Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

"Tu finiras seule, sans enfant, avec un boulot nul, dans ton appartement en location". Eloge de l'espoir par mes amis monogames heureux...

Bases
#
Profil

Notomys

le mardi 15 octobre 2013 à 22h28

Bonsoir et d'avance un immense merci à tous ceux qui auront la gentillesse de me lire en intégralité.
Je crains d'être passablement ennuyeuse, mais je viens chercher ici ni plus ni moins qu'une aide et un réconfort.
Une authenticité aussi.
J'ai longtemps hésité à m'inscrire ici et encore davantage à oser écrire ce qui va suivre pour avoir des avis et points de vue, peut-être divergents de ceux que j'entends tout autour de moi. Car en réalité aujourd'hui, je n'ai plus personne à qui confier ceci et je suis perdue. Je mens en permanence et cela devient de plus en plus lourd.

Je connais un homme depuis 9 ans.
Cet homme a depuis le début de notre échange fixé le fait qu'il avait des relations multiples, qu'il les considérait chacune comme rares, précieuses, uniques, sans hiérarchie et incomparables. Il a en outre été très clair quant au fait qu'il ne voulait pas d'enfant pour des raisons éthiques, et pas de cohabitation non plus, préférant que chacun vive chez soi de sorte à ne se voir que lorsque chacun en aurait envie et pas parce qu'il y aurait de la contrainte.
Lorsque je l'ai rencontré, je débarquais de ma campagne sur Paris, j'avais 25 ans et beaucoup d'illusions normée. Il a alors freiné quant à notre relation, bien que l'attirance soit réelle et réciproque, de sorte à ne pas me faire souffrir. Pendant plusieurs années, il a eu ses relations avec néanmoins beaucoup de discrétion, et moi les miennes-monogames- et sans aucune discrétion...J'estimais être dans le vrai et que lui était déviant. Il ne m'en a jamais fait le reproche, à l'inverse, il a toujours été là pour me consoler de mes souffrances et peines de coeur, sans aucune jalousie ni possessivité, ce que j'ai longtemps pris pour de l'indifférence. Pour expliciter les choses, dès que j'étais célibataire, nous dormions ensemble, nous nous tenions la main, nous écoutions de la musique, et tant d'autres choses mais pragmatiquement, nous ne faisions pas l'amour et nous ne nous embrassions pas. Avec les années, cela s'est avéré de plus en plus difficile cependant, si bien qu'au bout de 3 ans, nous avons finalement été plus loin, ce qui a évidemment intensifié la relation mais aussi provoqué chez moi beaucoup de souffrance comme lui n'a pas changé son mode de vie. Je suis tombée encore plus amoureuse de lui, d'une façon pour le coup unique et extrêmement forte. Ironie du sort me suis-je dis non sans peine...

A bout de souffle, j'ai donc finalement décidé de le quitter au bout de quelques mois et j'ai rencontré un autre homme. Alors j'ai emménagé avec lui et un an plus tard, je me suis mariée. J'ai dès le jour de cette rencontre totalement éjecté de ma vie cet homme qui avait été là pour moi depuis des années, que j'aimais et qui m'aimait. Mais tout le monde me disait qu'il me manipulait, qu'il ne m'aimait pas, que c'était un malade mental, que je "n'obtiendrais" jamais rien, que je ne "construirais" rien. J'ai donc choisi l'autre, celui qui proposait de construire, d'avoir des enfants, une vie à laquelle j'avais tant aspiré.

Pendant les 3 ans où j'ai été mariée, je ne n'ai pas revu mon compagnon de route, et je lui ai écrit 3 fois. Lui m'avait en outre dit clairement qu'à partir du moment où j'avais décidé d'être exclusive avec un autre, que j'avais "contractualisé" en me mariant, il ne souhaitait plus me voir de façon artificiellement amputée. Il disait que nous avions toujours envie de vivre notre relation mais que par contrainte sociale, je bridais ce qui était vrai. Et que lui ne voulait pas d'une relation fausse avec moi. Qu'il préférait rien que mal.
J'ai tenu bon et je suis restée fidèle à mes idéaux et mon mari.
Pendant 3 ans pourtant, il n'u eut presque pas un jour où je n'ai pas pensé à lui. Pourtant j'aimais mon mari. Cette situation me rendait malade de culpabilité. J'en rêvais la nuit et pleurait dans ma douche le matin. J'en ai parlé à quelques rares amies et à ma maman. Toutes m'ont dit la même chose: "tu as bien fait. Et tu oublieras. Il n'était pas bon pour toi".
J'ai fait de mon mieux pour croire.
Au bout de 3 ans, mon mariage a tourné court. Mon mari était peu à peu devenu extrêmement autoritaire, et malheureusement violent. Ironie du sort, j'avais quitté l'absolue liberté pour la pure prison dorée. La contrainte et la misère affective me rongeaient. J'avais perdu toute estime de moi et il ne demeurait qu'une jolie façade totalement factice. Tout le monde autour de moi adorait cette façade et ne cessait de me renvoyer une image de réussite. Mais au fond, terrible vérité, je savais à quel point tout cela était faux et misérable.

Alors au bout du rouleau, avec des idées noires, me voyant piégée, j'ai finalement demandé à cet homme de le revoir.
Je voulais lui dire au revoir. Je ne voyais plus aucune issue à ma vie. Etrangement, cette fois, il a eu comme un pressentiment que c'était important, sans bien savoir pourquoi, mais il a accepté de me revoir, le temps d'un diner.
Quand je l'ai revu alors, au bout de ces trois années, c'était comme si je l'avais quitté la veille. Immédiatement il m'a réinjecté une forme d'espoir en mesurant l'abîme où je me trouvais et c'est en partie grâce à cela, grâce à lui, que j'ai trouvé la force de partir, en 48H à peine, avec presque rien.
Je me suis retrouvée un appartement, je suis repartie de zéro, et cet homme, encore, m'a écouté déverser tout mon chagrin, crier mes vaines désillusions aussi.
Et nous avons repris une relation. Au sortir de mon mariage, je n'aspirais plus qu'à une totale liberté, et aussi beaucoup de solitude. Les premiers temps entre nous ont alors été simples et doux. Il a cru que j'avais changé pour de bon d'état d'esprit et moi aussi.
Mais au bout de quelques mois, alors qu'il m'a annoncé qu'il avait acheté un terrain à l'autre bout du monde et qu'il comptait y faire construire une maison dans laquelle il comptait vivre 6 mois de l'année, j'ai littéralement pété un plomb. En réalité je m'étais leurrée, j'avais peu à peu dans ma tête imaginé que nous étions en couple, lui et moi, bien que je continue à lui faire des crises impossibles au sujet notamment de deux relations qu'il a dans sa vie depuis autant, voire plus longtemps que moi. Il est parti et en fin d'année dernière, je me suis effondrée. Une grosse dépression, avec une suspicion de bipolarité. J'ai commencé à prendre des anti-depresseurs mais pas autre chose. A distance, il m'a quasiment écrit tous les jours, prenant de mes nouvelles. Quand il est revenu 3 mois plus tard, j'ai encore été impossible, l'exhortant à changer, désespérée et malheureuse. Avec beaucoup de douceur il a maintenu sa position et m'a longuement écouté et essayé de me rassurer sur ma jalousie, ma possessivité et mon manque vis à vis de lui.
Finalement, en milieu de cette année, j'ai rencontré un homme. Celui-ci m'a quittée deux fois et est revenu, dans le cadre d'un contrat classique de monogamie, car il ne peut accepter autre chose et moi, j'ai été maladroite pour tenter d'expliquer mon ressenti. Et une nouvelle fois, j'ai pensé que c'était mieux ainsi.
Mais le fait est que lorsque mon ami est revenu, nous nous sommes revus et alors que j'étais, que je suis "en couple", je n'ai pas pu m'empêcher de continuer notre relation, au sens l'aimer à l'identique. Cela me ronge car je vis dans le non dit avec mon partenaire "officiel", et personne ne cautionne le fait potentiel que je "vois encore ce manipulateur alors que mon mec est tellement génial".
Fin de citation. Alors je mens à tout le monde et je dis que mon ami n'est plus qu'un simple ami,mon meilleur ami, pour pouvoir justifier de partir avec lui le temps d'un week-end, ou le voir tout simplement le soir pour diner. Mais évidemment, mon partenaire "me fait confiance" comme il me le dit, et s'il me laisse de la liberté c'est sous entendu pour ne pas "en abuser".
Plus personne dans mon entourage ne veut entendre parler de cet homme poly amoureux. L'antéchrist, l'égoïste, le manipulateur qui ne me respecte pas. C'est là ce qu'on me dit. Pourtant, je suis en souffrance et lui seul le sait et m'accepte comme je suis.
Longtemps j'ai été boulimique, j'ai réussi à arrêter, idem pour la prise de drogue dure, mais la peine demeure. Tout cela, cet homme le sait, et il m'a aidé de son mieux. Il m'a emmené dans les plus grands restaurants que je ne mangeais pas et pesais 41 kilos pour 1m61, il est venu en pleine nuit quand j'étais au bord du gouffre. J'ai eu des crises de nerfs terribles avec lui, car je suis vraie pour le coup, je deviens émotionnellement incontrôlable, je me mets à pleurer, je dis n'importe quoi, de la colère, je suis méchante, je pars en pleine nuit. Il supporte, quand je reviens, honteuse et coupable, il ne me juge pas mais essaye de m'aider à comprendre ce qui me hante.
Il me dit qu'il ne vit pas dans le donnant donnant, que je lui suis précieuse avec mes bons et mes mauvais côtés, qu'il me prend comme je suis, car on ne choisit pas ses affections. Je crois que personne ne pourrait supporter avec autant de calme et d'intelligence mes extrémités.
A nouveau, cet homme est reparti. Du moins, non, il n'est plus disponible jusqu'à la fin du mois. J'ai cherché et j'ai découvert que c'était pour voir une autre femme, qu'il connait depuis des années. Nous avons passé un mois à la colle, avec beaucoup de tendresse, il m'a emmenée en week-end, il est venu passer une semaine chez moi alors qu'il déteste cohabiter, mais le fait de savoir qu'il allait maintenant passer du temps avec cette autre avec qui il va avoir une intimité pour le coup, et ensuite repartir pour un temps indéfini me rend à nouveau totalement malade. Il m'a apaisée, en me disant une nouvelle fois qu'il ne comparait pas les relations, que cette femme ne prenait pas ma place et que s'ils devaient cohabiter durant quelques jours avant son départ à lui c'était car elle habitait à l'étranger, mais il a ajouté que cela était un problème en suspend car il ne voulait pas cohabiter, même pour une courte période, ni avec elle, ni avec personne.
Je me retrouve ainsi, à nouveau seule, sans personne avec qui partager ma peine, car tout le monde me croit folle- ce que je suis sans doute par ailleurs...- et même avec mon compagnon, je ne peux pas partager ma réalité. Je me demande si je suis cinglée de me prendre à rêver d'avoir un homme à mes côtés à qui je pourrais dire cette réalité, cette peine d'en aimer un autre, aussi.
Je me dis que si quelqu'un acceptait cela, alors cette relation serait merveilleuse.
J'aimerais avoir des enfants, avec un autre homme. J'aimerais aussi cohabiter. Mais je me sens aussi condamnée à aimer cet autre homme. Et son absence, dans ma condition actuelle de solitude et de mensonges, est insupportable. Dans le même temps, j'ai des attirances pour des femmes, rares par rapport aux hommes, mais réelles. J'ai envie de concrétiser cela. Je me dis que je ne suis assurément pas câblée correctement et que c'est une sacrée tempête sous ma petite tête.
Avant de me laisser, mon ami m'a dit d'essayer de trouver des gens différents, plus ouverts d'esprit, pour ne pas demeurer seule avec mes questionnements.
C'est la raison de ma présence ici et si quelqu'un a eu le courage d'aller au bout de cet interminable laïus, je lui serai reconnaissante de me donner son avis, peut-être une quelconque aide pour la route, des suggestions, des loupiotes dans la nuit- sauf si comme tout le monde il s'agit de me dire qu'à ce jeu dont j'ai passé l'âge ( j'ai 33 ans, je précise) , je vais finir seule,sans enfant, sans boulot dans mon appartement en location à avoir attendu après un homme malhonnête. :(
J'ai lu, discrètement, les ouvrages de mme Simpère. J'ai lu Onfray et aussi Ethical Slut. Je cherche, maladroitement, mais je cherche.
Sur le papier, cela me semble d'une vraie puissance, mais dans la pratique, à part cet homme, je ne connais personne qui vive ainsi, qui soit polyamoureux comme c'est le terme consacré et soit en outre heureux.

Je crois en avoir dit assez voire beaucoup trop, alors merci encore de votre aide.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Siestacorta

le mardi 15 octobre 2013 à 23h02

Non, t'es pas folle, évidemment.

Ben écoute, si tu le sens, passe à un des cafés poly (voir la rubrique "évènements" en haut à gauche de cette page, ou sur le calendrier de amours.pl ) .
Même si c'est loin de chez toi, faut tenter le coup, t'organiser, parce que l'aspect rassurant de "des gens comme moi", t'en prends une dose massive, et je crois en effet que ça te fera beaucoup de bien. (Je pars du principe que tu n'habites pas vraiment en Afghanistan comme l'indique ton profil, je fais peut-être erreur ?)

Pour ce qui est de rencontrer, essaie okcupid. Site de rencontre, en anglais, mais qui a deux très gros avantages :
- le système pour savoir si il y a des gens qui te correspondent, et donc ayant du poly dans leur pratique, est basé sur des questions. Tu réponds à 150/200, ça rend les stats assez fiables. ET si dans les questions tu as parlé de non-exclusivité, et que tu as Plus de 80 % de correspondance avec un homme, c'est pas un hasard. Il y a pas mal de poly d'ici dessus, justement parce qu'ils cherchent des fonctionnement peu évoqués en france.
- c'est gratuit

Au pire, tu tomberas sur des gens avec qui papoter, ce qui fait aussi du bien !

Ton ami te laisse de la liberté, pour ne pas en abuser...
J'ai tendance à moins aimer les libertés qu'on me "laisse", c'est curieux...
Tu peux pas abuser de liberté tant qu'elle te donne ce que tu attends d'elle, hein. La liberté, ça s'use si on s'en sert pas, pour déformer complètement ce que disait Beaumarchais.

Tu peux abuser de sa confiance, par contre, si tu parles pas de tes aspirations. Tu ne sais pas trop faire autrement, mais, pour ce que j'en sais, ça va pas aider pour la suite avec lui - parce que les mensonges, c'est comme les caniches, ça devient méchant en vieillissant. Avant de rencontrer de nouveaux gens, faudra sans doute préparer le terrain, dire que tu veux bien t'engager, mais selon des termes définis avec toi, pas par la Tradition-toutl'mondefaitça.
Donc, oui, la démarche de venir écrire ici et celle de tenter de rencontrer des gens qui pensent pas comme ton entourage va sans doute te réconforter et te donner de quoi te sentir légitime dans tes attentes.

Va pas plus vite que la musique, hein, si tu tiens à ton officiel, je te conseille d'être claire dans ta démarche : bien que tu aies envie de rencontres, pour l'instant, vaut mieux pas les bombarder sans toi, te sentir "forte".
Une étape possible, c'est de lui dire "je vais aller à un café poly, j'ai besoin d'entendre parler ces gens là, je draguerai pas sur place, tu peux venir pour écouter et voir qu'il s'agit pas d'emballer des inconnus". Et ne plus lire "discrètement" ce qui semble beaucoup t'intéresser.
Tu as peur d'être quittée, ça se comprend, mais quitte à ce que ça passe pas bien, autant ne pas faire du mal avec une situation trop emberlificotée...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Siestacorta

le mardi 15 octobre 2013 à 23h32

Bonus :
- bravo pour la grosse confidence. Beaucoup d'ordre dans les idées, c'est étonnant que tu dises ne pas t'être confiée auparavant, parce qu'on sent des mots très réfléchis.

- ce bout-là,

le poly de Notomys
Lui m'avait en outre dit clairement qu'à partir du moment où j'avais décidé d'être exclusive avec un autre, que j'avais "contractualisé" en me mariant, il ne souhaitait plus me voir de façon artificiellement amputée. Il disait que nous avions toujours envie de vivre notre relation mais que par contrainte sociale, je bridais ce qui était vrai. Et que lui ne voulait pas d'une relation fausse avec moi. Qu'il préférait rien que mal.

ça sonne un peu bizarre, quand même, pour un type que tu décris comme assez capable de dialogue. Qu'il ne sois plus arrivé lui à te voir dans ce cadre, bon, il voulait pas te faire flancher / voulait pas s'amputer lui de sa façon d'être dans votre relation, mais dire que toi n'aurais pas été vraie... ??? Que votre relation soit "artificiellement amputée" par ton mariage et par tes engagements ?
La liberté qu'on s'autorise, celle qu'il pratique pour sa vie à lui, ça n'enlève rien à tes choix d'alors. Et comme il fait partie des gens qui semblent capables de fidélité dans le temps et malgré les changements de vie, il peut aussi essayer de se contraindre à une amitié classique : la poly-souplesse, ça peut marcher dans ce sens là, ça aurait pas été "mal".

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Geraldin-e

le mardi 15 octobre 2013 à 23h37

Bienvenue
tu fais déjà une bonne analyse, avec un certain recul, bravo.

Siestacorta a raison de suggérer de venir discuter à un café. Car assurément les personnes qui disent que cet homme poly est pervers ne t'aident pas du tout !
Dans la galaxie poly, il y a une trait grande diversité et des personnes pourront te comprendre, d'aider par le partage d'expérience.
Car tu n'es ni folle ni mal "cablée" ! :-) C'est tout à fait courant de d'aimer au pluriel, d'avoir aussi envie de cohabiter, d'être aussi attirée par des femmes. Le problème n'est pas là .
Déjà, il est bon de se libérer des regards normalisants pleins de mauvais conseils qui nous pourrissent trop la vie pour rien.
Ensuite, sans doute arriver à accepter que cet ami-amoureux ancien et qui t'as beaucoup aidé n'ait pas pour autant envie de vivre avec toi (ni avec d'autres comme tu dis). Ca c'est plus difficile.
Peut-être qu'il y aurait à réfléchir du côté de tes penchants un peu addictifs, qu'est-ce que ça pourrait signifier, etc.
Peut-être une trop grande dépendance, qui traduirait peut-être un manque de confiance en toi ?, un trop fort besoin de sécurité ?
Bref, il y a sans doute là des questions qui débordent les questions purement amoureuses.

Sans doute qu'en te déculpabilisant par rapport à des amours pluriels et aussi bi, déjà tu y verras plus clair et plus sereinement. Et ensuite, t'acceptant plus comme tu es, même sans psy, tu arriveras à mieux comprendre certaines dépendances, et comment t'en libérer progressivement ?
Bon courage

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

RobotEtourdi

le mercredi 16 octobre 2013 à 00h10

Le premier tuyau qui me vient à l'esprit en te lisant est de rappeler que ton ami n'est pas ton sauveur. Il ne l'est pas plus que ton ex-mari, que ton copain actuel, que ton entourage aux opinions tranchées ou que les membres de ce forum.

Tu es la seule à pouvoir te faire aller durablement mieux. Au fond, tu sais ce que tu souhaites, c'est juste que tu dois prendre en compte les desiderata de ceux qui comptent pour toi et d'ignorer ceux des autres.

Ton entourage crache sur un homme qui compte pour toi ? Tiens-leur tête. Tu voudrais ne plus mentir à ton copain ? Ne le fais plus.

Je sais que ce n'est pas facile, d'autant que je te sens épuisée. Peut-être veux-tu reprendre des forces émotionnelles avant. Tu trouveras certainement ici des gens pour te réconforter, des exemples de vies polyamoureuses réussies, ou des personnes chez qui la philosophie de ton ami fera écho.
Mais surtout, n'oublie pas qu'il n'y a pas que l'amour dans la vie. Les loisirs, les potes, la vie professionnelle... tout ça, ça compte aussi.

Prends le temps de lire les expériences de ce forum, voire d'en rencontrer les membres. Détends un peu ton cœur. Pense à autre chose... car tu devras être sereine quand, bientôt, il sera temps de faire les choix de vie amoureuse qui te rendront heureuse.

#
Profil

atthis.pachamama

le mercredi 16 octobre 2013 à 01h41

RobotEtourdi
Le premier tuyau qui me vient à l'esprit en te lisant est de rappeler que ton ami n'est pas ton sauveur. Il ne l'est pas plus que ton ex-mari, que ton copain actuel, que ton entourage aux opinions tranchées ou que les membres de ce forum.

Je suis bien d'accord avec RobotEtourdi. Quand on est perdu on a tendance à chercher celui, ceux qui vont nous en sortir mais finalement la seule personne qui peut nous aider profondément c'est nous-même.
Notomys, on lis dans ton récit que tu es quelqu'un de vivant, très sensible et avec une grande force (même si tu ne sais pas la contrôler). Tes pulsions, qui te semblent hors normes et partir dans tout les sens, sont à mon sens quelque chose de très positif tout simplement parce que tu les ressents.
Alors que des connaissances te renvoient l'image de quelqu'un qui se perd, tu sais peut-être plus qu'eux ce que tu veux car tu as accès à tes émotions. Tu peux transformer ça en atout, en force.
Je pense que la seule chose qui te manque c'est d'accepter que tu es une bonne personne (et je ne vois rien dans ton récit qui pourrait faire penser le contraire). Tes sentiments sont bons tout simplement parce qu'ils sont les tiens.

Je t'envoie plein de chaudoudoux.

Atthis

#
Profil

atthis.pachamama

le mercredi 16 octobre 2013 à 01h42

Pour répondre au titre : si tu suis ce que tu ressens, tu risques surtout de finir heureuse !

#
Profil

Notomys

le mercredi 16 octobre 2013 à 12h33

Tout d'abord, je tiens à préciser que je suis très étonnée, et c'est pour le mieux, quant au fait d'avoir eu des réponses. En outre, je le suis davantage encore quand je vois la qualité de celles-ci. Merci de vos analyses, tout à fait fines et pertinentes.
Je vais tâcher de prendre sur ma petite et relative angoisse et tenter de venir vous rencontrer un lundi soir prochain. A ce titre, je ne sais trop comment cela se passe...Il s'agit de se retrouver au café à Paris, mais ensuite, comment savoir qui fait partie, si j'ose dire, de la guilde des polyamoureux? Je redoute la situation visant à interpeller une personne avec une accroche du style " bonsoir, vous êtes membre du groupe polyamour?" -" Non pas du tout..." *oeil torve et/ou en biais*...*déglutition de salive*.
Vous me direz que ce ne serait pas bien grave,c'est certain, mais la première prise de contact est un peu déconcertante.

Je viendrais seule le cas échéant, mon "officiel", comme tu le dis Siesta, n'est pas du tout dans cette quête. Tous ses amis sont en couple, avec des enfants, et ils font leur week-end à Center Park. Je n'ai rien contre ce mode de vie, mais je ressens simplement que je suis trop cynique pour être en adéquation avec cela. Et comme le caniche et le mensonge, la contrainte, avec le temps, ça devient aussi méchant et ça mord.
Toujours pour te répondre Siesta, mon ami poly m'a dit que je ne serais pas vraie lors de mon mariage car il savait que je me contraignais à cette exclusivité, mais que ce n'était pas mon choix à moi. En d'autres termes, si demain, je n'avais *réellement*plus envie de partager une intimité avec lui, alors il l'accepterait car il considère que la relation doit être la réunion de deux envies. Mais si les deux envies sont présentes mais que l'une est artificiellement maintenue et contrainte, alors là, il considère que la relation est fausse...Je ne sais pas si cela fait davantage de sens ainsi.
En tous cas, ton site est noté, et j'ai trouvé la version mobile, relativement bien faite. Merci de ce petit conseil.

Geraldine, merci. Ainsi qu'à Atthis pour vos mots réconfortants.
Si ma pensée est relativement structurée c'est que je discute de cela avec mon ami très souvent. Lui me donne son avis, il m'explicite sa façon de vivre, sans être prosélyte car foncièrement, il souhaite surtout que je sois heureuse, idéalement avec lui dans ma vie, mais même si cela ne devait plus être le cas, je crois qu'il tient assez à moi pour espérer ma sérénité avant son plaisir, ou son bonheur à lui avec moi. En outre,j'ai lu des choses sur le sujet. Mon divorce a été un crash massif, une nécessité de revoir mon modèle, à la dure. Depuis, j'oscille et la dissonance cognitive entre mon ressenti chaotique et le discours normatif est terrible.

Enfin Robot étourdi, tu mets le doigt sur un point sans doute pertinent. J'ai longtemps espéré le prince charmant, le sauveur de facto. Mais là aussi, j'ai touché les limites. Mon mari n'était qu'un homme, de surcroit avec ses propres errances, tout comme tout un chacun. Même mon psychiatre ne peut pas m'aider sur tout. Lui considère également mal cette relation que j'entretiens avec mon ami. Il met cela sur une pseudo incapacité à m'engager réellement, avec de pseudo corrélations parentales qui me semblent un peu faciles. Au final, il est bon, mais lui aussi reste un homme, avec toute sa subjectivité. J'ai donc bien conscience que la réponse doit venir de moi, mais c'est une manoeuvre difficile. Je manque de confiance, j'agis par impulsions, un pas en avant, deux en arrière, et j'ai le sentiment de végéter et voir le temps passer sans trouver ma place. Je me demande pourquoi autour de moi, aucune de mes amies ne remet en cause l'existant et que moi je ne puis m'en contenter. Quand j'étais môme ma mère me disait une éternelle insatisfaite, il faut peut-être considérer qu'elle avait raison.
En tous cas, j'ai commencé et je vais continuer à éplucher ce forum, j'ai notamment trouvé des choses sur comment gérer le manque, qui me seront bien utiles en cette période à nouveau bien triste.

Merci encore de votre attention et de vos mots.

#
Profil

LittleJohn

le mercredi 16 octobre 2013 à 12h42

Notomys
Je vais tâcher de prendre sur ma petite et relative angoisse et tenter de venir vous rencontrer un lundi soir prochain. A ce titre, je ne sais trop comment cela se passe...Il s'agit de se retrouver au café à Paris, mais ensuite, comment savoir qui fait partie, si j'ose dire, de la guilde des polyamoureux ? Je redoute la situation visant à interpeller une personne avec une accroche du style " bonsoir, vous êtes membre du groupe polyamour?" -" Non pas du tout..." *oeil torve et/ou en biais*...*déglutition de salive*.
Vous me direz que ce ne serait pas bien grave,c'est certain, mais la première prise de contact est un peu déconcertante.

Si tu viens un lundi au Bubble Bar, c'est tout simple, ça se passe dans la cave du bar (et il n'y a que nous dans la cave), tu peux y aller directement et tu seras bien accueillie. Et, au pire, tu demandes au barman qui nous connais bien depuis le temps qu'on y va ;)

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 16 octobre 2013 à 13h10

Même chose pour le café-poly du mardi 29 (d'ailleurs apparemment orienté "débutants et curieux"), on sera à la cave (mais faut y arriver AVANT 20h, pour pas troubler le spectacle qui a lieu dans la salle supérieure du bar).

#
Profil

aviatha

le mercredi 16 octobre 2013 à 13h15

A la lecture de ton récit, il y a une chose qui me frappe (nan en fait il y en a plein, mais faut bien commencer quelque part).
Je n'ai pas vraiment l'impression que ce soit une histoire d'amour pluriel te concernant. Quand je regarde le déroulement de ton récit, on dirait plutôt que tu es tombée amoureuse d'un poly dont le mode de vie (en polyamour et en général, genre tu parles de vouloir avoir des enfants lui n'en veut pas, mais tous les poly ne sont pas contre les gamins loin de là) ne te convenait pas et te faisait souffrir. Et que partant du principe que tu n'aurais jamais avec lui la relation à laquelle tu aspires (visiblement même aujourd'hui tu es plutôt exclusive alors qu'il est poly, tu parles encore des enfants, lui maintient qu'il n'en veut pas), tu t'es jetée contre d'autres hommes comme on se jette la tête contre un mur, dans l'espoir que ça effacerait tout. Et bien entendu ça marche pas.

Pour ton mariage, je n'en attribuerais pas l'échec au fait qu'il y avait encore cet homme dans un coin de ta tête ou au fait que tu n'es pas taillée pour le mariage ou quoi ou qu'est-ce, mais au fait, tout simplement, que tu avais un mari violent. Et quelle que soit la configuration, il ne peut jamais sortir quoi que ce soit de bon d'une situation de violence conjugale. Point.

Après, je me pose une question. Tu dis que ta relation est exceptionnelle avec cet homme car il est le seul avec qui tu peux être toi, et c'est une raison suffisante à elle toute seule. Mais pourquoi ne peux-tu pas être de même avec ton compagnon actuel ? Qu'est-ce qui t'empêche de lui faire part de tes angoisses, de tes craintes, de tes aspirations, c'est quand même le mec avec qui tu vis, il te vois avec une tête de zombi le matin au réveil, il sort les poubelles quand tu lui demandes et il a déjà dû te supporter une fois ou deux avec la crève et donc le sex-appeal d'une mygale asthmatique, tu n'es pas en "représentation" devant lui, pourquoi ne pas te confier ?

Tu dis que tu penses que personne d'autre que cet homme ne pourrait supporter tes extrémités. Peut-être que c'est vrai dans ton entourage actuel, et que c'est là d'où vient le fond du problème. Dans mon cas, je suis malade depuis longtemps, et mes extrémités sont parfois d'une violence inouïe (un de mes amis a dû me maitriser physiquement une fois, il a eu du mal alors qu'il a des années de sports de combat derrière lui et qu'il fait peut-être le double de mon poids), donc à ce niveau-là, je connais. Mon compagnon les supporte, il est même un des seuls à pouvoir les calmer et les prévenir, mais j'ai des amis qui prennent le relais aussi et qui se sont habitués à mes crises, sans me juger, ce que les tiens ont du mal à faire manifestement.

Plus largement, il me semble normal, dans un milieu aussi jugeant que tu le décris, de s'accrocher corps et âme à la seule personne qui ne nous juge pas (ou dont on a l'impression, je ne sais pas vraiment comment pense ton compagnon actuel). Je pense qu'avant de te demander si tu aimes untel et aussi untel, si lui c'est un ami ou un amoureux, si tu veux vivre comme ci ou comme ça, il faut d'abord faire le ménage. On ne construit rien de solide dans un marais (ou alors il faut être cajun...). Prend le temps de trouver des gens qui te comprennent, qui n'ont pas de jugement moral et qui t'aimeront pour ce que tu es, par la façade que tu donnes. Je pense que le début du problème est là.

#
Profil

Vaniel

le mercredi 16 octobre 2013 à 13h18

Bonjour Notomys.

Pour moi, tu es déstabilisée mais tu n'es pas folle, bien au contraire. En atteste, si besoin était, la cohérence de tes propos. On dit d'une personne qu'elle est folle lorsque celle-ci délire, lorsqu'elle tient des discours incohérents. Un discours paraît incohérent lorsque sa logique échappe à l'entendement. Puisque la logique est une chose hautement variable d'un individu à un autre, le même discours peut être qualifié de cohérent ou d'incohérent en fonction de la personne à laquelle tu le tiens. Autrement dit, il me semble que si tu en arrives à te demander si tu es folle, c'est en grande partie à cause de l'image de toi-même qui t'es renvoyée par la majorité de ton entourage et, plus largement, par la quasi-totalité de notre société. Malheur à qui ne cadre pas. Tu fais les frais de la pensée unique en matière de choix de vie. Mais tu n'as pas à continuer à en faire les frais ! Alors oui, tu es certainement perçue comme folle par une partie de la société mais, pour moi, et je crois pouvoir dire pour la plupart des personnes sur ce forum, tu n'es pas folle.

Si pour que la société me considère comme sain d'esprit je dois me comporter selon les normes établies, alors je suis heureux de me déclarer fou !
Bienvenue parmi les fous les plus sains d'esprit que je connaisse. :-D

Je te souhaite bon courage et, d'ici ton éventuelle participation à un café poly, n'hésite pas à venir poser tes questions ou, tout simplement, à venir chercher du réconfort.

#
Profil

Notomys

le mercredi 16 octobre 2013 à 18h07

Merci encore pour vos éclairages.

Aviatha, tout d'abord.
Tu mets le doigt sur quelque chose de pertinent. Si je regarde rétrospectivement, il est certain que c'est cette rencontre avec cet homme qui m'a poussé à réfléchir sur le polyamour. S'il avait été monogame, moi qui venais de ma campagne, j'aurais sauté sur l'affaire et tout m'aurait semblé pour le meilleur. Seulement voila: la réalité, c'est qu'il ne l'est pas.
Comme je l'ai plus ou plus décrit, j'ai tout essayé. Etre amis, nous l'avons été. Cela ne marche pas. Nous sommes attirés et nous nous aimons. Ne plus le voir et être avec un autre homme, que j'aime, je le précise, c'est important, cela n'évite en rien le fait que cet homme me manque. Alors de fait, je dois essayer de composer avec le réel. On ne choisit pas ses affections.
En outre, ce qui m'a tout de même intrigué, c'est qu'au delà de cet homme, moi même en couple et notamment dans mon mariage, même lorsque les choses étaient "normales" et non violentes, sans (trop) d'enjeux de pouvoirs, j'étais tout de même mal à l'aise, en dissonance. Précisément car même dans un couple où tout va bien, je ressens ce jeu de pouvoirs pour le coup. Ce donnant donnant, et même insidieusement cette restriction de ma liberté, j'avais le sentiment de me dissoudre. D'ailleurs, j'ai eu de petits signes. J'écris, bien modestement. Pour moi et parfois je suis payée pour le faire comme pigiste. Or, comme j'étais mariée, et pourtant, je le redis, amoureuse, je n'avais plus envie d'écrire. Une part de moi était fondue dans ce tout qu'était mon couple. C'était sécurisant, ronronnant, mais je me sentais comme en léthargie.
C'est très difficile à expliquer.
Finalement, c'est précisément pendant mon mariage que j'ai réalisé que je ne réagissais pas "normalement".
Parce que j'aimais sincèrement mon mari, mais que j'aimais aussi toujours l'autre homme. Et cela était insoutenable car j'ai été éduquée dans l'idée que si c'est le bon, alors tu n'aimes que lui. Le monde s'effondrait. J'aimais les deux.
Pire encore, envisager que je n'aurai plus que mon mari comme perspective est devenu anxiogène, comme si à 30 ans une partie de moi était morte. Des portes fermées. Mais au nom de quoi, réellement? La terre est vaste mais je connecte rarement avec les gens, aussi me disais-je, si je rencontrais un autre OVNI comme moi, pourquoi refuser cette chance inouïe?
Et puis il y a eu mon mari, qui m'a vraisemblablement "trompée" avec une prostituée.
Malheureuse, une fois, j'ai fait comme plein délinquants relationnels comme dit Onfray; j'ai fouillé son portable et je suis tombée sur un numéro inconnu. Après recherches astucieuses, j'ai découvert qu'il s'agissait d'une escorte.
Je la fais courte mais au final mon mari a tenté de se complaire en explications fumeuses, en larmes et en excuses.
Mes amies mises au courant ( je ne savais alors le prix de la discrétion), m'ont toutes dit que c'était inadmissible.
Mais pourtant, j'ai non seulement admis, mais sincèrement, je n'ai pas tant souffert que cela.
Cette femme était ce qu'elle était, elle lui apportait autre chose et étrangement, je ne me suis pas sentie en concurrence. J'ai même proposé que nous parlions du fait que peut-être je ne pouvais remplir toutes ses attentes physiques et qu'en ce cas, nous pourrions réfléchir ensemble à un ajustement, entre nous.
Mon mari est monté au plafond. J'étais malsaine à proposer ça, tout allait bien. Soit.

Quant à mon compagnon actuel, je ne vis pas avec lui et même si l'idée de la cohabitation semble toujours me séduire, essentiellement car je veux des enfants je l'avoue et je ne vois donc pas d'autre option douce et harmonieuses (...), je n'ai pas envie d'habiter avec lui. C'est terrible à dire. J'aime aujourd'hui ma maison, mes habitudes, mes secrets. Et ma liberté, même si elle me fait peur car elle va avec la solitude et la marginalisation.
Je ne compare pas mes relations. Ma relation avec lui est ce qu'elle est. Mon autre relation a son unicité. Il y a une résonance avec mon vieil ami qui me permet de pouvoir être moi. Cette résonance n'est présente dans la relation avec mon compagnon "officiel", mais elle a d'autres choses pour elle, cette relation.
Aussi, aujourd'hui, je crois que j'aimerais pousser les choses, essayer précisément une autre forme de rapport à l'autre.
Mon couple classique et normée ne me rend pas heureuse. Je supporte de moins en moins les contraintes sociales.
J'aime mon compagnon, mais une partie de moi est aussi très égo centrée.
En effet, je suis perdue, mais je tâche de ne pas être en totale perdition. De garder mon cerveau allumé.

Si tu veux bien en parler, quand tu dis que tu es malade, s'agit il de bipolarité?
Mon psychiatre marche sur des oeufs avec moi car il semble que j'ai décroché la timbale, d'un côté, j'ai fait ses tests ineptes et mon QI semble assez bon, du coup, et bien que je déteste ces graduations, cette petite "différence", me porte selon lui à une immense sensibilité et des réactions "marginales". Mais évidemment, on peut être pas trop con et aussi bi polaire. Jackpot. Aujourd'hui nous parlons de traitements, mais je m'y refuse. Je veux rester lucide et voir où mon cerveau me porte. Les seuls anti-déprésseurs me suffisent, du moins, j'ai peur de l'engrenage médicamenteux.
Si tu as un éclairage la dessus, même en privé, c'est une question difficile.
En tous les cas, je vais regarder plus avant tout ce qui concerne le polyamour, je ne prétends pas être légitime à me proclamer polyamoureuse, tu as raison, mais je cherche simplement ma place. Et je trouve dans les récits que j'ai vu ici une réponse et une intelligence qui me touche. Une douceur aussi qui me réconforte.

Vaniel, en parlant de douceur, merci pour celle de tes propos. Quant au réconfort, je n'entends pas confondre ce forum avec un divan, mais je m'intéresse à la gestion du manque et de la confiance en soi. Je vais venir régulièrement. Merci.

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 16 octobre 2013 à 18h34

HS : pour les antidep, demande à un médecin généraliste en + de ton psychiatre. Le psy connait l'utilité des produits, mais il tend à les prescrire, tandis que ton médecin, si tu lui dis que tu n'attends pas de prescription de sa part, il t'informera sur les produits eux-même.
J'y connais que d'chi sur la bipolarité ni à son traitement, enfin à part les gros traits, mais je sais que les produits à prendre pour un trouble psychique précis peuvent être moins lourds à porter que certains antidep, ça vaut le coup de demander.

#
Profil

Apsophos

le mercredi 16 octobre 2013 à 19h02

Siestacorta
HS : pour les antidep, demande à un médecin généraliste en + de ton psychiatre. Le psy connait l'utilité des produits, mais il tend à les prescrire, tandis que ton médecin, si tu lui dis que tu n'attends pas de prescription de sa part, il t'informera sur les produits eux-même.

À peu près l'inverse de mon expérience personnelle.

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 16 octobre 2013 à 19h49

oui, bon, ça dépend des mentalités, tous les psychiatres sont pas des ayathollah de la chimie, mais autant demander pour voir... Là le sien il a proposé d'autres trucs, donc autant qu'elle prenne un second avis.

(en plus, je pense que pour les bipolaires, ya des forums dédiés (pas doctissimo. Evidemment.), il peuvent parfois t'aider à te déterminer sur les bons choix chimiques.

#
Profil

aviatha

le jeudi 17 octobre 2013 à 00h33

Encore une fois, je maintiens, il me semble normal que tu ne puisses renoncer à cet homme, il est le seul avec qui tu peux être toi. C'est le fait de ne pouvoir finalement être toi qu'avec une seule personne au monde qui me semble problématique, ni ton autre compagnon, ni tes amis, ni ta famille. Du coup, ça te donne aussi peu de recul possible vis à vis de lui.

Pour ce qui est de l'écriture, je comprends tout à fait, et je te cite ainsi l'exemple de la différence pour moi entre une relation amoureuse, tu l'as dit toi-même, mais qui n'est pas bénéfique (cela éteint des choses chez toi et t'empêche d'écrire), et une, toute aussi monogame et exclusive et normée et tout ce que tu veux (du moins du temps où ça allait bien), mais où le couple "élève" les individus au lieu de les fondre (là où mon compagnon et moi nous sommes mis à écrire à quatre mains). C'est plus qu'un petit signe à mon sens. Et ça n'a rien à voir avec le mono, le poly, la norme, la marge, la sécurité, la liberté , ou quoi ou qu'est-ce, c'est une question d'être dans ce qui convient à notre nature profonde.

Pour le reste, je te vois en MP.

#
Profil

LuLutine

le jeudi 17 octobre 2013 à 03h33

Pour répondre au titre du fil (même s'il y aurait beaucoup d'autres choses à dire !) :

Finir seule ?

Je suis quinze fois plus entourée depuis que je suis poly - pas seulement par des amoureux, par de multiples relations bienveillantes, amis compris, sur lesquelles je peux réellement compter - y compris pour ne pas me juger, et ce même avec des amis "mono" ! Ce qui est assez extraordinaire (du moins à première vue) et surtout hautement agréable !
Bon, il y a bien eu quelques "faux" amis, des hypocrites qui au final m'ont tourné le dos...mais si je ne pouvais pas être moi-même avec eux, et être respectée et acceptée en tant que telle, était-ce vraiment une grosse perte ? (Je réponds à ma question : en fait non ce n'est pas une perte, c'est un gain !)

Sans enfant ?

Avoir des enfants est un but en soi dans la vie ? Faudrait poser cette question aux personnes qui t'ont dit ça.
Et quand bien même tu en voudrais (mais on ne devrait pas avoir des enfants "pour avoir des enfants" ou "pour faire comme tout le monde" et encore moins par caprice, je tiens à le préciser !), ce qui semble être le cas, il y a des solutions autres que de trouver un géniteur, l'adoption par exemple ?
Bon ça met sans doute longtemps et je ne suis pas experte mais...33 ans ? Tu es jeune encore !
(Et notamment lorsqu'on veut adopter, je crois que c'est rare d'avoir le droit de faire une demande avant 28 ou 30 ans, de toute façon.)

Avec un boulot nul ?

Depuis quand la vie amoureuse conditionne totalement la vie professionnelle ?
En plus, une femme célibataire a en général un meilleur boulot qu'une femme mariée me semble-t-il...alors ?
Je ne comprends pas cet "argument", sincèrement !
C'est plutôt en rentrant dans le "moule" imposé par notre jolie société patriarcale que tu risquerais de "finir avec un boulot nul" !
(A noter que si j'en crois mes sources, c'est l'inverse pour les hommes : être marié, avoir une famille, des enfants, boosterait la carrière par rapport à celle des célibataires. Mais toi t'es une femme, non ? Donc voilà.)

Dans ton appartement en location ?

Bah, y a rien de mal à louer ! Certaines personnes louent toute leur vie, par choix. Etre propriétaire n'est pas un passage obligé (pas plus que les enfants, le mariage etc.).

Cela dit moi j'ai tout faux, vraiment...
Je suis plus entourée que jamais, j'ai un boulot que j'aime (mais pas facile et je vais peut-être bifurquer vers un autre boulot que j'aime, c'est ça la poly-attitude), et je suis propriétaire !
Bah mince alors, j'ai tout fait de travers !

Ah si, j'ai fait un truc bien dans le tas pour coller à la citation : je n'ai pas d'enfants !
Mais bon, je ne suis pas bien vieille non plus et j'ai encore le temps d'en avoir...certes ce n'est pas en projet mais je ne préjuge surtout pas de ce que me réserve l'avenir ! (Essayer de prévoir m'ayant joué trop de tours par le passé.)

Notomys
si demain, je n'avais *réellement*plus envie de partager une intimité avec lui, alors il l'accepterait car il considère que la relation doit être la réunion de deux envies. Mais si les deux envies sont présentes mais que l'une est artificiellement maintenue et contrainte, alors là, il considère que la relation est fausse

J'ai le même fonctionnement. Quand un ex qui venait de me quitter sous la pression d'une nouvelle copine m'a demandé à ce qu'on soit "amis" (parce que c'était ce que sa copine voulait, et non de par sa volonté propre, il a bien été explicite avec moi sur ce fait), j'ai refusé et j'ai coupé les ponts. Je ne veux pas d'une relation où il faut faire semblant. L'hypocrisie, ça lui convient visiblement, (surtout qu'il y a d'autres trucs sur lesquels il a été super hypocrite, y compris récemment) mais pas à moi !

Sinon pour la question des enfants, je voulais aussi dire qu'on peut en faire sans que les parents n'habitent ensemble. Beaucoup l'ont fait, dont des poly !

#
Profil

Vaniel

le jeudi 17 octobre 2013 à 08h09

Notomys
Envisager que je n'aurai plus que mon mari comme perspective est devenu anxiogène, comme si à 30 ans une partie de moi était morte. Des portes fermées. Mais au nom de quoi, réellement ? La terre est vaste mais je connecte rarement avec les gens, aussi me disais-je, si je rencontrais un autre OVNI comme moi, pourquoi refuser cette chance inouïe ?

Pour moi, le plus important n'est pas de connecter avec d'autres personnes mais d'avoir la possibilité de le faire. Ce qui est anxiogène, c'est de se sentir enfermé, de savoir qu'il y a des portes closes autour de nous, des portes que nous avons personnellement contribué à fermer. En pensant de cette manière, notre responsabilité dans notre malheur devient écrasante. Cependant, cette responsabilité implique qu'il est en notre pouvoir d'essayer de rouvrir des portes. Le fait de prendre conscience de soi comme une puissance agissante me semble un excellent début.

Loin de moi l'idée de dire qu'il faut se prendre en main sans faiblir, tracer vaillamment sa voie avec une persévérance inoxydable, être positif en toutes circonstances, blablabla... Il me semble que le chemin à parcourir pour vivre selon ses désirs est aussi important, si ce n'est plus important, que le but à atteindre. Parcourir ce chemin c'est être en mouvement. Tu dis te sentir perdue. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose quand je pense à certaines personnes qui affirme, en regardant parfois les autres de haut, s'être trouvées. Pour certaines d'entre elles, "s'être trouvées" est synonyme "de s'être figées" (s'être enterrées dans leur bonheur analgésique circonscrit à un périmètre barricadé des plus restreints et une palette d'émotion d'une infinie pauvreté) : se perdre leur serait bénéfique !

Je crois voir assez précisément ce dont tu parles lorsque tu te compares à un OVNI et que tu écris que si tu rencontres quelqu'un "comme toi", il ne faut pas laisser passer cette chance. Avoir l'impression d'être compris par quelqu'un est une chance (qui n'est pas "donnée" à tous). Mais, c'est aussi une situation qui peut être toxique dans la mesure où elle génère facilement de la dépendance, particulièrement dans le cas où une seule personne nous "comprend". Multiplier les contacts avec d'autres personnes qui nous "comprennent" peut permettre de se libérer plus ou moins de cette dépendance.

#
Profil

Paul-Eaglott

le jeudi 17 octobre 2013 à 10h41

Bonjour Notomys,

Je te confirme ce que d'autres ici t'ont dit : tu seras absolument la bienvenue à un prochain café-poly, que ce soit ce mardi 29 ou un lundi par exemple. Tu y trouveras a priori une petite bulle protégée de la "violence normative" qui semble t'environner. Et, sans forcément y trouver "la" solution ni la réponse à toutes tes questions, ce sera un endroit où tu pourras tranquillement les poser.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion