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Discussion : Mes limites sont plus importantes que mes besoins
Alabama
le mercredi 22 janvier 2025 à 15h49
artichaut
…et malheureusement on ne peut exiger que l'autre pose ses limites, car on n'est pas toutes et tous au même endroit, sur ce sujet là.
Non, on ne peut rien exiger.
Mais on peut demander à ce que l'autre se penche dessus, se questionne, les découvre. On peut offrir un espace de confiance pour cela.
Et pour ma part, je peux aussi considérer que si l'autre ne s'intéresse pas à découvrir ses limites, je vais partir, car j'aurai atteint la mienne, qui est que je ne veux pas être une agresseuse par exemple.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
Alabama
le mercredi 22 janvier 2025 à 15h46
Alabama
Et ce qui m'est venu, c'est que la relation amoureuse, à la différence de mes amitiés, m'a permis de voir le monde à travers les yeux de personnes qui avaient peu de choses en commun avec moi, voire même des valeurs pas du tout raccord avec les miennes. On dit souvent que pour qu'une relation amoureuse "fonctionne", il faut des valeurs en commun. Et souvent, l'amitié se base sur ces valeurs communes. Si on omet l'idée de "fonctionner" mais qu'on parle simplement d'expérience, de vivre ce qu'il y a à vivre, alors l'amour amoureux m'a ouvert l'esprit, m'a amenée à me questionner sur des sujets que je n'aurais peut-être pas abordés sinon, ou en tous cas pas du tout de la même manière.
artichaut
J'aurais plutôt dis ça de la sexualité que de l'amour-amoureux. Ou même d'autres catégories d'activités, plutôt que d'affects, de prime abord.
Tu parle d'expériences à vivre.
Et à ce titre, la sexualité, un cours d'escalade, un voyage, …me semble aller dans le même sens que ce que tu décrit (à condition de s'y mettre suffisamment en jeu bien sûr).
Alors sur ce coup-là non pas du tout.
Je ne parle pas de sexualité dans ce que j'exprime.
J'ai pu être amoureuse de personnes ayant un rapport au monde totalement différent du mien, voire même opposé. Je n'aurais jamais pu être amie avec ces personnes sans ce sentiment amoureux. Et c'est grâce à ce sentiment que j'ai pu avoir l'amour nécessaire, l'ouverture d'esprit, la curiosité intense de comprendre leur manière de voir le monde. Je pense à la religion et à une certaine façon de vivre la religion qui m'est totalement étrangère (enfer/paradis, Dieu punitif), à des cultures totalement différentes de celle dans laquelle j'ai grandi.
C'est vraiment le sentiment amoureux qui m'a permis de ne pas rester sur le pas de la porte.
C'est à la fois un piège : je me suis retrouvée dans des relations très compliquées et souffrantes, et une richesse : j'ai énormément appris et ça m'a ouvert l'esprit, j'ai pu comprendre certaines choses "presque" de l'intérieur, à travers le regard de l'autre.
Je ne dis pas qu'on ne peut pas avoir accès à cela sans le sentiment amoureux, je dis simplement que moi, c'est de cette manière que j'y ai accédé, car j'aspire à des relations amicales beaucoup plus apaisées que ce que j'ai pu vivre dans certaines relations amoureuses.
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le mercredi 22 janvier 2025 à 15h37
artichaut
Je me demande si c'est valable aussi pour les limites.
(Je considère qu'une limite est un besoin en négatif).…que quand une personne ne prend pas soin de ses limites, ou ne les connaît pas, elle n'arrive pas non plus à entendre et prendre soin de celles des autres.
Si complètement. Il y a évidemment des nuances à mettre, mais j'ai remarqué que les personnes qui se laissent complètement déborder par les autres ont du mal à ne pas déborder les autres.
Discussion : Mes limites sont plus importantes que mes besoins
Alabama
le mercredi 22 janvier 2025 à 15h33
Hypatia from space
Or, la première responsabilité de chaque personne est d’abord et avant tout envers elle-même. Notre partenaire, peu importe combien il-elle nous aime, doit s’assurer qu’il-elle ne fait pas des compromis au point où il manque de respect envers sa propre personne et ne fait pas des choix qui sont au détriment de son propre équilibre ou bien-être. Nous devons donc nous reprogrammer à propos du « non » afin de le voir non pas comme un geste par lequel mon-ma partenaire m’offense, mais un geste à travers lequel il ou elle se respecte soi-même et s’assure de demeurer dans l’authenticité concernant ce qu’il ou elle veut dans ses relations.
Comme toi @artichaut, il est très important pour moi que mes partenaires, à fortiori amoureux·ses, me posent des limites franches. Cela a été un sujet avec mon amoureux actuel : il n'était pas au clair sur ses limites, cela a créé des situations de gros malaise pour moi, et d'insécurité sur le temps long.
1. j'ai peur d'être une agresseuse malgré moi si l'autre ne peut pas me dire stop quand il faut, et cela pourrait constituer une de mes limites d'ailleurs. Si l'autre n'apprend pas ses limites, je pense que je pourrais mettre un terme à la relation pour ne pas me transformer en agresseuse.
2. insécurité car si l'autre n'est pas clair sur ses limites, accepte des choses avec lesquelles il/elle n'est pas en accord au fond, il y a de fortes chances pour que les accords faits ensemble ne soient pas tenus (-> déception et colère chez moi),
et de fortes chances pour que ça fasse cocotte-minute comme décrit par @Tiao88, et que ça explose (-> peur d'être quittée sans avoir rien vu venir chez moi).
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : Mes limites sont plus importantes que mes besoins
Alabama
le mercredi 22 janvier 2025 à 15h09
Je trouve le sujet super intéressant.
Je ne sais pas si j'ai beaucoup nommé verbalement mes limites dans mes relations. Très peu en réalité je crois. J'associe la limite avec la protection du territoire vital. Et quand on touche une de mes limites je l'exprime plus par un comportement que par des mots.
Exemple qui me vient en tête : une amie fait un accès de colère chez moi (pas en lien avec moi, elle était en colère contre quelqu'un qui n'était pas présent) et elle a un accès de violence (elle balance un truc par terre je crois, pas un truc qui casse). Ma limite à cet instant a été touchée, ma réaction a été immédiate : "ça, c'est pas possible chez moi", avec un ton très ferme. L'amie a stoppé et ça ne s'est plus jamais reproduit.
Dans la sexualité également, les limites pour moi sont les pratiques que je ne souhaite pas faire "de tous temps", et donc ça je peux les nommer. Mais les limites au jour le jour sont fluctuantes et donc je vais plutôt stopper la personne par un geste si je n'ai pas envie d'un truc qu'elle s'apprête à faire, et rajouter "non là je n'en ai pas envie".
J'essaie de me questionner à quelles seraient mes limites dans mes relations et j'ai du mal à voir quoi en gardant ta définition. Est-ce que ne pas vouloir habiter avec un·e amoureux·se est une limite ? Si oui, je la nomme assez rapidement, et j'ai quelques relations qui ont été stoppées à cause de cette limite, mais je n'ai pas le souvenir que quiconque ait eu envie de la dépasser ou de me demander de me justifier.
J'ai stoppé assez rapidement je crois les rares relations où la personne essayait de dépasser une de mes limites clairement exprimées. En général dans la relation hétéro c'est assez rapide, dès une première nuit de sexe il peut y avoir des tentatives de dépassement de limites, chez moi la relation potentielle se termine à cet instant. Je ne transige pas avec ça. Comme tu dis, une limite est non-négociable.
Si vous avez des exemples très concrets de limites que vous avez posées dans vos relations ça m'intéresse. Pour ma part pour autant que j'y réfléchisse elles sont souvent contextuelles.
Discussion : Monogame en relation Poly
Alabama
le lundi 13 janvier 2025 à 21h49
Elariel17
Lorsqu'elle voit son autre amoureux, on se parle très peu. On a jamais vraiment fixé une manière de relationner dans ces cas là. Mais la communication devient intermittente. Je suis au courant des moments où il se voit et elle me prévient un peu avant :)
Est-ce que c'est à ta demande qu'elle te prévient ? Est-ce que cela te rassure de savoir ces moments-là ?
Je n'ai pas énormément d'expérience de polyamour dans ce sens-là. En tous cas, je m'étais rendu compte qu'au final, c'était plus insécurisant pour moi de savoir les moments de date tinder de mon amoureux que de ne pas savoir et qu'il m'en parle après coup. Comme je ne savais pas je n'anticipais pas. Peut-être que tu peux tester différents modes pour voir ce qui t'aiderait le mieux?
Ensuite, ce qui est souvent proposé pour mieux vivre ces moments-là, c'est de prévoir des choses excitantes de ton côté : aller voir un·e ami·e, passer un temps privilégié avec toi-même en prévoyant une sortie ciné ou autre. Est-ce que ça change quelque chose pour toi ou pas du tout ?
Elariel17
Elle me rassure pendant ces moments là ! mais je me sens malgré tout comme de trop, et un peu comme l'autre lurron à qui on pense parfois et j'ai l'impression de devoir raconter ma vie de manière forcée alors que clairement dans ces moments ma vie n'est pas du tout le centre de ses préoccupation
Pour quelle raison est-ce que tu te forces à raconter ta vie dans ces moments-là alors que le coeur n'y est pas ?
Elariel17
Ce qui m'en reste aujourd'hui c'est la peur absolu de la perte et de l'abandon. D'ailleurs dans les moments où je me sens mal il ne s'agit pas uniquement de jalousie (cela prend peut-être 30% de ma préoccupation) mais qu'elle finisse par m'abandonner, de ne plus vouloir me parler et de ne plus me manifester de son affection et de ne plus vouloir me faire exister dans son monde.
Connais-tu tes besoins dans ce domaine ? Quels sont les actes/mots que peut faire ta partenaire pour te rassurer ? Lui as -tu communiqué ? Avez-vous pris le temps de parler de tout ça et de chercher ensemble des manières de faire inventives (faire un brainstorming en citant tout ce qui nous passe par la tête peut aider à trouver des choses qui sortent des sentiers balisés) ?
Avec sa dépression, en est-elle capable ?
Je pense comme toi, que la santé mentale est un élément important de la situation, que ce soit de ton côté ou du sien, pour des raisons différentes.
Je trouve que tu nous communiques très bien tes difficultés, tu as l'air de te connaître pas trop mal et c'est un atout. Maintenant ça vaut peut-être le coup de creuser encore pour être plus au clair sur ce dont tu aurais besoin de manière très concrète, et lister ce que tu peux faire toi-même, ce que ta partenaire pourrait faire, ce que tu peux demander à d'autres personnes de ton entourage de faire.
Je te mets quelques idées en vrac, certaines mises en oeuvre dans ma vie, pour moi ou pour d'autres, et notamment des personnes avec une mauvaise estime d'elles-mêmes (ce qui à mon sens joue dans la peur de l'abandon).
- avoir une boîte à mots doux, dans laquelle des personnes de ton entourage et notamment ton amoureuse, ont écrit les raisons pour lesquelles elles t'aiment (je t'aime parce que tu es généreux, je t'aime parce que tu me fais rire, etc..). Ainsi tu peux relire ces mots doux dans les moments de grand doute/peur. Ça peut aussi être une lettre, ou un doudou, etc.
- avoir des personnes ressource autres que ton amoureuse que tu sais que tu peux appeler (vous vous êtes mis d'accord) dans les moments les plus durs
- avoir toujours une date prévue à l'avance où vous allez vous voir, ça permet de se projeter
etc.
Concernant la dureté de la vie, ça mériterait aussi toute une discussion. La vie n' a pas été facile après 68 non plus. Elle l'était plus au niveau pro, mais moins sur d'autres plans. La précarité joue sur le moral, c'est certain. Que peux-tu mettre en place pour "limiter" cette peur du lendemain ? Tu ne peux pas maîtriser les aléas de la politique et de la marche du monde, mais tu peux à ton niveau trouver des éléments pour te sécuriser le plus possible. Ça peut passer par avoir un deuxième métier qui recrute bien et dans lequel il est facile de trouver du boulot en intérim quand y a besoin par exemple.
Discussion : Monogame en relation Poly
Alabama
le dimanche 12 janvier 2025 à 15h25
Elariel17
Je ne suis pas sûr que je veuille lui communiquer une limite de temps mais je comprend l'idée.
J’ai bien spécifié de ne pas lui dire. C’est à toi même que tu donnes ce temps. Il ne s’agit pas de lui mettre la pression ce qui ne ferait qu’empirer les choses.
Et quand je parle de sa dépression et son refus de se faire aider, c’est aussi pour dire que si elle n’agit pas de son côté pour s’entourer d’aide professionnelle, tu ne peux pas pallier à ça et porter seul votre relation.
Discussion : Monogame en relation Poly
Alabama
le dimanche 12 janvier 2025 à 14h47
Troisième année de relation commence. Très dur. Elle souffre de dépression chronique qu'elle a depuis un an (lors de son changement de ville et de vie). Je me sens démuni et seul dans la relation. J'ai l'impression d'être celui qui fait les choix. Je lui dit d'aller consulté mais nos discussions la blesse. On se réveille chacun mutuellement nos insécurités. D'autant plus que je viens de sortir des études et que je suis au moment douloureux de ce lancer dans la vie pro dans un monde toujours moins joyeux.
Elle est en dépression, par principe c’est extrêmement compliqué de savoir ce qu’on veut et de faire des choix dans ce type de période. Tu peux attendre d’elle qu’elle le fasse mais cela sera source de frustration. Si elle refuse d’aller voir un thérapeute tu dois en prendre acte.
Tu dis que tu te sens seul·e dans la relations, que tu fais les choix. Elle te dit clairement qu’elle veut laisser les choses se faire et voir ce qui se passera. De plus apparemment elle n’a pas eu l’envie ou la capacité de se renseigner sur polyamour et santé mentale.
De ton côté tu as réalisé que tu n’avais pas l’espace pour avoir plusieurs relations amoureuses de manière saine et tu as fait le choix de te limiter à une. C’est tout à ton honneur de prendre conscience de tes limites et de les respecter.
Maintenant la question , c’est est ce que cette situation te convient ? Visiblement non. Je vois plusieurs possibilités :
- tu changes la situation de ton côté en ayant peut-être plus de relations pour te soutenir comme il t’est proposé dans d’autres réponses
- tu quittes cette situation, et tu reviens à la monogamie
- tu quittes cette situation non pas à cause du polyamour mais parce qu’avec une personne qui ne sait pas dire ce qu’elle veut et qui ne prend pas soin de sa santé psychique tu te retrouves seul avec tes questions
- tu te donnes une durée limite pour lui laisser du temps d’aller mieux, mais tu ne lui communiques pas cette durée, tu te la donnes à toi même, sinon ça sonne comme un ultimatum ce qui n’est pas le but. Pendant ce temps que tu te donnes à toi même, tu peux travailler à diversifier ton soutien émotionnel en dehors d’elle, tu peux faire le point sur ce que tu veux / ne veux pas dans une relation indépendamment d’elle, etc… bref tu mets à profit ce temps « entre deux » pour te poser les bonnes questions et te centrer sur toi même.
