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Deux partenaires, chacun pensant que l'autre est mauvais pour moi.

Jalousie
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Marie-Georges

le dimanche 05 janvier 2014 à 11h45

Hello,

j'arrive au terme de 2 ans de PA avec deux hommes adorables et très différents. Ce qui m'a frappé durant ces 2 ans, c'est que l'opinion de l'un envers l'autre était mauvaise et qu'ils tentaient chacun de le "cacher-montrer", en mode "je ne veux pas te dire du mal... Mais je trouve ça bizarre/nul (ce qu'il a dit ou fait), en tout cas tu verras, prends soin de toi etc."

Je me demande juste si c'est absolument fréquent et normal pour vous (tout le monde ne peut pas aimer tout le monde, après tout ils ne m'ont jamais non plus fait de discours contre l'autre mais se sont contentés de manifester une désapprobation assez régulièrement envers les faits ou paroles de l'autre) ou bien si c'était dû à moi (je ne racontais pas grand-chose de l'un à l'autre mais ça pouvait arriver, peut-être était-ce encore trop ?) qui ne cloisonnait pas assez (j'ai du mal avec le compartimentage) ou qui prenait trop en compte les avis des uns et des autres (ça m'intéresse toujours quoi).

Moi, je n'étais en général pas d'accord et je trouvais que la méconnaissance l'un de l'autre engendrait beaucoup de visions fantasmées de manipulation sur ma pauvre personne innocente, on va dire :) . Est-ce un travers courant, de penser que sa partenaire est manipulée par ses autres amoureux?

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LuLutine

le dimanche 05 janvier 2014 à 18h25

Marie-Georges
Est-ce un travers courant, de penser que sa partenaire est manipulée par ses autres amoureux ?

Je me pose une question : est-ce que ce n'est pas parfois lié à la jalousie ?
(On est jaloux de l'autre partenaire, alors on essaie de se persuader - pas forcément consciemment - qu'il "ne mérite pas" cette relation, qu'il "n'est pas bon" pour l'autre...et on en est tellement persuadé qu'on en fait part à l'autre, aussi.)

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(compte clôturé)

le dimanche 05 janvier 2014 à 18h42

Les relations, quelles qu'en soit la nature ont tendance à se comparer : jalousie, rivalité (comparaison). Ils ont aussi tous tendance à vouloir me protéger et de cela je ne peux leur en vouloir... J'ai tendance à être d'une nature hyper inquiète et donc très protectrice. Tenir compte des avis d'autrui ne signifie pas faire ce que l'autre désire et ne pas tenir compte de soi.

J'ai récemment fait l'expérience de devoir "calmer les esprits" à cause de la jalousie et c'est fort désagréable à vivre. L'on voudrait rassurer les deux sauf que l'on ne peut être à deux endroits à la fois et que malheureusement dans ce cas il faut "faire un choix" de la personne à calmer avant de s'expliquer avec l'autre. Se sentir prise en étau ainsi est quelque chose de très négatif à vivre mais la fuite ponctuelle (afin de se poser par rapport à la situation) n'aurait fait qu’exacerber les esprits encore plus. Se dire que quelqu'un souffre à cause de moi m'est difficile à supporter alors plusieurs personnes simultanément... d'autant que personne n'était responsable de rien, juste une situation mal vécu sur le moment.

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Siestacorta

le dimanche 05 janvier 2014 à 19h08

Il peut y avoir aussi une question de "postures".
Une façon de se valoriser, c'est pas seulement dire que le tiers est mauvais, mais aussi de se poser en "sauveteur", dans le triangle dramatique où ya une victime, un bourreau, un sauveteur. Si on désigne un bourreau (réel ou projeté), on désigne aussi une victime, consciente ou non, et on se donne un beau rôle de sauveteur.
Il peut y avoir plusieurs façons d'arriver à cette situation, de s'y mettre soi-même, parce que c'est facile de faire le lien entre "quelque chose ne va pas bien" / il y a une victime.

La personne qui se met en sauveteur veut faire un truc bien, mais en plus d'apporter une aide, elle donne un rôle à l'autre.
La personne qui parle d'une peine a raison d'exposer sa situation, mais si elle ne détemine pas elle-même le rôle qu'elle va prendre et celui de l'autre, elle risque de se bloquer dans le rôle de victime. Aussi parce que se mettre dans cette position, c'est donner à quelqu'un l'occasion de nous montrer son attention, en nous plaignant, en nous sountenant. En soi, c'est pas mal de vouloir bénéficier de l'empathie de l'autre ; la difficulté, c'est comment faire pour être accompagné, pour ne pas se faire ou se laisser porter.

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Mimimi (invité)

le dimanche 05 janvier 2014 à 19h09

Je pense que parfois c'est aussi juste de l'objectivité, n'étant pas pris dans la relation étant extérieur non perturbé par les hormones qui font des papillons dans le ventre et comme tout les défauts du partenaire (du moins au début) ben le partenaire est parfois plus objectif et peut, peut-être avoir un ressenti négatif sur une personne. Bon par contre (et par expérience) l'exprimer ne sers pas à grand chose, et peux finalement faire plus de mal que de bien. Mieux vaut faire confiance à sa ou son compagnon, et se dire que le temps fera son affaire!

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(compte clôturé)

le dimanche 05 janvier 2014 à 19h38

Exprimer un mal être peut avoir son importance. Le tout étant dans la manière de l'exprimer et dans le recul dont tu parles avant de l'exprimer.

Oui, mieux vaut faire confiance et que le temps fasse son affaire. Pour cela, il ne faut pas céder à l'impulsion du moment car c'est là qu'il y a "danger".

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Marie-Georges

le lundi 06 janvier 2014 à 20h01

Je trouve que vous avez fourni un beau panel de situations intéressantes et diversifiées, merci. (+)

Je suppose qu'au cours d'une relation, les quelques remarques sur l'autre peuvent émaner tour à tour de chacune de ces postures. J'en ai le vertige...

Je lutte parfois contre une attirance - occasionnelle mais spontanée - pour l'angle "victime". C'est tellement bien de se faire sauver, même si c'est pas vrai ! :-/

Je me suis souvent dit qu'ils ne se connaissaient pas, étaient radicalement différents dans leur façon d'être et donc avaient du mal à se comprendre. Et que c'était pas grave. Mais quand chacun se met à sous-entendre - même avec retenue - que l'autre me manipule, c'est un peu déstabilisant.

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(compte clôturé)

le lundi 06 janvier 2014 à 20h17

A part si l'on est déficient mentalement (certains appelés ainsi sont plus intelligent et plus dans l'affectif spontané que la plupart des "normaux", mais bon,) chacun a sa propre capacité de réflexion et d'appréciation. Avoir un avis ne signifie pas être en accord avec celui-ci.

Il existe des livres sur la manipulation et très peu de personnes sont des manipulateurs "volontaires" car c'est quelque chose d'extrêmement complexe. Il y a une différence entre manipuler et tirer profit d'une situation préexistante. Qui n'a pas un jour tenté de manipuler (avec plus ou moins de réussite). Qui n'a jamais menti pour se tirer d'une situation délicate ? Qui n'a jamais été dans le non-dit pour ne pas créer une situation délicate ? Qui n'a pas accentuer les défauts de quelqu'un d'autre pour le dévaloriser, ou sous estimer les qualités également ? Nous avons tous été amené à "manipuler" et le simple fait de ne pas toujours regarder la vie en face, c'est déjà se manipuler soi-même, se mentir à soi-même...

Evidemment, il y a des seuils dans la manipulation et aussi l'intention ou non volontaire de manipuler qui a toute son importance. Concrètement, nous sommes au quotidien "manipuler" alors oui c'est facile de dire que l'autre manipule, sans reconnaitre que l'on est soi-même un manipulateur de la même espèce... au moins.

Je recommande ici : "Le décodeur de la manipulation" (comprendre les ficelles de la manipulation) de Yves-Alexandre Thalmann.

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LuLutine

le lundi 06 janvier 2014 à 23h49

gcd68
Il existe des livres sur la manipulation et très peu de personnes sont des manipulateurs "volontaires" [...] Nous avons tous été amené à "manipuler" [...] Evidemment, il y a des seuils dans la manipulation et aussi l'intention ou non volontaire de manipuler qui a toute son importance. Concrètement, nous sommes au quotidien "manipuler" alors oui c'est facile de dire que l'autre manipule, sans reconnaitre que l'on est soi-même un manipulateur de la même espèce... au moins.

Oui, il y a des degrés dans la "manipulation".
Pour ma part j'ai lu "Les manipulateurs sont parmi nous" d'Isabelle Nazare-Aga, et de la même auteure, "Les manipulateurs et l'amour" (que j'ai trouvé un peu bâclé par rapport au premier, mais intéressant).

Elle a en gros le même discours que toi : quand on lit les caractéristiques du manipulateur relationnel, on se reconnaît tous dans au moins une ou deux (voire un peu plus...).

Mais ce qui fait un "vrai" manipulateur, c'est la présence régulière d'au moins 14 des 30 caractéristiques (d'après l'auteure du moins, pour ma part je ne suis pas experte !) et le sentiment de malaise/mal-être quasi-permanent que le manipulateur génère (parfois sans qu'on le réalise tout de suite, ce qui rend l'identification d'autant plus difficile - surtout pour des personnes qui auraient par exemple été élevées par un/des manipulateur(s), car pour eux c'est l'état "normal" des relations depuis leur naissance, d'ailleurs certains deviennent manipulateurs à leur tour !).

Quelqu'un avec qui on se sent bien mais qui, par exemple essaie de nous convaincre qu'untel est "mauvais" pour nous, n'est pas forcément un manipulateur.
C'est peut-être juste quelqu'un qui s'inquiète sincèrement pour nous et qui a sa vision (potentiellement faussée) du "untel" en question...

A nous d'agir en fonction de nos ressentis et convictions, de ce qui nous convient, sans se fonder sur une influence extérieure (même de quelqu'un qui nous aime et qu'on aime !).

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(compte clôturé)

le mardi 07 janvier 2014 à 11h23

Je rejoins Lulutine qui a encore plus étudier le sujet que moi (+) :-D

Nous avons tous un jour "manipulé" et parfois volontairement. Cela ne fait pas de nous des manipulateur en puissance. Les manipulateurs en font leur principal centre d'intérêt, il vivent tellement dedans que cela devient chronique chez eux et oui, en général, ils jouent avec le mal être et les faiblesses d'autrui.

Je plussoie donc la dernière phrase du post de Lulutine : ne pas se laisser influencer et essayer d'avoir un regard extérieur, prendre du recul, par rapport à ce que dit l'autre. Prendre le temps de réfléchir posément en tenant compte de son ressenti mais parfois aussi dans certains cas en faisant abstraction de celui-ci car notre propre ressenti peut parfois effectivement nous aveugler.

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Green-Man-Outside

le mercredi 08 janvier 2014 à 03h53

Deux choses (très sérieuses pour le coup) :

1/ Sur ce que dit Siesta du triangle de Karpman, je n'ai rien à redire mais un détail - significatif - à rajouter : dans le triangle/ le jeu (au sens de l'AT) les rôles changent extrêmement rapidement. Les positions ne sont pas fixes.

Peut-être es-tu "attirée" comme tu le dis par le rôle de victime, mais pour un partenaire esseulé, tu peux avoir un rôle de persécutrice (quand tu vas avec son "concurrent"). Et de sauveuse quand tu vas le réconforter. De même que celui qui dit du mal de l'autre peut se positionner en sauveur mais être de fait un persécuteur du partenaire dont il prétend te sauver. Gardez-ça en tête.

Les jeux impliquent des transactions cachées et des retournements de situation (assez typiques de certaines embrouilles amoureuses d'ailleurs).

2/ Pour les références à la manipulation faites par plusieurs d'entre vous, je suis content de voir que vous vous exprimez avec modération. (+)
Le thème des "manipulateurs" est un truc à la mode, comme l'idée de "pervers narcissique" que je vois envahir les librairies, les blogs et youtube depuis plusieurs années, et ça m'exaspère profondément.

Qualifier quelqu'un de manipulateur au sens d'état et non au sens de comportement sous-entend une "essence" de manipulateur. Malheureusement, la proportion de gens biologiquement dénués d'empathie au sens de "psychopathe, sociopathe, pervers narcissique" ou autre synonyme de "manipulateur (sadique) dépourvu d'empathie" est très faible (genre 1% de la population, un truc du genre).

Cette mode insupportable du "manipulateur" ou du "pervers narcissique" est la version psychologique de la reductio ad hitlerum qui sert régulièrement à éviter une discussion intelligente dans les débats d'idées. Quelqu'un vous fait du mal, vous manipule (pensez-vous) et il devient un "manipulateur" congénital. C'est le nouveau mot à la mode pour dire qu'on a mal à son ex.

Il est important de distinguer motivation et comportement, de vous rappeler (si ça vous botte) que "être" et "agir" sont deux choses très différentes et qu'il y a 108 raisons de "manipuler" autrui à un instant T ou de ne pas avoir (toujours à un instant T) accès à l'altérité.

Si tous les gens qui s'adonnent à la manipulation étaient des "personnalités manipulatrices" le Père Lachaise serait le Valhalla et moi Steve Jobs. C'est comme les jeux en AT : on joue tous, simplement pas avec le même degré de gravité selon le moment. ;-)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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