Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Faut-il tout dire à ses enfants et ses amis?

#
Profil

bonheur

le dimanche 18 novembre 2018 à 20h29

Le terme "amoureu-x-se" est adapté, je trouve. La dernière fois qu'une nouvelle personne est venu s'ancrer dans mon coeur et s'intégrer dans ma vie, mon mari à dit aux jeunes "samedi, le nouveau petit copain de votre mère vient manger à la maison". L'expression m'avait fait sourire, je trouvais que ça faisait un peu gamin, mais au fond, il y avait de cela :-D . Je n'ai pas relevé, mais j'ai pensé que le terme amoureux aurait fait plus mature, pour désigner un adulte de 33 ans et un autre de 50.

#
Profil

sdvig

le lundi 19 novembre 2018 à 00h28

Je crois que tout dépend des situations. Dans l'idéal, j'aimerais tant partager avec mes enfants le fait que je suis polyamoureux, pour qu'ils aient un imaginaire plus ouvert de l'amour, du désir, de la vie, que celui qui domine toujours les représentations. Mais dans mon cas cela n'a pas encore été possible. Je vis en couple libre depuis 5 ans 1/2, un choix décidé et partagé d'emblée avec ma compagne, dès notre rencontre. Mes enfants sont d'un couple antérieur, monogame. Je suis séparé de leur mère depuis presque 7 ans. Nous n'habitons pas dans la même ville, distants de 300 km, et je les ai en garde dans leur ville un gros week-end sur deux. Parfois ils viennent pour des périodes de vacances chez moi, où nous partageons la vie commune avec ma compagne, qui n'a pas d'enfant. À la fin de l'été 2017, j'ai voulu leur présenter notre amoureuse commune, à la faveur de sa venue chez nous à Paris (elle vit à Berlin). Ce que nous vivions était tellement heureux depuis deux ans, que je désirais partager cela avec eux. Ma compagne était d'accord, j'en avais parlé à des ami.e.s qui tou.te.s nous/me soutenaient dans ma démarche (nos ami.e.s proches savent tou.te.s et accueillent notre mode de vie sans jugement : nous sommes même pour ainsi dire des curiosités :) ). Mais notre amoureuse est arrivée finalement à Paris une semaine plus tard que prévu, et mes enfants étaient déjà partis... Si ce séjour fut heureux à tout point de vue, jusqu'à assumer avec bonheur de sortir en trouple dans notre quartier et dans des soirées où nous retrouvions des ami.e.s, je fus triste de n'avoir pu dire et partager avec mes enfants cette relation. Mais au bout du compte, les mois passants et notre relation se délitant avec elle jusqu'à devenir amicale, tendrement amicale mais plus amoureuse, nous nous sommes dit avec ma compagne que c'était mieux ainsi. La vie avait fait que cela n'avait plus d'enjeu, ou de pertinence.
Au-delà, il y a aussi pour moi la question de révéler notre vie poly plus vaste et disponible que ce lien amoureux que nous avons eu pendant 3 ans. Ma compagne et moi avons chacun.e d'autres relations, de différents ordres. Nous ne nous disons pas tout entre nous, alors pourquoi dire quoi que ce soit aux enfants ? Et puis maintenant que je suis en conciliation âpre avec la mère de mes enfants, pour une extension de ma garde, je ne peux rien manifester afin de ne pas plomber, voire foutre en l'air ma démarche. J'en ai parlé avec mon avocate, qui m'a confirmé que ce serait mal venu que mon ex apprenne ma vie poly, que cela pourrait clairement jouer contre moi au tribunal. Donc conseillé que je n'en parle pas aux enfants ni que je les y expose. Aujourd'hui j'en suis à attendre la fin de la conciliation et de la procédure judiciaire pour, enfin, pouvoir envisager l'exprimer et le partager avec mes enfants...
Je trépigne, car quand je les vois apprendre à l'école des chansons insupportables et hétéronormées, cucu la praline et machistes, sur l'amour, de Louane et Maître Gims, j'aimerais d'autant plus leur ouvrir l'imaginaire par "administration de la preuve" :)

#
Profil

bonheur

le lundi 19 novembre 2018 à 11h24

@sdviq : poignant récit. Oui, l'ouverture demande une cohésion. :-/

#

DonheudOy (invité)

le jeudi 22 novembre 2018 à 07h51

«  Nous ne nous disons pas tout entre nous, alors pourquoi dire quoi que ce soit aux enfants ? »

Je ne comprends pas le lien entre la première et la seconde partie de la phrase, qui fait pourtant comme si elle énonçait une causalité.

