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Témoignage
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Double4

le dimanche 25 février 2018 à 19h53

Bonjour à toutes et tous

Je me sens en ce moment dans une impasse. Je crois que je suis foncièrement polyamoureux. En tout cas l'ombre de cette envie a plané sur mes amours monogames depuis plus de 20 ans. Mais jamais je n'ai su vivre de relation de ce type. Mon année 2017 a été particulièrement mouvementée. Toute l'année j'ai été tiraillé entre deux femmes, Clématite, avec qui je suis "officiellement" en couple depuis 3 ans, et Nuées, dont je suis amoureux depuis environ 6-7 ans.

Mon histoire avec Nuées est particulière. Déjà attirés l'un par l'autre, nous nous sommes rapprochés en 2012 alors qu'elle n'avait plus de véritable relation avec son ami, accro aux jeux, et que la mère de mes enfants était en train de partir pour une nouvelle aventure. Ne sachant pas trancher entre lui et moi, elle a pris le large pour 2 ans. Entre temps j'ai rencontré Clématite sans que jamais Nuées ne quitte vraiment mon coeur. A son retour à l'été 2015, nous avons vécu un court intermède ensemble avant que je retourne auprès de Clématite. Nuées a alors rencontré un autre homme, plus pour mettre une distance entre nous que véritablement par amour. Cela a fonctionné en 2016.

Mais en 2017 nous nous sommes retrouvés et toute l'année ne fut qu'alternance entre ces deux merveilles que ma tête me demande de départager alors que mon coeur ne sait pas... Ces deux femmes très différentes m'apportent énormément chacune à leur façon. Si le désir n'intervenait pas ce serait simple. Mais ce coquin de désir (et le plaisir aussi) est bien là et réciproque de part et d'autres.

Avec Clématite, bien que nous ne soyons pas officiellement diagnostiqués comme tels, il est plus que probable que nous soyons deux zèbres. Très vifs d'esprit, à l'aise avec les concepts abstraits, souvent emplis de doutes... Le point le plus fort de notre relation est cette compréhension mutuelle instantanée. On peut partir loin, l'autre suivra. En retour, toute cette "cérébralité" peut parfois peser lourd. Clématite m'apporte aussi beaucoup de sécurité affective. Notre relation est une relation de construction.

Nuées, je ne sais pas si elle est zèbre. Moins cérébrale en tout cas, mais probablement plus connectée avec le monde subtil. Entre nous il existe un fluide, une connexion parfois vraiment tangible. Avec elle, je ne peux pas laisser mon cerveau partir aussi loin, mais elle m'apporte douceur, simplicité, légèreté. Elle aime l'air frais comme moi, est toujours partante et bien qu' âgée de 15 ans de plus que moi, tout à fait à même de me suivre, non dans les idées, mais sur les terrains les plus escarpés à pied ou à vélo. Positive et croyant en la vie simplement, elle sait répondre à mes doutes par un "on trouvera" qui me déconcerte et m'émerveille.

Je suis donc très amoureux de l'une comme de l'autre, j'aime ce que chacune m'apporte, j'ai des projets avec chacune. Moi qui croyais ne pouvoir être aimé que par défaut, j'ai là deux femmes qui m'aiment d'un amour puissant. Suffisamment puissant pour m'accueillir encore et encore.

Les bascules incessantes de 2017 sont à bout de souffle. Les mêmes scénarios se sont reproduits maintes et maintes fois. Les yeux noirs de Nuées perdent de leur éclat quand l'ombre des yeux clairs disparus de Clématite passe devant les miens, et réciproquement. Je sens que la perte de ma relation avec l'une m'empêche d'aimer pleinement l'autre. J'ai la ferme impression que si je pouvais vivre simultanément ces deux relations, j'apporterais à chacune bien plus d'Amour que je ne lui en apporte actuellement. Je pourrais goûter pleinement l'Amour de chacune sans que la rancœur lui donne son amertume.

Mais voilà. La question du polyamour semble ne pas trouver de solution. Clématite se dit clairement monogame, tout en reconnaissant les peurs qui se cachent derrière. Nuées a souffert de la tromperie du père de ses enfants et a, je crois, peur de souffrir encore. Mais le discours libertaire d'un Osho lui parle. Quant à moi, je sais, pour l'avoir vécu avec la mère de mes enfants et simplement par construction de mon cerveau avec Nuées, que je peux souffrir puissamment d'insécurité affective si je sais (ou simplement suppose) mon amie avec un autre homme (et il est évident pour moi que j'accorde la même liberté à mes amies qu'elles m'en accordent).

Bref, je me sens désemparé, au fond de l'impasse. Je sais que Nuées souffre et met une distance artificielle avec moi. J'ai dit cet après midi à Clématite mon incapacité à faire le deuil de ma relation avec Nuées et le mur de la monogamie s'est à nouveau dressé avec son lot de tristesse. Alors je me tourne vers vous. Avez vous vécu une expérience similaire ? Voyez vous des pistes ?

merci

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le dimanche 25 février 2018 à 20h14

Pour info, il existe une membre de ce site dont le pseudo est Coquelicot, mais je ne pense pas que ce soit d'elle dont tu parles ?

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Double4

le dimanche 25 février 2018 à 20h39

Ah non, je ne pense pas que ce soit elle. J'ai choisi ce pseudo pour l'initiale et aussi parce qu'elle aime les coquelicots. Clématite n'est pas pris?

merci

Message modifié par son auteur il y a un an.

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hinatea24

le lundi 26 février 2018 à 08h40

Bonjour Double4,

Ton témoignage me parle et me ramène 5 ans en arrière. J'étais avec mon compagnon depuis 3 ans et je l'aimais. Juste avant lui, j'avais eu une relation courte avec Jeff, avec lui, nous n'avions pas la même vision de la vie de couple, c'était "je t'aime, moi non plus" ou "fuis-moi, je te suis", c'était épuisant, je l'ai finalement quitté malgré des sentiments que j'ai su réciproque plus tard. Il est très vite revenu dans ma vie, en tant qu'ami et confident, c'est même lui qui m'a fait découvrir le polyamour à travers un article dans psychologie magazine. Nous, nous écrivions beaucoup par mail, et pour nous, c'était la situation idéale, mais comment en parler à mon compagnon.

Donc, en 2013, alors que notre couple n'allait pas très bien, à ma grande surprise c'est mon compagnon qui a ouvert le champ des possibles, sans doute me voyant malheureuse et connaissant mes sentiments pour Jeff, que je n'arrivais plus à lui cacher. J'ai donc commencé une vraie relation polyamoureuse, pendant presque deux ans, j'ai vécu un rêve éveillé. J'aimais deux hommes qui m'aimaient aussi. Mais bon, Jeff étant célibataire, il trouvait que je ne lui consacrait pas assez de mon temps. Quand je partais pour une soirée ciné avec Jeff, c'était mon compagnon, que je voyais souffrir. Finalement, je voulais les rendre tous les deux heureux, et nous étions tous les trois malheureux. Sur tout ça, c'est greffé, des "empêcheurs de tourner en rond" qui ce sont mêlés de notre vie. Nous avons mis un terme à notre relation à trois.

Aujourd'hui, je suis toujours avec mon compagnon, toujours aussi mono. Je vis une autre relation depuis deux ans et demi, c'est une amitié amoureuse. C'est un homme marié, qui lui, ne veux pas en parler à sa femme. Mon compagnon, est toujours au courant. J'aimerai passer plus de temps avec ce nouvel amour ... Moi aussi, je me sens foncièrement polyamoureuse.

Déjà, que le couple, c'est pas simple ... Etre polyamoureux, c'est encore plus compliqué mais qu'est-ce que c'est enrichissant et épanouissant.

Ne lâche rien, parle en encore et encore avec l'une et avec l'autre ... On finira par sortir de l'impasse !

Bon courage, bonne journée.

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bonheur

le lundi 26 février 2018 à 11h08

Clématite, non je dirai que non. J'ai saisi ce nom dans l'annuaire des membres et aucune réponse.

Aucune expérience ne peut être "similaire". Déjà, chaque vécu est unique. Egalement, chaque individu est unique. C'est ce qui fait le charme, mais aussi la complication.

Bien que je pense être à un stade charnière (encore un) de ma vie amoureuse, je dirai que les couples mono-poly sont possibles y compris en achetant en commun la célèbre Rue de la Paix. Celle ci s'achète grâce à la compersion ou via une sorte de détachement par rapport au vécu de l'autre.

Faire un choix personnel, n'implique pas que l'autre fasse également ce choix. Par contre, vouloir régir la vie d'autrui, au nom de convictions personnelles... L'amour est à ressentir et nos émotions ne peuvent être régies, même pas par notre intellect. Les chasser revient à leur donner du sens, puisqu'elles reviennent. Ton expérience Double4 le démontre. Séparations, rabibochages.

Chaque amour est unique, mais l'amour, par essence, n'est pas exclusif. Seule la construction que l'on en donne l'est. Etre poly, ou aimer un-e poly, implique de la déconstruction. Retrouver ses instincts amoureux, ses sens naturels et délaisser la modélisation inculquée. Ceci, les polyacceptants doivent faire cette démarche pour y arriver.

Question documentations, je recommande : Yves-Alexandre Thalmann "vertus du polyamour - la magie des amours multiples" ; "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple" ; "garder intact le plaisir d'être ensemble - prévenir le désamour" (ces trois livres sont du même auteur et je trouve, se complètent). Egalement d'Hypatia from Space "compersion : transcender la jalousie dans le polyamour".

Comme je l'ai expliqué ci-dessus, le polyamour oblige à un travail de développement personnel. Donc, toute documentation qui touche à cela aidera à cette déconstruction-reconstruction.

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Double4

le lundi 26 février 2018 à 18h44

Merci pour votre écoute et vos réponses. Oui bonheur, je sens cette déconstruction nécessaire chez moi. Probablement que si mes deux amoureuses ne s'alignent pas c'est parce que je suis moi même imprégné jusqu'aux os du modèle monogame.

Poser les choses me permet déjà de cheminer et déjà aujourd'hui la question semble se poser différemment.

Ce matin, je suis tombé sur la table du salon sur "les nourritures terrestres" d'André Gide. Je ne sais qui avait posé ce livre ici. Je n'en connaissais que le titre. Il m'attendait. J'ai très vite vu mes peurs et mes impasses. Très vite vu cet idéal de liberté qui me semble si difficile à atteindre. Immédiatement reconnu la pensée d'Osho que Nuées m'avait partagée il y a un an (il m'en semble 10...).

Cet idéal libertaire dont nous parlions mais que nous avons lacéré en attachements et détachements. Cette liberté est d'une exigence que nos coeurs meurtris ne croient pas savoir atteindre.

"Ne demeure pas auprès de ce qui te ressemble"... (me parle de Clématite)

"Ne cherche pas dans l'avenir à retrouver jamais le passé. Saisis de chaque instant la nouveauté irressemblable et ne prépare pas tes joies, ou sache qu'en son lieu préparé te surprendra une joie autre." (me parle de Nuées)

Au delà du polyamour, je sens bien que mon idéal est dans le non attachement complet. Mais j'en suis très loin et il me faut cheminer et regarder en face cette peur qui me retient ou me rappelle sans cesse à quai. Je sais que la vraie sécurité consiste à savoir naviguer en pleine mer. Mais mon mental si puissant me commande si vite de m'arrimer en lieu "sûr". Vraiment si sûr ?...

J'ai su faire de ma passion mon métier. Ma vie est passionnante, mes clients deviennent mes amis, les projets fleurissent, je n'ai besoin de rien d'autre que ce que je sais créer moi-même pour garder la flamme. Mon feu intérieur intense voudrait souvent me pousser au dehors vers de folles aventures amoureuses.

Pourtant souvent, le soir surtout, je ressens ce besoin d'un havre de paix, trouver une sécurité que je ne sais me donner seul. Je crois bien que la clé est là mais comment avancer sur ce fil ?

Long is the road...

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hinatea24

le mercredi 28 février 2018 à 09h04

Bonjour,

A mon tour de vous remercier Double4 , votre post m'a donné des pistes à ma propre réflexion.

Double4
Probablement que si mes deux amoureuses ne s'alignent pas c'est parce que je suis moi même imprégné jusqu'aux os du modèle monogame.

Je pense maintenant la même chose, si ça ne fonctionne pas, surtout avec mon compagnon mono, c'est qu'au fond de moi, le modèle monogame est bien ancré et que je culpabilise d'avoir de telles envies d'ouverture. Je ne sais pas si je suis arrivée au polyamour pour de bonnes raisons, je voulais être une "bad girl" mais honnête (on ne se refait pas !), je voulais sortir du modèle parental, societal, bref du moule.

double4
J'ai très vite vu mes peurs et mes impasses. Très vite vu cet idéal de liberté qui me semble si difficile à atteindre.

Double4
"Ne demeure pas auprès de ce qui te ressemble"...

Avec mon compagnon, nous ne sommes pas des zèbres, mais des dépendants affectifs. On se ressemble, trop ... J'ai parfois l'impression de me voir dans un miroir, son flegme m'agace parce qu'il me renvoi le mien. J'aurai besoin qu'on s'impose, qu'on m'impose, qu'on me pousse dans mes retranchements,qu'on me fasse découvrir d'autres choses.

Double4
Au delà du polyamour, je sens bien que mon idéal est dans le non attachement complet. Mais j'en suis très loin et il me faut cheminer et regarder en face cette peur qui me retient ou me rappelle sans cesse à quai. Je sais que la vraie sécurité consiste à savoir naviguer en pleine mer. Mais mon mental si puissant me commande si vite de m'arrimer en lieu "sûr". Vraiment si sûr ?...

Double4
Mon feu intérieur intense voudrait souvent me pousser au dehors vers de folles aventures amoureuses.

Ah oui, des folles aventures amoureuses (+)

Double4
Pourtant souvent, le soir surtout, je ressens ce besoin d'un havre de paix, trouver une sécurité que je ne sais me donner seul. Je crois bien que la clé est là mais comment avancer sur ce fil ?

Je ne sais pas vivre seule, je ne l'ai jamais su (d'où la dépendance). Le polyamour me permet d'allier la sécurité du quotidien et l'aventure d'un instant.

Yes, long is the road ...

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Siestacorta

le mercredi 28 février 2018 à 11h17

hinatea24
J'aurai besoin qu'on s'impose, qu'on m'impose, qu'on me pousse dans mes retranchements,qu'on me fasse découvrir d'autres choses.

L'amour (les attachements en général) nous rendent vulnérable. Et c'est une bonne chose. Ca nous impose, justement, de voir l'autre, de voir nos besoins, ce qu'on nous offre, ce qu'on offre, ce qu'on aimerait avoir...
C'est douloureux, en amour, d'être déçu ou rejeté : on trouve pas ce qu'on cherche. Et en fait... si, on trouve, mais lentement, pas avec un coup de baguette magique.

Le polyamour, ça nous expose à plus d'autres. Plus d'occasion de sentir nos vulnérabilités, mais aussi plus d'occasions de voir où nos besoins et ceux de ces autres nous mènent. Si nos peurs reviennent dans toutes ces aventures, c'est que l'intérêt de les vivre, pas seuls mais bien avec ceux qu'on rencontre, c'est d'apprendre comment aimer avec bienveillance, s'aimer soi tel qu'on est quand on aime, aimer les autres tels qu'ils nous aiment.

On a pas trop le choix, on vit avec des autres, on rencontre.. Faut donc trouver notre meilleur "comment".
Le polyamour accélère tout ça. On peut y voir de la confusion, mais au fond, ça reste la même recherche...

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Double4

le jeudi 01 mars 2018 à 07h50

Merci Hinatea et Siestacorta,

Je tiens à m'excuser pour mes réponses très tardives (c'est quand même moi qui pose les questions !!!) mais ne suis pas souvent connecté.

Oui Hinatea "bad boy honnête" et dépendant affectif. Ou plutôt rebelle honnête car je suis au contraire un très gentil garçon attentionné et que l'image du bad boy ne me plait pas trop.

J'ai décidé de trouver un thérapeute pour m'accompagner pour essayer de sortir de cette boucle sans fin. Trouver une thérapie qui passe par le corps plutôt que par la tête puisque la tête ne sait pas résoudre. Apprendre à faire dialoguer ces deux parts de moi qui ne savent pas s'écouter pour qu'elles trouvent ensemble une solution vivable (je n'aime pas le terme compromis).

Un jour une osthéopate m'a dit "Il n'y a personne dans ce corps, où habitez vous ?". Moi qui me croyais au contraire bien incarné avec un corps puissant et stable, un métier à la fois intellectuel et manuel, et des activités sportives intenses dont des sports de glisse ou du VTT en terrain très difficile demandant de l'équilibre. Donc trouver une reconnexion entre la tête et le corps semble la première des choses à faire si je veux être capable de partir à l'aventure en me sentant en sécurité...

En ce moment, bien sécurisé par Clématite, je me dis que la différence de Nuées m'apporterait plus que ce cocon ronronnant (au sens de la confrontation dont tu parles Siestacorta) et j'aurais tendance à foncer, une fois de plus vers elle. Mais qu'en serait-il quand je serai de nouveau assailli par mes questions ?

Même à force de dialogue, il semble bien que l'idée que je vive les deux relations n'est qu'un rêve. Peut être même qu'en ne permettant pas que je vive cela, elles me forcent à trouver la solution en moi. Irais-je chercher un thérapeute si je pouvais vivre ce polyamour ? Probablement un peu plus tard car je sais qu'une troisième se présenterait pour mettre à mal le fragile édifice. Ce ne sont pas les femmes qui manquent pour qui j'éprouve du désir...

Il y a 19 ans, je me mariais et déjà ce jour là je savais qu'une partie de moi n'était pas d'accord avec cet acte. J'avais même la sensation que le mariage était une espèce de garantie à rester dans le droit chemin que je m'imposais ! J'ai un peu l'impression que c'est ce même chemin que Clématite souhaite. Mais une partie de moi est d'accord. Une partie seulement...

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bonheur

le jeudi 01 mars 2018 à 10h30

Double4
Un jour une osthéopate m'a dit "Il n'y a personne dans ce corps, où habitez vous ?".

Peut être parlait-elle plus de ton côté "vivant", à savoir cognitif et émotionnel. Tu peux faire tout le sport que tu veux, réfléchir autant que tu veux, tout en excluant ce vivant qui est en toi. Je crois qu'elle voulait que tu fasses un travail de développement personnel et de découverte de ton autre toi, celui qui n'est pas lié directement avec les capacités que tu as déjà développés. Peut être pourrais-tu lire "le jour où j'ai appris à vivre" de Laurent Gounelle (roman) ?
Laisse tomber ce que tu connais déjà de toi, va à la découverte de ce que tu ne connais pas !

Double4
Il y a 19 ans, je me mariais et déjà ce jour là je savais qu'une partie de moi n'était pas d'accord avec cet acte. J'avais même la sensation que le mariage était une espèce de garantie à rester dans le droit chemin que je m'imposais ! J'ai un peu l'impression que c'est ce même chemin que Clématite souhaite. Mais une partie de moi est d'accord. Une partie seulement...

Le mariage, je le définirais comme un boomerang. Il revient de frapper en pleine gueule, il fait mal, très mal, et c'est toi qui l'a lancé. Faire ça une fois, on peut tous s'y laisser prendre (moi la première). Recommencer, alors là, oui, l'intellect doit servir. Ne pas regarder son passé pour en tirer les conclusions qui s'imposent... Et non, le mariage, ce n'est pas une affaire de "bonne personne". Il n'existe que des personnes et des évolutions. Les personnes ne sont pas figées, tout comme nous-mêmes.

Pour moi, la remise en question n'a pas été celle de savoir si on reste marié ou si on divorce. Si ça avait été le cas, j'aurai divorcé, et à ce jour je sais que l'on ne m'y reprendra plus jamais, plus jamais.

Tu as raison, le mariage détruit une partie de nous. Celle qui évolue.

Ce que je trouve chouette dans ce que tu dis, c'est que tu as conscience d'avoir un instinct. L'écouter !

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Double4

le samedi 03 mars 2018 à 21h12

Bonsoir,

Je ne suis pas venu ici quelques jours et je reviens clôturer cette discussion (ou pas selon les réactions) car j'ai compris que le polyamour sera peut être une conséquence de mon évolution future, mais il ne peut être la solution au problème auquel je suis confronté. Si Clématite et Nuées acceptaient de vivre cela, une troisième viendrait tôt ou tard ébranler l'édifice, puis une quatrième...

Ces derniers jours, je suis descendu très bas dans le baromètre moral mais j'ai pu toucher un certain nombre de mes fonctionnements et faire la lumière sur certains blocages.

J'ai compris qu'avec mes comportements possessifs et contrôlants, je ne laissais pas la place à une femme de se dévoiler à moi, de m'offrir ce qu'elle est vraiment. Poussé très probablement par un besoin de reconnaissance, par la croyance qu'on ne peut pas m'aimer simplement pour ce que je suis, j'avais besoin de prendre toute la place. Je ramenais tout à moi, si quelqu'un dans n'importe quelle relation pas forcément amoureuse parlait de quelque chose, il fallait que moi aussi, et si possible plus que lui. J'ai pris les décisions, décidé des destinations... J'ai vécu avec Clématite comme avec Nuées du 99% Double 4 avec à mes côtés une Merveille que je ne voyais pas vraiment. Bien sûr, je grossis le trait. Tout ceci avec un gant de velours, beaucoup de gentillesse et de tendresse, et, je le croyais jusqu'ici, d'écoute.

En poussant plus loin, je me suis demandé si j'avais jamais fait l'Amour avec une femme, ou seulement joui du plaisir de la posséder. Bien sûr, une fois de plus je grossis le trait et ces femmes m'ont trouvé très à l'écoute de leur plaisir, ont eu des orgasmes. Mais... Je me suis assis tout à l'heure sur un banc où nous avions fait l'amour avec Nuées et me suis remémoré cet instant en me demandant si j'avais réellement aimé cet instant pour lui même ou simplement pour la satisfaction qu'elle se donne à moi...

Et j'ai compris, en relisant mon histoire avec Nuées, que je ne lui avais jamais offert l'occasion de s'ouvrir pleinement à moi, de m'offrir pleinement son cadeau. J'ai juste essayé de l'attraper, de la posséder. Mais une nuée ne s'attrape pas (ce pseudo n'a pas été choisi au hasard, c'est son initiale et nous nous sommes beaucoup bercés de la poésie des levers de soleil d'hiver, quand les nuages deviennent roses et oranges), pour saisir l'essence d'une nuée, il faut abandonner sa matière solide et devenir nuée, s'imprégner de sa substance vaporeuse. Alors seulement on peut fusionner et goûter qui elle est.

Avec Clématite, évidemment les mêmes constats fonctionnent, mais nous sommes plus "de même nature". Il existe une compréhension naturelle entre nous qui pèse très lourd dans notre lien.

La situation aujourd'hui est que le polyamour, on oublie, au moins dans l'immédiat. Clématite (avec qui j'étais en relation officielle en ce moment) part deux semaines en Amérique, c'est donc l'occasion idéale de faire une pause (je lui ai promis que même si je sentais que je repartirais avec Nuées, il ne se passerait rien sur le plan physique durant cette période). Nuées a coupé le contact avec moi pour se protéger (et elle a raison) mais nous vivons très proches, ce qui n'est pas toujours évident. Mais surtout, subsiste entre nous ce sentiment d'inachevé, cette sensation de ne pas avoir su saisir l'essence de notre Amour.

Je sens que mon chemin, celui qui va me faire le plus évoluer, serait de rétablir le lien avec Nuées mais sans tomber dans tous les écueils du passé. Si c'est possible, c'est clairement ma dernière chance. En jouant cartes sur tables en lui exposant toutes ces compréhensions, en lui donnant les garde-fous (les comportements à repérer chez moi pour les désamorcer) et en ne prenant pas toute la place pour lui permettre de s'exprimer pleinement et ainsi de m'offrir ce cadeau que j'ai écrasé dans mes mains à chaque fois. Voici mon rêve ce soir. Il a quelques jours pour maturer et s'affiner. J'aimerais tant pouvoir offrir à Nuées pour ses 60 ans, le cadeau d'un homme si différent d'elle-même qui fait le voeu d'apprendre à l'aimer vraiment...

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le dimanche 04 mars 2018 à 14h27

Je ne sais que te dire, Double4. La polyaffectivité, telle que je la vis (amours affectifs plurielles et sexuel mono), peut éventuellement te permettre d'aimer Nuée avec le travail nécessaire à un lien qui perdurerait et continuer à avoir cette situation exclusive (sexuellement et de vie : relation principale) avec Clématite.

Si tu dois faire un cadeau, des cadeaux, se serait aussi parce que ça te fait plaisir à toi. Un cadeau offert par obligation n'a de valeur que le cadeau lui-même. Un cadeau offert aussi parce que ça fait plaisir à celui qui offre, qui fait plaisir à celui qui reçoit, est un partage heureux. C'est ça le plus beau cadeau.

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artichaut

le mardi 06 mars 2018 à 01h44

Bienvenue ici Double4.

Double4
Voici mon rêve ce soir.

Et moi je me demande, au risque de rajouter de la confusion : n'est-ce pas une stratégie de fuite ? une volonté d'encore et toujours, vouloir tout contrôler ?

Et je me demande : Clématite et Nuées se connaissent-elles ? S'apprécient-elles ? Discutent-elles ensemble des possibilités de cette relation ?

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