé ; et me demander si cette pauvre petite bestiole qui gémit de se sentir abandonnée a d'autres qualités personnelles que de me faire me sentir utile - si je n'avais besoin que de ça, je serai bénévole aux restos du coeur, ou je ne draguerai que des handicapées.
(oui, là je tiens un discours un peu rude, excessif probablement, mais j'essaie de faire appel à ta fierté).

Cette indépendance que tu ne développe pas fait que tu vas attendre de tes proches ce que tu devrais t'apporter à toi-même.
Attendre autant d'un compagnon, mais aussi de ses amis, ou de ses enfants : tous ces gens deviennent seulement bons à t'empêcher d'être seule ou triste, pas bons parce qu'ils sont eux-même.
Et tu ne peux être que déçue dans une telle attente.
La seule personne qui, toute sa vie, quoi qu'il t'arrive et quels que soient tes besoins et envies, aura toujours intérêt à te faire du bien, c'est toi-même. Tu es la seule personne dont tu peux être sûre qu'elle prendre soin de toi jusqu'à ta mort, histoire de dire ça avec un peu d'emphase.

Tu ferais donc bien de commencer à commencer à savoir quoi faire quand t'es seule, vivre par le regard des autres, c'est te condamner à souffrir dès qu'ils regardent ailleurs. Pourtant, les gens peuvent arrêter de te regarder sans que ça aie quoi que ce soit à voir avec toi. Juste parce que parfois, ils ont autre chose à faire...

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 03 septembre 2014 à 00h55

Donc en plus des bouquins sur le polyamour qui auront le mérite de te donner de quoi imaginer un peu ce que ton homme vit, ce qui pourrait te rassurer sur la sincérité de ses sentiments pour toi, je te conseille aussi de trouver des bouquins qui parlent d'estime de soi, et de comment travailler dessus.
Mettre des mots là dessus m'avait fait énormément de bien, à l'époque où j'ai lu le livre de Christophe André sur le sujet.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#

Menfairy (invité)

le mercredi 03 septembre 2014 à 11h33

Bonjour a tous et Merci pour vos réponses.

Je suis le compagnon "poly" de Wyverne et je suis content de voir que vous lui répondez intelligemment et que vous l'aidez dans cette épreuve je m'y emploi également de mon coté mais peu être suis je un peu maladroit..

Je voulais simplement vous signalez que vos réponses nous aident grandement et j’espère que Ma chérie comprendra mieux mon orientation Amoureuse au fil de cette discussion.

Bien a vous.

#

(compte clôturé)

le mercredi 03 septembre 2014 à 12h20

Merci pour ta réponse @siestacorta.

Je sais que j'ai un travail à faire sur moi-même concernant l'estime de soi, cependant je souhaiterais juste rectifier quelque chose : je ne suis pas dépendante. D'ailleurs j'ai limite du mal à bien vivre le fait que pour lui si je m'absente pour aller faire les courses ou pour aller "voir ailleurs" il n'y a aucune différence.
J'ai vécu seule depuis mon enfance car enfant unique et je n'ai jamais réussi à être un être social, j'ai un truc qui ne fonctionne pas de ce côté sûrement, mais ça ne m'empêche pas de vivre, c'est difficile, ça me fait royalement chier pour être polie mais je vis quand même et heureusement.

Mais quand monsieur n'est pas là et quand monsieur n'est pas là parce qu'il est avec une autre personne c'est différent, et ça je pense que même la plus poly-acceptante (j'aime pas le mot tolérant) des personnes le ressent.

Pour être très claire, quand mon chéri n'est pas là on pourrait m'imaginer avec un petit ange et un petit démon sur les épaules qui se battent... Et moi qui n'arrive pas à penser à autre chose.
Eh oui j'ai aussi un gros problème de lâcher prise, mais je pense qu'en travaillant sur cette situation cela ne peut qu'améliorer les choses.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

bodhicitta

le mercredi 03 septembre 2014 à 12h35

wyverne
J'ai vécu seule depuis mon enfance car enfant unique et je n'ai jamais réussi à être un être social, j'ai un truc qui ne fonctionne pas de ce côté sûrement, mais ça ne m'empêche pas de vivre, c'est difficile, ça me fait royalement chier pour être polie mais je vis quand même et heureusement.

