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Difficultés à être secondaire

Témoignage
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Pandipanda

le mardi 09 octobre 2018 à 13h12

Bonjour à tous,

Voilà je viens vers vous car j'ai grandement besoin de partager ma situation.
J'ai été amie pendant plusieurs années avec un couple jusqu'à ce que l'homme m'apprenne qu'il avait des sentiments pour moi et qu'il pratiquait le polyamour. Je ne connaissais pas du tout étant très conventionnelle niveau vision du couple et j'avoue avoir été grandement perturbée par cette situation sachant que j'avais également des sentiments pour lui. J'ai finalement "cédé" à la tentation après avoir beaucoup réfléchit et nous sommes ensemble depuis quelques mois.
Nous nous entendons vraiment bien et sommes très complices, je suis vraiment amoureuse pour la première fois de ma vie mais je me sens pourtant régulièrement très mal.
Je m'explique, je connais sa copine que j'aime beaucoup, je respecte énormément leur relation et sait qu'il ne pourrait pas vivre sans elle (ce qui en soit ne me gêne absolument pas), ils ont prévu d'avoir des enfants et ont beaucoup de projets communs. Mais moi de mon côté je ne peux pas m'empêcher de me dire que pour la première fois de ma vie je suis amoureuse et que je ne peux envisager aucun "avenir" concret avec lui. Oui nous profitons, nous sommes bien mais j'ai peur de terriblement souffrir si j'ai envie un jour de m'installer avec lui, de faire des projets d'avenir...bref je sais que c'est ridicule puisque je suis au courant de la situation depuis le début mais malheureusement j'ai toujours cette frustration qui ressort. Je ne me vois absolument pas le quitter car il m'apporte beaucoup mais je ne me sens pas toujours bien. Je précise que c'est maintenant devenu une relation à distance pour nous ce qui complique la chose.
J'en ai parlé avec lui, il est très à l'écoute et essaye de m'aider mais c'est délicat. Il m'encourage d'ailleurs à rencontrer quelqu'un car notre relation est inégale (il est mon primaire et moi sa secondaire) mais je n'ai pas envie.
Alors je sais que ça dépend des caractères, mais comment faite vous les secondaires, pour supporter de savoir à l'avance que tout va s'arrêter? Qu'il n'y a rien de possible de plus que ce qu'il vous offre déjà? Vaut-il mieux arrêter avant de trop souffrir ou au contraire me laisser le temps de vivre tout cela et d'accepter ce que je ressens?
Bref mon cerveau est comme un nœud où tout s’entremêle...:-/

Merci de m'avoir lu.
Si vous avez des témoignages ou juste des remarques ou avis je prend :-)

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IrisBubulle

le mardi 09 octobre 2018 à 13h36

Hm, si j'ose une remarque (c'est un avis ultra personnel), je ne trouve perso déjà pas très sain le fait de se percevoir en "primaire"/"secondaire" parce que il n' y pas une relation qui passe avant l'autre ou qui vaut plus que l'autre. Peut être que là déjà il y a un petit souci ?

En tout cas perso je me sentirais hyper malheureuse de faire sentir à quelqu'un.e que cette personne passe en "second" dans mon coeur, je me verrais pas "classé" les relations que j'ai.

Et j'imagine que lui et elle ne peuvent pas envisager de construire quelque chose ensemble à 3 ?

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bidibidibidi

le mardi 09 octobre 2018 à 13h52

Je lis une bonne dose d'impossibilité dans ta tête plutôt qu'en vrai, Pandipanda.
Déjà, il est pas dit que ta relation va s'arrêter plus qu'une relation en tant que primaire. Je suis pas sûr que les relations secondaires aient moins de durée que les relations primaires.
Ensuite, il est possible de construire dans une relation secondaire aussi. Iris parle de quelque chose à 3, mais sinon, même dans l'absolu, rien ne te dit que le futur sera exactement pareil que le présent. J'aurais même tendance à croire que le futur sera différent du présent.
Arrêter avant de souffrir ? Souffrir de quoi ? Moi, j'arrête parce que je souffre, je n'arrête pas parce que je peux souffrir. Sinon, je commencerai jamais :-D
Il faut se laisser vivre. Être amoureuse ne t'oblige pas à vouloir changer les choses actuelles. Plutôt que de visualiser cet amour comme un amour impossible, visualise le comme un amour possible, mais avec ces contraintes. Toutes les relations ont des contraintes.

