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Un Naufrage

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Leolu

le samedi 11 janvier 2014 à 22h36

Oups ! Pris en flagrant délit de ne pas avoir assez lu tes écrits :-/ ...
Pour ma part, je suis un mono très interrogatif qu'il ne faudrait pas pousser trop fort pour se laisser tenter...

Tu as parfaitement raison sur le fait de s'écouter avant tout soi-même. C'est primordial. J'ai tendance à proposer des raisons rationnelles mais il n'y en a nul besoin, bien souvent, pour écouter son coeur et ses émotions. C'est comme ça et pis c'est tout ;) !

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aviatha

le samedi 11 janvier 2014 à 23h08

Au contraire, ça vaut dire que je ne fais pas trop "intégriste" dans le paysage XD
Se laisser tenter... cette phrase me laisse songeuse, j'avoue. Parce que si ça te tente, c'est bien qu'il y a quelque chose chez toi qui n'est pas tout à fait content de son mode de vie actuel.
Pour ma part, lorsque mon cher et tendre a eu son autre amoureuse, il m'a proposé de faire la même chose. Honnêtement, ça me donne la même impression que se forcer à manger un truc qu'on aime pas : on va pas en mourir, ça nourrit quand il y a besoin,et on peut parfaitement comprendre qu'il y ai des gens qui aime ça, seulement, plus on s'en tient loin, mieux on se porte. Donc ce n'est pas vraiment un truc qui me "tente" en temps que mono. Du coup cette formulation de ton côté me fait dire qu'il y a matière à réfléchir là-dessus.

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Leolu

le samedi 11 janvier 2014 à 23h30

"Matière à réfléchir" ? Peut-être, mais on est sur le topic de durga, là, et on devrait la laisser poursuivre sa réflexion à elle ;)

Nous disions donc :
- séparation de 3 mois
- réflexion puis décision
Cela me semble très sage.

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mimik

le dimanche 12 janvier 2014 à 02h53

aviatha tu as tout dit "que tout le monde s'y retrouve" surtout ne pas se torturer l'esprit on ne peux pas s'automutiler entre parenthese belle comparaison avec la nourriture je pense que chacun est different en amour mais il ya toujours matiere a trouver des solutions!!!

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durga (invité)

le dimanche 12 janvier 2014 à 15h51

L ' art et la manière. Peut - etre y aurait - il matière à un petit guide . Comment annoncer à votre partenaire que vous l ' aimez et en aimer un-e autre.
Cela ne concerne évidemment pas les poly-amoureux de départ.
En évoquer la possibilité AVANT qu ' elle ne se présente.
Si cela arrivait , qu est ce qui serait plus doux pour toi ?
Qu est ce qui te garderait dans la confiance?
Ne pas demander " l ' autorisation ", le partenaire n est pas un gardien de prison ou une figure parentale." Est ce que tu me permets de" me semble une phrase terrible,infantile et aliénante pour les deux partenaires.
Faire preuve d 'empathie et choisir le bon timing.
Dans mon cas perso: je suis partie en voyage deux mois avec nos deux filles jeunes adultes. Un partage tres important pour moi , dans un pays lointain que j aime et voulais leur faire découvrir. Fin d études.
Leur père , mon amoureux nous a rejoint avec une grenade dans sa valise. Dégoupillée la veille de Noel.
Séjour saccagé . Spectacle déchirant pour une de nos filles restée et pour qui je suis inquiète de l impact.
A ce stade , je ne comprends pas pourquoi ne pas avoir attendu notre retour pour en parler. Nous deux , chez nous. Une histoire de couple , pas de famille.
Et je comprends que je que j aurais pu peut - etre vivre à ses cotés est sapé par le sentiment profond de n avoir été prise en compte, dans son empressement à raconter son nouvel amour.
Voilà ou j en suis de mes réflexions ...ou de mes exigences ?

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Leolu

le dimanche 12 janvier 2014 à 17h36

Oui, c'est compréhensible...

On peut imaginer qu'il n'avait pas eu conscience du choc qu'il provoquerait, tellement il était parti dans son rêve de partage amoureux. Te sachant aussi empathique, il a cru que tu accueillerais son idée d'une manière plus positive qu'une annonce de divorce pure et dure. Puisque, dans son idée (masculine), tu ne perdais pas grand chose, juste quelques journées à soi de temps en temps.
Il devait penser qu'au bout de 30 ans de vie commune, un peu d'éloignement épisodique pourrait ranimer la flamme. Et comme les enfants son grands... Et que la famille entière devra bien composer avec ces nouvelles données, elle devait en être informée...

durga
Et je comprends que ce que j'aurais pu peut-être vivre à ses cotés est sapé par le sentiment profond de n'avoir été prise en compte, dans son empressement à raconter son nouvel amour.

C'est d'autant plus bête que tu semblais être en mesure de comprendre son point de vue...

Ceci dit, la base essentielle du polyamour réside dans la confiance mutuelle, le respect des besoins de chacun et une capacité de dialogue ouverte, prudente et respectueuse. On ne dit pas "j'ai décidé", par exemple... du moins, pas sans que le sujet n'ait été abordé correctement auparavant. Sur ce point, c'est donc un très mauvais début... (début d'une éventualité de polyamour).

Maladresse ou égoïsme ?

durga
Voilà ou j en suis de mes réflexions ...ou de mes exigences ?

"Réflexions" de trahison (contrat d'unicité), de goujaterie (annonce en famille)...

"Exigences" ? Tout cela a déjà eu lieu ! Une exigence... pour l'avenir ? Plus de délicatesse, de prise en compte et de dialogue préalable ? S'il est pardonné, il faudra bien... Sinon...

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durga (invité)

le dimanche 12 janvier 2014 à 18h19

Pas de trahison , je suis pleine de gratitude pour son honneteté . Pas de goujaterie non plus, il n y a pas eu d annonce en famille. Mais notre fille nous a vu souffrir , le non dit était angoissant pour elle. Alors nous , je dis bien nous,avons pensé que cela serait moins anxiogène de dire ce qui se passait.
Les filles ne vivent plus at home.. j aurais donc aimé et pu achever ce voyage avec elles sans orages émotionnels. Et aborder le sujet de cette rencontre au retour. Je n aurais pas interprété ce délai de dix jours comme un mensonge, mais comme une attention a me laisser vivre sereine ce qui comptait tant pour moi et ne se reproduira pas .

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Leolu

le dimanche 12 janvier 2014 à 18h43

Malgré mes efforts pour émettre des avis équitables de part et d'autres, de critiquer autant que d'excuser (disons de comprendre), je n'arrive qu'à te pousser à le défendre...

La balance pencherait-elle déjà ? ;)

(que j'aimerais être aimé à ce point...)

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aviatha

le dimanche 12 janvier 2014 à 18h49

Tu sais j'ai un peu les mêmes réactions : j'ai suffisamment de reproches à lui faire moi-même pour ne pas laisser les autres lui en faire ^^ Et plus largement, dans notre cas, ça faisait partie de ma part du contrat : le défendre. On peut souffrir du comportement de quelqu'un et rester très protecteur envers lui, ça s'appelle la tendresse. Ou le syndrome de Stockholm...

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Leolu

le dimanche 12 janvier 2014 à 18h55

Ah oui... C'est pas faux, ça...

Et j'aime beaucoup comment tu l'expliques :-) !

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(compte clôturé)

le dimanche 12 janvier 2014 à 19h03

Aviatha
On peut souffrir du comportement de quelqu'un et rester très protecteur envers lui, ça s'appelle la tendresse

Oui, sinon j'aurai divorcé depuis longtemps. Toutefois, j'espère qu'il agit ainsi parce qu'il le désire vraiment et non pour "respecter une quelconque part de contrat".

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aviatha

le dimanche 12 janvier 2014 à 19h14

Ravie que ce ne soit toujours pas le cas pour toi^^
Toutefois, même s'il s'agit de "respecter une part du contrat", c'est une chose que je considère aussi. Un engagement pris en connaissance de cause et tenu envers et contre tout est un acte que j'estime beaucoup, et j'ai un très grand respect pour la parole donnée et la parole tenue (ça doit être mon côté nindo ^^)

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durga (invité)

le dimanche 12 janvier 2014 à 19h38

Je vous rassure pas de syndrome de S.
C est une belle personne mais très trés auto centrée, c est le moins que je puisse dire.. ...
Et l aimer ne me retiendra pas de partir, question de loyauté et de fidélité ....à moi-meme.

Et à moins d une révolution copernicienne , c'est plutot comme cela que je pressens les choses.

Je l ai écrit , le partage du sommeil avec une autre était non négociable. Cela laissait encore pas mal de possibles.

Ce voyage était essentiel , il a été pulvérisé.

Mais nos tous petits destins , les personnages avec lesquels nous nous confondons n ont pas tant d'importance que cela.

Je vous remercie , mes lecteurs inconnus , de vos retours
qui sont un soutien.

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(compte clôturé)

le dimanche 12 janvier 2014 à 21h42

Chère Aviatha, prendre une "décision" à 20 ans ne peut engager que la situation soit la même 25 ans plus tard et que tu soit toujours la même. Tes engagements doivent tenir compte de ta vie et de ton évolution, sinon, autant cessé de vivre. Remettre des choses en question est à mes yeux bénéfiques et surtout si c'est pour que ce soit honnête et juste vis à vis de la personne auprès de qui tu avais pris un engagement.

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aviatha

le dimanche 12 janvier 2014 à 22h09

Oui, c'est la différence entre s'engager à payer un chèque et signer un chèque en blanc. Les engagements sont valables dans les limites qu'on leur a données au départ, et quand ces limites ne sont plus valables, il y a remise en question, et elle est normale, contrairement à la remise en question juste parce que finalement les engagements sont pénibles à tenir. C'est la différence entre l'équilibrage et le parjure.

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mimik

le dimanche 12 janvier 2014 à 22h30

l'amour est cruel quand meme ,moi qui suit quasiment dans le meme cas que durga quand la personne vous avoue ca et que la personne refuse que vous partiez parce qu'elle vous aime,c'est tres difficile à gerer .Je pense personnellement que l'amour evolue avec le temps et qu'il arrive des choses comme ca ou on est pas preparé et pour ma part je ne dirais jamais que je ne tomberais pas amoureux de deux personnes a la fois car en amour all is possible courage a toi Durga!!! sois fidele a tes convictions!!!

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Leolu

le lundi 13 janvier 2014 à 12h37

Je vais être un peu plus général et personnel, cette fois-ci.

L'argument principal de durga et d'Aviatha (j'ai lu ton histoire depuis) est le "principe".
Or, c'est justement cette histoire de "principes" intangibles qui me titille depuis quelques temps.

J'ai connu une histoire d'amour extraordinaire (mono). Non basée sur un mariage (on rigolait le jour où on a dû établir un papier de concubinage), qui ne tenait que sur le fait qu'on continuait jour après jour à se faire confiance et à s'aimer. Elle a perdu cette foi un jour, m'a quitté, la foudre s'est abattue sur moi. Car si j'admettais parfaitement cette liberté de chacun, et que j'ai compris sa décision, je ne m'y étais absolument pas préparé. Pour moi, notre amour était "éternel" (et 11 ans après, elle est toujours ma meilleure amie, la seule à qui je dirais des choses que je n'avouerais à personne d'autre... sauf qu'elle vit sa vie).

Ce qui m'intéresse donc, avec le polyamour, c'est qu'il y a une "dynamique" qui donne un vrai sens à cette liberté amoureuse. Que "liberté" n'est pas un simple mot "virtuel" battu en brèche par l'exclusivité effective, mais une réalité de tous les jours : non seulement on se sent libre et indépendant, acceptant de vivre avec untel par choix raisonné et volontaire, mais en plus on "expérimente" régulièrement cette liberté ce qui lui donne plus de corps et de réalité. Sans ces expérimentations possibles et effectives, on se retrouve de fait dans l'exclusivité contractuelle qui interdit une véritable liberté amoureuse, et donc un raffermissement du choix qui a été fait.

Je n'aurais absolument pas pensé ainsi avant mon propre "naufrage" (et je comprends donc les drames pour ceux qui s'y trouvent confronté), mais les années qui ont suivi m'ont conduit à venir ici et à m'intéresser à ce sujet.

J'ai l'impression qu'il y a deux sortes de polyamoureux : ceux qui n'ont jamais quitté l'esprit de jeunesse permettant le papillonnage et qui restent des "étudiants" éternels... et ceux qui se sont lassé de l'enfermement que constitue un couple avec exclusivité sexuelle/amoureuse (ou qui ont accepté un changement de vie commune, à cause de leur conjoint, et ont adopté pour eux-même le polyamour, mais là aussi, c'est venu sur le tard).

C'est surtout pour cette deuxième catégorie que la notion de "principe" devient un problème (avec leurs corollaires : trahisons, parjure, etc...).

Moi aussi, je ne voulais pas que ma vie change. C'est pourtant arrivé et j'ai dû revoir ma philosophie de vie. Je me suis accroché au "principe" monoamoureux pendant longtemps, mais je m'aperçois qu'il ne correspond pas vraiment au fait que les gens changent, moi-même j'évolue, que les amours, les envies de vivre ensemble, durent rarement très longtemps, et que même ça, c'est "mortel".

Et pourtant, il peut arriver qu'un "désamour" ne soit pas totalement absolu. Qu'une grande tendresse subsiste encore entre ces gens qui se déchirent à cause de leurs "principes". Et je trouve infiniment triste que ces "principes" séparent définitivement des gens qui s'aiment encore.

La constante qu'il y a entre durga, Aviatha, moi-même et plein d'autres encore, c'est qu'ils aiment encore leurs conjoints et que c'est réciproque.
Et pourtant il y a séparation (ou risque de...).
Pourquoi ?
Parce que ce n'était pas prévu lors du "contrat" de départ, Parce qu'on avait dit "pas de sommeil ensemble". Parce qu'"il avait accepté que cela ne dure pas". Parce que "si je fais un choix, il faut qu'il soit définitif".

Autant de principes qui négligent le fait que les choses peuvent changer. Qu'on est une personne au moment de les déclarer et une autre au moment où il faut les assumer.
Et c'est toujours un drame à cause de ceux qui campent sur leurs principes.
(d'un autre coté, je comprends parfaitement qu'il faille un minimum de règles pour se faire confiance mutuellement. Et puis on ne fait pas un enfant avec une personne instable... raison pour laquelle je m'intéresse plus au "polyamour tardif")

C'est pourquoi je suis attiré par cette philosophie qui prend en compte l'incontournable dynamique de changements auto-adaptifs qui ne vise que le bonheur de chacun, et ne grave pas dans le marbre des liaisons qui sont forcément "à durée limitée" (l'exact opposé du mariage arrangé qui engage pour une vie entière). Une philosophie elle-même inconfortable, mais dont les multiples petits drames n'équivalent pas à UN drame insoutenable. Mais surtout une philosophie qui nous oblige à s'écouter au jour le jour sans qu'on s'oblige soi-même (et les autres avec) à respecter des engagements devenus obsolètes.

Pour en revenir à durga, on décide rarement lors d'un mariage que l'autre ne devra pas dormir avec son amante. Cet engagement a donc dû être établi au moment du libertinage accepté. C'était déjà un accroc à l'engagement de départ. Pourquoi ne serait-il pas possible de faire évoluer cet engagement en fonction de la nouvelle donne ?

Parce qu'à force, de relâchements en relâchements, on en vient à devoir tout accepter et qu'il n'y a plus de confiance possible, puisque rien n'est équitable ? Autant donc tout casser dès le premier accroc à la première et seule évolution acceptée malgré soi ?
Ça, je peux le comprendre...
Mais bon sang ! Il reste de l'amour, quand même !
(sauf si...)

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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aviatha

le lundi 13 janvier 2014 à 14h24

Tu oublies un point extrêmement important, et pour ne pas dire crucial à mon sens. C'est valable pour moi mais Durga le dit aussi : ce n'est pas une question de refuser de faire évoluer, ce n'est même pas une question de principe, c'est une question de limite.
Les êtres humains ont des limites et ces limites doivent être respectées, sinon on leur fait du mal. Nous n'avons pas tous les mêmes, nous pouvons parfois les changer, les déplacer, mais si elles sont là, elles sont là, et il n'y a pas grand chose à y faire, à part se faire violence. Et puis si on juge ici violent qu'un poly se soumette à un mono en renonçant à ce qui le rend heureux, en quoi l'inverse est-il plus acceptable ?
Pour ma part, le simple fait qu'il aime, juste aime quelqu'un d'autre maltraite déjà ma limite, mais j'ai voulu essayer, et comprendre. Le fait qu'il couche avec accentue le mal-être, le fait qu'il l'embrasse et encore pire, le fait qu'il lui dise "je t'aime" a crée en moi de si profondes blessures que je sais que je mettrais des années à les panser. Le fait que ça dure est mon extrême limite. Oui, il reste l'amour. J'ai envie de dire "et alors ?". Il y a un degré de chagrin et de violence que l'amour même ne compense pas. C'est comme ces mecs qui tapent sur leurs femmes quand ils sont bourrés et après s'excusent et disent qu'ils sont désolés et jurent qu'ils les aiment. Sans doute que tout est vrai, mais un jour il faut exiger le changement ou partir, pour sa survie.

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Leolu

le lundi 13 janvier 2014 à 15h20

Oui, les limites...
C'est le temps et les expériences (les échecs) qui les font évoluer, plus ou moins vite. Et elles sont d'ailleurs différentes dans les deux composantes du couple (et leur évolution chez chacun peut être différente au cours du temps).

L'une comme l'autre vous êtes retrouvées à devoir les défendre, sans avoir bénéficié du besoin impérieux de les dépasser par vous-même. Cela aurait même tendance à les rendre encore plus rigides. Pourtant, vous avez accepté des évolutions et c'est le trop-plein qui devient inacceptable.

Ces limites sont donc fondées sur des principes.
Or, ces principes sont plus acceptables lorsque appréhendés dès le départ (Durga le disait bien...). Car après, ne restent que des limites plus ou moins élastiques.
De mon côté, je faisais juste remarquer que c'est lorsqu'on a déjà connu des déchirures (comme une rupture), puis connu des difficultés, que PLUS TARD, on prend conscience d'une évolution possible...
Et on donc aura beau se faire expliquer ce cheminement possible, on aura beau admettre que cette évolution puisse exister, rien ne nous fera changer d'avis la première fois où on y est confronté. Parce que "principes", parce que "limites".

Je remarque au passage que des limites existent même dans le polyamour. Et elles sont multiples et renégociées à de multiple reprises... Donc elles sont importantes.

Je regrettais les séparation alors qu'il y avait encore amour et tendresse... mais se pose aussi la question de l'amour en lui-même :
- aime-t-on quelqu'un uniquement par ce qu'il est, ce qu'on a vécu avec lui ?
- peut-on continuer à aimer après UN acte insupportable ?
- et si cela ne met pas fin à l'amour, quelle est alors la "limite" ? ;)
- y aurait-il deux composantes à l'amour : ce qu'on est, et ce qu'on fait ? On peut continuer d'être adorable mais avoir failli à une ou plusieurs reprise ?

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aviatha

le lundi 13 janvier 2014 à 17h47

Je ne sais pas pour Durga, pour ma part j'ai eu surtout à en prendre plein la tronche pour n'en tirer aucun avantage, et je crois que tout le monde se braque un peu en cas d'agression. "Accepté" me semble un terme bien idyllique. J'ai accepté son évolution, comme j'ai dû accepter ma maladie, comme j'ai dû accepté un jour d'être clouée dans un fauteuil roulant, comme j'ai dû accepter de souffrir pendant la rééducation, comme j'ai dû accepter la mort des gens qui m'étaient chers. Ça s'appelle "être mis de force au pied du mur", et si j'"accepte" cela des aléas de la vie, je ne tolère pas ça de la part des gens, surtout quand ils prétendent m'aimer.

Non, ces limites sont fondées sur du ressenti. Je suis avec quelqu'un pour être heureuse. Quand ses actes, ses paroles, ses envies ne génèrent que du chagrin en moi, attaquent ce que j'aime et qui est nécessaire à mon bonheur, ce n'est pas une question de vouloir évoluer ou pas, c'est une question de renoncement "est-ce que pour être avec elle/lui, je suis prêt(e) à renoncer à ce que je veux et à me perdre ?" et pour moi la réponse est non. Et c'est tellement flagrant que ce n'est que depuis que je lui ai posé un ultimatum que j'arrive de nouveau à affronter mon regard dans la glace. Je me retrouve, enfin.

Et je l'ai dit, si jamais j'avais su qu'il était comme ça, je ne l'aurais pas suivi. Je me connais bien, il y a des choses dont je suis incapable, et supporter cela plus longtemps en est une. Au point que je commence à me dire que je regrette de lui avoir un jour accordé ma confiance. Je suis en train de le payer bien trop cher, même au regard de nos années de bonheur.

Bien sûr que les limites sont importantes, et tu parles d'un acte insupportable, de ce qu'on est et de ce qu'on fait, et je ne pense pas que ce soit aussi tranché que ça. Chacun, nous avons des choses que nous pouvons supporter, qui pour d'autres seraient insoutenables, et des que nous ne pouvons tolérer, alors que pour d'autres c'est facile, et même désirable. Et ça n'est pas forcément cohérent avec nos principes ni même logique. S'occuper jusqu'au bout d'un conjoint gravement malade, lourdement handicapé, et regarder la mort en face à chaque fois et rester ? Oui, dur mais oui, je l'ai fait pendant des années. Rester malgré la violence, le danger physique, de soi même et sans contrainte, en sachant que désormais cette foutue cicatrice à l'arcade ne partira jamais ? Aussi, ce n'était peut-être pas la bonne façon, ou pas une bonne idée, mais ça je le peux. Continuer une relation alors qu'il en aime une autre ? Non, ça c'est au-dessus de mes forces, j'ai essayé, je ne peux pas. C'est tout.

Peut-on aimer après un acte insupportable ? Oui, si cet acte est reconnu comme un faux pas, et le prolongement de l'amour comme une deuxième chance. Parce que tout le monde a le droit à un faux pas, et par conséquent à une deuxième chance. C'est ce que je lui propose, sans doute, quelque part. Juste tourner la page. S'il refuse ou considère qu'il est dans son droit, ou conforme à lui même (ce qui est possible et il en a le droit absolu), alors oui, cet acte le banni de mon amour. Et je sais déjà que ma colère sera assez forte pour me protéger du chagrin.

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