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Plaisir énorme lors des premiers rapports amoureux...mais seulement lors des 2 premiers !

Sexualités
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Gaelle

le vendredi 04 avril 2014 à 11h15

Bonjour,

Je lance une discussion qui n'a peut être rien à faire ici : dans ce cas mea culpa. Mais je me pose une question depuis un certain temps, et étant polyamoureuse depuis toujours ou presque, je pense que les expériences sont plus "riches" et les paroles plus libre sur ce forum que sur d'autres.

J'ai l'impression de fonctionner à l'inverse de toutes les autres femmes! pas de baisse de désir au bout de 1, 2 ou 5 ans, mais au bout du troisième rendez vous ! pour autant mes relations poly sont stables et longues (quelques mois à quelques années à chaque fois).
Je pense que c'est une question de lâcher prise, mais étonnant de pouvoir s'abandonner durant les premières nuits et ensuite d'être si rationnelle (amoureuse).
Pour faire le lien avec le polyamour, je me suis rendue compte de ceci (et ai mis des mots dessus) bien après mes première expériences poly. Et bien que ces premières fois soient très agréables, ce n'est pas ce que je recherche dans les expériences poly-amoureuses.

J'ai même une "preuve physique" ce ce psychique que je n'explique pas : je peux être "femme fontaine"... mais lors des 2-3 premiers rendez vous uniquement !

Ne pas l'être ne me pose pas de problème. Ce qui m'ennuie nettement plus c'est de ne pas être capable de lâcher prise avec des hommes que j'aime, et de ne pas ressentir autant de plaisir, ne pas avoir autant de désir aussi (voir avoir très peu de désir) dès que je suis vraiment amoureuse. Etre fontaine est juste un indicateur pour montrer que oui, certaines fois j'ai complètement lâché prise, mais c'est si rare et si il y a une règle : les deux première fois avec un homme que je connais automatiquement très peu.

Est-ce arrivé à d'autres ? des idées pour parer à cela ?merci et bonne journée

Gaëlle

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Siestacorta

le vendredi 04 avril 2014 à 11h34

Là comme t'en parles, la baisse du plaisir est le symptome, c'est plus dans le désir que tu as l'origine.
Bien que ce ne soit pas comparable, j'ai pour ma part un désir assez facilement, heu, refroidissable. Il me faut pas grand chose pour que le désir soit déçu. Effarouché :-)
Et j'en constate facilement la conséquence sur mon plaisir.
J'ai un désir disponible, ça peut aller, mais c'est (trop) rarement un élan qui me pousse vers le corps de l'autre. J'y résiste en tout cas très facilement.
Et du coup le plaisir partagé est bien là, pas frustrant, mais je le compare aussi à des moments où j'ai été plus emporté, et par le désir, et plus imprégné de sensations plus fortes. Des moments à moi, qui dépendent pas du tout de la personne avec qui ça se passe. C'est valable aussi avec la masturbation... Cette variabilité me permet de comparer et me laisse un peu insatisfait.

Bon, chez moi, ça a des explications (notamment des médocs, mais pas que, loin de là).
(ceci dit, fais attention, la pilule peut jouer beaucoup là-dessus).

Mais ça peut dans ton cas être ce que tu vis par rapport à l'amour.
Tu associe "amour" à "rationnel", ce qui n'est pas absurde du tout, mais assez significatif de ta façon de vivre l'amour.

La question c'est peut-être pas seulement "qu'est qui dans mon plaisir est si perméable à la nouveauté" mais "qu'est-ce qui dans mes sentiments amoureux me rend moins perméable au désir" ?

Qu'en penses-tu ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Gaelle

le vendredi 04 avril 2014 à 11h39

Super intéressant !

je réfléchis pour répondre plus longuement... par contre pour les médocs je n'en doute pas...et je n'en prends jamais (j'ai un stérilet depuis plus de 5 ans et c'est juste merveilleux -mais c'est une autre histoire-)

merci en tous cas : je me lance dans la réflexion, car ça commence à me peser. J'ai une relation vraiment très belle avec un homme à qui j'ai "proposé" le polyamour et avec qui tout est simple. Notre relation, et celles avec d'autres sont simples et belles, j'aimerais aller "plus loin"... J'aimerais tellement me libérer de blocages que je ne comprends pas

à plus tard

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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ipsos

le vendredi 04 avril 2014 à 18h06

Coucou,
Remarques rapide et courte il y a peut-être des choses à rechercher dans le tantra pour aller plus loin.
Par ailleurs il semble que tu as besoin d'être étonnée surprise, l'inconnue te stimule c'est super.
A voir.

