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Transformation relationnelle : passer d'une relation amoureuse à une relation d'amitié

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MagentadeMars

le mercredi 30 mai 2018 à 16h58

artichaut
J'ai eu envie de vous partager ça.

Voilà ce que je cherche à éviter, dans cette relation, comme dans d'autres.

«   Une ligne de faille s’était insinué entre nous. Elle allait s’élargissant, oh, imperceptiblement ! »

Eh oui, je reconnais la peur et la recherche, mais il y a des choses qui ne sont pas dans notre contrôle. Dans mon cas, j'ai reconnu à plusieurs reprises, toujours trop tard, qu'en luttant contre ce genre d'éloignement, je l'avais assuré.

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Galance

le lundi 04 juin 2018 à 19h04

Je me permet de te répondre car je suis en plein dedans depuis un peu plus d'un an. Nous avons eu des étapes par exemple après 3 mois nous étions en plein ce qu'à mentionné MagentadeMars, je paniquais et ça le faisait fuir. Mon ex m'a alors proposé de briser le cycle en n'attendant plus de l'autre ce qu'il ne pouvais offrir. Il a aussi pris en exemple un ami qu'il n'avait pas vu depuis plus d'un an sans que cela pose souçi. Mais l'amitié englobe un large spectre de relation. Nous avons tous des amis que nous ne voyons plus pendant des années ou uniquement lors d’événement important genre mariage sans que ça nous perturbe. Pour d'autre il est inimaginable qu'ils passent près de chez nous sans qu'ils ne viennent frapper à la porte. Aussi cela est évident mais on ne devient pas ami juste en le disant et je perçois souvent le silence radio comme un étiolement de la relation porté par un courant contraire comme le dit si bien ton texte. .
J'ai cependant des exemples concrets de transformation qui se sont bien déroulé dans l'entourage de mon ancien compagnon . Par exemple le témoin de son propre mariage était l'ex de son épouse et l'ex compagne de son frère est devenu la marraine de leur dernier.

Alors peut-être qu'il faut de la foi, de la foi dans le lien qui nous unit avec la personne quitté, se rappeler aussi que la distance n'est pas synonyme de désamour et que rien n'est figé dans la roche.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Galance

le lundi 04 juin 2018 à 19h54

Et en conseil concret, ne jamais mettre la personne devant le fait accomplis même si la transformation semble bien amorcé, spécialement en publique. Par exemple ne pas ramener sa nouvelle copine à une soirée ou vous êtes tout les deux convié sans l'avoir informé au préalable surtout si il/elle n'est pas au courant de la nouvelle relation, ou encore annoncer un départ à l'étranger pour une longue période de temps lors d'une soirée entre amis (peu de risque néanmoins si vous n'avez pas d'amis commun^^). Ça peut-être sur des choses plus banales mais dans tout les cas il faut être attentif à ce que l'autre ressent même si il ne l'exprime pas oralement.

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artichaut

le mardi 05 juin 2018 à 02h57

Merci pour vos messages.
Je répondrais peut-être plus en détail plus tard.

La question que je me pose ce soir, c'est "Qu'est-ce qui reste ?"
Autrement-dit, au lieu de regarder vers le passé, et ce qui n'est plus ou a/va changer, essayer de questionner le présent et l'avenir.

Qu'est-ce qui reste comme commun, comme évidences partagées, comme envie de construire ensemble… ?
Et que fait-on maintenant, ou plus tard, avec cela…

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artichaut

le mardi 05 juin 2018 à 03h36

On vient de m'envoyer cette vidéo (Transitioning Relationships du site multiamory.com). Mais je n'y comprends rien, même (ou surtout) avec les sous-titres googltraduits…

Si quelqu'un la regarde, comprend l'anglais, et peux m'en faire un résumé, j'en serais ravi (attention elle dure plus d'une heure).

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raz

le dimanche 14 octobre 2018 à 16h44

Je viens d'entendre parler d'un film qui m'a fait penser à cette discussion : L'Amour flou de Romane Bohringer et Philippe Rebbot.
Je ne sais pas ce qu'il vaut puisque je ne l'ai pas vu mais l'argument me semble intéressant (et le titre superbe !) :
"Romane et Philippe se séparent. Après 10 ans de vie commune, deux enfants et un chien, ils ne s’aiment plus. Enfin… ils ne sont plus amoureux. Mais ils s’aiment, quand même. Beaucoup. Trop pour se séparer vraiment ? Bref…C’est flou. Alors, sous le regard circonspect de leur entourage, ils accouchent ensemble d’un "sépartement" : deux appartements séparés, communiquant par…la chambre de leurs enfants ! Peut on se séparer ensemble ? Peut-on refaire sa vie, sans la défaire ?"
Si j'ai bien compris c'est ce qu'ils vivent qu'ils ont décidé de montrer en film ; pas sous la forme documentaire mais en le rejouant (donc plus format "fiction").

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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artichaut

le lundi 15 octobre 2018 à 16h13

Merci @raz pour cette suggestion.

Puisque tu remontes ce fil, je vais donner quelques nouvelles. Et c'est avec grand plaisir que je vous annonce, 5 mois après, que la transformation à réussie… ou qu'en tout cas, nous sommes sur la très bonne voie.

Ceci est passé par différentes phases, dont certaines mentionnées ici. Merci pour le soutien, les conseils, etc. Ça m'a aidé, je pense, à anticiper, donc gagner du temps, et du coup à rendre les choses moins douloureuses et plus sécurisantes pour chacun.e de nous deux.