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le samedi 11 janvier 2025 à 18h25
artichaut
Alabama
Quand on ne s'excuse plus, on arrête de vouloir ce qui n'est pas possible.
Ah tiens pourquoi ?
Tu peux expliquer plus ?
J'ai fait un raccourci, je vais essayer de développer même si c'est pas évident de clarifier ma pensée.
Admettons que j'aie besoin de voir souvent une personne. Et que cette personne, elle, préfère qu'on se voie sans régularité.
Si j'accepte en moi-même, que c'est mon besoin, et que l'absence de régularité me fait trop souffrir, je ne vais rester dans la situation qui me fait souffrir. Je suis à l'aise avec mon besoin, je ne le juge pas, je le considère comme légitime. Je vais donc l'exposer à l'autre. Si l'autre me dit que c'est pas possible, ou me renvoit un jugement "tu n'es pas assez autonome" "tu es trop dépendante", comme j'accepte pour moi-même mon besoin, je ne vais pas intérioriser ce jugement, je ne vais pas chercher à m'adapter tout en reprochant sans cesse à l'autre de ne pas faire comme je voudrais.
Si j'accepte mon besoin, j'accepte aussi que l'autre en ait un. J'ai remarqué que quand une personne ne prend pas soin de ses besoins, ou ne les connaît pas, elle n'arrive pas non plus à entendre et prendre soin de ceux des autres. Ça me semble être lié.
Dons si j'accepte mon besoin, et que l'autre ne peut/veut pas y répondre, ou ne veut/peut pas réfléchir à comment trouver un fonctionnement qui puisse convenir aux deux, je prends acte de la situation et je vais voir ailleurs si j'y suis. Je ne cherche pas à me contorsionner, je ne subis pas, et je ne cherche pas à ce que l'autre se contorsionne non plus.
J'ai l'impression que dans beaucoup de conflits autour de ce thème de l'engagement, il y a des deux côtés, à la fois des peurs (peur d'être envahi·e, de perdre sa liberté, peur de ne pas être aimé·e, d'être abandonné·e), mais aussi une difficulté à s'autoriser vraiment.
Je vais tenter d'illustrer :
Si j'ai besoin de moments de solitude (et que j'ai peur de l'envahissement), mais que je ne me sens pas légitime à les demander y compris quand je suis avec la personne, je vais avoir tendance à refuser toute demande de se "voir plus souvent".
Si j'ai besoin de voir souvent la personne (et que j'ai peur de l'abandon), mais que je ne me sens pas légitime dans ce besoin, je vais être dans le reproche, la plainte, et au final accepter une situation qui me fait du mal tout en ayant de la rancoeur envers l'autre.
J'ai l'impression aussi, que dans les deux cas, si on s'autorise à exprimer le besoin, et qu'un "deal" satisfaisant est trouvé, les deux personnes vont souvent découvrir un besoin de contact pour celle qui se pense solitaire et un besoin d'espace pour celle qui se pense fusionnelle. Parce que les besoins non acceptés par soi-même d'abord, s'amplifient et deviennent extrêmes et se reportent en excès sur l'autre. Bon, je sais pas si c'est très clair ce que je raconte, je ne sais même pas si c'est vraiment vrai, mais j'ai cette impression de par mon vécu.
MPB
Merci pour tes mots. En écrivant ces deux longs messages, j'ai vraiment eu l'impression d'être très...fragile sur beaucoup de points. Presque incapable. Merci de remettre l'église au centre du village : être curieuse de ce que vit l'autre et se sentir comprise/entendue/accueillie, sans que l'autre ne doive porter ou subir ça, mais juste dire "ok, je t'entends, je te vois". C'est déjà beaucoup !
Avec plaisir vraiment !
C'est déjà beaucoup, et c'est aussi selon moi la base d'une relation saine. Et parfois il faut accepter que des personnes ne peuvent pas donner ce minimum.
Ça peut me traverser aussi parfois, cette impression de "pas être capable".
Et au final, ce qui m'aide toujours, c'est de me dire que je suis comme je suis, que je n'ai pas à "changer", à être mieux, mais simplement à exprimer le plus clairement possible ce que je peux vivre et ce que je ne peux pas vivre, tout en écoutant ce que l'autre me dit. C'est déjà tellement difficile ! pas la peine de mettre d'autres injonctions.
Mais en tous cas j'ai remarqué que ma relation amoureuse s'est transformée quand je me suis vraiment écoutée et quand j'ai complètement accepté l'idée de rupture sans pour autant chercher à savoir quand elle adviendrait. Car je suis une spécialiste de la rupture : j'ai beaucoup quitté, et je me suis beaucoup posé la question de quitter. Et c'est en lâchant prise sur l'idée même de rupture que c'est devenu plus facile.
J'avais bien sûr en tête que la rupture en tant que telle n'est pas obligée d'être une rupture totale, qu'il peut y avoir des modalités, un changement relationnel, mais je sais aussi qu'en étant amoureuse, je vais avoir besoin d'un temps d'éloignement avant de pouvoir envisager autre chose de manière réellement sereine. J'aimerais qu'il en soit autrement, que ça puisse être plus fluide, mais je ne suis pas sûre d'en être capable émotionnellement pour l'instant. Et donc il me faut accepter tout de même l'idée de rupture, même si elle devait être temporaire/partielle/négociée...
MPB
Il arrive qu'on veuille très fort, mais qu'on ne puisse pas.
Complètement.
On part pas toustes du même endroit.
Pour moi c'est relativement facile de dire ce que je ressens, ce que je veux, ce que je ne veux pas. Et il m'arrive comme tout le monde, de croire que je veux un truc ou que je suis capable d'un truc alors qu'en fait non, j'ai pas l'espace temps, ou mental, ou émotionnel et je m'en rends compte trop tard.
Alors en plus, pour beaucoup de personnes, c'est très difficile, parce qu'elles n'ont qu'un lien très partiel avec elles mêmes et donc peu d'accès en temps réel à leurs envies/émotions/besoins/limites, voire même après coup elles ne savent pas non plus. Et donc ce type de situations peut se multiplier jusqu'à rendre la relation très difficile.
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : [Lexique] Amitié — définition(s) —
Alabama
le samedi 11 janvier 2025 à 18h09
Je dois dire que je suis un peu perdue entre tous les fils que tu as ouvert sur le sujet de l'amitié, et je ne sais pas bien où écrire quoi XD
Discussion : La NRE, vous connaissez ? Si oui, ça se passe comment concrètement ?
Alabama
le samedi 11 janvier 2025 à 18h09
artichaut
Quant à moi je l'ai vécue, mais j'aime pas trop ça. Enfin, j'ai aimé ça sur le moment, les permières fois. C'est même Whaouuu. Mais avec le temps ça me laisse un goût amer, et ça ne me donne pas envie d'y retoucher.
J'ai un peu le même vécu.
J'ai aimé ça les premières fois. J'aime encore toujours un peu ça, le tout début où une personne me plaît et où je sens une connexion particulière. Mais je n'aime plus quand c'est une idéalisation de l'autre, un manque permanent. Ça a pu m'empêcher de vivre ma vie, ça a pu me mettre en galère car je n'arrivais plus à honorer mes engagements, etc...
Je crois que je ne vis plus de NRE "violente" comme j'ai pu en vivre avant. Je vis cependant quand même le sentiment amoureux. Mais c'est plus une clarté un peu plus vive, qu'un feu d'artifice qui brûle tout. Cela ne me détourne plus de ce que je fais, de ce qui est important pour moi. Et j'ai l'espoir de ne plus revivre ce type de "tombées en amour" que j'ai connues par le passé.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
Alabama
le samedi 11 janvier 2025 à 17h49
MPB
Mais du coup, je formulerais presque ça autrement : je ne sais pas s'il s'agit de revaloriser l'amitié, ou de carrément désacraliser l'idée du couple et de ses privilèges.
Je pense que me concernant, je n'ai jamais sacralisé l'idée du couple. L'amitié a toujours été très importante, et j'ai plutôt souffert du fait que mes amies plaçaient le couple au-dessus de l'amitié : j'ai plusieurs fois perdu de vue des amies une fois qu'elles se mettaient en couple.
Mais je pense qu'effectivement, valoriser l'amitié passe peut-être d'abord par démettre le couple de son piédestal.
artichaut
Et ce qu'on fait éventuellement de nos sexes ne regardent que nous. Ce n'est plus un sujet.
Le sujet c'est ce qu'on fait de nos vies affectives. De nos affects. De nos vies au sens large.
Quelque chose me gêne là-dedans. Je ne sais pas quoi exactement. Peut-être parce que ça fait comme si partager du sexe ne changeait rien, comme si il était possible de s'extraire de la culture qui nous entoure, qui en fait à la fois un tabou et un échange d'intimité particulier, sans parler même des violences de genre qui sont particulièrement présentes dans la sexualité et qui la rendent tout sauf banale. La phrase "l'intime est politique" me vient, dans le sens que peut-être que non, ce que vous faites de vos sexes ne regardent pas tout à fait que vous.
Ça me donne l'impression que tu dis "nous sommes au-delà de tout ça". Et de la même manière que je ne crois pas qu'on puisse être au-delà du genre dans une société genrée, on ne peut pas vraiment être au-delà des définitions du couple amoureux et de l'amitié dans une société qui les sépare et les hiérarchise. Alors, peut-être que ce n'est pas tout à fait ça que tu dis, et que j'interprète. Mais en tous cas j'aime bien être vigilante, dans le chemin de déconstruction, à comment les normes nous agissent même quand on essaie de les dépasser.
artichaut
Mais ces temps-ci j'en ai marre de tuer le Goliath, marre de tout définir en négatif (la non-exclusivité, la non-monogamie, le non-capitalisme).J'ai envie d'inventer, de réinventer, d'autres possibles désirables… positivement
et accesibles tout de suite, ici et maintenant (sans attendre ni grand soir, ni paradis)
et qui ne soient pas accesible qu'à une élite, un milieu élististe de personnes capables de se déconstruire.
Alors j'ai envie de me ré-emparer de mots simples et que tout le monde connaît, et de décaler un peu, d'élargir (comme nos zones de confort) son champ d'application.
Ça me parle aussi. Ce n'est pas facile de définir les choses en positif car finalement, on essaie de défaire certains automatismes, et on se retrouve forcément à utiliser comme base ces automatismes, pour créer autre chose.
Pour ma part, je n'ai pas toujours vécu de l'amitié dans mes relations amoureuses. J'y ai réfléchi en relisant les messages de cette discussion. Je me suis demandé est-ce que d'une certaine façon je ne m'étais pas "trompée" en ayant des relations amoureuses avec des personnes que je n'aurais pas vraiment accepté comme amis.
Et ce qui m'est venu, c'est que la relation amoureuse, à la différence de mes amitiés, m'a permis de voir le monde à travers les yeux de personnes qui avaient peu de choses en commun avec moi, voire même des valeurs pas du tout raccord avec les miennes. On dit souvent que pour qu'une relation amoureuse "fonctionne", il faut des valeurs en commun. Et souvent, l'amitié se base sur ces valeurs communes. Si on omet l'idée de "fonctionner" mais qu'on parle simplement d'expérience, de vivre ce qu'il y a à vivre, alors l'amour amoureux m'a ouvert l'esprit, m'a amenée à me questionner sur des sujets que je n'aurais peut-être pas abordés sinon, ou en tous cas pas du tout de la même manière.
L'amitié est le lieu pour moi souvent, de la sécurité, du bien-être, du confort, de la confrontation parfois, de l'intimité, de la profondeur et du non-jugement.
C'est super chouette, et à la fois, l'amitié est rarement venue percuter mes habitudes ou mes évidences comme l'a fait l'amour amoureux. Je ne suis peut-être pas sur le bon fil pour parler de ça je ne sais pas trop, mais j'avais envie quand même de le mettre là car c'est en réfléchissant à l'amitié que j'y ai pensé.
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h53
MPB
Merci à vous pour vos réponses !
C'est drôle, sur le papier certains concepts me parlent énormément, et pourtant je sens que sur le principe je bloque. Je pense notamment au fait de se dire "cette histoire commence mais elle finira à un moment" : pour moi, en ce qui me concerne, je trouve ça dur d'avoir cette vision des choses. J'ai presque envie de me dire "bon ben autant ne pas y aller, vu qu'il va y avoir de la souffrance". Disons qu'après coup, je me retrouve souvent à me dire "potentiellement je vais rerencontrer des gens, me montrer vulnérable, les voir vulnérables, on va faire des projets, et ça va finir, donc autant ne plus relationner". Mais en effet, qu'est ce que j'attends alors ? Une relation qui ne terminerait jamais ? Avant oui, c'est sûr. Aujourd'hui je ne sais pas. Je pense être consciente qu'elles finissent toutes un jour, quel qu'en soit le mode. Ou alors elles se transforment.
Dans le fait de se terminer, il y a aussi tout simplement la mort.
Et une relation qui se termine par la mort d'un des deux, c'est potentiellement bien plus dur à vivre qu'une rupture décidée par l'un ou par l'autre. Parce que pour le coup, ça ne s'arrête pas forcément sur un conflit, tout se passe bien dans la relation et bim... ça s'arrête, et l'autre n'est plus, plus de discussion possible, d'accords possibles, etc...
De voir les choses comme ça, ça m'avait fait un electrochoc. Je n'ai plus jamais considéré que la chose la plus désirable au monde c'était qu'une relation se termine à la mort d'une des personnes, car finalement pour moi, ce sera un deuil vraiment dur à faire, ce "plus jamais". Toutes mes ruptures, amicales ou amoureuses, qui ne se sont pas terminées par la mort des personnes ou de moi-même, me laissent l'espoir de renouer un jour, que le dialogue puisse nous permettre de nous rencontrer à nouveau.
Par ailleurs, sans parler de rupture, il y a plein de choses qui se terminent dans une relation, même quand elle dure. Les modalités changent, parce que les circonstances, les choix de vie changent. J'avais une amie très proche, avec qui j'habitais, et ne pas la voir pendant une semaine c'était déjà beaucoup. Et puis un jour elle est partie, elle a déménagé loin et aujourd'hui nous avons une relation à distance qui n'a plus rien à voir.
A un moment de la relation actuelle avec mon amoureux, on se mettait de côté des vidéos insta qu'on avait envie de se montrer quand on se voyait, c'était une sorte de moment de partage et de retrouvailles. Et puis on a arrêté de faire ça.
J'avais avec un ami (présent sur ce forum hahaha) avec qui on se voyait toutes les semaines pour cuisiner. Et puis au bout d'un an et quelque, on ne l'a plus fait, et aujourd'hui ça n'existe plus.
Il y aurait des milliers d'exemples comme ça. Ce sont déjà des "micro-ruptures" d'une certaines façon. Notre vie est faite de toutes ces ruptures. Faut-il en être nostalgiques ? Avant je l'étais. Aujourd'hui, j'apprends de plus en plus à accepter que rien ne dure, tout se transforme. Et ça ne veut pas dire qu'il y a "moins", car si certaines choses s'arrêtent, d'autres commencent, et ainsi de suite.
Concernant les niveaux d'engagement, je crois sincèrement qu'on ne peut changer que dans l'amour et l'acceptation. L'amour et l'acceptation qu'on se donne à soi-même en premier : accepter que oui, tu as ces besoins, des attentes, cette manière de te lancer dans les relations. Et c'est ok, rien ni personne n'a a décider pour toi si c'est trop ou pas assez.
Ensuite, l'amour et l'acceptation de personnes chères, et notamment des personnes avec qui tu vis ces niveaux d'engagement. Si ces personnes te renvoient que "c'est trop", que "c'est pas normal" ou que tu n'es pas assez détachée, pas assez "autonome" ou je ne sais quoi, ce n'est pas toi qui as un problème. Elles n'ont pas forcément de "problème" non plus, mais la base, c'est qu'elles puissent entendre tes besoins sans les juger, et chercher à les comprendre. Et la même chose à l'inverse de ton côté : être curieuse de ce que vit l'autre.
Ceci étant, je pense qu'avec les hommes quand on est une femme, c'est souvent compliqué d'avoir une forme de réciprocité dans ce soin/écoute de l'autre. Les hommes se construisent en se coupant d'eux-mêmes et de leurs besoins, en érigeant l'auto-suffisance comme but ultime et ils ont donc souvent du mal à entendre les besoins de l'autre et en prendre soin (je ne dis pas répondre positivement à toutes les demandes, mais bien "entendre", "accepter" et faire leur part de recherche de solutions). Cette acceptation réciproque des besoins de l'autre, demande un minimum (voire beaucoup) d'introspection de part et d'autre.
Plus tu vas nourrir la relation avec toi-même et avec ton entourage non-amoureux, et plus tu seras en capacité dans la relation amoureuse de t'occuper de toi-même. Et s'occuper de soi-même passe par élargir son cercle et ne pas tout attendre d'un·e amoureux·se, mais ça passe aussi par ne pas s'excuser d'avoir des besoins ou des attentes vis-à-vis de l'autre. Quand on ne s'excuse plus, on arrête de vouloir ce qui n'est pas possible.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h29
Je crois que ce qui est difficile, quand on veut réinventer les relations, qu'elles soient amoureuses, sexuelles, amicales ou un mélange de tout ça, c'est de trouver l'équilibre juste entre ce qui est vécu authentiquement et qui peut être relié à une certaine norme (le manque amoureux), et la déconstruction.
Pour moi, l'effort que je fais, c'est d'essayer, lorsque j'ai un élan typiquement amoureux, ou que mes élans sont démesurément nombreux envers mon amoureux, d'observer ces élans, et de voir si je peux les rediriger vers d'autres personnes de mon entourage. Pas en me forçant, par une nouvelle norme politiquement correcte, mais simplement élargissant mon regard. Car ces élans-là, je peux tout à fait les ressentir pour d'autres personnes qu'un amoureux si je pense à des amies chères. Cela me demande par contre un effort de conscientisation, car la culture dans laquelle on baigne ne nous formate pas à cela, et je n'ai donc pas le réflexe de le faire, contrairement à la "monogamie-réflexe" dont j'avais parlé dans un autre post. Concrètement, si j'ai envie d'écrire une lettre pour la 3ème fois en 15 jours à l'amoureux, je me pose 5mn, et je jauge mentalement "et si j'écrivais une lettre à un·e telle ? ou à un·e telle ?" et je vois si l'élan est là. La plupart du temps, il est bien là aussi pour d'autres personnes mais je n'y pense juste pas !!!
Ma ligne n'est donc pas de "retirer" quelque chose, mais plutôt de "rediriger", ou de voir si une redirection est possible, ou de multiplier. Parfois oui, mais parfois non : si j'ai un élan vraiment spécifique envers mon amoureux, je ne vais certainement pas m'en priver juste parce que ça serait trop normé. Je ne me prive pas de lui dire qu'il me manque ou va me manquer si je le ressens, car je n'aime pas l'idée de taire ou mettre sous le tapis par conformité "politique". L'élan est là et je n'ai pas envie de l'écraser (il ressortirait d'une autre manière de toutes façons, et l'étouffer me rendrait malheureuse).
Message modifié par son auteur il y a un an.
Discussion : [Lexique] Monogamie(s) — définition(s) —
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h14
Des éléments de monogamie:
- limiter la possibilité pour l'autre d'avoir une seule relation amoureuse en même temps
- vivre en couple, surtout hétéro
- faire toutes les choses importantes avec ses amoureux/conjointe/mari/concubine (vivre ensemble, faire des enfants, partir en voyage, se promettre du soutien, se rendre des comptes)
- réserver la tendresse physique aux relations sexo-affectives
- réserver le sexe aux relations amoureuses
- faire passer les relations sans sexe/sans sentiment amoureux après les relations amoureuses et sexuelles au quotidien (à choisir entre sortir avec un·e amoureux·se ou un·e ami·e choisir l'amoureux·se quasi systématiquement)
- considérer qu'on a moins de devoirs vis-à-vis des ami·e·s
- présenter ses amoureux·se·s aux parents/famille de manière particulière
- compter le temps qui passe dans une relation amoureuse (en mois, en années, etc...)
- avoir des attentes plus fortes vis-à-vis des amoureux·se·s que vis-à-vis des autres relations
Discussion : Filmographie thématique : Films sur l'amitié
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 21h06
Je dirais "La vie rêvée des anges", que j'avais adoré à l'époque où c'est sorti, je ne sais pas ce que j'en penserais aujourd'hui.
Western de Manuel Poirier, et globalement dans ses films l'amitié est assez présente je trouve, je pense à "... à la campagne", mais c'est tellement lointain que je ne sais pas à quel point l'amitié est centrale, en tous cas elle est très présente dans l'ambiance il me semble, c'est ce que j'avais aimé dans ses films.
"Divines" aussi, même s'il y a une histoire d'amour, il y a une belle histoire d'amitié entre deux jeune filles. Le film finit mal. On dirait un peu du Tarantino version meufs de cité.
"Naissance des pieuvres", pareil, même si le sentiment amoureux est pas mal le sujet du film, l'amitié entre les deux ados héroïnes est bien présente. Ce film parle de la difficulté de se construire en tant que jeune fille dans un monde patriarcal (agression sexuelle du coach envers "la jolie fille" de l'équipe de natation, relations compliquées avec les garçons, sentiment amoureux lesbien, etc.
Discussion : [Lexique] Amitié — définition(s) —
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 20h44
Dans l'amitié je fais des différences.
Dans tous les cas, je dirais qu'il n'y a pas le combo "sentiment amoureux/sexe". Mais il peut y avoir l'un des deux.
J'ai une amie très proche dont je suis parfois amoureuse, pour qui j'ai parfois du désir physique (je ne dis pas "sexuel", car c'est compliqué pour moi d'avoir du désir sexuel pur pour une personne, à fortiori une femme pour des raisons de consentement, avec qui j'ai une amitié et avec qui il n'y a jamais rien eu de sexuel encore).
Je ne donne pas le nom "ami·e" à toutes les personnes avec qui j'ai de l'amitié au sens commun.
J'utilise le nom "copain/pote/copine" pour les personnes que j'apprécie de côtoyer mais avec qui je ne sens pas vraiment d'attachement réciproque. C'est difficile à définir car je n'ai pas vraiment d'élément matériel pour illustrer, c'est surtout un ressenti.
Ainsi, j'ai peu d'ami·e·s, et beaucoup sont à distance. J'apprends à apprécier aussi les "copains/copines", ou les soirées où on discute de choses et d'autres sans intensité particulière, ce qui ne m'était pas familier avant. Je dirais que dans mon cas, c'est une manière de déconstruire "l'intensité", on peut dire que j'avais surtout des amitiés "monogames". Elles étaient compersives et non-exclusives, mais plutôt intenses. Aujourd'hui, je me dis que ça rejointe une forme de réflexion sur la non-monogamie que d'élargir la palette des relations possibles.
Discussion : [Lexique] non-monogamies — définition(s) —
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 20h03
Je crois que le sujet est très très vaste.
Je vais proposer ma manière de vivre la non-monogamie.
Pour moi, c'est une manière de vivre ma vie en nourrissant de nombreux liens forts et profonds, sans propulser tout en haut de la hiérarchie la/les relations où je ressens du sentiment amoureux/désir sexuel.
C'est une manière aussi d'élargir les possibles, en-dehors d'une norme où l'on décide de vivre avec la personne dont on est amoureux·se et avec qui on veut faire des enfants, et d'envisager de vivre toutes les choses les plus importantes avec cette personne. Je ne me mets pas de barrières à ce niveau. Je suis ok de m'engager à certaines choses en "amitié" que beaucoup de gens réservent au couple (ex: prévenir de mes dates de vacances, échanger des nouvelles régulièrement, discuter des modalités de relation...)
Discussion : [Livre] Élaboration d'une Bibliographie sur l'amitié
Alabama
le lundi 06 janvier 2025 à 19h58
Subtil béton, livre collectif
Science-fiction, les liens amicaux sont très présents, ainsi que des manières de vivre les relations amoureuses et familiales différentes de la norme.
Discussion : Script romantique et NRE
Alabama
le mardi 31 décembre 2024 à 17h07
@crest : il faudrait plus d'éléments concrets. Que signifie l'institutionnalisation pour toi ? Est-ce qu'on parle des codes sociaux type : habiter ensemble/acheter une maison/passer tout son temps libre ensemble/faire des enfants etc ? Ou est-ce que tu inclues, de manière plus générale, tout ce qui devient des règles, comme il peut y en avoir en polyamour comme : tel truc est ok et pas tel autre ?