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LuLutine

le vendredi 04 avril 2014 à 18h19

Comme ipsos je pense que l'inconnu, la nouveauté ça stimule plus facilement.

Peut-être qu'une fois que tu connais un peu la personne, son fonctionnement, ça devient trop "banal" pour toi ?

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Lili-Lutine

le samedi 05 avril 2014 à 13h17

Bonjour Gaëlle,

Je ne sais pas si une femme peut fonctionner à l’envers de toutes les femmes, ce que je peux te dire ou sentir quand je te lis c’est que ton témoignage fait écho à bien des mouvements de mon être en relation intime avec certaines personnes.

Je peux m’envoler très haut, et même « perdre conscience » un long temps au contact intime d’une nouvelle personne avec qui je n’ai développé que peu ou pas de connaissance. Ce sont des moments qui m’emmènent souvent après, vers un état de bien être stimulant et énergisant qui perdure longtemps .

Mais pour autant j’ai appris, et heureusement pour moi et mes plus anciens amoureux, que je me devais de ne pas confondre ce que je vis en libertinage et ce que je vis en amour.

Pour cela je n’ai qu’à valider avec mes amoureux, ceux pour qui l’amour est bien là entre nous depuis longtemps , que j’ai toujours autant de plaisir à me coller à leur peau, à chaque occasion, pour dormir, me promener, regarder un film, manger, etc. cette personne dont je suis éperdument amoureuse depuis un grand moment , à savoir que son odeur, sa peau, ses respirations, ses petites manières à elle de me regarder, de bouger, de simplement exister pour moi, me font toujours terriblement envie et craquer, et que mon « appétit » de cette personne se trouve agrandi par les échanges verbaux , par nos regards , par toutes nos complicités et même nos non-dit !

Avec mes amoureux nos rendez-vous érotiques et enivrants peuvent être plus rares par moment et bien sûr au fil du temps ces rdv deviennent parfois différents de ceux avec de nouvelles rencontres. Parfois ces "premières pannes" arrivent très vite aussi, peut-être pas pour moi en 2 ou 3 rencontres, mais parfois en un trimestre.

Ce n’est pas grave, il est juste nécessaire de le savoir normal dans la vie de deux personnes qui s’aiment depuis un moment, que mes amoureux le savent aussi, et puis peut-être arrêter de se mentir sur ce sujet presque tabou qui serait que le sexe avec l’amour aurait une valeur ajoutée par rapport à celui du sexe libertin avec peu d’affect !
C’est juste des moments et des intensités différentes. Je ne pars plus dans des tristesses ou des déceptions synonymes pour moi de culpabilisation, si avec mes amoureux parfois je « tombe en panne d’orgasme » ou même de « désirs » alors que je me sais capable de « jouir » ou de « désirer » avec une nouvelle personne.

Une belle histoire amoureuse peut aussi commencer par des « ratés » lors des premiers échanges sexuels, pour moi ce n’est jamais synonyme que cette personne n’est pas pour moi ou que c’est un « mauvais coup » parce que je n’ai pas « joui » ! Si j’aime son odeur, ses mots et sa peau et bien c’est que c’est la parole qui nous fera trouver le chemin et les beaux accords de l’intimité de nos corps. C’est du vécu çà ! Et c’est bien dommage de passer à côté de si beau accords et plaisirs à venir si on juge rédhibitoire un premier essai que l’on considère raté pour soi … parce que si on parle à cette autre personne on pourrait peut-être entendre que pour cette personne ce fût pour elle beaucoup plus chargé émotionnellement que sexuellement et qu’elle a adoré envoyer son cœur en l’air avec nous !

C’est une grosse confusion, et même une grosse arnaque pour moi de lier le sexe qui crée des orgasmes à chaque « coup » à la pérennité d’un sentiment amoureux.

S’interroger sur ce lien d’amour avec son amoureux, le lien du cœur-corps-esprit et sur ce qui anime notre être en sa présence, et s’interroger sur la nature de ce même lien avec cette nouvelle rencontre qui nous propulse ou pas vers le nirvana.

Moi ce que j’aime aussi vivre dans mes relations plurielles c’est bien de pouvoir souvent "m’éclater" sexuellement avec des personnes inconnues, des personnes peu connues, et aussi évidemment avec mes amoureux !

Je ne choisis pas plus une pratique qu’une autre, je choisis de vivre mes relations sexuelles comme elles se présentent ou s’offrent à moi, parfois avec le cœur, parfois avec juste mon corps, parfois un mélange des deux plus ou moins égalitaire, mais toujours avec la force de mes désirs fluctuants, je m’offre une palette de sensations, allant de cette sensation d’amour absolue à cette autre bien plus animale !

M’autoriser à le vivre ainsi sans culpabilité fait que je me trouve bien gâtée d’avoir cette permission là de mes amoureux-ses et mes amants-es.

Et ce n’est pas la nouveauté qui fabrique un sentiment amoureux.

La culpabilité se niche en des endroits inattendus … un blocage peut trouver sa résolution quand nous arrivons à la débusquer et à la regarder bien en face cette culpabilité !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Gaelle

le dimanche 06 avril 2014 à 17h39

Bonjour et merci à tous pour vos réponses

J'attendais de réfléchir à tout ça pour ré-écrire. donc dans l'ordre

@siestacorta et Lulutine : oui évidemment, la "nouveauté" excite.... mais à ce point !
la réflexion sur ce qui dans mes sentiments amoureux me rend moins perméable au désir est une bonne base. Je n'ai pas de réponse franche sinon "trop d'attention portée à l'autre ou au couple". et @ipsos, oui pourquoi pas regarder un peu le tantra.

@ Lili-Lutine : Je suis tout à fait d'accord avec toi. Tout ce que tu décris de "joli" dans un couple, je le savoure chaque jour. Rassure toi tout ceci n'est pas oublié. Et c'est justement grâce à mon couple actuel dans lequel je m'épanouis pleinement que je me permets de me poser ces questions... pour moi, pour avoir "encore plus", et il faut bien l'avouer aussi, un peu pour ne plus culpabiliser de ne pas avoir envie... parfois pendant des semaines. Mon amoureux me rassure (pas de doute), mais j'avais envie de partager ceci et peut être de trouver quelques améliorations avant d'éventuels problèmes (tels que vécus dans de précédentes relations)

Juste lire que "ça arrive à d'autres" rassure. Et les conseils ou idées pour aller plus loin sont toujours très intéressants.

merci à tous et au plaisir de lire d'autres expériences et conseils

Gaëlle

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le dimanche 06 avril 2014 à 18h07

Gaelle
"trop d'attention portée à l'autre ou au couple".

Un texte qui m'a fait réfléchir sur quelque chose de similaire.

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bodhicitta

le dimanche 06 avril 2014 à 19h07

Visiblement tu associes le lâché prise des 1éres rencontres avec le désir, donc tu cherches à entretenir ce lâché prise.
Si les 1éres fois ne se passent pas bien (si il perd ses moyens, ou éjac précoce par exemple) comment se comporte ton désir?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Gaelle

le lundi 07 avril 2014 à 07h32

Bonjour,

Je réponds tout d'abord à bodhicitta : la perte de moyen ou l'éjaculation précoce d'un partenaire ne me sont jamais arrivées (ou plutôt m'est arrivée une ou deux fois et très jeune, donc hors relation poly). Néanmoins je pense pouvoir répondre de manière quasi certaine que ceci ne changerai pas grand chose. Les jeux hors pénétration classique me font le même effet. Ceci confirme d'ailleurs le premier point relevé par Siestacorta :

Siestacorta
Là comme t'en parles, la baisse du plaisir est le symptome, c'est plus dans le désir que tu as l'origine.


Et du coup j'ai bien lu le texte proposé par Siestacorta : en particulier "Un rapport sexuel sain est satisfaisant, chaque partenaire est seul après et se sent heureux."

Ceci résonne fortement pour 2 raisons :
j'aime beaucoup être seule et vis d'ailleurs seule. La question s'est posée quand mon amoureux a décidé de déménager...il a bien changé d'appartement mais pas pour venir chez moi. Je suis par contre très entourée et privilégie très fortement les relations et les rendez vous à 2, y compris avec mes "juste amis". Je crois qu'à deux je suis pleinement avec l'autre alors que je me sens seule dans de gros rassemblements ou fêtes.

et suis "Celui qui a besoin de faire quelque chose après un rapport sexuel, de mettre son corps en action, a un problème psychologique". Je suis plutôt hyper active et ai un caractère qui n'aime pas trop la demi mesure. Sans aller jusqu'au "problème psychologique" car je n'ai pas envie de faire quelque chose "juste" après l'amour (mais j'avoue assez rapidement), effectivement j'ai l'impression de vouloir partager d'autres choses (un repas, une promenade, un jeu) plutôt que savourer la solitude évoquée plus haut.

En tous cas, tout ceci est très intéressant.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le lundi 07 avril 2014 à 10h47

Tout ce fil ne serait-il pas aimanté par la prégnance dans les relations de la performance, performance amoureuse, performance sexuelle, performance sociale ?

Cela me parle bien, c’est une interrogation à l’origine de mon parcours poly-amoureux et j’ai traversé quelques réponses dans mes relations qui ressemblaient à ce que tu décris, Gaëlle.

C’est l’occasion pour moi de répéter encore quelques idées qui me tiennent à cœur. Le poly-amour n’a rien à voir avec le mono-amour, ce n’est ni l’inverse, ni le contraire, c’est autre chose.
Qualifier le poly-amour par rapport à la norme de l’exclusivité, par exemple, c’est encore inféoder le poly-amour à l’exclusivité, même si ce n’est qu’en termes de critère.
Multiplier les rencontres amoureuses de consommation, parce que cela est permis est une autre façon de célébrer la rigidité mono-amoureuse.
Pour l’activité sexuelle, il en va de même. Se poser la question de la performance, c’est faire exister la réalité de la performance au milieu de la relation sexuelle, performance qui corrèle l’organisation sociale, les attributs nécessaires à l’homme et à la femme pour les désigner, et plus profondément peut-être la naissance du désir, du moins son expression et plus sûrement son exploitation, solitairement ou solidairement.

Or c’est bien de cette société-là que l’on s’extrait pour devenir poly-amoureux ou en devenant poly-amoureux. (Je parle toujours pour moi).
Pour le coup, la notion de « panne » avec son cortège négatif d’images dévalorisantes m’est devenue un peu étrangère, en partie grâce à Erich Fromm. Il explique lumineusement dans son pavé « La Passion de Détruire » que rien ne détermine l’homme à être plus agressif que la femme et que la bandaison n’est pas un signe d’agressivité. Bon on sait tout cela et même si on ne le sait pas, on peut l’inventer avec la même efficacité.
Ce que cela sous-entend, c’est que si on fait abstraction de tous les rouages liés à la norme culturelle, l’homme qui doit être fort et la femme aimante, la « panne » en tant que panne n’existe plus et être femme fontaine un jour n’a ni plus ni moins d’importance que de ne pas l’être le lendemain, c’est simplement une réponse différente à un moment donné d'une relation qui se met en place et qui perdure.

Pour d’autres, ce sera le contraire. Je suis par exemple beaucoup moins vaillant au début d’une relation pour progressivement m’épanouir à mesure que la connaissance de l’autre se réalise. J’ai connu une situation que ma partenaire a dû appeler une « panne complète » et qui a duré une nuit et un jour (tout le temps que l’on s’était donné pour réaliser charnellement la suite de nos écrits et de nos premières entrevues qui ouvraient une relation amoureuse prometteuse). Ce qui a perturbé notre relation, n'est pas tant que j'ai été incapable de bander, mais que cette femme ne m’ait plus jamais donné aucun signe de vie… C’était même douloureux un certain temps.

La performance est un fléau.
La sexualité n’est pas un catalogue de gestes précis qui auraient tous leur signification et qui correspondraient à des étapes bien repérées. La sexualité se retrouve aussi dans le café du matin ou de l’après-midi. Elle est l’image exacte de deux histoires qui s’imbriquent, quelle que soit sa réalité.

Cela me conduit aussi à réexaminer ce concept en vogue de NRE qui me paraît juste être le masque de l’absence de mots quant à l’envie de baiser ou de la culpabilité associée au travail encore incomplet du respect de l’autre, mais c’est un autre problème…

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le lundi 07 avril 2014 à 12h12

Gaelle, je vais tenter d'expliciter un peu pourquoi je t'ai passé le lien.

J'ai peut-être entendu "ma" version de ton histoire, tu n'as pas beaucoup détaillé, donc je surinterprète probablement.
Je reviens sur deux passages qui me font plus particulièrement réagir :

Gaelle
étonnant de pouvoir s'abandonner durant les premières nuits et ensuite d'être si rationnelle (amoureuse).

Pour moi, derrière ça, il y a une binarité désir=spontané et amour=rationnel. C'est pas toujours faux, mais s'agissant de la question du plaisir, c'est significatif.
La question, c'est, qu'est-ce qui fait que physiquement tu ne lâches pas prise dans un cadre amoureux ?
Dans certain sens, tu y réponds plus tard.

Gaelle
"trop d'attention portée à l'autre ou au couple".

C'est à dire qu'à défaut de t'abandonner physiquement, tu t'abandonnes psychologiquement. Tu t'absorbes dans la présence de l'autre (d'où le lien que j'ai passé).
Du coup, la rationalité et la "retenue" sont en partie un réflexe pour te retrouver toi.
Tu sais, c'est le paradoxe qu'on pose parfois au mono fusionnels : "si en amour on ne fait plus qu'un, lequel d'entre vous à disparu ?"
Tu vas à fond dans ta passion amoureuse et tu as peur de disparaître. Dans une situation de 1ère fois, pas encore engagée, tu n'as pas cette perspective là, donc tu "peux" t'abandonner, parce que la relation, plus précisément ton empathie pour l'autre ne risque pas encore de t'engloutir.
On peut désirer être englouti, on a des compulsions qui tendent irrationnellement vers de désir d'absorber l'autre ou d'être absorbé par lui. Mais plus on est une personne autonome, plus on sait que ce n'est qu'un des aspects de l'amour, pas celui qui le définit.
Parce qu'on peut désirer s'absorber, mais une fois qu'on est complètement absorbé par l'autre ou notre relation, on ne peut plus désirer : on est devenu la relation, ou le désir de l'autre, mais pas notre désir propre.
Voilà, c'est une lecture de ta situation...

C'est pour ça que je voulais t'orienter sur la capacité d'être seule en présence de l'autre.
Pour moi aussi, dans une fête, je me sens le plus souvent seul (et pas forcément mal). Par contre, avec quelqu'un de proche, c'est très difficile. Un lien (imaginaire) me relie à la personne qui est à proximité. Même dans l'autre pièce, ou le jardin.. je me sens en partie "capté" . Rapidement "captif", à l'insu du plein gré de la personne :-)
Pour ma part, je sais que cette façon de ressentir influence ma façon de désirer et de jouir. Je suis un de ses hommes qui a un peu de mal à faire durer le rapport sexuel. Si je me comprend à peu près, sans le vouloir "consciemment", je précipite le plaisir parce que j'ai envie de me fondre dans le moment, sauf qu'en faisant ça je zappe l'autre, au lieu d'être dans un moment où en plus de s'unir, on échange, on croise, on expérimente, on dialogue par la peau (et dans un dialogue on est deux).
Comme je ne sais pas bien gérer ça, que je ne sais pas être seul avec l'autre (retrouver mon moi), je sur-appuie sur la pédale "accélération et oubli de soi", quand quelqu'un qui a un ego mieux équilibré sur ça ne serait pas subjugué, ni assujetti à ce réflexe.

Je sais que ton rapport au plaisir n'est pas comparable, mais je crois que ça se recoupe un peu. Disons que toi, au lieu de t'emporter et t'oublier à fond, tu résous en ne lâchant pas du tout prise, mais au fond, c'est la même idée que le sexe comme relation serait "trop fort" en se cumulant à ce qu'on ressent déjà pour l'autre, qu'il y a un risque de ne plus se retrouver. A partir de là, on a peur, on se pose des question de performance, effectivement, d'esthétique, on imagine le regard de l'autre, et ça pèse sur ce qui se passe.
Mais du coup, c'est aussi la façon dont on écoute déjà l'autre, avant le sexe, qui est trop forte, qui ne nous laisse déjà pas assez de place.
Moi pour échapper au trop plein, je ne m'en donne pas le temps de le subir, toi tu ne peux y échapper qu'aux premières rencontres, mais après tes réflexes défensifs contre ta propre tendance à n'écouter que l'autre reviennent.

Tu me diras.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Gaelle

le lundi 07 avril 2014 à 15h24

SiestaCorta tu es dans le mille !

je vais devoir lire, relire, réfléchir et faire des parallèles. Si je n'ai pas donné tant de détails que ça, c'est que je ne voulais pas vous noyer...mais si tu as des questions, j'y répondrai avec plaisir car discuter de tout ceci me fait beaucoup de bien.

Merci aussi à bouquetfleuri d'avoir répondu. On est jamais sûr à 100%, mais je pense quand même évacuer rapidement l'hypothèse de la performance...
la performance est aussi un concept que j'ai fui très tôt...tous les concepts d'ailleurs, y compris celui de polyamour. Car si je me retrouve dans beaucoup de sujets et mode de vie, si je me suis tournée vers ce forum pour réfléchir à quelque chose qui m'embête un peu, je ne veux surtout pas fuir le concept de "couple classique idéal" pour m'enterrer dans un autre concept, aussi attrayant soit il. Et si mon conjoint est un peu tombé dedans à cause ou grâce à moi, de mon côté c'est vraiment un cheminement depuis mes tous premiers amours. Je pourrais reprendre tes réflexions point par point et expliquer à quel point justement je suis d'accord et tout ceci me parle. Je me contenterai d'expliquer pourquoi je suis certaine que le problème n'est pas un soucis de performance.

Car effectivement tous les couples sont uniques, et il n'y a pas de mode d'emploi pour que ça marche ou non. Donc cette absence de désir que j'ai un peu subit avec des ex, je ne pensais pas qu'elle poserait un problème avec mon conjoint actuel car pour lui comme pour moi notre "besoin", LA chose dont ne peut pas se passer, ce sont les caresses et le contact de la peau. A partir de là plus rien ne m'inquiétait. Jusqu'aux jours (car c'est arrivé plusieurs fois) où il s'est quand même senti mal à l'aise de mon absence prolongée de désir. Pas de grave problème et beaucoup de discussion mais j'avais du coup envie d'avancer doù ce partage d'expérience. On est aussi d'accord sur le fait que nos relations amoureuses en dehors de notre couple ne sont pas un palliatif (ni pour l'un, ni pour l'autre) mais bien de jolies histoires à part entière. Et je confirme que "femme fontaine" n'est pas la gloire ultime recherchée ni par moi, et encore moins par lui : juste un exemple pour montrer la capacité à lâcher prise de temps en temps.

Je ne sais pas si j'ai répondu à l'un et l'autre...en tous cas n'hésitez pas à re-commenter

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Siestacorta

le lundi 07 avril 2014 à 15h44

Gaelle
SiestaCorta tu es dans le mille !

Ho ?
Bien ^_^
Sur quoi ? :-D

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bodhicitta

le lundi 07 avril 2014 à 17h05

bouquetfleuri
Tout ce fil ne serait-il pas aimanté par la prégnance dans les relations de la performance, performance amoureuse, performance sexuelle, performance sociale ?

J'ai ressenti la méme chose

bouquetfleuri
Ce que cela sous-entend, c’est que si on fait abstraction de tous les rouages liés à la norme culturelle, l’homme qui doit être fort et la femme aimante, la « panne » en tant que panne n’existe plus et être femme fontaine un jour n’a ni plus ni moins d’importance que de ne pas l’être le lendemain, c’est simplement une réponse différente à un moment donné d'une relation qui se met en place et qui perdure.

(+) <3 (+) <3 (+)

bouquetfleuri
Je suis par exemple beaucoup moins vaillant au début d’une relation pour progressivement m’épanouir à mesure que la connaissance de l’autre se réalise.

Ce qui a perturbé notre relation, n'est pas tant que j'ai été incapable de bander, mais que cette femme ne m’a plus jamais donné aucun signe de vie… C’était même douloureux un certain temps.

La performance est un fléau.
La sexualité n’est pas un catalogue de gestes précis qui auraient tous leur signification et qui correspondraient à des étapes bien repérées. La sexualité se retrouve aussi dans le café du matin ou de l’après-midi.

oui exactement, j'ai un exemple aussi, mais dont les débuts qui à prim' abords semblaient chaotiques, ont durés 1an (bon au début à se voir toutes les 3 semaines en gros...)
Mais il était tjs aussi doux et agréable de passer du temps l'un dans les bras de l'autre.
Au fil du temps il se rendait compte que j'était tjs là que j'avais plaisir à etre avec lui, tout simplement donc il gagnait en confiance en notre relation et je lui disais que je ne m’inquiète pas du tout au sujet de la sexualité entre nous puisque,
on arrive à faire la tendresse, à faire l'amour d'une façon qui est primordiale (oui en buvant le café aussi, comme tu dis bouquetfleuri) pour que la relation sexuelle soit épanouissante, pas le coté tac-tac marteau piqueur
et que cette tendresse cet amour si il n'est pas là au début, ça ne s’apprend pas, contrairement au tac-tac, qui lui est quand méme un peu de la mécanique qui peut se rouiller pour une raison ou une autre.

Conclusion: maintenant ça "marche" trés trés bien :-D <3 je vous passe les détailles...

Moi je te conseillerai d'essayer de ne pas te mettre la pression, que le désir (p t etre un peu différent du 1er) viendra tout seul

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Gaelle

le lundi 07 avril 2014 à 20h34

Re-bonjour,

Le message ne sera pas très constructif ce soir, mais je viens de faire lire le fil de la discussion à mon amoureux : c'est lui qui répondra demain pour avoir des impressions complémentaires.

Mais sa première réaction est de trouver les réflexions de Siestacorta tout à fait en accord avec ma (et notre) situation. Je suis impatiente de le lire.

bonne soirée

Gaëlle

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[compagnon de Gaëlle] (invité)

le mardi 08 avril 2014 à 20h20

Bonsoir, et merci à tous pour vos éléments de réponse, et tout particulièrement à SiestaCorta.
Je ne vais pas essayer de reprendre tous les points et d'étayer ce à quoi j'adhère par des anecdotes, mais plutôt d'apporter une vision d'ensemble de notre couple, centré sur l'intimité bien sûr...
Gaëlle est moi nous sommes connus sur un célèbre site de rencontres et il nous fallu peu de temps pour nous rencontrer physiquement, je veux dire par là en tête à tête.
Nous nous sommes plus très rapidement, mais sans ressentir le besoin de la chair au premier plan, mais plutôt de nous toucher, nous caresser, nous embrasser tendrement, et sentir le souffle de l'autre.
La première fois où nous avons couché ensemble, nous nous sommes juste blottis ("Je peux juste dormir contre toi?" lui ai-je dit) l'un contre l'autre, nous caressant pendant une bonne partie de la nuit.
Nous nous sommes même réveillés en plein milieu de la nuit à cause de ce besoin de ressentir l'autre.
Nos premiers rapports sexuels ont été intenses, mais tout de suite après j'ai poussé à la recherche d'artifices: domination, masturbation, pour maintenir le plaisir que je sentais décroître.
Assez rapidement j'ai passé des moments de doute intense, à savoir si je la satisfaisais toujours, étant presque obnubilé par ces états de conscience...
Il m'a fallu du temps (un homme de base, c'est sûr) pour comprendre que ce n'était pas un problème de satisfaction sexuelle ; ce qui nous lie vraiment l'un à l'autre ne se trouve pas dans l'acte sexuel même et cette réflexion m'a tout de suite apaisé.
La performance sexuelle (encore de la performance me diriez-vous) n'est pas du tout un de nos critères de satisfaction.
Alors ce n'est pas un problème pour moi que ma compagne ne soit pas une femme fontaine, qu'elle ne me saute pas dessus tous les 2 jours, qu'elle ne soit pas une bête de sexe etc. [Petit clin d'oeil pour toi mon amour], pourvu que le temps nous permette de vivre ensemble et nous voir vieillir.
Notre amour est centré sur cette envie de fusionner l'un dans l'autre lorsque nous nous serrons l'un contre l'autre, sorte d'empathie puissance mille et l'acte sexuel n'est pas une fin en soi.
Ouf! Je m'arrête là... et merci pour vos messages éventuels.
Jérémy

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Siestacorta

le mardi 08 avril 2014 à 21h21

Là de suite j'ai pas les idées assez réactives, mais déjà, un truc, Jérémy, effectivement dédramatiser le "faut que sexuellement ça soit comme-ci comme-ça dans votre couple", dire que "le sexe n'est pas une fin en soi" c'est un très bon réflexe, à mon avis !
Il y a une partie de ça qui n'est pas vraiment inquiétante, tant que vous êtes "bien" ensemble.

Par contre, il y a une pitite nuance entre "ce qui nous lie vraiment l'un à l'autre ne se trouve pas dans l'acte sexuel" et "ce qui nous lie vraiment l'un à l'autre ne se trouve pas QUE dans l'acte sexuel".
C'est à dire, sachant que tous deux avez chacun une vie érotique (concrétisée, ou dans la tête), une capacité au plaisir, et que vous vous trouvez chacun "au goût de l'autre", il serait excessif de dire que rien de votre relation ne puisse passer par là.

Vous pourriez décider que la sexualité de votre couple se sublimera dans cette abstinence, si vous éprouviez tous deux une satisfaction intense à ça, et quand à aucun des deux le sexe ne vous en donnerait.
Mais je suis pas certain que ça vous corresponde, à ce que vous écrivez.
J'ai bien lu l'importance de la tendresse et de l'empathie, mais je lis aussi une aisance sexuelle, dans les mots que vous employez tous deux pour parler de sexualité quand vous ne parlez pas spécifiquement de ce qui définit votre relation.

Celui dont le pseudo est d'être compagnon d'un autre
Notre amour est centré sur cette envie de fusionner l'un dans l'autre lorsque nous nous serrons l'un contre l'autre

Pour moi qui suis un fissionnel convaincu, cette phrase ressort peut-être plus fortement que pour d'autres.
Je pense que vous vous correspondez bien sur des attentes fondamentales, et c'est déjà beaucoup. Et ça a une grande valeur que vous tiriez un bien être sensuel intime de votre façon d'être ensemble.

Cela dit, dans cet idéal de fusion douce que vous avez chacun, sans doutes pour des raisons différentes, je conçois un risque qui fait pendant à sa force "rassembleuse".
Il s'agit pas d'être "performant" au sens sportif du terme, parce qu'il ne s'agit pas de se mesurer au bonheur des autres ; mais il y a une exigence interne, qui, côté Gaëlle, peut alourdir le dialogue sexuel ("comment avoir un plaisir à la hauteur de notre amour ?"), et côté Jérémy, pousser au point que "moi" et "elle" ne soit plus un jeu, un dialogue, un échange mais un "nous" (qui s'empare de la narration de votre histoire), et facilement désexualisé, presque enfantin.

Je vois le mal partout, c'est une sale manie personnelle, donc ne vous inquiétez pas de cette réaction ; mais "si vous ne faites plus qu'un, lequel a disparu ?", redemandés-je.
Et il me semble, en lisant ce soir, que c'est plutôt Jérémy, et de son plein gré. Du coup :"pourquoi aimer disparaitre dans un nous ? Le "je" avant, il était nul (et non avenu) ?
C'est ma question de fissionnel compulsif à Jérémie.

A Gaëlle : qu'est-ce qui, dans l'amour, serait si fragile que tu puisses avoir besoin d'y "porter trop d'attention" ?
(en fait c'est presque la même question, mais à partir d'un bout différent)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Gaelle

le mercredi 09 avril 2014 à 08h10

Bonjour Siestacorta,

Je refais le lien entre ton dernier message et l'idée de réussir à "être seul à deux".
Mes connaissances riraient en te lisant

Siestacorta
"si vous ne faites plus qu'un, lequel a disparu ?", redemandés-je.
Et il me semble, en lisant ce soir, que c'est plutôt Jérémy, et de son plein gré.

Car dans la vie de suis très active, hyperactive... J'aime tout faire toute seule, gérer,construire...

une sorte de ras de marée...mais qui s'effondre de fatigue (physique et intellectuelle) en fin de journée (ou le WE). Bref, je crois l'avoir déjà dit, pas de demi mesure. Et quand je me sens bien avec quelqu'un (Jérémy mais aussi mes autres amoureux, mes exs...) je m'abandonne complètement psychologiquement après une rapide phase de découverte où je reste"active" dans tous les sens du terme.

Donc quand on nous voit avec Jérémy, c'est moi qui semble tout diriger pour ensuite "disparaitre de mon plein gré".

Quand au fissionnel compulsif, je me retrouve plus dans ce concept que Jérémy (lui demander son avis...) ! Là encore, ayant toujours été polyamoureuse, ayant toujours vécue seule, très active, fêtarde, et même adepte de sites de rencontre, je suis tout sauf fusionnelle...sauf quand je suis dans ses bras : un havre de paix.

ET si Je lui ai manqué par mon absence les semaines où je multipliais sorties et/ou activités, l'inverse ne s'est encore jamais passé.

Mais je ne réponds toujours pas à la question : qu'est-ce qui, dans l'amour, serait si fragile que je puisse avoir besoin d'y "porter trop d'attention" ?
Pour l'instant, je pense surtout à ma vie en dehors de l'amour qui me demande tant d'énergie que mon (mes) couples sont un refuge

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Profil

Siestacorta

le mercredi 09 avril 2014 à 08h42

Un refuge, une protection - qu'il faut protéger ?

Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi ça demande une "trop" grande force d'attention ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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