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Rencontre de l'amoureuse de mon mari (sa méta)

Bases
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sabcp2meg

le mardi 17 février 2026 à 18h34

Bonjour,
Je viens aujourd'hui à la recherche de témoignages, afin de comprendre ce que je ressens, ce qui pourrait se passer, ce que vous avez ressenti ou vécu...

Mon mari a une relation avec une femme depuis bientôt 6 mois. La version courte de l'histoire : nous sommes ensemble depuis plus de 15 ans; coup de foudre partagé entre eux il y a bientôt 2 ans; mais il lui a fallu du temps pour mettre des mots sur ce qu'il ressentait puis on a discuté de longs mois tous les deux de cette situation avant que je n'accepte qu'ils se voient eux deux et entament une relation tous les deux.

Il y a un mois, elle et moi avons passé un après-midi ensemble autour d'un thé afin d'apprendre à se connaître et à comprendre (un peu) ce que ressent l'autre. C'était une envie partagée.

Je pense qu'il y a 2 façons de vivre cette situation de mon côté :

1) partager des moments à 3 (sans idée sexuelle! Des repas, des soirées jeux,...) afin d'apprendre à se connaître. Nous avons des loisirs et points communs toutes les deux, nous pourrions bien nous entendre. Et si mon mari l'aime, c'est qu'elle doit "valoir le coup" d'être fréquentée.

2) ne plus revoir cette femme et les laisser construire leur relation de leur côté.

Avez-vous des sentiments ou retours d'expériences à partager ? Je sais que tout ceci est très personnel et subjectif, mais j'ai besoin de témoignages pour avancer dans ma réflexion.

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Topper

le mercredi 18 février 2026 à 12h34

Bonjour @sabcp2meg,

Il n'y a pas que deux façons de vivre cette situation. Il y a des modes de fonctionnements qui peuvent servir de base :

- Kitchen Table : allégorie des partenaires/métamours qui se côtoient et passent du temps ensemble. Il faut imaginer un fonctionnement semblable à celui d'une famille. On ne choisit pas les membres de sa famille, mais il y a un lien particulier qui fait qu'on est amenée à interagir en groupe ou à deux.

- Garden Party : allégorie des partenaires/métamours qui se côtoient uniquement pour des occasions spéciales. Les personnes se voient et/ou interagissent de temps en temps lorsque ça se justifie. Il n'y a pas de volonté à créer du lien ou l'entretenir mais la relation reste cordiale.

- Relations parallèles : chaque personne vit sa relation en parallèle des autres. Les autres partenaires sont connus mais il n'y a pas d'interaction directe. Il peut y avoir un intérêt sur les autres relations mais sans s'impliquer dedans.

- Don't ask, don't tell : il y a connaissance d'autres relations, mais en ayant aucun détail sur celles-ci.

Ensuite, à toi de trouver pour toi, mais aussi avec les personnes concernées le fonctionnement qui conviendrait le mieux, en sachant que ça peut être plus nuancé que les définitions précédentes et aussi varier dans le temps.

En ce qui me concerne, je trouve que le "Kitchen Table" est un fonctionnement qui est extrêmement casse-gueule. D'expérience, j'ai constaté que c'était une source de complications. Forcément, plus tu mets en relation des personnes, plus tu prends le risque qu'il y ait des divergences, des vexations, de la jalousie, etc. Même si au début, tout le monde est amical et s'entend bien, il est plutôt habituel que ça finisse par provoquer des conflits à deux qui se répandent comme une trainée de poudre.

Le plus classique c'est lorsque parmi trois personnes qui s'entendent bien, deux sont en conflit, ou en rupture. Toutefois, la troisième personne ne veut pas mettre fin à sa relation avec les deux autres personnes. Il peut alors y avoir des conflits de loyauté, des rancoeurs, des sentiments d'injustice. Pire quand il y a des prises de parti.

Difficile de gérer des situations du type : "Cette personne m'a blessée, je ne veux plus que tu relationnes avec, cela me met mal à l'aise." ou alors "Je me suis aperçu que je n'aimais pas cette personne ou que j'ai rien à partager avec".

Il y a aussi le tout aussi commun "Tu choisis de passer plus de temps avec elle plutôt qu'avec moi".

Bref, cela peut se passer parfaitement bien et de manière fluide. Il n'y a pas de règle et cela dépend des personnes impliquées. Cependant, je conseillerais plutôt ça à des polyamoureux aguerris.

