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Rassurer mon chéri

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LN (invité)

le mardi 12 novembre 2019 à 15h05

Bonjour

je suis Hélène, j'ai 38 ans, 3 enfants, un mari génial. Nous nous sommes rencontrés jeunes, avons construit et fait toutes nos expériences ensemble. Je l'aime plus que tout, j'ai besoin de passer beaucoup de temps avec lui, il me donne confiance en moi, me permet d'avancer dans la vie, de structurer ma pensé (qui peut partir un peu dans tous les sens..), nous partageons beaucoup de choses (mais pas tout, nous travaillons dans des milieux différents, avons des activités et des cercles relationnel qui ne se superposent pas complètement). Nous sommes extrêmement liés, et je n'imagine pas ma vie sans lui, même si je suis quelqu'un d'indépendant et pour qui la liberté est primordiale (je suis libre, mais je continue et ai bien l'intention de continuer à la choisir chaque jour)

J'ai toujours plus ou moins su que l'exclusivité était pas un truc ancré en moi. J'ai toujours fantasmé sur tel ou telle, sans forcément que l'envie que ça se concrétise soit présente. Depuis quelques temps, j'ai un partenaire de boulot avec lequel je m'entends bien qui prend un peu plus de place dans mon esprit. J'apprécie sa compagnie. Nous nous sommes un peu croisés en dehors du boulot et avons passé une chouette soirée ensemble il y a peu. Jusque là rien de concret, mais je pense que pour lui comme pour moi, il y a une certaine ambiguïté (absolument rien de tangible ne s'est passé).

Par ailleurs, nous avons en ce moment pas mal de couples de notre entourage qui se défont, s'empêtrent dans des situations inextricables, etc... Nous avons donc eu pas mal de questionnements vis à vos de nos amis et avons conclu qu'il fallait absolument communiquer, tout se dire, que tout mode relationnel était acceptable dès lors qu'il était librement consenti, etc...

Donc je me suis dit : c'est le moment, ouvrons (délicatement) la discussion sur ce qui pourrait éventuellement se passer "à côté". Et là patatras !... gros gros effondrement de mon chéri. Complètement déstabilisé, il a pleuré toutes les larmes de son corps, quasiment fait une crise d'angoisse. Une première tentative de dialogue a donc été stoppée net. J'ai tenté une deuxième approche, 15 jours plus tard, avec un résultat similaire en termes de désespoir - sauf que nous avons pu parler. Il me dit que toute sa vie est tournée vers le fait de "me satisfaire", que lui suggérer que je pourrais avoir de la curiosité pour d'autres montre qu'il est pas à la hauteur / qu'il me suffit pas / qu'il n'arrive pas à m'apporter ce dont j'ai besoin, etc... Il estime que "rien de bon ne pourrait sortir de là" Cela a révélé de vraies failles (avec d'autres causes, notamment de boulot), dont je ne soupçonnais pas l'ampleur. Je l'ai rassuré autant que j'ai pu, sur le fait que je l'aime plus que tout, que je ne cherche pas ailleurs quelque chose qui me "manquerait" chez lui, qu'il n'est en rien défaillant, et que je ne voudrais pas qu'il soit autrement sur aucun sujet (c'est absolument sincère). Mais que pour autant, je ne suis pas équipée d'un bouton OFF qui me permettrait, dès lors que je l'aime, de ne plus percevoir les autres. Je lui ai dit que je ne cherche pas chez d'autres ce qui me manquerait à la maison, mais que j'aime les gens, j'ai la curiosité des autres (le besoin de me faire aimer aussi probablement), que je ne vois pas de différence de nature profonde entre amour et amitié, et dès lors, je peux avoir du mal à fixer une frontière claire entre qui je vois "sans risque" et avec qui ce serait ambigu....

Bon la discussion a été très éprouvante (car emplie de beaucoup de tristesse, pas du tout de reproches ou de cris). Je lui ai dit que je souhaitais que nous en reparlions, plus tard (il est en gros questionnement de boulot, donc on peut peut-être pas tout gérer en même temps). Que je ne lui mentirai jamais (il m'a remercié de lui avoir parlé plutôt que caché), que j'allais éviter toute situation "à risque". Il m'a dit qu'il ne voulait pas m'empêcher d'être qui je suis, mais qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'être qui il est et de ressentir ce qu'il ressent.

