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Autisme et amour? Comment savoir si on aime, si on est amoureux, si on est ami.e.s??

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nofate

le jeudi 08 août 2019 à 15h13

Bonjour à tous et à toutes.

Je suis en cours de diagnostic autisme depuis trois ans, sans déficience mentale, avec dyspraxie et TDA/H +++, après une errance psychiatrique de 15 ans, soit-disant pour schizophrénie affective, sachant que j'ai fait ma première tentative de suicide à l'âge de 10 ans.

J'ai une vie plus ou moins dans la "norme". Mariée, deux enfants. Je suis mariée avec un ami d'enfance de 29 années d'amitié, de 19 années de couple, de 15 ans de ménage, dont 7 ans de mariage.

Comme dans beaucoup de témoignages que j'ai pu lire, je ressens des sentiments pour plusieurs personnes à la fois. Toutefois je m'interroge sur ce sentiment d'amour.

Il m'est toujours à ce jour difficile de comprendre si je suis amoureuse ou si j'aime, de même en quoi suis-je légitime de revendiquer mon besoin d'intimité avec x + n éventuel individu.

La question initiale selon moi serait de comprendre en quoi le fait de ressentir le besoin absolu d'un contact physique avec une personne que l'on apprécie est-il indicateur d'un sentiment d'amour ou amoureux? Ou se situe la différence? Est-ce pertinent de répondre à ce besoin? Si oui, dans quelle mesure?

D'autant que je ne supporte pas que l'on me touche ou de toucher si je ne suis pas avertie physiquement et psychologiquement à tout contact physique sans intention sexuelle. Ceci est donc assez complexe à faire comprendre à la plupart de mon entourage mais est assez bien accepté au fil du temps (ami.e.s, mari et enfants). Par exemple, nous nous embrassons peu chez nous, les enfants ayant été diagnostiqués autistes par un CRA avant que mon diagnostic de schizo ne soit redirigé vers autisme.

En ce qui concerne le rapprochement physique avec intention sexuelle ou pulsion... Je n'arrive pas à déterminer ce que je ressens comme étant quelque chose de négatif, ou de malsain. Cependant, je le vis comme tel. J'ai peur de le dire autour de moi; de le ressentir aussi, puisque je vis ce ressenti comme une infidélité vis-à-vis de mon mari et comme un viol intellectuel et psychologique des personnes qui se considèrent, et que je considère, comme étant mes ami.e.s.

J'ai pu aborder ce sentiment avec les personnes concernées en ce compris mon mari qui ne comprennent pas ce sentiment d'infidélité (en pensées) et d'intrusion étant donné que mes actions ne dépassent pas mes pensées par la concrétisation d'actes impulsifs ou plus avoués, pour ne pas dire fantasmés.

Je ne sais pas si je suis compréhensible en ce que j'expose ci-avant.

D'avance, merci de vos échanges.

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bonheur

le jeudi 08 août 2019 à 15h36

Bonjour nofate,

Je constate que tu as eu un parcours particulier. Mais tu sais, chaque individu est particulier. Je crois que la psychiatrie évolue et heureusement. Toutefois, les anciennes "évidences" ont trop souvent la vie dure et peuvent encore s'exprimer.

Sache que si tu penses ne pas être née à la bonne époque, ben tu n'es pas la seule.

Par contre, ton ressenti ne fait pas de toi quelqu'un de monstrueux, crois-moi. J'ai étudié quelque peu les émotions ces dernières années et ce que j'en conclus, c'est que toute émotion à sa place. Aucune n'est mauvaise. Par contre, exprimer un état émotionnel, qui est rarement clair et net, mais souvent ambigu, est délicat. Les mots manquent souvent. Les médecins qui te suivent, t'ont-ils offert ce vocabulaire indispensable ?

Ce que tu ne perçois pas comme négatif ou malsain… ne l'est pas. C'est la construction qui te dicte cela.

Après, je ne nommerai pas "infidélité" ce que justement, tu tentes d'exprimer à ton mari. Au moins, accorde toi cette positivité. Tu tentes cela et il faut du courage pour ça. C'est la première démarche pour s'offrir aux autres d'une juste façon. C'est un cadeau précieux de se dévoiler.

