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Mais à part ça, si j'ai envie de me taper un beau mec et de raquer pour... et alors? Où est le blème?

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(compte clôturé)

le lundi 12 octobre 2009 à 19h29

Oui on est d'accord, subtil distingo il y a... Bon, zyva, crache le morceau, j'envoie pas de bristol... ;-)

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lutevain

le lundi 12 octobre 2009 à 23h36

Très bientôt, je te promets, là trop de retard dans le boulot… sinon j'aurais développé!

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(compte clôturé)

le mardi 13 octobre 2009 à 07h04

J'me disais aussi que tu minaudes pas, d'habitude :-D .

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Siestacorta

le mardi 13 octobre 2009 à 11h03

Ben la force est à usage multiple. Il y a des forces politiques partout, il y a des forces pour le sexe faible, il y a la force rassurante d'une personnalité qu'on aime... Il y a des forces qui ne nous concernent pas, mêmes moralement, mais qu'on peut intellectuellement reconnaitre.

Le pouvoir n'existe qu'au moment où il s'exerce, disons qu'on désigne un pouvoir quand on l'a subi, ou quand quelqu'un en dépend.

Zut, je sonne théoricien des 60's, là.

J'ai bon ?

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(compte clôturé)

le mardi 13 octobre 2009 à 11h16

Mmm, intéressant, mais comme d'hab', pour faire chier le bon peuple, je vais ratiociner... et dire que certains pouvoirs perdurent parce qu'on les a intégrés.

La personne ou la situation font partie du passé, mais l'ancrage est encore là, et quiconque ravive le souvenir fait revenir la relation sur le tapis; pareil pour n'importe quel événement du même type. Et plus cela a été vécu tôt dans la vie d'un individu, plus la marque est forte... donc le souvenir vivace et prompt à revenir sur le tapis.

Du coup, la dépendance est inscrite de manière intemporelle dans le vécu, l'esprit, le corps. Et s'invite de manière intempestive, également en fonction des périodes de force ou de faiblesse des personnes.

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Alygator427

le mercredi 14 octobre 2009 à 10h57

Si j'ai envie de me taper un beau mec je ne vois pas pourquoi il faudrait raquer. Si je le paye il va peut être accepté alors qu'il ne l'aurait pas fait au départ. ...
Quoi que dans ce cas de figure, le contraire est quand même plus probable, et l'égalité dans ce domaine est encore très loin. Mais c'est un exemple, je ne sais pas si on me suit.

De même que je ne considère pas que la prostitution soit un travail. Je suis pour la sexualité libre (la révolution sexuelle dit autrement) mais l'argent n'entre pas dans l'histoire. Car comme vous dites le rapport de force met une inégalité entre les individus. Entre celui qui a de quoi se payer un moment de plaisir et celui qui a besoin de cet argent.

Même une prostituée autonome travail, travailler même pour le plaisir c'est déjà une contrainte en soi. Parce que on le fait avant tout pour avoir un salaire.
Donc je n'arrive pas bien à vous suivre. Ni à éclaircir ma pensée.
Je suis d'accord que chacun est libre de son corps, mais personnellement qu'on me donne de l'argent et je serais gravement offensée car je cultive mon coté compliqué. Je le fais si je suis libre, point à la ligne.
...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 14 octobre 2009 à 11h11

Faut pas raquer... mais se sentir libre de le faire (comme on va s'accorder une séance chez la masseuse, tiens).Question de tabou de société.

La prostitution se réclame du droit du travail (Assurances sociales, et Cie); partant, les prostitué(e)s réclament en effet le statut de travailleurs du sexe.

L'argent, comme disait Junon, fait simplement apparaître le rapport de force qui peut exister (ça me rappelle un film, "Le prix à payer", avec Baye et Clavier; elle ne veut plus de rapports, il lui coupe sa carte Gold -> comme il le dit clairement: "Pas de cul, pas de fric"). Rapport de force qui perso me hérisse complètement quand il apparaît qu'un gars m'offre un souper, en échange de quoi il serait normal de lui accorder... plus que de l'attention envers une personne pendant le partage de la table commune... ce serait déjà trop!

L'inégalité entre les individus est un fait, mais pas une fatalité. Et le rapport de force peut se décliner dans nombre d'états et de situations.

