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Dur chemin que d'être libéré d'une certaine dépendance...

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Caoline

le jeudi 08 juillet 2021 à 18h25

alinea7
De ce que je comprends sur ce forum, ça peut être hyper mal pris qu'on essaie de mettre une limite à un polyamoureux sous couvert qu'il n'appartient qu'à lui même et n'a de compte à rendre à personne. Et en même temps si on le fait pas, comment on peut être pris en compte ? J'ai pas trouvé de réponse à ça. A part la CNV mais c'est pas toujours simple au fil de l'eau de même réaliser ce qui se joue.

Pour moi il y a une énorme différence entre exprimer ses limites dans le sens ses ressentis, les choses qui nous sont insupportables, et mettre des limites à l'autre.
Dans le premier cas, il est naturel pour moi d'en tenir compte. Et si vraiment je n'en suis pas capable, si on ne trouve pas de solutions qui respectent les besoins de 2, la séparation serait alors la seule option possible.
Par contre si on cherche à m'imposer des limites, si on me dit "ça ok mais ça non..." je n'aurais plus envie de relationner avec cette personne directement.

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alinea7

le jeudi 08 juillet 2021 à 22h28

Caoline
Pour moi il y a une énorme différence entre exprimer ses limites dans le sens ses ressentis, les choses qui nous sont insupportables, et mettre des limites à l'autre.

Et toi est-ce que tu as vécu cette situation où quelque chose n'était pas acceptable pour toi au point de mettre en question ta relation, et qui ait aussi une importance décisive pour ton partenaire ? J'aimerais bien savoir ce que ressentent les gens et comment ils se représentent la situation, ceux qui arrivent à dire : c'est important pour toi mais moi je ne peux pas.
Et dans quelle mesure la relation n'est pas condamnée de toute façon.

Je ne suis pas en couple pour mettre des limites. Je n'ai pas envie d'être une contrainte, un boulet, un frein aux aspirations de mon partenaire. Si ses aspirations vont dans un sens contraire aux miennes sur une limite de ma part, je préfère me retirer plutôt que voir notre relation devenir un moins pire choix, un renoncement.
C'est pour moi le signe même des chemins de vie qui se séparent. Une façon de respecter chacun.

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bonheur

le vendredi 09 juillet 2021 à 11h41

@alinea7. Tu poses tes questions à @Caoline, donc je n'y réponds pas directement.

Il faut comprendre, d'après moi, que la conciliation se fait dans une dynamique commune. Certes, le chamboulement, la rupture de la tradition irréfléchie, est à l'initiative d'un seul membre du couple. En revanche, après débat, l'important est la conciliation. L'un s'oblige et l'autre se restreint. Sur quoi je peux faire l'impasse et qu'est-ce que je ne peux pas vivre, faute de me rendre vraiment malheureux. C'est là que l'on "condamne" ou non la relation. Si l'on a conscience d'aller droit dans le mur, il faut rompre, d'un commun accord, en bon intelligence. Continuer coûte que coûte, juste pour continuer est à mon sens idiot et contre-productif. Et puis, pour que l'autre sache, il faut communiquer. La question du bonheur, à la fois individuel, à la fois collectif.

La question des enfants est à mes yeux : doit-on leur apprendre que la vie de couple n'est pas que paillettes ou crises, mais que les deux existent et s'alternent. Les crises ne sont pas obligatoirement dans le fracas, les insultes... On peut faire face sans scandale ou haine. Sans faute à rejeter, évidemment sur l'autre. Préserver ses enfants, c'est n'avoir aucun compte à régler et ne pas montrer du doigt l'autre parent. Se séparer en bonne entente se vivra mieux que rester ensemble dans un climat écœurant (et là, je parle d'expérience, j'ai été enfant autrefois).

L'élément qui se découvre poly devient une contrainte, un boulet, un frein à la "normalité". L'élément qui tente de s'adapter se sent aussi comme contraignant, un boulet, un frein à l'épanouissement de l'autre. Et oui, on ne s'installe pas en couple pour mettre des limites.