Je te souhaite que cette réorientation médical, te permette de finalement te découvrir avec toute la beauté qui émane de toi et que ton entourage profite de tes découvertes sainement.

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nofate

le jeudi 08 août 2019 à 15h54

Merci :)

"Les médecins qui te suivent, t'ont-ils offert ce vocabulaire indispensable ?"

Je suis suivie par psychiatre TCC + psychologue TCC 1X mois chacun en complémentarité. Non, je n'ai pas de référentiel, ni ne sait par où commencer pour en construire un.

J'ai toujours catégorisé mon entourage en vue de savoir si je répondais aux besoins des proches, si je respectais leur identité, leur place, etc. Cette "catégorisation" me permet de clarifier mes intentions/actions/réactions en adéquation avec mon environnement.

Cela est devenu plus facile lorsqu'il s'agit de savoir si je dois me rendre ou pas à l’enterrement d'un proche d'un ami, mais par exemple pas de savoir si une étreinte de réconfort est nécessaire ou pas pour le proche à accompagner dans son deuil.

Merci de vos encouragements.

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bidibidibidi

le jeudi 08 août 2019 à 17h20

nofate
La question initiale selon moi serait de comprendre en quoi le fait de ressentir le besoin absolu d'un contact physique avec une personne que l'on apprécie est-il indicateur d'un sentiment d'amour ou amoureux? Ou se situe la différence? Est-ce pertinent de répondre à ce besoin? Si oui, dans quelle mesure?

Tu es à la fois au meilleur et au pire endroit pour parler de ça.
Au meilleur parce que les polyamoureux réfléchissent beaucoup à ce genre de questions, et sont beaucoup plus ouverts pour y répondre.
Au pire parce que ce sont des questions de monogame. Pour un polyamoureux, il n'y a pas de besoin de définir précisément les sentiments. Amitié, amour, quelle besoin de faire une différence ? Si une personne compte pour toi, alors elle compte pour toi. Si elle ne compte pas pour toi, alors elle ne compte pas pour toi. Et tu pourras avoir une sexualité avec la première, la seconde, les deux ou aucune des deux, et ça ne change rien à la teneur de tes sentiments.

Pour moi (et c'est que mon opinion), le désir n'a rien à voir avec les sentiments. Il est augmenté quand il y a sentiments, mais on peut désirer quelqu'un qu'on n'aime pas du tout.
Est-il pertinent de répondre au désir... Pour moi, oui, tant qu'il n'y a pas de conséquences négatives pour soi ou pour les autres. On a qu'une vie, c'est pas pour se frustrer. Si tu ne sens rien de malsain ou négatif dans tes pulsions c'est que ça n'est pas malsain ou négatif, point.

Je suis pas sûr que ma réponse t'aide beaucoup :-)

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bonheur

le jeudi 08 août 2019 à 17h22

Je vais commencer par la fin de ton message. J'espère que cela ne te dérange pas.

nofate
Cela est devenu plus facile lorsqu'il s'agit de savoir si je dois me rendre ou pas à l’enterrement d'un proche d'un ami, mais par exemple pas de savoir si une étreinte de réconfort est nécessaire ou pas pour le proche à accompagner dans son deuil.

Reprenons cet exemple. Moi je suis empathe, hyperémotive, hypersensible. Autrement dit, les enterrements sont un supplice pour moi. Si je prend l'exemple des deux derniers auxquels j'ai assistés, c'était en particulier pour être dans l'accompagnement d'autrui, être présente. Une fois, vis-à-vis de l'un de mes enfants et l'autre fois vis-à-vis de mon chéri de vie. Dans les deux cas, je n'avais pas un lien de super-proximité avec le défunt. Mais voilà, les enterrements sans larmes, je ne sais pas faire. Toute cette ambiance fait que même si j'assistais à un enterrement d'un parfait inconnu, au milieu d'inconnus, je pleurerais. La situation elle-même provoque cela chez moi. Tout comme devant un film impactant d'ailleurs, qui n'est que le fruit d'un imaginaire. Je suis ainsi.

Malgré tout je me suis sentie bien en repartant de l'un de ces deux enterrements et pas bien du tout en ressortant de l'autre. Pourquoi ? Dans un cas, il y avait un réel lâchement de l'ambiance. Chacun-e s'est permis de pleurer, de serrer dans ses bras, il y avait comme une "symbiose" émotionnelle et des gestes accompagnant. C'était dans l'expression totale de l'instant. On pouvait vivre l'instant, ensemble, également avec les personnes que je ne connaissais pas du tout et que je ne reverrai jamais. Dans l'autre cas, j'ai été la seule à verser ma larme. Ca a été très difficile pour moi. Avec mon chéri, lorsque nous sommes rentrés, nous en avons parlé et il a pu lâcher le petit quelque chose qu'il ne s'était pas autoriser sur l'instant.

Autrement dit, on en peut pas accompagner quelqu'un qui ne veut pas. Parfois, ça convient, d'autre fois non. C'est je pense plus une question de pudeur ou de fierté. C'est parfois la résultante d'une construction style un garçon ne pleure pas, un homme ne pleure pas, un adulte affronte sans montrer ses émotions.

Moi j'ai besoin que mes émotions se vivent sur l'instant, et de toute façon, on ne retient pas toujours. Et puis, retenir se transforme parfois en enfouir. Comme si on avait honte de ses émotions. Ca j'avoue que je ne comprendrais jamais et ne pourrai désormais plus jamais le vivre.

Le constat le plus navrant, c'est qu'au final on ne s'accorde même pas l'opportunité de demander à l'autre quel type d'accompagnement il désire. Ca craint !

nofate
J'ai toujours catégorisé mon entourage en vue de savoir si je répondais aux besoins des proches, si je respectais leur identité, leur place, etc. Cette "catégorisation" me permet de clarifier mes intentions/actions/réactions en adéquation avec mon environnement.

Je n'ai pas été détecté mais mes différences l'ont mis en évidence. Je vis très bien avec depuis que je me sais naturellement ainsi et aussi que je me sens bien ainsi. Je suis moi, et je n'oblige personne à m'aimer ainsi. De toute façon, je crois que quand on est différent à ce point, on "plait" ou on ne "plait pas" mais il y a rarement de milieu. A mon avis, il ne faut pas catégoriser, ni soi, ni les autres. Déjà, la vie est impermanence et l'individu est mouvance. Par contre, s'informer pour respecter la place, l'identité et offrir ce qui peut être reçu, ça oui !!!

C'est la raison pour laquelle il faut communiquer. Par contre, on peut s'instruire sur des méthodologies (attention une méthode est une théorie, un concept, qu'il faut concevoir comme bon, si elle nous parle individuellement, pour s'en imprégner… ce n'est pas une notice exacte qui doit régir) possibles et adaptables. Il faut du temps pour que l'impact soit intéressant, mais rien se réalise sans s'en offrir les possibilités.

nofate
Je suis suivie par psychiatre TCC + psychologue TCC 1X mois chacun en complémentarité. Non, je n'ai pas de référentiel, ni ne sait par où commencer pour en construire un.

Je comprend la complémentarité (que veut dire TTC ?) et je suppose qu'elle est bonne. Par contre, je trouve que cet accompagnement devrait justement t'offrir les mots indispensables. Je pense en particulier au psychologue. Si cette personne ne t'assiste pas dans ta construction, qui le fera…

Après, sans aller à l'encontre du travail accompli déjà, je dirai que tu peux prendre en charge toi-même, accompagnée par tes proches, ton "développement". J'entend par là, une bonne connaissance de toi et une acceptation de ton émotionnel. C'est en ce sens que tu peux lire par exemple des ouvrages ou des romans sur le développement personnel.

Je pourrai te communiquer des références si tu le désires.

La développement personnel est je trouve, une autre complémentarité avec ton suivi médical actuel. D'ailleurs, la personne qui devrait te communiquer des sources informatives, devrait être ses médecins justement. D'ailleurs, je suis très novice dans ce domaine. Ma mère m'a trainée trop souvent durant mon enfance chez des professionnels pour savoir ce qui ne collait pas chez moi. Le hic, c'est que rien ne collait pas chez moi, j'étais juste atypique. Je garde donc un souvenir plutôt négatif. Mais, là ce n'est que mon vécu, et je ne dis pas d'aller à l'encontre de ton suivi, surtout s'il te fait du bien. Juste je trouve qu'il manque quelque chose, la part de développement personnel.

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bonheur

le jeudi 08 août 2019 à 19h02

En complément, je voudrais réagir sur le titre.

nofate
Autisme et amour? Comment savoir si on aime, si on est amoureux, si on est ami.e.s??

L'amour est en nous avant toute chose. Ainsi, on ne peut s'obliger à aimer, pas plus que l'on ne peut nous empêcher d'aimer. Ca c'est pour le "je".

Autrement dit, toi seule sait si tu aimes. La "frontière" entre amour et amitié est parfois floue et c'est souvent le comportement imposé (société en faveur de non amour si on aime déjà) ainsi que le retour que la personne aimée nous renvoi.

Et là, on aborde le "tu". Celui-ci, si interaction il y a, engendre un "nous".

Alors, ce que je peux te dire, c'est que si ton ressenti est de l'amour, alors il est beau. Si ton ressenti n'est pas amoureux, bien que important, alors l'amitié est présente.

Et si tu ne sais pas, et bien… est-ce moins beau pour autant. Mais il arrive, et je fais partie de ces personnes, qu'avoir une certitude est indispensable au bien vécu. Ca dépend des personnes. Après, le beau est prévaut.

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Lili-Lutine

le vendredi 09 août 2019 à 09h59

ici un PodCast de @Adena qui a interviewé Joe autiste et poly

Message modifié par son auteur il y a 15 jours.

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Lili-Lutine

le vendredi 09 août 2019 à 10h03

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artichaut

le vendredi 09 août 2019 à 11h37

nofate
La question initiale selon moi serait de comprendre en quoi le fait de ressentir le besoin absolu d'un contact physique avec une personne que l'on apprécie est-il indicateur d'un sentiment d'amour ou amoureux? Ou se situe la différence? Est-ce pertinent de répondre à ce besoin? Si oui, dans quelle mesure?

@bidibidibidi a très bien répondu je trouve. Sentiment d'amour ou amoureux ou d'amitié peu importe. Ce qui compte c'est ce que tu veux partager avec chacun·e (et ce que chacun·e veut partager avec toi).
Les étiquettes ne sont utiles que si elles t'aident à te situer, ou a dialoguer avec l'autre. Mais sinon, tu peux très bien t'en passer.
Il n'est pas rare d'ailleurs d'utiliser des étiquettes différentes pour une même relation : par ex 2 personnes entre elles peuvent se dirent qu'elle s'aiment ou qu'elles sont je sais pas… queerplatonique… ou sexfriend… ou ce qu'elles veulent (et même avoir chacune un mot différent, si c'est ok pour les deux), mais dire à leur proches qu'elle sont "amoureuses" (pour simplifier), et dire à leur famille qu'elles sont ami·e·s (pour pas avoir à se justifier), …ou le contraire.
Bref fait ce que tu veux des mots. Mais dans tout les cas l'important c'est d'abord ce que tu vis et veut vivre.

nofate
D'autant que je ne supporte pas que l'on me touche ou de toucher si je ne suis pas avertie physiquement et psychologiquement à tout contact physique sans intention sexuelle.

Je ne suis pas certain de comprendre ce paragraphe. Veux tu dire que tu ne partage du contact physique que dans une intention sexuelle ?
Donc c'est soit "pas de contact", soit "du contact et du sexe" ?

nofate
En ce qui concerne le rapprochement physique avec intention sexuelle ou pulsion... Je n'arrive pas à déterminer ce que je ressens comme étant quelque chose de négatif, ou de malsain.

Non ce n'est pas malsain en soi. C'est "malsain" si ça te fait faire des choses que tu ne veux pas faire (…ou qui te font dépasser le consentement d'autrui). Mais sinon où est le problème ?
De toute façon ce que tu ressent n'est jamais vraiment malsain, vu que tu n'en est pas responsable.
Au contraire, mieux vaut écouter et accueillir ce que tu ressent. Car ça a toujours des choses à nous apprendre sur nous-même. Et se connaître soi-même est bien utile pour mieux poser des choix (et les assumer ensuite).

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