Travailler pour le plaisir n'est pas une contrainte... car si je n'ai pas besoin de salaire pour vivre, alors je peux choisir de ne pas investir d'énergie à produire quelque chose pour une autre raison que mon plaisir.
Par contre, s'il se trouve que je m'éclate dans mon boulot, là, j'ai décroché la timbale et c'est cool.
A présent, le plaisir qu'on retire d'une activité est strictement individuel. Je connais des assistant(e)s sexuels que ça éclate de travailler comme ça. D'autres qui ne le font que parce que c'est rémunéré... Le sexe payant institutionnalisé, on y arrive, hein... si c'est pas du travail ça, alors je bouffe ma casquette.

Moi je me suis très bien, mmmpppfff... Aly, je t'embrouille encore plus, peut-être? :-/

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Alygator427

le jeudi 15 octobre 2009 à 18h00

Non non, je suis.
Mais j'ai du mal à être d'accord avec le concept. Je ne le considère pas comme un travail. J'ai du mal à mis faire. Pas seulement à cause de tous les problèmes à coté. Et à vrai dire je ne suis jamais sorties des frontières françaises, (bien qu'à présent je suis à quelques pas).
Mais louer son corps comme on vend sa main d'œuvre .. ..
Je ne sais pas ... c'est pas pareil

Après il me semble que nombre de personnes on besoins de salaires pour vivre, et certains font péripatéticiennes. Ou d'autre se marie et se font entretenir. Ce qui n'est pas mieux.

En tout cas, ce que je veux dire, c'est que le sexe doit rester quelque chose de très humain. Le marchander pour moi revient à l'acte proprement dit et enlève une part de relation sociale, puisque on paie on tire son coup et on se barre. Et je trouve ça triste. .... Mais ce n'est que mon opinion, pas clair en plus.

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(compte clôturé)

le jeudi 15 octobre 2009 à 18h56

Troublant en effet. Quelle différence entre louer ses bras et louer ses fesses...
Qu'est-ce qui te paraît "mal", ou"pas OK", disons, dans le fait de se prostituer?

Il y a des sexothérapeutes qui exercent un métier curieux, aussi... et la dimension humaine est flagrante, là. Les prostituées disent souvent que dans leurs clients réguliers, il y a une recherche autre que le sexe.

Ton opinion est des plus valables, comme celle de tout un chacun.

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Siestacorta

le jeudi 15 octobre 2009 à 21h50

Moi la marchandisation du sexe ne me heurte pas, puisque je pense qu'effectivement, ça ne fait que mettre en avant des rapports de pouvoir.
Dans un monde sans argent, il y aurait de la prostitution pour la nourriture, le gite, la protection...Bien sûr, il ne faut pas oublier que c'est aussi une question de misère affective, pas seulement sexuelle. Je crois que c'est Audiard, sinon ça ressemble : "une pute, tu la paies pas pour qu'elle te baise, mais pour qu'elle se barre après". Je ne sais pas quel pourcentage des prostituées ont une réflexion sur leur travail, si les réseaux de chair fraîche laissent de l'espace pour ça.
(non parce que les prostituées qui parlent pas la langue qu'on drogue pour mettre exprès en dépendance, qu'on arnaque au prêt et à qui on a piqué le passeport, ça existe, donc nos discussions, à côté... Bref.)
Donc il y a sans doute un rapport au corps de celui qui marchande le sien, mais aussi au client : savoir que sa demande est aussi de ne pas avoir à gérer de vrais affects d'adulte... Peut-être que si les affects d'adultes étaient un peu moins lourd, le sexe et la tendresse plus répandus que capitalisés comme trésor intime réservé à mon chéri, la prostitution perdrait du terrain.

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(compte clôturé)

le jeudi 15 octobre 2009 à 23h25

Peut-être qu'il y a de la misère affective... peut-être que si je me payais un rapport, c'est parce que je pourrais dire au type de se tirer ensuite, ce qui est moins facile à faire autrement - et Dieu sait que passé l'acte, j'en aurais foutu à la porte avec bonheur... au lieu de ça, devoir partager son dodo et navrant tidéj à la clé... c'est pourquoi ma stratégie, en cas de rage-du-cul du samedi soir, s'est assez vite orientée vers "chez lui", histoire de me sentir libre de récupérer mes chaussettes et mon slibard ensuite, et de me casser après un bisou sur l'oreille.

Je connais un homme qui a admis accepter le rapport sexuel avec sa copine pour avoir accès au reste de la relation ... ça aussi, c'est éviter de se positionner de manière adulte et de faire la part des choses.
Quel pourcentage de putes réfléchissent à ça, je ne sais pas, mais l'essentiel c'est que certaines tirent le bateau, Grisélidis Réal par exemple et les leaders du collectif "Fiers d'être putes". Parole qui remet en question la validité de pas mal de discours tenus sur le thème de "la pauvre fille qui doit vendre son cul à des libidineux parfois tabasseurs".

Ce sont ceux et celles qui n'agissent pas sous la contrainte évidente qui peuvent en effet se permettre le luxe de la réflexion; mais cette discussion-ci est loin d'être gratuite- je pense que quelques poncifs ont grand besoin d'être dépoussiérés, y compris celui de se dénier le droit d'ouvrir sa grande gueule pour parler de choses comme celles-ci si on vient pas de l'est et que nos papiers ne sont pas gardés en otage dans la poche d'un mac.
Et puis que ce soit le résultat d'un piège ou d'une histoire de vie qui conduit tout simplement à le faire de sa propre volonté, le dénominateur commun à la clientèle ressemble bien sûr au fait que s'il n'y avait pas d'interdit, la transgression serait moins excitante. L'offre crée aussi la demande!

Mais je ne capte pas (ou alors j'interprète?) pourquoi il faudrait que la prostitution perde du terrain? Ca sent un peu l'abolitionnisme, ou un peu l'altruisme, ou je suis aux pives?

Autre réflexion parallèle... Pour ma part, si j'avais un niveau d'instruction ou une trajectoire de vie qui ne me laisse pas la possibilité de trouver un boulot moins décervelant et mieux payé que du travail à la chaîne en usine, je ne suis pas sûre que je ne ferais pas quelques passes - de préférence avec des types pas trop mal, c'est clair! pour m'offrir un peu de confort. Pour finir par épouser celui qui m'offrirait le même confort, et qui ne serait pas trop chiant... et cadeau-Bonux, se sentirait Batman de m'avoir "sauvée" de la prostitution, ironie extrême!
Alors le débat sur pourquoi-on-le-fait-quand-on-a-son-passeport-et-Cie, il deviendrait aussi caduc que tout autre...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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amorgen

le vendredi 16 octobre 2009 à 09h49

Mon problème vis à vis de la prostitution est social, pas moral.
Tapiner dans la rue c'est quand même pas le Pérou en termes d'hygiène, de santé, de sécurité, à la fois pour les prostituées et les clients et toutes ne sont pas des escorts qui bossent à la maison ou en hôtel de luxe.
La pute qui fait les pipes pour trois fois rien dans les sous-bois des agglomérations de la région parisienne est rarement une indépendante fière d'être pute et ça me pose problème du coup.
En même temps j'ai pas la solution, mais tant qu'à faire, autant donner aux prostitué(e)s un vrai statut et une protection sociale plutôt que de balancer des lois à la con comme les dernières qui sont passées.

A propos de l'assistanat sexuel, ce n'est pas tant d'une sexualité épanouie qu'on besoin les handicapés, que de la possibilité d'avoir une sexualité tout court. Parce qu'en effet, une sexualité épanouie n'est pas un "droit" mais juste une question personnelle.

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amorgen

le vendredi 16 octobre 2009 à 10h21

Ah ben je n'ai pas dit que l'assistanat sexuel devait être réservé aux handicapés, juste qu'il leur soit accessible s'ils en ressentent le besoin. Je ne serait pas choqué que tout à chacun en période de disette affective et/ou sexuelle puisse y avoir accès aussi. Et tu me connais, si en plus c'est remboursé par la sécu, rhaaaaa je jouis !

Que le choix de vie soit légitime ou respectable, là n'est pas la question. L'état ponctionne déjà les prostituées, elles paient des impôts, par contre elles n'ont pas droit à la contrepartie et ça c'est dégueulasse.
A moins d'être une clandestine sans papiers qui ne reste que quelques mois dans un pays avant d'être fourguée ailleurs en Europe, tu ne peux pas échapper éternellement au fisc si tu veux avoir un semblant de vie normale (un appart qui soit pas un squatt par exemple...)

Et il me semble qu'une des revendications des "fier(e)s d'être pute" c'est justement d'avoir un vrai statut professionnel. Alors ils ne sont peut être pas la voix de la majorité mais bon les solutions miracles n'existent pas.
Les pays où les drogues douces sont légalisées n'ont pas éradiqué le traffic de drogue non plus, mais ils ont essayé quelque chose ce qui n'est déja pas si mal.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 16 octobre 2009 à 10h23

Ben moi je suis même pas sûre de la légitimité de cette possibilité. La misère sexuelle n'est pas l'apanage du handicapé...

