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Un fantasme trop excluant ?

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bodhicitta

le mercredi 18 décembre 2013 à 16h30

Siestacorta
En espagnol, on dit "insimismarse", s'ensoimêmiser.
C'est à la fois un comportement reposant, et aussi une fuite. Je fais ça parce que je ne suis pas à mon aise, mais pas assez pour pas rester là.

Donc on peut aussi dire que ce n'est que un comportement reposant, "fuite" a une conotation négative, si on remplace "un comportement reposant, et aussi // une fuite" (vers soit) // aller à (soit) // mouvement vers (soit)> ça laisse en nous un autre effet produit par ce comportement...
Et comportement, qui je pense est, plus que reposant, indispensable

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Siestacorta

le mercredi 18 décembre 2013 à 16h46

vi mais bon, si cette fuite ne me faisait que du bien, et que je savais comment ne pas la prendre, et que j'avais plein de facilité à en revenir, j'en parlerais pas comme ça !

Mais sinon, oui, je sais très bien ce que j'y trouve de positif, et j'ai très l'habitude de valoriser mes tendances solitaires.
Je cite souvent mon philosophe méconnu, Palante :
"La sensibilité individualiste peut se définir négativement. Elle est le contraire de la sensibilité sociable. Elle est une volonté d'isolement et presque de misanthropie."
(...)
"La sensibilité individualiste suppose un vif besoin d'indépendance, de sincérité avec soi et avec autrui qui n'est qu'une forme de l'indépendance d'esprit ; un besoin de discrétion et de délicatesse qui procède d'un vif sentiment de la barrière qui sépare les moi, qui les rend incommunicables et intangibles"

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JulienPoly

le samedi 21 décembre 2013 à 03h21

Siestacorta
Ouais. On fait ça comment, en fait ? Parce si elle-même utilise pas cette corde sensible spontanément, essayer de la tendre, c'est un peu par la manipulation, non ?

Selon les jours, ça me paraît soit un peu compliqué, soit pas éthique, soit pas tout à fait ce que j'aimerais...

Est-ce que c'est pas plus simplement une démarche de séduction?

Si c'était de vraiment de la manipulation ou du dark pattern ça serait forcer les choses donc je comprends que ça ne soit pas tout à fait ce que tu aimerais. Ce serait de la "séduction non éthique" donc bof...

Mais il doit bien y avoir une manière éthique de la faire vibrer cette corde sensible, non?

Wikipédia
La séduction désigne, en science sociale, un procédé visant à susciter délibérément une admiration, attirance, voire l'amour d'un ou de plusieurs individus. Le mot est dérivé du latin seducere, signifiant littéralement « tirer à l'écart », et possède des connotations positives et négatives.

On parle bien de suciter délibérément une certaine forme d'amour (haine?), la forme où l'autre va prendre un malin plaisir à "t'humilier en position de face sitting" (ça pourrait être n'importe quelle autre manière, donc on peut remplacer ici par nimporte quelle expression amoureuse/sensuelle/affective/sensuelle...).

C'est un peu BDSM comme pratique, donc on est un peu dans le côté obscur de la sensualité. Mais à partir du moment où vous êtes tous les deux au courant de ce que vous faites, notament en communiquant sur ce sujet et en ayant le consentement de la personne en question de lui faire intensionellement vibrer cette corde sensible de manière plus ou moins séductrice si tu es doué ave cette personne, ou manipulatrice si tu es moins doué avec elle.

Peut-être que cette personne n'aurait par défaut aucune idée ou envie de pratiquer la chose, comme le dit Lulutine qui n'a vu que ton "côté bisounours", et pas du tout ton "côté obscur". Mais peut-être qu'en discutant elle pourrait être curieuse et te donner son consentement pour chercher sa corde sensible pour finalement découvrir une sensualité qu'elle ne connaissait pas et qu'elle aprécierait. Elle pourrait peut-être même te donner des pistes sur comment faire vibrer cette corde sensible, ou bien à quels moments et états émotionels elle serait plus dans ce fantasme. Peut-être même qu'il y a déjà des moments dans vos interactions où elle a des désirs très proches sans que tu le saches. Peut-être que certaines interactions habituellement nocives pour votre relations peuvent être utilisés pour faire vibrer cette corde et en jouer donc transformer ce nocif en positif.

Donc comment faire? En discutant, en observant et en jouant. Après concrètement il y a autant de manière de le faire que de personnes, car chaque personne est unique.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Siestacorta

le samedi 21 décembre 2013 à 10h30

JulienPoly
Elle pourrait peut-être même te donner des pistes sur comment faire vibrer cette corde sensible, ou bien à quels moments et états émotionels elle serait plus dans ce fantasme. Peut-être même qu'il y a déjà des moments dans vos interactions où elle a des désirs très proches sans que tu le saches.

Hm.
J'ai pas encore trouvé ma pierre de rosette pour m'orienter entre mes affects et ceux des autres en la matière ; mais ce qui est vrai, c'est que jusqu'ici, j'ai plus demandé si l'autre appréciait ce cadre de lui-même plutôt que comment il pouvait en arriver à désirer le power exchange à travers des élements de notre relation.
Je verrai, si rencontre il y a.

Cela dit, faut déjà vraiment avoir installé une bonne communication, parce qu'à donner un sens érotique à des moments négatifs, comme tu le fais de ton côté je crois, il y aurait, par rapport à ma façon d'aimer, un risque de "tropisme" du D/s par rapport au reste des affects.
Je veux bien mettre ce bout-là dans le moteur, pas construire complètement la machine autour de lui.
Mais, oui, tu as raison, donner cette alternative ludique, cette échappatoire est enrichissant.

Menfin, ça résout qu'un côté du problème : le FS est une pratique particulière, quand bien même quelqu'un aurait envie du rapport de force inversé et érotisé, je crains que ce soit plus à travers d'autres pratiques qui m'intéressent que très secondairement.

J'ai lu quelque part que le dominé est dans un plaisir extatique, tandis que le dominant est plus dans la jouissance. Ca me parle, mais va falloir penser la jouissance de la dominante en désapprenant ce qu'on connait de la domination "quotidienne". On se dit qu'évidemment, c'est mieux d'avoir le pouvoir, mais comme c'est placé dans tout un réseau moral et pratique (mérite, argent, hiérarchies) on le pense moins en émotions et en érotisme.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Raphaelle

le lundi 23 décembre 2013 à 16h17

Cette discussion ne te déprécie en aucune manière à mes yeux :-).

En la relisant, je crois qu'une question importante n'a pas été soulevée. Tu as écrit à la fin de ton premier message que tu t'inscris dans une dynamique de souplesse relationnelle rendue possible par le polyamour. Ok, passons donc de ton fantasme à ses potentialités de traductions dans le cadre de relations multiples. Tu écris que la frustration liée à la non réalisation de ton fantasme est difficile à vivre. Ton fantasme doit-il nécessairement s'exprimer dans toutes tes relations ? Autrement dit, serait-ce frustrant de vivre certaines relations sans ce fantasme à partir du moment où tu le vivrais dans d'autres relations ? Si la réponse est oui, alors le FS devient une contrainte relationnelle uniquement dans un cadre mono.

Le pouvoir est-il vraiment détenu par la dominante puisqu'elle répond à une demande du dominé ? Elle ne le détient que sur un plan esthétique/symbolique, avec ton autorisation.

La question de la réification, déjà complexe, peut être complexifiée. Elle peut fonctionner dans les deux sens. Une réciprocité dans la dynamique objectale du FS serait peut-être une manière de mettre à distance ta réserve éthique concernant la réification, ce que tu as d'ailleurs mentionné dans ton premier message. La jouissance de la dominante dépendrait alors uniquement d'elle-même, de la construction de son fantasme.
Si ta partenaire prend du plaisir au FS, est-ce vraiment important pour toi qu'elle prenne du plaisir pour une raison plutôt qu'une autre ? Vouloir que l'autre éprouve tel plaisir, que dans tous les cas tu ne peux qu'imaginer d'une manière plus ou moins déformé, je le perçois comme une volonté de contrôle qui te complique un peu plus les choses. Je comprends bien la dynamique empathique qui fait que tu fuis une performance asexuelle mais un peu plus de lâcher prise sur la spécificité du plaisir de ta partenaire serait-il envisageable ?

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Siestacorta

le mardi 31 décembre 2013 à 03h43

- dans toutes les relations : non.
J'ai orienté la conversation en précisant un peu, c'est en partie pour éviter qu'on me réponde "rho, c'est tout facile, tout le monde aime bien jouer avec des menottes et se cacher les yeux". Etre un minimum précis, ça me permet de dire que ce qui bloque dans la question, c'est pas parce que je suis un enfant de coeur qui n'oserait pas appeler les poils pubiens par leur nom.
C'est pas la position elle-même qui est indispensable, c'est la sensibilité liée au power-exchange qui est assez grande. En gros, même en dehors d'un cadre D/s formalisé, j'aime plus en m'abandonnant qu'en conquérant, et même si j'éprouve des désirs et plaisirs plus classiques d’hétéro-norme, je sais que je me sens pas vraiment à l'aise ni avec une cérébralité de soumission féminine traditionnelle (vu que c'est à peu près ce qui m'intéresse moi) ni avec un érotisme "brut" paillard ("tout est sexy quand on est tout nu" et rigolades).
Bref, je suis chiant, je sais, mais j'assume, et même si ça a l'air un peu limitatif ça va, ma sexualité s'est pas trop mal passée jusqu'ici, et je base pas mon expérience sur des individues isolées.
Bref : si dans une partie de ma vie amoureuse, il y avait beaucoup de satisfaction sur cet érotisme là, probablement que ça rendrait ces attentes moins prioritaires pour les autres, mais il en resterait de toute façon quelque chose. Ca reste filtrant. Après, peut-être qu'après des années à atteindre régulièrement le nirvana en mode soumis, j'aurais ma dose, mais je crois pas...

- le fait que le pouvoir du dominé est l'inverse du pouvoir symbolique, c'est vrai... je suis pas sûr que le mot "catharsis" correspond exactement, mais ma façon de voir les rapports de force, de les esquiver et de les dépasser le plus possible dans ma vie courante est tout aussi l'inverse de ce que représente le D/s. Et si j'étais sportif, je suis sûr que je comprendrais qu'un adversaire nettement supérieur à moi pourrait quand même avoir envie d'avoir des relations humaines très riches avec moi une fois sorti d'un ring.

- oui il y a un besoin de contrôle, sans doute une radicalisation du fantasme qui, une fois vécu comme j'en ai eu l'occasion à certains moments, s'adapte aux relations et aux gestes d'un partenaire concret, sans que ça empêche le plaisir.
Mais j'espère moins que la partenaire ait un plaisir précis qu'elle en ait un qui soit ancré dans son propre érotisme tout en pouvant dialoguer avec le mien : qu'elle y ait son rôle, pas juste une réplique à mon discours.
Donc, oui, je sais plus où je l'ai dit, mais s'il y a réification mutuelle, même si elle n'est pas symétrique, ça marche.
Mais je crois que même comme ça, c'est pas gagné : je crains que dans la vie érotique, l'objet femme dominante se conçoit beaucoup plus courramment et facilement que l'objet homme dominé.
Sans doute parce que la femme objet de désir est déjà plus ancrée culturellement que l'homme objet de désir. Menfin même parmi les filles libérées et décomplexées des rapports de genre, j'ai peu vu la réification assumée et poussée assez loin pour que je perçoive mon érotisme D/s comme un truc qui ne rencontre pas plus de difficultés émotionnelles qu'autre chose.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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