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Pourquoi le Polyamour ne marche pas – pour moi –

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Siestacorta

le dimanche 18 mars 2018 à 12h26

Bizbille
Pour moi, l'amour n'a rien de sacré, ce n'est pas une divinité contre laquelle on ne peut rien, et je me dis que ça aurait aussi bien pu ne pas commencer, d'où ma difficulté à comprendre, sans doute...

Alors, selon les poly, si tu lis les autres fils sur le forum, tu trouveras une conception différente de l'amour.

La mienne, c'est que l'amour est puissant. Il nous pousse vers des gens, vers des situations, vers des changements que nous n'aurions pas envisagé sans lui. Il nous remet en cause, parce qu'on se retrouve attaché à des gens qui ont leurs attentes, leurs peurs ; et que pour que cet attachement dure, on est appelé devenir meilleur, à pas rester "commeçaetpicétou". C'est quelque chose qui ouvre des portes vers les autres, et nous travaille assez profondément pour qu'on reste pas replié sur soi.
Cela en fait sa beauté et son intérêt.

Par contre, l'amour n'est pas sacré dans le sens où on a plein d'autres motivations et d'autres forces en nous, qu'on a notre intelligence pour voir à quel moment le sentiment ne crée pas par magie du bien-être pour les autres, juste en étant là.
Ce qu'on fait par amour n'est pas "bien" par essence et ne nous emmène pas nécessairement au bon endroit. On voit plein de gens faire les pires conneries au nom de l'amour... C'est facile, c'est une des grosses excuses offertes par la société pour pas se regarder en face et se demander "je voulais faire quoi de bien, là ?".

Et surtout, on appelle amour un cocktail tellement complexe d'émotions et de sentiments ( variant encore plus selon les individus, leurs histoires, leurs failles, leur sensibilité) qu'une fois reconnue en soi l'intensité de l'expérience, on n'en sait pas encore grand chose.
Se fier aveuglément à cette intensité, en mettant de côté le reste de notre vie, c'est fonctionner à la passion plutôt qu'avec l'ensemble de notre "âme" (je met des pincettes : âme pour essence de soi, pas pour entité qui passe la douane chez Saint-Pierre).
Et la passion, étymologiquement (et littérairement), c'est lié à la pathologie : c'est ce qu'on subit, pas ce qu'on veut quand on est soi-même.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Bizbille

le dimanche 18 mars 2018 à 12h48

bonheur
Je ne met pas au pied du mur, jamais. Je ne fais pas de chantage, jamais. D'ailleurs, si je suis une complication insurmontable et que je rend malheureuse (mes métamours en particulier), je rompt. Je ne supporte pas de faire du mal. Par contre, autrui qui me dit "j'irai mieux demain, lorsque j'aurai fait le travail nécessaire, mais en attendant, soit à mes côtés, parce que j'ai besoin de toi", là oui, je suis présente et je fais mon possible pour que des équilibres soient créés et que chacun-e, dans son autonomie, soit valorisé.

C'est une façon de faire que je comprends mieux... je me pose encore une question, toutefois : est-ce que si j'éprouve un ressenti négatif par rapport à une relation dans laquelle je ne suis pas directement impliquée, et que je le fais savoir, n'est-ce pas une forme d'ingérence de ma part ?

bonheur
Je crois, en effet, que dans le discours, il y a la valeur personnelle que l'on attribue à l'amour. Je veux dire par là, ce que l'amour implique intérieurement à titre individuel.

Oui, on peut passer son chemin et ne pas vivre l'amour (dans mon cas affectif, d'autant que je deviens de plus en plus demi-sexuelle).

D'ailleurs, on peut chasser complètement l'amour sentimental de sa vie, étant donné que l'amour peut amener des souffrances et que l'on n'aime pas souffrir. Dans ce cas, si on a des besoins sexuels, ben on couche à droite à gauche, histoire de ne pas se focaliser et surtout de ne pas s'attacher, et basta. Ca simplifie je suppose drôlement la vie.

On peut aussi accepter la complication et vivre ses émotions, autant que possible.

Je suppose que pour beaucoup de polys, et sans généraliser, choisir d'aimer ET d'aimer est la seule solution. Un choix est injuste, par nature.

Oui, c'est pas bête. Un choix est nécessairement fait au détriment d'une autre option !

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Bizbille

le dimanche 18 mars 2018 à 12h54

Siestacorta
Alors, selon les poly, si tu lis les autres fils sur le forum, tu trouveras une conception différente de l'amour.

La mienne, c'est que l'amour est puissant. Il nous pousse vers des gens, vers des situations, vers des changements que nous n'aurions pas envisagé sans lui. Il nous remet en cause, parce qu'on se retrouve attaché à des gens qui ont leurs attentes, leurs peurs, et que pour que l'attachement dure, on est appelé devenir meilleur, à pas rester "commeçaetpicétou". C'est quelque chose qui ouvre des portes vers les autres, et nous travaille assez profondément pour qu'on reste pas replié sur soi.
Cela en fait sa beauté et son intérêt.

Par contre, l'amour n'est pas sacré dans le sens où on a plein d'autres motivations et d'autres forces en nous, qu'on a notre intelligence pour voir à quel moment le sentiment ne crée pas par magie du bien-être pour les autres, juste en étant là.
Ce qu'on fait par amour n'est pas "bien" par essence et ne nous emmène pas nécessairement au bon endroit. On voit plein de gens faire les pires conneries au nom de l'amour... C'est facile, c'est une des grosses excuses offertes par la société pour pas se regarder en face et se demander "je voulais faire quoi de bien, là ?".

Et surtout, on appelle amour un cocktail d'émotions tellement complexe et de sentiments ( variant encore plus selon les individus, leurs histoires, leurs failles, leur sensibilité) qu'une fois reconnue l'intensité de l'expérience, on ne sait pas encore grand chose.
Se fier aveuglément à cette intensité, en mettant de côté le reste de notre vie, c'est fonctionner à la passion plutôt qu'avec l'ensemble de notre "âme" (je met des pincettes : âme pour essence de soi, pas pour entité qui passe la douane chez Saint-Pierre).
Et la passion, étymologiquement (et littérairement), c'est lié à la pathologie : c'est ce qu'on subit, pas ce qu'on veut quand on est soi-même.


Message modifié par son auteur il y a 10 minutes.

Je veux bien que l'amour soit puissant, mais pour moi (toujours pour moi), ce n'est pas un drame de renoncer à une relation qui n'est pas encore une relation amoureuse, ni même de la maintenir à un stade "infra-amoureux" si c'est le souhait de tous. C'est sans doute lié à mon fonctionnement de diesel : il me faut du temps pour que ce que j'appelle un "crush", un coup de coeur, devienne un amoureux.

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Bizbille

le dimanche 18 mars 2018 à 13h08

artichaut
Toutes les histoires ne commencent, heureusement pas comme ça. Et oui, il peut y avoir de la malhonnêteté à agir volontairement caché puis mettre devant le fait accompli.
L'histoire de Caoline n'est pas comme ça, la mienne, et plein d'autres non plus.
(Même si ce que tu as vécu, est également beaucoup présent et raconté sur le forum)


Bizbille
finalement j'ai du mal à voir comment le "je fais" peut être tant discuté que ça.


C'est là, déja ou l'empathie, le "Je ne fais pas de chantage" de Bonheur ou le "chercher des solutions ensembles pour minimiser, soutenir" de Caoline prennent tout leur sens.
Bien sûr que le "je fais" (à partir du moment où l'on est en confiance que le "je suis" est respecté) peut-être discuté, ne serait-ce que dans sa lenteur, dans ses modalités, dans le fait de faire une pause, voire dans le fait de ne rien faire (même si à long terme c'est sans doute illusoire et se cacher la face, et ne pas pleinement respecter le "je suis").
Souvent discuter avec le/la metamour (si cela peut se faire dans l'écoute et la bienveillance mutuelle) peut être une façon d'envisager la complexité de la chose, et cesser de considérer des solutions toutes faites comme véritablement envisageables.
Alors il faut creuser. Et tester des choses. Et poser des limites (surtout au début). Et se questionner beaucoup sur ce qui pose réellement problème. Et prendre en compte ce qui pose réellement problème aux autres. Etc.

En fait, je crois que là où je me trompe, c'est que quelque part, inconsciemment, je cherche une sorte de "fonctionnement universel" au polyamour, histoire sans doute de me simplifier la compréhension. Du coup je perçois des messages contradictoires, simplement parce que chacun-e vit les choses à sa manière. D'un côté on me dit "on ne peut pas mettre une relation en pause à cause d'une personne qui n'est pas impliquée dedans", et de l'autre j'entends qu'une pause est une solution (temporaire, c'est le principe) pour prendre le temps de l'acceptation. Et je comprends mieux, aussi, ce qui a pu générer de l'embrouille entre mon partenaire et moi : lui a pioché dans les discours variés ce qui lui parlait le plus, et donc ce qui "l'arrangeait" le plus (involontairement). Et il a fallu que je cherche de mon côté des propos plus en accord avec ma vision des choses.
Clairement on a fait les choses à l'envers, à vous lire, il faudra les reprendre à l'endroit ! ;)

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Caoline

le dimanche 18 mars 2018 à 13h17

Je suis encore d'accord avec artichaut, décidément ;-)
Dire ok tu es mais tu ne fais pas, ça me semble vraiment nier la personne et ça a peu de chance de permettre à la relation de durer à long terme.
Je précise que si j'ai témoigné, ce n'est pas pour dire "voilà comment il faut faire" mais juste parce que je trouvais triste de ne lire sur ce forum depuis plusieurs mois que des témoignages de transitions dans la souffrance, souvant suite à des découvertes ou volonté de sortir de situations adultères mais pas que. C'est donc vraiment juste pour dire "ça peut aussi bien se passer si on prend le temps, qu'on discute..." mais il y a probablement aussi d'autres façons que ça se passe bien.

Lire comment tu vis l'amour me permet de saisir pourquoi on a des difficultés à se comprendre. Pour moi le fait de tomber amoureuse à toujours été quasi instantané, sans que la relation ai commencé. Pour l'homme de ma vie -même si on devait se séparer un jour, et/ou qu'un autre vienne prendre beaucoup de place dans ma vie je pense que personne ne prendra jamais autant de place que celui avec qui je vis depuis 27 ans et avec qui j'ai fait 5 enfants- , j'ai été foudroyée en lui pinçant la cuisse le premier janvier 1991 au petit matin alors qu'en faisant sa connaissance amicale l'avant veille vraiment je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse me plaire. Ça ne veut pas dire que j'étais obligée de vivre cette histoire, ou d'autres. Par exemple quand l'attirance/les sentiments ne sont pas réciproques, les miens vont vite s'estomper. Mais si c’est réciproque, j'ai vraiment envie de voir où ça peut nous mener et si quelqu'un ou quelque chose venait m'en empêcher, il est sûr que j'en souffrirait réellement. Je suis hypersensible, je vis et ressens tout de façon décuplée. J'ai toujours dit que je ne sais pas ce que j'aurais fait si mon L n'avait pas fini par accepter et bien vivre que je vive d'autres relations, si je me serais résignée ou si je l'aurais quitté, mais je suis vraiment ravie de ne pas avoir eu à faire ce choix.
Je ne suis pas sûre du tout de sacraliser plus l'amour que toi, je n'ai d'ailleurs pas l'impression de le sacraliser du tout, au contraire de plutôt le vivre comme un élément qui est là, même si on ne sait comment il va évoluer. J'aurais même tendance à penser que c'est toi qui le sacralise plus puisque pour toi c'est rare, ça se construit, c'est uniquement si on vit déjà des choses intenses ensembles. Bref ce qui est sûr c'est qu'on vit et ressent les choses très différemment toutes les 2. Et quand je parle d'envies, ça ne veut pas dire désirs physiques, puisque même si j'ai pu le vivre à une courte période de ma vie, je n'éprouve plus jamais de désir sexuel pour quelqu'un pour qui je n'ai pas de sentiments. Et donc si je ressens un élan amoureux, ce dont j'ai envie c'est de mieux le/la connaitre, de passer du temps avec lui/elle, et aussi bien sûr de partager de l'intimité physique mais ce n'est vraiment pas que ça.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Bizbille

le dimanche 18 mars 2018 à 13h53

Caoline
Je suis encore d'accord avec artichaut, décidément ;-)
Dire ok tu es mais tu ne fais pas, ça me semble vraiment nier la personne et ça a peu de chance de permettre à la relation de durer à long terme.

Je suis totalement d'accord avec ça, ce serait comme dire "je n'ai rien contre les homosexuels tant qu'ils restent chastes", c'est absurde ! J'avais caricaturé volontairement pour mieux comprendre le distingo "accepter l'être/discuter le faire" que je ne saisissais pas bien...

Caoline Je précise que si j'ai témoigné, ce n'est pas pour dire "voilà comment il faut faire" mais juste parce que je trouvais triste de ne lire sur ce forum depuis plusieurs mois que des témoignages de transitions dans la souffrance, suivant suite à des découvertes ou volonté de sortir de situations adultères mais pas que. C'est donc vraiment juste pour dire "ça peut aussi bien se passer si on prend le temps, qu'on discute..." mais il y a probablement aussi d'autres façons que ça se passe bien.

Lire comment tu vis l'amour me permet de saisir pourquoi on a des difficultés à se comprendre. Pour moi le fait de tomber amoureuse à toujours été quasi instantané, sans que la relation ai commencé. Pour l'homme de ma vie -même si on devait se séparer un jour, et/ou qu'un autre vienne prendre beaucoup de place dans ma vie je pense que personne ne prendra jamais autant de place que celui avec qui je vis depuis 27 ans et avec qui j'ai fait 5 enfants- , j'ai été foudroyée en lui pinçant la cuisse le premier janvier 1991 au petit matin alors qu'en faisant sa connaissance amicale l'avant veille vraiment je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse me plaire. Ça ne veut pas dire que j'étais obligée de vivre cette histoire, ou d'autres, par exemple quand l'attirance/les sentiments ne sont pas réciproques, les miens vont vite s'estomper, mais si c’est réciproque, j'ai vraiment envie de voir où ça peut nous mener et si quelqu'un ou quelque chose venait m'en empêcher, il est sûr que j'en souffrirait réellement. Je suis hypersensible, je vit et ressens tout de façon exponentielle. J'ai toujours dit que je ne sais pas ce que j'aurais fait si mon L n'avait pas fini par accepter et bien vivre que je vive d'autres relations, si je me serais résignée ou si je l'aurais quitté, mais je suis vraiment ravie de ne pas avoir eu à faire ce choix.
Je ne suis pas sûre du tout de sacraliser plus l'amour que toi, je n'ai d'ailleurs pas l'impression de le sacraliser du tout, au contraire de plutôt le vivre comme un élément qui est là, même si on ne sait comment il va évoluer. J'aurais même tendance à penser que c'est toi qui le sacralise plus puisque pour toi c'est rare, ça se construit, c'est uniquement si on vit déjà des choses intenses ensembles. Bref ce qui est sûr c'est qu'on vit et ressent les choses très différemment toutes les 2. Et quand je parle d'envies, ça ne veut pas dire désirs physiques, puisque même si j'ai pu le vivre à une courte période de ma vie, je n'éprouve plus jamais de désir sexuel pour quelqu'un pour qui je n'ai pas de sentiments. Et donc si je ressens un élan amoureux, ce dont j'ai envie c'est de mieux le/la connaitre, de passer du temps avec lui/elle, et aussi bien sûr de partager de l'intimité physique mais ce n'est vraiment pas que ça.

En fait, c'est moi qui suis en recherche d'une cohérence théorique stable, alors que... et bien maintenant je me rends compte que ce n'est pas possible que je trouve ça ! Que je la construise avec mon partenaire oui, mais chaque relation étant unique (oui, c'est une évidence, mais faut que je m'en souvienne ! :D ) il ne pourrait y avoir un fondement théorique unique pour toutes les façons de vivre le polyamour... En tout cas, ça me fait du bien de découvrir cette diversité de point de vues !
Pour ce qui est de ma façon de ressentir l'amour, en fait ce n'est pas tant l'intensité de ce qui est vécu ni sa construction (qui vient ensuite) qui fait qu'il émergera chez moi. C'est seulement que chez moi l'amour ne peut pas naître sans que je ne connaisse bien la personne, et pour connaître quelqu'un ça me demande du temps, ça me demande pas mal de discussion. J'ai besoin d'un minimum de sécurité pour que l'amour puisse naître, sinon ça ne prend pas. Et il y a des choses qui ne sautent pas aux yeux immédiatement, par exemple si la personne est raciste, ou homophobe, ou fermée au féminisme... Mon besoin de sécurité passe avant mes besoins affectifs, en gros... sans que ce ne soit volontaire de ma part !
Pour la question des envies, j'avais bien compris qu'il s'agissait d'envies romantiques et pas sexuelles, je fais bien la part des choses ! ;)

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Siestacorta

le dimanche 18 mars 2018 à 14h24

Bizbille
En fait, c'est moi qui suis en recherche d'une cohérence théorique stable, alors que... et bien maintenant je me rends compte que ce n'est pas possible que je trouve ça ! Que je la construise avec mon partenaire oui, mais chaque relation étant unique (oui, c'est une évidence, mais faut que je m'en souvienne ! :D ) il ne pourrait y avoir un fondement théorique unique pour toutes les façons de vivre le polyamour... En tout cas, ça me fait du bien de découvrir cette diversité de point de vues !

Si tu as compris ça, alors effectivement la discussion valait la peine, et t'as mieux compris (en peu de temps) que pas mal de gens, qu'ils soient poly ou monos :-)

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bonheur

le dimanche 18 mars 2018 à 17h04

Bizbille
est-ce que si j'éprouve un ressenti négatif par rapport à une relation dans laquelle je ne suis pas directement impliquée, et que je le fais savoir, n'est-ce pas une forme d'ingérence de ma part ?

Je répondrai que tout est dans la nuance. En matière de polyamour, nombre ont fait la démarche d'une communication opportune (être poly, c'est aussi se relever les manches, c'est même bcp cela).

Si tu dis (on prend un exemple) : "ce type ne t'aime pas, il te veut que pour la baise" ce sera perçu différemment que si tu dis "j'ai cette sensation désagréable qu'il ne t'aime que pour le côté sexuel de votre relation ! Et toi ? Que ressens-tu ? Que penses-tu de cette sensation que je ressens ?"

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bonheur

le dimanche 18 mars 2018 à 17h19

Bizbille
Pour ce qui est de ma façon de ressentir l'amour, en fait ce n'est pas tant l'intensité de ce qui est vécu ni sa construction (qui vient ensuite) qui fait qu'il émergera chez moi. C'est seulement que chez moi l'amour ne peut pas naître sans que je ne connaisse bien la personne, et pour connaître quelqu'un ça me demande du temps, ça me demande pas mal de discussion. J'ai besoin d'un minimum de sécurité pour que l'amour puisse naître, sinon ça ne prend pas. Et il y a des choses qui ne sautent pas aux yeux immédiatement, par exemple si la personne est raciste, ou homophobe, ou fermée au féminisme... Mon besoin de sécurité passe avant mes besoins affectifs, en gros... sans que ce ne soit volontaire de ma part !
Pour la question des envies, j'avais bien compris qu'il s'agissait d'envies romantiques et pas sexuelles, je fais bien la part des choses ! ;)

Tout d'abord merci de replacer l'amour sur un plan également "romantique". Personnellement, j'ai eu des coup de foudre ET des amours qui se sont approfondit en apprenant à connaitre la personne.

Ce qu'il ressort de mon expérience (et donc qui n'engage que moi), c'est que ni le premier cas, ni le second, n'est le meilleur. On peut foirer les deux, si on compte en terme de durée (chez moi 4 ans maxi). Par contre, toutes ces personnes m'ont construite et toutes ces personnes ont une place à part, aujourd'hui encore, en moi. Les souvenirs sont ancrés, les émotions écrites à l'encre indélébile. Lorsque je me suis réveillée (à presque 40 ans, il était temps), je me suis offert le plus beau des cadeaux : reconnaitre et ne pas refouler mes émotions. Vivre enfin ! L'amour me rend vivante, épanouie... de part l'aggloméra de tout (vécus, souvenirs, complicité, authenticité émotionnelle...). C'est un acquis non négligeable que j’emmènerai avec moi, après ma vie. Je le souhaite en tout cas.

On peut souffrir, devoir faire le deuil d'une relation, mais l'amour, les amours, personne ne me volera. C'est gravé (et même tatoué dans mon cas) ! Etre poly, c'est accepté l'immuabilité ET le caractère éphémère de l'autre. Ces dix dernières années, j'ai "emmagasiné" plus de joies et de bonheurs que le reste de ma vie cumulé.

Attention, ce que je dis n'a de sens que pour moi... ou pas ?

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bonheur

le dimanche 18 mars 2018 à 17h23

En matière de chapitre "culturel", je citerai Julien Clerc. En 1976 il chantait "j'ai le coeur trop grand pour moi". Je me retrouve dans mes débuts brumeux de réveil en matière de polyamour (sans le savoir)

Aujourd'hui, il vient de sortir un nouvel album et les chansons "Je t'aime, etc" ainsi que "le grand amour" me parlent tellement.

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Bizbille

le dimanche 18 mars 2018 à 23h18

bonheur
Je répondrai que tout est dans la nuance. En matière de polyamour, nombre ont fait la démarche d'une communication opportune (être poly, c'est aussi se relever les manches, c'est même bcp cela).

Si tu dis (on prend un exemple) : "ce type ne t'aime pas, il te veut que pour la baise" ce sera perçu différemment que si tu dis "j'ai cette sensation désagréable qu'il ne t'aime que pour le côté sexuel de votre relation ! Et toi ? Que ressens-tu ? Que penses-tu de cette sensation que je ressens ?"

En somme, de la communication non violente ! Ça, ça va, je connais ! ^^

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Bizbille

le dimanche 18 mars 2018 à 23h24

bonheur
Tout d'abord merci de replacer l'amour sur un plan également "romantique". Personnellement, j'ai eu des coup de foudre ET des amours qui se sont approfondit en apprenant à connaitre la personne.

Ce qu'il ressort de mon expérience (et donc qui n'engage que moi), c'est que ni le premier cas, ni le second, n'est le meilleur. On peut foirer les deux, si on compte en terme de durée (chez moi 4 ans maxi). Par contre, toutes ces personnes m'ont construite et toutes ces personnes ont une place à part, aujourd'hui encore, en moi. Les souvenirs sont ancrés, les émotions écrites à l'encre indélébile. Lorsque je me suis réveillée (à presque 40 ans, il était temps), je me suis offert le plus beau des cadeaux : reconnaitre et ne pas refouler mes émotions. Vivre enfin ! L'amour me rend vivante, épanouie... de part l'aggloméra de tout (vécus, souvenirs, complicité, authenticité émotionnelle...). C'est un acquis non négligeable que j’emmènerai avec moi, après ma vie. Je le souhaite en tout cas.

On peut souffrir, devoir faire le deuil d'une relation, mais l'amour, les amours, personne ne me volera. C'est gravé (et même tatoué dans mon cas) ! Etre poly, c'est accepté l'immuabilité ET le caractère éphémère de l'autre. Ces dix dernières années, j'ai "emmagasiné" plus de joies et de bonheurs que le reste de ma vie cumulé.

Attention, ce que je dis n'a de sens que pour moi... ou pas ?

Intellectuellement, je comprends, mais je ne me sens pas l'énergie pour vivre la même chose. L'amour d'une personne à la fois, c'est déjà riche, je n'en veux pas plus, sans doute parce que je ne peux pas plus ! :D

Pour les références culturelles plus bas, j'irais écouter ça. Pour ma part c'est la découverte d'Eddy de Pretto qui m'a fait toucher du doigt (même si j'y étais déjà sensibilisée auparavant) le poids des injonctions à la virilité, c'est pas vraiment le sujet mais cela m'a permis de mieux comprendre ce que me dit mon compagnon...

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bidibidibidi

le lundi 19 mars 2018 à 10h12

Bizbille
J'étais OK pour de l'amitié, aucun souci pour ça. j'étais très contente pour lui qu'il en soit ainsi.

Dans nos discussions antérieures à sa rencontre, j'étais en mode "Le polyamour, moui, pourquoi pas, peut-être un jour, mais là, euh, quand même, bof, je ne suis pas tellement sûre, je ne le sens pas..." et lui a juste retenu "le polyamour pourquoi pas" et a retranscrit à sa chérie : "elle est OK pour essayer le polyamour mais elle a un peu peur. On a juste jamais eu d'occasion avant", sauf qu'on n'avait eu que des discussions théoriques, il ne m'a pas demandé si concrètement, là, tout de suite, dans la vraie vie, ça me branchait. Je n'ai su qu'elle et lui avait abordé la question concrètement que plus tard, quand leurs sentiments avaient déjà bien évolué... et qu'il était devenu douloureux de faire machine arrière. Donc pour ce qui est d'un accord à ce propos... c'était très flou, en fait !

La discussion n'a pas arrêté tout le weekend !!!
Je réagis juste à ça : Dans mon cas (et juste le mien), le polyamour a révélé énormément de choses en moi, très diverses. J'ai changé, je suis devenu un autre. Alors, dans le cas de ton mec, c'est un peu plus complexe parce qu'il avait des arrangements préalables, contrairement à moi. Mais j'ai aussi joyeusement merdé de ce côté là et ai fait des conneries. Il est difficile de résister au fait de devenir ce qu'on est. Une fois que ça apparaît à l'esprit, ça s'impose, et on accepte plus ce qu'on a signé avant.
Donc juste pour dire que même s'il a accepté des choses qu'il n'aurait peut-être pas dû accepter, en simultanée, il a découvert des choses sur lui qu'on ne peut ignorer une fois qu'elles apparaissent.

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bonheur

le lundi 19 mars 2018 à 16h15

Bizbille
En somme, de la communication non violente ! Ça, ça va, je connais ! ^^

C'est ça ! Un bon soutien et une communication valorisée

Bizbille
Intellectuellement, je comprends, mais je ne me sens pas l'énergie pour vivre la même chose. L'amour d'une personne à la fois, c'est déjà riche, je n'en veux pas plus, sans doute parce que je ne peux pas plus !

Il faut suivre ce qui nous convient. Savoir cela te permettra à la fois d'avancer à titre personnel dans un chemin opportun et qu'autrui puisse choisir son chemin personnel sans te choquer ou te déplaire.

Bizbille
Pour ma part c'est la découverte d'Eddy de Pretto qui m'a fait toucher du doigt (même si j'y étais déjà sensibilisée auparavant) le poids des injonctions à la virilité, c'est pas vraiment le sujet mais cela m'a permis de mieux comprendre ce que me dit mon compagnon...

Un individu est un tout et est complexe. Ce qui n'a pas de rapport direct en a souvent un quand même. Je ne connais pas. J'irai aussi faire ma recherche. Aujourd'hui, je n'aurai pas le temps

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