Justement tu devrais etre bien avec ta solitude (sans lui)
Essaye plutôt que de ruminer et tourner en rond de faire des activités

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 03 septembre 2014 à 12h36

Coucou, content que tu me répondes parce que je me suis senti un peu bourrin sur le thème, même si je pense que ça peut aider à réfléchir.

"dépendant", malgré ce que j'en dis en grossissant beaucoup le trait, ça ne signifie pas forcément dépendant comme d'un produit chimique, hein.
Dans mon post, c'est dépendant comme inverse d'indépendant, de quelqu'un qui sait vivre et se sentir bien sans l'autre (ou les autres), qui sort pour lui-même, a une vie sociale (riche ou restreinte) qui le satisfait, n'a pas besoin d'être d'accord avec l'autre pour être à son aise avec lui, décide souvent de faire quelque chose quand l'autre disait que ça l'intéressait pas, sans avoir l'impression que c'est moins bien...
Dans ce contexte, pour moi, dépendant c'est pas "de ton mari", c'est la contrainte sociale qui fait que quand tu es attaché à quelqu'un, tu n'as pas d'autre choix que d'aller dans son sens, parce que tu n'as pas coutume d'être heureuse de choix que tu fais que pour toi.

Et bien que ce soit pas évident en lisant le forum ou en rencontrant les polys lors des cafés, nous sommes un certain nombre à être moins sociables que la moyenne, plus "outsiders". La plupart ont trouvé ou expérimentent des formules qui leur permettent d'équilibrer leur introversion et leur appétit de rapports humains.
Tiens, en bonus, quelque chose qui a parlé à pas mal de poly que je connais et pourrait te parler toi (je peux te faire la trad si nécessaire)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

Leolu

le mercredi 03 septembre 2014 à 12h47

Je connais ce problème de confiance en soi, d'intériorisation, et cette recherche permanente d'un cocon à tisser autour de soi (sa famille).

Siestacorta est dur mais il a raison : même si on trouve notre semblable, casanier et familial à l'extrême (ce qui ne nous satisfait pas forcément : on aime les figures paternelles...), à un moment donné l'un des deux va forcément avoir un petit peu plus de confiance vis à vis de l'autre, puis le trouver fatiguant et chercher ailleurs.

C'est justement ce qui m'a poussé à m'intéresser au polyamour : j'ai perdu ma moitié rassurante et me suis retrouvé seul... parce que je n'ai pas assez cultivé mon individualité et ma sociabilité ! Or, comme je mets la liberté individuelle au-dessus de tout (dont le féminisme), j'ai accepté cette séparation et compris les besoins de l'un et de l'autre. Et je tente aujourd'hui de jouer le jeu dans ce contexte de liberté sentimentale (ça démarre bien).

Pour faire imagé, il faut arriver à être un poids sur une couverture tendue qui fait glisser nos amoureux vers nous, plutôt qu'employer un grappin pour en accrocher un et l'encorder autour de nous.

Certains découvrent ce problème tôt dans la vie. Pour d'autres, c'est à un âge avancé que cela arrive (enfants partis ou presque) et il est d'autant plus dur de changer pour rebondir correctement.
Lorsqu'on a été élevé comme ça (Ah ! les mères d'avant le féminisme, ou de cultures patriarcales...) ce n'est vraiment pas facile, mais j'irais presque jusqu'à à dire que combattre sa propre inertie est une question de survie psychologique : plus encore qu'aux autres, les échecs nous font extrêmement mal, et ils s'accumulent pour cette même raison :(

Tu as toi la chance d'avoir ta base de sécurité qu'est ton compagnon, compréhensif, libre mais néanmoins attaché <3 : vas-y, tu n'es pas seule :) (+)

EDIT : plein de réponses pendant que je rédigeais. Je plussoie sur la dépendance affective même si indépendant financièrement. C'est bien de ça qu'on parle. Pour combattre sa jalousie interne, j'ai souvent tendance à conseiller de considérer que l'on a perdu son amoureux... et d'être surpris de le voir revenir à chaque fois. Un mono serait parti, un poly est encore là...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#

(compte clôturé)

le mercredi 03 septembre 2014 à 15h34

Merci Siesta, je te rassure je suis bilingue ;)
Pour la petite précision, même si ce n'est pas si important que ça : j'ai 28 ans et mon cher et tendre 25.
Je vais lire cette doc, et je vois ensuite, merci.

#

(compte clôturé)

le mercredi 03 septembre 2014 à 15h53

Donc après lecture de ta petite BD Siestacorta je pense que je ne suis pas introvertie, j'ai même peut être le problème inverse, je vais t'expliquer pour la précision mais je ne souhaite pas spécialement m'écarter du sujet.

Si je suis asociale ce n'est pas par choix, c'est parce que je suis incompatible avec les gens : moi des amis j'adorerais en avoir, mais je suis... je ne le sais même pas. Disons que si je devais imager et caricaturer je dirais : Je suis une personne assez spéciale dans ses goûts et intérêts du coup je croise peut être une fois tous les dix ans une personne avec qui ça pourrait fonctionner et quand ça arrive, je lui manifeste trop d'intérêt et elle prend peur car les gens normaux ne font pas ça. Et ça a beau paraître très simple à corriger ça ne l'est pas du tout étant donné que je ne m'en rends pas compte sur le moment, j'ai du lutter des années pour arriver à ce qu'une personne ne me l'explique (et donc imagines mon désarroi quand je l'ai découvert).

Je dis souvent que je suis "cassée", je dois avoir une pièce qui manque.

Sinon pour l'éthique du polyamour je l'ai déjà comprise et je suis d'accord avec, le seul problème c'est que je n'arrive pas à l'appliquer à moi-même (un peu comme certaines personnes qui sont hyper tolérantes avec les gay jusqu'au moment où ça touche leurs enfants...berk).

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 03 septembre 2014 à 16h24

Bon, là il faut que je marine un peu pour trouver un autre angle, mais tu vois, cette précision sur le surinvestissement, ça va sûrement aider à comprendre l'ensemble de la situation.
Pour moi, il n'y a pas une seule et même insécurité face à l'absence de quelqu'un, chacun a ses propres ressorts qui le bloque dans son sentiment de crainte, c'est pour ça que je tiens à cet angle social, et à ce manque de confiance en soi que tu décrivais dans ton premier post.

Je réfléchis, je regarde ce fil continuer, et je reviens (peut-être avec des questions).

#
Profil

LuLutine

le mercredi 03 septembre 2014 à 17h48

wyverne
Le problème c'est que la confiance en moi est et sera toujours un problème épineux, j'ai été élevée comme ça (et d'ailleurs si on croit certaines personnes de ma famille je suis orgueilleuse alors que je me sens complètement incapable) et personne dans ma vie ne m'a jamais épaulée et soutenue efficacement à part lui. Difficile dans ce contexte de savoir s'affirmer seule.

Le fait que je mentionne de ne pas avoir d'amis n'est pas innocent non plus, je ne crois tellement pas en moi que je ne vais vers personne, et le peu de fois où je me suis fait violence on m'a brisé le cœur. C'est extrêmement dévalorisant pour une personne de se dire qu'on n'est pas capable de faire une chose que tout le monde fait : se faire des amis.

Je ne peux qu'essayer de te rassurer en t'écrivant (confirmant ?) que les problèmes de confiance en soi, on en sort ; que l'affirmation de soi, on l'acquiert.

J'ai été élevée (semblerait-il ?) peut-être un peu comme toi. On m'a répété toute mon enfance que je n'étais pas douée pour ceci-cela, je me voyais sans cesse comme une incapable qui allait forcément commettre une dizaine de gaffes par jour (au moins).
Je savais que je réussissais certaines choses (à l'école par exemple, à peu près tout ce qui est "scolaire"), mais en ce qui concerne les interactions sociales, ce n'était pas vraiment ça...

Je n'avais jamais beaucoup d'amis (un(e) c'était déjà très bien), et le bouc émissaire de la classe, tous les ans, c'était qui ? (Je te laisse deviner) (Il paraît qu'il y en a toujours un...)

Peut-être que des lectures dans le domaine du développement personnel pourraient t'aider ? Lorsque j'étais toute seule avec mes problèmes (et ça m'arrive encore souvent en fait, mais finalement n'est-on pas toujours un peu seul(e) face à ses problèmes ? C'est à nous de les régler, pas aux autres de le faire à notre place, même s'ils peuvent aider !) j'ai beaucoup appris en lisant des livres ou sites consacrés à ce thème (bien-être, confiance en soi, etc.).

Ca a été une longue et lente évolution depuis mon enfance, mais je me suis toujours battue. Et je ne suis pas déçue du résultat. Tu dis "la confiance en moi est et sera toujours un problème épineux", je ne crois pas qu'on puisse l'affirmer, tu peux évoluer, tu verras bien !

