Première expérience de jalousie en libertinage
#
Ancolie
le mercredi 18 mars 2026 à 18h31
Bonjour à tous,
Merci pour vos discussions qui m'ont soutenu la tête hors de l'eau alors que j'étais submergé par les sentiments, et aidé à regarder doucement la tempête s'éloigner. Je voudrais en retour vous partager mon expérience, en espérant qu'elle inspire conseils ou soutien à d’autres dans nos passionnantes aventures de libertinage et de polyamour.
Le contexte : moi et O. sommes un couple de longue date, passionnés par toutes sortes d'aventures, et notamment par le libertinage. Pas de polyamour, en vue mais une envie d'ouvrir physiquement notre couple. Nous avons expérimenté plusieurs fois la "baise" (désolée je n'ai pas d'autres mot pour "faire l'amour sans être amoureux") à plusieurs, avec des ajustements progressifs des règles pour que chacun les vive au mieux. O. m'exprime depuis déjà quelque temps son envie de s'ouvrir à faire des expériences de baise chacun de notre côté. Je ne suis pas très motivée car je ne désire que O. mais j'accepte au nom du "on verra bien ce que ça fait" . Et voilà qu'il a son premier date. Il me redemande si c'est ok et y va. Je suis ok à priori, mais je ne suis pas sereine, je sens pointer la colère, je me dis “est ce que je ne suis pas en train de me faire manipuler? De me faire avoir?” Mais il n’y a rien d’évident, et je suis très curieuse de ce que son date peut provoquer chez moi.
Le lendemain, je suis réveillée à 4h du matin par un terrible cauchemar de partouze mal vécue : je pars de la partouze car je ne m’y sens pas bien et O. y reste. Je me sens abandonnée, trahie, nulle,... S’en suit une belle insomnie.
Le lendemain, c'est de la colère qui m’habite. Je n’ai pas peur d’être remplacée, j'ai peur d’être mal aimée. D’avoir le rôle de l’amoureuse stable, celle qui sera toujours là, un pilier confortable. Celle que l'on est pas encore prêt à quitter mais qui finira bien par se faire larguer parce qu'elle n’est pas assez fun.
Je ressens aussi de la jalousie :
de son désir que je considère comme une force de vie. Il entreprend dans le domaine du développement sexuel alors que ma libido à moi est sur le déclin depuis quelques mois. Je culpabilise, je voudrais ne plus entendre parler de sex, prendre ma retraite.
car lui se dit très peu jaloux. Quelle arrogance! C'est comme si on grimpait une montagne avec un fort dénivelé et que lui, le pas léger, se vante, désinvolte, de ne pas être fatigué alors que je suis à bout de souffle. En m’expliquant, avec toute la bien-pensence du monde, qu'il n’y a aucune bonne raison d’être fatigué.
De plus, je n'arrive pas à voir ce manque de jalousie à mon égard autrement que comme un manque d’amour.
Des heures de discussion s'ensuivent, avec O. et des amis bienveillants.
En 3 jours, mes sentiments ont déjà bien évolué. Je vois les faits plus positivement : “Il a juste pris du plaisir de son côté, comme une bonne masturbation avec en plus de la tendresse, tant mieux”.
J’arrive même à me dire que je suis contente pour lui, tant mieux s' il a passé un bon moment. Comme il peut passer un bon moment seul ou avec un pote. Je serai ravie de faire une belle partie de sex avec lui bientôt. Je ne me compare toujours pas à sa partenaire, cool!
Mais par contre, je ne veux pas me représenter ce qu'il s’est passé, mais je ne sais pas bien pourquoi : par peur d’avoir mal? Ou par manque d’intérêt (c'est son intimité, comme une branlette)? Je ne sais pas.
Au 4eme jour, tout doucement, par étape, j’arrive à me représenter moi seule avec un autre partenaire de baise. Pas encore complètement convaincu, mais je sens pointer le désir des caresses… la perspective de vibrer sexuellement à nouveau me réjouis. Et bien sûr cela pourrait gonfler ma confiance en mon pouvoir de séduction. Pouvoir de séduction qui pourra ensuite être “utilisé” avec O. Miam..
J'ai cru comprendre que ce ne serait probablement pas la seule expérience de jalousie dans cette aventure, mais il paraît qu'on le vit de mieux en mieux après, c'est vrai?
J'espère parce que c'est chaud quand même.
Merci à toute la communauté d’oser exister et partager vos expériences.
#
crest
le mercredi 08 avril 2026 à 06h20
Bonjour,
J’ai envie de réagir à cela :
D’avoir le rôle de l’amoureuse stable, celle qui sera toujours là, un pilier confortable. Celle que l'on est pas encore prêt à quitter mais qui finira bien par se faire larguer parce qu'elle n’est pas assez fun.
C’est difficile à interpréter hors contexte mais a priori c’est difficile de comprendre comment ton compagnon pourrait avoir envie de te quitter d’après ton récit : est-ce que tout ce qu’il vit n’est pas, au contraire, conditionné à l’existence de votre relation ?
#
Topper
le mercredi 08 avril 2026 à 11h14
Bonjour @Ancolie,
J'ai envie de réagir au même passage que @crest mais autrement. D'ailleurs sa question est très pertinente.
Pourquoi "le rôle de l’amoureuse stable, celle qui sera toujours là, un pilier confortable" est une position que tu dévalorises ? J'ai ma petite idée là dessus, mais ce serait intéressant que tu te questionnes là dessus et que tu identifies des peurs/inquiétudes par rapports à ce que ça représente pour toi.
Vous n'avez sans doute pas expérimenté cela dans le contexte non-monogame dans lequel vous évoluez. Dans le polyamour, il y a souvent une comparaison naturelle qui se fait entre les partenaires socles, principales ou primaires et les relations extérieures ou secondaires.
Les partenaires qui ont une vie commune et quotidienne, généralement la relation historique, ont le sentiment d'être le truc confortable, qu'on connait bien, qui ne provoque pas cette stimulation de la découverte, qui s'est affadie, avec qui on partage le train-train, avec qui on fait moins d'effort, avec qui on n'a pas à performer.
Cela jalouse donc le statut de la relation extérieure, celle pour qui on fait davantage de sortie, pour qui on se pomponne, on se met en condition, on fait des sorties, on ne passe que des bons moments.
A l'inverse, les relations extérieures apprécient un temps cette dynamique, mais en vienne à jalouser la personne socle, avec qui c'est plus doux, avec qui il n'y a pas besoin d'être toujours au top, avec qui on peut trouver plus de soutien émotionnel, avec qui on n'a moins à jouer un rôle, avec qui on partage autre chose que du sexe, avec qui on a du temps.
Dans chaque position, on peut se concentrer sur les désavantages de celle-ci et penser que l'autre est mieux loti. Mais aucune n'est totalement idéale ou totalement mauvaise. Elles sont différentes et ont chacune leurs particularités.
Il n'est pas possible d'être à la fois dans les deux situations et il est important de l'accepter pour ne pas être dans une comparaison et frustration perpétuelle.