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Consentement contre liberté

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 07h39

Bonjour,

Nouvelle par ici, avant d'expliquer plus avant mon questionnement, je vais vous présenter ma situation. Je suis en relation à la base exclusive sentimentalement, mais mon compagnon a découvert l'existence du polyamour et cela a résonné en lui : il a compris qu'il est polyamoureux. Pour moi, autant je n'ai pas de problème avec des amitiés sensuelles, autant investir davantage de sentiments dans une autre relation, ça me pose problème. Je n'ai aucunement peur de perdre mon compagnon, ni peur de devoir le quitter, je sais que c'est du solide et que tomber amoureux en dehors ne changera rien à ça, mais l'instabilité émotionnelle qu'engendre un amour supplémentaire, entre les hauts de l'euphorie et les bas des disputes, instabilité qui a nécessairement un impact dans notre relation à nous, c'est trop fort pour moi, qui ai besoin de calme et de stabilité.
L'été dernier, mon compagnon a rencontré une fille. Au départ, il s'agissait d'une forte amitié sensuelle, et j'étais ravie pour lui. Seulement, les sentiments ont évolué en relation amoureuse, avec beaucoup plus d'investissement en temps et en énergie. De quelque chose de léger, c'est devenu bien plus lourd. Je lui ai dit que les paramètres avaient changé, et que cela ne me convenait pas, mais ça n'a pas été entendu tout de suite. J'ai fait mon maximum pour prendre sur moi, pour accepter, parce que je ne voulais pas le priver de sa liberté. Lui tentait de me rassurer en me disant qu'il restait là pour moi (ce que je savais déjà, donc ce n'était pas mon problème) ou en me disant que je ne perdais rien (ce qui est faux, puisque je perdais du temps avec lui et une part de son attention). Mais j'ai complètement craqué au bout de 6 mois et mon compagnon a préféré mettre un terme à cette relation.

Ce qui m'amène à la réflexion suivante : dans le cas où le polyamour n'est pas posé d'emblée comme cadre de la relation, on se retrouve face à un dilemme qui pour moi est insoluble (mais peut-être pourrez-vous m'éclairer) : dans le polyamour, si j'ai bien tout compris, tous les participants doivent être consentants. Or si je ne consens pas aux relations plurielles de mon compagnon, je le prive de liberté. Donc quelque part, si je veux rester avec lui, alors je dois consentir, ce qui ressemble fort à une situation de chantage. Or un consentement obtenu par un chantage (non voulu de sa part), est-il un vrai consentement libre ? y-a-til une solution à ce dilemme ?

(Cette question n'est pas tant personnelle, c'est plus une question de réflexion. Avec mon compagnon, nous avons trouvé un modus vivendi qui pour l'instant semble lui convenir aussi, nous verrons à l'avenir ce qu'il en est)

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bidibidibidi

le mardi 13 mars 2018 à 09h55

Si tu pars du principe que le polyamour fait partie de la personne, alors on est pas dans une situation de chantage, mais dans une situation d'acceptation de l'autre. Ce serait pareil s'il était informaticien, unijambiste, roux ou qu'il s’appelait Charles-Henry.
Après, beaucoup de gens ont tendance à considérer qu'on peut changer sur ce point. Mais, tout comme Charles-Henry serait triste de devoir changer de prénom et se faire appeler Kévin, ton polyamoureux sera bien triste de ne plus pouvoir exprimer cette partie de sa personnalité.

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 10h04

Sauf qu'informaticien, roux ou unijambiste, c'est pas le genre de chose que l'on découvre après plusieurs années de relation, et ça ne vient pas remettre en cause le contrat initial que l'on avait pris au départ...

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bidibidibidi

le mardi 13 mars 2018 à 10h14

Déjà, si, on peut "devenir" unijambiste, malheureusement. Et oui, ça peut remettre en cause la relation au point de rompre.
De manière similaire, on a le grand classique "En fait je suis lesbienne" (spéciale dédicace à Friends) qui remet aussi en cause la relation.
Partir du principe que notre partenaire ne changera jamais est une illusion. Donc, oui, ça remet sérieusement la relation en cause, tout comme plein d'autres découvertes.

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(compte clôturé)

le mardi 13 mars 2018 à 11h03

Le couple n est qu une succession de compromis.

Nous avons le choix (en tant qu' individu ) entre accepter, refuser, négocier ou à l extrême ... quitter.

Le couple marche aussi comme une entité. Où on appelle l autre la moitié. Comme une main gauche et une main droite. Si la main gauche tiens une cannette de coca ,la main droite ne va pas être envieuse. Parce que c est l entité qui en profite.

L annonce de passer en couple polyamoureux . Dans un couple habitué aux compromis. Passe par l acceptation , puis la négociation (les règles ).
Au fonctionnement il peut encore avoir négociation. Puis le choix de refuser. Voire de quitter (finalement l échec des négociations ).

Ce n est pas à l annonce que la rupture arrive. Mais au fonctionnement. Ne pas avoir défini les bonnes règles, les transgresser, ....

Je crois que tout couple au long cours s attend à ce genre d annonce ( l infidélité sexuelle ) et prévoit un plan de secours. Après ca dépend de l annonce ...

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(compte clôturé)

le mardi 13 mars 2018 à 11h59

Bonjour,
Peut-être que mon témoignage apportera un petit truc dans la reflexion générale.
J'ai vécu la même chose que Bizbille, mais du côté opposé: c'est moi qui ai annoncé que j'étais non exclusif et capable d'aimer plusieurs personnes en même temps, après 10 ans de couple annoncé exclusif, un enfant. Bon elle m'avait déjà grillé avant et j'avais mis fin à une amourette pour sauver notre histoire, mais les choses n'avaient jamais été trop discutées. Ce fut libérateur mais assez difficile...
Même de côté opposé je me suis posé les mêmes questions. Notre avons parvenu à une entente: nous ne vivons plus ensemble et elle ne veut pas être au courant de ce que je fais quand je ne suis pas avec elle. Mais alors ça pose d'autres questions: normalement dans le polyamour, il doit y avoir une transparence et un respect total de l'autre, alors que faire pour respecter le choix de l'autre si cet autre ne veut pas de transparence?
C'est super chiant à vivre car ça nécessite des cachoteries et des stress que j'aimerais ne pas avoir....Mais c'est aussi respecter son choix. Bref j'en chie encore de temps en temps :)
Concernant ton problème de consentement, dis toi que déjà c'est pas si mal, tu as un choix à faire, alors tu n'es pas une victime! Tu peux aussi décider que ce n'est pas un chantage mais un choix à faire entre plusieurs situations dont aucune ne te satisfait pleinement (accepter la pluralité de ton amoureux, quitter, faire l'autruche). Bref faire le choix du moins pire pour toi en toute connaissance des choses. On en fait tous les jours et dans tous les domaines!
Bon courage!

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 12h57

bidibidibidi
Déjà, si, on peut "devenir" unijambiste, malheureusement. Et oui, ça peut remettre en cause la relation au point de rompre.
De manière similaire, on a le grand classique "En fait je suis lesbienne" (spéciale dédicace à Friends) qui remet aussi en cause la relation.
Partir du principe que notre partenaire ne changera jamais est une illusion. Donc, oui, ça remet sérieusement la relation en cause, tout comme plein d'autres découvertes.

Devenir unijambiste ne remet pas en cause le contrat de départ. Ça peut venir chambouler d'autres choses, certes, mais pas le type d'engagement que l'on a pris. Et dans la découverte d'une orientation sexuelle différente de ce que l'on croyait, on assiste bien souvent à une rupture : puisque accepter la situation tout en restant ensemble est difficilement tenable, c'est rarement une option proposée. Ces comparaisons, bien que venant de situations probables, ne correspondent pas au dilemme que j'expose ici. ici, il ne s'agit pas seulement du changement (apparent) du partenaire, mais d'un changement de contrat de base proposé unilatéralement.

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 12h59

gilloucloclo
Le couple n est qu une succession de compromis.

Nous avons le choix (en tant qu' individu ) entre accepter, refuser, négocier ou à l extrême ... quitter.

Le couple marche aussi comme une entité. Où on appelle l autre la moitié. Comme une main gauche et une main droite. Si la main gauche tiens une cannette de coca ,la main droite ne va pas être envieuse. Parce que c est l entité qui en profite.

L annonce de passer en couple polyamoureux . Dans un couple habitué aux compromis. Passe par l acceptation , puis la négociation (les règles ).
Au fonctionnement il peut encore avoir négociation. Puis le choix de refuser. Voire de quitter (finalement l échec des négociations ).

Ce n est pas à l annonce que la rupture arrive. Mais au fonctionnement. Ne pas avoir défini les bonnes règles, les transgresser, ....

Je crois que tout couple au long cours s attend à ce genre d annonce ( l infidélité sexuelle ) et prévoit un plan de secours. Après ca dépend de l annonce ...

L'infidélité sexuelle n'est pas un problème dans notre contrat... Et oui, effectivement, nous avons le choix, mais ce choix étant conditionnel, est-il vraiment un choix libre ?

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Une inconnue qui passe (invité)

le mardi 13 mars 2018 à 13h25

Bonjour bizbille,
Je dirai que c’est le propre d’un choix, le choix est toujours conditionnel.
Simplement (et surtout dans le couple) il y a des choix qui viennent directement de nous et des choix qui viennent du partenaire.
Le fait que ce qu’il propose aujourd’hui n’etait pas dans le contrat de départ montre juste qu’il a évolué, c est comme pour tous les contrats il arrive toujours un moment où il faut mettre un avenant pour s adapter à la nouvelle situation.
Personne ne sait à l’avance de quelle façon on va évoluer, certaines personnes continuent toujours sur le même chemin, d autres changent de chemin.
Dans un couple c est pas simple de gérer ces situations mais c est faisable et effectivement la liberté se limite à j’accepte, je négocie ou je pars et ce n’est ni un chantage ni un ultimatum, c’est simplement s adapter au mieux au changement en étant fidèle à se qu’on est tout en étant fidèle à l’autre et à ses engagements, pas simple.
Le fait d être polyamoureux (sincère j’entends, c est à dire être capable de vivre plusieurs histoires d’amour), ne se maitrise pas et apparaît en général avec une certaine expérience de vie car il faut bien se connaitre, s’aimer et savoir gérer les émotions pour bien le vivre. Je dirai donc qu’on se découvre polyamoureux a un moment de notre vie et je te garantie que la (les) phase(s) négo
n’est pas plus facile à vivre pour le polyamoureux car on est déchiré entre le fait de voir qu’on fait souffrir notre partenaire juste en voulant être nous-même, la peur de le perdre et l’impossibilite d’être différent (ce qui reviendrait à nous bafouer), bref cette phase est difficile pour tout le monde mais lorsqu’un accord est trouvé tout s’appaise.
Je vous souhaite beaucoup de courage

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 13h26

Lem
Bonjour,
Peut-être que mon témoignage apportera un petit truc dans la reflexion générale.
J'ai vécu la même chose que Bizbille, mais du côté opposé: c'est moi qui ai annoncé que j'étais non exclusif et capable d'aimer plusieurs personnes en même temps, après 10 ans de couple annoncé exclusif, un enfant. Bon elle m'avait déjà grillé avant et j'avais mis fin à une amourette pour sauver notre histoire, mais les choses n'avaient jamais été trop discutées. Ce fut libérateur mais assez difficile...
Même de côté opposé je me suis posé les mêmes questions. Notre avons parvenu à une entente: nous ne vivons plus ensemble et elle ne veut pas être au courant de ce que je fais quand je ne suis pas avec elle. Mais alors ça pose d'autres questions: normalement dans le polyamour, il doit y avoir une transparence et un respect total de l'autre, alors que faire pour respecter le choix de l'autre si cet autre ne veut pas de transparence?
C'est super chiant à vivre car ça nécessite des cachoteries et des stress que j'aimerais ne pas avoir....Mais c'est aussi respecter son choix. Bref j'en chie encore de temps en temps :)
Concernant ton problème de consentement, dis toi que déjà c'est pas si mal, tu as un choix à faire, alors tu n'es pas une victime! Tu peux aussi décider que ce n'est pas un chantage mais un choix à faire entre plusieurs situations dont aucune ne te satisfait pleinement (accepter la pluralité de ton amoureux, quitter, faire l'autruche). Bref faire le choix du moins pire pour toi en toute connaissance des choses. On en fait tous les jours et dans tous les domaines!
Bon courage!

Pour ma part, si l'autre a choisi l'absence de transparence, ce n'est pas lui manquer de respect que de ne rien dire...
De notre côté aussi nous avons convenu d'un accord : ce qu'il veut/peut tant que je ne suis pas au courant de la nature des sentiments. "Officiellement", ça doit rester dans la case de l'amitié. Et il doit faire en sorte que je ne "surprenne" pas des conversations téléphoniques intimes, soit en appelant quand je ne suis pas là, soit en me prévenant de l'appel pour éviter que je ne le dérange. Pour l'instant, il n'a personne en plus de moi, donc on n'a pas encore pu voir ce que ça donnait à l'usage. Je sais ce qu'il est, mais il y a une marge entre l'être et le faire, et effectivement, il y a plusieurs manières de faire.

Mais dans le fond, ce n'est pas tellement ça qui me pose question, mais plutôt le fait de sentir que je n'ai pas vraiment de liberté de choix. je l'aime, je veux rester avec lui, donc d'une manière ou d'une autre je DOIS accepter. "Non" n'était pas entendable. Je sais ce qui m'a rendue littéralement malade dans la première histoire, je peux supposer raisonnablement qu'en évitant les mêmes écueils je pourrais vivre les choses mieux une prochaine fois.

Mais le point que je soulève m'interroge "philosophiquement" : dans la mesure où pour un-e monoamoureuxe (faut arrêter de parler de monogamie, on ne veut pas toustes se marier !) c'est un peu "si tu n'acceptes pas tu pars", je trouve que ça ne colle plus avec l'éthique du polyamour, de ce que j'en ai compris du moins. (Après, on est d'accord que la "vraie vie", ce n'est pas appliquer froidement des concepts éthiques sans aucune souplesse)

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 13h28

Une inconnue qui passe
Bonjour bizbille,
Je dirai que c’est le propre d’un choix, le choix est toujours conditionnel.
Simplement (et surtout dans le couple) il y a des choix qui viennent directement de nous et des choix qui viennent du partenaire.
Le fait que ce qu’il propose aujourd’hui n’etait pas dans le contrat de départ montre juste qu’il a évolué, c est comme pour tous les contrats il arrive toujours un moment où il faut mettre un avenant pour s adapter à la nouvelle situation.
Personne ne sait à l’avance de quelle façon on va évoluer, certaines personnes continuent toujours sur le même chemin, d autres changent de chemin.
Dans un couple c est pas simple de gérer ces situations mais c est faisable et effectivement la liberté se limite à j’accepte, je négocie ou je pars et ce n’est ni un chantage ni un ultimatum, c’est simplement s adapter au mieux au changement en étant fidèle à se qu’on est tout en étant fidèle à l’autre et à ses engagements, pas simple.
Le fait d être polyamoureux (sincère j’entends, c est à dire être capable de vivre plusieurs histoires d’amour), ne se maitrise pas et apparaît en général avec une certaine expérience de vie car il faut bien se connaitre, s’aimer et savoir gérer les émotions pour bien le vivre. Je dirai donc qu’on se découvre polyamoureux a un moment de notre vie et je te garantie que la (les) phase(s) négo
n’est pas plus facile à vivre pour le polyamoureux car on est déchiré entre le fait de voir qu’on fait souffrir notre partenaire juste en voulant être nous-même, la peur de le perdre et l’impossibilite d’être différent (ce qui reviendrait à nous bafouer), bref cette phase est difficile pour tout le monde mais lorsqu’un accord est trouvé tout s’appaise.
Je vous souhaite beaucoup de courage

C'est pas bête, cette piste du "tout choix est conditionnel", je vais y réfléchir, merci ! ^^

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Une inconnue qui passe (invité)

le mardi 13 mars 2018 à 14h56

«  Mais le point que je soulève m'interroge "philosophiquement" : dans la mesure où pour un-e monoamoureuxe (faut arrêter de parler de monogamie, on ne veut pas toustes se marier !) c'est un peu "si tu n'acceptes pas tu pars", je trouve que ça ne colle plus avec l'éthique du polyamour, de ce que j'en ai compris du moins. (Après, on est d'accord que la "vraie vie", ce n'est pas appliquer froidement des concepts éthiques sans aucune souplesse) »

Quand le polyamour se confronte au monoamour le «  si tu n’acceptes pas tu pars » est vrai pour les deux partenaires si chacun reste sur ses positions à 100%.
Si on reste dans le brut de décoffrage de cette phrase il n’y a plus d’éthique mais si chacun accepte de faire un pas (beaucoup de pas, une rando parfois lol) vers l’autre alors on va pouvoir trouver un compromis (peut-être).
Mais il est clair que ce choix (du compromis ou de la rupture) vient du fait qu’on est pas (ou plus) en accord, sans le désaccord pas de choix à faire. Donc le choix n’est pas libre puisque conditionné par le désaccord.
L’ethique du polyamour c’est l’honnêteté, la sincérité et la transparence dans l’amour et la bienveillance, évidemment lors d’un désaccord c’est pas simple car la liberté de l’un empiète sur la liberté de l’autre et inversement.
C’est bien pour ça que le compromis n’est pas évident à trouver, qu’il met du temps à arriver et qu’il met les émotions à rudes épreuves, (pour un polyamoureux ne plus voir une personne qu il aime est difficile à vivre et pour le mono envisager son partenaire aimer une autre personne est un enfer).
L'éthique du polyamoureux va être de trouver un moyen, autant que faire se peut, pour que tout le monde soit bien et dans l’amour...bonjour le chantier ;-)

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artichaut

le mardi 13 mars 2018 à 15h21

Bizbille
Or si je ne consens pas aux relations plurielles de mon compagnon, je le prive de liberté.

Le consentement c'est plutôt lié a des choses qui nous concerne nous, pas qui concerne l'autre.
Le consentement ce n'est pas accepter que ton compagnon soit pluri-amoureux, ça c'est de l'acceptation. (même si bien sûr, il y a un changement de cadre de la relation, et que ça remet plein de choses en question). Là où il y aurait consentement ce serait plutôt dans la manière dont ton compagnon, prenant en compte cette nouvelle donnée qu'il est désormais pluri-amoureux (et prenant en compte que c'est lui qui amène ce changement de cadre dans votre relation), se comporte vis à vis de toi : ce qu'il te raconte ou pas, le temps qu'il te consacre, la disponibilité qu'il se donne avec toi, l'effort qu'il fait pour ne pas trop t'imposer ses hauts et ses bas, etc (sachant qu'il a la même chose à gérer avec l'autre).

Bizbille
Donc quelque part, si je veux rester avec lui, alors je dois consentir, ce qui ressemble fort à une situation de chantage.

Le contraire ("je reste avec toi, que si tu renie ce que tu es désormais") serait aussi une situation de chantage.

Si tu veux rester avec lui, tu ne dois pas consentir. Le consentement ne peux pas être un devoir.

La question n'est pas à quoi "accepterais-tu de consentir" (beark) mais de quoi as-tu concrètement envie et besoin dans cette relation. Et ton compagnon est-il encore à même de te les offrir ? Et si oui : comment ? (et à quel prix pour lui, et pour les autres personnes en jeu).

Et c'est pas forcément facile de répondre à cette question : de quoi ai-je réellement envie et besoin ?. (Et la réciproque : qu'est-ce qui au contraire serait une atteinte à mon intégrité physique ou psychique).
Mais c'est seulement de là, que peut partir une vraie réflexion sur le consentement.

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Siestacorta

le mardi 13 mars 2018 à 15h23

Bizbille

Mais le point que je soulève m'interroge "philosophiquement" : dans la mesure où pour un-e monoamoureuxe (faut arrêter de parler de monogamie, on ne veut pas toustes se marier !) c'est un peu "si tu n'acceptes pas tu pars", je trouve que ça ne colle plus avec l'éthique du polyamour, de ce que j'en ai compris du moins.

Il y a des situations nombreuses où le poly résout le dilemme en renonçant : il intègre que puisqu'il ne se voit pas être la seule source d'amour, il doit parfois renoncer à être une source d'amour pour quelqu'un, et qu'il ne peut pas répondre au besoin de l'autre. C'est douloureux aussi, d'autant qu'on nous dit "ben c'était ton choix aussi, viens pas chouiner, pourquoi tu fais pas comme tout le monde".

Et ça se retrouve aussi avant la rencontre : on a des gens avec qui on renonce d'avance d'essayer, parce qu'on a voit bien (ou qu'ils nous le font fraichement savoir) qu'on ne leur proposerait pas quelque chose qui les intéresserais.

C'est vrai qu'il y a un côté "si tu m'aimes, prends-moi comme je suis".
Ca peut aussi se résoudre avec un mono polyacceptant qui ne cherchera jamais ailleurs et un poly qui respectera des demandes d'un.e aimé.e mono, dans la mesure où ils ont trouver "leur" cadre.

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 16h12

Artichaut, en fait, le point de départ de ma réflexion, c'est ce passage dans la FAQ :

"Ce qui définit une relation polyamoureuse c'est que chaque personne impliquée connaît et accepte l'implication des autres.

Si vous êtes marié, et si vous avez une relation amoureuse ou sexuelle dont votre femme n'est pas au courant du tout, si votre femme a simplement une suspicion mais ne sais pas trop, ou si votre femme le sait mais n'est pas heureuse de ce fait, vous n'êtes pas "poly", vous la trompez. De même, si vous couchez avec le facteur pendant que votre mari est au boulot, nous n'êtes pas "poly", vous le trompez.

Le polyamour est défini par le consentement informé de tous les participants. Sans ça, ce ne peut être une relation polyamoureuse. "

Du coup, c'est ce qui me fait parler d'un consentement qui viendrait de moi, au lieu du terme d'acceptation. Mais en fait, on peut remplacer "consentement" par "acceptation" dans ma question de départ, je n'ai pas l'impression que ça change fondamentalement grand chose, une acceptation sous "contrainte" est-elle réellement une acceptation ? Après, il est vrai qu'un choix est toujours conditionnel finalement, donc qu'est-ce que ça a de spécial que ce soit le cas dans la situation poly vs mono ? J'ai l'impression que ce point-là de la théorie n'est simplement pas tenable, donc s'il est impossible autant ne pas en tenir compte... Et effectivement, Une inconnue qui passe, ça va dans les deux sens, cet aspect conditionnel... Il y a donc possiblement une situation de "chantage" de part et d'autre... Siestacorta, c'est vrai que je parle uniquement du point de vue que je connais (j'aurais du mal à faire autrement), et c'est un peu triste ce que tu dis. Mais il me semble que le monoamour n'a pas de prétention à l'éthique aussi élevé que le polyamour. À la lecture de la FAQ il m'a semblé que cette question d'acceptation conditionnelle devait plus être un problème pour un-e polyamoureuxe, qui est sensé-e être éthiquement élevé-e, que pour un-e monoamoureuxe, à l'éthique moins élevée. Dans le polyamour, l'éthique semble être tellement portée aux nues que cela me paraissait une contradiction de poser à son/sa partenaire la condition de la relation polyamoureuse.

À discuter avec vous, je me demande si je n'ai pas été induite en erreur par la FAQ, qui dans ce passage du moins révèle des idéaux irréalistes. Ce dilemme que je soulève est peut-être un faux dilemme, ou du moins il fait partie de n'importe quelle situation de choix en cas de confrontation de deux libertés...

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Siestacorta

le mardi 13 mars 2018 à 16h30

L'affirmation d'éthique dans le polyamour peut être lue dans une comparaison différente avec l'amour mono : le PA n'est pas plus éthique que l'amour, il se donne juste les moyens de l'être autant.
On insiste peut-être beaucoup, dans les écrits et les manifestations poly, sur l'éthique, parce que dans une société qui a posé une norme monogame (et pour le coup, "monogame" rester pertinent), ce que font les poly entraine très facilement des jugements. Donc on offre des raisons de relativiser cette critique spontanée (et souvent intégrée par les personnes concernées), et des critères permettant de se sentir mieux avec ses propres choix.

Et sinon... On vante souvent des vertus de l'amour (le don, l'inconditionnalité, la bienveillance...), comme une réserve de Magie qui va tout transformer en conte de fée... alors que bon... Il peut y avoir des amours bénéfiques et d'autres vraiment toxiques. L'amour, exclusif ou non, contient quelques intentions éthiques, mais aussi pas mal de besoins égoïstes... humains.

Les attentes qu'on a envers un cadre, mono ou poly, doivent pas cacher ce qu'on sait des gens, des êtres humains : on est faillibles, on fait pas toujours aussi bien qu'on avait dit.

Le petit avantage, peut-être subjectif, que je vois au PA là-dedans c'est qu'en multipliant les situations, on multiplie les occasions de progresser. On est plus souvent contraints de communiquer et de remettre en cause ses fonctionnements, parce qu'on va accueillir quelqu'un de nouveau.
Après on peut aussi rester la même personne avec les mêmes limites et faire les mêmes erreurs. Disons que le polyamour m'encourage à pas mettre ça sous le tapis.

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Une inconnue qui passe (invité)

le mardi 13 mars 2018 à 16h30

Oui il y a souvent un gros décalage entre l’ideal et la réalité, entre la théorie et la pratique, tu sais ce qu’on dit, «  moi je vais vivre en théorie car en théorie tout se passe bien » ;-).
Cela n’empêche pas de garder la théorie en objectif et de laisser la pratique s’en rapprocher le plus possible.
En même temps ce niveau d'éthique permet de faire évoluer positivement, et si on garde l’indulgence de ne pas toujours réussir on peut persévérer sur ce chemin qui somme toute ne parle que d’amour et de respect.

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Siestacorta

le mardi 13 mars 2018 à 16h36

Bizbille
en fait, le point de départ de ma réflexion, c'est ce passage dans la FAQ :

"Ce qui définit une relation polyamoureuse c'est que chaque personne impliquée connaît et accepte l'implication des autres.

Si vous êtes marié, et si vous avez une relation amoureuse ou sexuelle dont votre femme n'est pas au courant du tout, si votre femme a simplement une suspicion mais ne sais pas trop, ou si votre femme le sait mais n'est pas heureuse de ce fait, vous n'êtes pas "poly", vous la trompez. De même, si vous couchez avec le facteur pendant que votre mari est au boulot, nous n'êtes pas "poly", vous le trompez.

Le polyamour est défini par le consentement informé de tous les participants. Sans ça, ce ne peut être une relation polyamoureuse. "
(...)

À discuter avec vous, je me demande si je n'ai pas été induite en erreur par la FAQ, qui dans ce passage du moins révèle des idéaux irréalistes. .

C'est le "n'est pas heureuse", qui te semble pousser l'ambition trop haut ?
Je pense que pour être juste, c'est "votre femme n'est pas heureuse et vous refusez le dialogue et le compromis, et vous continuez à aller ailleurs, alors c'est tromper", ce serait plus le sens réel.
On va partir du principe que prétendre avoir une recette pour genre son partenaire heureux serait déjà un peu mégalo trompeur !

Quoi que... tromper... Dans la situation décrite, il n'y a pas mensonge, mais il y a un gros problème : le choix de pas écouter ni respecter les demandes de l'autre.
C'est peut-être une traduction de l'anglais "to cheat" : tricher. Qui serait plus juste, puisque ça suppose qu'on joue bien selon les règles d'un jeu choisi ensemble.

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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Bizbille

le mardi 13 mars 2018 à 16h58

Une inconnue qui passe, j’aurais bien vivre en Théorie aussi ! :D

Siestacorta Même si on remplace la phrase par "si votre femme n'est pas heureuse et vous refusez le dialogue et le compromis, et vous continuez à aller ailleurs, alors c'est tricher", l'ambition m'a l'air d'être encore trop haute. D'après ce que j'ai vécu, d'après les témoignages que j'ai pu lire ici ou là, dans des cas proches du mien, j'ai l'impression que ce n'est pas systématique qu'un-e poly laisse tomber ou mette en pause une nouvelle relation secondaire parce que sa principale n'a pas encore accepté... Je ne dis pas que c'est ce qu'il faudrait faire à tous les coups, mais que ça me semble contradictoire avec la phrase...

Pour quitter le théorique un instant, concernant mon propre vécu j'ai l'impression que mes limites ont d'abord été franchies, et qu'ensuite seulement je devais accepter le fait accompli... le fait a longuement été discuté, il y a eu des erreurs de part et d'autres qui ont été reconnues, c'était la première expérience poly de mon compagnon, il a compris et progressé. Je pense qu'on ne reproduira plus les mêmes erreurs à l'avenir, mais alors que j'étais en phase d'acceptation avant cette histoire, ma capacité d'acceptation a pris un sacré coup dans l'aile, pour le moment du moins... C'est pourquoi, alors que lui a bien digéré sa rupture, je continue à réfléchir sur le plan théorique, de la manière la plus apaisée qu'il soit...

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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bidibidibidi

le mardi 13 mars 2018 à 17h19

Bizbille
D'après ce que j'ai vécu, d'après les témoignages que j'ai pu lire ici ou là, dans des cas proches du mien, j'ai l'impression que ce n'est pas systématique qu'un-e poly laisse tomber ou mette en pause une nouvelle relation secondaire parce que sa principale n'a pas encore accepté... Je ne dis pas que c'est ce qu'il faudrait faire à tous les coups, mais que ça me semble contradictoire avec la phrase...

Un point qu'il faut prendre en compte c'est que "mettre une relation en pause" ou "laisser tomber une relation" c'est quelque chose qui se fait à deux. Or, beaucoup de partenaires originels ont tendance à complètement ignorer le point de vue du métamour, qui est aussi pertinent que celui de votre amour. On ne met pas une relation en pause unilatéralement. On a deux relations, et on jongle, c'est ça la réalité. Et on est très souvent obligé de faire des petits accrocs par ci par là, pour contenter tout le monde.
Je pense que tu prendrais assez mal que ton mec te dise qu'il met votre relation en pause pour que son métamour aie le temps de s'habituer à ton existence :-D

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