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De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le mercredi 30 octobre 2013 à 19h28

Green-Man-Outside
Ce qui ne signifie pas pour autant que je tienne ici un discours masculiniste (mort de rire), pro-viol, pro-battage d'épouse, pro-monogamie, pro-racisme, pro-église/mosquée/synagogue, anti-avortement ou que sais-je. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, cf. l'exemple du racisme anti-blancs que j'évoque plus haut. Il existe, le rappeler n'implique pas de promouvoir les autres racismes. D'ailleurs je suis d'accord avec ta citation de Desproges et je compte justement écrire un article sur le thème des "S" prochainement.

Pour répondre à la question, la réponse est dans mon premier post je ne te traite pas de masculiniste, je dis que tu tiens un discours qui l'est. Pas pareil.
Ton discours est par certains aspects masculiniste dans le sens où mettre sur un pied d'égalité les discriminations subies par les femmes (et personnes féminines) et les hommes (et personnes masculines) à cause de leur genre, revient à nier les rapports de domination structurels qui lient les deux genres.
Comme en mettant des S à 'sexisme' ou à 'racisme'.

Nier en l'occultant un rapport de domination ne l'élimine pas, malheureusement. Plutôt cela jette un trouble en focalisant sur des faits divers qui montrent que "hé y'a des fois des opprimé-e-s qui se laissent pas faire", "un-e opprimé-e peut être violent-e!", pour le rappeler et pour dire quoi d'autre finalement? Le problème est que le rappeler en insistant minimise l'existence et l'influence des rapports de pouvoir genré qui structurent globalement la société et ont des conséquences énormes, et mesurables, sur les femmes.

Bref.

Et sinon tu as feuilleté le guide d'autodéfense intellectuelle contre le masculinisme que j'ai posté en lien plus haut?

Sinon comme tu as l'air aussi intéressé par le racisme, je pense que la première partie de cet entretien vaut le détour. Christine Delphy y détaille les liens entre sexisme et racisme de la société actuelle.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Green-Man-Outside

le jeudi 31 octobre 2013 à 03h44

@ Iam :

Merci d'avoir répondu. Tu as sans doute compris que la formule "parce que c'est de ça dont il s'agit dans le discours de GMO" était ambigüe à mes yeux. Donc, avant d'investir de l'énergie dans une réponse, je préfère savoir où je mets les pieds.

Parce que compte tenu de la définition que tu donnes du masculinisme ["ce particularisme, qui non seulement n’envisage que l’histoire ou la vie sociale des hommes, mais encore double cette limitation d’une affirmation (il n’y a qu’eux qui comptent et leur point de vue")] je trouve ce terme injurieux et erroné. Insultant pour mon intelligence (sans parler du jugement de valeur qu'il peut y avoir compte tenu de tes positions et de celles des détracteurs de mon discours). Erroné dans le sens où il ne s'applique ni à ma personne ni à mon discours.
[je ne suis pas en train de dire que le masculinisme n'existe pas, merci d'éviter ce genre d'amalgame]


mettre sur un pied d'égalité les discriminations subies par les femmes (et personnes féminines) et les hommes (et personnes masculines) à cause de leur genre, revient à nier les rapports de domination structurels qui lient les deux genres.

Je préfèrerais qu'on soit d'accord. Il y a des jours comme ça où j'ai envie de concorde. Hélas, c'est un faux dilemme ( fr.wikipedia.org/wiki/Faux_dilemme ) et un faux dilemme n'est pas ce que j'appelle un argument nuancé ou pertinent.

1. Je ne nie pas qu'il y a moins de 30% de députées à l'assemblée nationale (mais 100% de député-e-s issu-e-s du même milieu socio-économique, a.k.a. classe, a.k.a. caste), ou qu'il y a pas loin de 80 000 viols en France par an dont 90% des victimes sont des femmes (au passage, il me semble que cette proportion baisse singulièrement quand on s'intéresse au viols commis sur mineurs).

2. je ne nie pas que la France (pour ne parler que d'elle) a une histoire patriarcale, avec l'inertie historique que cela implique.

Je pense que tu auras du mal, malgré la longueur de mes posts, à trouver la moindre citation allant dans ce sens.

Reste que, non, je n'aime pas les discriminations. Si demain un homme se fait lyncher par dix femmes, je ne verrai pas en quoi, sous prétexte que ça arrive moins souvent, c'est supposé être moins grave que le cas inverse. Non, vraiment pas. A moins qu'on m'explique que la vengeance c'est ok, auquel cas il faut être prêt à affronter les conséquences d'un cycle ininterrompu de vendetta. (8E

Ce qui va m'amener à ta remarque sur le racisme, puisque là encore, suggérer qu'il y a des racismes moins graves que d'autres, c'est... comment dire ?
J'ai grandi en banlieue, d'ailleurs j'y réside toujours, et dans mon collège les blancs/caucasiens qui avaient les cheveux longs se faisaient littéralement ratonner par des cailleras au prétexte que "les hardos sont racistes". Merveilleux... En quoi le fait que des gens aux origines africaines présument d'un racisme chez d'autres personnes en raison de leur couleur de peau est acceptable à tes yeux ? Au prétexte que l'assemblée nationale (un exemple de structure présumée dominante) est à 99,99% blanche ?
Dire qu'il y a des racismes acceptables, c'est du racisme. Ou de la bêtise. Ou les deux. Ou souffrir d'une sorte de syndrôme post traumatique aveuglant qui biaise la rationnalité pour légitimer d'un côté des mécanismes qu'on prétend combattre de l'autre. Point barre. Non négociable. :-@


Comme en mettant des S à 'sexisme' ou à 'racisme'.

La parole est à la défense : un zaïrois et un français d'origine marocaine vont te répondre en 4:52 et montrer le caucasio-centrisme (et oui!) de ce débat : www.youtube.com/watch?v=R5dnT-oeAlk

Nier en l'occultant un rapport de domination ne l'élimine pas,

J'ai répondu au début de ce post.


Et sinon tu as feuilleté le guide d'autodéfense intellectuelle contre le masculinisme que j'ai posté en lien plus haut ?

Non. Je le ferai sans doute par curiosité, mais j'ai d'autres priorités : finir Moeurs et sexualités en Océanie, sortir un disque... entre autres choses.

Puisqu'on en est à se recommander des lectures, je te conseille "Eloge de la fuite" de Henri Laborit.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Green-Man-Outside

le jeudi 31 octobre 2013 à 04h51

SiestaCorta, je te répondrai bientôt, mais ce soir je vais faire l'impasse. Tout ça prend du temps. Mais promis, tu auras de mes nouvelles asap. En attendant je fais la transition entre ma réponse à Iam et celle à venir qui sera adressée à tes posts.

@ Iam et SiestaCorta (et aussi aux autres) :

Je trouve intéressant de revenir à la mécanique de ce débat.

A l'origine, il y a le post de Marco. S'en suivent des remarques diverses sur le fait de demander ou non la permission d'embrasser.

Je vais remarquer que :


La forme est une chose, tout dépend du fond (comme dans les arts martiaux... comme dans la vie en fait). Demander parce qu'on n'ose pas embrasser, ce n'est pas très intéressant à mes yeux. C'est être en position de demander la permission (donc dans une position de hiérarchie inférieure alors qu'on est censé être égaux). Demander avec la confiance de celui qui ose, oserait et osera (mais qui est amené à demander pour X raisons, sensibilité de la personne en face, contexte particulier, que sais-je) et n'utilise pas la parole pour remplacer l'acte, ok.

Cela ne semble choquer personne.

Puis, je discute avec Metazet sur l'éventualité d'une peur qui est à la racine de cette histoire de "permission". C'est quand j'évoque le livre de Glover (dont je rappelle qu'il est thérapeute, ni women-basher, ni taliban) que les esprits - enfin, surtout celui de Janis visiblement - s'échauffent.
[on pourra me rétorquer qu'être thérapeute n'est pas une garantie contre le masculinisme ou toute connerie affiliée. Oui, c'est vrai. Mais j'insiste, si vous aviez lu ce livre, je ne pense pas que vous y trouveriez de la haine misogyne, à défaut d'être d'accord avec 100% de son contenu. Moi-même je ne me souviens pas avoir validé l'intégralité du propos]

Or, si on ne peut exiger de chaque contradicteur qu'il ait les mêmes références que nous, fussent-elles un livre de poche à moins de huit euros, je constate que mes propos, et j'en ai fait la démonstration, ont été allègrement déformés, détournés par Janis notamment, mais aussi par Iam, et parfois par SiestaCorta.

Quiproquos et discordes font partie de la nature, mais tout de même, je m'interroge. Je sais que mes messages sont parfois très long et peuvent parfois y perdre en lisibilité. Mais hélas, ma prodigalité ne peut expliquer les innombrables biais logiques/argumentaires/cognitifs que j'ai patiemment démontés.

Alors, j'y vois un mélange. Le mélange de passion individuelle (j'en ai pointé des indices en page 2) et d'un phénomène relevant plutôt de la psychologie des groupes.
Je l'ai esquissé dans ma précédente réponse à SiestaCorta : sur ce fil, ma position est somme toute minoritaire. La question est : ce groupe (mouvant) des forumeurs "poly" est-il prêt à accueillir la divergence nuancée, ou bien souffre-t-il les mêmes mécanismes constitutifs d'un groupe que... n'importe quel autre groupe/entité collective ?
Enfin, ceux qui brandissent "patriarcat" comme un fétiche idéologique prouvant qu'ils ont tout compris à la société injuste dans laquelle nous vivons ont ils envie de s'intéresser à d'autres approches (psychologiques par exemple) qui pourrait interagir de manière constructive avec leur doctrine ?

Bref, puisque Siesta a écrit


(et que tu promeuves (... le doute m'étreint... sur la conjugaison...) l'auto-défense pour les femmes, c'est vachement bien, hein. Elles en ont sans doute un peu besoin, pour une question de valeur du consentement et de culture du viol dont on parlera peut-être un de ces quatres).

Je vais réagir au tout premier message de ce fil. Attention, yeux chastes, ce n'est que mon point de vue :


1) Les hommes veulent toujours du sexe, les femmes pas. Pour démarrer une relation, l'homme doit convaincre la femme pour qu'elle accepte de faire l'amour avec lui.

Conneries. Je connais des hommes peu portés sur la chose, et des femmes parfaitement gourmandes. Ce qui est écrit est un cliché. Un mythe.


2) On ne demande pas d'embrasser ou de faire l'amour : normalement ça arrive tout seul. Un peu de résistance de part de la femme est tout à fait normale.

Effectivement, on ne demande pas. Parce que si une fille ne vous laisse pas lui toucher le bras, il n'y a aucune raison d'essayer de toucher sa langue avec la vôtre. On appelle ça la communication non-verbale (qui représente 80% de la com mais est malheureusement absente des supports écrits). C'est un fait scientifique (cf. la PNL).


3) Pour un homme, demander à une femme si elle veut faire l'amour avec lui, équivaut à lui offrir une bonne occasion de refuser.

D'une se reporter à ma remarque précédente. De deux, si vous fréquentez une fille qui ne vous désire pas alors que vous la désirez, la question est : qu'est-ce que vous foutez dans cette histoire ? Une relation se construit sur la mutualité et la réciprocité. Que la relation soit orgiaque ou platonique.


4) Mis dans la juste situation, l'homme a le devoir d'essayer d'embrasser/faire l'amour avec une femme. Un homme que ne le fait pas est pas à considérer comme un vrai homme et peut être traité de tous les noms.

Le devoir ? Charmant. Je ne savais pas qu'aimer et désirer étaient des obligations. Faut pointer aussi ?
Un homme qui a envie d'embrasser et qui ne le fait pas peut être inspiré de s'introspecter : a-t-il peur du rejet ? Pourquoi ? Que semble dire le corps de sa partenaire ? Oui ou non ? Si c'est "non" c'est normal de ne pas embrasser. Si c'est "oui" mais qu'il n'ose pourtant pas, introspection repète-je.


5)Une femme que exprime son désir de faire l'amour avec un homme, exprime au même temps le désir de faire l'amour avec tous les hommes de la planète. Si elle refuse, elle peut être traitée de tous les noms.

Toujours plus loin dans le n'importe quoi. J'exprime pas l'envie de coucher avec toutes les femmes de la planète quand je fornique avec une d'entre elle, pourquoi l'inverse marcherait quand il s'agit d'une femme ? O_O


6) Un OUI ou un NON sont définitifs et pour toujours. Les conditions contingentes ne comptent pas (si une personne refuse de faire l'amour avec toi pendant qu'elle est au lit avec 40° de fièvre, elle le fait parce que elle ne t'aime plus).

N'importe quoi vous dis-je.


7) Un OUI ou un NON sont un jugement irrévocable sur la personne vers laquelle sont prononcés. (Ça vaut la peine/ça vaut pas la peine que je fasse l'amour avec toi).

A priori, quand on a passé l'âge de 14 ou 15 ans, on a assisté à suffisamment de ruptures - à moins de résider aux Μετέωρα Μοναστήρια - pour comprendre que l'irrévocabilité n'est pas de mise sur cette terre.

Voilà ce que j'ai pensé en gros quand j'ai lu ce message. J'ai bien compris que ces raisonnements (hum...) étaient attribués à d'autres, néanmoins :

1. qu'on me prouve que ce schéma présumé global (pas sûr que toutes les affirmations soient corrélées, mais bon) est majoritaire sur le forum
2. puisque c'est pas le cas, n'est-ce pas enfoncer une porte ouverte que de le critiquer ? (pour le plaisir de se réunir à plusieurs et de s'extasier sur notre clairvoyance commune ?)

De plus, Marco présente (et il n'est pas contredit par mes contradicteurs) cette culture comme dominante.


Par contre, dans le monde "dehors" ça semble la manière classique de faire (manière classique que permet, entre autres, de vendre des grosses quantités d'alcool, de soutenir les campagnes de pub...).

Or, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous : s'il est difficile de chiffrer certains abus, le fait est que même en poussant les chiffres à l'extrême (transformons par exemple les presque 200 000 tentatives de viols françaises annuelles en 1 000 000 pour tenir compte des cas où la victime ne porte pas plainte) la majorité des femmes restent inviolées et la majorité des hommes ne violent pas (dieu merci).
Donc la "culture du viol" est minoritaire.
Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'existe pas.
Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas regrettable qu'elle existe.
Vous croyez que ça me ferai plaisir qu'un de mes proches se fasse violer ? On est censé être entre gens intelligents, sensibles et efficaces non ?
[au regard de la pluie de distorsions cognitives qu'on trouve ça et là, je dois me tromper. L'illusion groupale, que voulez-vous ^^ ]

Néanmoins, quand je mentionne un livre qui ne fait aucunement l'apologie d'aucune sorte de violence qui soit - un livre écrit par un thérapeute... un mec qui essaye d'aider des gens pour le bénéfice des gens en question et de leur entourage, vous voyez l'idée ? - on me répond de la manière que j'ai déjà évoqué.

Je pense que certaines personnes, ici et ailleurs, fonctionnent ainsi : si elles voient une personne de type caucasien en discussion animée avec une personne de type non-caucasien, le première (la seule ???) explication qui leur viendra à l'esprit est "oh mon dieu, c'est un conflit lié au racisme". Et bien sûr, cette déduction sera suivie de "c'est surement ce blanc qui a manqué de respect à ce [cochez l'ethnicité de votre choix]".

En gros, certains ont tellement introjecté les discriminations qu'ils combattent... qu'ils les présupposent partout, même quand elles ne sont pas en cause. O_O

[Au passage, je rappelle qu'en vertu de l'intersectionnalité si chère à certaines féministes, il y a assez peu de chances (aucune en fait) pour que Christine Lagarde ou Rachida Dati se fassent violer ou politiquement dominer par un éboueur sénégalais, un plongeur tamoul, un maçon portugais ou un chargé de communication "français" (cad blanc d'origine italienne ou espagnole comme moi).]

Je finirai donc ce post par un autre morceau de Despo, mon chouchou rapologique, qui a écrit une des plus puissantes chansons sur le racisme (dont le titre aurait créé la polémique si l'auteur n'était pas "noir") :
www.youtube.com/watch?v=Ux5SSqFvYo0

...mais qui a aussi l'intelligence d'écrire dans un autre texte

Despo Rutti, zaïrois et meilleur rappeur de France
Azouz Begag peut rien pour moi, j'perds tous mes tafs à cause de mon esprit rebelle

.

(+)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le jeudi 31 octobre 2013 à 07h02

Green-Man-Outside
la "culture du viol" est minoritaire.

(Et en plus il l'écrit en gras.)

La culture du viol, ce n'est pas juste le viol, c'est l'ensemble des comportements pouvant mener au viol parce qu'ils ne prennent pas en compte le consentement de l'autre. On les retrouve bien plus souvent que tu n'as l'air de le penser.

Ou alors, j'ai vraiment vraiment pas de chance (et je connais beaucoup d'amies qui n'ont vraiment pas de chance, etc.).
Bon, c'est vrai que je n'ai pas vécu la vie des autres, je n'ai vécu que la mienne, alors je vais prendre des exemples dans mon vécu. Je n'avais pas forcément envie d'en parler là en public, mais voir écrit que la culture du viol serait minoritaire, pour moi ça veut dire que tu n'as pas compris ce que c'est, et ça me semble assez important pour réagir.

(Soyons clairs, je ne réponds que sur ce point précis.)

Exemples donc :

Un jour (il y a longtemps, mais pas dans une lointaine galaxie, ici sur Terre), un homme a beaucoup, beaucoup, beaucoup... (y aurait pas assez de place pour écrire suffisamment de "beaucoup") insisté pour que j'accepte un rapport sexuel.
Je refusais et, refus après refus, il continuait d'insister.
Puis lasse, j'ai fini par accepter et, je ne sais pourquoi, il a eu un sursaut de...de quoi ? de lucidité ? de respect pour moi ? qu'est-ce qu'on pourrait dire ? je ne trouve pas le mot exact - enfin bref, le fait est qu'alors que je venais d'accepter, il s'est ravisé et m'a dit : "Je suis désolé, non, je n'aurais pas dû insister, tu as accepté seulement à cause de ça. On s'arrête là, et une prochaine fois, si tu en as vraiment envie, on le fera ; mais je ne veux pas qu'on le fasse parce que j'ai insisté..."

Et merci de ne pas me rétorquer : "Ben oui mais justement il ne l'a pas fait, il ne t'a pas forcée", parce qu'on était à deux doigts, et rien que le fait d'avoir insisté (malgré mes refus répétés et formulés clairement, verbalement), même s'il s'est ravisé, pour moi ça fait clairement partie de la "culture du viol".

Ah oui, petit détail. J'étais vierge à l'époque. Donc ça ne représentait quand même pas quelque chose d'anodin pour moi en plus...! (Mais bon ça on s'en fout en fait, puisque vierge ou pas, y a pas de raison valable pour vouloir forcer une personne à accepter un rapport sexuel.)

Parlons de cet homme, tiens. Sa devise c'était "Tant qu'on ne me dit pas non, j'y vais de plus en plus fort et de plus en plus loin." Jusque-là, on pourrait se dire qu'il n'y a pas nécessairement de problème (quoique, ne rien dire n'est pas consentir, mais admettons : admettons qu'en face on a une personne qui sait dire non, pas quelqu'un qui se tait lorsqu'il n'est pas d'accord).
Sauf que sa notion du "non" était quelque peu...personnelle. Disons que si la personne en face ne l'envoyait pas complètement balader à l'autre bout de la galaxie (avec interdiction expresse de revenir avant la fin du monde), il revenait souvent à la charge.

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne lui en ai jamais voulu. (Hmmm. En fait le pire, c'est que je lui ai même été reconnaissante. De s'être ravisé. D'avoir fini par écouter ce que je lui disais, au bout de je ne sais combien de temps. De m'avoir "respectée". Ha oui. De m'avoir respectée tout-à-coup après avoir ignoré mes refus pendant un temps qui était loin d'être négligeable. Et j'ai mis plus d'une dizaine d'années à me rendre compte qu'il y avait un souci. Pourquoi ? Ah ben oui, la culture du viol, ça ne touche pas que les hommes. Les femmes aussi ont intégré qu'un homme qui insiste, c'est "normal". Et un homme qui est assez gentil pour écouter notre "non" au bout de la quarante-millième fois, il est quand même super gentil, extraordinairement respectueux, alors on est reconnaissantes...)

Bref, entre autres pour ce que j'ai expliqué entre parenthèses, c'est pas vraiment quelqu'un à qui on en veut (enfin, pas moi en tout cas) : c'est un homme ordinaire, un pur exemple de cette culture selon toi minoritaire.

Je continue un peu, mais je te préviens, je ne vais pas déballer toute ma vie. Sache juste que des exemples, j'en ai en réserve (souvent plusieurs voire des dizaines pour chaque année de ma vie à partir de 12 ou 13 ans, âge où j'ai commencé à ressembler plus à une femme qu'à une enfant).

Si on considère la stricte définition du viol ("Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol."), j'ai déjà été violée.

Alors non, je n'ai pas porté plainte, non ça ne m'a pas traumatisée (c'est pas pour autant que ça n'en était pas un puisqu'il correspond à la définition), non il n'y a pas eu violence. Il y a eu surprise (tu vois, ça correspond à la définition). J'avais refusé plusieurs fois qu'il le fasse, et hop, il y est allé par surprise...

Non, c'est pas le même que plus haut, c'est un autre hein. Un garçon très gentil. Limite timide tiens. Mais qui considérait (consciemment ou non, car c'était ce que traduisait son comportement) qu'une fille, c'était quelqu'un qui était à disposition sexuellement pour lui et qu'il ne fallait pas trop hésiter à se servir. (Sinon...sinon quoi ? Il n'obtiendrait jamais ce qu'il voulait ? Ce qui signifie quoi ? Qu'il pensait - encore une fois, consciemment ou non - y avoir nécessairement droit ?)

Bon. Je ne vais pas te faire l'affront de lister tous ceux qui m'ont régulièrement abordée dans la rue et ont insisté lourdement pour que je leur parle alors que j'avais poliment répondu "Non, désolée, je suis pressée" ou bien "Désolée, je ne souhaite pas discuter avec vous", qui m'ont suivie, harcelée...
Non, je ne te ferai pas cet affront, entre autres parce que j'en ai déjà parlé en page 3, et d'autre part parce que tu t'en doutes bien, j'ai pas gardé les noms et les numéros de téléphone. (J'ai essayé d'éviter de les connaître en général d'ailleurs, mais dans de nombreux cas, j'ai noter le nom et le numéro et promettre d'appeler pour que le gars me fiche la paix...!)

Alors oui, certains d'entre eux sont très polis, mais tu leur a dit non, ils continuent de te parler, c'est lourd, et pour moi ça fait partie de la culture du viol. Parce qu'on est en plein dans la question du consentement. Mais je l'ai déjà dit, je commence à me répéter, c'est peut-être pas utile (quoique vu l'énormité de l'affirmation qui m'a fait réagir...).

Comme je le disais plus haut, j'arrête là de déballer ma vie, mais tu as un échantillon représentatif de ce que j'ai pu régulièrement vivre, avec dans le lot un viol et deux types de comportements qui sans être des viols ne tiennent pas compte du consentement de l'autre donc font partie de la culture du viol.

Alors bon, si tu veux, j'ai pas eu de chance, vraiment pas...quoique si je me compare à celles qui ont subi un viol avec violence (et pas "juste" surprise ou contrainte par insistance), j'ai eu de la chance, quand même. J'ai une vie ordinaire, finalement. Moi ça va. Comme l'immense majorité des femmes qui restent "inviolées".

Ah oui au fait. Tes stats plus haut (200 000, un million), ça prend en compte les viols déclarés + ceux où les victimes se sentent trop mal pour porter plainte / ne sont pas prises au sérieux ; mais ont quand même subi un traumatisme. Du moins c'est l'impression que j'ai eue à te lire.

C'est con, j'ai été violée, mais j'ai pas été traumatisée (et je n'ai compris que trèèèès récemment que ça correspondait à la définition du viol). Je suis où moi ? Je parie très fort que tu m'as comptée dans les "inviolées", en fait.

Et de toute façon, comme la culture du viol ne s'arrête pas au viol, les autres exemples que j'ai donnés, on est probablement une immense majorité à les avoir vécus.

Inviolées peut-être (là je ne me compte plus dedans du coup), mais victimes de la culture du viol, oui !

Donc arrêtons de dire que c'est minoritaire. Merci.

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Evavita

le jeudi 31 octobre 2013 à 13h00

J'ai tellement de chose à dire sur le sujet que le courage m'en a manqué jusqu'à maintenant mais j'ai jugé qu'à ce stade là, ça va s'avérer nécessaire. Je rejoins LuLutine, ce n'est PAS minoritaire. Ce n'est pas bien compliqué, il suffit d'aborder le sujet dans un groupe pour voir le nombre de témoignages qui ressortent.

Dans mon cas, on pourrait considérer que je suis bien lotie. J'ai pratiquée les arts martiaux un certain temps (assez pour foutre par terre quelqu'un par réflexe d'auto-défense) et j'ai un caractère bien trempé avec une voie qui porte (assez pour foutre la honte à quelqu'un qui m'embêterait un peu trop en public). Mais les divers expériences aux fils des années m'ont amenées à devoirs adapter mon comportement et rien que ça c'est très triste. Limiter de croiser le regard d'un homme dans les lieux publics au risque qu'ils prennent ça pour invitation par exemple.

Et pourtant, il m'arrive de me retrouver dans des situations où je suis mal à l'aise ou carrément inquiète. Je repense au gars qui m'a suivit à la sortie du lycée où j'étais allée passer mon oral de grec. Il m'a suivi tout le long de mon trajet en métro du nord de paris jusqu'à ce que j'arrive à le semer aux alentours de la station pasteur. Il y a aussi ces trois mecs au trocadéro qui après avoir insisté et avoir compris que je ne les suivrai pas en boîte de nuit se sont mis à insister pour que je leurs fasse une pipe "vite fait". La raison pour laquelle ils ont lâchés l'affaire c'est parce que je me suis mise à parler très fort en disant : "non messieurs, je vous assure que je n'ai vraiment pas envie de vous faire une fellation". Il y a évidemment ces multiples approches qui suivent toutes à peu prêt le même principe du "aller vient on est bien" que je ne compte et ne mémorise même plus. Ce gars dans le métro qui essaye de prendre une photo de ce qui se passe sous ma jupe! J'ai trouvé intéressant le lien que Siesta a posté sur les crocodiles, je me suis reconnues dans pas mal de ces situations.

Alors effectivement, il ne m'est jamais rien arrivée que je ne puisse contrer, mais c'est au prix de devoir adapter mon comportement, de garder une certaine méfiance quand quelqu'un m'approche, de devoir parfois être sèche parce que si je ne le suis pas assez ça peut être très long avant qu'on me lâche. Honnêtement, je déteste ça parce que je sais que de fait, je passe à côté de plein d'autres interactions qui pourraient être sympas. Parce que je me dis que je pourrait améliorer le quotidien de beaucoup de monde simplement en soutenant un regard et en souriant de temps en temps. Et je me dit que je serait probablement quelqu'un de moins stressé si je n'avais pas à être toujours sur mes gardes.

Donc, je ne me sens pas oppressée par la gente masculine, je suis bien avec mes amoureux et la compagnie des hommes m'est souvent plaisante. Mais j'ai quand même conscience que pour que mon libre arbitre soit respecté au quotidien, il faut que je fournisse plus d'effort qu'un homme.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le jeudi 31 octobre 2013 à 15h28

Evavita
de devoir parfois être sèche parce que si je ne le suis pas assez ça peut être très long avant qu'on me lâche.

S'il te "suffit" d'être sèche, tu as plus de chance que moi, parce que parfois ça ne suffit pas.

Je ne nie pas que certains ont lâché l'affaire à l'instant où je leur ai dit poliment "Non désolée, je ne suis pas intéressée", mais pour les autres, "être sèche" n'a pas suffi. Ou alors on n'a pas la même notion d'être sèche ^^

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Junon

le jeudi 31 octobre 2013 à 15h54

La culture du viol est minoritaire. Voilà, l'autocombustion existe bien, la preuve je viens littéralement de sentir les flammèches sur ma tête.
Déjà on va arrêter l'ethnocentrisme, hein, la culture du viol est un problème mondial (parles en à une Africaine du Sud de Johannesburg...).
Ensuite sur le plan national, étant donné que seulement 1 viol sur 11 fait l'objet d'un dépôt de plaine (ce qui ne veut pas dire qu'il y a une suite judiciaire bien loin de là...), qu'on estime à 75 000 viols par an et 198 000 tentaives de viols toujours par an en France, que pour accélerer les procédures de très nombreux viols sont déclarés en agression sexuelle, que dans 80% des cas l'agresseur(e) est un proche....ce terme, c'est juste un énorme foutage de gueule qui me met hors de moi.
Tiens, GMO, pour te dire à quel point c'est minoritaire, Causette journal (de moins en moins) féministe incite cette semaine à "violer une femme" plutôt que "d'aller aux putes". La semaine dernière, un animateur faisait la promotion du harcélement de rue. Et à peine quelques mois auparavant, la refonte du délit de harcélement sexuel a laissé des milliers de victimes sur le carreau. Minoritaire, hein?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Green-Man-Outside

le jeudi 31 octobre 2013 à 17h02

LuLutine : j'ai moi même choisi de ne pas répondre à certains propos tenus ici par des exemples intimes, parce que j'estime ne pas avoir à me défendre de certaines accusations en révélant des choses privées.
Donc, permets-moi de te signaler que je n'y suis pour rien dans ton choix de citer des exemples d'ordres privés. Ca ne me dérange pas que tu le fasses, mais toi ça à l'air de d'embêter.

J'entends ce que tu dis, j'entends les exemples issus de ton vécu que tu donnes, idem pour Evavita. Je vous rappelle au passage que je n'ai jamais dit qu'il n'existait pas de culture du viol, citation à l'appui :


Donc la "culture du viol" est minoritaire.
Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'existe pas.
Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas regrettable qu'elle existe.

Maintenant, je suis au regret de le répéter : le sujet de départ, et le titre de ce fil présupposent que la culture du viol est majoritaire. Il faut donc le prouver avec autre chose que des histoires personnelles (indépendamment de l'intérêt de vos récit, ils ne sauraient avoir une valeur statistique dans la mesure où nous vivons dans un pays de 60 millions d'habitants).

Donc, quitte à transformer Junon en charmant petit tas de cendre, je le répète : où sont vos chiffres ?
[J'ai déjà consulté la page wikipédia sur le viol, j'ai cité certains chiffres, merci de trouver autre chose]

Junon
Déjà on va arrêter l'ethnocentrisme, hein, la culture du viol est un problème mondial (parles en à une Africaine du Sud de Johannesburg...).

Merci pour ce sophisme hilarant.
1. je suis formé en anthropologie, peux-tu en dire autant ?
2. je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de sud-africaines qui lisent polyamour.info

Bref, dans la mesure où Marco parle de nos propres croyances/praxis, on parle de la France ici, ou à la rigueur de l'occident voisin. Sinon, autant créer un sujet disant que l'excision c'est mal. Oui c'est mal, non ça ne fait pas partie de la culture française (même si on trouvera des jeunes filles excisées en raison de leur culture d'origine non-occidentale). Et comme aucun membre de ce forum n'a de question sur la question (sic) parce qu'il y a un consensus absolu sur le fait qu'on n'aime pas ça, ça serait juste un enfonçage de porte ouverte. Pour se dire qu'on est super ouvert d'esprit alors que les égyptiens sont méchants ? Non merci.


Causette journal (de moins en moins) féministe incite cette semaine à "violer une femme" plutôt que "d'aller aux putes".

1. Causette a été fondé par un homme, ça devrait vous mettre la puce à l'oreille si vous adhérez au genrisme d'Iam
2. Je n'ai pas vu la couverture, mais je suppose qu'il s'agit d'humour, non ? Dans le cas contraire se serait illégal, et je ne vois pas pourquoi Causette verserait dans l'illégalité. Jusqu'à preuve du contraire, ils font du business, pas de la guérilla révolutionnaire.


La semaine dernière, un animateur faisait la promotion du harcélement de rue.

J'ai été le premier a évoquer cette affaire ici, en y adjoignant le qualificatif de "délictueux". Tu peux vérifier c'est en page 2 de ce fil. Et donc ?

Au passage, je constate que la brillante idée des féministes a été d'organiser un rassemblement devant NRJ... Génial. Il serait bien plus efficace de poursuivre l'animateur en justice et d'occuper le terrain médiatique avec une condamnation pénale (qui aurait des vertus dissuasives) qu'avec une énième manif... je crois que certain-e-s féministes font plus d'agitation que de militantisme intelligent.
Un exemple de ceci est d'ailleurs le traitement qui fut fait à Damien Saez (dont on peux difficilement dire qu'il est militant masculiniste....) par la très décérébrée Florence Montreynaud : www.youtube.com/watch?v=naUxY3yy3q8

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le jeudi 31 octobre 2013 à 18h38

Green, tu demandes des stats quand on vient de te les donner.

Junon
Ensuite sur le plan national, étant donné que seulement 1 viol sur 11 fait l'objet d'un dépôt de plaine (ce qui ne veut pas dire qu'il y a une suite judiciaire bien loin de là...), qu'on estime à 75 000 viols par an et 198 000 tentaives de viols toujours par an en France, que pour accélerer les procédures de très nombreux viols sont déclarés en agression sexuelle, que dans 80% des cas l'agresseur(e) est un proche....

Je sais pas, pour moi, 75 000 et 198 000, c'est assez récurrent pour qu'on se dise que c'est pas juste quelques individus dans leur coin.
Ca rend pas tous les mecs coupable a priori, ça veut juste dire que dans la société où on vit, ça arrive, et à 98 % à des femmes, et qu'on a raison d'y faire attention et d'y réfléchir. Et souvent, les féministes font ça. Comme si ça en valait la peine ?

75 000 avérés, 198 000 tentés, et on sait qu'on a qu'un 10ème du truc, et on cause pas des autres agressions à caractère sexuel (jem'frotte, je te montre mon zguègue, je t'insulte si tu dis non) ça te semble pas représentatif d'un fait social ?
Bon, alors on va comparer ça aux stats globales de la violence en France ?.
462 350 atteintes à l'intégrité physique en 2009. Donc, on compte à la louche, 1/6ème de ces violences répertoriées sont donc des viols.
On a pas compté ceux qui sont pas déclarés, qui sont extrêmement majoritaires, notemment puisqu'ils ont lieu dans le cadre domestique.

Donc, le viol, c'est établi, tu peux pas le considérer comme accidentel.
Quand tu es une fille, tu peux légitimement flipper. Pas détester tout les mecs, juste te dire que ça peut t'arriver.

Bien. On parle des attouchements pas considérés comme des atteintes à l'intégrité physiques,? C'est là, 10è ligne du tableau : dans "baisers, caresses, et autres gestes déplacés".
Probablement pas décomptables "en dehors du ménage" : attouchements et gestes déplacés "rho, c'est pas grave". Ils existent, il foutent la pression, ils font flipper autant qu'un viol vu que tu sais pas où ça s'arrète.
Quand aux injures parce que la fille veut pas, on peut pas les déconnecter de la culture du viol. Le mec ira pas jusqu'à violer, mais la pression qu'il exerce (alleeeeez, donne ton numéro quoi) suppose que le refus ne vient pas de l'attitude du lourd, mais de celle de la fille. Et ça, c'est pas un cliché idéologique ou médiatique, il y a des lieux publics où tu ne peux pas passer une soirée sans tomber dessus.

Green Man Outside
le sujet de départ, et le titre de ce fil présuppose que la culture du viol est majoritaire

Non, seulement que la réflexion sur le consentement est nécessaire dans une société où le viol n'est pas une rareté, et où la plupart des filles que tu rencontreras te diront avoir eu un sale moment de pression sexuelle, quand ce sera pas le cas pour les mecs.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le jeudi 31 octobre 2013 à 19h10

GMO : Puisque la culture du viol est minoritaire, je te mets au défi de trouver une majorité de femmes qui n'ont pas subi régulièrement un ou plusieurs des exemples que je décris.

J'attends hein.

Parce que pour l'instant, c'est bizarre, aucune nana n'est venue te dire que tu avais raison et qu'elle n'avait pas subi ça régulièrement.

Pour les stats, comme le dit Siesta, ont te les a données. C'est pas parce que je ne les avais pas sous la main qu'elles n'existent pas.

Mon message avait pour objet de te faire comprendre ce que c'est que la culture du viol, comment elle était vécue par les femmes.

En te faisant remarquer que je suis à peu près une fille lambda qui a croisé des garçons lambda, et que malgré ça...

Mon expérience est représentative (ce que tu nies et ça me blesse), un petit tour sur la toile (et/ou un peu n'importe où ailleurs) te le confirmera.

Et puis je le redis : l'objet principal de mon message c'était de te donner la définition de la culture du viol, puisque tu as montré que tu ne l'avais pas comprise !

En attendant, tu peux partir à la recherche de tes femmes inviolées et non-agressées, soit-disant majoritaires. Je te souhaite bon courage.

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LuLutine

le jeudi 31 octobre 2013 à 19h22

Siestacorta

Green Man Outside
le sujet de départ, et le titre de ce fil présuppose que la culture du viol est majoritaire

Non, seulement que la réflexion sur le consentement est nécessaire dans une société où le viol n'est pas une rareté, et où la plupart des filles que tu rencontreras te diront avoir eu un sale moment de pression sexuelle, quand ce sera pas le cas pour les mecs.

Siesta, tu te contredis un peu non ?

Si la plupart des filles te disent qu'elles ont subi "un sale moment de pression sexuelle", étant donné que ce genre de comportement est caractéristique de la culture du viol, c'est que celle-ci est répandue non ?

Tu sais, pour être majoritaire, il "suffit" de 50,00000.....1% !

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Siestacorta

le jeudi 31 octobre 2013 à 19h51

Oui et non. Green Man joue justement sur cette confusion entre "significatif", "répandu" et "majoritaire" dans son post.
Certes ça arrive au moins une fois à la plupart des filles d'être emmerdée ou agressée, mais ça veut pas dire que chacune d'elle a subi ça d'un garçon distinct. Il suffit qu'un même lourd emmerde trois filles.
Si, sur la question de la pression sexuelle, un certain nombre de mecs emmerdent des filles au point que la plupart des filles aient été emmerdées et qu'un nombre comparativement ridicule de mecs on été emmerdé, il y a déjà un question sur la culture ceci-dit, même si un grand nombre de mec n'a jamais emmerdé une seule fille.

Bref, on peut imaginer qu'il y a un grand nombre de mecs à qui çaviendrait pas à l'idée, un bon nombre qui sont lourds ou agressifs souvent, et qu'un nombre important mais pas nécessairement majoritaire a pu être lourd, mettre la pression ou être carrément abusif une fois au moins.

Donc,
- une minorité active de mecs lourds suffit à perpétuer une culture du viol tangible et vérifiable
- et même si les mecs n'ayant jamais rien fait de vraiment très con étaient une majortié relative, et s'il n'y a probablement pas un mec sur deux pour être un délinquant, beaucoup de mecslaissent faire, beaucoup trouvent que ces paroles sont spectaculaires mais pas significatives (et vaguement accusatrices, parce que hé, moi je suis pas comme ça alors on en parle pas même si c'est le sujet), certains qui éludent qu'on puisse conclure que la récurrence ait une signification sociale, et certains qui vont tenir un discours qui dit que "ouais mais en même temps, le discours des féministes est fait de préjugés", ce qui va sûrement aider la société a s'améliorer.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Evavita

le jeudi 31 octobre 2013 à 20h11

LuLutine
S'il te "suffit" d'être sèche, tu as plus de chance que moi, parce que parfois ça ne suffit pas.

Je ne nie pas que certains ont lâché l'affaire à l'instant où je leur ai dit poliment "Non désolée, je ne suis pas intéressée", mais pour les autres, "être sèche" n'a pas suffi. Ou alors on n'a pas la même notion d'être sèche ^^

Effectivement, certaines personnes m'ont déjà vu à l'oeuvre et sont toutes d'accord pour dire que quand je suis "sèche" c'est un carnage! Je dis sèche parce qu'effectivement c'est au niveau de ma froideur que ça se joue. Je suis non émotionnelle dans mes refus bien que très tranchante.

Sinon Green-Man, je témoignais en vue de ceux qui viennent lire se fil en ajoutant ma pierre à l'édifice et non dans un but propre à te répondre. J'apprécie donc peu le fait que tu me prennes à parti dans tes propres affaires et en plus à coup d'injonction :

Green-Man-Outside
Il faut donc le prouver avec autre chose que des histoires personnelles

Comment ça "il faut"? J'ai constaté que ce n'était pas minoritaire de par mon vécu et ceux de toutes les femmes avec lesquelles j'ai parlé. Je ne ressens absolument pas le besoin d'avoir quelque chose à prouver donc si tu veux des chiffres et des preuves de ce que tu as sous le nez, c'est ton problème pas le mien.

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LuLutine

le vendredi 01 novembre 2013 à 01h24

Siesta, je comprend ton raisonnement, mais je ne suis pas convaincue qu'il soit réaliste, je suis même convaincue du contraire.

Je connais des tas de mecs qui ne harcèlent pas dans la rue, mais ils ont d'autres comportements - parfois très peu visibles - liés à la culture du viol.

Dans mon vécu, la majorité des hommes que j'ai croisés (j'ai pas dit tous...) ont au moins un des comportements liés à la culture du viol.

Et pour certains qui ne semblent pas les avoir, je ne les connais pas beaucoup, alors si ça se trouve ils les ont (par exemple, comment savoir à quel point le gars se montre insistant avec sa copine quand elle dit qu'elle n'a pas envie ? ben je peux pas savoir, je ne suis pas dans leur intimité)

Beaucoup ont des comportements "non visibles" (non évidents d'un point de vue "public", si tu vois ce que je veux dire).

Bon après, un truc que j'ai remarqué, c'est que ces comportements semblent en moyenne moins fréquents chez les poly :)

Bien moins fréquents.

Mais encore une fois, ce n'est que mon observation. Pour l'instant, il semble que les observations d'Evavita rejoignent globalement les miennes ? (Ou j'ai mal compris.)

Evavita
J'ai constaté que ce n'était pas minoritaire de par mon vécu et ceux de toutes les femmes avec lesquelles j'ai parlé.

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Siestacorta

le vendredi 01 novembre 2013 à 01h41

Tu as sans doute raison pour ce qui est de considérer les éléments de tolérance du viol : le banaliser, survaloriser l'image du mec entreprenant et de la fille passive, blâmer la victime parce qu'elle devrait savoir quoi faire (mieux s'habiller ou se défendre), ignorer ses marques de refus et insulter si le refus est net. Ca, oui, je suis d'accord, tu en trouves très beaucoup partout.
Sachant que la lourdeur qualifiée ne passera pas par tous les élements mais qu'un suffit, oui, ils peuvent être prépondérants.

Pour les étapes moins symboliques pouvant s'approcher et atteindre le viol, je crois quand même que dire qu'un mec sur deux l'a fait...
Bon, pour ça, comme tu dis, c'est invisible, de mon côté, j'ai pas vu.
Mais je suis un mec, donc j'ai pas une conscience aussi nette et vécue de ces évènements, je ne sais pas si j'aurai la même impression globale si j'avais traversé les rues en tant que fille.
(bon par contre en tant que mec "pas viril", j'ai fait ça un moment, et ouais, je me souviens bien de la probabilité certaine de tomber sur des connards qui avaient besoin d'affirmer leur masculinité en mettant la mienne en doute)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le vendredi 01 novembre 2013 à 01h49

Siestacorta
Mais je suis un mec, donc j'ai pas une conscience aussi nette et vécue de ces évènements, je ne sais pas si j'aurai la même impression globale si j'avais traversé les rues en tant que fille.

Meeeerci d'être lucide (+) !

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Geraldin-e

le vendredi 01 novembre 2013 à 18h37

Je plussoie Lam, LuLutine, Siestacorta, Evavita.
Même si c'est difficile à quantifier, on voit bien, même sans être une fille, qu'il y a une sorte de culture ambiante forte, qui tend à traiter les filles comme des objets plus ou moins à disposition qu'il faut éventuellement forcer (un peu ou beaucoup) pour le sexe (et qui parfois inculque aussi aux filles cette manière de penser/faire).
Après, savoir quels sont les pourcentages exacts (de filles agressées, ou de garçons agresseurs ou incorrects), on s'en fout, vu qu'il y a bien là des habitudes généralisées, intériorisées, qui pourrissent la vie de beaucoup de filles.

Pour se rassurer ?, et tenter une explication, on pourrait dire qu'il y a une origine biologique à ces comportements abusifs, les mâles étant souvent chez les autres animaux dans la posture de celui qui cherche les femelles par tous les moyens pour se reproduire.
Mais il y a de tout chez les animaux non ?, et puis chez l'humain on a davantage de moyen pour penser et contrôler nos actes, on peut petit à petit, si on le souhaite, construire d'autres cultures.

Cette construction spécifique et néfaste pour les rapports filles/garçons fait partie pour moi d'un problème vaste et profond des diverses relations humaines où on retrouve partout des violences/dominations/peurs/méconnaissances (classes sociales, couleur de peau, nationalité, âges, orientations sexuelles, etc.).
Disons que c'est un volet exacerbé et particulièrement dramatique d'un ensemble plus large, et que pour améliorer tout ça il faudrait que tout le monde s'y mette, et puis revoir les choses au fond, l'éducation, etc L'endiguement, les poursuites judiciaires ne suffisent pas.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le vendredi 01 novembre 2013 à 19h24

Je viens de tomber sur cet article :
lesossurlapeau.canalblog.com/archives/2013/10/07/2...

Bon, on peut le trouver excessif dans sa formulation, mais ça dépeint bien une réalité (pas forcément générale, je précise, mais bien réelle oui, et à laquelle toute femme s'est un jour heurtée).

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Junon

le samedi 02 novembre 2013 à 09h47

Ah, je vois Green Man, donc une expérience de vie comme celle que te raconte Lulutine n'est pas pertinente mais des chiffres pourtant officiels (tiré notamment de ceux d'Amnesty International, organisme certainement gangréné par le matriarcat) pas plus puisqu'il te faudrait des études d’anthropologie pour parler de sociétés étrangères à l'Occident. Je vois.
Tu ne connais absolument rien de mon parcours universitaire mais soit.Tu sembles considérer que je stigmatise telle ou telle pratique liée à une culture étrangère alors que je ne fais que souligner à quel point ce problème est généralisé. certes , j'aurais pu saupoudrer mon propos de bien jolis mots d'origine grecque pour leur donner plus de poids...mais je m'intéresse en général plus au fond qu'à la forme.
Je suppose que te dire que le harcèlement de rue, les menaces et diverses agressions lié à mon genre visible ne sont pas non plus significatives?
C'est aussi prévisible que triste. Ne pas accorder de légitimité ou silencier celles (et ceux) qui en sont victimes, c'est un des mécanismes de cette culture du viol (et lui mettre toutes les parenthèses condescendantes que tu veux n'y changera rien).
De même que les enjeux liées au corps des femmes et à son appropriation en sont un autre (que tu dénonces vigoureusement "le premier". Ah ah ah)
Quant à tes arguments sur Causette...donc un homme ne saurait être féministe? Le féminisme masculin serait-il soluble dans la testostérone? ou servirait il de bas intérêt pour choper de la féministe naïve? Donc un journal ou un auteur qui souhaite vendre ne tiendrait jamais des propos qui verserait dans l'illégalité? Il me semble que tu as raté un certain nombre d'infos lié à ce type de propos, de l'affaire DSK à Aldo Naouri. Mais bien sûr quand on nie qu'il y a un problème, j’image qu'on ne s'intéresse guère aux preuves de ce problème.
L'humour, oui. Argument type sensément inattaquable contre les militants, justement. Je te renvoie à cet article: www.crepegeorgette.com/2013/04/26/la-bonne-blague-...
Je ne commenterai pas ta dernière phrase qui mansplanne dans toute sa splendeur. Nul doute que les féministes (qui bien sûr partagent TOUTES façon ruche les mêmes idées et la même idéologie) trouveront dans tes sages paroles de quoi militer correctement. Tu veux un cookie pour la peine?

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Anarchamory

le samedi 02 novembre 2013 à 21h35

La "culture gros lourd affamé" qui est à mon sens une sous-classe de la "culture du viol" me semble assez répandue. Il n'y a qu'à faire un tour sur des sites de rencontres avec possibilité de poster des commentaires sur les profils, les annonces, etc. ou avec un fonctionnement type forum pour s'en rendre compte aisément. Les femmes y sont comme des réverbères et les hommes (pas tous mais beaucoup) comme des moustiques qui sont irrésistiblement attirés par les réverbères et se mettent à tourner autour. Peu importe la personnalité des dites femmes, et même limite leur physique. Ce qui est important, c'est que c'est une femme, et donc de quoi combler leur vide affectif et sexuel. Les commentaires postés par les hommes sont souvent d'une banalité affligeante et stéréotypés au possible. Comme s'ils s'imaginaient qu'il suffit de signaler leur présence pour se rendre irrésistiblement attirants !...

Il me semble que ce comportement participe de la culture du viol en ce que les femmes n'y sont pas aimées pour elles-mêmes, mais comme moyen, objet, instrument, en vu de satisfaire ces messieurs.

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