Pour rappel : c'est elle qui me quittait. Mais je ne pouvais me résoudre à abandonner toute forme de relation.

Je ne sais plus forcément et exactement dans quel ordre, mais nous avons :
- laisser passer du temps et, autant que possible, évacué l'urgence (ça prendra le temps que ça prendra)
- défini qui posait les nouvelles modalités (en l'occurence, vu que c'est elle qui me quittait, elle a accepté que ce soit moi qui définisse les manières dont en entrerais en contact dans un avenir proche)
- défini des modalités sur qui re-prenait contact et avec quels moyens de communications (en l'occurence, moi, par texto ou par mail)
- défini des modalités sur des espaces où l'on pouvait se croiser (en l'occurence, elle évitais mes espaces collectifs, et j'évitais les siens)
- trouvé de l'aide et du soutien, via nos autres relations affectives
- essayé d'endiguer/rassurer la panique, que le nécessaire et temporaire "zéro contact" génère
- câlé finalement assez rapidement, un moment pour se revoir
- essayé de maintenir autant de contact que possible, amenant le moins de souffrance possible (donner tout ce que je peux donner, tout en écoutant mes besoins et mes limites) et faire évoluer ça avec le temps
- tenter d'ajuster sans cesse le possible avec le souhaitable en tenant compte de soi-même et de l'autre (une rupture en mode "silence radio" perturbe la communication, alors qu'il en faudrait justement… pour se caler sur comment opérer les ajustements nécessaires)
- essayé de se rappeler que ce n'est facile pour personne (même pour celle qui a pris la décision de rupture)
- décidé de nous revoir uniquement seul-à-seul pour commencer
- débrifé sur pas mal de désaccords récents entre nous (en l'occurence, j'ai beaucoup écouté tout un tas de désaccords qu'elle a eu besoin d'exprimer, dont des choses qui nécessitait une remise en question ou un changement de ma part, si je voulais qu'une quelconque relation puisse continuer)
- débrifé sur des comportements inhabituels (manque d'empathie, mensonge par omission, colère,…) pendant la période de rupture
- continué à prendre soin de l'autre, même alors qu'une rupture à été posée (ne pas mettre devant le "fait accompli", ne pas imposer publiquement une nouvelle relation, s'assurer sur comment l'autre peut vivre certaines décisions…)
- continué à développer de la compersion
- nommé d'abord une séparation, puis le fait que notre relation ne s'est en fait jamais arrêté, et bien qu'elle ai ralentie un temps (non sans remous émotionnels, bien sûr) a évoluée et s'est transformée
- réussis (une fois les différents débrief effectués) à nous revoir pour le plaisir de nous revoir, repasser du temps ensemble, etc
- nommé que cette relation est extrêmement importante et précieuse pour chacun.e de nous

.
Au final, nous ne sommes officiellement plus en relation amoureuse et sexuelle (et il n'y a pas d'ambiguïté là dessus, aucun.e de nous ne veut revenir là dessus), mais nous nous voyons de nouveau régulièrement.
Tout ce qui a été vécu depuis 2 ans et demi, y compris d'avoir pu vivre ce moment de séparation, participe à rendre cette relation précieuse, tant par ce qui a été mis en jeu, ce qui a été expérimenté, que par les modalités mises en place.

La différence majeure, de mon point de vue, est que je n'ai plus d'attentes spécifiques à cette relation. J'ai l'impression d'avoir réussi à supprimer le manque ressentis pendant une longue abscence. Et de mieux réussir à ne pas faire porter mes "besoins" à l'autre.
Et ce qui a été transformé/gagné dans cette relation, l'a été pour d'autres et m'a aidé aussi pour entamer plus sereinement une nouvelle relation.

Cette transformation, à également été pour moi l'occasion de repenser l'ensemble de mes relations affectives, réussissant enfin à vivre et ressentir physiquement, ce que je savais/pressentais en théorie depuis longtemps : que chaque relation est unique, et que les cases "amitié", "amour", "sexe" & co ne disent finalement RIEN de ce qui fait une relation, de son intensité, de sa richesse, de son importance, etc.
Ça m'a permis aussi de raviver des relations que j'avais un peu minorisées ces dernières années, sous prétexte qu'elle n'étaient pas "amoureuse et sexuelle".
Ça m'a permis de me rendre compte que j'étais affectivement plus riche que je ne le pensais (tant dans ce que je peux donner, que dans ce que je reçois ou peut recevoir).

.
Merci encore pour vos avis, aides et conseils. Et longue vie à ce site !

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Caoline

le lundi 15 octobre 2018 à 16h35

Eh bien, ça fait super plaisir à lire tout ça.

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raz

le lundi 15 octobre 2018 à 19h19

Content pour toi que tu ais pu vivre cette évolution positive et merci pour ce compte-rendu précis et enrichissant.
L'un des aspects importants de ce que j'appelle "le moment poly" est que, par rapport aux époques antérieurs, lorsqu'on parle de relations non exclusives, on a des témoignages concrets qui aident à imaginer comment faire. Ton retour en est encore un bel exemple.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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artichaut

le lundi 15 octobre 2018 à 20h15

C'est quoi "le moment poly" ?
Est-ce que pour toi c'est synonyme de l'époque contemporaine ? Ou bien ça fait référence à d'autres choses ?
Et tu le date quand ?
Le "moment poly" c'est les années 2010 ?
(ce site est né en 2008)

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raz

le mardi 16 octobre 2018 à 00h44

Merde !
Après avoir envoyé ce message, je me suis douté que tu risquais de me poser la question !
Faire une vrai réponse me prendra du temps et si je m'y mets, ce ne sera pas avant ce week-end.
Enfin, c'est un concept tout personnel. cela veut juste dire que :
1) Pour parler de relations affectivo-sexuelles non exclusives consensuelles, on a utilisé différentes expressions (amour libre, relations non exclusives, polyamour...).
2) Qu'à notre époque le terme "polyamour" l'emporte. Quand je dis l'emporte, je veux dire que pour parler de la même chose, on va se mettre à utiliser plutôt le mot polyamour de nos jours.
Par exemple, alors que l'expression "être en relations non exclusives" me convient mieux que "être poly", à un moment, je me suis mis à chercher le mot "polyamour" sur internet pour avoir accès à un contenu plus fourni et plus récent sur ce sujet, je me suis mis à utiliser de plus en plus ce terme pour être compris et j'ai même vu des ami-e-s employer ce terme dans un milieu où 10 ans auparavant, on aurait utilisé un autre terme.
Bien sûr, pour certaines personnes, ces différents termes peuvent avoir des définitions différentes ou une expression peut paraître plus pertinente qu'une autre. Mais je parle ici d'un usage social où pour dire la même chose, une expression l'emporte sur une autre à une époque donnée.
3) Qu'en même temps, on a vu la question abordée d'une nouvelle manière correspondant plus à une façon d'aborder les choses dans nos sociétés (ou dans une partie de celles-ci) à l'heure actuelle : Privilégier le "je", les témoignages, les conseils concrets, parler des sentiments, ne pas juger, se définir comme "poly" ou "mono"...

N.B. 1 : C'est personnellement en voyant une nouvelle manière intéressante d'aborder ces question en même temps que ce nouveau mot envahissait ma vie que j'ai pu me sentir à l'aise avec (je pense qu'il y a aussi une composante affective dans l'usage des mots, à côté du sens pour désigner quelque chose et de la composante interpersonnelle pour se faire comprendre) même si cela m'a pris des années (j'ai rencontré ce mot en 2006 mais je ne l'ai pas employé sans réticence avant 2012/2013).
N.B. 2 : Derrière le terme de "moment poly", il n'y a ni une époque précise (c'est maintenant mais depuis quand ? (le terme aurait été inventé au milieu des années 90, je le connais depuis 2006, ce site existe depuis 2008...)), ni un lieu précis (il est possible que ce terme ne veuille rien dire au Botswana ou au Myanmar mais dans combien de pays il y a assez de gens pour qui cela représente quelque chose ?), ni un milieu précis et même pas une définition ou une manière d'aborder les choses valable complètement pour toutes les personnes qui utiliseraient ce mot (par exemple je me retrouve difficilement derrière cette façon habituelle de dire "je suis poly", "je suis mono" même si j'ai pu trouver des raisons d'aborder les choses sous cette angle).
Comme pour tout phénomène social le terme ne désigne pas quelque chose aux contours nets mais plutôt un pôle d'attraction : vers telle époque dans telles régions et tels milieux, les gens qui utilisaient le terme "poly" mettaient derrière plutôt tel ensemble de croyances et de pratiques.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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gillou (invité)

le mercredi 24 octobre 2018 à 09h50

Bonjour artichaut,

Sujet archi intéressant.

Pour moi une rupture, c’est comme au sens mécanique. Quand il y a deux forces qui s’exercent dans deux sens différents et que la liaison entre les deux rompt.
En gros que les choses n’allaient plus depuis longtemps.
La séparation peut se faire sans rien casser. Comme la séparation d’un vaisseau à un autre. Un désaccostage. C’est coordonné, millimétré. C’est même prévu pour, je dirai.

Je dirai que la séparation peut intervenir avant la rupture.
C’est-à-dire qu’on devine que les choses ne vont plus aller dans le bon sens. Que la liaison ne va pas tenir.
Alors plutôt que d’attendre la rupture…. On décide d’une séparation.

Tous les conseils sont bons (j’en ai même beaucoup appris, merci !!!).

A titre très personnel, j’aime terminer une liaison par recoucher avec la personne. (terminer comme on l’a commencé ;) )
Ça se fait de nombreux mois après.
Juste pour m’assurer que la liaison est bien terminée.
Juste pour que les rêves de « et si…. » « néanmoins, c’était bien…. » s’arrêtent.
Juste parfois pour passer un bon moment, rompre en douceur.
Et que chacun reparte avec la conviction intime*, que oui tout cela est bien terminé.

* pour moi c’est intime dans le sens que ce n’est pas qqchose à partager, à dire. On sait juste au fond de nous même que c’est terminé. Qu’il n’y a plus la magie, le charme d’autant.
Il y a eu de la lumière certes, mais pas à tous les étages, pas comme avant.

Avec l’expérience c’est sans doute qqchose qu’on ne fait plus.
Pour moi c’est toujours une étape indispensable.
Ne serait ce que pour être sur que c’est terminé et pouvoir m’investir à 100% dans la relation suivante.
Puis c’est signe que la séparation s’est bien passé finalement. Si on peut se désaccoster, se réaccoster. .... même plutôt sain ;)

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1000sentiers

le dimanche 12 novembre 2023 à 02h55

En lisant cette liste, j'ai l'impression qu'il y a des préalables pour que la majorité de ses items soient opérables/utilisables/fonctionnels :
- L'envie réciproque de maintenir un lien (le redéfinir, le transformer, mais pas y mettre fin)
- La volonté sincère et profonde de coopérer à cette transformation plutôt que de cheminer chacun⋅e dans son coin, indépendamment de l'autre. (Ce qui pour moi implique une certaine culture ou habitude de la communication méta-relationnelle)

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artichaut

le lundi 13 novembre 2023 à 22h03

Oui, certes.
Même si pour moi la conscience de la possibilité de réussir une telle transformation était loin d'être acquise de prime abord…
On manque cruellement de modèle en la matière.

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Alabama

le vendredi 17 avril 2026 à 21h01

Je décide de poursuivre ce fil plutôt que d'en créer un autre, car je me sens totalement dans la lignée des questionnements du premier post, bien que ce que je vis est un peu différent.

Nous arrivons à un stade où la relation amoureuse que nous avons vécue avec mon amoureux ne peut plus continuer telle quelle. Pour diverses raisons (sa santé mentale, le patriarcat ancré en nous, principalement). Jusqu'à il y a peu, je peinais à voir les choses autrement que de manière binaire : on est ensemble ou on se quitte. Ça marche, ou ça marche pas. Toute ma vie, je n'ai pas été en mesure de passer d'une relation sexo-affective à une amitié de manière fluide, il m'a toujours fallu un sas de rupture, plus ou moins long, pour digérer et passer à autre chose.

Sauf que l'amitié que j'ai trouvée dans cette relation est si importante pour moi que je n'arrivais pas à prendre la décision de rupture qui s'imposait. J'ai alors arrêter de vouloir rompre, et j'ai simplement laissé les choses se faire, en suivant mes ressentis et mes besoins. On a d'abord espacé les moments où on se voyait, puis on s'est mis d'accord sur une pause plus stricte d'1 mois. Ce premier mois a été très dur pour moi car il était très flou, ne savais pas trop où il en était ni ce qu'il voulait, et j'ai énormément de mal avec le flou. On se voyait quand même un peu, car nous avons maintenu la possibilité de se demander/rendre des services (on est voisins). On s'est revu pour faire un point au bout d'un mois, et il a demandé à prolonger, mais cette fois il était clair, il a pu me dire les raisons de la prolongation, et en l'occurrence c'était pour s'occuper de lui et de sa santé mentale et ça m'allait très bien.

Nous sommes arrivés au bout du deuxième mois cette semaine.
On s'est revu, et on s'est mis d'accord pour une "amitié", et diminuer la fréquence à laquelle on se voit : 1xsemaine maximum. Mais y a pas de minimum. Et pas de sexualité en tous cas pour l'instant, principalement parce qu'il n'est pas capable de lancer des discussions sur le sujet et qu'il ne sait pas sentir ni verbaliser quand il aime moins ce qui se passe, et que dans ces conditions, ça ne convient ni à moi ni à lui de continuer à faire du sexe ensemble.

J'ai mis "amitié" entre guillemets, car je ne crois pas que c'est une amitié au sens classique du terme. Nous sommes toujours amoureux l'un de l'autre, et j'ai proposé que ce soit pas interdit de se le dire. Qu'en gros, on puisse être naturel l'un avec l'autre et ne pas poser des distances artificielles qui ne correspondent pas à un besoin de sa part ou de la mienne. Donc on est ami-moureux en réalité.

Je crois que je suis dans une période où je m'en fous un peu de la relation amoureuse en tant que telle, et qu'à choisir, je préfère l'amitié. Je ne ressens pas (plus après plusieurs mois d'émotions compliquées) de frustration à me dire qu'on est plus en relation amoureuse et que je n'aurai pas de relation amoureuse dans un avenir à moyen terme.
Je ne veux pas dire par là que je suis au-dessus de l'amour amoureux, que je ne vais plus vivre de relation amoureuse ou quoi.
Mais je réalise que dans cette relation amoureuse, ce qui m'est le plus précieux à garder, c'est l'amitié. Je peux me passer de la sexualité, je peux me passer de se voir toutes les 5mn, mais imaginer me passer de l'amitié que nous avons ensemble, c'est un déchirement. J'y inclue la tendresse : ce serait très difficile de me passer du contact physique.

Pendant ces deux mois sans passer de temps ensemble, on a pu chacun de notre côté évaluer ce qui nous manquait le plus. Et c'était à peu près la même chose des deux côtés: partager des moments chill, partager nos passions communes, se faire des câlins.

Donc voilà, c'est une aventure inédite pour moi. Le passage à l'amitié est sensé m'aider à faire avec ses incapacités relationnelles. La fréquence max va dans la même logique, éviter l'effet "couple" et tout ce qui va avec. Je ne sais pas si ça va marcher ou pas, mais j'en ai très envie.
Aussi je pense que lui et moi n'espérons pas forcément la même chose pour l'avenir : il espère qu'un jour on pourra de nouveau avoir une relation amoureuse. De mon côté, je suis très au clair avec ce qu'il faudrait pour que ce soit possible pour moi, et je ne suis pas sûre qu'il puisse un jour correspondre à ça, ou qu'en tous cas ça va prendre beaucoup de temps. Aussi, je ne sais plus si je veux vivre des relations amoureuses (surtout hétéro mais c'est un questionnement global). Je n'ai pas sauté le pas comme toi @artichaut de décréter que je ne veux vivre que des amitiés, mais c'est possible qu'à un moment je décide ça aussi. Et ça ressemble en fait un peu à ta théorie des interactions je pense, car en parallèle de tout ça, mon rapport aux amitiés à lui aussi changé. Je donne plus d'importance aux amitiés "pas si profondes" car j'ai découvert qu'elles peuvent participer à mon équilibre affectif, et plus d'importance à ma solitude. L'équilibre entre les deux est un chemin subtil...

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Alabama

le lundi 12 octobre 2026 à 13h51

Je reviens ici quelques mois plus tard pour dire que la transition de la relation amoureuse à la relation amicale n'est pas terminée.

La transition d'avril dernier m'a permis :
- d'etre plus à l'aise avec le fait de ne pas tout le temps savoir ce que l'autre fait, s'il part quelque part ou pas, et je ne ressens plus de tristesse ou de jalousie quand je découvre qu'il part à tel endroit pour tant de temps même à la dernière minute ou après coup. C'est devenu toit à fait normal et c'est important de le noter car cela m'aurait paru impossible il y a ne serait ce qu'1 an.

- de me recentrer sur ma vie, mes besoins et comment les combler ailleurs. Prendre du recul en somme, décentrer cette relation

Mais, nous sommes aussi retombés dans nos dynamiques relationnelles pas terribles et très cliché de relation hétéro.

J'ai donc acté une séparation il y a 1 mois. Et c'est très dur à tenir. Je ressens toujours du sentiment amoureux, et notre amitié me manque immensément.

Je n'arrive pas à imaginer ne pas se voir pendant des mois, alors même que c'est moi qui ai pris la décision. Le contexte politique n'aide pas : la perspective du fascisme, le bouleversement climatique appuient sur mes angoisses existentielles et accentuent mon besoin de proximité émotionnelle/politique, bref ma peur de la solitude existentielle est plus forte qu'elle n'a jamais été.

Est il vraiment possible de transformer une relation pour qu'elle devienne une amitié proche ne reproduisant pas les mêmes écueils ?
J'aimerais y croire, mais je me demande comment on fait cela quand les sentiments sont forts des deux côtés.

Nous avons donc décidé d'entamer une thérapie à deux, pour démêler tout ça et être accompagnés dans cette transformation. L'idée me met en joie pour plusieurs raisons :
- je suis curieuse de tester la thérapie "de couple" étant moi même thérapeute
- avec une tierce personne, nous allons pouvoir, je l'espère, nous exprimer différemment, et surtout je compte sur le/la thérapeute pour l'aider à s'exprimer tout court
- nous allons nous revoir, mais avec la perspective d'un changement qui ne repose pas uniquement sur nos capacités propres. Et c'est ce qui me met le plus en joie : partager de nouveau du temps ensemble.

La recherche d'un ou une thérapeute n'est cependant pas simple. J'ai envie de défricher l'amitié/l'amour et sortir des schémas hétéro, et on va pas se mentir, peu de thérapeutes sont à l'aise avec ce qui sort des normes hétéro/monogames. Et peu de thérapeutes ont des billes féministes. Mais on en a trouvé quelques unes malgré tout.

@artichaut : je serais curieuse de savoir où vous en êtes à présent de cette relation transformée, et si depuis, tu as "transformé" d'autres relations et comment ça s'est passé.

Message modifié par son auteur il y a 8 jours.

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artichaut

le lundi 12 octobre 2026 à 15h49

Alabama
Je reviens ici quelques mois plus tard pour dire que la transition de la relation amoureuse à la relation amicale n'est pas terminée.

Je lis ton récit comme quelque chose de positif. Et je le trouve chouette à lire.
(même si le côté thérapie à deux me fait un tout petit effet "couuuuuple" p-être un tout petit peu en décalage avec le projet tel qu'éconcé. et aussi ton "ce qui me met le plus en joie : partager de nouveau du temps ensemble" qui m'a fait un petit warning à la lecture, en mode "hum, faire une thérapie pour se voir, genre au cabinet, chelou")

Alabama
La recherche d'un ou une thérapeute n'est cependant pas simple.

ouais j'imagine !
bon courage pour les recherches !
si tu trouve des personnes chouettes, n'hésite pas à partager ici.

Alabama
@artichaut : je serais curieuse de savoir où vous en êtes à présent de cette relation transformée, et si depuis, tu as "transformé" d'autres relations et comment ça s'est passé.

1. où nous en sommes à présent de cette relation transformée

nous sommes toujours très très ami·es. et ça commence à être une amitié de longue date (+ de 10 ans).
nous avons vécu un giga conflit (le + gros conflit de toute ma vie), mais en soi ce conflit aurait pu se passer avec n'importe qui, et n'est pas lié à ladite transformation (enfin je pense pas).
la transfo à réellement tout changé dans notre lien, qui ne s'est pas apaisé sur tous les plans (cf le giga conflit — il y a eu des conflits avant et d'autres après), mais qui a trouvé sa modalité spécifique grâce à cette transfo.
…transfo qui évidemment n'est pas aussi simple que "on transmute une relation sexo-amoureuse en relation d'amitié, et hop" ; en réalité c'est plutôt "on invente notre modalité relationnelle rien qu'à nous" (qui de fait est plutôt +proche de la catégorie sociale "amitié"), mais oui dans le processus on a eu besoin (en tout cas j'ai eu besoin) de visualiser les choses comme une transformation, de visualiser un but, de poser des cadres, etc.


2. si depuis, j'ai "transformé" d'autres relations

- oui, quasi toutes (celles de l'époque), mais pas de manière aussi consciente-volontaire-formalisée-explicitement_nommée (disons que j'ai changé et que ça a de fait changé ma manière de relationner)

- plutôt non, car de fait aujourd'hui j'ai tendance à "transformer" la relation avant même qu'elle existe. j'ai par exemple ensuite entamée des relations en mode "amour et sexe non merci, je veux une relation d'amitié ! …mais libre à nous de mettre ce qu'on veut dans ce concept" ce qui a été partiellement efficace (faudrais développer : plein de trucs super, d'autres moins) et aujourd'hui j'ai même un peu lâché ça, ce besoin d'ultra-formaliser et poser des mots cadrants, avant même que quoi-que-ce-soit n'existe. peut-être que je m'adoucit avec l'âge…

- en vrai, j'ai un peu le sentiment d'avoir changé de monde (conséquence de mon fameux chgt de paradigme ?), de ne plus du tout rechercher la même chose qu'avant, et de m'en sentir tellement soulagé et apaisé, comme de m'être délesté d'une sorte de combinaison gluante (faite d'un mélange d'injonctions de croyances, de frustrations et d'auto-complications) et d'enfin respirer / je n'en suis pas à vivre complétement une vie nouvelle, plutôt déjà une 'non-vie-ancienne', et à appréhender cet apaisement (à l'endroit du relationnel) et à juste vivre ça. et quand je regarde mon passé je me demande presque comment j'ai pu autant me compliquer la vie (et certaines considérations qui jadis me semblait importantes, aujourd'hui me semble presque abstraites, factices ou tellement peu importantes)…

- j'ai le sentiment que depuis peu quelque chose d'autre est en train d'émerger, mais c'est encore très très minuscule, et beaucoup trop ténu pour réussir à en parler …et je ne suis pas pressé de quitter mon doux apaisement tranquille…

— par ailleurs, oui, le désastre du monde… je ne comprends que trop les anxiétés dont tu parles —

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Doula

le lundi 12 octobre 2026 à 19h00

Bonjour Alabama,

C’est sans doute un peu différent de ce que tu vis, mais voici un témoignage sur une transformation de relation amoureuse (qui a eu lieu il y a 12 ans et duré 3 ans) en relation amicale. C’est une des personnes dont je suis le plus proche actuellement, et notre amitié est particulièrement forte aujourd’hui.

À l’époque, j’étais la relation secondaire, et beaucoup de choses dans notre relation ne fonctionnaient pas, voir étaient pas mal toxiques (on ne connaissait rien au poly amour et pas grand-chose à l’amour en général).
Je suis restée bloquée dans une forme d’ENR/obsession pendant environ 3 ans. Par contre, cette relation m’apportait beaucoup de soutien, de rire et une vraie complicité.

Dans mon cas, il y a vraiment eu un switch dans mon esprit qui a permis de transformer la relation. J’étais dans un grand mal être émotionnel, et un truc simple m’est apparu d'un coup de manière limpide : « dans ces conditions, cette relation amoureuse ne me convient pas et ne pourra pas me convenir ». Ça a l’air très bête dit comme ça, mais ça s’est passé ainsi, j’ai donc posé que ça ne fonctionnait pas pour moi, que je n’étais pas en cohérence.

Nous avons donc testé une autre forme de relation amoureuse (plus engageante, plus proche, plus « couple ») et oh surprise, je n’en voulais pas (ca a duré 2 semaines, pas concluant du tout). Depuis 3 années j’espérais une forme relationnelle plus traditionnelle, et finalement, elle ne me convenait pas. Ça a été une sorte de révélation : mes croyances et le système monogame dans lequel je suis peuvent me faire croire que j’ai envie d’une relation dite « de couple » avec cette personne alors que non.

La question a donc été, qu’est-ce que je veux vivre avec cette personne ? et de quoi je suis capable aujourd’hui ? Nous avons donc décidé de transformer la relation en relation amicale. De couper le côté « amoureux » qui nous embourbait. Dans notre cas, comme la relation n’était pas saine /saine il y avait beaucoup de schéma déclencheurs, de comportements en ping pong. De choses très ancrées dans le quotidien.

Mon moyen de transformer a été d’abord d’écrire une lettre que je n’ai pas envoyé. Cet écris m’a vraiment permis de poser sans aucun filtres (parce que je ne l’envoyais pas justement) ce qui se jouait pour moi.

Ensuite, de prendre ces comportements, de les identifier et de m’en décaler, de tester autre chose. De manière pas naturelle du tout au départ, mais ça nous a permis de dégoupiller nos schémas. Au lieu de réagir en mode « autoroute », sur notre mode habituel, je me suis vraiment comportée différemment. Par exemple, au lieu de répondre à une blague par une attaque, dire simplement ce que ça me fait ressentir, … Bloquer aussi les gestes, les attitudes et les regards qui nous remettaient invariablement dans notre « schéma amoureux ». Il n’y a même pas eu de deuil ou de rupture à faire, je pense qu’on conservait vraiment ce qui était important pour nous et on se débarrassait du mauvais.

Après est ce que mon témoignage n’est pas plutôt « enlever le toxique d’une relation ? » peut-être, dans ce cas précis en tout cas, c’est passer à ce moment-là d’une relation amoureuse à une relation amicale.

Aujourd’hui (ça a pris du temps et de la distance quand même), il n’y a plus rien dans cette relation de malsain. Nous avons réussi à dégager le mauvais. Nous nous soutenons, nous avons une belle communication et nous continuons notre petit chemin ensemble.

Message modifié par son auteur il y a 8 jours.

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Alabama

le mardi 13 octobre 2026 à 18h15

artichaut
Je lis ton récit comme quelque chose de positif. Et je le trouve chouette à lire.

Oui, je le vis positivement aussi. Même si le processus et lent, et qu'il y a des essais-erreurs. Je me retrouve dans certaines choses que tu dis, notamment le non-retour en arrière. Je ne me vois pas (plus) revenir à des relations amoureuses plus classiques. Je suis plutôt dans l'idée d'abandonner ce mode relationnel. Mais c'est difficile à faire bouger, notamment émotionnellement, et notamment face à la peur du vide/isolement, quand toute la société autour fonctionne autour du couple et où y renoncer c'est accepter une forme de précarité relationnelle (ça me rappelle un autre fil de discussion).

artichaut
(même si le côté thérapie à deux me fait un tout petit effet "couuuuuple" p-être un tout petit peu en décalage avec le projet tel qu'éconcé. et aussi ton "ce qui me met le plus en joie : partager de nouveau du temps ensemble" qui m'a fait un petit warning à la lecture, en mode "hum, faire une thérapie pour se voir, genre au cabinet, chelou")

Je suis étonnée que tu tiques sur "thérapie à deux". J'ai utilisé ce terme car il est justement factuel : on est 2, pas 1, pas 10. Je n'ai pas utilisé le terme "thérapie de couple".
Mais, factuellement, nous sortons d'une relation amoureuse, et donc le couple fait encore partie de nous. Je vois cette thérapie comme comparable à un couple marié avec enfants qui se sépare et veut transformer la relation, sauf que nous, on a pas d'enfants ni de maison. Ça me semble donc carrément rentrer dans ce que propose la thérapie de couple classique. Sauf que le type d'amitié que j'aimerais construire, elle, ne rentre peut-être pas vraiment dans la définition classique (mais je ne sais pas encore ce que lui souhaite).

Et pourquoi pas faire une thérapie pour se voir ? C'est une activité comme une autre après tout :) On va pas se voir pour de la poterie, on va se voir pour de la thérapie, en quoi est-ce si chelou ?? Je suis étonnée de ta normativité sur ce coup-là ;)

Mais plus sérieusement, l'idée, c'est de ne pas se revoir avant d'avoir avancé sur notre mode relationnel, et on a décidé ensemble que c'était une bonne idée de se revoir avec la thérapeute, afin de ne pas retomber dans notre dynamique habituelle, que nous avons déjà essayé de changer (et réussi sur certains plans), et que nous n'avons pas pu à nous seuls. En gros, c'est une forme de cadre, de sécurité, pour ne pas recommencer les mêmes trucs chiants. C'est aussi pour moi une limite : je ne veux plus relationner comme on relationnait et subir des trucs pourris (j'exprime un inconfort, il se bloque, et les jours suivants au lieu de revenir vers moi sur le sujet, fait comme si je n'avais rien dit). Et je sais qu'en l'état actuel des choses, ça se reproduirait, et c'est plus possible pour moi d'accepter ça. Ça marche pas en couple, et ça marche pas non plus en amitié en ce qui me concerne.

artichaut
2. si depuis, j'ai "transformé" d'autres relations

- oui, quasi toutes (celles de l'époque), mais pas de manière aussi consciente-volontaire-formalisée-explicitement_nommée (disons que j'ai changé et que ça a de fait changé ma manière de relationner)

Ça me parle.
J'ai une amitié qui a débuté il y a 1 an environ, une femme pour qui j'ai eu un crush amical/amoureux et réciproquement, mais pour diverses raisons nous ne nous sommes pas engagées dans une relation amoureuse (à ce moment-là j'avais encore envie de relations amoureuses, mais j'avais déjà transmuté ma vision de l'amitié). Par contre, il y a eu beaucoup de transparence sur notre attirance physique/amoureuse, sans l'agir de cette manière. Pour nous deux, c'était une première. Pour elle comme pour moi, c'est d'une grande richesse d'avoir pu se dire les choses, et décider d'être amies, sans pour autant faire comme si ces attirances n'existaient pas.
Avec cette personne, je trouve hyper "facile" (en tous cas plus facile que dans d'autres relations que j'ai) de méta-relationner, dire les choses difficiles, etc... et les conflits pour l'instant sont facilement surmontés. Et il y a une joie toute particulière pour moi à vivre cette relation justement parce qu'elle me fait "pratiquer" autre chose que ce qui est normé. Et une joie non moins particulière à sentir parfois mon attirance/amour amoureux et simplement en profiter comme quelque chose de terriblement agréable et non comme une frustration parce qu'il faudrait "plus".

Questionner les cases amitié/amour amoureux a produit chez moi quelque chose d'inattendu : je ne ressens plus tellement de frustration sexuelle sous prétexte que la personne désirée ne veut pas faire de sexe avec moi. Et je trouve ça génial. C'est comme si l'attirance et la sexualité étaient devenues deux choses différentes. Ou que la sexualité s'était totalement élargie au point que simplement ressentir l'attirance physique soit déjà, en soi, quelque chose qui me comble. Je sais pas si je suis claire.

artichaut
mais libre à nous de mettre ce qu'on veut dans ce concept" ce qui a été partiellement efficace (faudrais développer : plein de trucs super, d'autres moins)

Si tu en as l'envie à un moment, j'adorerais que tu développes.

artichaut
- en vrai, j'ai un peu le sentiment d'avoir changé de monde (conséquence de mon fameux chgt de paradigme ?), de ne plus du tout rechercher la même chose qu'avant, et de m'en sentir tellement soulagé et apaisé, comme de m'être délesté d'une sorte de combinaison gluante (faite d'un mélange d'injonctions de croyances, de frustrations et d'auto-complications) et d'enfin respirer / je n'en suis pas à vivre complétement une vie nouvelle, plutôt déjà une 'non-vie-ancienne', et à appréhender cet apaisement (à l'endroit du relationnel) et à juste vivre ça. et quand je regarde mon passé je me demande presque comment j'ai pu autant me compliquer la vie (et certaines considérations qui jadis me semblait importantes, aujourd'hui me semble presque abstraites, factices ou tellement peu importantes)…

Je trouve ça vraiment plaisant de lire ça.
Et pareil, si tu as envie de développer quelles sont les considérations qui jadis étaient importantes et aujourd'hui ne le sont plus, ça m'intéresse.

artichaut
— par ailleurs, oui, le désastre du monde… je ne comprends que trop les anxiétés dont tu parles —

Dans un sens, cela a aussi du bon : quand je touche bien fort mon angoisse, certains besoins m'apparaissent plus clairement, et je ne peux plus me mentir à moi-même sur où j'en suis avec la solitude. Et cela m'aide à voir clair sur les liens qui sont importants même si imparfaits.
A la fois, je trouve important de connaître certaines de nos limites, besoins etc.
A la fois, il peut aussi y avoir une tentation individualiste là-dedans, trop "dev perso", capitaliste en quelque sorte. Je cherche l'équilibre entre faire avec les trucs relous des gens que j'aime, et mes limites/besoins. Equilibre pas évident à trouver, et je pense être tellement privilégiée de pouvoir me poser ce type de questions... quand c'est la survie on a pas ce luxe. Et j'ai envie de choisir avec qui je vais vivre les années difficiles à venir. Et il me semble que les amitiés sont beaucoup plus viables dans les temps durs.

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Profil

Alabama

le mardi 13 octobre 2026 à 18h31

Doula
C’est sans doute un peu différent de ce que tu vis, mais voici un témoignage sur une transformation de relation amoureuse (qui a eu lieu il y a 12 ans et duré 3 ans) en relation amicale. C’est une des personnes dont je suis le plus proche actuellement, et notre amitié est particulièrement forte aujourd’hui.

J'adore lire que c'est une des personnes dont tu te sens le plus proche aujourd'hui. Que donc, la transmutation n'a pas diminué votre proximité émotionelle.

Doula
Dans mon cas, il y a vraiment eu un switch dans mon esprit qui a permis de transformer la relation. J’étais dans un grand mal être émotionnel, et un truc simple m’est apparu d'un coup de manière limpide : « dans ces conditions, cette relation amoureuse ne me convient pas et ne pourra pas me convenir ». Ça a l’air très bête dit comme ça, mais ça s’est passé ainsi, j’ai donc posé que ça ne fonctionnait pas pour moi, que je n’étais pas en cohérence.

Il s'est passé quelque chose d'un peu similaire pour moi. Mais pas aussi radicalement. Je ne sais pas comment se traduisait la toxicité entre vous. Entre nous, il y en a un peu, mais ça reste "soft" si je compare à tout ce que je connais qui peut être toxique en relation amoureuse, que je l'aie vécu moi-même ou observé. Le switch est beaucoup plus progressif pour moi, ça se fait par étape. Et en réalité, le switch ne s'opère pas vis-à-vis de lui personnellement mais plutôt envers la relation amoureuse de manière générale, et hétéro plus particulièrement. Donc bien sûr, ça le concerne personnellement car il a sa manière bien à lui d'être un homme hétéro, mais c'est une remise en question beaucoup plus vaste. J'ai le sentiment de vivre l'aboutissement de me convictions féministes, sur le plan relationnel. Et il y a une forme de soulagement à ça : ce n'est pas tellement moi qui "choisis mal" ou qui "n'y arrive pas", c'est surtout que j'arrive à un moment où je pense que la relation amoureuse, le couple, hétéro ou pas, n'est pas vraiment vivable de manière saine, alors que l'amitié bien plus.

Doula
Mon moyen de transformer a été d’abord d’écrire une lettre que je n’ai pas envoyé. Cet écris m’a vraiment permis de poser sans aucun filtres (parce que je ne l’envoyais pas justement) ce qui se jouait pour moi.

Je trouve ça super. Je me demande si ça pourrait m'aider.

Doula
Par exemple, au lieu de répondre à une blague par une attaque, dire simplement ce que ça me fait ressentir

J'ai carrément fait ça aussi. Ainsi que pratiqué le "retrait" : quelque chose fait que je me sens mal dans le moment, si je n'ai pas envie de démarrer une discussion sans fin, je rentre chez moi : comme ça, je ne gère pas de la méta-relation tout en m'extrayant de ce qui est trop désagréable pour moi. J'ai adoré découvrir que je pouvais faire ça :) ça ne règle pas tout, mais c'est un outil parmi d'autres je trouve pour transformer une relation (dans mon cas, ne pas me taper toute la charge relationnelle).

Doula
Aujourd’hui (ça a pris du temps et de la distance quand même), il n’y a plus rien dans cette relation de malsain. Nous avons réussi à dégager le mauvais. Nous nous soutenons, nous avons une belle communication et nous continuons notre petit chemin ensemble.

Je trouve ça génial, et ça donne de l'espoir :)

Message modifié par son auteur il y a 7 jours.

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