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Relations polyamoureuse sans rapport sexuel

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artichaut

le vendredi 06 mars 2020 à 16h38

je me demandais…
est-ce que pour vous (notamment bidibidibidi et dragonphoenix) amour/amitié c'est binaire, c'est à dire que vous savez avec certitude que c'est l'un ou l'autre ? et non pas qu'il puisse y avoir un continuum de l'un à l'autre, et que parfois on pourrait être quelque part entre ces deux pôles ? Avec par exemple un peu d'amour et beaucoup d'amitié ou un peu d'amitié et beaucoup d'amour, etc.

…et si oui, si c'est binaire pour vous, ou quasi-binaire, arriveriez-vous à décrire la différence, je veux dire physiquement, en terme de ressentis ? et qui vous fait savoir si précisément la différence.

…ou si les mots ne suffisent pas, comment dessineriez-vous l'amour et comment dessineriez-vous l'amitié ?

(je dévie la discussion initiale du fil, alors on peut aller discuter sur un autre fil)

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bidibidibidi

le vendredi 06 mars 2020 à 16h59

artichaut
est-ce que pour vous (notamment bidibidibidi et dragonphoenix) amour/amitié c'est binaire

Pour moi, je dirais que ce sont deux choses différentes, plutôt.
C'est juste que le sentiment amoureux, plus fort, à tendance à camoufler le sentiment d'amitié.

Les gens que j'aiment peuvent être des amis, mais c'est secondaire au sentiment amoureux pour moi.
Je n'éprouve pas d'amour pour mes amis, par contre.

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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dragonphoenix

le vendredi 06 mars 2020 à 17h02

Alors... honnêtement, je suis incapable de te répondre avec certitude.

Comme dit précédemment, le sentiment amical me parait différent du sentiment amoureux. Je suis incapable d'expliquer comment, mais clairement je ne ressens pas la même chose.
A l'inverse, je conçois tout à fait qu'on puisse avoir une relation amicale avec quelqu'un pour qui on a des sentiments amoureux (je l'ai déjà vécu d'ailleurs), et j'ai souvent considéré mes relations amoureuses aussi comme des amis (même si le temps m'a prouvé que je me voilais la face).
Concrètement, les relations amicales avec des personnes pour qui je ressentais aussi des sentiments amoureux ne fonctionnaient que lorsque l'autre n'était pas amoureux de moi mais me considérait comme une amie. Et les cas où je me voilais la face, c'était les cas où l'autre était amoureux et où, du coup, sa possessivité posait problème pour avoir une réelle relation amicale.
Donc je dirais que, de mon côté, les deux peuvent coexister, mais que je n'ai pour le moment rencontrer personne avec qui ce soit réciproque.

En revanche, je ne parlerais pas de continuum dans le sens où je trouve que le mot continuum semble impliquer une différence d'intensité ou d'importance.
Après, il y a des personnes pour lesquelles j'ai des sentiments purement amicaux et où il me semble extrêmement peu probables qu'ils évoluent vers des sentiments amoureux (soit parce qu'il n'y a pas d'attirance physique, soit parce que je connais trop bien certains aspects de leur personnalité qui rendent inenvisageables des sentiments amoureux).
Et d'autres personnes dont je suis (ou ai été) clairement amoureuse, mais pour lesquelles je n'exclus absolument pas qu'il se développe en parallèle des sentiments amicaux.
Et enfin des personnes pour lesquelles il y avait les deux.

Donc pas un continuum, mais une perméabilité et, pourquoi pas, une complémentarité.

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bonheur

le vendredi 06 mars 2020 à 17h19

Un ressenti ne se jauge pas en rapport avec son intensité (puisqu'elle est variable) mais bien dans sa nature. C'est la réponse que je porterais. Je ressens de l'amour n'implique pas, pour la non sexuelle que je suis, que ma libido s'active ou que j'aspirerai à conditionner une quelconque sexualité (que ma libido soit activée ou non, d'ailleurs).