Pfiou, merci déjà de m'avoir permis d'écrire ce long compte-rendu, ça fait du bien ! Et sinon des conseils ? A ce stade, je "mets en sommeil" toute pensée qui ne serait pas dirigée vers lui. Je vais m'atteler à le rassurer sur mon amour, mon profond attachement. Est-ce que d'autres ont connu des situations similaires ? Comment avez-vous réagi ?

Merci

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bonheur

le mardi 12 novembre 2019 à 16h19

Bonjour LN,

Je vais faire preuve d'optimiste, en lien avec mon vécu. Voici ma perception de ton récit.

Avoir la présence d'esprit de dire avant de se mettre en délicate situation est un bienfait. Tout à fait l'optique d'une volonté d'exprimer et c'est difficile. Surtout lors des discussions initiales.

Ton chéri passe par toutes les étapes du deuil. La tristesse, puis une forme de déni, puis la culpabilité… Tu es présente, tu le soutien, tu le RASSURE et je dirais que tu fais exactement ce qu'il faut. Je ne vois pas ce que tu peux faire de plus. Etre présente, encore et toujours. Répondre sincèrement et authentiquement sans l'incriminer.
Les failles, elles sont révélées par les blessures. Ce n'est pas mauvais. C'est douloureux, ça oui.

Je me retrouve pas mal dans ta description de toi. Beaucoup même. Je n'ai pas de "conseils" à communiquer.

De mon vécu, quand je me mets en sommeil, je m'éteins et je deviens gourd (engourdi, non réactive, non réceptive, passive, sans rayonnement). M'offrir le loisir de reconnaître l'amour quand il survient et me transforme est une étape en soi. Ne pas considérer comme honteux ce que je ressens en est une autre. Dire mes émotions, ressentis universellement est la suivante. Avoir un entourage qui m'appréciera (ou m'aimera) achève mon éclosion.

Ton chéri a toutes les facultés de compersion. Et en plus, sa culpabilité est une opportunité d'éclosion de son côté. Je ne parle pas qu'il devienne poly. Ce n'est pas obligatoire du tout. Qu'il comprenne et devienne complice de ton polyamour (ou polyaffectivité), permettra sa compersion. S'il devient heureux que tu sois heureuse, ce qui parait être le cas.

Se donner du temps ? Oui, une transition de cette ampleur demande d'y consacrer beaucoup de temps et que les étapes ne soient pas sous-estimées. Donc ta vision de l'avenir à court terme est juste. Malgré tout, aller dans le sens "je n'ai personne donc on stagne" serait, pour moi, peu judicieux. Lui, comme toi, devez évoluer ensemble et garder à l'esprit que l'amour se présente sans annonce préalable.

Offrez-vous le loisir d'avoir envisager au-préalable, serait ma conclusion.

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Sophie72

le mardi 12 novembre 2019 à 17h47

Bonjour Hélène.
Sur certains points, nos histoires se rejoignent. J'a annoncé à mon compagnon il y a quelques mois que j'éprouvais des sentiments pour un autre sans que cela ne remette en question mes sentiments pour lui et cela a été pour lui un véritable tsunami. Bon par contre en plus de la déprime, il est passé par la phase colère et il oscille actuellement entre les deux avec des moments où il se sent confiant. Donc très compliqué au quotidien certains jours. Il n'est pas vraiment agressif mais m'envoie des pics les jours de colère et/ou me fait la gueule. Cela ne dure pas, heureusement. Je le rassure beaucoup comme toi . Bon après là où cela diffère et peut être plus rassurant que dans ton cas c'est que celui dont j'étais amoureuse a disparu de ma vie. Donc pour le moment, je n'ai pas véritablement d'attente si ce n'est qu'il accepte l'idée que je sois comme ça. Je pense que moins il y a de "pressions" et plus cela facilitera votre démarche l'un et l'autre. J'espère que cette période compliquée sera bientôt derrière vous.

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bonheur

le mardi 12 novembre 2019 à 19h03

J'ai créer un fil de discussion sur le deuil (issue d'une lecture). En lisant, j'avais reconnu les nombreuses étapes par lesquelles mon mari et moi (surtout lui) étions passées. Faire le deuil des normes, faire le deuil de son passé, faire le deuil de ses croyances, faire le deuil de ses illusions… perdues. Le deuil est lié à une perte !