La fille qui tapine pour des clopinettes a une trajectoire de vie qui fait que son choix d'aujourd'hui est légitime, par contre; et respectable. Quand l'une d'entre elles fait le pas de sortir du bois (!) pour pousser la porte du collectif, elle vient juste puiser de la force, de l'information, des recommandations en matière d'hygiène, de santé et de sécurité, justement. Elle fait son choix, elle trie, elle prend ce qu'elle peut de ça. En attendant que la loi offre un peu plus de tout ça, si un jour ça arrive... le collectif-syndicat (et heureusement qu'il y a quelques personnes pour revendiquer la visibilité!!!) est un havre où trouver également la fierté d'avoir fait son choix, même s'il n'est pas le meilleur possible; faire le moins pire, c'est déjà une victoire! Décider de survivre, ça c'est la plus fondamentale.

Ce qui m'a frappée, c'est que le moindrement on les considère comme des laissées-pour-compte, des personnes à aider, le plus promptes elles sont à envoyer chier les bonnes âmes, ou au moins à se dérober avec politesse: la condescendance qu'il y a à vouloir faire plus que d'être là, de donner de la présence et de la disponibilité, c'est les blesser de plein fouet dans un rempart extrêmement important, et pour certaines le seul qui reste avant l'effondrement: leur libre-arbitre et leur fierté.

Dans le bus, on avait du matos de protection, mais aussi un plein classeur de références sociales auxquelles faire appel, des bénévoles, tout ça en discrétion absolue face à la police. Le paradoxe, c'est que faire appel est un problème en soi, parfois.

Mais une autre composante est à considérer: la fille qui met dans sa poche le prix d'une passe souhaite sûrement que ce peu de fric gagné ne soit pas ponctionné par l'Etat. Or la prostitution offre justement cette aura de pouvoir niquer l'autorité... et se mettre en danger peut être une composante personnelle de la survie d'un individu, le besoin de se prouver qu'une nuit de plus, elle a échappé au danger.

Le côté social de la réflexion pousse à ne faire qu'offrir des possibilités, sans vouloir pour les filles, ni qu'elles cessent, ni rien de cette sorte.

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amorgen

le vendredi 16 octobre 2009 à 10h26

humpf ma réponse est au dessus, si tu modifies tes posts quand j'écris une réponse ça va pas faciliter la lecture :-D

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(compte clôturé)

le vendredi 16 octobre 2009 à 11h18

Ah ben je reste libre, comme toi, d'affiner ma pensée pour qu'elle soit mieux compréhensible... En effet, on n'est pas à l'abri de ce genre de télescopages, on en a déjà fait l'expérience :-)

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(compte clôturé)

le vendredi 16 octobre 2009 à 11h33

je reprends donc le fil...

amorgen
Ah ben je n'ai pas dit que l'assistanat sexuel devait être réservé aux handicapés, juste qu'il leur soit accessible s'ils en ressentent le besoin.

Mais je ne suis pas d'accord même avec ça... cette notion d'accessibilité en cas de besoin est très délicate, je n'en vois pas encore bien les tenants et les aboutissants, c'est pour ça que je continue à en causer en espérant mettre le doigt sur la zone qui me fait de l'ombre. Help!

Je ne serait pas choqué que tout à chacun en période de disette affective et/ou sexuelle puisse y avoir accès aussi. Et tu me connais, si en plus c'est remboursé par la sécu, rhaaaaa je jouis !

Oui, j'imagine... en plus tu paierais même pas... c'est quoi ce voyeur qui jouit sur le dos des autres et des handicapés... dégoûtant personnaaaaage ;-)

Que le choix de vie soit légitime ou respectable, là n'est pas la question.

Si! C'est un point de vue, envisageant de manière holistique et humaine chaque situation, que je tiens à défendre: une composante essentielle de l'approche de chaque être, car tous sont particuliers.

Légiférer pour tous n'est pas la solution idéale, car ça fonctionne à l'emporte-pièce, et nombre de ceux que la loi est censée protéger sont lésés de manière importante. (Un exemple en passant: la loi interdisant le port du voile... une ridicule mesure d'auto-satisfaction du législateur... qui amène des étudiantes à aller en cours avec une perruque par-dessus leur voile... tu vois le gag?)

L'état ponctionne déjà les prostituées, elles paient des impôts, par contre elles n'ont pas droit à la contrepartie et ça c'est dégueulasse.

Assurances sociales et Cie... mais ça fonctionne comme pour les indépendants: tu cotises, et tu as droit à une retraite, des soins... mais pas l'assurance-chômage, évidemment. Ca fonctionne à ce point-là différemment entre chez moi et chez toi? Eclaire ma lanterne stp.

A moins d'être une clandestine sans papiers qui ne reste que quelques mois dans un pays avant d'être fourguée ailleurs en Europe, tu ne peux pas échapper éternellement au fisc si tu veux avoir un semblant de vie normale (un appart qui soit pas un squatt par exemple...) Et il me semble qu'une des revendications des "fier(e)s d'être pute" c'est justement d'avoir un vrai statut professionnel. Alors ils ne sont peut être pas la voix de la majorité mais bon les solutions miracles n'existent pas.

En effet, ce n'est qu'un début... mais on tient un bout intéressant. Encore plus intéressant parce que ce sont des gens du cul, heuh, pardon, du cru, qui sont plus crédibles aux yeux de ceux qu'ils défendent que n'importe quel éducateur de rue. Le spectre de la récupération par les travailleurs sociaux formés par l'Etat, galèèèèèère pour l'efficacité.

Les pays où les drogues douces sont légalisées n'ont pas éradiqué le traffic de drogue non plus, mais ils ont essayé quelque chose ce qui n'est déja pas si mal. Message modifié par son auteur il y a une heure.

Yiiii, tu vois toi aussi tu modifies... nul n'est à l'abri... :-)
Yiiii, je viens de modifier... mdr

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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lam

le vendredi 16 octobre 2009 à 12h20

très intéressante votre conversation!

Je pense pour ma part qu'être un travailleur du sexe est un choix totalement respectable, je les considère au même titre que des travailleurs sociaux.
Comme faisait remarquer Clémentine, les clients cherchent souvent à remplir d'autres besoins que ceux d'assouvir un besoin strictement sexuel, exister dans les yeux de quelqu'un par exemple. Les travailleurs du sexe que je connais relatent que beaucoup de clients ont aussi besoin de parler, de dire des choses sur eux qu'ils ne peuvent partager avec leur entourage. Il s'agit parfois de laisser s'exprimer sa sensibilité qui est tellement contrainte dans la vie de beaucoup de gens, tous milieux sociaux confondus.

Bref je trouve tout aussi respectable de louer son vagin, son cul, sa bouche que ses bras ou son cerveau tant qu'il s'agit d'un choix. Je pense aussi que je préfèrerai faire quelques passes de temps en temps (de nos jours avec internet tout est si facile à organiser) que de faire un boulot que je trouverai avilissant pour un salaire de misère.

d'où mon avis sur le sujet: si offre il y a, c'est que demande il y avait d'abord! et demande il y a toujours eu apparement dans l'histoire.
(((La nouveauté aujourd'hui c'est que la prostitution n'est plus autant liée au genre qu'avant, même si la prostitution féminine est sur-médiatisée par rapport à ses consœurs, et donc plus présente dans les esprits (d'où le feminin quasi permanent du mot prostituéEs dans tous les discours).)))

Face à ça, si on veut créer des conditions de travail décentes pour des métiers où les risques lié au travail sont très forts, et plus de régulation des sombres réseaux de trafics humains qui caractérisent aussi ce secteur, il n'y a pas 36 solutions: au lieu de piquer du bec dans la terre en envoyant ces travailleurs loin des quartiers fréquentés (on ne fait que déplacer le problème), il faut prendre en compte socialement et légalement cette réalité.

Bon c'est pas gagné, puisque la classe dirigeante a suffisamment de fric et de réseau pour vivre sa luxure et ses fantasmes sans se confronter à la réalité majoritaire des travailleurs du sexe. Donc elle n'a pas spécialement de motif pour que les choses changent; notamment le rapport au sexe plein de tabous et névrosé des citoyens.

Conclusion: si j'ai envie de me taper un beau mec et de raquer pour, je ne vois qu'un seul problème. Il se pose à la consom'actrice que j'essaie d'être: gros manque d'information (et de moyens de s'informer evidement) sur la nature du service que j'achète, notamment quant à ses implications éthiques.

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amorgen

le vendredi 16 octobre 2009 à 14h35

Clémentine
Mais je ne suis pas d'accord même avec ça... cette notion d'accessibilité en cas de besoin est très délicate, je n'en vois pas encore bien les tenants et les aboutissants, c'est pour ça que je continue à en causer en espérant mettre le doigt sur la zone qui me fait de l'ombre. Help!

beuh là je peux pas t'aider, parce que moi ça ne me pose pas de problème. Il ne s'agit pas d'obliger les handis à consommer non plus hein, juste de leur laisser l'opportunité s'ils en font le choix. Je crois que la réflexion est plus avancée dans ton exotique pays qu'en France sur la question. les derniers articles que j'ai lu montrait qu'en France on part du principe qu'un handicapé (quel que soit son handicap) n'a pas de désir (ou du moins on évacue la question).


Oui, j'imagine... en plus tu paierais même pas... c'est quoi ce voyeur qui jouit sur le dos des autres et des handicapés... dégoûtant personnaaaaage ;-)

oui hein ? c'est normal j'ai été formé par des hippies qui se masturbent en groupe, j'ai gardé des séquelles. (tiens d'ailleurs faudra que je l'écrive cet article pour défendre les hippies branleurs...)


Ca fonctionne à ce point-là différemment entre chez moi et chez toi? Eclaire ma lanterne stp.

Le plus clair c'est que je te cite un extrait du site des Putes :

Fier(E)s d'être Pute
La putophobie d’Etat passe également par la non reconnaissance de notre métier, par la non reconnaissance de l’égalité entre nous et les autres travailleurs. Nous sommes toujours dans beaucoup de pays, en tout cas en France privéEs de droits sociaux en lien avec notre profession. Nous sommes obligéEs de passer par d’autres stratagèmes pour obtenir ces droits sociaux comme s’inscrire à la CMU par exemple. Notre métier ne nous apporte donc aucun droit mais que des devoirs. En effet, le seul moment où la prostitution est considérée comme un métier c’est quand le fisc s’en mêle. Dans ce cas, le fisc évalue à la fourchette la plus haute bien sûr, le montant de nos recettes selon différentes techniques.
Cette situation n’encourage pas à affirmer une fierté d’être pute puisque la clandestinité permet en partie d’échapper à ces contraintes.

Clémentine
Si! C'est un point de vue, envisageant de manière holistique et humaine chaque situation, que je tiens à défendre: une composante essentielle de l'approche de chaque être, car tous sont particuliers.
Légiférer pour tous n'est pas la solution idéale.

Légiférer n'est jamais une solution idéale c'est toujours un "moins-pire". Je ne suis ni pute ni lesgislateur mais je crois possible de légiférer a minima, c'est à dire déjà reconnaitre que Pute c'est un travail et leur accorder au moins les mêmes droits qu'aux travailleurs indépendants.

lammm
si j'ai envie de me taper un beau mec et de raquer pour, je ne vois qu'un seul problème. Il se pose à la consom'actrice que j'essaie d'être: gros manque d'information (et de moyens de s'informer evidement) sur la nature du service que j'achète, notamment quant à ses implications éthiques.

je suis peut être bouché mais je ne vois pas de quelles implications éthiques tu veux parler ?

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(compte clôturé)

le vendredi 16 octobre 2009 à 14h47

Oups, d'abord, intéressant: mon dernier message datant d'avant le tien, a sauté... donc si nos échanges se télescopent, on saura qu'on n'est pas à l'abri.

Sinon:

- la CMU c'est quoi? Si c'est la caisse qui équivaut à celle qui attribue le satut d'indépendant aux travailleurs, c'est kif-kif.

- mon p'tit pays est pas si progressiste que ça, ya des illuminés comme partout et des gens suspects de tellement croire que leur idée est si géniale qu'ils se pensent au-dessus de la déontologie (voilà comment une enseignante de ce programme a fait du recrutement pour trouver des AS dans une journée où on lui avait demandé... d'aider à poser leurs limites, pour des soignantes qui s'étaient fait harceler ou agresser pendant des soins prodigués à domicile! Cherchez l'erreur...) Donc, justement, ce truc d'assistanat sexuel me laisse total perplexe.

- pour légiférer a minima, chez moi on doit quand même attendre au moins une dizaine d'années chez nous pour mettre un projet de loi sous toit. Et dès qu'elle est sortie, faut la réaménager... donc de ce côté-là, faut pas trop espérer un truc actualisé et efficace.
En attendant, je ne connais rien de mieux que l'écoute attentive, la présence, ce genre de choses.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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