Pour moi, ce qu'il te faut apprendre, c'est de sortir de l'exclusivité sentimentale. Comprendre que tu peux aimer plusieurs personnes, et vivre chaque amour tel qu'il est censé être vécu. Prendre ce que la vie te donne sans chercher à lui plaquer des schémas pré-construits.

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Pandipanda

le mardi 09 octobre 2018 à 14h34

Merci pour vos réponses :)
Alors pour le primaire/secondaire disons qu'il m'a expliqué leur façon de vivre comme cela la première fois. Après nous employons ces termes plutôt car il vit avec elle et non avec moi. Il me valorise toujours énormément et fait bien attention à m'accorder autant d'attention que possible mais c'est vrai que ces termes me gênent un peu. Mais c'est peut être aussi moi qui me catégorise (je suis très cartésienne), parce qu'il est très présent pour moi et ne veut absolument pas que je me sente secondaire.
Pour ce qui est de construire quelque chose à trois, je ne sais pas du tout c'est une bonne question.
Bidibidibidi j'aime beaucoup ta dernière phrase, et la première aussi d'ailleurs :-D
Je me pose toujours beaucoup de questions et je n'arrive pas à organiser mes pensées, donc c'est parfois problématique :-)
Je vais vraiment prendre en compte ce que vous me dites et me laisser vivre plutôt que stresser pour des hypothèses.
La vie est courte autant en profiter :-)

Merci

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pkd

le mardi 09 octobre 2018 à 17h16

Bonjour Pandipanda,
Je me retrouve beaucoup dans ton témoignage. Je suis également amoureux d'une personne en couple qui m'a clairement signifié une place de secondaire dans cette relation. Cette place se manifeste dans les faits (temps accordé, priorités, visibilités...) ce qui est très dur à vivre.
Beaucoup d'avis dans ce forum comme dans des écrits ont quand même tendance à être émis dans la perspective de personnes en couple qui ont des partenaires qu'ils qualifient ou pas de secondaires. Mais cependant, on voit très souvent poindre ce que l'on pourrait qualifier du privilège du couple. Par exemple, le polyamour ne met pas en danger mon couple, ou bien mon amour pour mon conjoint est renforcé par les amours que j'ai à l'extérieur, ... Je pourrais en faire des pages.
Le problème n'est pas d'être un partenaire secondaire, mais de l'être alors que ce n'est pas un choix ou que ce n'est pas l'aspiration que l'on a pour la relation. Ce thème est abordé par Franklin Devaux, si tu lis l'anglais, je te recommande cette page et la page également dédiés aux personnes qui ont des secondaires.

Dans son livre "More than two", il explique que la relation hiérarchique est difficile et délétère quand elle est prescriptive, c'est à dire que la place de chacun est allouée et non pas naturelle. Que c'est d'autant plus difficile à vivre que la place allouée est éloignée de ce que la relation pourrait être sans hiérarchie ou dans un autre contexte. En ce qui me concerne, c'est vraiment mon ressenti.
Un autre point abordé par F. Devaux est l'erreur des partenaires primaires à dire au secondaire: "Trouve toi un partenaire primaire!".
On ne veut pas un partenaire primaire, on voudrait avoir un peu plus du partenaire que l'on a...
Donc au final, ma conclusion sur la situation. Quand la position de secondaire n'est pas un choix de vie qui t'es propre, c'est une position difficile à vivre. Donc on peut soit s'en accommoder, soit l'accepter en faisant la paix avec ses aspirations, soit espérer que la situation évolue (ça dépend des autres), soit quitter pour ne plus en souffrir. Au départ, j'excluais cette dernière solution, mais je ne sais plus maintenant...
C'est difficile d'accepter une place qui n'est pas souhaitée au fond et cela dépend de beaucoup de paramètres.

Message modifié par son auteur il y a 15 jours.

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IrisBubulle

le mardi 09 octobre 2018 à 17h34

Effectivement je trouve que le fait que la place de chacun.e devienne allouée et non naturelle est assez malsain, d'autant plus quand on a un besoin et une envie toute naturelle de pouvoir faire des projets d'avenir, et de construire quelque chose.