Quant au "Don't ask, don't tell", c'est mettre sous une chape de plomb tout une partie de la vie de son partenaire. Si c'est une relation occasionnelle, ça ne pose aucun problème. Si c'est une personne avec qui on partage sa vie ou avec qui on a une relation suivie, ça complique pas mal de choses et l'organisation s'apparente à une relation adultérine.

Or, comme la vigilance permanente est difficilement tenable, il n'est pas rare que des informations soient révélées alors que l'autre personne ne s'y est pas préparée, ce qui cause des drames.

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sabcp2meg

le jeudi 19 février 2026 à 00h21

Bonjour,

Je n'envisage pas du tout l'option "don't ask don't tell", j'aurais l'impression qu'il me manque un bout de la vie de mon mari et donc un bout de lui.

Je te remercie pour ton retour d'expérience sur le "kitchen table". C'est en effet compliqué d'envisager une relation ainsi sur le long terme sans que cela n'ait d'influence sur les relations à deux.
Je vais encore réfléchir un peu de mon côté et continuer de lire les témoignages que l'on peut trouver sur le site.

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Caoline

le dimanche 22 février 2026 à 15h45

Bonjour,

Pour commencer un petit point de vocabulaire, c'est ta métamour (l'autre amoureuse de ton amoureux), pour lui c'est une de ses amoureuses.

Je ne viens plus souvent ici mais j'avais lu ton message en passant avec la réponse de Toper et je m'étais dit que le sujet méritais un exemple différent car je ne partage pas du tout son point de vue.

Nous avons tous des besoins différents mais pour moi le seul mode relationnel viable est ce qui est couramment nommé kitchen table pour plusieurs raisons :
D'un coté, il n'est pas imaginable pour moi d'exclure un.e de mes amours parce que l'un.e ne voudrait pas partager ce moment avec l'autre. Je ne trouve ça correct ni pour un.e des ou les autres d'être exclu.e.s, ni pour moi de devoir choisir avec qui par exemple je vais passer mon anniversaire ou tel sortie.
De l'autre coté et c'est peut-être le plus important, le premier pouvant éventuellement donné lieux à des compromis : dans mon expérience, toutes les personnes souhaitant des relations parallèles étaient des personnes pas du tout à l'aise que leur partenaire ai d'autres relations et espérant que ça ne dure pas, donc ça me met en insécurité totale. De plus, probablement car je relationne majoritairement avec des hommes, j'ai peu confiance en leur capacité de communication, dans le fait que mes metamours soient vraiment au courant de ce qui est vécu entre notre partenaire commun et moi, de nos accords, si je ne côtoie pas mes metamours et inversement que mes partenaires ne me cachent pas des choses sur leur.s autre.s relation.s. Donc je ne serais a priori pas d'accord pour rester en relation avec eux s'ils avaient des relations qui ne veulent pas me rencontrer. De plus, il y aurait bien peu de place pour ces relations si il n'y avaient pas de moments partagés car je n'accepterai pas d'être exclue de ce que l'on partage déjà et qui me plaît.

Cela dit, il peut y avoir une très grande variabilité de fréquences des moments partagés, suivant les envies de chacun.e et les conditions pratiques.
Tant que je vivais avec mon compagnon historique, j'allais le plus souvent chez mon second compagnon à plus de 2 h de route pour le voir donc ils ne se croisaient que rarement le temps d'un repas ou exceptionnellement un week-end. Quand j'ai déménagé pour habiter seule dans la ville de mon second compagnon, nous passions souvent un repas et/ou une balade ensemble le week-end ou la semaine où mon compagnon historique était chez moi. Depuis que je vis avec mon second compagnon, nous passons une grande partie du temps tous les 3 quand mon compagnon historique vient et cette année nous avons même prévu 15 jours de vacances tous les 3.
En fait ce qui est important pour moi c'est la non exclusion. Ca ne veut pas dire que j'ai envie de tout faire à 3 ou plus, je n'aurais pas envie d'une relation avec quelqu'un qui veuille tout faire avec moi de toute façon, mais qu'il soit potentiellement possible de tout partager.

Pour mes relations amimoureuses, que je vois très rarement, je ne connais pas forcément tou.te.s leurs autres partenaires et n'en éprouve pas le besoin, mais j'apprécie d'en entendre parler, de sentir de la fluidité dans les échanges à leurs propos. Comme je les vois souvent avec un.e autre de leurs partenaires, c'est très important pour moi de m'assurer que l'autre ne se sent pas exclu.e si je passe un moment avec l'un.e, tout comme je fais attention à ça pour mes compagnons.

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crest

le lundi 23 février 2026 à 05h20

sabcp2meg

Avez-vous des sentiments ou retours d'expériences à partager ? Je sais que tout ceci est très personnel et subjectif, mais j'ai besoin de témoignages pour avancer dans ma réflexion.

Juste une alerte.

C’est une relation à 3 en réalité.
Je pense que l’attention doit aussi et surtout se porter sur le rôle de «  charnière » (hinge) de ton compagnon.

C’est en général de là que viennent les complications, parce que la charnière va devoir jongler avec deux relations qui ont le même cadre, amoureux, et qui implique un imaginaire d’exclusivité, et énormément d’erreurs et de maladresses qui peuvent etre commises.
La relation avec la Meta n’est pas une interaction à deux personnes, mais à trois, même si la charnière n’est pas là physiquement.

Par le passé sur ce forum on a beaucoup glosé sur le fait que les charnières étaient polyamoureuses par nature et que les personnes qui galéraient d’un côté de la charnière étaient peut-être un peu trop mono et pas vraiment «  poly » ou assez déconstruites etc. Pourtant c’est les charnières qui ont la responsabilité du bien-être de leurs partenaires. Cela demande une grande vigilance et d’attention à beaucoup de détails.
Le fait que les Meta se rencontrent n’est pas gage que ce travail de charnière sera bien fait. Au contraire il peut être tentant pour la charnière de laisser les deux bâtants de débrouiller pour se positionner mutuellement et de déléguer ce travail qu’il doit en réalité faire lui-même.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Astogue

le lundi 23 février 2026 à 14h09

Je pense que Topper a déjà dit pas mal de choses. Après, je peux donner mon expérience et mon point de vue. Dans un monde parfait, le kitchen table est super cool mais en vrai, je n'en ai jamais pu réellement faire l'expérience.

De mon côté, j'ai une seule meta. Je la vois parfois à 2, dans des cas particuliers, tels qu'un besoin de reconnecter parce que le partenaire commun n'a pas vraiment "bien" fait les choses ou qu'il y a divergences et que j'ai besoin de connaître son point de vue.

Cela m'aide beaucoup, parce qu'elle a un tempérament très calme et qu'elle vit le polyA de façon différente de moi et donc cela me permet parfois de remettre les choses en perspectives même si la plupart du temps, on tombe d'accord sur le fond, la forme est parfois différente.

Je ne dirai pas que je suis amie avec elle ou que j'suis proche d'elle. Mais on peut à des occasions passer de bons moments ensemble.

En ce qui concerne, mes deux partenaires "principaux" (disons, ceux avec qui j'ai le plus d'implication) ont une entente cordiale, peuvent se voir, passer une soirée ensemble. Là exceptionnellement, ils vont passer 5 jours ensemble mais on ne peut pas vraiment dire qu'ils sont amis. Disons qu'ils s'entendent bien mais si je ne suis pas là, ils ne vont pas se faire des trucs rien qu'à deux. Il n'y a que moi qui fais le lien entre eux.

Et j'ai également été dans cette situation là. Je passe un moment avec mon meta, mais je ne le vois pas seul sans ma partenaire. Je n'en avais pas l'intérêt même s'il était sympa etc, je n'en ressentais ni l'envie ni le besoin. C'est comme ça et c'est OK.

J'ai rarement eu des cas où je ne connaissais pas mon/ma meta, parce que j'aime bien les rencontrer au moins une fois. Juste pour me faire une idée. En vrai, après réflexion ce n'est arrivé qu'une seule fois et la relation s'est arrêtée du côté de ma meta et du mien également... Il y avait d'autres problèmes bien sûr mais je pense que rencontrer sa/son meta au moins une fois, c'est bien. Pour éviter de diaboliser l'autre :)

Il existe un tas de relations entre le kitchen table et l'entente cordiale. Et souvent, quand je vois d'un mauvais oeil ma/mon meta, je me demande d'où cela vient et en général, c'est le/la partenaire qui fait lien qui a sa part de responsabilité dans la communication qui fait que je vais avoir tendance à en vouloir au meta, parce que la relation est plus distante et que c'est plus facile d'en vouloir à quelqu'un pour qui on n'a pas de forts sentiments.

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