La seconde partie aurait été «  alors pourquoi tout dire aux enfants ? » j'aurais compris, mais là non.

#
Profil

Juliette45

le samedi 24 novembre 2018 à 22h50

La question de dire ou pas aux enfants est délicate. Ils sont ouverts? Ils comprennent quand il s'agit des autres, l'homosexualité, le polyamour (même s'ils ne connaissent pas forcément le terme)? Oui mais bouger la représentation du couple parental, touche à quelque chose de profond qui va au-delà de la compréhension ou de l'habituelle sympathie ou ouverture d'éprit.
Je voulais aussi rebondir sur la reflection de sdvig sur l'ouverture à donner à nos enfants qui sont imprégnés du modèle proposé par notre société.
ça me rappelle ma fille de 20 ans qui vient me montrer des vidéos youtube sur la sexualité des femmes, reprochant à notre société de ne pas assez dire aux femmes qu'elles ont un clitoris. Ou mon fils de 18 ans qui nous parle de l'homosexualité comme si son père et moi ne pouvions pas comprendre ceux qui la vivent.
c'est venu trop tôt dans mon propre cheminement pour qu'on rebondisse sur leurs propos et commence à dire des choses sur mon attirance pour les femmes, sur notre souhait d'ouvrir notre couple au polyamour, mais j'ai eu cette réflexion comme sdvig de me dire qu'en ne disant rien, on renforce encore l'image sociétale et l'idée de norme. On ne leur offre pas d'autres modèles ou la possibilité de penser autrement. On les prive d'une liberté qu'ils mettrons peut-être des années à s'autoriser à avoir. Et pourtant, je ne me sens pas encore prête... mais ce sera un grand moment, c'est sûr!

Pour ce qui est d'une décision de JAF, mieux vaut ne pas afficher son statut polyamoureux effectivement!!!!! Les juges pensent dans l’intérêt de l'enfant que la multiplicité des relations leur offre un cadre du registre de la luxure. Donc aucune garde ne sera accordée à un polyamoureux qui sera de toutes façons amalgamé à du libertinage. J'ai remarqué que les décisions de justices sont particulièrement rétrogrades avec une image patriarcale et des rôles homme/femme encore très prégnants. ça n'évolue pas vite malgré tout ce qu'on dit.

#
Profil

louisemamoudzou

le samedi 04 mai 2019 à 22h27

C'est très intéressant. Je pense que c'est ce qui me retient le plus, passer dans le monde du mensoge avec mes enfants. (Je n'ai pas trop le choix)

#
Profil

artichaut

le dimanche 05 mai 2019 à 16h40

Juliette45
bouger la représentation du couple parental, touche à quelque chose de profond qui va au-delà de la compréhension ou de l'habituelle sympathie ou ouverture d'éprit.

Et c'est bien pour ça, qu'à mon sens, il faut le faire… il faut leur raconter.
En gros on a le choix entre laisser des gens qu'on aime (nos enfants), dans la même crasse ignorante, la même norme invisible, les même injonctions contradictoires, les même chapes de plombs et corsets en béton armé… ou — et je pense que c'est de nos devoirs de parents — leur donner des billes pour affronter ce monde. Et ça passe par leur montrer que le monde n'est pas si monolithique qu'on le dit, leur donner des armes pour pouvoir être soi-même (en leur montrant que l'on puisse être nous-même), et surtout, le +important, leur faire confiance, les prendre au sérieux, et cesser de les "infantiliser" (au sens de : "les considérer comme des sous-êtres-humains").

Moi je leur en ai parlé tard (10/12 ans) et je m'en suis voulu, tellement ça à rendu les choses +simples d'en parler.

Et j'imagine, que comme pour tout mensonge, +on tarde, +c'est compliqué de parler (à cause des "cercles vicieux du mensonges", et de la difficulté à assumer ensuite le fait d'avoir menti).

#
Profil

Caoline

le dimanche 05 mai 2019 à 17h56

Pour nous c'était inconcevable de cacher quelque chose d'aussi important pour nous à nos enfants. Ça serait les considérer comme indigne de notre confiance, pas assez intelligents et ouverts pour comprendre... On en a parlé au départ dans l'absolu, enfin je pense que j'ai dit que j'étais amoureuse mais il n'y avait à ce moment là pas de relation avec cette personne. On a la chance que nos enfants avaient vu quelques personnes, pas beaucoup, 2 ou 3 avoir un comportement intime avec 2 personnes différentes donc même si ils voyaient bien que ce n'était pas la norme, ce n'était pas totalement inconnu pour eux. Cela dit maintenant ils disent qu'ils ne s'en souviennent pas vraiment de ces personnes. Ils avaient entre 3 et 13 ans quand on a évoqué clairement le sujet polyamour avec eux, les plus jeunes ne participants pas à la discussion mais étant présents. Quelques mois plus tard quand j'ai vraiment vécu ma première relation, les 2 grands avaient deviné sans que je dise quoi que ce soit, juste à voir mon état euphorique. Celle de 12 ans à me demande de comment elle savait, quand elle m'a entendue en parler avec ma meilleure amie, m'a répondu que j'étais dans le même état que son frère de 14 ans quand il était amoureux.
Hier j'écoutais le podcast quand mon plus jeune, 11 ans, est entré dans le bureau. Je lui ai demandé si il voulait quelque chose, il me dit que non, qu'il s'ennuie et en fait je remarque qu'il écoute. Au moment où la personne qui témoigne dit que les enfants devinent, il m'a regardé avec un rictus signifiant "ben oui". A la fin je lui ai demandé si c'était intéressant. Il m'a répondu "pas trop je n'ai rien appris, et je ne comprends pas pourquoi elle ne le dis pas à ses enfants, elle a honte ?" J'ai dit qu'il y a des gens qui n'assument pas de faire différemment de la majorité. J'en ai profité pour lui demander si il avait des questions. Il m'a dit "Non pour moi c'est normal, t'as souvent un autre amoureux toi". J'ai réalisé qu'on a jamais vraiment eu de discussions là dessus avec lui puisque probablement trop jeune pour comprendre au départ, mais lui l'a quelque part toujours vécu. Quand je pars pour une soirée ou quelques jours soit je leurs dis, soit ils me demandent, où je vais, si je réponds un prénom qu'ils ne connaissent pas, ils me demandent qui c'est, je réponds soit un amoureux, soit un.e ami.e suivant ce que je ressens pour la personne. Ils ont rencontrés quelques uns de mes amoureux, pour eux c'est comme un ami de la famille. La seule amoureuse que j'ai eu, c'était une amie de la famille avant donc ils la connaissaient déjà.
C'est simple, naturel et inimaginable de faire autrement pour moi.

Et c'est pareil pour les amis puisque le sujet du post parle aussi des amis, je ne comprends pas en quoi c'est des amis si on doit cacher une partie de notre vie donc de qui nous sommes. C’est vraiment étrange pour moi.

#
Profil

bonheur

le dimanche 05 mai 2019 à 18h30

Un poly, n'est pas QUE poly, mais tout de même, ça défini beaucoup l'individu. Du coup, l'entourage...

Après, il faut comprendre que certaines personnes ne veuillent pas tout révolutionner. Moi, j'ai tout révolutionner et chaque nouvelle qui s'inscrit dans mon paysage de vie, doit être informée ! C'est désormais ma vie et elle est à prendre ainsi.

Je veux être moi, partout et en toutes circonstances. Juste je suis et voilà. Comme l'indique Caoline, c'est simple, naturel et inimaginable de faire autrement pour moi. Il faut insister sur le "pour moi".

#
Profil

artichaut

le dimanche 05 mai 2019 à 20h38

…après @Caoline et @bonheur, vous êtes (étiez) dans une situation, il me semble +facile que d'autres, concernant ce sujet, car mariées, vivant en couple et non séparés.

C'est sûr que pour des couple séparés (comme c'était mon cas), où peuvent se poser des problématiques de gardes d'enfant & co, la question peut-être légèrement différente. Et il faut faire, en outre, très attention de ne pas instrumentaliser les enfants.
Mais même dans un tel cas, la question pour moi ne devrait pas être « faut-il leur dire ? » mais « comment leur dire ? ».
Sinon d'ailleurs pour moi, ça remet en cause la question même du « polyamour », dans le sens où des personnes directement concernées (en tant que faisant partie de notre constellation affective) ne sont pas prises en compte.

Je sais que tous les monde ne sera pas d'accord avec ça sur ce forum. Que certain·e·s considèrent que nos histoires poly relèvent de l'intime et n'ont pas à être partagées. Moi je ne suis pas du tout d'accord avec ça.
Autant dans le cadre du libertinage ou bdsm, ça peut/pourrait se discuter, autant dans un cadre poly ça me semble très difficile de faire l'impasse sur le sujet.

Et à minima, il ne me semble ni souhaitable, ni d'ailleurs vraiment possible, de cacher notre caractère poly, à des personnes habitants sous le même toit.

#
Profil

bonheur

le dimanche 05 mai 2019 à 20h52

J'ai bien insisté sur le "pour moi". Après, je ne vais pas m'excuser d'aimer mon chéri et de n'avoir jamais su ce que vivait une personne séparée et qui doit devenir le "super parent" aux yeux de la société, comme s'il y avait à se racheter... "une conduite irréprochable". Ce n'est pas une critique de ma part, mais c'est ainsi que je ressens les personnes qui justement se pose la question de l'image qu'il faut renvoyer. Moi, la mienne, d'image, et bien, juste je m'en moque complètement.

Après, dire que + FACILE... ben j'ai pris d'énorme distance, en particulier avec mes parents et c'est directement lié au polyamour. Je peux facilement relativiser. Aussi, mon chéri invite de son côté en mon absence, car je suis incompatible ou alors il sent très vite que les discours commun me saturent rapidement... Egalement, aujourd'hui, quand il sort, il le fait sans moi. C'est bien car ainsi, on est ensemble en ayant chaun-e notre partie de vie. Mais même moi, quand je suis invitée, je me sens peu à ma place et me lasse vite de l'ordinaire, que je trouve juste "superficiel".

C'est comme dans toute situation particulière, j'ai découvert des "avantages" et des "inconvénients". Je me sens moins aisément et communément en osmose, en harmonie (par exemple) et souvent je passe mon chemin, inutile que j'ouvre la bouche, je créerai polémique.

Mon univers à moi, peu de personnes y entrent réellement. Une qualité a contrario d'un monde où la quantité prime souvent.

#
Profil

bonheur

le dimanche 05 mai 2019 à 20h56

artichaut
Et à minima, il ne me semble ni souhaitable, ni d'ailleurs vraiment possible, de cacher notre caractère poly, à des personnes habitants sous le même toit.

J'ai vécu ainsi pendant 4 ans, si c'est possible, mais du moment que l'on décide d'assumer pleinement, ça devient nécessaire, indispensable. Il faut dire que pendant ces 4 années, je ne savais pas moi même qui j'étais, alors partager cela. Pour ce faire, il faut vraiment être bien dans ses baskets et dans sa peau de poly.

Mais je confirme que ça permet de faire le tri des gens qui sont là pour nous tel que nous sommes et des autres.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion