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Concilier ses envies avec la liberté de l'autre

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PolyEric

le mardi 12 août 2014 à 21h59

Comment concilier la liberté de l'autre avec nos propres envies ?

C'est la question que je me pose. Je m'explique mieux ci-dessous:

Il est connu que la liberté ne se donne pas mais qu'elle se prend.

En théorie, donc, il est impossible de perturber la liberté de l'autre, car on peut toujours imaginer que si l'autre restreint sa liberté pour nous, c'est qu'il n'ose pas prendre sa liberté lui-même. La pure logique aboutit à la conclusion que nous ne sommes pas responsables de l'enchaînement de l'autre, mais juste consommateur de sa liberté (qu'il nous l'ait confié ou non).

Dans la pratique, il faut bien avouer qu'empêcher quelqu'un d'être libre en l'emmerdant, peut le pousser à ne pas prendre cette liberté (quand elle devient trop chère à payer à ses yeux). Cet aspect des choses nous rend quelque peu responsable quand-même de la liberté des autres, d'ou l'expression qui peut paraître débile d'un point de vue logique mais qui se comprend bien dans les faits : "Je te laisse ta liberté".

Je pense d'ailleurs qu'iI faut comprendre cette phrase ainsi : "Je te laisse tranquille pendant que tu prends ta liberté (je n'alourdis pas le travail que tu dois faire pour te libérer)".

En poussant cette idée à l'extrême, on peut même pousser quelqu'un à prendre sa liberté, c'est à dire l'obliger à être libre, ce qui ne manque pas de piquant "Je t'aide à prendre ta liberté en t'allégeant, en te déculpabilisant, ou en te culpabilisant de n'être pas encore libre", un tel comportement devenant d'ailleurs assez rapidement lourd.

J'essaye tant bien que mal de m'améliorer sur ce sujet, et donc de ne pas intervenir sur les envies de l'autre, même si le naturel revient parfois au galop dans un sens ou dans l'autre (influencer les choix de l'autre dans le sens de limiter sa liberté ou au contraire de l'encourager).

Au fur et à mesure que je m'améliore sur ce sujet, une question pointe de plus en plus souvent son nez, et je ne lui trouve pas de réponse. Pouvez vous m'aider ? Voici la question :

Lorsque notre envie est supérieure à celle de l'autre, faut-il se positionner en "libre service de l'amour ouvert 24h/24". Et si oui, comment éviter de tuer son propre désir ? Comment éviter de se dire "Je ne suis qu'un objet que l'on prend et que l'on repose, un objet qui n'a pas le droit d'exprimer ses envies, voire d'insister, sauf à être accusé (ou plutôt s'accuser soi-même) de perturber la liberté de l'autre" ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 12 août 2014 à 22h51

Je ne suis pas assurée d'avoir tout compris, notamment le fond de ton questionnement.

Je sais seulement que notre liberté doit s'équilibrer avec la relation elle-même, et en polyamour, avec toutes les relations. Gérer plusieurs relations de manière à ce qu'elle soient toutes valorisées, harmonieuses séparément, dans harmonisée dans leurs interactions.

Pour être libre à 100%, il faut être seul, je crois. Une relation sans aucune dépendance, ça me parait difficile. Réduire dépendance et attente n'indique pas qu'il n'y en n'a pas, au contraire, ça indique qu'elles sont inévitables et qu'il faut les gérer.

Je dirais aussi que la liberté de chacun-e est à respecter. Ce que chacun-e peut accepter est à considérer. C'est compliqué tout ça.

Ma réponse ne va certainement pas t'aider, tu savais déjà tout ça.

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Phoenix

le mardi 12 août 2014 à 23h03

Pour moi, on peut toujours exprimer ses envies. Et, pourquoi pas, être en libre service. Je n'ai pas l'impression que cette posture tue le désir, le sien ni celui de l'autre, mais, selon les caractères cela pourrait arriver. Quant à la question, "comment éviter de se dire je ne suis qu'un objet...", cela signifierait que celui qui manifeste un désir plus grand serait d'office utilisé? J'ai peut-être mal compris ta question, mais le sujet m'intéresse...

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Apsophos

le mercredi 13 août 2014 à 03h28

PolyEric
En poussant cette idée à l'extrême, on peut même pousser quelqu'un à prendre sa liberté, c'est à dire l'obliger à être libre, ce qui ne manque pas de piquant "Je t'aide à prendre ta liberté en t'allégeant, en te déculpabilisant, ou en te culpabilisant de n'être pas encore libre", un tel comportement devenant d'ailleurs assez rapidement lourd.

Mon expérience personnelle est qu'on risque fort de devenir lourd bien avant d'atteindre ce stade.

Mais c'est quoi ta question ? À quel point peut-on requérir quelque chose d'autrui ? À quel point, ne requérant rien mais exprimant un désir, désir qui se retrouve non-assouvi, doit-on considérer qu'il est inutile de continuer à l'exprimer ?

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Tcheloviekskinoapparatom

le mercredi 13 août 2014 à 10h20

Ça dépend, et il faut en parler, non ?
Plutôt que de parler de liberté et d'envies, ce qui a tendance à isoler chaque individu dans la problématique, je mettrais l'action sur l'interaction. Dans une interaction, on agit avec et sur l'autre, on lui présente par exemples des envies. En soi pas de problème à présenter à l'autre des envies y compris des envies très importantes, mais tout dépend de comment l'autre réagit, et comment nous on réagit à cette réaction.
Par exemple on peut se mettre en "service libre", mais faut assumer, et ne pas justement développer des sentiments de rancœur parce que l'autre nous prend au mot.
Tant que l'interaction est saine, on est dans le domaine de la "liberté", de l'exploration des possibles communs. Ça ne veut pas dire un équilibre parfait, car une interaction pour conserver une dynamique doit toujours avoir un minimum de tension, d'incertitude, d'imprévu... mais à l'extrême inverse un maximum de tension et d'incertitude et on est dans une interaction très malsaine.

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Yoni

le mercredi 13 août 2014 à 12h17

Comme le dit gcd68 je ne crois pas qu'il y ait de liberté totale à moins d'être seul.

Restreindre l'autre dans sa liberté est un équilibre à trouver, je pense que les deux extrêmes (aucune attente, et énormément d'attentes) seront autant pesants pour l'autre. Pour que quelqu'un avance on ne l'attache pas à un poteau mais on ne le pousse pas non plus de toutes nos forces en avant, il y a des chances qu'il se casse la gueule.

Une personne qui n'exprime jamais ses désirs va effectivement devenir un objet, mais je ne pense pas qu'un partenaire sain veuille d'un objet, on cherche naturellement une interaction et donc une réaction de l'autre. Si nos désirs concordent c'est un plaisir immense et partagé, si l'autre ne les exprime jamais il n'y a plus ce partage. Libre à l'autre de tenir compte de ces désirs ou pas, mais quand il y a de l'amour on tient compte des désirs de l'autre un minimum selon moi.

Qui peut prétendre être disponible 24/24 après tout, on a nos moments à nous, des moments où l'on a besoin d'autre chose etc.

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Dreltak

le mercredi 13 août 2014 à 21h01

Bonsoir,

Je rebondis avec quelques questions :

Est-ce que l'être humain est fait pour être seul, et partant de là, pour être libre? Plus largement, est ce que l'Humanité aurais vraiment survécus jusqu'ici en ne vivant pas en société (qui n'est qu'une serie dépendances et autres compromis plus ou moins acceptables)? Est ce que la dépendance est vraiment le contraire de la liberté?

Pour ma part, le polyamour, ce serait rencontré de belles personnes me permettant d'exprimer tout les moi qui traine dans ma foutue caboche.

Pourquoi pas même combler des carences ou à réhabiliter certaines choses, chemin aidant. Il paraitrait que le sexe et l'amour sont un bon moyen d’arrêter la clope, pourquoi pas plus si tout le monde est d'accord. Mais ce principe d'acceptation en deviens un peut plus compliqué du coup, puisqu'on part dans des trucs assez sensibles voire inconscients, ce qui nuit souvent à la liberté de l'autre au final.

Rajouter le pluriel à tout ça, quel beau foutoir! ^^

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MagentadeMars

le mercredi 13 août 2014 à 21h20

L'être humain n'est pas fait à quoi que ce soit. L'être humain est, c'est tout.

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boucledor

le mercredi 13 août 2014 à 23h13

Je pense que le nœud du problème réside dans la difficulté de définir ce qu'est ou plutôt ce que représente la "liberté"...
Si être libre, veut dire "être sans attache", "sans lien"...on ne pourrait donc être libre que seul(e)! et encore..pas sûr car on peut être lié même en l'absence des personnes, de manière symbolique...
Mais "être libre" pourrait vouloir dire "choisir" ses liens car je crois que dans toute relation il y a une notion d'attachement et donc quelque part une perte de liberté "librement consentie", non?

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PolyEric

le mercredi 13 août 2014 à 23h14

Merci pour ces réponses dont certaines m'aident déjà bien.
Là, je suis un peu trop fatigué pour reprendre point par point mais je reviendrai le faire un jour prochain.

Pour ceux qui n'ont pas compris ma question, je vais la dissocier en deux questions plus simples:

1) Peut-on exprimer ses envies sans gêner la liberté de ses partenaires ?

2) Peut-on cacher ses propres envies à l'autre sans les refouler en soi-même ?

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boucledor

le mercredi 13 août 2014 à 23h59

Ma mère me disait souvent "On ne vit pas que d'après ses envies"... Il faut dire que dans sa vie elle ne s'est jamais vraiment écoutée et n'a pour ainsi dire vécu que POUR les autres....
Ce qui reste vrai, me semble-t-il c'est qu'on s'"auto-censure" très souvent au quotidien et c'est peut-être une condition sinequanone à la vie en société, non?!
Un certain "surmoi" s'est développé en nous pour éviter que ce soit notre "ça" qui gouverne! (dsl, quelques réminiscences de mes cours de Fac!)
Tout dépend de ce qu'on entend par "nos envies"... sait-on seulement exprimer clairement ce que sont nos envies? Parle-t-on des envies fugaces qui nous traversent l'esprit puis disparaissent ou passent leur chemin? Ou bien parle-t-on d' envies plus "fondamentales" qui guident nos choix de vie...
Il est parfois difficile de savoir soi-même ce dont on a envie... Pour ma part, j'arrive plus facilement à déterminer ce dont je n'ai PAS envie...
Par rapport à la première question, je ne pense pas qu'exprimer ses envie puisse gêner la liberté de l'autre. Ce qui peut arriver c'est que les envies des uns et des autres ne soit pas compatibles et dans ce cas, chacun reste libre de se positionner, de choisir de poursuivre ou pas la relation par exemple...

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MagentadeMars

le jeudi 14 août 2014 à 00h32

PolyEric
1) Peut-on exprimer ses envies sans gêner la liberté de ses partenaires ?

Mais cela dépend des envies des partenaires. Si tu as une partenaire qui ait envie de ne pas savoir rien de tes envies, c'est clair que tu gênes sa liberté de réaliser son envie si tu exprime les tiennes.

En effet une liberté est toujours liée à une envie... on ne cherche que rarement la liberté de faire ce dont on n'a pas envie.

Donc la vraie question : où est le point d'équilibre juste entre les envies de chacun, quand celles-là ne sont pas compatible ?

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(compte clôturé)

le jeudi 14 août 2014 à 10h26

Pour Dreltak. Ne retrouvant pas la revue en question :-( je ne peux être sûr de moi. J'avais acheté l'an passé un exemplaire de philosophie magazine (ou psychologie magazine) dont le dossier principal était consacré à "sommes nous fait pour vivre à deux ?".

Il y a une différence entre vivre en société et vivre en couple au sein d'une société, avec des directives communautaires imposées. Je suis persuadée que si le polyamour, quelqu'en soit la forme, si elle était globalement admise par la société dans laquelle nous vivons, beaucoup de jaloux ne le serait pas. Je crois que le regard d'autrui, l'idée même que le comportement du conjoint soit jugé négativement, enrichi le malaise du jaloux.

J'ai un affectif qui habite pas très loin, nous nous voyons quasi toutes les semaines, mais nous ne sortons pas. De mon côté, j'ai un mari et des enfants à "protéger" des conséquences de mes actes. De son côté, il a une famille proche qui ne comprendrait pas qu'il est un lien avec une femme mariée (que le mari soit ou non informé).

Perso, c'est la plus grande liberté que je souhaiterais. Vivre sans se cacher, aimer sans se cacher, comme si c'était une honte.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 août 2014 à 10h30

PolyEric
1) Peut-on exprimer ses envies sans gêner la liberté de ses partenaires ?

2) Peut-on cacher ses propres envies à l'autre sans les refouler en soi-même ?

Pour le 1, je dirais que l'on devrait pouvoir exprimer ses envies, que cela gêne ou non. Exprimer ne voulant pas dire donner corps concrètement à ses envies. Exprimer et réfléchir avec l'autre, ou les autres, avant de passer à l'action. Cela me parait sain et pertinent.

Pour le 2, tout dépend de la personnalité de chacun-e. Perso, j'aurai beaucoup de difficultés, ça me rongerait de l'intérieur. Par contre, nous avons tous droit à un jardin secret.

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bodhicitta

le jeudi 14 août 2014 à 11h59

1)"Peut-on exprimer ses envies sans gêner la liberté de ses partenaires ? "
Moi je pense que l'on doit exprimer ses envies et ses dégouts!
et je ne risque pas de géner la liberté de l'autre car mon envie première est que l'autre soit libre, ne se sente obligé de rien, dans notre relation du moins.
2)"Peut-on cacher ses propres envies à l'autre sans les refouler en soi-même ?"
Si on cache quelque chose on le refoule obligatoirement il me semble!

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Yoni

le jeudi 14 août 2014 à 13h06

Je ne serais pas aussi catégorique sur le fait d'exprimer ses envies. Bien sûr les garder pour soi n'est jamais très bon, mais on peut quand même éviter d'exprimer des envies légères si on sait qu'elles vont gêner l'autre. Par exemple complimenter trop ouvertement un(e) inconnu(e) qui passe ça peut être pesant et pas forcément utile à savoir pour l'autre.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 août 2014 à 13h42

Savoir sourire,
A une inconnue qui passe,
N'en laisser aucune trace,
Sinon celle du plaisir,
...

Florent Pagny

J'ai dans l'idée que PolyEric exprime des envies plus importantes, avec certainement des répercussions sur sa vie. Je me trompe peut être ?

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Profil

bodhicitta

le jeudi 14 août 2014 à 14h03

Yoni
Je ne serais pas aussi catégorique sur le fait d'exprimer ses envies.

:-/ moi je pense qu'il faut exprimer, exprimer ce qui nous passe ou pèse dans l'esprit. Exprimer, en parler, sinon comment savoir si c'est une envie partagée ou non? et en en parlant p t etre que cette envie va évoluer pour trouver le point commun avec le partenaire.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 août 2014 à 14h17

La seule personne qui puisse répondre, c'est la personne concernée (ou les personnes concernées). La preuve que tout est question de point de vue et de personnalité (d'expériences sans doute aussi)...

J'ai bien peur qu'il n'y ai pas UNE réponse pertinente.

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Boucledoux

le jeudi 14 août 2014 à 14h51

PolyEric
1) Peut-on exprimer ses envies sans gêner la liberté de ses partenaires ?

2) Peut-on cacher ses propres envies à l'autre sans les refouler en soi-même ?

il y a un troisième terme de l'équation qui me semble important c'est que la liberté de l'autre dépend aussi de l'expression de tes envies. C'est la condition pour qu'il puisse y répondre de manière informée et consciente ce qui à mon sens est une condition indispensable à sa liberté.

Plutôt que de liberté de l'autre un peu abstraite ne vaudrait il pas mieux parler de discussion entre deux libertés ? Et dans ce cas, je pense que tu as raisons dans ton premier post de parler de coût (la liberté devient "trop chère à ses yeux"). Pour moi le oui n'a de valeur que dans la mesure ou le non est possible et facile à donner, que s'il n'y a pas de coût additionnels dans la relation à choisir l'un ou l'autre. A mon sens, c'est la différence entre une relation libre et consensuelle et un rapport de force.

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