D'autre part, n'hésite pas à revenir ici voire à participer à des cafés poly, tu trouveras majoritairement des personnes non-jugeantes avec qui tu peux t'exprimer sans crainte.

Pour ce qui est de se faire des amis, en général ça s'améliore justement en gagnant en confiance en soi.

Jezebel
Dans un couple mono, on est tout l'un pour l'autre (je dis ça parce que j'en sors), donc on n'imagine pas que l'autre puisse vivre sans nous, c'est même tout simplement inimaginable.

Je voudrais préciser que ce n'est pas vrai de tous les couples "mono". Moi aussi je le pensais (car je raisonnais comme cela lorsque j'étais en situation "mono") mais là tu ne parles plus forcément d'exclusivité, tu parles de fusion.
On m'a appris qu'un couple exclusif n'était pas nécessairement fusionnel, qu'il pouvait être très indépendant.
Dans ce genre d'optique, on peut tout-à-fait vivre plein de choses sans l'autre et pour autant être exclusif, parce qu'on ne vit pas de relation amoureuse ou sexuelle ailleurs...

(Après, je me rends bien compte que le souci du passage du "mono" au "poly" réside pour certains - et c'était mon cas - bien plus dans l'abandon de l'idéal fusionnel que dans l'abandon de l'idéal exclusif. Mais ce n'est pas universel.)

wyverne
Mais quand monsieur n'est pas là et quand monsieur n'est pas là parce qu'il est avec une autre personne c'est différent, et ça je pense que même la plus poly-acceptante (j'aime pas le mot tolérant) des personnes le ressent.

Je ne sais pas si tu inclus les poly dans les poly-acceptants (logiquement, un(e) poly est au moins poly-acceptant).
Pour ma part c'est justement quand j'ai abandonné l'idéal de fusion, compris que mon partenaire (de l'époque) pouvait avoir envie d'aller au ciné avec des amis ou boire un verre avec des collègues, sans moi, que j'ai accepté sans problème le polyamour.

Pour moi, il n'y a jamais eu de différence entre "Monsieur est au café avec des amis, sans moi" et "Monsieur est allé voir une amoureuse, sans moi".
Avant, je ne supportais ni l'un ni l'autre (ou très mal). Aujourd'hui, les deux me font le même effet : c'est quelque chose qu'il a choisi de vivre sans moi.

wyverne
je croise peut être une fois tous les dix ans une personne avec qui ça pourrait fonctionner et quand ça arrive, je lui manifeste trop d'intérêt et elle prend peur car les gens normaux ne font pas ça.

Moi je me sens plutôt introvertie (comme dans la BD), par contre j'ai peut-être un point commun avec toi (bien que je croise des gens qui m'intéressent un peu plus souvent que tous les dix ans quand même, ça devient même plus fréquent depuis que je fréquente des personnes qui fonctionnent comme moi, à savoir les poly !).
En effet j'ai parfois l'impression un peu comme tu sembles le dire, que du point de vue d'une personne avec qui j'entre en relation, je "surinvestis" parfois la relation naissante (par rapport à ce que ferait quelqu'un de "normal" ;) ) et comme toi j'ai parfois - pas toujours je précise ! - l'impression que certaines personnes prennent peur et/ou me trouvent bizarre et/ou ne comprennent pas ma démarche...ça engendre parfois des malentendus et des éloignements.

Il n'empêche que sur la durée, il y a quand même un bon nombre de relations parfaitement satisfaisantes. Qu'une relation démarre vite ou pas, je suis quelqu'un qu'il faut apprivoiser avec le temps (et qui a besoin de temps pour apprivoiser les autres aussi !), je parle bien là de plusieurs années dans le cas général (un an grand minimum dans le plus court des cas).

Est-ce que les personnes dont tu parles et qui prennent peur te fuient définitivement ? Si elles s'éloignent simplement, la relation peut finir par éclore pleinement plus tard, non ? Le temps fait beaucoup de choses...

#

(compte clôturé)

le mercredi 03 septembre 2014 à 21h25

Je réponds en vitesse car nous avons du monde, donc oui je suis dans un idéal fusionnel et effectivement j'ai du mal à concevoir qu'il veuille faire des choses sans moi, en fait je ne saisis pas ce que ça lui apporte.
Je rappelle que nous sommes libertins et que donc nous voyons des gens ensemble déjà.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion