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Malaise dans la condition masculine ?

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oO0

le vendredi 31 mai 2019 à 15h52

@ Siestacorta et Artichaut

Tout d'abord, merci pour vos retours. Après, je me sens obligé de me positionner d'abord sur certaines interprétations qui me semblent passer à côté du point de vue que j'essaie de développer. J'ai même l'impression parfois de le sentir étouffé dans l'oeuf - syndrome de Calimero ? (Humour) Sinon, ce que j'apprécie dans vos retours, c'est le sens à la fois psychologique et logique de vos propos. Chez toi, Artichaut, j'ai d'ailleurs parfois l'impression de retrouver un lecteur du Petit manuel d'autodéfense intellectuel de Normand BAILLARGEON et c'est assez stimulant. D'autre part, j'ai beaucoup de respect pour tes efforts de structuration sur le site.

artichaut
…pas grand'chose à dire de + que ce qu'a dis @Siestacorta : sur plein de pans, je ne pourrais dire mieux.
Le monde est pourri. Ok on est au courant. Mais à quoi bon s'appesantir là dessus ?

"Le monde est pourri.", ce n'est pas la première chose qui me traverse l'esprit quand je pense au féminisme. Au contraire, ce discours me plaît et c'est bien parce qu'il me plaît que je me permets d'être critique.

A) Pourquoi me plaît-il ? Parce que cette lutte pour l'égalité (parmi d'autres), me plaît comme peut plaire ce qui est juste. Si je prends toutes les violences faites aux femmes - inégalités culturelles, sociales, politiques et économiques comprises -, le malaise que je tente de formuler n'a rien de comparable ou d'une priorité. Ce malaise n'est nullement le fait d'inégalités de droits, bref, d'une perte de liberté qui empêche d'exister. Alors, oui, Artichaut, c'est du Calimero ! Oui, un malaise plutôt qu'un mal-être, Siestacorta, un malaise de petit Calimero qui n'a pas grandit ... peut-être. Et s'il faut porter le costume de Calimero pour en parler, j'assume, mais alors lisez-moi avec la voix du personnage. Sinon, plus sérieusement, si ce malaise compromet la lutte contre les inégalités de genre, je ne vois aucun problème à le passer sous silence. De fait, j'ai suffisamment le sentiment de bénéficier de la libération des femmes que pour ne pas avoir à me considérer comme victime.

Siestacorta
Dans le témoignage de malaise dans la condition masculine, on a changé de sommet du triangle, on choisit un rôle de victime, et on désigne un autre bourreau : soit une société, soit des féministes, les autres mecs qui nous ont gâché l'horizon... Bref.

B) Qu'est-ce que je me permets de critiquer ? Une absence (apparente) de critique positive, un peu comme si un critique d'art se limitait à une critique négative. Non pas que la condition masculine soit une oeuvre d'art, mais que le terme critique s'entend comme la critique se pratique le plus souvent, dans un sens négatif. Il n'y a pour ainsi dire qu'en art qu'il est possible de parler de critique positive. Je ne remets pas en cause le fait qu'il y a de quoi critiquer négativement, j'exprime juste le souhait du complément critique positif. Ce qui ne veut pas dire que le féminisme n'a rien de positif, il a un sens indéniable du juste tout ce qu'il y a de plus souhaitable. Il s'agit d'une critique constructive vers plus d'égalité, mais j'ai sincèrement du mal à voir une critique positive de la condition masculine où celle-ci ne soit pas systématiquement a priori en défaut et au mieux, en progrès.

Après, je n'ai pas une connaissance exhaustive du féminisme. J'ai donc relu l'article de wikipedia qui vaut ce qu'il vaut, la seule surprise que j'ai eue qui va dans le sens de mon propos, c'est Bell HOOKS qui plaide pour que "les hommes souffrent également d'un système patriarcal étouffant et déshumanisant. Elle appelle les hommes à refuser les codes du patriarcat qui les encouragent à devenir froids, violents et à refouler tous sentiments. Obtenir un tel changement passe par la prise de conscience de la souffrance masculine mais également par l'arrêt de la prolifération du patriarcat dans la culture populaire notamment." C'est ce que je fais, le malaise que je formule vient du fait que la condition masculine semble dominée exclusivement dans la définition de son identité par la domination du patriarcat.

artichaut
Oui, contrer le malaise, si malaise il y a, par l'action volontaire.
Oui, on est en chemin. Et le chemin peut-être passionnant d'ailleurs.

Car la seule chose que je trouve à répondre (à la manière de @Siestacorta ), c'est juste "retroussons nous les manches".
[Au passage je ressort deux fils]
/discussion/-Md-/Re-inventer-la-condition-masculin...
/discussion/-DU-/Re-inventer-la-seduction-pluriell...
Le positif est à construire, pas à chercher comme un matériau brut pré-existant.

Dois-je comprendre que je ne me retrousse pas les manches ? Si ce n'était pas passionnant, je ne prêterais aucune attention à ce qui me semble être une insuffisance secondaire, nullement prioritaire. M'exprimer sur cette insuffisance n'a rien de facile et le plus difficile, c'est justement d'oser exprimer un malaise sur un mouvement que je trouve fondamentalement juste et, de plus, sur une insuffisance qui ne me semble nullement prioritaire.

1) Le féminisme est un mouvement philosophique, politique et social. De quel droit, un mouvement quel qu'il soit pourrait-il se soustraire à toute critique ?!? Qu'est-ce que cela dit d'un mouvement s'il s'arroge ce droit ? Au passage, j'insiste sur le fait que ma critique est globalement positive dès lors que je ne remets pas en question sa nécessité. Je ferais remarquer qu'il ne s'adresse pas nécessairement à des femmes féministes, puisque - à ce que je sache - Artichaut ou Siestacorta, vous êtes des hommes.

2) Oui, l'égalité est à construire, mais elle ne peut se construire sans matériaux préexistants. Et là, exclure la possibilité de trouver dans les générations passées et présentes matière à comportements valorisables dans la condition masculine pour construire cette égalité ne peut il me semble que conduire à l'échec de sa construction faute de matière. S'il y a progrès, c'est qu'il y a de tels comportements. Et une certaine critique du #NotAllMen me semble systématiquement nous défausser de cette matière.

Siestacorta

oO0
@ SiestaCorta : Le bien-aise/être masculin, oui, mais pas seulement. Qu'est-ce que tu veux être bien-aise avec ta condition quand elle significative de malaise pour la personne que tu désires ?

Je crois qu'hélas, il y en a beaucoup qui y arrivent.
Et si on a pas d'emblée écarté le truc de sa conscience, suffit de dire "bah c'est sa responsabilité à elle de pas à avoir peur", hop, pas concerné, pas vu, pas pris.

... je crains qu'une autre partie de ce sentiment, qui va avec tout le discours #NotAllMen (pas ce que tu exprimes directement, mais qui boit à la même source) n'amène qu'une conservation (ou une fuite, comme celle dont tu as témoigné)

On pourra sortir de cette projection négative qu'en étant de plus en plus nombreux à agir mieux : consentement, efforts pour des rééquilibrages (en temps de paroles, en salaires)... Et ce sera long, ...

Je vais inverser le problème en partant d'un comportement jugé valorisable par vous et partagé par Heavenly Creature "Sur le consentement".

HeavenlyCreature
J'ai su à la seconde où il est arrivé en France que c'était fini : que le charme de l'ici et du maintenant était rompu. Ça m'a rendu très triste de "gâcher" cette image d'Épinal jusqu'à regretter de l'avoir invité. Donc j'ai vécu son séjour avec déception, rejet et culpabilité, culpabilité de le faire souffrir, et culpabilité d'être trop lâche pour l'exprimer. Par chance, c'est quelqu'un d'exceptionnel en ce sens qu'il a non seulement su "sentir" les choses sans que je n'ai à les exprimer, mais aussi su "m'aimer" avec l'absence de cette sexualité qui a construit notre relation. Donc au final, il a su transcender cette relation et en faire quelque chose de très pur. Je lui en suis très reconnaissante, pcq j'aurais été très triste de le perdre.


Si il est parlé négativement de la condition masculine et qu'une personne prend des cas positifs : #NotAllMen. Si il s'agit d'un comportement masculin positif comme l'ami de HeavenlyCreature : #NotAllMen ?!? Oui, faut-il l'oublier sous prétexte qu'il y a beaucoup d'hommes parfaitement à l'aise - pas vu, pas pris - avec leur comportement négatif ? Ce genre de critique du #NotAllMen ressemble à s'y méprendre à une pétition de principe dont le principe est qu'en conclusion, la condition masculine doit toujours être prise en défaut puisque d'une manière ou d'une autre, ne compte finalement que les comportements négatifs. Comment trouver alors matière à comportements valorisables positivement pour construire cette égalité ?

La pertinence de la critique de #NotAllMan, je la trouve ailleurs. Je ne me distingue pas des autres hommes : "Regardez comme ils sont méchants et comme je suis gentil !" - noircir les autres, pour mieux briller ? Je me considère comme faisant partie des hommes concernés par la critique de la domination masculine. Du point de vue des privilèges, je suis conscient que, #NotAllMen, ça ne marche pas. Par exemple, je sais que c'est un privilège de ne jamais avoir eu à craindre de ma vie d'être violé ou abusé. Même s'il y a des exceptions parmi les hommes, je ne fais pas partie de ces exceptions. Ce privilège je ne l'attribue cependant pas à la condition masculine, mais comme une dette à l'endroit de la condition féminine. Là où il faudrait dire aux hommes de ne pas violer, il semble ne pas y avoir besoin de le dire aux femmes. Peu importe la part biologique de cet état de fait, la culture féminine du désir me séduit davantage dans le sens où le respect s'affirme plus facilement comme l'une des conditions de possibilité du désir.


Voilà l'une des choses qui me plaît dans la critique de la domination masculine en ce qui concerne les relations affectives, c'est qu'elle pose un cadre de respect, mais qu'est-ce qui anime l'intérieur de ce cadre ? L'insuffisance dont j'essaie de formuler le malaise, c'est qu'il me semble manquer d'autres conditions de possibilité du désir que le respect. Cette critique n'en reste pas moins nécessaire, car la domination est contraire au consentement libre. Il s'agit cependant, ici, d'un autre dimension, celle du consentement enthousiaste : qu'est-ce qu'il y a de désirable dans la condition masculine ? Soit, l'hétérosexualité a encore de beaux jours devant elle vu l'enthousiasme qu'elle continue à susciter, soit mais pourquoi ? Si la question de l'égalité entre femmes et hommes se posent sous la forme d'un cadre plus respectueux dans leur relation, c'est parce qu'il y a entre les unes et les autres un désir de relation. Il faut énoncer et dénoncer les inégalités, mais ce désir d'égalité perd de son sens s'il reste un cadre vide incapable d'énoncer le désir de relation qui le motive.

Ici, le malaise que je formule ne concerne que les relations affectives entre femmes et hommes, simplement parce qu'il y a une dissonance - un malaise - entre l'expression du désir d'égalité et le désir de relation. De fait, la question des inégalités dans la société ne présuppose pas nécessairement un désir de vivre ensemble, mais simplement des inégalités visibles dans le fait - et non le désir - de vivre ensemble. Il y a dissonance, ici, parce que justement il y a un désir de vivre ensemble qui n'est pas énoncé dans le désir d'égalité. Concrètement, le malaise que j'ai essayé de formuler dans mes précédents posts ne remet pas en question - chez moi en tous cas - la nécessité de progrès sociaux, mais seulement l'intérêt de relation dans ma vie privée.

Ma question est simple, ici, comme il ne s'agit que d'un post pour mettre au point l'état d'esprit : "Est-ce que cet état d'esprit rend plus acceptable le fait d'aborder ce malaise ?"
__________

Voilà, je me rends compte que je ne réponds pas à toutes vos remises en questions, j'ai d'ailleurs des réponses en attente à ces remises en questions. J'ai dans le même temps des réponses à la question que j'essaie de formuler. Après, je me suis senti obligé de recadrer l'esprit dans lequel j'essaie de le formuler parce que sans, elle me semble perdre tout son sens.

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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