Me concernant, c'est surtout l'émotion, la répétition de celle-ci, qui fera que l'interaction sera particulière et amoureuse. Ainsi, je me qualifie de polyaffective et non de polyamoureuse.

Pour ce qui est de la certitude. Parfois, je sais (surtout depuis que j'ai déconstruit le fait que je n'avais pas le "droit" d'aimer) et parfois, un déclencheur survient à un moment donné.

Ce que je sais me concernant avec certitude, c'est que je ne peux avoir pour ami-e une personne que j'aime et avec qui j'ai pu entrer en amour… c'est à dire qu'autrui m'a laissé percevoir la réciproque. Je dis percevoir, car il m'est arrivé que l'amour que l'on avait pour moi était non explicite. Je sais désormais qu'une situation non tranchée ne me convient pas.

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Siestacorta

le vendredi 06 mars 2020 à 23h58

artichaut

Est-ce à dire que la pseudo différence amour/amitié nous est héritée du patriarcat ?

Ç’a forcément joué et ça joue sûrement encore, mais je crois que ça ne se résume pas à ça.
Ma formulation est là pour parodier une façon de raisonner amatonormative et phallo-centrée (beaucoup de syllabes, quand même). Donc oui, le rapport au désir est construit aussi par le patriarcat.

Pour moi, la distinction se joue sur le temps passionnel de l'amour. L'ingrédient passionnel. Il n'est pas obligatoire, il n'est pas tellement bénéfique, mais il me semble assez ancré pour être la référence.
Et autant la relation où la passion s'infusera sera sans doute dans le moule du patriarcat, autant je crois qu'on peut pas juste dire "ah ben ce noyau d'énergie c'est pas bien et ça nourrit la normativité, du passé faisons table rase".
C'est beaucoup mieux d'avoir du recul dessus, de pas foncer tête baissée en renonçant à toute responsabilité sur les sentiments et leurs produits relationnels ; mais je crois pas que ce côté passionné soit moins "à vivre" que pas mal d'aspects de la condition humaine (vulnérabilité, attachement, mort, parentalité, faim...).

C'est là où j'ai un peu de mal avec l'idée que la différence amour-amitié soit illusoire.
Amour est un mot qui parle autant du sentiment que de la relation.
Amitié parle plus de l'idéal de relation. On peut avoir de l'amitié, en ressentir, mais au fond, c'est plus déterminé parce ce qu'on y fait pas et par le seul choix d'être présent (indifférence par défaut au contenu sexe, cadre social souple (grande liberté de distance et de temporalité), désintéressement dans le déroulement de la relation) que par ce qu'on y ressent.
Ça veut pas dire qu'on y ressent rien, chacun vit à sa manière. Mais l'expérience passionnelle auquel peut faire référence, sans qu'on précise, le mot amour suffira à faire entendre une différence d'emblée, même à certains de ceux qui laissent ou trouvent peu de place à la passion (à l'intoxication, dans ce que j'entends par "passion") dans leurs relations amoureuses.

Je le dis souvent pour parler de l'aspect passionnel (érotique ou sentimental) de l'amour : je déconseille de conduire bourré, mais j'irais pas jusqu'à défendre que c'est désagréable d'être ivre et "bon" de refuser de l'être quand on sait ce que ça fait.
Donc même si je vois une grande porosité entre les liens amoureux et les liens amicaux, les fusionner en une seule et même recherche de lien égalitaire, innocent et pur me semble écarter trop facilement le sensible.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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artichaut

le samedi 07 mars 2020 à 01h11

dragonphoenix
Je suis incapable d'expliquer comment, mais clairement je ne ressens pas la même chose.

C'est quand même curieux, ça, non ??

N'y a-t-il pas moyen de creuser un peu tout de même ?

Il y aurait-il un lien avec… je sais pas :
- le manque ressentis en l'absence de l'autre ?
- le fait de penser à l'autre souvent ou de vouloir le vouloir tout le temps ?
- une empathie particulière ?
- des papillons dans le ventre ?
- un lâcher prise ?
- une absence de discernement ?
- une admiration ?
- etc

Il est comment ce ressentis amoureux ?
- piquant ?
- envelloppant ?
- doux ?
- localisé ?
- chaud ?
- duveteux ?
- poreux ?

J'ai du mal à me dire qu'on ne puisse décrire un ressentis.
Ou alors n'il y a-t-il pas (c'est possible aussi) une volonté consciente ou inconsciente de ne pas le décrire ?

dragonphoenix
l'autre était amoureux et où, du coup, sa possessivité posait problème pour avoir une réelle relation amicale.

Est-ce que amour va avec possessivité pour toi ?

Siestacorta
Amour est un mot qui parle autant du sentiment que de la relation.

Vous êtes plusieurs à parler de sentiment. Avoir des sentiment, etc.
Est-ce que l'amour serait un Je pour vous (je ressent), et l'amitié un Nous (nous faisons ensemble) ?

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alinea7

le samedi 07 mars 2020 à 07h51

Pour moi dans l'amour comme dans l'amitié il y aurait tendresse, intimité et solidarité à divers degrés.

Ce qui se rajouterait dans l'amour, je dis peut-être une bêtise mais j'ai l'impression que c'est influencé par si je trouve dans la personne ou la perception que j'en ai ou dans notre relation quelque chose de l'ordre du transférentiel. Ce sont des relations qui me mettent dans quelque chose de reconnu et involontairement recherché, qui soit resté un enjeu important.

Donc ce serait pareil modulo le sens.
Je dis ça c'est peut-être différent entre selon qu'on est mono ou poly et c'est peut-être même pas le facteur déterminant de la différence de perception.

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bonheur

le samedi 07 mars 2020 à 09h07

Il faut s'écouter, sans philtre extérieur, et on sait.

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artichaut

le samedi 07 mars 2020 à 09h49

alinea7
Ce qui se rajouterait dans l'amour, je dis peut-être une bêtise mais j'ai l'impression que c'est influencé par si je trouve dans la personne ou la perception que j'en ai ou dans notre relation quelque chose de l'ordre du transférentiel. Ce sont des relations qui me mettent dans quelque chose de reconnu et involontairement recherché, qui soit resté un enjeu important.

Donc ce serait pareil modulo le sens.

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu entends par transférentiel et par modulo le sens

quelqu'un·e qui rempli des attentes que tu ne savais pas avoir ou que tu avais oublié ?
quelqu'un·e qui donne du sens à ta vie ?

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alinea7

le samedi 07 mars 2020 à 10h39

artichaut
Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu entends par transférentiel et par modulo le sens…

quelqu'un·e qui rempli des attentes que tu ne savais pas avoir ou que tu avais oublié ?
quelqu'un·e qui donne du sens à ta vie ?

Je m'exprime mal. Je me base sur ce qu'en disent Jean Garneau et Michelle Larivey sur leur site redpsy et dans le livre le défi des relations.
A l'origine, le transfert est un terme utilisé par Freud. Cf wikipedia : "Le transfert en psychanalyse désigne un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients envers les premiers objets investis dans l'histoire d'un sujet — le plus souvent les parents —, se trouvent reportés sur une autre personne."
Les auteurs dont je parle réhabilitent le transfert comme opportunité de grandir et se manifestant "dans la grande majorité des relations importantes."

J'aime bien que le concept de transfert sorte du champs de la psychanalyse. Je suis obligée de constater que mon vécu infantile influence ce qui se passe dans toutes les sphères de ma vie, y compris et surtout amoureuse.
Et je constate que les personnes que j'aime ont des aspects de leur personnalité ou de leur relation à moi qui répondent à des schémas y faisant écho aussi.

Ce que je n'ai pas en amitié. En amitié je ne sens pas d'enjeu en moi.

Mais bon c'est une piste pour moi ça ne veut pas dire que c'est la seule piste, encore moins qu'elle est valide pour tout le monde.

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dragonphoenix

le samedi 07 mars 2020 à 13h51

Wow, c'est un véritable interrogatoire tout ça ^^

Sérieusement, pour te répondre artichaut, je dirai que, clairement, dans le sentiment amoureux, il y a en partie un manque, effectivement, manque comblé par le simple fait de voir l'autre, même si ça n'implique aucun retour de sa part. Et, du coup, le fait d'y penser va avec ce manque il me semble. Oui, le sentiment amoureux va avec une certaine obsession, même si obsession est sans doute un peu fort comme terme (mais je n'en trouve pas d'autres appropriés).
Pour ce qui est de l'empathie et de l'admiration, ce sont des ingrédients essentiels au sentiment amoureux, mais tout autant essentiel dans une relation amicale.
Le lâcher prise, il s'installe avec le temps, dans les 2 types de relations, mais en ce qui me concerne je mets trèèèèèès longtemps à réellement lâcher prise. Et puis c'est un ingrédient essentiel dans d'autres types de relation. Par ex., je prends des cours de chant, et j'ai atteint un sacré niveau de lâcher prise avec ma prof, alors que ce n'est ni mon amoureuse ni mon amie ^^. Mais ce lâcher prise est nécessaire à l'apprentissage, tout comme la confiance.
L'absence de discernement, non, clairement pas, je prends toujours énormément de recul par rapport à toutes mes relations et affections. D'ailleurs, lorsque je sens le sentiment amoureux pointer le bout de son nez, je me mets instinctivement à chercher les défauts de la personne, histoire de sortir le plus vite possible de l'idéalisation de l'autre.

Par contre, l'élément que tu cites qui me parait le plus probant, c'est "les papillons dans le ventre". Sensation complètement absurde mais pourtant bien présente. Avec le petit pincement au cœur, les étoiles dans les yeux, le sourire béat, et autres réactions physiques absurdes.

Donc je dirai que les deux caractéristiques les plus probantes, ce sont les réactions physiques, et le manque.

artichaut

Est-ce que amour va avec possessivité pour toi ?

Pour moi, non. Je suis d'ailleurs pas du tout possessive.
Mais pour les personnes avec qui j'ai eu des relations amoureuses, malheureusement, oui.
Du coup, c'était mal vécu des 2 côtés. Du mien parce que je me sentais enfermée dans la relation.
Et du côté de l'autre parce que vécu comme un manque d'intérêt de ma part, voire une preuve de mon absence d'amour. J'ai entendu à plusieurs reprises, de la part de plusieurs de mes exs "Si tu n'es pas jalouse, c'est que tu ne m'aimes pas vraiment"...
Donc, dans l'absolu, j'aimerais pouvoir dire que l'amour ne va pas avec la possessivité, mais concrètement, la plupart des gens ayant le point de vue inverse, ça devient compliquer de relationner avec eux.

artichaut

Est-ce que l'amour serait un Je pour vous (je ressent), et l'amitié un Nous (nous faisons ensemble) ?


Je dirai que le sentiment amoureux est un "je" (je suis amoureuse de toi, indépendamment de ce que toi tu peux ressentir), mais qu'à partir du moment où il y a une relation qui se crée, quelle qu'elle soit, ça devient un "nous". Et ce "nous" est donc tout autant valable pour la relation amoureuse qu'amicale, que familiale, parentale, professionnelle, etc.
Après, à chaque "nous" de trouver ce qu'ils/elles souhaitent y mettre.

alinea
J'aime bien que le concept de transfert sorte du champs de la psychanalyse. Je suis obligée de constater que mon vécu infantile influence ce qui se passe dans toutes les sphères de ma vie, y compris et surtout amoureuse.
Et je constate que les personnes que j'aime ont des aspects de leur personnalité ou de leur relation à moi qui répondent à des schémas y faisant écho aussi.

Effectivement, c'est une piste tout à fait intéressante, et qui fait également écho à mon propre vécu.
Par ex., dans les caractéristiques physiques des hommes qui m'attirent.
Une amie de lycée disait que je n'étais attirée que par des "gringalets", et au final ça résume assez bien les choses.
J'ai eu des relations, "amoureuses" ou sexuelles, avec des hommes qui n'étaient pas des gringalets, mais les hommes qui m'attirent vraiment et dont je tombe amoureuse correspondent tous à ce sobriquet.
Effectivement, je suis attirée par des hommes très sveltes, peu musclés, de relativement petite taille (je fais 1m74, mon ex le plus grand faisait 1m77, et je le trouvais déjà presque "trop" grand), avec des physiques qui ne m'inspirent pas de peur, de méfiance ou de danger.
C'est totalement lié à mon vécu, où j'ai appris à avoir peur des hommes et à les considérer instinctivement comme un danger.
Et donc, étant pansexuelle, je suis régulièrement attirée par des hommes, mais ce sont tous des "gringalets" ^^.
Alors qu'à l'inverse, les femmes qui m'attirent présentent une diversité de physiques extrêmement importante.

Et, au niveau caractère, il y a aussi ce rapport à la peur qui rentre en ligne de compte, puisque les hommes qui m'attirent sont plutôt d'un tempérament calme, "doux", avec une grande sensibilité.

En fait,, je suis attirée par des hommes qui ne correspondent pas du tout, voire même qui sont à l'opposé, des standards de "virilité" de notre société.
C'est d'autant plus révélateur que sociologiquement parlant, les femmes sont généralement plutôt attirées par des hommes plus grands qu'elles, plus forts.
J'ai souvent entendu de la part de femmes "Mais un homme plus grand et plus fort, il pourra me protéger".
Il m'a fallu longtemps pour le comprendre et mettre des mots dessus, mais instinctivement, pour moi, un homme plus grand et plus fort, il pourra surtout me tabasser...

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Siestacorta

le samedi 07 mars 2020 à 16h33

dragonphoenix


Est-ce que l'amour serait un Je pour vous (je ressent), et l'amitié un Nous (nous faisons ensemble) ?

[artichaut]


Je dirai que le sentiment amoureux est un "je" (je suis amoureuse de toi, indépendamment de ce que toi tu peux ressentir), mais qu'à partir du moment où il y a une relation qui se crée, quelle qu'elle soit, ça devient un "nous". Et ce "nous" est donc tout autant valable pour la relation amoureuse qu'amicale, que familiale, parentale, professionnelle, etc.
Après, à chaque "nous" de trouver ce qu'ils/elles souhaitent y mettre.

Tout pareil que la créature...
Dans "amour", j'entends le je et le nous autant, et c'est source de confusion dans les discours...

Mais "amitié"-nous... Je sais pas.
Non, pas "nous" comme sujet, la qualité de ce qu'on est ensemble me semble plutôt moins sous-entendue que dans "amour".
Amitié comme forme de relation à plusieurs où les enjeux sont (en général, dans un usage habituel qui teint la définition) plutôt pas particulièrement passionnels.
Il y a des amitiés passionnelles, mais justement, on le précise quand c'est le cas. Quand on parle d'amour, le potentiel de drama est déjà là d'emblée.

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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bonheur

le dimanche 08 mars 2020 à 09h15

Ressentir, est savoir. Une amitié est celle que l'on ressent. Un amour est celui que l'on ressent. Chercher à décortiquer, à placer dans des cases, suivant des critères… Pour ?
Laissez-vous porter et reconnaissez comme ça vous vient. Seule la personne qui ressent peu savoir et surtout ne laissez personne décider à votre place.
Quant à la passion, sachant qu'elle ne dure pas, cela voudrait dire que l'humain devrait être un monogame séquentiel… Le hic, cela ne correspond pas à ce que je vis, mais alors pas du tout. Il est vrai que je suis une "bizarrerie".
La passion est comme l'amitié et comme l'amour, unique et particulière.
Pourquoi vouloir trouver des "généralités" là où il n'y en a pas obligatoirement ?
Je ressens ce fil de discussion ainsi et je ne m'y reconnais pas.

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Siestacorta

le dimanche 08 mars 2020 à 15h04

Je peux le comprendre.
Mais tenter de décrire, de qualifier, c'est pas nécessairement fermer le sens ni le vécu.
Encore une fois, la porosité entre les ressentis, les situations et les définitions me semble aussi importante que la recherche de moyens de se comprendre...

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artichaut

le mardi 10 mars 2020 à 16h12

dragonphoenix
Wow, c'est un véritable interrogatoire tout ça ^^

En fait, les trucs que je citais n'était pas voués à y répondre point par point. Ce n'étaient que des exemples (pris d'ailleurs dans des trucs communément admis, +que dans des trucs pour lesquels je cherchais des réponses précises). Le but étant plutôt d'inciter chacun·e a aller chercher ses propres descriptifs.
Donc incitation à l'introspection plutôt qu'interrogatoire…
Mais merci pour les réponses.

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artichaut

le mardi 10 mars 2020 à 16h24

alinea7
"Le transfert en psychanalyse désigne un processus au cours duquel des sentiments ou des désirs inconscients envers les premiers objets investis dans l'histoire d'un sujet — le plus souvent les parents —, se trouvent reportés sur une autre personne."
Les auteurs dont je parle réhabilitent le transfert comme opportunité de grandir et se manifestant "dans la grande majorité des relations importantes."

J'aime bien que le concept de transfert sorte du champs de la psychanalyse. Je suis obligée de constater que mon vécu infantile influence ce qui se passe dans toutes les sphères de ma vie, y compris et surtout amoureuse.
Et je constate que les personnes que j'aime ont des aspects de leur personnalité ou de leur relation à moi qui répondent à des schémas y faisant écho aussi.

Ce que je n'ai pas en amitié. En amitié je ne sens pas d'enjeu en moi.

On irait chercher en amour des choses que l'on ne peut trouver seul·e. Ou des choses que l'on a perdu et que l'on souhaite retrouver. Ou des piliers rassurants tout autant qu'encourageants. Ou des chemins d'expériences pour parcourir ou résoudre des questions de l'enfance ?

Transférer l'amour qu'on a reçu… —enfin quand c'était de l'amour (ou alors transférer les sentiments qu'on a reçus)— …vers des personnes qui nous semblent pouvoir cristalliser ou poursuivre quelque chose du même ordre ?

Ce ne serait alors pas uniquement, se projeter soi dans l'autre, mais se projeter soi-et-sa-famille, soi-et-son-passé dans l'autre ? Trouver un·e autre capable de nous accueillir. Un nous complexe composé de soi, de son passé, de sa famille, etc. Comme un nous dans notre entièreté ou notre complexion sociale et historique ?


…et pourquoi seulement en amour ?

parce que nos personnes de références (parents…) nous aurait donné de l'amour (ou de la haine, ou des traumas…) ou aurait vécu entre eux, au sein de leur couple, de l'amour …mais pas de l'amitié ?

…et si on étais élevés par des amis et non par des parents-amoureux(ou-supposément-amoureux), ça changerait quelque chose ?

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artichaut

le mardi 10 mars 2020 à 16h31

Siestacorta
Quand on parle d'amour, le potentiel de drama est déjà là d'emblée.

Quand on parle de famille, le potentiel de drama est déjà là d'emblée.
C'est ça le rapport ?

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artichaut

le mardi 10 mars 2020 à 17h11

Comme je (vous) pose beaucoup de questions, je vais essayer de répondre aussi.

Qu'est-ce qui pour moi différencie l'amour de l'amitié ?

Il y a des personnes que j'aime. Dont certaines qui me disent qu'on est "amis" (sans doute car on ne partage pas de sexe, ou parce que ça les arrange sociétalement).
Je ne suis pas certain de voir la différence avec des personnes que j'aime d'amour-amoureux. Sinon le désir-des-corps. Et encore que… les choses sont parfois bien complexes. Je peux avoir du désir-des-corps (tendresse) et même du désir-des-sexes (échanges de fluides) avec des personnes avec qui je n'en partage habituellement pas. Ces désirs là sont changeant et non figés (un peu comme la météo). J'ai donc une météo du désir, complexe, changeante et inégale.

Le sentiment d'amour, n'est pas que lié à ce sentiment de désir chez moi. Même si le tactile (a minima de la tendresse ou du contact physique) aide à développer ce sentiment d'amour. Disons qu'une connexion des corps, crée une connexion des âmes.

Les "ami·e·s" seraient alors peut-être ceux et celles avec qui je n'échange jamais de contact physique (ou juste pour dire bonjour, et encore avec retenue), voire avec qui ce contact me rebute (malgré une complicité à d'autres endroits).

Il y a aussi le sentiment d'amour-NRE. Là on va retrouver le manque de l'autre, l'envie d'être tout le temps avec l'autre, le sourire un peu bêta ou béa, les papillons dans le ventre etc. Mais pour moi, c'est juste lié aux corps qui se découvrent, qui se connectent. Et au fait qu'on est pas habitués à ça. Comme si ça reveillait des parties de nous trop souvent en sommeil.

Concrètement, les personnes que j'ai le sentiment d'aimer (par opposition à une supposée amitié), sont des personnes pour qui j'éprouve une forte empathie. Des personnes auxquelles je me sent connectés. Quand je pense à elles, souvent je ressent dans mon corps un truc un peu englobant. Par exemple une émotion qui part du pubis/nombril et remonte vers mon torse et ma tête. Et la sensation que mon corps s'étend, se dilate. Que je me connecte au monde aussi.
Ça peut me faire ça aussi quand je suis dans la nature (amour de la nature, sans doute). Me sentir petit dans une immensité.

Pour le désir sexuel, c'est un peu différent. Je dirais que ça part du sexe et que ça se dirige ensuite tant vers le bas du corps (jambes, pieds) que vers le haut (tête, bras, mains). Ça part en étoile quoi et vers les extrémités (et plutôt ça s'arrête aux extrémités, ça ne va pas +loin).

Là je parle surtout en l'absence de l'autre. Parce que en présence j'arrive moins à être dans mes ressentis. Et que je saurais moins décrire.

Je ne sais pas si c'est clair. Ni si ça aide.

En tout cas, autant le désir est changeant (comme la météo), autant l'amour (comme l'amitié) me semble solide. Même s'il y a des hauts et des bas également dans le quotidien (cf les "micros-moments-d'amour").
En tout cas en amour il y a une sorte de source ou de fleuve d'amour auquel je peux facilement me connecter (même dans les moments de désaccord ou de conflit). Et peut-être que c'est moins facile en "amitié" (où je serais plus intransigeant, et +campé sur mes positions, moins empathique, quoi).
Et du coup j'ai envie de mettre +d'amour (= +d'empathie, +de connexion aux autres) dans ma vie. Donc mettre de l'amour dans l'amitié.
Et +ça va, moins j'arrive à faire de différence claire, comme plusieurs d'entre vous semblez le faire, entre amour et amitié.

Et pour revenir au sujet de départ, à savoir les relations (poly)amoureuse sans rapport sexuel, il me semble que l'amour pour moi n'a plu grand'chose à voir avec le sexe. Mais avec le contact physique, oui. Le sexe pouvant s'inviter ou non dans la relation (en partir aussi, y revenir, etc sans changer fondamentalement la donne).

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Siestacorta

le mardi 10 mars 2020 à 22h49

artichaut
Quand on parle de famille, le potentiel de drama est déjà là d'emblée.
C'est ça le rapport ?

Heu... on peut faire ce rapport, pourquoi pas, mais non, je pense que le drama amoureux aie besoin d'une parenté avec la parenté pour exister.

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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artichaut

le mardi 10 mars 2020 à 23h29

…c'est que quand même, de l'œuf ou la poule, je me demande, quelle est la cause ?

mais oui, c'était plutôt une boutade

après le drama, il est aussi dans la quotidienneté, la conjugalité, bref ce que l'amour à en commun avec la famille

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