J'en arrive au deuil. L'élément qui vivait tranquille sans préoccupation, doit remettre en question tous ses idéaux, croyances, rêves. Sauf que l'élément qui se découvre poly aussi. Si on devient poly sans état d'âme de ce que l'on vit. Sans se préoccuper de l'impact sur soi comme sur son avenir et ses proches ? Je dis souvent que j'ai eu un évènement déclencheur (douloureux) et que depuis cet instant, j'ai démarré une nouvelle vie. Une renaissance qui ne s'est pas déroulée que dans le merveilleux. Il m'a fallu, enfin il nous a fallu, tout réapprendre. Juste nous l'avons ensemble, sur un chemin commun, où il voit son paysage et moi le mien. Rien n'empêche de marcher en se tenant par la main et en se racontant, justement, son paysage, pour le partager avec l'autre. Et puis, on s'enrichi du partage des paysages de tierces personnes. Effet boule de neige, effet ricochet...

Et puis, si les chemins se séparent, il reste l'accomplissement du chemin déjà entrepris. Juste le "prévisionnel" est à revoir. Un avenir différent. N'en vouloir à personne et faire le deuil, je le répète. Après si l'éclosion de l'un mène à la destruction de l'autre, c'est malsain, toxique. Il faut fuir.

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louluna

le vendredi 09 juillet 2021 à 12h59

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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louluna

le vendredi 09 juillet 2021 à 13h01

Intermittent
Pour moi, ça s'est terminé de la même façon.

Si j'avais eu le courage à cette époque de mettre des limites, ce que je n'ai pas fait sous couvert de tolérance, ouverture d'esprit et autres subterfuges intellectuels pour dissimuler ma dépendance affective et pour elle, son côté manipulateur, peut être la séparation n'aurait-elle pas eu lieu (il y avait deux enfants en jeu).

J'ai traversé une très mauvaise passe, mais des années après, je ne regrette pas ....

Avec le recul je pense que si j'avais défini des limites claires, les miennes, on n'aurait de toute façons pas été aussi loin dans la destruction, et qu'on aurait possiblement continué notre histoire, mais trop de douleurs amènent à un point de non retour, aussi grand que soit le sentiment d'amour...

Au final, c'est mon désir de tolérance, d'ouverture et de compréhension qui nous a le plus abimés, dans notre cas, ce qui est assez fou à dire.

On a beaucoup communiqué, mais sans fixer de limites, or, il aurait fallu...

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Caoline

le vendredi 09 juillet 2021 à 17h25

alinea7
Et toi est-ce que tu as vécu cette situation où quelque chose n'était pas acceptable pour toi au point de mettre en question ta relation, et qui ait aussi une importance décisive pour ton partenaire ? J'aimerais bien savoir ce que ressentent les gens et comment ils se représentent la situation, ceux qui arrivent à dire : c'est important pour toi mais moi je ne peux pas.
Et dans quelle mesure la relation n'est pas condamnée de toute façon.

Oui, j'ai vécu ou malheureusement je vis, une relation où il y a quelque chose de pas acceptable pour moi... en tout cas quelque chose que je ne pensais vraiment pas pouvoir accepter avant d'y être confronté et de décider de ne pas le quitter pour ça. C'est lourd, ça a d'une certaine façon abîmé notre relation et d'un autre côté ça la renforce car je le comprends mieux.
Je vais essayer d'expliquer mais ce n'est pas facile à écrire tant ça reste douloureux pour moi. Mais je pense que ça peut être intéressant d'en témoigner pour des gens qui pensent pouvoir ne pas accepter quelque chose de voir que finalement parfois on peut, parfois ce qui nous lie est plus fort que ce qui nous sépare.
Je suis en relation depuis 20 mois avec quelqu'un pour qui j'ai des sentiments plus forts que je n'ai jamais eu même pour mon compagnon historique. Déjà ça je ne pensais pas que ce soit possible... Je pensais que je pouvais aimer aussi fort, pas beaucoup plus fort et pourtant j'aime toujours autant mon compagnon historique et je n'envisage pas de le quitter.
Déjà au départ, cette relation a été compliquée car il avait une autre relation qu'il m'avait présenté comme une maîtresse au sens sexuel mais j'ai vite compris qu'il avait aussi des sentiments. Il lui a parlé de moi, car c'était inconcevable autrement pour moi. Elle a mal pris mon existence car ne conçoit pas qu'on puisse aimer plusieurs personnes, pour elle ils étaient en relation libre mais uniquement sexuellement. Elle n'a pas voulu échanger avec moi, ça a été très difficile et ça l'est encore un peu car je pense qu'elle me considère comme la voleuse de mec alors que notre compagnon commun a toujours été non exclusif, sauf que ce n'était jamais dit. Il me dit qu'il n'a jamais promis l'exclusivité à personne mais on sait quelle est la norme dans notre société si on ne dit rien...
Au bout de 17 mois de relation, j'ai découvert par hasard qu'il avait une autre relation amoureuse. J’ai eu l'impression qu'on m'arrachait le cœur et le déchiquetait en petits morceaux, pas du fait qu'il ai une autre relation m'ai qu'il m'ai menti. Je lui en veux terriblement et je l'ai exprimé aussi fort qu'il est imaginable ou même plus.
Je ne sais pas si ma décision de rester avec lui est rationnelle ou juste "tripale" mais rationnellement ce qui me déculpabilise de rester en relation avec lui sans exiger qu'il lui parle de moi, même si je le souhaite infiniment, c'est :
- qu'il a raison quand il dit que notre relation n'aurait pas commencé si j'avais su, car j'aurais su d’avance qu'on aurait pas assez de temps ensembles à mon goût, ce qui est le cas et que je vis mal mais j'ai beau me dire que si notre relation n'était pas née je n'aurais jamais su ce que j'avais manqué, finalement même si éthiquement ça me dégoûte, je ne regrette pas de vivre le merveilleux que je vis avec lui.
- que je me considère en partie responsable de la situation, faire confiance à un homme qui a toujours menti aux femmes, c'est être bien naïve.
- que je la considère bien naïve cette femme et/ou ne connaissant vraiment pas son compagnon de longue date puisque dès le premier jour je savais que c'est un homme qui aime les femmes, donc si elle croit qu'il n'a une relation qu'avec elle alors qu'il la voit quelques heures toutes les 3 semaines et qu'ils n'ont plus de relation intimes... je pense qu'elle a envie d'y croire plus qu'elle n'y croit donc peut-être en effet qu'elle n'a pas envie de savoir.
Et tout ça, je ne l'aurais pas su, je n'en aurais pas pris conscience si on avait pas parlé, si je n'avais pas exprimé très fort mes ressentis, si j'avais juste exigé qu'il lui parle sinon je le quittais car il ne l'aurait très probablement pas fait. C'est la compagne que connaît sa maman et vu la relation qu'il a avec elle il n'aurait probablement jamais eu le courage de la décevoir.

Avant d'être confrontée à cette situation, jamais je n'aurais pu croire que je resterais avec quelqu'un qui ment à sa compagne "officielle" notion toute relative vu le peu qu'ils partagent mais celle connue de sa famille. Ça reste très difficile pour moi mais je ne veux pas renoncer à tout ce qu'on partage de génial.

C'est l'exemple le plus lourd, j'en ai pas mal d'autres où j'exprime mes limites et où je suis entendue même si ça restreint ses possibles, avec mon troisième amoureux. Je sais que si je lui imposais des limites, il ne le supporterai pas alors que prendre en compte mon ressenti est aussi naturel pour lui que ça l'est pour moi dans toutes mes relations.

alinea7
Je ne suis pas en couple pour mettre des limites. Je n'ai pas envie d'être une contrainte, un boulet, un frein aux aspirations de mon partenaire. Si ses aspirations vont dans un sens contraire aux miennes sur une limite de ma part, je préfère me retirer plutôt que voir notre relation devenir un moins pire choix, un renoncement.
C'est pour moi le signe même des chemins de vie qui se séparent. Une façon de respecter chacun.

Je comprends tout à fait, je pense comme ça, mais il me semble que c'est à l'autre de décider si il préfère me faire beaucoup de mal et probablement que je le quitte ou vivre telle ou telle chose. C'est sa liberté là aussi. Si c’est plus important pour lui de vivre la chose qui me fait trop mal alors je me protège en le quittant.

Une dernière chose, les limites, ce qui est acceptable, passible...c'est très variable d'un moment à l'autre d'où le fait qu'il faille sans cesse exprimer ses ressentis.

Et finalement encore une, la CNV c’est un outil très efficace mais ce qui compte c'est l'intention. Personnellement, je préfère que les choses soient dites de manière malhabile par des personnes sincères et aux intentions bienveillantes que par une personne manipulatrice avec un enrobage CNV. C'est malheureusement très courant, ce n’est pas pour rien qu'elle est enseignée aux cadres en entreprise.

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bonheur

le vendredi 09 juillet 2021 à 19h25

Je me permets @Caoline de rebondir et réagir, concernant la CNV. Pour moi, elle s'intègre dans une philosophie de vie soucieuse de l'humain et des liens. Elle n'est pas une "technique" mais une façon d'être. Enfin, moi, je la perçois ainsi.

La CNV engage à la cohérence, l'ouverture, et non à imposer pour ramener à soi ou à son souhait. Là, ce n'est plus de la CNV. C'est comme la RSE dans les entreprises. L'engagement ne doit porter sur l'image de l'entreprise version "moderne" ou "dans les clous". La QVT, la RSE... doivent servir à ouvrir sur le monde (personnel et instances, clientèle, partenaires et fournisseurs, idées et opinions, écologie & économie...

Lors de mes récentes études RH, j'ai approfondi en parallèle seule sur ces sujets (il existe de nombreux bouquins), sauf qu'au niveau professionnel, c'est du pipo. Alors oui, il y a des personnes hypocrites et autres. Dans mes relations personnelles, et encore plus si elles sont amoureuses, je me tourne vers l'autre, préférant le considérer comme honnête et sincère. Après, je comprends les personnes qui ne disent rien pour se protéger, dans des situations où l'entente, l'écoute serait improbable. Du coup, je sais aujourd'hui que pour savoir, si on veut savoir, il faut l'exprimer. Que ça fasse mal ou non, si on veut savoir, il vaut en effet mieux être à l'écoute. Ce qui me trouble, @Caoline (je te connais que très peu, mais tout de même), c'est que tu es ouverte à cela, l'écoute. Pour le coup, je sais aussi que tu digères parfois lentement et difficilement. Comme pour moi, la digestion se fera au final.

Belle continuation à toi.

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Caoline

le lundi 12 juillet 2021 à 16h46

@bonheur je ne suis pas sure de bien comprendre ce que tu veux dire.
Ta première partie je pense réponds à ma critique de la CNV. Je connais très bien la théorie, je sais très bien que la volonté est censée être bienveillante et sincère. J'attire juste l'attention sur le fait que ça peut-être détourné pour enrobé de la manipulation. Je l'ai déjà vu plusieurs fois, y compris par un formateur en CNV. Et dans certaines technique de soit disant communication bienveillante notamment avec les enfants, c’est encore plus flagrant pour moi.

Pour l'écoute, je te remercie de reconnaître mes capacités d'écoute mais comme je l'ai écrit, je crois, je n'aurais pas accepté de commencer une relation avec lui si j'avais su, c’est pour ça qu'il a menti ou plutôt travesti la réalité. La relation avec cette femme avait évolué vers une relation uniquement affective, il m'a dit qu'elle avait pris fin. Je n'arrive pas à lui en vouloir vraiment pour ça puisque sinon nous ne vivrions pas tous les moments merveilleux qu'on vit ensembles. Lui pensait que notre relation ne durerait pas, il ne pensait pas que nous tomberions amoureux comme on l'est donc il pensait probablement ce mensonge sans conséquence.
Après il n'a jamais osé rétablir la réalité par honte, par peur de me blesser, ça je peux comprendre un peu même si je trouve idiot de penser que je ne l'apprendrais jamais et que ce jour là ça serait forcément pire, mais aussi de me perdre et de ça je lui en veux beaucoup. Je trouve insupportable qu'on ne dise pas la réalité à quelqu'un pour ne pas le perdre, pour moi c’est de la manipulation, de la prise d'otage et je ne pensais jamais pouvoir accepter qu'on m'ai fait ça... mais la vie est parfois bien plus surprenante et complexe qu'on ne le crois ou voudrait.

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bonheur

le lundi 12 juillet 2021 à 19h49

Caoline
... la vie est parfois bien plus surprenante et complexe qu'on ne le crois ou voudrait

C'est certain. Oui, il arrive que l'on ouvre les yeux tardivement. Quand le coeur est ouvert et le reste, il se peut, je crois, que la conciliation offre de belles opportunités.

La philosophie CNV, pour moi, devient intrinsèque (autant que possible). Elle se mêle à la spontanéité et à l'attitude instinctive (c'est difficile). La CNV ne mène à aucun résultat, elle est. Voilà comment je la perçois. J'ignore si c'était là ton incompréhension ?

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