De mon expérience personnelle, je suis en relation avec plusieurs personnes mais je ne veut pas créer de "couple" autour duquel graviterait d'autres personnes, raisons pour laquelle pour le moment je ne fait (malheureusement) pas de projet sur le trop long terme, j'attend de voir quelle place prendront naturellement les personnes.

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bidibidibidi

le mardi 09 octobre 2018 à 17h54

C'est quand même une représentation idéalisée. Si tu veux faire des enfants avec quelqu'un, en lui promettant que sa place importante dépend uniquement de ton envie du moment, je pense que la personne va s'enfuir.

Quand tu es dans un couple où tu partages notamment un logement, des enfants et ce genre de choses, considérer que ce couple est plus important indépendamment de la réalité de ta relation, ça me paraît sain. Et donc la place des autres relations devient allouée (ou du moins majorée) parce que les ressources temporelles ne sont pas infinies.

Tant qu'on aura pas popularisé une vision polyamoureuse de la famille (qui devrait d'ailleurs prendre un autre nom), on ne pourra lutter contre la notion de relation principale pour désigner la relation familiale.
Bon, après, les relations secondaires peuvent malgré tout être bien gérée. Mais une relation secondaire reste une relation secondaire (du moins, tant que la relation primaire n'est pas remise en cause). Et je ne trouve pas que l'injonction "Trouve toi un partenaire primaire!" soit si mauvaise. Si tu souhaites construire une famille (dans l'acception commune du terme), il va bien falloir créer une relation familiale donc primaire.

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IrisBubulle

le mardi 09 octobre 2018 à 18h08

Pour ça je ne peux pas dire, les enfants et la fondation d'une famille "classique" ne font pas partie de mes projets ni de mes envies . Ce qui fait que j'entame uniquement des relations avec des personnes partageant cette vision là. Par contre je peux comprendre le besoin d'une relative stabilité entre partenaire afin par exemple de partager un logement commun.

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bonheur

le mardi 09 octobre 2018 à 19h37

IrisBubulle

Effectivement je trouve que le fait que la place de chacun.e devienne allouée et non naturelle est assez malsain, d'autant plus quand on a un besoin et une envie toute naturelle de pouvoir faire des projets d'avenir, et de construire quelque chose.

De mon expérience personnelle, je suis en relation avec plusieurs personnes mais je ne veut pas créer de "couple" autour duquel graviterait d'autres personnes, raisons pour laquelle pour le moment je ne fait (malheureusement) pas de projet sur le trop long terme, j'attend de voir quelle place prendront naturellement les personnes.

Je réagis à partir des propos d'Irisbubulle, parce que j'aime sa façon de s'exprimer, vraiment. Aussi, ta vision de l'amour et de la vie !

Je parle généralement de la situation initiale, quand je parle de polyamour (ou polyaffectivité). Dans mon cas, plus de relation primaire voudrait dire provoquer un divorce alors que mon couple initial est heureux. Aussi, notre nid, je l'aime également. Je m'y sens... comme chez moi. Avoir remis en question notre vie "ordinaire" et avoir mis à profit (oui, aussi au sein de mon couple, mes amours secondaires, par effet boule de neige, boost notre couple initial) cette évolution pour sortir de la norme.

Après, si je n'avais pas eu cette situation initiale OU si mon couple avait périt de cette évolution, ben je serai comme toi aujours'hui. Je l'ai indiqué récemment sur un autre fil de discussion : autonome indépendante auto-suffisante et l'amour, enfin tous les amours, je les vivrai naturellement sur l'unique auto-suffisance du lien, de chaque lien.

Aussi, et là je reprend les propos de IrisBubulle : Pour ça je ne peux pas dire, les enfants et la fondation d'une famille "classique" ne font pas partie de mes projets ni de mes envies . Ce qui fait que j'entame uniquement des relations avec des personnes partageant cette vision là. A 50ans, je pourrais avoir aussi cette philosophie, d'autant que les enfants (majeurs désormais), la famille (qui se réduit à mon couple et deux de nos enfants), ben si celle-ci n'est plus (mes enfants plus à la maison), ben je redeviens comme une jeunette libre, sans vie commune ni projets sur le long terme.

Après, loin de cette illusion, je reviens à ma réalité. Les personnes qui acceptent le lien savent. Aussi, je les intègre dans ma vie sur du long terme et pas besoin d'enfants ou de logements ou de biens. Faire partie de la vie de quelqu'un, ce n'est pas pareil que de vouloir faire sa vie avec quelqu'un. Un amoureux secondaire (et je n'ai pas peur du mot) sait que je ne divorcerai pas, que je n'aurai pas d'enfants ni de biens communs avec lui. On en revient à ce que je serai toxique, et dans ce cas, je préfère que l'on me quitte. Me dire non, c'est préférable que de m'en vouloir d'une non disponibilité prévisible. Et si l'incompatibilité ne se fait sentir qu'avec le temps, prendre les décisions qui s'imposent pour ne pas nuire au beau qui a été vécu.

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IrisBubulle

le mercredi 10 octobre 2018 à 00h23

Je réagis à partir des propos d'Irisbubulle, parce que j'aime sa façon de s'exprimer, vraiment. Aussi, ta vision de l'amour et de la vie !

Je parle généralement de la situation initiale, quand je parle de polyamour (ou polyaffectivité). Dans mon cas, plus de relation primaire voudrait dire provoquer un divorce alors que mon couple initial est heureux. Aussi, notre nid, je l'aime également. Je m'y sens... comme chez moi. Avoir remis en question notre vie "ordinaire" et avoir mis à profit (oui, aussi au sein de mon couple, mes amours secondaires, par effet boule de neige, boost notre couple initial) cette évolution pour sortir de la norme.

Merci c'est gentil ! Comme dit je trouve que c'est super que vous ayez pu conserver cette relation là et que ça puisse vous apporter, et je ne sais pas si j'avais été dans le même cas si ma perception du polyA et de ces notions de primaire et secondaires ne serait pas différentes pour moi à l'heure actuelle...probablement.

On en revient à ce que je serai toxique, et dans ce cas, je préfère que l'on me quitte. Me dire non, c'est préférable que de m'en vouloir d'une non disponibilité prévisible. Et si l'incompatibilité ne se fait sentir qu'avec le temps, prendre les décisions qui s'imposent pour ne pas nuire au beau qui a été vécu.

Je crois que c'est aussi la clé dans toute les relation poly A que chacun.e s'explore vraiment et soit au clair sur ce qu'il/elle désire. Je pense qu'à mon avis réside là une des difficultés principale, ça demande des gens un minimum "mature" et qui on raisonné sur leur manière d'êtres, d'où à mon avis suite à mon expérience personnel, beaucoup de "cafouillages" au début de l'exploration des polyrelations. Mais je crois qu'il faut en retirer le positif, parce que ça permet souvent de voir avec quoi on se sent à l'aise ou non.

L'autre constatation intéressante, c'est que du coup, pour moi, en générale les gens qui on eu des expériences poly A posséde une capacité des plus sexy et attirante qui soit, celle de communiquer :-D ahahaha !

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pkd

le mercredi 10 octobre 2018 à 00h39

bidibidibidi
"Et je ne trouve pas que l'injonction "Trouve toi un partenaire primaire!" soit si mauvaise."

Oui tant que tu n'es pas le partenaire secondaire à qui l'on dit ça !
Je ne sais pas si vous avez lu Franklin Devaux, il explique très bien comment cette injonction lui a pété à la figure et entraîné des blessures pour sa partenaire secondaire et lui même quand il a compris que sa partenaire secondaire ne voulait pas un autre partenaire primaire, mais plus de lui.
Que ce soit bien clair, je ne critique pas le modèle hiérarchique en tant que tel, mais il ne faut pas être angélique et penser que tout coule de source car chacun était au courant...
Entre la compréhension d'une information et l'acceptation d'une réalité modulo les sentiments, il peut y avoir un grand écart que la psyché humaine saute allegrement.
Et cela entraîne des stress et des tensions qui résultent d'attentes et de besoins différents.
La structure hiérarchique est sans doute la plus simple en poly A que les structures non hiérarchiques ou plus égalitaires, comme le couple monogame est plus simple que le poly A... Mais cela ne veut pas dire que ce soit facile à vivre pour tous et surtout pour les secondaires. Sauf si ces derniers aspirent à cette forme de relation.

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bonheur

le mercredi 10 octobre 2018 à 08h07

Est-ce une injonction ? Où alors plutôt une volonté que la personne aimée (ne pas remettre l'amour en question dans l'équation, ce n'est pas lui la problématique) puisse être heureuse, en dehors de soi.

Perso, l'idée de pluralité pour combler un manque, je n'adhère pas. Par contre, savoir la personne que j'aime heureuse avec ce que je peux lui offrir ET heureuse avec ce qu'une tierce personne offre également, ça me va.

Non, tout ne coule pas de source si chacun-e est au courant. Tout ne coule rarement de source dans ce monde. Et surtout pas en matière de relations humaines, quelque soit les différentes situations et les différents liens.

L'idéal est en effet que l'on vive la forme de relation à laquelle on aspire... et même là, ce qui nous convient à 20 ans, ne nous conviendra plus à 30, à 40...

C'est la raison pour laquelle, il faut sans cesse exprimer et être écouté(e). Après, on n'obtient pas toujours ce que l'on désire. Quand à la personne qui est la pointe du V, elle fait de son mieux pour offrir au mieux, et là je sais de quoi je parle. Il faut éviter de se sentir tiraillé, sinon on y laisse sa peau.

Si une situation ne convient pas, vraiment pas, qu'elle occasionne plus de mal que de bien, alors il faut mettre un terme à cette situation. Il faut prendre la décision qui s'impose.

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bidibidibidi

le mercredi 10 octobre 2018 à 11h33

pkd
Je ne sais pas si vous avez lu Franklin Devaux, il explique très bien comment cette injonction lui a pété à la figure et entraîné des blessures pour sa partenaire secondaire et lui même quand il a compris que sa partenaire secondaire ne voulait pas un autre partenaire primaire, mais plus de lui.

Je ne l'ai pas lu. Mais en attendant, si ton partenaire secondaire veut plus de toi et que tu ne peux pas lui donner, tu ne peux dans tous les cas pas répondre à sa demande. Disons que si un partenaire secondaire veut fonder une famille, tu es obligé de lui répondre de trouver un partenaire primaire. C'est en ça que je disais que cette injonction est pas si mauvaise. Après, je dis pas qu'elle résout tous les problèmes, bien évidemment.

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Caoline

le mercredi 10 octobre 2018 à 13h44

Même avec un couple cohabitant au quotidien, des enfants, il ne me semble pas obligatoire de hiérarchiser les relations.

Le temps doit être partagé car pas extensible bien sûr mais pour ce qui est du temps avec chacun des amoureux.ses, il ne me semble pas obligatoire que la personne à la pointe du V en passe plus avec la personne avec qui elle a des enfants ou un logement commun.

Quand j'ai 2 relations fortes, il n'y a pas de hiérarchie dans les sentiments et pas non plus forcément dans le temps passé avec chacun. C’est en fonction des envies et besoin des 3 personnes concernées.

Concrètement, je vis le plus souvent dans la maison où vivent aussi mon compagnon historique et nos enfants, enfin ceux qui vivent encore là. Ça ne veut pas dire que je consacre plus de temps à ce compagnon historique. Déjà la journée, il est au travail, et la nuit on dort, et le week-end souvent on a beaucoup à faire pour la gestion de la maison, les enfants... et parfois même on fait des activités seuls, oui oui, on ose ! Bon moi j'avoue que c'est celles là que je réduis quand j'ai 2 relations fortes, quelque fois par le fait très naturel que ça ne tentait pas mon compagnon historique de les partager avec moi alors que ça tente l'autre.

Donc finalement, si je passe un long week-end sur 2 avec mon autre compagnon, je passe concrètement bien plus de temps consacré à être avec lui, faire des choses ensembles que je n'en passe avec celui avec qui j'habite au quotidien.
Pour les lieux de vie, c'est aussi une question de ressenti et de place que l'autre compagnon laisse. Je me suis parfois sentie vraiment chez moi chez l'autre aussi.

N'ayant malheureusement jamais trouvé de compagnon proche géographiquement, je n'ai pas eu le plaisir de pouvoir choisir avec qui je dors ce soir mais ça serait mon idéal.

Cette organisation avec absence régulière de plusieurs jours de la maison est cependant liée au fait que mes enfants ne sont plus tout-petits et que je passe beaucoup de temps avec eux en semaine. Ce n'est probablement pas pour rien que je me suis autorisée à commencer à vivre mes autres attirances amoureuses à partir des 3 ans du petit dernier. Mais si nous avions évoqué plus profondément le sujet avant d'avoir des enfants ou quand ils étaient petits, d'autres organisations auraient été possibles. Vie commune, ou au moins à proximité...

En fait, c’est les autres personnes de notre vie et les contingences matérielles qui déterminent le temps avec chaque amoureux.se, pas la hiérarchisation des relations. Si on hiérarchise c'est un choix, que personnellement je ne souhaite pas faire car je ne supporterai pas d'être une relation secondaire, de passer après l'autre donc je fais tout pour que les personnes que j'aime ne ressentent jamais cela. Cela peut aussi être une contrainte imposée par l'amoureux.se historique dans ce cas à chacun de voir si la relation proposée lui convient.

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bidibidibidi

le mercredi 10 octobre 2018 à 14h30

Pour moi, y a besoin de définir "primaire" et "secondaire".
Pour moi, tout le temps passé avec les enfants, c'est du temps passé dans la "relation primaire". Idem pour le temps de ménage, dodo, etc... C'est pas du temps de qualité, mais c'est du temps dans la relation primaire. Et c'est ça qui fait que c'est une relation primaire. Parce qu'on peut pas choisir du jour au lendemain de ne plus élever les enfants (enfin, si, on peut, mais on veut pas).
Et je pense que c'est aussi le point de vue de PandiPanda, qui cherche à s'installer avec lui, construire avec lui. Pas juste être plus souvent avec lui.

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Caoline

le mercredi 10 octobre 2018 à 16h11

Dormir ensemble, c’est vrai que ça fait partie de la relation. C’est pour ça que mon idéal serait d'être assez proches pour partager mes nuits. Et c’est indispensable pour moi qu'il y ai des nuits ensemble dans toute relation forte.

Le reste non, si nous étions divorcés/séparés, je m'occuperais toujours de mes enfants, de ma maison, de mes démarches administratives... tout ça n'a rien à voir avec la relation.

Et si l'autre a envie de venir partager tout ça avec moi/nous il peut. On a du mal à envisager une vie commune, ça n'est pas ma vision idéale en tout cas, mais ce n’est pas exclu non plus.

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pkd

le vendredi 12 octobre 2018 à 21h06

Cette discussion rejoins le post d'Elo-Edwidge qui propose une traduction en français du texte de Solo poly sur comment traiter un partenaire secondaire

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raz

le samedi 13 octobre 2018 à 11h35

Au fait @Pandipanda, une recherche dans les anciennes discussions avec le terme "secondaire" donne ceci et avec le terme "primaire", on a ça.
Peut-être y trouveras-tu des réflexions intéressantes qui ne sont pas apparues ici.
Par exemple, je n'ai pas le temps de la chercher maintenant mais je me souviens que dans une ancienne discussion sur le sujet, quelqu'un avait souligné la frustration d'être une relation primaire envahie par la gestion du quotidien (les enfants, la maison, le boulot...) et l'envie que l'on pouvait éprouver vis-à-vis de saon métamour secondaire dont on imagine que les moments qu'iel a avec son amoureuxe commun-e sont plus légers et plus centrés sur la relation elle-même (donc de meilleur qualité).
C'est une réflexion qui n'est pas valable dans tous les cas et qui n'annule pas la frustration qu'on peut avoir en tant que secondaire mais qui permet aussi de relativiser.
Je me souviens également d'avoir, à plusieurs reprises, lu une réflexion que je reprends complètement à mon compte comme quoi être en relation secondaire ça peut rassurer car ainsi on suppose que l'autre n'est pas en train d'attendre tout de nous (et également qu'on n'est pas en train de "profiter" de la situation [en tant qu'homme cis, le mythe du Dom Juan et son image négative n'est jamais très loin dans ma tête]).

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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