En voici le lien :

/discussion/-cga-/Le-Deuil/

Un deuil demande un respect dans le temps et un accompagnement judicieux, avec un distance délicate pour l'accompagnant. L'amour est essentiel durant cette période plus ou moins longue. Et ce qui n'est pas abordé, c'est les possibles "rechutes". J'ai fait en effet le constat, qu'à chaque nouvelle personne qui entre dans ma vie amoureuse, un nouveau "travail" s'annonce.

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homme_partit

le mardi 12 novembre 2019 à 19h18

Bonsoir.

Je voudrais apporter une précision sur le fait de vouloir rassurer son conjoint suite à l'annonce d'ouverture du couple au polyamour.

Dans le cas de LN ou de Sophie, elles sont à la fois à l'origine du mal être du leur conjoint et celles qui rassurent. Ce paradoxe est rarement soulevé mais l'ayant vécu, je voulais faire part de cette sensation.

Attention, je ne suis pas à écrire qu'il y a des méchants et des gentils, juste difficile de percevoir le nouveau positionnement de son autre poly.

Il est tellement difficile d'entendre l'amour alors que la souffrance vient de souffler juste avant.

Cependant, il n'y a pas de recette miracle pour annoncer sans douleurs cette volonté de poly, sans que le conjoint mono cherche ce qu'il a fait ou pas fait pour en arriver à cette situation.

Le temps n'est pas un luxe, le mono en a besoin pour avancer en ayant besoin de nouveaux repères censés le réconforter. Le poly n'a pas un rôle facile, mais il doit apprendre aussi à freiner pour poser ses nouvelles règles dans un équilibre fragile.

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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bonheur

le mardi 12 novembre 2019 à 19h24

Pour aller dans le sens d'homme_partit, je dois préciser que dans mon vécu, la tierce personne m'a lâcher devant la situation. Du coup, oui, la pause s'est invitée d'elle-même dans mon évolution et j'ai pu me concentrer sur l'accompagnement vis-à-vis de mon chéri de vie. J'ignore si nous serions sortie aussi indemne autrement ?

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Sophie72

le mercredi 13 novembre 2019 à 12h23

Tu as raison @homme partit. Moi je sais que j'ai proposé à mon mari de voir quelqu'un de neutre (donc un professionnel) pour en parler. Le souci c'est que comme il est encore un peu dans la colère, il m'a répondu qu'il n'avait pas à se "soigner" alors qu'il n'avait rien fait. Et l'idée d'en parler à ses copains est selon moi une très mauvaise idée car ils ne sont pas ouverts d'esprit du tout! Donc je confirme que c'est compliqué d'être à la fois la personne qui rassure et qui a tout chamboulé.

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homme_partit

le mercredi 13 novembre 2019 à 18h14

Sophie, il y a effectivement une incompréhension pour ton mari de consulter, car il ne voit pas de raison pour cela.
Perso, j'ai consulté seul et en couple. J'ai eu la chance de tomber sur une thérapeute ouverte. Cela permet de relancer un dialogue posé, d'ouvrir certaines pistes, d'analyser autrement la situation, mais n'apporte pas de solution.

Lorsque tu lui expliques qu'aimer un autre ne remet pas en cause tes sentiments pour lui, il ne le perçoit pas ainsi, il ne peut pas l'entendre.
Pour toi, il y a cette évidence pour X raisons concrètes, mais lui doit se contenter de tes mots en s'appuyant sur la confiance en toi.
Maintenant, vos repères diffères comme vos discours. Chacun aura un argument à opposé à celui de l'autre, c'est un débat sans fin, sans méchant, difficile et chronophage.

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bonheur

le mercredi 13 novembre 2019 à 19h09

@Sophie72. J'ignore si mon questionnement est pertinent. Il est en colère tout court OU il est en colère envers toi ? (il t'en veut d'avoir chambouler sa vie).

Je crois que là est aussi l'instant pour pouvoir avancer dans une dynamique commune. C'est aussi l'équivalent dans un couple classique qui s'aperçoit que la vie commune n'est plus possible. L'un en veut à l'autre et lui fait porter toute la responsabilité (pas un cas général, mais j'ai souvent constaté dans mon entourage). Il y a cette notion de neutralité de l'un et que l'autre soit fautif.

S'il y a un fautif, on ne peut pas avancer ensemble. Il y a une différence entre être à l'origine d'un bouleversement et la vilaine personne qui de part un mauvais comportement, oblige à... A quoi ? c'est sans doute là le point de d'éloignement.

Quand le polyacceptant intègre de lui-même que le poly en devenir ne devient pas ainsi contre… mais pour au contraire un objectif de continuité qui ne pourra plus jamais être sur la même ligne qu'auparavant et que justement l'avenir sera différent ET ensemble.

C'est en cela qu'une transition vers la philosophie poly demande une concertation avec un dépassement du "mauvais" de l'autre qui lui ne se perçoit pas ainsi, car il ne l'est pas. Le polyacceptant entre dans la philosophie que le polyamour est une beau. Eventuellement, concevoir comme un utopie, mais une belle utopie.

Si l'on fait s'opposer le mono et le polyamour comme non compatible, il sera difficile d'avancer sainement et sereinement.

Aussi, je crois que si j'avais dit à mon chéri de consulter, je pense qu'il m'aurait fait la même réponse. Car si on assimile l'intervention d'une personne neutre à un "soin" (donc se guérir d'une maladie), ce qui est souvent la perception, alors pourquoi ce serait la personne qui se déclare subir le bouleversement qui irait consulter ? Perso, vue sous cet angle, j'aurai tendance à dire que ce doit être la personne qui bouleverse qui doit aller consulter. L'intervention d'un psy… doit être perçu comme un moyen de convergence et non comme un soin à un mal être. En tout cas, je le perçois ainsi.

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bonheur

le mercredi 13 novembre 2019 à 19h14

LN ?

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LN (invité)

le mercredi 13 novembre 2019 à 21h12

Merci beaucoup pour vos interventions. Nouvel échange ce matin avec mon chéri... enfin ses sanglots m’ont réveillée en fait, donc discussion. Il était absolument en panique complète (pleurs, tremblements, angoisse ultime). Il peut être un peu sensible, mais je ne l’avais vu ainsi, j’en ai été complètement décontenancée et paniquée moi même (j’ai cru qu’il allait se jeter par la fenêtre de désespoir).
Il peut se figurer et concevoir intellectuellement ce que je lui dit, me remercie de lui avoir dit, mais ne peut pas vivre ainsi. Il me dit que tout ce qu’il est / fait est tourné vers moi et que si j’ai de la curiosité pour d’autre, il se sent incomplet / incapable de me satisfaire / inutile, etc... C’est un sentiment (comme ce que je peux éprouver) et pas «  contestable «   en tant que tel.
Être l’objet d’un tel amour est «  valorisant », gratifiant, cela donne confiance en soi, mais le revers est que la responsabilité est grande. Je mets donc de côté pour un temps non déterminé (toujours ?) mon «  attirance » pour d’autres. Je sais la frustration que cela peut-être, mais je vais l’assumer, sans mensonges ni tromperie car il vaut bien cette frustration. Je vais mettre de la distance avec celui qui m’attire, et éviter de me retrouver dans des situations ambiguës....

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bonheur

le mercredi 13 novembre 2019 à 21h39

Courage à tous les deux. Vos décisions vous appartiennent, heureusement d'ailleurs. Je souhaite que tu trouves un bonheur à venir !
Un bel avenir :-) et un amour heureux <3

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Siestacorta

le jeudi 14 novembre 2019 à 00h08

Il aurait pas manqué un peu d'expérience amoureuse avant toi, le monsieur ?

C'est pas une faute, juste que je me figure bien une situation d'un homme qui en revient pas qu'une fille trop bien se soit attachée à lui, que ça a chamboulé, qu'a jamais vraiment cru que c'était autre chose qu'un miracle tombé là par erreur.

Et ça révèlerait alors une façon de pas s'aimer soi-même de façon très confiante.

Mais même... S'ouvrir cet horizon, faut pas se le cacher, c'est changer beaucoup de choses. Et pour beaucoup de gens, changer quelque chose, c'est pas différent de le détruire, parce que pour une raison ou une autre, ils n'ont pas envisagé que l'équilibre c'était quelque chose qui se travaillait selon les circonstances, pas sur un modèle fixe.
Je veux donc dire : oui, ça peut faire peur, et il faut y faire très attention, mais aussi, la peur c'est pas la fin, c'est un signal pour apprendre autre chose.

Or bref donc : t'as raison de pas te précipiter et de le protéger un peu, mais je pense aussi que mettre indéfiniment sous le boisseau ce que chacun a découvert dans ces circonstances serait une belle perte.

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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Siestacorta

le jeudi 14 novembre 2019 à 00h11

Oué, je relis, 38 ans mariés trois enfants toutes vos expériences ensemble, ça a donc probablement commencé assez tôt... Il a pas été longtemps ni dans beaucoup d'histoires, ni même en solo, si ?

C'est peut-être aussi ton cas, mais la façon dont dans l'enfance la famille nous construit (ou pas) une confiance pour s'adapter change notre façon d'aller vers les rencontres...

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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LN (invité)

le jeudi 14 novembre 2019 à 11h02

@Siestacorta, t'as tout compris . ;-)
Nous nous sommes connus (très) jeunes et sommes mutuellement notre seule expérience. Nous avons donc un lien très fort. Nous nous aimons beaucoup, nous connaissons beaucoup. Mais ce profond attachement, partagé, n'a pas les mêmes conséquences. A moi, ça me donne beaucoup de sécurité et de confiance en moi, ce qui me permet, avec cette base / ce refuge sûr, de "regarder" les autres. A lui, cet attachement lui donne tout son cadre et son horizon, ça lui suffit, il ne veut surtout rien d'autre. C'est du ressenti, on peut en parler, mais il n'y a personne à "convaincre".

Là ou j'ai manqué de clairvoyance, c'est que j'ai parlé de cette possible "ouverture" à un moment de questionnement professionnel pour lui. Je savais que son boulot ne le bottait pas, mais j'avais pas compris que ça le minait vraiment, lui avait sapé sa confiance en lui (sentiment de servir à rien, problèmes d'éthique, etc...). Je n'avais pas mesuré l'ampleur du problème, et nos discussions l'ont mis à jour. Je vais l'accompagner dans sa réflexion et son positionnement pro (comme il l'a déjà fait pour moi), sans le parasiter avec autre chose, en essayant de lui donner confiance, de l'assurer que je suis et serai toujours à ses côtés (ce qui est parfaitement sincère).

Même si cet épisode a été douloureux et éprouvant, il nous a fait progresser dans notre communication. Je vais mettre de côté pour un temps indéfini (toujours ?) ma curiosité pour les autres. J'en ai pris l'engagement, et je me tiens à ce que je dis. Je ne compromettrait pas l'essentiel pour le secondaire (je sais que certains n'aiment pas "hierarchiser" les relations, mais quoi qu'il ait pu se passer, mon mari eut été ma relation prioritaire).

Merci beaucoup pour votre bienveillance

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Siestacorta

le jeudi 14 novembre 2019 à 12h43

Tu as totalement raison de hiérarchiser tes besoins, et d'écouter les siens !
Mais comme tu le constates, ce moment a conduit à en comprendre mieux certains... Tu as bien pris le tournant, où, après avoir assuré tes bases, tu t'es sentie capable d'exploration.
Vous lui avez découvert une fragilité...
La bonne nouvelle, c'est qu'il y a des tas de possibilités devant. Et même si le PA n'est (évidemment) pas obligatoire ni nécessaire, faut être attentif à rester capables d'un mouvement commun, je crois.
C'est pas parce que tu recules ici (encore une fois, tu as sans doute raison !) et que lui a eu peur qu'il n'y a que le matériel à assurer. J'essaie de dire, peut-être mal, que le sentiment de sécurité c'est pas celui qu'est défini par des repères figés, c'est construire la confiance de pouvoir faire avec la vie qui change toujours... Et vous avez sans doute une compréhension mutuelle qui vous permet d'inventer (avec ou sans PA) cette confiance.

Bref, que le boulot ait attaqué sa confiance, sans doute.
Mais le boulot c'est moins important que votre "alliance", votre confiance à vous deux. Donc pas seulement par curiosité mais par besoin de rendre l'épanouissement possible, quelles que soient ses formes ultérieures, je crois utile remonter à la racine intérieure de sa crise, hors des contingences : on peut avoir des peurs alors que rien n'arrive de grave dehors... Même avec un boulot super, pour qu'il soit bien avec toi (poly ou non), refabriquer encore une nouvelle confiance peut ne pas être secondaire du tout...
Bref, profitez de l'expérience pour faire au moins de l'exploration interne :-)

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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LN (invité)

le jeudi 14 novembre 2019 à 12h56

C'est tout à fait ça. Merci pour ces mots.

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Sophie72

le lundi 18 novembre 2019 à 10h27

Je comprends tout à fait ce que tu ressens LN . Nous avons d'ailleurs des situation de couples très proche et je pense aussi que ce que j'ai pu ressentir pour d'autres n'est pas aussi important en terme d'impact sur ma vie et me sens incapable de remettre complètement en question mon couple au point de perdre cet amour qui est mon "point de repère affectif". Je comprends donc ton choix.

bonheur
@Sophie72. J'ignore si mon questionnement est pertinent. Il est en colère tout court OU il est en colère envers toi ? (il t'en veut d'avoir chambouler sa vie).

Je crois que là est aussi l'instant pour pouvoir avancer dans une dynamique commune. C'est aussi l'équivalent dans un couple classique qui s'aperçoit que la vie commune n'est plus possible. L'un en veut à l'autre et lui fait porter toute la responsabilité (pas un cas général, mais j'ai souvent constaté dans mon entourage). Il y a cette notion de neutralité de l'un et que l'autre soit fautif.

S'il y a un fautif, on ne peut pas avancer ensemble. Il y a une différence entre être à l'origine d'un bouleversement et la vilaine personne qui de part un mauvais comportement, oblige à... A quoi ? c'est sans doute là le point de d'éloignement.

Quand le polyacceptant intègre de lui-même que le poly en devenir ne devient pas ainsi contre… mais pour au contraire un objectif de continuité qui ne pourra plus jamais être sur la même ligne qu'auparavant et que justement l'avenir sera différent ET ensemble.

C'est en cela qu'une transition vers la philosophie poly demande une concertation avec un dépassement du "mauvais" de l'autre qui lui ne se perçoit pas ainsi, car il ne l'est pas. Le polyacceptant entre dans la philosophie que le polyamour est une beau. Eventuellement, concevoir comme un utopie, mais une belle utopie.

Si l'on fait s'opposer le mono et le polyamour comme non compatible, il sera difficile d'avancer sainement et sereinement.

Aussi, je crois que si j'avais dit à mon chéri de consulter, je pense qu'il m'aurait fait la même réponse. Car si on assimile l'intervention d'une personne neutre à un "soin" (donc se guérir d'une maladie), ce qui est souvent la perception, alors pourquoi ce serait la personne qui se déclare subir le bouleversement qui irait consulter ? Perso, vue sous cet angle, j'aurai tendance à dire que ce doit être la personne qui bouleverse qui doit aller consulter. L'intervention d'un psy… doit être perçu comme un moyen de convergence et non comme un soin à un mal être. En tout cas, je le perçois ainsi.

En fait c'est pour la colère que je lui ai demandé de voir quelqu'un. On a pu en parler parce que sa colère envers moi me bouffait. Il m'envoyait des petits pics sans arrêt, me faisait des reproches chaque fois qu'il voyait ou comprenait que j'échangeais sur ce forum ou un groupe et disait parfois devant les enfants des trucs à propos de mon ex-ami très durs à entendre pour moi. Et puis normalement on ne se dispute que très rarement , alors cette ambiance que j'ai connu enfant (mes parents en s'entendaient pas du tout et se disputaient sans arrêt devant nous) me pesait au point que je me disais que cela ne pouvait pas durer. On a eu une conversation qui me paraît plus constructive et je pense que dorénavant il laissera la colère pour exprimer ses peurs et avancer. Moi je ne me sens pas prête à consulter un psy parce que pour moi cela signifie que je dois faire le deuil à jamais d'un autre amour. Je me sens capable de faire le deuil de relations plurielles pour le moment mais je ne veux pas fermer mon cœur à tout autre amour et donc on verra à ce moment-là où on en est tous les deux si jamais cela arrive.

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